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23 juin 2010 3 23 /06 /juin /2010 21:50

  Je ne suis pas du tout un fan de football, mais l'évolution de ce sport et le champ du cygne de l'équipe de France nous en apprend beaucoup sur la société moderne. Et même si beaucoup de personnes se sont offusqué de l'incroyable comportement de nos barbares milliardaires, je n'ai entendu personne soulever l'origine véritable de la situation du football actuelle. Certains intellectuelles promptes aux raccourcis et aux amalgames expéditifs comme Alain Finkielkraut ou Eric Zemmour ont ainsi fustigé les bleus. En  les décrivant comme représentatifs de la racaille qui sévit dans nos banlieue. L'amour du fric,des putes et du langage ordurier unifiant symboliquement le 93 aux riches footballeurs internationaux. Même s'il est vrai qu'un lien culturelle existe ce comportement est de l'avis de beaucoup une évolution liée au rapport plus général qu'entretiennent les français modernes à l'argent et au mécanisme de la marchandisation de toute les activités humaines.

 

      Car s'il est peut-être juste de s'insurger contre des comportements barbares quel qu'ils soit et surtout lorsqu'il touchent des personnes très connu. Cependant ce qui en premier lieu devrait choquer nos bons samaritains de la morale publique ne devrait il pas être le fait même de payer des gens pour s'amuser avec un ballon? Nous considérons aujourd'hui comme normal de payer des gens pour faire du sport et cela ne choc personne. Pourtant à quoi servent les sportifs? Guérissent-ils des gens? Inventent ils les objets et les techniques qui demain amélioreront le fonctionnement de la société? Non en pratique les footballeurs ne servent qu'à transvaser des revenues des classes sociales moyennes ou pauvre vers des rentiers possesseurs d'actions TF1 ou canal+. Leur activités est la symbolique même de l'improductivité collective, ils brassent pourtant des milliards d'euro.

 

      C'est bien de critiquer le relativisme culturelle mettant sur le même plan les œuvres classiques et la sous-culture rap. Mais ce serait tout de même encore mieux de critiquer  le relativisme économique qui juge comme similaire le fait de jouer au football et de faire de la médecine. Car en marchandisant des activités futiles nous avons fait le premier va vers la décadence. Comment demander à des footballeurs d'être moraux puisqu'ils sont payés des centaines de fois plus que des médecins qui sauvent des vies, ou des enseignants qui sont censés transmettre le savoir collectif au futur générations. Puisque tout les métiers se valent et que ceux qui rapportent le plus sont les plus inutiles pourquoi s'étonner du mauvais comportement de la jeunesses qui finit par être totalement adepte de ce modèle.  Comment en vouloir à Ribéry d'acheter le corps d'une femme puisqu'il n'y a  plus de hiérarchie dans les activités, on paye des millions un type pour taper dans un ballon pourquoi ne payerions nous pas une femme pour des rapports sexuels?  Et des enfants? Si l'on ne limite pas moralement l'espace marchand il s'étend comme un liquide sur une surface plane. Quand je parle ici de morale elle peut fort bien être non religieuse et purement construite dans l'intérêt général.

 

    Quoiqu'il en soit c'est l'engrenage infernal dans lequel l'occident s'est tout entier perdu. Entendons nous bien le problème ce n'est pas le foot en lui même, ni même le fait que les gens regardent ce sport, c'est la marchandisation de cet activité qui conduit à la décadence. Et il en va de même pour beaucoup d'activités d'ailleurs. Alors que le marché aurait du être contenu à une petite partie de la société, celle où l'échange était nécessaire. Il s'est étendu au fils des siècles et des générations sur la quasi totalité des activités humaines. Du sports, aux sciences, en passant par l'art, le marchand et son esprit de calcul comptable à court terme ont totalement envahi le monde, détruisant d'ailleurs au passage les logiques propres qui permettaient à ces domaines, jadis autonomes, de réaliser leur créativité.  Qui peut croire ainsi que c'est par intérêt marchand qu'Alexander Fleming a inventé la pénicilline ou Pasteur le vaccin contre la rage. Peut-on croire que De Vinci a dessiné la Joconde uniquement par appât du gain. La civilisation s'est construite contre le marché contre le court terme contre la marchandisation.

 

  Le foot professionnel est ainsi le représentant de cet esprit marchand qui petit à petit, insidieusement fini par détruire les activités dans lequel il s'installe.  L'homoéconomicus cher à Adam Smith et aux libéraux ne créé pas, c'est l'abruti total, le barbare à l'état pure qui ne vit que pour optimiser la taille de son portefeuille. L'équipe de France est une équipe libérale, peuplé de petits homoéconomicus incapables d'inventivité, de créativité ou de travail de groupe, car leur seule motivation est celle de leur intérêt financier individuel. On pourrait d'ailleurs rajouter la politique comme dernière victime

de l'esprit marchant. Un comparatif entre le comportement du Général de Gaulle et Nicolas Sarkozy nous montrerez d'ailleurs instantanément la dégradation d'esprit qu'entraine la marchandisation et l'individuation des motivations de nos dirigeants.

 

Dans ce cadre on comprend bien que le seul acte réellement révolutionnaire et capable de mettre à bas la bête est la démarchandisation. Puisque l'esprit marchand détruit et empêche la créativité, il faut dès lors se poser la question de l'inversion du processus. Donc à titre personnel je crois que nos père la morale devraient allé au bout de leurs critiques et proposer la déprofessionnalisation du foot et du sport en général.  Voila qui mettrait fin à ces comportements abjectes et qui, peut-être,  remettrait les choses à l'endroit rendant au sport sa place et sa noblesse.

 

PS: J'en profite pour vous donner en lien ce superbe texte de Michéa sur le même sujet mais bien mieux écris et fait par un amoureux du ballon rond. Je remercie au passage René Jacquot de l'avoir déposé chez Antidote

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

La Gaule 30/06/2010 00:46



Non, c'est moi.


Marrant cette référence à Céline dès que je pète de travers chez les blogueurs d'économie politique. Jorion  m'avait sorti une phrase à peu près similaire à la vôtre, c'est tout dire
aussi (au demeurant, Jorion, quoique mégalo, est plutôt un brave type, vous aussi d'ailleurs).


Bonnes vacances quand même.



olaf 29/06/2010 23:42



Dresse, pff ! A peine du mauvais Céline, c'est tout dire, je vous laisse.



La Gaule 28/06/2010 04:45



L’Epuration a fait entre 10 000 et 40 000 morts, le deuxième chiffre résultant des extrapolations du livre fameux (très bien documenté
par ailleurs) de Robert Aron. Le premier chiffre émane de l’Institut d’Histoire du Temps Présent, comité d’historiens, et dont les conclusions semblent beaucoup plus fiables (moins de 9000
victimes de l’épuration sauvage, auquel il faut rajouter environ 800 exécutions résultant d’une décision judiciaire au pénal). A ces chiffres, il faut rajouter en gros 50 000 condamnations
diverses (généralement à l’indignité nationale permanente ou temporaire) par les cours de justice.


L’Epuration est intervenue au lendemain d’une guerre qui a fait 550 000 morts en France, dont 350 000 sur les champs de bataille et
200 000 par déportation ou mort violente sur place, du fait de l’occupant et de ses alliés nationaux. Si elle a donné lieu à des excès, femmes tondues et règlements de comptes crapuleux,
elle n’apparaît que comme une péripétie au bout de quatre années d’occupation douloureuse et fratricide. Elle a été aussi beaucoup moins meurtrière qu’ailleurs en Europe (en Belgique par exemple,
elle a fait pas loin de quinze mille victimes pour un pays cinq fois moins peuplé).


En tout cas, j’ai du mal à faire cadrer cette période tragique avec la situation dérisoire de l’équipe de France de foot en 2010. De quelle
guerre s’agit-il ? Qui sont les occupants ? Qui sont les collabos ? Et quels sont les résistants et les alliés ?


Par esprit conciliant, je veux bien admettre que Nicolas Anelka (personnage dont je me fous royalement au bout du compte, surtout après avoir
assisté au somptueux Argentine Mexique de ce soir) soit la réincarnation d’une femme tondue de l’été 44.


Physiquement, la formule lui va bien.



olaf 27/06/2010 12:30



En tous cas cette ambiance de règlements de comptes est assez nauséabonde faisant penser légèrement à l'épuration, les bons gentils de la dernière heure et les méchants vilains, toujours


pertinent Roustan, ça en dit long sur la mentalité qui règne en France, zéro fair play, les insultes assassines et ordurières qui pleuvent gratis pour un oui ou un non :


http://www.lequipe.fr/Football/breves2010/20100623_084432_-depassionner-le-debat.html



olaf 27/06/2010 12:06



Toujours attentionné et poète le Dresse, de jolies paraboles à foison, le Sid Vicious des blogs... Viel Spass.


Ce que je trouve intéressant dans la situation actuelle, c'est la façon avec laquelle les politiques et la plupart du monde ont tapé sur les Bleus, dont il semble bien qu'il ne s'entendaient pas
si mal, pour preuve leur cohésion de grève. On aimerait voir ça plus souvent dans la population.


Pour avoir une autre idée de se qui s'est passé, je vous conseille Roustan :


http://www.lequipe.fr/Football/breves2010/20100626_115354_la-chronique-de-roustan.html