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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 23:10

 

 

      J'adore cet extrait de "la vie est belle " de Roberto Benigni qui démontre où mène la pseudo-rationalité économique lorsqu'elle est laissé à elle même sans autre but qu'une optimisation sans fin des bilans comptables. N'en déplaise aux néolibéraux les nazi raisonnaient en grande partie comme eux, l'humain n'était qu'une variable d'ajustement économique. L'annonce des dernières mesures d'économie m'ont fait penser à ce passage du film de Benigni, à quand un membre de l'UMP ou du pS proposant l'extermination des chômeurs pour rétablir la compétitivité française. En ignorant l'intérêt des peuples et des plus humbles de la société, les politiques actuels ne font que répéter les mêmes errements qui conduisirent au désastre civilisationnel que fut le nazisme.  

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

La Gaule 13/07/2010 06:12



Il y avait bien sûr un « air du temps » pervers qui avait contaminé toutes les élites (ce point est important) de l’occident, mais
Ford, comme Lindbergh, comme Hearst, était au départ fondamentalement des isolationnistes. Leur projet d’une société rationnellement purifiée était rêvée pour la seule Amérique et non pas
destinée à être étendue à la terre entière par une guerre permanente, ce qui est tout de même l’un des projets obsessionnels du Guide dans son « œuvre » Mein Kampf.. Les yeux de Chimène
que ces gens posaient sur le fou autrichien étaient d’abord ceux de la hantise du bolchevisme.


Après Pearl Harbor, tous se rallièrent rapidement à cause de la guerre contre L’Allemagne, tout comme les fils de famille pro-nazis de la bonne
société anglaise mirent peu de temps à devenir les redoutables pilotes de la RAF, lesquels infligèrent son premier revers militaire à Hitler. L’histoire est pour moi juge en dernier ressort, car
c’est le seul laboratoire des idées. C’est sans doute ce qui nous porte au désaccord sur ce point précis. Merci pour votre réponse en tout cas.



yann 10/07/2010 23:49



@La Gaule


Oui enfin l'eugénisme n'était pas le propre des nazis ce sont des idées qui traversaient tout l'occident vous n'êtes pas sans savoir que des types comme Henry Ford l'antisémite ont influencer
les  nazi. Et derrière cela, derrière l'eugénisme et le racisme et la hiérarchisation des hommes à l'extrême, il y avait la notion d'efficacité efficacité hautement réaliser au travers le
fordisme. J'insiste donc sur le fait qu'il y a bien un lien entre la logique pure de l'économie libérale et ultra-productiviste et le nazisme, elle en est la source d'inspiration. Et d'ailleurs
l'autre grande idéologie celle du communisme avait elle aussi ce lien avec l'efficacité sans contrainte mais cette fois version collectiviste. 


 


Mais faire cette remarque ne signifie pas que l'évolution actuelle du système mène nécessairement aux mêmes fins. L'atomisation des individus fruit de la marchandisation de tout les rapports
humains semblent à première vue annihiler la possibilité d'un nouveau nazisme ou fascisme puisqu'il détruit ce qui peut lui donner naissance l'esprit de groupe national ou ethnique. Cependant
c'est oublier un peu vite que l'occident n'est pas seul sur terre que bon nombre de civilisation n'ont pas encore fait le deuil de leurs spécificités et de leurs traditions. C'est cet extérieur
qui peut pas effet mimétique réveiller des instincts de groupe dans les anciennes puissances occidentales, la Chine joue d'ailleurs ce rôle à merveille. Je ne crois pas du tout au maintient à
long terme de la civilisation marchande et libérale telle qu'on la connait. Elle affaiblit trop les société dans lesquelles elles s'installent et elles les détruits plus vite qu'elle n'arrive à
gober des civilisations étrangères. Elle finira donc par être détruite par des puissances  non soumise à sa vision des choses. Et d'ailleurs à l'intérieure même de l'occident toute les
notions collectives et non marchandes n'ont pas encore disparu. Il existe encore des révoltes des gens qui ne trouvent pas normale l'individualisme excessif, des gens qui pensent que l'intérêt
général peut s'affirmer au détriment de quelques intérêts particuliers. Tout comme il y a des gens qui pensent que non on ne peut pas tout faire au nom de l'argent et de l'efficacité économique.
C'est surtout nos élites qui sont perdus, la masse de la population a encore en grande partie les vertus classiques. Et ce sera difficile à détruire même avec tout les médias du monde car ces
valeurs sont quand même inculqués dans les familles, dans les relations interpersonnelles bref dans des lieux ou même les marketeux auront du mal à intervenir. Il ne faut pas trop surestimer non
plus la puissance du marchandisme moderne le blingbling continue à choquer en France preuve que le vieux font catho fait de la résistance.



La Gaule 09/07/2010 00:43



(Suite)


En 1932 l’Allemagne compte 6 millions de chômeurs. C’est un pays ruiné, le plus endetté du monde, et
dont la production s’est effondré plus qu’aux USA, et la perfusion que constituait l’apport des capitaux américains s’est tarie avec la crise de 1929. Le plan Schacht de quatre ans, qui se met en
place à partir de 1933 et qui apparaît largement inspiré du New Deal de Roosevelt, retourne complètement la situation, ET CELA SANS QUE L’ON PUISSE ENCORE PARLER DE MILITARISATION DE LA SOCIETE,
puisque ce sont essentiellement les secteurs de l’automobile, des travaux publics et du génie électrique qui embauchent.


Parler aussi de système concentrationnaire sévissant contre les humbles à propos de cette remise au
travail massive est hasardeux. D’abord tous ces nouveaux travailleurs sont rémunérés et guère moins que leurs homologues américains. La masse salariale progressa d’ailleurs notablement plus que
les prix durant la période (30 % contre 5 %) et la possibilité de pouvoir acheter une voiture (la fameuse Volswagen) à condition d’en avoir préalablement épargné au moins la moitié du prix,
rencontra un succès significatif.  Schacht ferme par ailleurs complètement l’économie allemande au jugement des marchés mondiaux par un contrôle des
changes serré et en instituant une économie de troc. Pour être payés en Marks, les fournisseurs étrangers doivent désormais acheter allemands en compensation.


Le résultat en 1937 de la politique de Schacht est tangible, l’Allemagne ne comptant plus que moins d’un
million de chômeurs à cette date. Même si cela chiffonne nos antifascistes patentés (je me souviens que Philippe Cohen s’était fait honnir à la fin des années quatre vingt dix parce qu’il avait
reconnu que la politique économique du début de l’hitlérisme avait été un indéniable succès), et même si Schacht lui-même avait bien conscience que cette quasi autarcie ne pouvait être que
temporaire. Ce dernier point explique largement sa disgrâce auprès du Führer, celui-ci donnant une orientation brutalement militaire à la réussite de son ministre, et parce que pour lui, je le
répète à nouveau, en aucun cas la réussite économique ne peut constituer EN SOI une raison d’état valable. L’idéologie intrinsèquement belliciste du nazisme l’interdit.


 


Vous voulez sans doute dire que le capitalisme financier, ou l’économisme idolâtre, où le néolibéralisme
à front bas (appelez cela comme vous voulez, pour moi il s’agira toujours de la fin programmée d’une aventure commencée il y a cinq siècles, et cela quelque soit son polymorphisme apparent),
est en train de s’emballer en larguant ce qui avait toujours constitué son alibi philosophique, l’humanisme et la démocratie ? Si c’est le cas, je ne peux qu’être d’accord avec vous, mais
avec cette réserve de taille que pour moi le Moloch est largement un inconnu. L’annihilation de l’humain au profit seul d’un marché monstrueux qui n’a pas d’autre finalité que lui-même est un
invité nouveau au banquet des mauvaises surprises de l’histoire. Lui coller le masque, obligatoire en ces salons, du fascisme de grand papa n’a pas de sens, et je vous invite vivement à en
chercher un autre historiquement plus productif.  Je l’ai déjà dit ailleurs, c’est Pasolini qui était dans le vrai il y a plus de trois décennies (peu
avant son assassinat) lorsqu’il annonçait la mort du fascisme d’hier, parce que n’ayant plus d’autre fonction que servir la bonne conscience des antifascistes mondains (les collabos de l’autre
Moloch en gestation).  Le fascisme d’aujourd’hui, beaucoup plus inquiétant selon lui, était la société de consommation et son énorme appareil de
destruction du sens collectif et de manipulation du désir.


Je pousserai même la provocation plus loin, puisque le prurit de défense de notre démocratie libérale de
façade est de taxer tous ses contrevenants de « fascistes ». Je me demande maintenant si les véritables défenseurs de ce qu’il nous reste d’humanisme démocratique ne se trouvent pas
désormais dans leur camp. Seul un large front populiste -un inédit de plus- nous sauvera du Moloch économiste. Pour cela, les républicains de tout bord devront enfin changer de siècle. C’est pas
gagné…



La Gaule 09/07/2010 00:42



« N'en déplaise aux néolibéraux les nazi raisonnaient en grande partie comme eux, l'humain n'était
qu'une variable d'ajustement économique ».


 


Non Yann, il n’y a pas l’ombre d’une similitude entre le raisonnement des libéraux (vous pouvez laisser
le « néo » de côté à titre de faux nez) et celui des nazis. D’abord « l’humain » dans l’idéologie nazie n’a aucun sens, puisque seul le chapeau supérieur des races acceptables
peut se prévaloir du titre, et encore, la « race des forts » étant destinée à asservir toutes les autres, précisément en tant que « contre humain » ou « surhumain »
(pour paraphraser un philosophe halluciné célèbre et qui parait-il n’y était pour rien -j’en doute personnellement, même s’il reste encore  bien vu
chez certains apologistes du désir, nostalgiques de soixante huit).


 


L’idéologie nazie ne connaît qu’un seul dieu, exclusif de tout autre- le Guide- et une seule politique,
à fois but sans fin et réalisation de la volonté du guide -la guerre. Tout devient alors asservissement et tension, rationnelle ou non, vers la guerre. Réduire le patronat allemand à l’état de
quasi fonctionnaire du nazisme était-il économiquement rationnel ? Non, mais il l’était du  point de vue de la stratégie militaire, puisque la
seule efficacité admise était de livrer totalement  l’appareil économique aux exigences de la guerre (le mythe de Hitler « valet du grand
capital » est une fable pour attardé de la gauche, extrême ou installée au beau milieu d’elle-même. Hitler a joué au valet dans sa phase ascendante –jusqu’en 1933- et sa phase d’installation
–jusqu’en 1937. A partir de cette année –l’éviction du docteur Schacht est l’évènement charnière- le valet chausse ses bottes de guerre et sait écraser la bourgeoisie industrielle allemande quand
elle gêne sa cadence belliqueuse. Que certains des éléments de cette dernière aient pu y trouver leur compte est une autre histoire. Pour toutes les nuances de la période, voir le très grand film
de Visconti « Les damnés »). Sous le nazisme, « l’humain » tout  comme l’économie et ce que l’on appelle aujourd’hui « le
marché », ne peuvent avoir d’autre fonction que de fondre leur variabilité réciproque dans la machinerie du matériel de guerre, la seule qui compte.


 


Hitler aurait annihilé les plus humbles à cette fin dites-vous ? Je répète que jusqu’en 1937, c’est
très discutable en ce qui concerne les allemands. En 1933, le pays est loin d’être gagné aux thèses du nazisme (aux élections du Reichstag en mars 1934, le parti nazi ne pèse encore que 34 % de
l’électorat malgré le contexte favorable) qui doit réaliser un coup de force parlementaire pour en prendre le contrôle. En 1937 par contre, il semble profondément acquis à Hitler. Pourquoi ?
(A suivre)



yann 07/07/2010 13:04



@Titi


Je n'ai pas dit que les propositions d'économies mène forcement au nazisme simplement que certaine obsession y mène. La logique économique sans aucune espèces de fondement morale  c'est çà
qui a conduit au nazisme. Comme vous le savez la rigueur ne mènera ce pays nul part si ce n'est vers toujours plus de rigueur. Et taper sur la portion de la population qui est déjà celle qui
souffre le plus tout en oubliant les copains qui bénéficient d'exemptions fiscales là oui çà me rappel les années 30. Car avant de faire çà le gouvernement Sarkozy si prompte à faire de la
rigueur eu tout aussi bien pu supprimer les niches fiscales, évidemment cela ne lui est pas venu à l'esprit comme par hasard. On préfère taper sur les handicapés. Je ne suis pas de gauche mais
force est de constater que ce gouvernement tape toujours sur la population la plus faible quoiqu'on en dise. Il s'agit pas là de démagogie mais de faits. Qu'on ne s'étonne pas après du sentiment
d'injustice dans la population il est largement justifié.


 


D'autre part d'un point de vue strictement économique taper sur les plus pauvres,c'est à dire ceux dont le revenue est le plus transformé en consommation et non en épargne, revient à maximiser
l'effet récessif sur la demande. On voudrait provoquer une contraction de la consommation qu'on ne s'y prendrait pas mieux.  Ce n'est pas moi qui suis démagogique mais ce gouvernement avec
ses décisions toutes plus débiles les unes que les autres.