Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
10 juillet 2010 6 10 /07 /juillet /2010 22:20

    Les affaires d'argent qui impliquent notre président actuelle semblent mettre définitivement fin à l'hypothèse déjà très malmenée par la crise d'une réélection pour 2012. Il est probable que désormais le fils spirituel de Balladur ne soit plus capable de l'emporter, il est même possible que son parti et les hyènes qui l'habitent finissent par l'empêcher de se représenter. La question n'est donc plus de savoir qui peut battre Sarkozy aux prochaines échéances électorales mais qui pourra enfin apporter des solutions concrètes pour les questions essentielles du pays que ce soit sur l'euro, le libre-échange, ou sur la question de la dette et de la réforme du système bancaire et financier.

 

    On ne peut en aucun cas aujourd'hui prévoir ce qui se passera au moment des élections de 2012, l'échéance est trop lointaine pour cela et l'évolution de l'actualité économique trop chaotique pour se lancer dans des prévisions. On peut tout de même faire quelques remarques et quelques hypothèses. En premier lieu le PS n'est pas assuré de bénéficier de l'effet repoussoir de l'UMP, ce fut d'ailleurs le cas en 2007, beaucoup prévoyaient alors une victoire du PS et l'oracle Todd lui même y croyait d'autant qu'il pensait que tout le monde pouvait battre Sarkozy. Enfin tout le monde sauf Ségolène Royale, là il eu malheureusement raison. Même si je suis quelqu'un qui n'a jamais cru en Sarkozy pour redresser le pays, je dois avouer qu'il y a motif à se réjouir qu'il soit devenue président en cette sombre période. Pour ce faire je vous laisse imaginer l'état du pays si les socialistes l'avaient emporté en 2007. Sur le plan économique ces derniers n'auraient fait aucune grande différence, leurs politiques étant similaire en faite à celle de la droite libérale. Et de toute façon les contraintes que l'UMP et le PS ont mis sur la tête de l'état français avec l'UE et l'euro condamne tout les pro-européens à faire à peu-près la même politique économique. De ce fait nous aurions aujourd'hui un PS laminé, une Ségolène Royale complètement désintégrée électoralement et surtout un Nicolas Sarkozy gonflé aux hormones de la démagogie puissance dix.

 

      Il faut bien admettre que la seule chose qui a pu abattre cet opportuniste affairiste c'est lui même et ses mauvaises habitudes, c'est son incapacité à diriger un pays et son égo sur-dimensionné qui l'on mit à terre.  En 2007 il n'y avait strictement rien à faire pour l'arrêter, ses relations aux médias et aux puissances d'argents, couplé à l'illusion sur la mondialisation et le modèle américain, rendaient impossible l'alternative. Et encore quelle alternative? En 2007 il n'y avait rien à tel point que le débat fut d'une nullité jamais vue dans une élection présidentielle française. Maintenant est-ce que ce sera mieux en 2012, c'est possible mais pas certain.

 

      La crise a enfin levé le voile sur les mystères de l'économie monde. Alors qu'avant la crise seule une petit quantité de personnes remettaient en cause le fondement même de la mondialisation et de l'Europe, cette opinion a aujourd'hui grandement pris de l'ampleur même si elle reste minoritaire.  De la droite à la gauche les discours alternatifs se sont multipliés et les médias décentralisés comme internet sont en train d'inverser le rapport de force avec les médias centraliser comme la télévision ou la radio. Il est cependant difficile de juger du poids de l'importance relative à tel ou tel mécanisme, est ce que la prise de conscience est le fruit de la crise ou d'internet, ou les deux conjugués, mystère? Mais le fait est que nous sommes devant un changement radical dans l'opinion publique. Même des penseurs du centre du système sont obligé, comme Patrick Artus récemment, d'ouvrir des possibilités alternatives pour ne pas sombrer avec le bateau de la pensée unique. La réaction du pouvoir central est d'ailleurs assez révélatrice du changement, internet étant montré comme source de tout les vices, les politiques ont bien compris d'où venait le danger pour leur petites habitudes. C'est d'ailleurs ce que dit explicitement  le député Nicolas Dupont Aignan dans sa dernière tribune. Il sait de quoi il parle puisque lui même n'existerait tout simplement pas sans le net.

 

Internet un rôle central en 2012?

 

    Même si le poids du net est encore faible dans la sphère médiatique en comparaison de la télévision par exemple, il a su imposer une image de sérieux qui fait défaut aux journaux papiers, à la radio et à la télévision. Internet modifie d'ailleurs les autres médias grâce à sa mémoire et à sa possibilité d'enregistrer l'écrit et l'image, il permet de modifier la vision qu'ont les gens de la télévision ou de la radio. Les erreurs, les contradictions et les arguments sophistes ne survivent pas au regard du net, à l'inverse de la télévision, le net favorise le dialogue rationaliste là où la télé favorise l'émotion et l'instantanéité. Je parle bien sure ici des blogs, des journaux en ligne et des forums, pas du chat. Même si le nombre d'acteurs du net politique est faible la qualité des lecteurs et des intervenants, et surtout la liberté de ton qui y existe, semble réaliser la victoire du pot de terre contre le pot de fer. C'est dans ce contexte que la prochaine élection présidentielle va se dérouler ce qui ouvre un champ de possibilités infinies pour les futurs candidats. Grâce au changement de rapport de force médiatique, il est possible que les nouveaux médias du net imposent un plus grand sérieux aux débats électoraux et dans ce cas les petits candidats pourraient marquer beaucoup de points.

 

  Finalement l'élection de 2007 fut l'apogée de la domination télévisuelle celle de l'émotion, de la bêtise et du simplisme, avec un final d'apothéose que fut le débat entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale. La prochaine élection sera l'arrivée  de l'effet internet sur les élections politiques, les petites affaires, les non dits, les mensonges risquent d'être étalés au grand jour. Et les manipulateurs verbeux que sont la majorité des candidats du PS ou de l'UMP (y compris Villepin) ne sont pas intellectuellement armés pour faire de la vrai politique, celle qui sera nécessaire à la survie dans cette nouvelle donne.  Leurs incohérences apparaitront de plus en plus facilement aux yeux d'un publique qui pourra juger grâce à la mémoire et  à la liberté de parole du net.  Donc au final même si l'on ne sait pas encore quel seront les possibles vainqueurs de l'élection 2012, on sait par contre que cette élection sera très différente de la précédente. A cela s'ajoute bien sure l'aggravation de la crise qui continuera à pourrir la situation sociale du pays.  On ne peut pas exclure non plus l'hypothèse d'un effondrement pur et simple de la zone euro d'ici là, ce qui ajouterait nécessairement des difficultés aux penseurs mainstream du système.

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans politique
commenter cet article

commentaires

ping 15/07/2010 20:01



@Yann : Ce serait bien de relire vos textes pour éviter de "féminiser" les textes (président actuelle, il soit devenue,...)


Soyons certains que Sarko ou plutôt ses "conseillers" vont se charger de lui refaire une santé politique, avec force marches arrières, mea culpa, etc... Le mec n'est pas avare de reniements
retentissants et de fourberies dont chacun peut se rappeler les effets (privatisation EDF, âge de la retraite, ...). Le tout est de ne pas se faire avoir (enfumer) cette fois !!


Mais je crains le pire...il dispose à volonté de la puissante machine médiatique et mettra tous les moyens en oeuvre pour se succéder.


 


 



Amirage 14/07/2010 20:46



J'ai un gros doute sur votre phrase en orange.  Au contraire j'estime que les candidats risqueron d'être encore plus formatés que jamais. Et l'exemple de la dernière élection américaine où
internet a eu un role puissant est édifiant. Quel contraste par exemple entre voir des militant républicains ou démocrates filmer en continue leurs adversaires dans l'espoir d'immortaliser une
perle ou un propos qui pourraient ressortir plus tard tel une pièce à conviction ; et Sarah Palin sortie du chapeau en fin de campagne qui conserve une belle cote de popularité chez les
républicains.(il me semble qu'il y a d'autres oiseaux du même genre républicains qui sont sortis depuis)


Internet n'est qu'un média alternatif et ce qui compte ce sont les gens. Surtout que nous sommes un pays où la part des personnes agées est importante surtout pour le vote. Et avec Internet, des
débats rationels etc.. ou non elle forme tout de même une classe qui est plutot conservatrice qui a plutot interet à ce que le système ne soit pas trop chamboulé, par interet objectif, par peur,
par habitude, par confort.


Et puis les moments de crise favorisent aussi la démagogie. C'est la où le système est le plus affaibli. Donc la où se poser en alternative peut être un jackpot.


Personnellement je trouve très grave et d'une que le parti socialiste aie vampirisé l'espace dit de l'opposition et de deux qu'il ne soit même pas foutu de se remettre en question pour incarné
une alternative. Non au contraire ça s'accroche encore à ses vieilles lunes.


Enfin il y a deux autres remarques que je ferais. Tout comme dans les années 70 et 80 les politiques n'étaient pas forcément encore totalement à l'aise à la télévision. Je ne pense pas que le
personnel politique soit encore pleinement mature avec internet. La deuxième est qu'internet ne gomme nullement les différences de "puissance" des partis. Une grosse machine politique reste une
grosse machine.



yann 12/07/2010 12:49



@Malakine et RST


Je  crois que le pessimisme vous aveugles mais de toute façon nous verrons bien. Le facteur le plus important sera à mon avis l'évolution de la crise. Les français n'ont pas encore subit
vraiment la crise quand les salaires tomberont que les diverse aides seront supprimé on verra si le pays continuera sa course au néant politique, quand on a le ventre vide on réfléchit beaucoup
plus vite.



Malakine 12/07/2010 11:50



Désolé mais je vais encore faire mon pessimiste, mais pour moi, il n'y aucune chance que l'élection de 2012 se déroule sur un registre rationnel et des sujets de fond. Le débat médiatique se
déroulera entre le candidat de l'UMP (Sarko, Fillon ou Juppé) le candidat du PS (Aubry, Holllande, Royal) et Villepin. Et tout ce petit monde pense exactement la même chose. ou plus exactement
partagent les mêmes dogmes quasi religieux pour faire écho à mon commentaire sur le billet précédent. En outre les médias sont des billes sur les sujets économiques. Jamais ils n'interrogeront
les politiques sur des sujets qu'ils ne maîtrisent pas et sont aussi peu vendeurs.


L'élection va se jouer sur les banlieues, la sécurité et l'immigration, comme d'habitude. Le gouvernement va harceler les quartiers chauds (saisies de shit, chasse aux burqa ect...) jusqu'à que
ceux-ci explosent et reproduisent des émeutes. Les médias sortiront l'artillerie lourde pour faire de la racaille arabo-musulmanne l'Ennemi intérieur. Sarko enverra ses flics déguisés en
robocops, voire l'armée. Il décretera l'état d'urgence et la patrie en danger.  Il apparaîtra aux yeux des petits blancs terrifiés par ce qu'il verra à la télévision comme le dernier rempart
contre la barbarie.



RST 11/07/2010 09:50



@ Yann


Je ne suis pas aussi convaincu que toi que Sarkozy est fini. 2012 c'est encore loin et les français ont la mémoire courte.


Sur le rôle d'internet, j'espère que tu as raison mais il me semble que tu es un peu trop optimiste. J'ai l'impression que cela ne concerne qu'une minorité et que ce qui fait l'opinion c'est
encore TF1 et pour longtemps. J'espère me tromper.