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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:48

Le nouveau président français vient donc d'être désigné. Il est mal désigné avec un fort taux de votes blancs ou nuls. À cela s'ajoute un taux participation qui atteint 26 %. Un résultat pas terrible lorsque l'on regarde son adversaire ostracisée jusqu'à plus soif par les médias. J'aurais bien évidemment préféré que MLP atteigne 40 %, mais sa faible prestation lors du débat à dû fortement porté sur ce résultat. Et surtout si Macron a gagné contre Marine Le Pen, il n'est pas réellement devenu président, en tout cas il n'est loin d'être le président de tout les Français. Sa mauvaise élection va peser fortement sur les scrutins qui s’avéreront difficiles pour son mouvement dont on ne sait d'ailleurs pas vraiment la nature de la majorité qui présidera pour lui. Il n'a d'ailleurs pas du tout montré une esquisse de volonté de rassemblement derrière lui. Son programme c'est celui des maigre 24 % de son premier tour, rien d'autre. Cela promet pour l'avenir et la concorde civile. Il veut rassembler ceux qui sont comme lui, c'est un personnage bien de son époque en un sens.

 

Un président déjà en sursis

 

La question des législatives va être fondamentale. Non seulement pour savoir si le pays va avoir une majorité, car rien n'est sûr en la matière. L'élection législative est une élection locale avec des personnalités fortement implantée sur le territoire. Si le PS s'est effondré lors de l'élection présidentielle, il fera probablement un meilleur score à cette élection. À l'inverse des mouvements comme ceux de Macron ou celui de Mélenchon peuvent-ils s'implanter dans des élections locales ? C'est un grand mystère. L'autre question pour les législatives sera de connaître l'implantation ou non du FN. Parti extrêmement peu représenté en regard de son poids électoral réel, les législatives resteront un point important pour voir si la stratégie du FN lui permettra d'avoir enfin une représentation à sa mesure. La grande inconnue également sera de savoir si les désistements systématiques du pseudo front républicain fonctionneront encore. Car on le voit ce Front qui a servi à asseoir un banquier d'affaire à la tête de la nation française à nettement moins bien fonctionner cette fois. Il est à parier que la dédiabolisation va continuer son bonhomme de chemin. L'autre question est celle du comportement des partisans de Mélenchon . Nous allons vers des élections législatives avec un jeu à quatre voir cinq joueurs (le PS n'étant pas hors jeu dans les élections locales) et non plus à trois comme on en avait l'habitude.

 

L'on pourrait très bien se diriger vers une majorité de droite à l'élection présidentielle. Je dirais même qu'une majorité LR à l'assemblé avec un président parfait représentant du néolibéralisme rose bonbon serait un parfait moyen pour décrédibiliser encore plus ces politiques et ces partis politiques. Pour ce qui est du mouvement de Mélenchon ou du FN, il faudra voir quelles seront localement les conditions de désistement. Je vois mal Mélenchon organiser des désistements favorables à Macron après ce qui s'est passé pendant la campagne. De la même manière, je ne vois pas les socialistes ou les partisans de Macron favoriser le mouvement des insoumis. On le voit, l'élection présidentielle n'est pas aussi fondamentale qu'on le croit. En tout cas, elle ne l'est plus parce que la population est profondément divisée. On risque de se retrouver dans les mêmes conditions qui ont mis fin au fonctionnement de la quatrième république. Ce qui prouve que ce ne sont pas tant la solidité des institutions qui tiennent la stabilité d'un régime politique que les rapports de force au sein même de la société. Une société profondément divisée socialement et économiquement peut avoir les meilleures institutions qui soient et finir par se retrouver dans un régime instable et une société bloquée.

 

Le président de l'autodestruction libérale

 

Comme je l'avais explicité dans mon texte précédent le premier tour des élections, je persiste à dire que Macron sera le meilleur moyen de radicaliser le pays et de mettre fin justement à la domination du néolibéralisme en France. On pourrait voir ici la politique du pire, ce n'est pas le cas. Il s'agit d'une réflexion à long terme basée sur les rapports de force actuels. Qui plus est, Macron est dévoré par l'hubris comme la totalité de son milieu social. Cette hubris, et la suffisance qui va avec, ne sortait ouvertement que très rarement chez Hollande ou chez Sarkozy. Ces derniers étaient bien évidemment du même moule que Macron que ce soit sur le plan social ou sur le plan des idées. Cependant, ils pouvaient faire illusion, se gausser pendant leur repas des sans-dents tout en faisant des discours sur la gloire de la nation et du peuple français avec des trémolos dans la voix. Il n'y a rien de tout ceci avec Macron. C'est un Tony Blair français avec encore moins de charisme et de retenue. Le simple fait qu'il veuille diriger en grande partie avec le 49-3 montre toute cette suffisance, et ce déni naturel de démocratie qui caractérise les pensées suprématistes. Car oui avec Macron nous avons un vrai extrémiste au pouvoir. Un suprématiste capitaliste de pure souche qui va essayer de déboulonner la totalité de ce qui reste du système social français. Et le pire c'est qu'il le fera avec plaisir en souriant. De quoi réellement attiser la colère des Français. Et réveiller enfin les imbéciles de gauche qui pensent qu'une autre Europe est possible, que finalement le libéralisme rose c'est plus sympathique que ces affreux réactionnaires de la souveraineté.

 

Macron va se retrouver avec une société bloquée, et dont les blocages proviennent exactement des résultats des politiques qu'ils comptent mener avec assiduité. Je vous rassure cependant malgré sa volonté de saccage, il va vite se retrouver bloqué. D'abord parce que le pays va probablement multiplier les luttes sociales. Luttes qui seront d'autant plus faciles à mener que Macron n'a que peu de légitimité et qu'il semble particulièrement détesté par la France d'en bas. Sa suffisance et son incapacité à réellement cacher ses intentions et son mépris ne feront qu'aggraver encore la réaction d'une population qui reste au fond d'elle même encore attachée à une certaine décence et à un certain respect de l'égalité. Macron, malheureusement pour lui, est un anglo-saxon parlant français, et il a la mentalité qui va avec.

 

L'autre blocage tout aussi puissant sera sur la question européenne. Macron rêve d'avoir une fusion fédéraliste de l'Europe. Il rêve encore une fois de la réalisation du projet aussi dangereux que ridicule d'une nation fédérale européenne. Il sait comme ses collègues banquiers que le système économique européen actuel ne fonctionne pas. Mais plutôt que de le remettre en cause, il compte bien mettre la touche finale à l'édifice. Le problème que monsieur Macron n'a pas compris, c'est que si la vision d'une Europe fédérale ne s'est pas accomplie, ce n'était pas à cause de ses prédécesseurs franchouillards, mais bien parce que les autres nations et particulièrement l'Allemagne n'en voulaient pas. Ce que veut l'Allemagne actuelle ce n'est pas d'une nation européenne et des transferts de solidarité vers l’Europe du Sud, transferts qu'elle serait d'ailleurs bien en peine de fournir à la hauteur des nécessités. C'est un rééquilibrage des comptes français par la destruction de l'état social français.

 

L'Allemagne veut détruire la structure sociale française dans ses propres intérêts, car les élites allemandes contrairement aux élites françaises continuent de penser en terme d'intérêt national. Pour elle l'Europe n'est qu'un outil pour servir ses intérêts, rien d'autre. La destruction de l'industrie française met ce pays sous le joug allemand et l'Allemagne qui manque de main-d'oeuvre ne serait pas contre un effondrement social et démographique français pour nourrir son industrie en main-d'oeuvre qualifiée plus facilement absorbable que celle du Moyen-Orient. À cela s'ajoute le fait que l'Allemagne a tout intérêt pour l'instant au maintien de l'euro qui la protège contre la réévaluation monétaire. L'effondrement français a donc deux intérêts à moyen terme pour l'Allemagne. Favoriser une baisse de l'euro, ou au moins le maintient à des taux nettement plus faibles qu'un Mark solitaire. Le deuxième intérêt est de potentiellement faire de la France un fournisseur de main d’œuvre complémentaire pendant quelques décennies.

 

Contre ce mur-là, il n'y a que le seul fracas qui attend Macron. Du reste étant donné l'image que les élites allemandes ont de Macron, ils comptent bien lui réclamer un maximum d'effort pour lui et la nation française. Le Macronisme va donc très vite plonger dans les profondeurs de l'impopularité. Et l'Europe déjà très impopulaire finira par être vue pour ce qu'elle est une vaste entreprise de pillage pour les intérêts allemands et la grande finance. Dans cinq ans il sera bien difficile de défendre encore l'euro et l'Europe alors que le champion qui devait nous sauver avec plus d'Europe aura au nom de son fédéralisme croupion clochardisait quelques millions de Français supplémentaires . Et cela en n'obtenant rien d'autre que mépris de la part des chefs de l'Empire germanique. Reste à savoir qu'elle sera la réaction des adorateurs du macronisme actuels lorsque leur idole aura failli. Comme l'a dit récemment Guaino dans cette vidéo : « Quand les gens verront qui est MACRON il sera trop tard ! ». Cependant Guaino ne voit pas qu'il s'agit là malheureusement d'un mal nécessaire.

 

 

Préparer l’après Macron, pour le rebond national

 

Même si cette élection peut laisser un goût d'amertume, je tiens quand même à souligner que les idées de nation et de souveraineté ont été nettement en progrès. L'on voit aujourd'hui que l'unité de la gauche qui était encore valable en 2012 ne l'est plus. De son côté le FN a réussi à faire sauter le plafond de verre, quoi qu’en disent certains. Je vois déjà mon collègue Laurent Herblay me dire le contraire alors que cela me semble l'évidence. Si elle veut faire fructifier, son élection Marine Le Pen doit accélérer son changement d'image. En changeant de nom pour son parti. En faisant monter des personnalités comme Phillipot sur le devant de la scène. Il faut délepéniser le FN, si je puis me permettre ce néologisme. Un petit coup à jouer pour les législatives serait de se désister lorsqu'un candidat des insoumis se retrouve en position favorable de façon à bien faire voir que la vraie opposition de notre temps n'est pas la droite ou la gauche, mais entre souveraineté et européisme.

 

Avant de désespérer comme beaucoup, dites-vous bien qu'en 2012 nous avions un Nicolas Sarkozy contre français Hollande au second tour des élections. Que la question de la souveraineté n'était pratiquement pas abordée et que le système de balancier entre la droite libérale et la gauche libérale fonctionnait encore. Cette fois c'est fini, le système néolibéral a dû jouer franc jeu et mettre en place un candidat rassemblant l'ensemble du libéralisme. Dites-vous bien aussi que le FN et la France insoumise sont de loin les électorats les plus jeunes, l'avenir est devant nous. Il reste évidemment un énorme travail pour faire comprendre la sortie de l'UE et de l'euro. Un travail de persuasion et de compréhension qui doit s'accélérer. Cette solution doit devenir une évidence pour la majorité des Français, mais pour cela il faut bien faire comprendre le lien entre l'euro et les politiques néolibérales. Lien qui n'est pas toujours compris surtout à gauche de l'échiquier politique.

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Published by Yann - dans politique
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La Gaule 09/05/2017 17:23

Merci d'avoir fait le jeu de la cinquième république en évoquant la quatrième, mais l'analogie s'arrête à votre optimisme naturel.
La quatrième république était effectivement paralysée par le jeu de quatre forces.

D'un côté le MRP « centriste » et la SFIO « socialiste », plus des satellites groupusculaires qui leur pendaient au basques comme des grelots. Ce camp là se définissait avant tout par son atlantisme chevronné, un trait que l'on retrouve aujourd'hui dans les composantes diverses qui ont soutenu En Marche.

En face, deux forces qui auraient pu se retrouver dans leur hostilité à l’Amérique mais que l'antagonisme idéologique par ailleurs rendait inconciliables. « Les gaullistes » (le RPF étant défunt) et le parti communiste, jadis alliés de circonstances du temps du CNR mais désormais en chiens de faïence de part et d'autre du fossé créé par la guerre froide entre le monde communiste et le « monde libre ».
Ici , il est difficile de retrouver un antagonisme de même nature entre le FN et le mouvement créé par Jean Luc Mélenchon, l'attitude vis à vis de la Russie de Poutine n'étant pas clivante à ce point là.
Derrière l'alibi théâtral de « l'antifascisme », se trouve en fait un clivage sociologique, l'électorat respectif à ces deux mouvements occupant des catégories sociales bien distinctes.

C'est la « discipline républicaine » du camp MRP / SFIO qui paralysait le système, en tirant avantageusement parti de la prépondérance du parlement sur le pouvoir exécutif propre à la quatrième république.
Paralysie renforcée par le fait que la France était en guerre dans l'imbroglio algérien, autant hors de ses frontières que sur son territoire, et qu'il régnait encore un consensus majoritaire sur la nécessité de poursuivre cette guerre.

Pourtant le pays trouva son salut politique, cela pour plusieurs raisons :
1)
Une porte de sortie institutionnelle, par le renversement des rapports de force que constitua la cinquième république, avec un président investi désormais de pouvoirs considérables.
2)
Un contexte international très favorable sur le plan économique. On était au cœur rugissant des trente glorieuses.
3)
A moins très court terme, la volonté de sortir du bourbier algérien par de Gaulle rencontra les deux facteurs précédents pour larguer ce boulet dispendieux et engager résolument le pays sur la voie de la prospérité.

Aujourd'hui, je ne vois pas de telles portes de sortie possibles à la situation de la France.

Sur le plan institutionnel, on dirait que le pays a transformé les avantages de la cinquième république en tares de la quatrième.
Avec une hégémonie de partis politiques au rancart mais qui savent resserrer les rangs pour maintenir leur prépondérance, et la toute puissance institutionnelle d'un président, laquelle, si elle ne convient pas à des personnalités falotes, pourrait très bien donner des mauvaises idées à un dictateur d'un nouveau genre : l'hologramme despote.
Sur le plan économique, l'occident se trouve dans le marasme profond que vous connaissez bien, marasme décuplé en Europe par le véritable problème structurel que constitue le jeu économique des pays de l'Union.
Quant à la guerre, c'est plutôt la guerre civile qui nous menace, la pire de toute, plutôt qu'un conflit à nos frontières, même si cette ombre qui plane sur nous est largement liée à une situation internationale chaotique.

Désolé, donc, de camper sur mon pessimisme.

PS : j'ai vu Jean Luc et Marine cet après midi -vous savez , ceux dont vous faites le jeu- ils vivent quasiment ensemble, c'est bientôt officiel. Ils sont d'accord pour augmenter vos émoluments. Vous acceptez les chèques en roubles ?

Yann 10/05/2017 09:00

La guerre civile dans un pays aussi vieux je n'y crois guère maintenant. À la limite ce sera une lente agonie jusqu'à la disparition et le remplacement par une nouvelle civilisation comme à l'époque romaine. Il y a d'ailleurs des similitudes avec le déclin démographique, le remplacement des autochtones par des peuples étrangers, un abandon progressif de la culture traditionnelle par des mœurs importées comme l'américanisation, le panem et circenses. Mais nous ne sommes pas encore morts, on peut encore agir.

Sinon c'est bon, j'ai déjà mon compte en Russie. Vladimir m'a envoyé mon chèque cette après-midi.

achriline 08/05/2017 18:30

Arrêtez de vous masturber les boyaux de la tête pour essayer d'excuser l'une ou l'autre. MLP/Mélenchon même combat, ils font partie du système et jouent les faire-valoir pour amener au pouvoir le candidat de l'oligarchie. MLP avait décidé d'être mauvaise lors du débat car elle ne veut pas de la place de président. Il lui suffit de maintenir le mythe du FN de telle sorte qu'aux diverses élections il réunisse assez de voix pour que ses proches puissent obtenir les divers postes de députés (français ou européens) qui leur permettent de vivre confortablement. Les plus naïfs sont ceux que Hollande a appelé les "sans dents". Allez regarder comment la nièce vote à l'assemblée nationale et vous verrez que le FN ne défend pas les gens modestes.
Quand à Mélenchon, il n'est pas mieux, avant et pendant toute la campagne il veut changer l'union européenne et il menace de la quitter si elle ne se plie pas à son bon vouloir et voilà que le dernier jour il annonce qu'il n'est pas question de la quitter. De quoi déboussoler de potentiels électeurs. A-t-il eu peur d'être au 2ème tour et de gagner. Car lui aussi touche plus de 15.000€/mois pour son siège de député européen (sans compter les autres indemnités - au total plus de 36.000€). Vous ne voudriez quand même pas qu'en quittant l'UE, il scie la branche sur laquelle il est assis.
Regardez les choses en face et arrêtez de jouer leur jeu.

Yann 10/05/2017 08:52

C'est bien alors on arrête la politique et on quitte la France. Je suis désolé, mais je ne verse pas encore dans le nihilisme.

La Gaule 09/05/2017 17:31

@ Achriline

« Inutile de vous masturber les boyaux de la tête ».

Je ne comprends pas cette image, laquelle repose sur des hypothèses physiologiquement douteuses.
J'ai été à l'école publique en ces temps obscurs où les ministres de l'éducation n'invitaient pas le personnel à apprendre aux élèves à se branler.
Néanmoins nous pratiquions la chose. Avec terreur certes (Dieu autant que la République nous toisaient avec réprobation, en souvenir de nos morts), mais non sans plaisir et une dextérité qui n'avait rien à envier à celle des jeunes contemporains -vous avez quel âge au fait ?
Toujours est-il que nous appelions alors un chat un chat et que nous savions où était le matou.
Nous n'aurions jamais confondu ainsi le fruit gélatineux de notre plaisir avec un gros pet à morceaux ou une quinte spasmodique de coryza.
Une tête est une tête, un boyau est un boyau, et une .... (vous voyez ce que je veux dire) est une .... (idem).
Évidemment, il reste le problème de savoir si c'est le chien qui remue la queue ou la queue qui remue le chien. Dans la cas de la branlette, les deux mon général.
C'est que la tête est le siège des deux systèmes qui gouvernent l'activité consciente et inconsciente de notre organisme, le sympathique (rien à voir avec la sympathie que vous m'inspirez d'emblée) et le para-sympathique.
L'activité sexuelle est bien gouvernée par les deux, d'où le mouvement dialectique bien connu du plaisir qui en découle -et s'écoule.
Pour les boyaux par contre, pas d’ambiguïté. Ils font naturellement de la m...., que vous le désiriez ou non.
Il y a bien sûr le cas des gens qui en font à tout bout de champ, de la m...., même quand ils écrivent. Mais cela relève plutôt de la maladie professionnelle -pensez aux journalistes.
Bon... Je pense n'avoir rien oublié.

Pierre Feuille Ciseaux 08/05/2017 10:15

L'après néolibéralisme ne se fera pas avec Marine Lepen ,quelque soit le nom qui sera donné à son «nouveau» parti , elle défend tellement mal nos idées qui n’ont pas progressé grâce à elle (ou son équipe) mais grâce aux évènements grecs ,aux délocalisations,au travail détaché,au recul du service public et pas qu’en campagne , au sentiment de décrochage de + en + flagrant puisque devenus territoriaux (combien de provinciaux ou de péri-urbains se sentent relégués comme les ultra marins maintenant?) , grâce aux contributions d’intellectuels comme Todd , Onfray,Guilluy ,Lordon,Sapir de journalistes comme Polony , Zemmour et Ruffin...sans oublier les bloggueurs.


Le refus des Insoumis de participer au 2ième tour est à ce titre encourageant , le 21 avril 2002 jamais les anti-Lepen n’auraient mis en relation sa présence au 2ième tour et la politique libérale de son opposant.
L’idée que la dérégulation ,la contraction salariale ,la suppression des services publics provoque la montée de l’extrême droite est nouvelle à gauche...
Le vote FN motivé par le racisme a été relegué au 2ième voire troisième plan , au point que BHL milite de nouveau pour que l’on rediabolise le parti (son appel commence à : 1h12min)
https://www.youtube.com/watch?v=HeLQy_oQkBE&t=4045s
afin dit-il de contrer « le front illiberal qui souffle sur le monde» ... bel aveu de leur stratégie depuis 30 ans non ?
Le souci avec la gauche est qu'ils sont très longs à la comprenette et ça depuis la fin de la première guerre.

Pierre Feuille Ciseaux 10/05/2017 09:47

@Yann

Nous sommes d'accord ,
mais les idées doivent être restituées (le + clairement possible) et incarnées (par qqn qu'on écoutera) hors personne au FN n'a le profil ...
Pour moi c'est un des enseignements de la campagne.

Yann 10/05/2017 08:51

Je trouve très curieuse cette idée que le FN ne changera jamais simplement parce que c'est le FN même s'il change de nom. Que reste-t-il par exemple du PCF de Marchais aujourd'hui ? Ou du Gaullisme chez les LR ? Ce qui produit le changement des partis politiques comme des courants d'idées ce sont les rapports sociaux et les modifications des rapports entre les différentes couches sociales. Est-il si difficile d'imaginer que le changement de base électoral du FN puisse changer profondément ce parti comme il l'a fait pour les autres ? Du reste Florian Philippot et Philippe Murer ont aussi participé au changement dans les idées. Mais je pense que ce sont surtout les conditions sociales et la crise patente que provoque l'UE et l'euro qui ont fait changer un peu l'opinion publique. Il ne faut pas trop surestimer l'influence des penseurs sur le comportement des électeurs. Ils changent d'avis quand ils en prennent plein la figure. C'est à ce moment-là qu'il faudra avoir une alternative crédible capable d'utiliser la colère populaire à bon escient. Et malheureusement PMF je ne crois pas que l'on puisse se passer du FN pour arriver à cette fin.

vincent perrault 08/05/2017 09:36

marine se fou de la gueule du monde,

péter macron au débat tous le monde l'aurait fait facilement, mais elle choisi l'option d'être la moins crédible pour ne pas se faire élire, d'ailleurs elle ne m'a pas donné le sentiment d'être triste, mais rassuré hier, cela en dit long sur ce partie qui entretiens le système

ah oui pour infos, y a une gauche reconstitué avec la france insoumise, et elle est plus forte que jamais, donc ne prenez pas vos rêves pour des réalités.

Yann 08/05/2017 09:51

Ce ne sont pas mes rêves. Je préférerais qu'il y ait un mouvement autre que le FN pour redresser la barre, mais ce n'est pas le cas. Quant à votre théorie du complot sur le fait que Marine Le Pen serait un agent du système, c'est un classique de rhétorique bas de gamme. Elle a juste été mauvaise. La France des insoumis on verra ce que cela donnera aux législatives . Je précise que mon blog se fiche du FN, des insoumis, et des partis politiques en général. Mon but c'est la fin de l'UE, de l'euro, du libre-échange et des idées néolibérales dans l'intérêt du peuple français. Peu m'importe le groupe ou le parti qui y mettra fin. Je constate juste que le FN est de loin le mieux placé pour y arriver. Que cela vous chagrine ne change rien à cet état de fait.

gendan 08/05/2017 07:32

Ce que je constate malheureusement, c'est qu'une fois de plus, les français ont voté en masse contre, et Emmanuel Macron est le 8ème Président de la République. C'est une fois de plus, une élection de refus. Quand vont-ils enfin voter avec leur tête et non avec leurs tripes ?

Yann 08/05/2017 09:45

Au second tour on élimine. C'était déjà le cas dans les autres élections. Le problème n'est pas les candidats en eux-mêmes, mais la profonde division du pays que ne fait que refléter la coupure en quatre gros morceaux de l'électorat au premier tour.