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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 22:43

 space-elevator2.jpg C'est par cette formule que se terminait le denier texte de Jacques Sapir et l'on ne peut qu'abonder en son sens, en effet la France mais plus largement les pays développés ont perdu tout goût pour l'audace et l'innovation. Géré aujourd'hui par des bureaucrates à la mentalité de banquier la pire qui soit selon Keynes, nos pays s'enfoncent lentement dans un déclin qui semble inéluctable. En détruisant l'indépendance des nations, l'idéologie néolibérale a tué le moteur qui faisait mouvoir les peuples, l'ambition nationale. En réduisant la politique à de la gestion purement comptable nous ne sommes plus que l'ombre de ce qui fut jadis une grande civilisation. Une politique de rupture avec cet ordre décadent ne doit donc pas seulement avoir pour ambition de rompre avec le libre-échange et les concepts erronés du libéralisme économique, elle doit également rompre avec le pessimisme ambiant. Elle doit être audacieuse sur le plan économique, industrielle et scientifique, elle doit ouvrir de nouvelles portes pour entrainer la jeunesse et ainsi renouveler le sentiment d'appartenance à la nation.

 

Car s'il y a un point sur lequel je suis d'accord avec Emmanuel Todd dans les propos qu'il a tenu hier soir dans "Ce soir ou jamais", c'est que les pays développés souffrent d'un manque de vision de l'avenir. Ils sont, par leur vieillissement et l'idéologie qui les tient, enfermés dans un processus d'auto-réalisation qui les conduit au déclin. Donc la formule de l'audace toujours de l'audace est une bonne définition de ce qu'il faut faire pour nous en sortir. En plus de redresser la barre en matière économique, il nous faudra des projets important pour stimuler l'ambition nationale et donner une perspective d'avenir. A la suite de mes propositions sur un programme minimal pouvant rassembler les indépendantistes ou les souverainistes suivant la terminologie que vous préférez. Il me semble propice de donner une liste de projet à définir dans l'application mais qui pourrait servir de moteur à un retour à l'optimisme national. Ces projets seront d'autant plus important que la disparition de l'Europe qui a servi à la France de boussole ces 50 dernières années aura disparu. Seule sans empire et sans l'Europe les français auront l'impression d'un déclin même s'il s'agit de quelque chose de purement psychologique. En effet contrairement à une idée reçue l'empire fut une catastrophe économique pour la France, il nous a couté bien plus cher que ce qu'il nous a rapporté. Les études de l'économiste Paul Bairoch sont catégorique sur le sujet les empires ont fortement freiné la croissance et le développement des puissance qui en possédé. L'orgueil est souvent bien mal placé et le regret de la puissance impériale chez certain français montre qu'il n'ont pas compris que ce sont ces ambitions impériales qui nous ont fait décliner.

 

      Quoiqu'il en soit je reconnais que le principale obstacle à l'acceptation de la sortie de l'Europe est cette psychologie du déclin propre aux français. Ces derniers semblent ne pas accepter vivre dans une nation qui ne fait pas la pluie et le beau temps sur le reste de la planète. Leur universalisme latent ne peut leur faire accepter l'idée que la France vivent dans son coin sans s'occuper du reste de la planète. Pour sortir de l'Europe et pour le leur faire accepter il nous faut un nouveau hochet, si je puis dire, pour concentrer leur attention et leur désir d'exemplarité. La fin de l'Amérique, de son empire,de l'Europe, du pétrole pourrait conduire le pays à une dépression morale extraordinaire. L'instabilité psychologique est un phénomène à prendre en compte et dans ce cadre, les futures dirigeant et ceux qui voudront prendre la tête du pays dans ces condition devront donner une perspective collective à la manière d'un Roosvelt ou d'un De Gaulle. Ces derniers ne savaient pas forcement où ils allaient mais il avançait avec la foi du charbonnier. Ils savaient entrainer le peuple derrière eux et  encourageait tout les projets susceptible de donner foi en l'avenir.  Nous devons remplacer nos idoles en toc l'Amérique et l'Europe par des projets collectifs et entrainant. J'en ai déjà a donné plusieurs exemple sur mon blog, on peut ne pas être d'accord sur la manière de faire mais l'intention n'est pas forcement d'entrainer une efficacité économique mais de donner du sens à l'action collective. Car la pire maladie du modernisme c'est bien cette absence de sens collectif, ce vide que chacun d'entre nous peut ressentir cette impression que nos vie sont absurdes parce que rien n'est au-dessus que rien n'a de sens. Dieu est mort, même si certain comme les musulmans, font encore semblant d'y croire, la nation s'est endormi dans un océan mondialiste, même la famille perd de sa solidité, ne reste que la consommation frénétique, mais çà aussi ce sera bientôt mort. La raréfaction des matières premières rendra bien difficile la continuation de l'homoconsuméris.

 

  C'était la grande crainte de Keynes en définitive, les peuples prospères perdant tout besoin de se battre pour les nécessités du quotidien finissent par dépérir et par entrer en dépression nerveuse. Pour Keynes le plus grand danger pour l'humanité n'était pas de régler le problème économique, mais de savoir quoi faire de ses libertés nouvellement acquises par le progrés technique.  Il craignait que de par sa programmation naturelle, celle d'un animal luttant pour survivre, l'humain n'est un gros problème à s'adapter à l'abondance. A cela s'est bien sûr ajouter  la destruction des croyances collectives que pourtant Keynes présentait comme un garde fou face au néant. En effet à partir des années 60 on a perdu de vue l'objectif de la croissance économique, celle-ci n'était plus un moyen mais un objectif. A partir de là, le marché s'est étendu et a englobé petit à petit tout les secteurs non-marchand, de sorte qu'aujourd'hui rien n'est plus en dehors du marché pas même la politique qui elle même est devenue un marché. C'est cette absence de dehors cette absence de pensé non-marchande qui est la matrice dans laquelle se développe le vide collectif et cette dépression qui touche nos nations. Pour nous en sortir nous devons cesser de penser en banquier, en marchand, en optimisateur de croissance, et concevoir des projets qui n'ont d'autre but que de produire de la dynamique collective. Des projets visant à créer du lien et du mouvement collectif, c'est dans ce sens que mon collègue blogueur  Malakine  a fait ses propositions pour allait contre ce qu'il appel la décivilisation. Et j'apporte régulièrement ma contribution à ce genre de propositions en voici quelques-unes:

 

1- Une France de plus de 100 millions d'habitants pour 2100

 

La dynamique démographique est extrêmement importante, d'abord parce qu'une nation qui n'a pas d'enfants est vouée tout simplement à disparaitre. Mais la jeunesse d'un peuple est aussi nécessaire à sa dynamique, les jeunes sont plus aptes à changer la société que les gens âgés. Il va donc de la vitalité de notre nation que de relancer la natalité.  C'est dans ce but que j'avais écris ce texte pour une France de 100 millions d'habitants. Et même si l'on pense que c'est difficile je pense que l'on peut raisonnablement ambitionner de faire monter la natalités française à 2.5 enfants par femme. Au-delà des classiques politiques d'allocation familiales nous pourrions imaginer utiliser le capitalisme pour pousser à la hausse des naissances. Ainsi nous pourrions imaginer un système d'exonération de charge au prorata du nombre d'enfants d'un individu. Car si l'on se fit aux travaux de démographes comme Alfred Sauvy ou Pierre Chaunu l'expérience montre que la question de l'enfantement est souvent lié au statut sociale d'une personne. Ainsi un individu sera plus apte à procréer si cette nouvelle charge que représente l'enfant ne pèse pas sur son statu sociale. C'est de cette conclusion scientifique issu de l'observation sociologique que Sauvy conseilla à la création du système d'allocation familiale français. Mais ce dernier a largement été démoli depuis les années 70 expliquant avec la crise, la baisse de la fécondité française. Ainsi donc en connaissant ce concept pour  faire grimper le taux de natalité il nous suffit de faire en sorte que les naissance soient socialement gratifiantes. Nous avons la chance en France d'avoir des attitudes plutôt positive face aux naissances contrairement à l'Allemagne. En donnant des avantages sociaux conséquent face aux personnes sans enfants nous devrions avoir un impact important sur le taux de natalité. Ainsi la baisse de charge au prorata du nombre d'enfants pourrait s'adjoindre une hausse salariale équivalente de façon à ce que les entreprises payent plus les gens avec enfants que les gens sans enfants. Nous aurions par exemple un  homme ou une femme avec un enfant gagnant un salaire de 10% supérieur, 20 % avec deux enfants jusqu'à une limite de 4 par exemple. De cette façon il serait socialement valorisant d'avoir des enfants à cela bien sûr s'ajoute des année de cotisation en moins pour les retraites, des crèches et des garderies en nombre suffisants etc... Certains m'objecteront qu'il s'agit de créer une inégalité entre salarié pour moi il s'agit d'une compensation car ce son les enfants des couples féconds qui payeront les retraites des célibataire sans enfants. 

 

2- Sortie du pétrole et des énergies fossiles

 

C'est le chantier le plus urgent à vrai dire. Le choc pétrolier n'est plus un secret on sait que les réserves ont été largement surestimés et que bon nombre de pays producteurs ont menti. La Bundeswer prévoit l'arrivée du pic pour 2013, c'est à dire demain et le moins que nous puissions dire c'est que nous ne sommes pas prêt. Les prix gonfleront rapidement, à vrai dire le plus probable sera des tarifs oscillant autour d'une droite de pente croissante, la hausse des prix cassant la croissance, les prix retombe, ce qui relance la croissance et fait ré-augmenter les prix ainsi de suite. Mais avec toujours une croissance des prix car le pétrole s'épuisera de plus en plus jusqu'à devenir un produit de luxe. Il est donc prioritaire de se débarrasser non seulement du pétrole mais aussi du gaz et de toute les énergies fossiles. Manque de chance il nous faudra aussi nous passer de l'uranium car ce dernier aussi disparait ceux qui pensent augmenter la production grâce au nucléaire fissile se plantent complètement. D'autant que l'affaire actuelle au Niger nous rappel que nos fournisseur d'uranium ne sont pas très fiables, la Chine nous évincera d'Afrique même si elle doit utiliser les terroristes islamistes pour y parvenir. La guerre des matières premières a donc déjà commencé et nous ne pouvons pas la gagner. Il nous faut donc nous débrouillé sans uranium sans pétrole et sans gaz. Cela tombe bien il y a déjà des technologies utilisable en premier lieu le pétrole à micro-algue j'en ai déjà parlé ici. Avec seulement trois milles km² d'exploitation, nous pourrions produire toute l'énergie que nous consommons à l'heure actuelle. Bien sûr en consommant moins l'autosuffisance serait atteinte plus rapidement. Le développement du solaire de l'éolien ou des hydroliennes peuvent aussi s'ajouter à cette production. Tout comme la fusion nucléaire, mais là c'est à beaucoup plus long terme. Si nous investissions ne serait-ce que le dixième de ce que nous avons gaspillé dans le système bancaire la France pour ces projets la France pourrait trés rapidement sortir du pétrole. Et l'autre grande question pétrolière va aussi de faire fonctionner notre armé sans pétrole là aussi il s'agit d'un immense défi.

 

3- Une grande ambition spatiale

 

C'est un peu mon dada, j'ai toujours eu la tête dans les nuages ce qui n'est pas vraiment un avantage dans la société actuelle, mais cela permet d'imaginer des chose complètement loufoques au premier abord.  L'espace c'est l'ultime frontière, c'est aussi notre ultime avenir, et le seul si nous voulons survivre en tant qu'espèce. Car quoique nous fassions les ressources de la terre sont limités si nous voulons espérer survivre à long terme il nous faudra exploiter les ressources spatiales. Mais que voila un projet exaltant pour la jeunesse de notre pays, avoir des ambitions spatiales c'est retrouver notre espoir dans l'avenir, c'est participe à la construction du futur. Les chinois l'ont bien compris eux qui ambitionnent d'aller sur la Lune puis sur Mars. Nous devons relever le défi, la France  a les talents humains, seul manque l'ambition. L'Europe spatiale stagne et ne fait que suivre les projets américains, elle n'innove pas ne met pas au point de nouveau moyens de propulsion par exemple. Quand au budget de l'ESA il est tout simplement ridicule face à celui de la NASA. Nous avons comme seule ambition d'avoir quelque place sur la station spatiale internationale et quelques sondes scientifique de recherche, rien de bien révolutionnaire. La recherche pourtant dans le domaine est extrêmement importante, nous devrions chercher notamment à réduire le coût de mise en orbite. Les scientifiques aujourd'hui sont formels si nous arrivons à produire en masse des nanotubes de carbone nous aurions à notre disposition un matériaux 100 fois plus résistant que l'acier, de quoi réaliser le fantasme absolue du lancement spatiale, l'ascenseur spatial. Ce dernier diviserait par 1000 le coût de mise en orbite et renverrait les lanceurs classiques comme Ariane 5 au musé. Il faudrait que la France ou au moins l'Europe soit pionnière en la matière or non, c'est un chercheur chinois qui a mis au point les première techniques de production de masse des nanotubes. Il ne faut pas passer à coté de la maitrise de ces nanotechnologies comme nous sommes passé à coté de la microélectronique car il s'agit probablement de la prochaine révolution industrielle tant les applications sont hallucinantes. D'autant que les nanotechnologies sont à même de révolutionner bon nombre de domaines y compris celui de la production énergétique. Nous devons également participer à la grande course à la découverte d'une autre terre, de plus en plus de planètes sont découvertes chaque années. Et on attend avec impatience le jour où une autre terre sera découverte avec tout les bouleversement que cela pourrait entrainer dans notre façon de regarder l'univers.

 

4- Création d'une nouvelle capitale

 

  Autre moyen de relancer l'enthousiasme nationale la création d'une nouvelle capitale. Je sais que beaucoup ont critiqué mon idée mais je persiste à croire  que la création d'une nouvelle capitale comme grand projet de relance serait susceptible de faire renouer la France avec son avenir même sans l'Europe. Et rien n'empêcherait celle-ci de correspondre à une ville belle et harmonieuse. Une ville qui ne séparerait pas forcement lieu de travail et lieu d'habitation comme c'est le cas dans les villes modernes. Au contraire il s'agirait de ne pas refaire les erreur d'urbanisme passé tout en bénéficiant des nouvelles technologies et d'un coût du m² nettement plus faible que dans notre capitale actuelle.

 

( A suivre dans une deuxième partie)

 

  

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

yann 29/09/2010 22:29



@Malakine


 


La relance de la natalité et une France de 100 millions d'habitants cela vise surtout à mettre fin au syndrome de petitesse dont sont frapper les français. On mettra fin ainsi à l'argument sans
fin sur notre taille trop petite pour peser. De plus un accroissement de la démographie par la natalité c'est un rajeunissement de la pyramide des ages, en soit cela régénère une nation , cela
nourri l'optimisme quand à l'avenir. Je crois donc que c'est un des points les plus importants pour le futur de notre nation et ce n'est pas un hasard si le Général De Gaulle mettait la natalité
au centre de ses intérêts.  Sinon dans la deuxième partie je vais essayer de proposer des idées qui agiront plus directement sur la perte du sens collectif.


 


@Olaf


Le drame c'est que même notre jeunesse est semble-t-il, de moins en moins curieuse. Or la curiosité c'est la base même de l'engouement pour les sciences.  Le désintérêt pour les choses
scientifiques est d'ailleurs grotesquement présent à la télévision où il n'y a plus aucune émission scientifique ou technique, le ciel ne fait plus rêver.



olaf 25/09/2010 22:13



Eolienne verticale :


http://www.eolprocess.com/Procede.php



Alamo 24/09/2010 08:14



Et Danton il passe à la trappe ?



olaf 23/09/2010 22:39



http://technologies-propres.blogspot.com/2010/09/une-hydrolienne-de-5-etages-bat-un.html


Eoliennes sous marines. Le problème de la corrosion des matériaux pourrait être résolu par des matériaux composites...


Sinon, il est vrai que la tendance est à se désintéresser de la technique, sauf pour la consommer, plus que pour la produire.


Un peu logique, dans la mesure où les formations grandes écoles orientent vers la finance, le commerce etc..., sauf la technique.


C'est vrai que mon regard est orienté, puisque je passe mon temps professionel dans la technique, l'innovation et les brevets. D'ailleurs, l'une de mes récompense, n'est pas tant mon salaire, qui
me va sans être colossal, mais dans le plaisir de trouver des trucs qui marchent. Je sais, c'est gamin, mais c'est comme ça que ça marche.


 


 


 



Malakine 23/09/2010 22:12



Très intéressant ! :-)


Comme tu dois t'en douter, il s'agit là d'un sujet sur lequel je réfléchis depuis longtemps. Je vais donc me permettre de te faire une petite critique, même si j'approuve totalement ta
perspective.


Ces nouveaux horizons de l'Humanité pour le 21 ème siècle ont essentiellement pour objet de trouver un substitut au désir de consommation et d'amélioration des conditions matérielles de
l'existence, car je pense qu'on sera d'accord pour dire, que cela va nécessairement marquer le pas. Ces projets doivent donc faire rêver et répondre aux aspirations au moins autant que le désir
de consommation actuellement.


Or tes projets ne me semble pas si enthousiasmant que ça. Par exemple, la recherche de substitut au pétrole c'est peut-être une nécessité mais pas une aspiration. Les gens préfèreraient conserver
une énergie fossile bon marché. De même qu'une France 100 millions d'habitants, les gens s'en foutent, tout comme la nouvelle capitale. Au contraire, j'ai l'impression que leur désir profond est
de retrouver un lien direct avec la nature et qu'ils n'ont plus envie des villes.


Je pense qu'il faudrait plutôt essayer de partir des aspirations qui sont actuellement frustrées par la modernité libérale. Je ne vais pas balancer mes idées ici car je rebondirais sûrement sur
ce papier quand j'aurais fini ma série sur l'Europe et le souverainisme.


Il me semble que tu hésite un peu entre la description de la feuille de route pour notre civilisation au cours du prochain siècle et un moyen de susciter l'esprit de conquête et l'envie de se
mobiliser pour de nouveaux projets collectifs.


Enfin, j'attends la suite avec impatience !