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2 juillet 2013 2 02 /07 /juillet /2013 23:15

J'ai beaucoup parlé de l'Allemagne, du Japon des USA, de l'Europe, etc. Je me rends compte qu'il faudrait peut-être que je parle un peu plus de la France sur le plan économique. Alors que nombre de personnes commencent à imaginer une percée du FN. Ce parti devant malheureusement petit à petit la seule alternative crédible sur le plan électoral. Il est peut-être temps de rappeler les fondamentaux de la crise française et de donner quelques solutions pour extirper notre pauvre pays du bourbier économique dans lequel trente ans d'idéologie dogmatique l'ont plongé.

 

Le déficit commercial est le problème principal

 

On va s'appuyer sur les chiffres de la banque de France qui livre régulièrement ses analyses sous la forme d'un texte récapitulatif très bien fait et accessible à tous. On n’y trouve pas de solution, mais au moins les chiffres sont clairs et bien présentés ce qui a le mérite de poser de bonnes bases pour raisonner. L'on peut d'ailleurs se demander comment les élites françaises peuvent à ce point s'aveugler sur l'euro et le libre-échange tout en ayant sous les yeux de tels chiffres. Mais passons à notre sujet principal. Le déficit commercial français n'a cessé de se creuser depuis 2003, c'est à dire lorsque l'euro est passé au-dessus de 1,1 dollar. On remarque rapidement en regardant les graphiques que la croissance forte de l'ère Jospin était le fruit d'une forte dévaluation qui avait momentanément accompagné l'unification monétaire. C'est que d'un coup nous avions abandonné la politique du franc fort. Cela donna un coup d'accélérateur à l'investissement. Cette période 1999-2001 permit une croissance forte et un recul réel du chômage. Preuve de la puissance de la monnaie, car rien dans les politiques d'alors n'était réellement plus à la hauteur des enjeux macro-économiques que ceux d'aujourd'hui. Les socialistes ne se demandant même pas d'où venait la manne providentielle. Dire qu'il y en a encore probablement quelques-uns pour croire que les 35 heures ont fait baisser le chômage.

 

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Variation du taux de change entre l'euro et le dollar. source : le Senat.fr

Solde-des-transactions-courantes.png

 

Le plus éclatant dans les chiffres proposés par la banque de France c'est cet incroyable graphique qui démontre de façon fatale que l'euro est en grande partie la source de notre désastre commercial. Il y a bien évidemment la Chine et l'Asie qui nous font du mal, mais c'est bien vis-à-vis de la zone euro et bien évidemment de l'Allemagne que notre déficit est le plus fort. Je crois que le graphique se passe de tout commentaire. Je ne sais pas qui est le malin qui a mis sous cette forme le rapport de force commercial, mais il a certainement voulu marquer les esprits. 

 

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La conséquence de ce déficit commercial est la création d'une dette extérieure, dette qui n'existait pas pour ainsi dire, il y a seulement dix ans.

 

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C'est cette dette et non la dette publique dont on nous bassine les oreilles sans arrêt qui représente le vrai danger pour notre pays. Cette dette est le résultat concret d'une décennie de déficit extérieur continue. De fait, l'économie française singe l'économie US et britannique sans avoir ni le dollar ni la City pour compenser les effets macro-économiques d'une économie de rente. Les USA peuvent monétiser leur dette parce que la valeur de leur monnaie est déconnectée de leur économie réelle, le dollar étant la monnaie universelle. Les producteurs de matières premières ou les nations fortement exportatrices ne pouvant pour l'instant se passer du dollar, ils protègent collectivement sa valeur en intervenant régulièrement sur les marchés. La France n'a pas cette possibilité de vivre avec un crédit indéfini vis-à-vis des puissances étrangères. Il nous sera vraisemblablement demandé de détruire une partie de notre économie pour rembourser cette dette, à l'image de ce qui s'est passé en Irlande en Grèce ou en Espagne. Les fameuses cures d'austérité qui ne mènent nulle part, mais qui permettent aux puissances étrangères de dépecer votre nation en toute « légalité ». Ainsi voit-on le Qatar acheter des bouts de France et nourrir l'islamisme avec le sourire des dirigeants français. Nous n'avons pas non plus les pirates de la City qui ponctionnent des revenus par le truchement de la spéculation financière à Londres. Je noterai finalement que l'absence de ces avantages est à mon avis une bonne chose pour notre pays à long terme parce qu'il va devoir retrouver une économie saine. Une économie fondée sur une production nationale plutôt que fondée sur des avantages qui de toute manière ne pourront pas durer indéfiniment.

 

Autre surprise des chiffres de la banque de France, les revenus issus des investissements à l'étranger sont en forte baisse. Eh oui, la crise économique est mondiale. Il est donc normal que le ralentissement planétaire fasse faire un recul aux revenus ponctionnés à l'étranger. L'idée de faire de la France une nation de rentier a donc du plomb dans l'aile. Nos riches retraités qui pensaient pouvoir vivre en regardant le reste du pays mourir vont devoir revoir leurs équations. Et encore une fois, il est probable comme à l'accoutumée que les investisseurs français se soient largement fait plumer par Wall Street comme en 1987, comme en 2001 et comme leur ancêtre avec les bonds russes. L'épargne française est ainsi gaspillée à l'étranger alors qu'elle serait infiniment mieux utilisée sur son propre sol. Il y aurait des taux d'intérêt plus bas, mais beaucoup plus sûr à long terme. Quoi qu'il en soit au final la balance entre ce que nous gagnons dans l'investissement à l'étranger et ce que nous perdons comme investissement local est très largement négatif pour la France. Comme je l'avais montré dans ce texte, le taux d'investissement en France est beaucoup trop faible. Et ce ne sont pas les maigres revenus issus de nos IDE qui rééquilibreront la balance. D'autant qu'une bonne part de ces revenus échappe à l'impôt et à la redistribution économique. Les multinationales françaises faisant tout pour ne pas jouer le jeu de la solidarité nationale. Pour la France l'Euro, le libre-échange et la libéralisation financière sont un abominable échec. Il va donc falloir pour sortir de notre crise nous attaquer à cette réalité et admettre une fois pour toutes que les frontières sont une nécessité vitale pour la prospérité à long terme d'un pays.

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Comme vous pouvez le voir, le solde des investissements directs pour la France est largement négatif. Nous n'avons jamais eu plus d'investissements rentrants que d'investissements sortant depuis 1999 et c'était le cas également avant cette période. La prochaine fois que quelqu'un vous dira que l'économie française est attractive, sortez-lui ce graphique. L'épargne française sert surtout aux puissances étrangères à commencer par l'Oncle Sam.

 

 

Sortir de la crise.

 

Plaçons d'abord un axiome au préalable à mes futures élucubrations. Le but de l'économie d'un pays n'est pas d'exporter, ou de commercer. Ce n'est pas non plus d'avoir de la croissance à tout prix, ou d'être la première puissance du monde. Le but premier de l'économie pour moi c'est de garantir aux individus qui peuplent un pays leur propre capacité à se reproduire et à prospérer. Quand je parle de reproduire, c'est non seulement au sens démographique ,ce qui implique de pouvoir subvenir aux besoins d'une famille, mais également au sens éducatif et culturel. Une société qui décroit, qui voit sa population s'appauvrir, se rétrécir, et être incapable de faire aujourd'hui ce qu'elle faisait hier est une société en décadence. Il faut mettre en place ce que j'avais appelé un développement autoreproductible, c'est-à-dire une économie dont la prospérité instantanée ne se fait pas au détriment de la prospérité à long terme. Cela va bien plus loin que le développement durable puisque cela inclut également la question du renouvellement des générations sur le plan démographique, éducatif, ainsi que la question des savoir-faire industriels et techniques.

 

Lorsque l'on part sur cette base, l'on est plus à même de comprendre toute la stupidité du libre-échange qui est une vision à court terme. Si le libre-échange a pu momentanément accroître la richesse de notre pays, cela s'est largement fait en détruisant les capacités de production de richesse à long terme. Un simple coup d’œil à l'évolution de la croissance économique en France montre le ralentissement continu depuis l'abandon de la politique de préférence communautaire dans les années 70. Depuis cette époque notre investissement productif n'a cessé de décroître amputant de facto la croissance future en interdisant le développement de nouvelles techniques et de nouvelles industries sur notre sol. La préférence pour l'importation a ainsi créé toute une nouvelle sociologie dans laquelle quelques hurluberlus ponctionnent des revenus essentiellement par l'importation au détriment de l'intérêt général. À ce phénomène s'est adjoint un accroissement déraisonnable de l'emploi dans le service, ce que Paul Bairoch appelait une hypertrophie des services caractéristique des pays du tiers-monde. Cette évolution s'est accompagnée d'ailleurs d'une baisse générale du niveau culturel, abaissement caractérisé par la chute de la maison TF1 qui est passé en trente ans de Cousteau à Nabila. Là où la société de l'ingénieur, de l'ouvrier et des créateurs nous avaient laissé une société digne intelligente, et en ascension culturelle. La société libérale postindustrielle et massivement importatrice nous laisse une société d'incultes glorifiant des frappeurs de balle, des imbéciles à Rolex et des poufs à airbag décomplexées et fières de l'être. Il y a probablement une corrélation entre cet affaissement culturel et nos choix macro-économiques, même si nous avons du mal à en comprendre tous les tenants et aboutissants.

 

Quoi qu'il en soit, sortir de la crise actuelle revient à rompre avec cette société factice relevant du confort de gens qui consomment sans avoir aucune idée de la façon dont on produit. Et si le consommateur est toujours nécessaire, il faudra à nouveau prendre soin du salarié, du producteur, de l'industrie, de l'entrepreneur, de l'enseignement, et des chercheurs. Les premières décisions concerneront la sortie de l'euro et de l'Europe. Il n'y a aucun choix là-dessus, et il n'y a aucun compromis à faire. L'on peut se gargariser des solutions de coopération théoriquement idéales. Elles ne se produiront pas pour la simple et bonne raison que la coopération aurait déjà dû avoir lieu avec la crise. Or loin d'avoir coopéré, les Européens se sont à nouveau collectivement suicidés avec comme d'habitude l'Allemagne comme chef d'orchestre. Je vais résumer quelques propositions de sortie de crise rapidement :

 

1- Sortir de l'Europe et de l'euro par référendum. La question du référendum est à mon sens extrêmement importante, car qui que soit le dirigeant d'alors, il aura besoin d'un appui populaire maximum à opposer aux oligarques et aux différents corps de la population qui gagnent leur vie par le pillage industriel et économique de leur propre pays. Ce référendum demandera aussi clairement aux citoyens français de choisir entre leur courte vue de consommateur égocentrique et leur vision pour leur avenir professionnel et ceux de leurs propres enfants.

 

2- Une fois l'hypothèse de la sortie acceptée. Il faudra préparer minutieusement cette sortie. Cela passe notamment par un retour au contrôle des changes, et par une taxation des mouvements des capitaux. L'on donnera aussi un ultimatum aux possesseurs de dette françaises qui seront obligées de convertir ces titres dans la nouvelle monnaie française. Il n'y a aucune raison pour que les titres de dettes françaises continuent à être libellé en euro une fois la sortie acceptée. Une fois la transition faite, on dévaluera d'au moins 20% le franc par rapport au dollar. Tout indique que la monnaie allemande montera alors si l’Allemagne rompt avec l'euro. La dévaluation s'obtiendra par une monétisation progressive de la dette publique à l'image de ce que font les Anglo-saxons à l'heure actuelle.

 

3- En accompagnement la banque de France redeviendra créditrice des comptes publics. On interdira l'emprunt sur les marchés financiers à l'état et on renouera avec le financement par la banque de France des investissements publics. Le but étant de mettre fin au servage monétaire par les marchés financiers interposés. L'émission monétaire n'aura plus qu’alors comme seul critère le plein emploi même si le taux d'inflation est de 4% par an. On va appeler cette politique l'anti-NAIRU, le taux d'inflation qui n'accélère pas le chômage. Car le chômage nuit à notre axiome de base (voir ci-dessus).

 

4- Nationalisation du système bancaire pour cause de restructuration. Nous devons refaire de nos banques des banques nationales dont le but est le développement de l'économie nationale et non la spéculation à l'étranger.

 

5- Fermeture de la bourse de Paris. Mise en place d'un financement à prêt gratuit (sans intérêt) pour les entreprises industrielles. Le but étant de favoriser rapidement la réindustrialisation. Les entreprises devront à nouveau se financer auprès des banques. La bourse ayant montré sont incroyable incapacité à financer l'économie réelle.

 

6- Mise en Place d'un nouveau commissariat au plan dont le but est de nourrir en projets scientifiques et industriels les politiques de dépense publique. La priorité à court terme étant mise sur l'autonomie énergétique puisque comme nous le savons tous le temps des énergies fossiles est compté. Le gonflement de la facture énergétique n'étant d'ailleurs pas totalement étrangère à la dégradation de notre balance des paiements. De plus l'importation de matière première nous oblige à dégager un léger excédent compensateur sur les biens ou les services en guise de paiement en retour.

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7- Mise en place d'un protectionnisme commercial sous forme de quota et de droit de douane suivant les cas particuliers. L'objectif unique de ce protectionnisme étant la survie d'une autonomie industrielle et l'équilibre de la balance commerciale des biens et des services. L'on pourrait même imaginer une inscription dans la constitution d'une interdiction des déficits ET des excédents commerciaux sur une période de 3 ans en moyenne. Et cela de façon à obliger les responsables publics à ne jamais plus négliger la santé de l'industrie nationale et celle de notre commerce. La France devant prôner une politique économique praticable par tous les peuples du monde en même temps. Une politique totalement fondée sur l'équilibre des comptes extérieurs. Cette politique d’exemplarité ayant pour objectif secondaire d'encourager les autres à faire des politiques de croissance coopérative et non mercantile.

 

8- Enfin les politiques publiques devront favoriser la hausse des revenus et des salaires. Seul un positivisme de la demande pourra redresser les investissements des entreprises privées. Les entrepreneurs n'investissant que s'ils pensent que la demande rendra rentable leurs investissements. Ce n'est pas de la misère que sort l'amélioration de la productivité et du système productif, mais bien au contraire de la hausse des revenus et de l'investissement que cette hausse produit par l'intermédiaire de l'accroissement de la demande et de la nécessité d'y répondre.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Emmanuel 23/07/2013 16:15


Content de revoir effectivement cette proposition de fermeture de la bourse, jusqu'ici à ma connaissance théorisée seulement par F. Lordon, qui d'ailleurs poursuit sont raisonnnement en proposant
une alternatie a minima, l'interdiction de la cotation en continu. A lire sur La pompe a phynances...

Rieux 07/07/2013 15:00


Beau programme Yann. Avec même quelques audaces par rapport à certaines propositions proches, comme la fermeture de la bourse, dont la perception (de la fermeture) doit passer de l'utopie à une
idée très raisonnable. Au sujet de la politique énergétique, il me semble qu'il ne faut pas oublier de l'appuyer sur le point 7 (protectionnisme) et pas seulement sur le point 6 (planification).
C'est aussi en assurant des prix suffisamment élevés de l'énergie qu'on décourage le gaspillage (point le plus important et sur lequel la planification n'est pas forcément le moyen le plus
adapté) et permet la rentabilité de nouvelles filières autrement que par la mise sous perfusion d'aides publiques. 

yann 06/07/2013 17:11


@A-J Holbecq


J'ai utilisé ce document. Je ne sais pas
vraiment d'où vient la différence, mais c'est effectivement important. Quoi qu'il en soit on se doutait bien que la situation sur la dette extérieure se dégrade. C'est une évidence étant donné
l'explosion du déficit extérieur. Les revenus issus des investissements à l'étranger ne pouvaient pas compenser une telle dégradation.


 Pour ce qui est du référendum c'est une question de légitimité à mon sens. Seul un référendum peut défaire un autre référendum. La monnaie unique étant l'enfant du traité de Maastricht voté
par les Français, c'est aux Français défaire ce qu'ils ont fait.


@olaf


Je n'aime pas trop ce type de comparaison historique parce que nos ancêtres à mon sens avaient des excuses que n'ont pas les modernes. Nous avons un incroyable accès au savoir et à tout un tas de
statistiques que nos rois de jadis n'avaient pas. En un sens c'est faire aux personnages historiques une insulte que de les comparer aux imbéciles égocentriques d'aujourd'hui.

A-J Holbecq 06/07/2013 12:12


Je n'ai pas retrouvé le document de la BdF d'où est extrait le graphique G0-10 mais la dette extérieure nette somme normallement la dette publique extérieure nette et la dette privée extérieure
nette.
Ceci dit il y a une différence notable avec le chiffre de l'INSEE sur la dette extérieure nette (– 323,2 milliards à fin 2011) que je ne m'explique pas ...

Mais à part ce détail, ton article, Yann, est fort intéressant, même si je pense qu'un référendum de sortie de l'euro n'est pas nécessaire, les arguments pour et contre passant bien au dessus de
la tête du citoyen moyen (et je le comprends): déjà que les économistes ne sont pas d'accord entre eux !

olaf 03/07/2013 12:43


Les rois francais ne s'emmerdaient pas tant, des remèdes radicaux :


"S'avance Henri II, qui emprunte des deniers à s'en faire péter le gosier, qui renverse le « too big to fail » d'aujourd'hui : c'est son royaume de
France qui apparaît alors, aux yeux des financiers,« trop gros pour faire faillite », et eux lui prêtent donc par millions, par crainte de tout perdre. Qu'importent, pour ce souverain, les «
générations futures » : qu'elles se débrouillent après lui avec l'endettement public.
Son fils met en place une loterie : seul un rentier sur trois, tiré au sort, sera dédommagé ! C'est une « alternative », ça, non ? Et si on montait un loto géant, un Euromillions qui permettrait
aux Grecs, aux Espagnolsaux Portugais, aux Chypriotes, de ne payer leurs créances qu'au hasard ?

Arrive l'honnête Sully: dès son entrée au ministère, il mène « un audit de la dette » comme en rêvent aujourd'hui Attac ou le CADTM. Et le compagnon
d'Henri IV écarte les« dettes illégitimes », opère une banqueroute, rejette les plaintes des prêteurs. La trésorerie est ainsi assainie, et il peut lancer un plan de grands travaux digne
du New Deal.

Colbert fait mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers d'affairistes, 494 d'entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés, eux qui vivaient sur l'impôt comme des
parasites. Il faut mesurer le choc, à l'époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en 2013, d'un coup, les gros actionnaires d'EADS, de Veolia, de Dassault, etc., ces sangsues
accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés.

Louis XVI rompt avec cette coutume : à l'audacieux abbé Terray, qui s'inscrivait dans une lignée, il
préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la
Révolution, et le roi à l'échafaud."


http://www.economiematin.fr/les-experts/item/5145-histoire-dette-faillite-france-solution