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13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 22:21

 

 

 

L'élection présidentielle n'en finit plus de produire des effets étranges et imprévisibles. Comme on pouvait s'y attendre l'élection du représentant du néolibéralisme français, monsieur Macron produit des effets prodigieux de déstabilisation du système politique français. Il met en exergue la divergence profonde qu'il y avait depuis au moins vingt ans entre la représentation politique et la réalité sociologique du pays. Les recombinaisons sont complexes, car les différents partis préexistants sont eux-mêmes parcourus de contradictions internes issues de l'Ancien Monde. Le vieux monde politique français issu des années 70-80 s'effondre, mais le nouveau peine à émerger. Le camp néolibéral parce que dominant dans les couches supérieures de la population est le premier à avoir ouvertement fait sa mue. Le coup d'État bourgeois, représenté par l'élection de monsieur Macron, est le résultat de cette rupture. Bien qu'il soit largement minoritaire dans la sociologie du pays, le système néolibéral a encore une fois réussi à se maintenir au pouvoir comme il le fait régulièrement depuis 1983. L'omniprésence d'un Jacques Attali dans les profondeurs de la gouvernance française étant en soi une preuve de la constante des politiques menée depuis près de quarante ans maintenant.

 

Cependant, les idéologues du néolibéralisme ont eu très peur, et c'est une stratégie de type "l'union fait la force" qui leur a cette fois sauvé la mise, en attendant l'effondrement. Ils ont réuni toutes les forces libérales du pays créant un courant traversant les fausses oppositions qui avait permis jusqu'à présent les pseudo alternatives droites/gauches qui ont fait tant de mal au pays et à la démocratie. Ce n'est qu'un sursis, leur politique étant contraire au bon sens et aux intérêts du pays. Même en ayant toutes les meilleures stratégies du monde, ils ne pourront pas indéfiniment se maintenir au pouvoir eux et leurs idées aussi tordus qu'absurdes. Si les deux grands anciens partis politiques que sont le PS et LR tanguent sous le coup de la Sainte-Alliance des europhiles consanguins, le reste du paysage politique n'en est pas moins touché. Ainsi le FN qui a pourtant fait un score historique validant largement la stratégie Philippot, se voit-il destabilisé. Il est maintenant en guerre interne. Une guerre qui se déroule entre les partisans de la ligne nouvelle et les partisans du fétichisme migratoire. Dans ce conflit interne étrange à la vue de la réussite du FN, l'on voit quelques orateurs et non des moindres s’infiltrer dans la brèche. C'est le cas du baratineur de droite Eric Zemmour que l'on ne présente plus.

 

La lutte contre l'euro n'est pas du fétichisme, l'obsession migratoire par contre...

 

L'argumentation de Zemmour est simple, pour ne pas dire simpliste. Si le FN a échoué, c'est parce qu'il n'a pas fait un discours digne du FN. En gros la focalisation du FN sur la question de l'euro a fait perdre Marine Le Pen là ou le discours dur sur l'immigration et l'islam l'aurait fait gagner. Et monsieur Zemmour rajoute une critique sur l'économisme qui frapperait Marine Le Pen et son entourage à commencer par Florian Philippot . Faisant ainsi de l'économie une question subsidiaire qui serait tellement moins importante que l'immigration ou l'intégration que les Français aurait dès lors préféré aller à la pêche plutôt que voter Le Pen au second tour de la présidentielle. Je ne vais pas ici passer par moult formules, je crois que monsieur Zemmour vient de trahir sa vilénie profonde et les intérêts réels qu'il défend. Comme l'a dit très justement Jacques Sapir, monsieur Zemmour est un bourgeois et il défend ici clairement sa classe sociale. Il ne s'en remet pas que son champion Fillon n'ait pas été au second tour. Un Fillon qui correspondait parfaitement à la stratégie de Zemmour pourtant. Européiste, libéral, encore plus que Macron, et avec en prime un bon petit discours anti-immigration, et sécuritaire. Et pourtant le Fillon n'était pas au second tour, c'est étrange non ? N'y aurait-il pas comme une contradiction logique ? Marine Le Pen n'a-t-elle pas fait justement un ravalement de façade sur l'euro au second tour ? Ne serait-ce pas cela qui a fait basculer les scores plutôt?

 

Et encore, je rappellerai ici que les sondages n'ont pas de valeur scientifique réelle. On peut supputer que Marine Le Pen était juste surestimée par les méthodes de sondage de l'entre-deux tour. D'ailleurs, rappelons qu'historiquement le FN était sous-estimé pendant sa période sulfureuse. Les études de sondages ont donc pris l'habitude de corriger leurs chiffres. Et cela pour prendre en compte la timidité naturelle de cet électorat . Il était en effet bien difficile de dire que l'on votait pour le FN. Il est donc possible que la dédiabolisation de ces dernières années ait fait baisser cette peur. Ce faisant, les sondeurs se mettent maintenant à systématiquement surestimer le FN à cause de leurs habitudes de calculs. Rien ne dit que Marine Le Pen était réellement à 40 % avant le débat avec Macron. Par contre les faits sont là. Le FN n'a jamais été aussi haut dans aucune élection. Comment dès lors peut-on logiquement en déduire qu'en faisant un retour en arrière elle aurait fait mieux ? C'est du sophisme dont monsieur Zemmour est un grand habitué.

 

Venons en maintenant à la question qu'il soulève pour attaquer madame Le Pen. Pour lui la question économique est secondaire. Les Français sont contre la sortie de l'euro donc il faut renoncer à cette question. C'est de la pure stratégie de communication. Cependant, rappelons ici que la question de l'euro n'est pas secondaire, mais centrale. Un pays qui ne maîtrise, ni sa monnaie, ni ses budgets, ni ses lois, ni ses frontières ne peut en aucun cas faire une autre politique migratoire. Je ne suis pas un économomiciste dans le sens où mon but premier n'est pas la croissance économique en elle-même, mais le bien-être et la perpétuation du peuple français et de sa nation. Les gens qui se battent contre l'euro ne sont pas pour la plupart des obsédés de la croissance ou de l'économie, et il faut bien mal connaître un homme comme Jacques Sapir pour penser cela . La fin de l'euro n'est pas un but en soi, c'est un préalable à l'indépendance nationale. Peut-être que Marine Le Pen et les autres ont mal expliqué ce lien. Mais faire croire que l'on résoudra les problèmes du pays, y compris ceux de l'immigration, en restant dans l'UE et l'euro c'est simplement de la démagogie incantatoire. Les économicistes sont bien plus du côté du néolibéralisme et des obsédés de la globalisation.

 

Par contre, je vois bien chez monsieur Zemmour un fétichisme de l'immigration. Lui qui pouvait apparaître il y a quelques années comme relativement pragmatiques sur ces questions, s'est de plus en plus enfermé dans un discours à sens unique et dogmatique. Il a rejoint les identitaires, pour qui rien ne compte pas même la France tant que leur sang reste pur. Ce sont ces mêmes identitaires, qui surfent sur les propos de Zemmour très populaires chez eux afin d'influencer le FN en ces temps trouble. Ils utilisent leur site rempli de ragots et de fait divers nettement orientés pour faire pression sur la direction du parti. Leur fuite en avant est d'ailleurs symptomatique, il y avait en effet pendant longtemps une partie économique à Fdesouche. Une partie qui a étrangement disparu. Alors que le côté obsessionnel anti-immigration, lui, c'est considérablement développé.

 

Le fétichisme migratoire de la bourgeoisie de droite.

 

Disons-le tout de suite, je ne suis pas du tout un partisan de l'immigration de masse. Je ne crois ni au multiculturalisme ni à la toute-puissance de la capacité d'intégration de la nation française. Cependant, je ne fais pas et je n'ai jamais fait de l'immigration la mère de toutes les batailles et le centre névralgique de notre crise nationale. L'immigration est un des multiples aspects des effets du néolibéralisme, elle n'en est pas le centre névralgique. Cependant, cette obsession sur la question migratoire est en quelque sorte le Janus inversé de droite de l'amour immodéré, mais factice, que porte la frange gauche de la bourgeoisie. Dans les deux cas, l'immigration est un outil de domination contre les intérêts des victimes du néolibéralisme. À gauche l’immigré est devenu une icône intouchable qui donne bonne conscience pour cacher la violence sociale que produit le libéralisme économique. Le plus exemplaire fut l'utilisation marketing qu'a faite Angela Merkel des réfugiés syriens juste après avoir transformé la Grèce en pays du tiers-monde. Je crois qu'il s'agissait là d'une preuve éclatante de l'usage que font nos élites du discours mielleux sur l'immigration.

 

À droite la bourgeoisie utilise de plus en plus l'immigration comme mécanisme unificateur avec les couches sociales les plus faibles. Les élites de droite ont bien compris que le petit peuple souffrait certes du globalisme, mais aussi de l'immigration qui détruit leur univers culturel. Les droitards purs souches à la Eric Zemmour ont donc pour objectif d'unifier leurs camps avec le petit peuple par la haine exagéré de l'étranger. Faisant oublier au passage que ce sont les intérêts de ces mêmes bourgeois les ont conduits par le passé à accepter toutes les vagues d'immigration. C'est sous monsieur Sarkozy que la France a connu le redémarrage d'une nouvelle vague d'immigré. Pourtant monsieur Zemmour aime cette citation de Bossuet: « Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences alors qu'ils en chérissent » n'est-ce pas ? On assiste au final à l'apparition de la stratégie bourgeoise du parti Républicain aux USA. Alors que Macron essaie de nous faire un parti Démocrate en France, monsieur Zemmour et la droite bourgeoise essaient de fabriquer un parti Républicain dont le centre unificateur n'est pas l'intérêt du pays, les questions de l'indépendance nationale, mais uniquement la haine de l'immigré. Le petit problème c'est que la France n'est pas l'Amérique. Quoique puisse en penser nos pseudo-élites. Le vrai clivage en France est la séparation entre la défense de la souveraineté nationale et les partisans du globalisme. Que ces globalistes ne le soient pas sur la question du mouvement des populations ne change rien à l'affaire. Si le FN a la mauvaise idée de suivre les conseils de Zemmour, il retombera rapidement à ses scores des années 80, rien de plus. Entre la patrie et leur porte-feuille, les bourgeois de droite ont déjà choisi.

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Published by Yann
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La Gaule 16/05/2017 21:09

Je serai assez d'accord avec CVT sur les intentions et la nature politique réelle de Zemmour.
Ce personnage est-il si machiavélique que cela, alors qu'il est des évidences à son sujet qui pour moi crèvent les yeux ?
Certes, il a du style (littérairement parlant) et un certain courage, mais les idiots utiles en ont généralement, c'est même ce qui fait la fortune de toutes les armées du monde. Et cela fait deux décennies qu'Eric Zemmour assume pleinement le rôle de catalyseur utile du système politico-médiatique en concentrant sur sa personne tout ce que le même système ne veut plus voir.
En terme de théâtre pour enfant, un totem détesté s'appelle un guignol.
Il faut croire que cela flatte son ego, lui assure des revenus confortables, et, comme je le crois néanmoins éminemment sincère, lui donne une tribune permanente pour pouvoir épancher sa nostalgie larmoyante d'un monde perdu qui n'arrête plus de se perdre.
Mais quel est-il, justement, ce monde si cher en son cœur, dont il répète inlassablement à jamais tout lui devoir ?
Il s'agit de la république qui a fait de son ascendance juive berbère l'une de ses progénitures, et une progéniture reine par rapport aux rejetons maudits de l'Algérie coloniale lesquels, eux, sont restés dans la roture de l'indigénat (décret Crémieux de 1870).
Et cette république qui l'a fait roi, lui et les siens -au même titre que les siens compatriotes- il l'a vu combattue férocement par ceux-là d'où lui-même s'était extrait, et finalement rejetée à la mer avec les valises dans le canot de sauvetage.
En gros « plus jamais ça », et ne cherchez pas plus loin une origine aux obsessions de Zemmour, avec son nœud complexe de mauvaise conscience à faux-nez, de hantise plus ou moins haineuse et de nostalgie du paradis perdu (je suis d'autant mieux placé à l’appréhender que je suis moi-même pied-noir).
Quel est le visage réel et sans nuance de « l'islam » selon Zemmour, c'est ainsi très facile à comprendre au regard de l'histoire.
On comprend aussi pourquoi un tel masque ne sera pas adopté par ceux qui se coltinent quotidiennement l'immigration réelle, parce que eux ne partagent ni les nostalgies et les hantises néo-coloniales d'Eric Zemmour ni les facilités d'évitement que procure lui son patrimoine.
Les français ne sont pas a priori hostiles à « l'autre » comme on se plaît à le glavioter dans les cénacles bien nés et instruits.
Ils constatent simplement qu'on les a abandonnés avec cet « autre » qu'on leur a refourgué sans leur demander leur avis, tout en leur attribuant d'office tous les torts dans les conflits qui ne pouvaient que naître de cette confrontation.
Ils demandent simplement qu'on les reconnaisse et qu'on les aide un peu, ce qui pourtant semble être la définition du « fascisme » dans les cercles cités plus haut.

La résurgence d'un FN identitaire et « droitard « est bien sûr le scénario catastrophe, qui ramènera ce parti à ses scores marginaux des années quatre vingt, car la France déstructurée et américanisée de 2017 n'est pas prête à partir en croisade -au-delà de son écran et de son clavier s'entend.
Un tel parti serait bien sûr une aubaine pour tous ceux -on l'a encore bien vu aux dernières élections- qui ont absolument intérêt à ce que subsiste dans le paysage un parti éthiquement « repoussoir », lequel permet à tous les coups de resserrer les rangs derrière le candidat unique de l'oligarchie.
La marge de manœuvre pour le camp national est donc plutôt étroite, et je ne vois pas quel autre axe que celui un temps esquissé par MLP et Philippot, plus NDA, soit la ligne sociale et souverainiste, serait mieux à même à même de continuer à rassembler les déçus et les vaincus de la mondialisation dans notre pays.
L'on évacuera pas pour autant la question identitaire -et c'est là où nous divergeons sans doute, vous,Yann, et moi- à condition de la poser correctement.
Le problème, comme l'a dit Christophe Guilluy est que la France est devenue une société américaine comme une autre, minée par le rouleau compresseur du multiculturalisme néo-libéral, en attendant que celui-ci ne se dissolve dans le multi-ethnisme hébété des ghettos.
Et cette évolution est intervenue au terme du long cycle culturel qui a vu les grandes croyances collectives -religieuses et laïques- se dissoudre dans une adoration consumériste et béate de ce qui est appelé « le progrès », et qui n'est plus qu'une perpétuelle fuite en avant de toute la société au service des intérêts très particuliers qui la dominent.
Les immigrés d'origine récente ne font alors que s’assimiler au modèle dominant multiculturel qu'on leur chante de manière compulsive -je ne vois pas comment il pourrait en être autrement- tout en résistant à ses excès avec les moyens culturels dont ils disposent, y compris les plus excessifs !
Mais il s'agit pour moi d'une évolution désormais irréversible, et il est illusoire d'espérer réaliser une fusion horizontale des classes populaires périphériques avec celles des « quartiers » des proches banlieues métropolitaines, comme le rêve Jean Luc Mélenchon ou d'une autre manière Alain Soral.
Il y a un tropisme naturel de ces classes vers la bourgeoisie qui les emploie, la même qui améliore leur ordinaire vital par l'intermédiaire du « socialisme municipal », et, last but not least, leur permet de faire venir leur famille proche ou lointaine (ah, les cousins !) pour en profiter à l'avenant.
Je me souviens du blogueur Descartes écartant d'office au lendemain du premier tour l'hypothèse d'un commentateur, comme quoi les « quartiers » avaient joué un grand rôle dans l'arrivée de Macron en tête du scrutin. « rien ne vient vérifier une telle hypothèse » avait-il dit.
Je peux aujourd'hui lui démontrer quand il veut que les résultats précis par bureau à Grenoble vont bien au-delà de l'hypothèse, et j'imagine que vous devez avoir un phénomène similaire à Montpellier, comme dans toutes les grandes villes.
Partout où Melenchon était en tête au premier tour, Macron le talonnait loin devant tous les autres concurrents (surtout MLP). Quant au deuxième tour ce fut raz de marée en faveur de Macron, avec des scores supérieurs à ceux du centre ville et avec une participation supérieure.
Je sais aussi que certains attendent des miracles d'un Armageddon économique qui pousserait mécaniquement les pauvres de toute origine dans les bras les uns des autres.
Je pense qu'un tel scénario catastrophe (vraiment catastrophique pour le coup) ne ferait qu'accentuer encore plus les fractures et les animosités actuelles en entraînant un repli des communautés sur elles-mêmes dans la débrouillardise.

Que proposer alors aux français comme thème qui puisse jouer le rôle de ciment identitaire ?
Jacques Sapir, en bon homme de gauche, avait proposé la laïcité, et j'aurais tendance à récuser cette proposition.
En effet, Sapir est pourtant bien placé pour savoir qu'à l'origine la laïcité (le concept pris d'ailleurs ce nom beaucoup plus tard) ne fut qu'une arme de compromis transitoire pour circonscrire l'incendie inextinguible des guerres de religion en France. Arme maniée avec habileté par le parti « politique » pour rassembler les catholiques et les protestants de bonne volonté sous la houlette d'Henri de Navarre.
Le problème fut résolu quelques décennies plus tard par Louis XIII et Richelieu en affamant à mort les protestants de La Rochelle, puis par Louis XIV en révoquant l’Édit de Nantes. La déchristianisation brutale du pays dans la seconde moitié du dix huitième siècle -l'une des causes de la grande révolution- fit le reste.
Par la suite, la laïcité fut surtout une arme de combat -et de riposte en retour- de la France de 1789 contre la France qui se vivait dans la continuité des valeurs de l'ancien régime.
Les « laïcisants » (j'évite « laïcards ») ne font que désirer perpétrer ce combat à travers un catholicisme de remplacement, et je le trouve donc inadéquat pour apaiser les passions qui couvent aujourd'hui.
Le peuple de France est redevenu un peuple morcelé se cherchant une raison de former à nouveau une nation une et indivisible sur un territoire donné, pour reprendre et actualiser le triptyque de Renan.
Partons donc de ce qui est encore tangible, le territoire, pour poser que l'identité de la France est celle d'être dépositaire d'une histoire longue, laquelle nous a légué un état et des corps constitués solides en héritage.
Il va falloir réapprendre à être humble avec nos désirs, et nous contenter de défendre bec et ongles cette réalité là.
Notre identité est d'abord de nous vouloir souverains chez nous face aux puissances étrangères, quelles qu'elles soient, et cela ne peut être réalisé que par la volonté d'un état lui-aussi redevenu puissant, dans la continuité de notre histoire.
« L'intendance suivra » comme disait De Gaulle, y compris la question économique et monétaire (le retour à la maîtrise de celle-ci n'est donc pas négociable n'en déplaise à l'obtus Collard), et il faudra combattre alors résolument tous ceux qui ne voudront pas suivre en prétextant des principes incompatibles avec nos buts.
Ce sera donc ma conclusion, la modestie de tels buts ne doit pas nous leurrer car ils sont encore bien trop prétentieux pour les forces qui veulent nous détruire.
La partie qui s'annonce ne sera pas de plaisir.

Yann 16/05/2017 23:18

« L'on évacuera pas pour autant la question identitaire -et c'est là où nous divergeons sans doute, vous,Yann, et moi- à condition de la poser correctement. »

On ne diverge pas, parce que dix verges, c'est énorme comme disait Desproges. Tout le problème est de poser la question correctement. Tout est dans le dosage et la manière de faire. Cependant sans le retour de l'indépendance nationale, je ne vois pas ce que nous pourrions faire en pratique. Tout est donc conditionné par la question européenne. C'est pourquoi faire de la question de la sortie de l'euro une question centrale est plus intelligent que de focaliser sur l'identité ou l'immigration. Pour ce qui est du vote des immigrés, ce n'est guère étonnant, les partis de gauche sont systématiquement avantagés par l'immigration. C'est vrai aux USA en France en Grande-Bretagne, etc.. C'est un argument tout à fait valable pour vouloir arrêter l'immigration d'ailleurs. Je ferais sûrement un texte sur le sujet.

De toute façon, nous y verrons plus clair après les législatives, pour le moment on est dans un espace transitoire.

Charette 16/05/2017 19:42

Tout est dit, merci.
Pas de salut sans regagner notre souveraineté, et bien sûr sans des dirigeants réellement attachés à la France et à tous les Français.

CVT 14/05/2017 18:57

@Yann,
Ne soyez pas trop dur avec Zemmour, il a rendu le discours "souverainiste" (indépendantiste) audible par les masses en le dédiabolisant: il a fait preuve d'un courage physique et intellectuel peu commun, ayant été attaqué par les puissances de l'argent. Et surtout, je pense sincèrement qu'il est plus proche d'un Guiluy ou d'un Régis Debray que d'un Fillon...

Pour le reste, je partage votre divergence à son égard concernant le FN: il affirme que la candidate d'extrême-droite a perdu les élections sur des questions IDENTITAIRES, et qu'elle aurait dû renoncer à parler de l'abandon de l'euro, sujet économique par excellence. Selon vous, E.Zemmour a fait de l'identité un fétiche, alors que d'après moi, il fustige surtout la TACTIQUE de l'ancienne candidate. L'ennui pour Zemmour, et je vous rejoins, cette tactique aurait été perdante: la seule partition identitaire aurait probablement éliminé la candidate FN du second tour, comme l'ont démontré les mille et une cartes des résultats électoraux: c'est bien un vote de classe qui a porté la candidate d'extrême-droite, et non un vote purement identitaire. Les deux aspects n'étant pas mutuellement exclusifs, comme le montre les ouvrages de Ch.Guiluy.

Bien entendu, il est évident que ces DEUX sujets, à savoir la fin de l'immigration incontrôlée, et donc un retour du contrôle de nos frontières et le retour du franc comme élément de contrôle de notre économie et notre épargne, auraient dû être mis sur la table, mais comme émanation de la SOUVERAINETE NATIONALE. Marine Le Pen aurait pu être la candidate de la souveraineté retrouvée, mais elle était entravée par l'histoire même de son parti, descendant direct du poujadisme: à l'impossible, nul n'est tenu, et c'est bien la preuve qu'il manque une aile gauche au vote indépendantiste, comme l'entente tacite gaullo-communiste durant les Trente Glorieuses.

Quant à la critique sur l'américanisation de Zemmour, je trouve qu'elle tombe à plat car il est souvent le premier à fustiger la vie politique américaine qui déteint sur la notre (il suffit de voir les "festivités" de l'intronisation de Macron, et sa pantomime du Louvre dimanche dernier pour s'en convaincre). Ne faites pas trop de procès d'intention à son égard, son regret est surtout d'ordre tactique, et non stratégique: Zemmour défend bien entendu la renaissance du franc, mais il conçoit parfaitement que les Français craignent pour leur épargne. De mon point de vue, c'est une crainte non fondée, sauf si on détient des comptes à l'étranger :-)...

Yann 16/05/2017 23:00

Je ne suis pas d'accord pour le comparer à Guilluy. Ce dernier a une démarche scientifique là ou Zemmour à l'image d'Onfray fait de la philosophie ou de la rhétorique. Il est plus proche du sophiste qu'autre chose. La recherche de la vérité demande du temps de la modestie et un certain recul. Zemmour fait du spectacle. Au risque de choquer, il est dans la continuation des philosophes de télé qu'étaient les nouveaux philosophes à l'image de Bernard Henri Levy. C'est une version de droite, mais c'est un peu la même chose. On distille quelques vérités puis on construit des raisonnements brinquebalants en se fichant du caractère véridique des propos tenus. Que certaines de ses proses aient permis de faire avancer le débat sur la question nationale, peut-être. Mais aujourd'hui ses raisonnements tautologiques nuisent à cette même cause parce qu'il est profondément peu attaché à la vérité et plus attaché à l'art de dire et de polémiquer. En même temps, sa méthode lui permet de vendre beaucoup de livres et ce n'est sûrement pas un hasard.

Sur l'américanisation il l'a peut-être critiqué, mais sa réflexion amène sur l'immigration et l'identité produit exactement ce qu'il prétend combattre. Parce que c'est bien cette segmentation qui permit aux républicains américains de tenir les couches sociales pauvres depuis les années 80 tout en justifiant des politiques économiques de plus en plus inégalitaires. On voit d'ailleurs très bien en France ce discours qui associe l'aide sociale ou les politiques familiales aux immigrés qui en seraient les seuls profiteurs. Justifiant à postériori la destruction de ces mêmes politiques. Moi je vois très bien le piège.

Nicholas 14/05/2017 18:49

Il n’y a pas plus haineux que celui qui accuse l’autre de l’etre comme cet auteur le demontre avec sa haine de Zemmour, car n'est pas "haïr" les étrangers que de souhaiter que chacun vive chez soi, avec ses moeurs et ses idéologies, surtout quand certaines qu’ils veulent imposer rentrent en confrontation directe avec les notres.

Yann 16/05/2017 22:48

Vous êtes à côté de la plaque si vous voyez de la haine dans mon propos. Il n'y a d'ailleurs rien d’écrit pour l'immigration. Je pense juste que monsieur Zemmour dessert largement la cause qu'il prétend défendre en mettant l'immigration comme seul problème.

Honore 14/05/2017 18:03

Texte interressant meme si je ne partage pas votre point de vue sur Zemmour et son obsession de l'immigration plutot de l'identite. Tous les presidents qui sont succedes sauf De gaulle et Miterrand pendant la periode 1981-1983 ont donné leur lettre de noblesse à la presidence en exerçant le pouvoir du politique. Les autres se sont couchés devant l'economie. Mlp donnait la chance à la France de revitaliser le Politique les français qui ne comprennent pas grand chose aux enjeux en ont décide autrement. Concernant les identitaires vous avez raison ils gangrennent le Front national et empeche celui ci de se dediaboliser. Dans un reportage un individu d'origine serbe croate...se revendiquait d'iune Europe blanche.qui exclue donc par definition les gens des Dom Tom, de Nouvelle Caledonie...les enfants de harkis alors meme que ces gens ont plus de droit par le sang verse que cet individu. Le front national doit rester droit dans ses bottes en ce qui concerne l'Euro, l'immigration car c'est devenue une imperieuse necessite a cause de l'explosion demographique et à cause des consequences nefastes de l'immigration en France, l'identité..

Yann 16/05/2017 23:05

Et pourtant Fillon n'y est pas allé de main morte sur la sécurité et l'immigration. Par contre, il était un farouche libéral sur le plan économique. Et c'est bien MLP qui était au second tour. Ne confondez pas la base électorale et les membres du FN. Qu'il y est beaucoup d'identitaires au FN, je veux bien le croire. Surtout quand je vois fleurir des propos antisémites sur monsieur Sapir et des insultes homophobes sur Philippot. Mais je suis certain que la base électorale qui a permis au FN son score historique ne partage pas vraiment ces concepts.

Blague du siècle 14/05/2017 20:12

Si les identitaires "gangrènent" le FN c'est probablement parce que le FN et ses électeurs sont probablement eux même identitaires... Quand les français se plaignent de l'immigration c'est de l'immigration extra européenne dont ils parlent, jamais personne ne se plaint des belges, des polonais, des portugais ou des Américains...

La dediabolisation est une erreur car cela transforme le FN en un parti comme les autres, le problème c'est qu'un FN devenu comme les autres n'intéressera personne.