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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 15:00

comfra.pngL'élection législative à peine terminée voila que la réalité reprend pied dans l'actualité sur les sornettes et les mensonges à répétition. Le pauvre François Hollande se voit obligé de montrer toute son impuissance verbeuse deux mois seulement après sa victoire. Quant aux pauvres électeurs de gauche encore aveugle sur la nature fondamentale du parti socialiste, ils sont maintenant condamnés à se voir répéter l'affaire Vilvoorde. Cela tombe bien d'ailleurs puisque le gouvernement refait appel à celui qui avait arrêté la politique. Le génial Lionel Jospin. Le monsieur qui n'a pas réellement compris d'où venait son relatif bon bilan à savoir de la dévaluation monétaire d'alors. Les socialistes ne peuvent rien faire puisqu'ils ont renoncé aux seuls outils réellement efficaces pouvant inverser la tendance à la désindustrialisation. Rappelons ici que les deux seuls outils sont les dévaluations et les protections douanières (droit de douane ou quotas d'importation). Les joies européennes se font au prix fort cher de l’appauvrissement général de notre nation. Et il faudrait être d'une mauvaise foi absolue pour affirmer l'inverse. Cela fait trente ans déjà que les socialistes ont troqué l'intérêt du peuple contre leur dogme postnational euromondialiste.

 

Une grande créativité justificatrice :

 

Bien évidemment pour justifier leur inaction collective les gens de « gauche » ne peuvent sortir les arguments sur l'efficacité économique comme les guignols libéraux de droite. Ce faisant, ils vont inventer tout un tas de justifications alternatives pour faire admettre cette destruction. Mieux que cela, ils vont réussir probablement à présenter cela comme un progrès. Il suffit de lire les réactions de la gauche pseudorévolutionnaire sur cette affaire pour s'en convaincre.

 

1-C'est la faute aux patrons

 

Argument habituel du type bouc émissaire. Cependant, ne dites pas aux gauchistes que les riches et les patrons sont leurs boucs émissaires. Ils risqueraient de vous menacer, ou pire encore. Le fait est que les riches et les patrons sont à la gauche française ce que les immigrés et les fonctionnaires sont à la droite française. Des arguments simplistes permettant de ne jamais vraiment penser de façon argumentative. Il suffit de lire ce type d'article sur couillon89 ( journal numérique ayant réussi à battre Libération , Le Monde et le Figaro sur le plan de la nullité journalistique)pour comprendre le caractère limité de ce type d'argumentation. Le fait est que les patrons de PSA ont en fait été bien plus patriotes que ceux de Renault et qu'ils en payent aujourd'hui le prix. Le vice est récompensé et la vertu punie grâce au fabuleux monde mondialisé que les petits gauchistes sont incapables de réellement critiquer puisqu’un monde non mondialisé est ipso facto un monde d'états nation. Or la gauche a horreur de la nation et des frontières.

 

En fait en suivant ce type d'argument il faudrait littéralement fermer toutes les usines en France pour que les groupes français puissent lutter et être efficaces à l'internationale. Mais alors se pose la question fatale : « Quid de l'intérêt pour le peuple français ? Avoir des multinationales championnes du monde, mais qui n'embauchent aucun français. Ça sert à quoi ? » Mais c'est probablement une question de facho nationaliste. À un moment donné, il faut se poser la question de savoir si l'on défend l'intérêt des entreprises ou l'intérêt du peuple et de la nation. Ici l'on voit bien que la gauche française défend en réalité l'intérêt des multinationales d'origine française bien plus qu'elle ne défend l'intérêt du peuple français. Paradoxalement, ces arguments pourraient même être utilisés par les riches qu'elle prétend honnir tant ses visées idéologiques coïncident comme par hasard avec l'intérêt de ces derniers. Évidemment ce n'est pas une coïncidence puisque la gauche bobo est issue en réalité du même milieu social. On entendra donc rarement, voir jamais, un type de gauche dire que la mondialisation est peut-être la cause du problème. Et si tant est qu'ils l'admettent, ils se retourneront en déclarant que c'est inévitable et que tout arrêt de l'ouverture des frontières produirait une catastrophe. Ce qui est illogique si l'on admet que la mondialisation est à l'origine de la dégradation de la situation économique de la majorité de nos concitoyens. Il est donc plus facile à gauche de jeter la pierre sur les patrons plutôt que de voir qu'en réalité ces derniers n'ont guère le choix eu égard aux conditions économiques construites par les défenseurs du libre-échange et de l'Europe mère de toutes les « prospérités ».

 

2-L'argument pseudosociologique

 

C'est probablement l'argumentation la plus pitoyable et la plus hypocrite que je connaisse voir ici. Il s'agit de présenter l'automobile comme un truc de beauf et de français archaïque. Un truc d'individualiste qui ne pense pas aux autres, un outil affreusement réactionnaire. C'est le recyclage à l'infinie des idéologies de la gauche des années 60-70 qui présentait la consommation de masse comme un truc affreux alors même qu'elle était issue de milieux aisés pour la plupart de ses membres. Je doute fortement que les soi-disant critiques de l'automobile vivent sans elle. Et s'ils le font, c'est généralement parce que leur milieu social et leur niveau de vie leur permettent le plus souvent de vivre dans les centres-ville et d'habiter à côté de leur lieu de travail. Bien loin de ce milieu périurbain où vit la majorité de la classe moyenne française. Des lieux de travail qui rendent obligatoires les déplacements en voiture. Les bobos veulent que tout le monde arrête la voiture ? Et bien il va falloir qu'ils se serrent un peu parce que l'on va manquer de place dans les centres-ville. Il va falloir également qu'ils acceptent que des pauvres « blancs » (Quoi ça existe ?) s'installent dans des logements sociaux près de chez eux. Un vrai cauchemar pour boboland ? C'est que les pauvres blancs ils s'entassent et font des gosses qui vont polluer la planète, ils pourraient en plus croiser nos filles. Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur (© Chirac). Les noirs on les veut bien tant que l'on ne les croise que dans la rue. Ils décorent et mettent de la diversité, mais des pauvres blancs vous n'y pensez pas.

 

Avant de vouloir que les gens cessent d'utiliser la voiture, il faut penser aux conséquences pratiques et aux conditions sociologiques qui poussent les gens à s'entasser dans les embouteillages. Si les bobos pensent que la classe moyenne fait ça par plaisir, c'est qu'ils ont une vision du peuple français encore plus exécrable qu'on aurait pu le penser. C'est toutes les structures de nos villes de notre distribution et de notre organisation économique et agricole qu'il faut revoir si l'on veut que les gens abandonnent la voiture. Mais pour faire ça, il faut une industrie et des gens capables de transformer cette organisation. Pas seulement de beaux discours et des postures morales visant à discréditer une population et à s'exonérer soient même de toute responsabilité.

 

 

3-Il faut sauver la planète !

 

 

Là c'est le pompon. L'argument massue répété à l'envi par des réactionnaires qui s'ignorent. Oui parce qu'on le veuille ou non la décroissance est fondamentalement réactionnaire. La thématique a d'ailleurs pignon sur rue à l'extrême droite même si la pseudogauche n'a pas encore compris que son idéologie verte est fondamentalement d'extrême droite. Les groupuscules de gauche s'étonnent de la récupération que fait l'extrême droite de la thématique écologique, et pourtant l'écologie ne fait que revenir à son origine (voir cet article de Slate). Les nazis étaient de grands écolos, ils sont même passés maîtres dans le contrôle de la croissance des populations. Je ne dis pas bien évidemment que toute préoccupation écologique fait de vous un nazi, mais en faire une justification pour l'acceptation de la misère sociale voila bien qui nous ramène vers les heures les plus sombres de notre histoire . De plus, ce n'est pas en perdant les capacités de production et de création des automobiles que l'on préparera l'après-pétrole. Ne comptez pas trop sur le pizzaiolo du coin, et encore moins sur les énarques. Bien au contraire nous avons besoin de ces savoir-faire de ces ouvriers, de ces ingénieurs, de ces créateurs pour fabriquer des alternatives. Qui plus est, ce qui serait véritablement écologique serait un abandon de la production suite à une baisse propre de la consommation pour cause de substitution. Si la consommation baisse pour cause d'alternative, c'est très bien, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui. Celle-ci baisse essentiellement à cause de l'appauvrissement croissant de la jeunesse. Ensuite, une part croissante de la consommation se tourne vers des véhicules importés, ce qui accroît encore l'impact écologique de cette production automobile. Car ne soyons pas dupe. Si les productions faites ailleurs que sur le sol national sont si peu onéreuses, c'est aussi parce que les normes environnementales y sont minimalistes. Tout comme les salaires et les droits sociaux.

 

 

L'industrie automobile est une nécessité vitale

 

L'automobile est l'un des derniers remparts industriels de la nation française dont les déficits commerciaux battent record sur record. Après elle l'industrie aéronautique suivra plus rapidement qu'on ne le croit puisque d'ores et déjà une bonne partie des Airbus sont réalisés à l'étranger. Il ne faudra guère de temps pour que la création suive la production, comme c'est le cas à chaque fois qu'une industrie est délocalisée. Nous perdons les derniers savoir-faire, les derniers ingénieurs, et techniciens, qui ont permis à la nation d'atteindre son actuel niveau de vie. À n'en pas douter une telle perte ne fera que provoquer à long terme une tiers-mondisation de la nation française. Le niveau de bêtise atteint par les dirigeants français en la matière est proprement hallucinant. Comment imaginer qu'un pays totalement désindustrialisé puisse inventer ou préparer l'avenir ? Nos dirigeants croient-ils qu'une avancée technique et des révolutions industrielles peuvent naître simplement dans le cadre d'un simple laboratoire de recherche. En supposant bien sûr qu'il en reste une fois les industriels partis, et les délocalisations des centres de recherche terminés. L'économie ne marche pas toute seule par l'opération du Saint-Esprit, il faut des hommes ayant la culture industrielle et technique pour porter des idées et des innovations vers des réalisations industrielles concrètes. Et ces hommes ils doivent se nourrir et nourrir leurs familles. S'il n'y a plus d'emploi dans leur secteur, ils en changent quand ils le peuvent, et perdent ainsi petit à petit leurs liens et leurs connaissances pratiques. De plus, ils ne transmettront plus aux prochaines générations ces savoir-faire. On peut parler de biotope techno-industriel. Et ce biotope français s’appauvrit à grande vitesse, il se vide de ses bras et de ses cerveaux. On embauche des polytechniciens pour faire des modèles mathématiques idiots sur les marchés financiers au lieu de les employer dans l'industrie et la recherche. On laisse nos thésards partir à l'étranger parce qu'ils ne trouvent aucun emploi pour leur qualification en France. Et l'on s'étonne ensuite de la désaffection croissante des jeunes pour les études scientifiques et techniques. Ils ne font pourtant que s'adapter à l'évolution du marché de l'emploi.

 

Ce que font nos élites à l'heure actuelle est totalement irresponsable et les socialistes porteront à jamais la marque de l'infamie s'ils laissent s'accélérer encore le niveau de désindustrialisation du pays. Cela relève de la haute trahison, voir du crime contre l'humanité si l'on se réfère à la violence, à la mort et à la misère que ces politiques provoquent. Et accuser le gouvernement précédent qui lui même accusait ses prédécesseurs n'excuse rien. Combien de temps nous faudra-t-il pour réparer les dégâts ? Deux ou trois décennies minimum si les désindustrialisations se poursuivent. Il est encore temps de tout stopper et de nous appuyer sur les quelques industries qui nous restent en les protégeant pour redresser la barre et régénérer le tissu industriel. Il n'est pas encore trop tard, mais la fin est proche. Des mesures brutales et protectionnistes sont nécessaires en rompant les traités néolibéraux. Que les dirigeants prennent enfin leurs responsabilités et agissent comme des adultes responsables. Ce n'est pas des hypothétiques réactions mondiales, si nous nous protégeons, qui devrait inquiéter nos élites, mais bien plus le destin funeste vers lequel ils conduisent actuellement la nation française.

 

 

 

Cette vidéo montre comment les socialistes de l'époque ont géré le déclin de la sidérurgie. Loin de vouloir l'arrêter il l'on juste accompagné. Il se passe excactement la même chose avec l'automobile. (La vidéo date de 1985)

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

talbot 29/07/2012 01:56


Bonjour
je voudrais vous envoyer un courrier officiel sur le gaullisme.

Auriez vous une adresse postale afin d evous l'envoyer
merci de votre compréhension
Monsieur Talbot

Descartes 25/07/2012 15:07


Bonjour. Juste un petit mot pour dire que je trouve votre article excellent. Si l'on veut une véritable politique progressiste, il faut combattre pied à pied le tropisme de la "gauche" qui
l'amène à ne voir la politique économique que sous l'angle de la redistribution, sans s'aperçevoir qu'il faut avoir quelque chose à redistribuer. Pour avoir à distribuer, il faut produire, et
pour produire, il faut une industrie.


Si l'on arrivait à faire passer ce message, ce serait dejà pas si mal. Ensuite, on pourrait passer à l'étape suivante: faire comprendre que notre liberté, notre souveraineté, notre capacité à
peser sur l'histoire dépend de la puissance de nos industries. Mais bon, pour arriver là...

talbot 22/07/2012 16:40


Bonjour ! auriez vous une adresse où je peux vous envoyer un courrier ?


cordialement

olaf 21/07/2012 10:16


Encore une réflexion qui me parait l'évidence :


"Le bancor est une idée intéressante dont l’application concrète s’appelle protection commerciale (protectionnisme chez les libéraux). Il est au commerce extérieur ce que la monnaie fondante de
Gesell est au néochartalisme. Un début de réponse largement impraticable et inefficace à une vraie question. Mieux vaut ne pas attendre d’accord international pour rééquilibrer les échanges
internationaux, sinon ça n’arrivera jamais."


http://frappermonnaie.wordpress.com/2012/06/30/hysterie-sur-le-libor/

olaf 21/07/2012 09:10


Yann est agacé par la situation d'où quelques virulences.


Sinon, un site à méditer :


"les diverses puissances mondiales qui ont dominé le monde se sont toutes bâties sur du protectionnisme : la Grande-Bretagne, les États-Unis, et aujourd’hui la Chine. Les deux premières a connu
et connait leurs déclins au beau milieu de leur phase libre-échangiste. Le milieu des historiens de l’économie, malgré le fort attrait qu’exerce sur eux la domination des économistes, ne peut se
résigner à préférer le libre-échange, tant l’histoire enseigne une leçon contraire."


http://frappermonnaie.wordpress.com/2012/04/02/lautre-dogme-liberal/