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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 21:24

  la-manifestation-contre-la-reforme-des-retraites-a-rennes-l.jpgLa dramatisation du débat sur les retraites et la révolte qui semble traverser le pays nous montre à plus d'un titre les difficulté de plus en plus grandes qu'il y a à gérer la maison France. Je ne suis moi même pas un grand adepte des manifestation ou pire des révolutions, les mouvements de foules sont souvent irrationnels et cache d'ailleurs parfois des rapports de force qui n'ont rien avoir avec la démocratie. On peut ne pas aimer Raffarin, c'est mon cas, mais admettre qu'il avait raison sur un point, ce n'est pas la rue qui gouverne. Bien sûr si les français sortent dans la rue c'est qu'ils n'ont pas d'autre choix comme moyen d'expression, et c'est en soit démonstratif de la mauvaise organisation politique du pays. Une telle quantité de manifestant aurait du automatiquement entrainer un référendum sur la réforme, pour trancher la question et éviter le blocage du pays. Malheureusement les référendums en France ne peuvent être produit que par le pouvoir en place contrairement à nos amis suisses, sur  lesquelles d'ailleurs nous serions bien inspirés de copier.  Bien évidemment  le pouvoir actuel ne risque pas de mettre un référendum qui lui serait défavorable c'est pourquoi l'on devrait sérieusement penser à introduire les référendums d'initiatives populaires dans la constitution française.

 

Des mouvements populaires à l'image de la France, désorganisés, inefficaces et en voie d'épuisement.

 

      Pour revenir sur les grèves, on peut soutenir les manifestants, trouver la réforme de Sarkozy injuste, voir même complètement débile puisque ne répondant absolument pas au problème, tout en regrettant la façon dont la riposte populaire s'est faite.  On peut d'ailleurs  se questionner sur les mécaniques syndicales du pays. Ainsi les mouvements qui se sont distingués ne manifestent-ils systématiquement que pour s'opposer à la réforme en place sans jamais proposer quoique ce soit à la place. Plus grave nous savons pertinemment que le problème réel n'est pas le système de retraite, mais la réalité économique du pays, à savoir une dés-industrialisation repente. Désindustrisalisation que la crise économique n'a fait que révéler. En réalité  tant que les bulles financières, les bulles immobilières et les bulles de crédits gonflaient on entendait pas beaucoup de manifestant.  La paupérisation est tout de même un thème qui revient souvent au milieu des discours sur les retraites, comme dans cet extrait d'émission où un syndicaliste s'en prend à Alain Minc, qui effectivement a bien mérité de se faire insulter sur un plateau télé. Rien que pour son livre "la mondialisation heureuse" il mériterait un cageot de tomates pourries sur la figure. Mais par contre il n'y a rien sur l'Europe ou sur l'euro dans les revendications des manifestants. On entend pas beaucoup de monde rappeler les accords européens sur les retraites signés par monsieur Jacques Chirac et monsieur Jospin en 2002 à Barcelone. Oui parce que la réforme des retraites elle s'inscrit dans un agenda néolibéral européen que nos syndicalistes de gauche oublient généralement de signaler.  Parler des réformes des retraite sans parler de l'UE et de ses accords c'est vouloir s'exonérer d'un débat de fond.

 

  Donc en fait ce que l'on peut reprocher au mouvement c'est son peu de réflexion sur le pourquoi du comment, c'est à dire l'absence totale d'analyse sur d'où viennent les réformes. Sarkozy a bon dos, la réalité c'est que Ségolène Royale aurait fait la même chose, les manifs en moins, puisque les syndicats auraient été plus réticents à s'attaquer à leur cousins du PS.  Ce n'est pas un hasard si la gauche est arrivée à "réformer" plus tranquillement que le droite au cours de ces dernières décennies. L'autre reproche que je ferai c'est l'absence totale d'objectif pratique visant à forcer la main du gouvernement. En ce sens le mouvement populaire actuelle est typiquement français c'est l'anarchie et l'inefficacité collective. Car qui peut croire un instant que bloquer le pays, qu'enlever le pétrole des stations services ou bloquer les écoles et les services publiques empêchera la réforme? C'est bien mal connaitre l'actuel locataire de l'Élysée. Que la France se bloque il s'en fout complètement ce n'est pas le Général De Gaulle qui avait le sens de l'intérêt général.   Avec son égo démesuré et le soutient de son entourage, vous pouvez parier sur un pourrissement à long terme. Et les seuls qui payeront ce sont les pauvres smicards qui ont du mal à boucler les fins de mois et les gens isolés qui se retrouveront bloquer, voir en pénurie, si le conflit s'aggrave ou s'éternise. En fait je suis toujours stupéfait par les méthodes syndicales qui usent de moyens optimaux pour se rendre impopulaires à croire qu'ils le font exprès...

 

En 1789 puisque certains s'y réfèrent, les révolutionnaires ne sont pas allés manifester dans les rues marchandes, ou dansprise_de_bastille.JPG les villes de provinces, ou allés bruler les réserves de farines. Ils sont allés directement sous le nez des dirigeants, ils ont même prix la bastille. Mais quel est donc la brillante stratégie collective des manifestants français actuels?Ils se tapent sur eux mêmes, si je puis dire, tu parle de révolutionnaires. Ils font souffrir les salariés pendant que les responsables dorment tranquillement sur leur deux oreilles. Pourquoi ne pas prendre d'assaut la bourse de Paris par exemple? Ce serait un symbole fort car s'il y a bien des responsables indirecte à la situation c'est bien les boursicoteurs. Ce serait plus constructif que de bloquer ou d'incendier des lycées non?  Pourquoi ne pas bloquer l'assemblée nationale et l'Elysée, voir attendre Sarkozy à la sortie de son château fort? Pourquoi ne pas bloquer Neuilly le paradis pour riche parisiens où se coltine tout le gratin de l'establishment parisien? Non on préfère bloquer les raffineries de pétrole et les rues pour emmerder les salariés, ce n'est pas ce que j'appelle une stratégie vraiment gagnante. D'autant que cela rendra le mouvement de moins en moins populaire. Tiens on pourrait organiser une autodafé des disques de Carla Bruni dans les jardins de l'Élysée, qui sait cela provoquerait peut-être une réaction présidentielle. En voyant les actions syndicales j'ai comme l'impression que ces derniers n'ont qu'un seul but, étouffer le mouvement populaire en  détournant ses forces vers des objectifs sans intérêts et attendre ensuite qu'il s'épuise de lui même. Car les gens ne peuvent pas continuer indéfiniment la grève Sarkozy lui peut attendre autant qu'il veut il ne risque rien, il serait certainement plus attentif avec des pics sous ses fenêtres mais çà aucun syndicaliste ne le propose. Enfin tout ces propos ne sont que de simples suggestions.

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

olaf 27/10/2010 17:03



Corrélations fallacieuses en économie, le lien emploi des senior favorise celui des jeunes est faux :


http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/10/26/retarder-l%E2%80%99age-de-depart-a-la-retraite-c%E2%80%99est-bon-pour-l%E2%80%99emploi-des-jeunes/



Jardidi 21/10/2010 17:23



Les syndicats ne sont-ils pas restés dans le comportement des années 70? Bloquer des points sensibles, précis et importants n'entraînerait-il pas une réaction immédiate et efficace des
forces de l'ordre?


C'est peut-être l'une des premières fois qu'un mouvement de grande ampleur va échouer à faire reculer un gouvernement, il n'y a donc rien d'étonnant à ce que les manifestants n'y soient
pas préparés. On pouvait se douter du comportement de Sarkozy au vu de son indifférence aux précédentes grandes manifestations mais la prise de conscience est peut-être très lente en France.
Nous-mêmes, n'avons toujours pas créé le début d'un parti politique solide.


Ce sont les régions girondines qui bougent le plus, ont-elles la force de vouloir vraiment quelque chose, ont-elles la capacité d'oser renverser les zélites? 



Joe Liqueur 20/10/2010 23:08



Et je ne parle même pas du droit au travail, qui à mon sens devrait de toute évidence être une des propositions-phares de la gauche, y compris et en particulier dans un contexte de débat sur les
retraites.


Mais à gauche il n'y a pas de propositions-phares… et en fait il n'y a pas de propositions du tout.



Joe Liqueur 20/10/2010 22:42



OK pour encercler l'Elysée, mais si on n'a pas de revendications autres que purement contestataires, ça ne sert à rien d'encercler l'Elysée… Dans les manifs j'ai vu beaucoup de slogans rigolos
mais pas de panneaux "Sortie de l'UE !" ou "protectionnisme !" ou "plein emploi !". Les syndicats (se) sont réduits au statut d'ectoplasme, comme les partis dits "de gauche". Il y a un vrai
problème de relais politique, je dirais même un vrai problème d'idéologie. Hélas, je crois qu'une grosse fraction du peuple s'est laissée convaincre que le plein emploi non-précaire était une
chose désormais impossible. A ce compte-là on est vraiment dans la merde.



yann 20/10/2010 22:13



@Tous j'ai un gros problème de stabilité sur mon ordinateur il plante souvent et je crois que mon disque dur va me lâcher si j'en juge par les drôles de bruit qu'il fait. Je vous répond donc tant
que je le peux.


@valuebreak


Ils ne représentent qu'une minorité mais comme ils sont les seuls organisés, ils influencent donc les mouvements tout entiers. Ce sont toujours les groupes structurés qui s'impose les autres
obéissent.


@Titi


Ils ne sont pas forcement manipulé disons qu'ils sont pour la plupart dans une logique purement corporatiste. Ils ne voient pas plus loin que l'intérêt de leurs cotisants à court terme.


 


@Malakine


 


Il me semble que la démocratie ce n'est pas seulement le changement de direction tout les 5 ans. Ça c'est la dictature par alternance si je puis dire. Une proposition réellement contraire à la
volonté populaire ne devrait pas pouvoir passer quelque soit le gouvernement. C'est pour cela que je prend les référendum d'initiatives populaires suisses comme exemple à suivre. Grâce à ces
référendums la population a pu s'opposer par exemple à l'entrée dans l'UE, sans cela les élites suisses auraient entrainer le pays dans la construction européenne. Avec un tel système auquel le
gouvernement ne pourrait s'opposer d'un point de vue constitutionnel nous éviterions ces blocage digne de l'ancien régime.


@Joe


 


Merci de ce rappel, mais je crois que Malakine pensait à des propositions sur la stratégie à adopter pour contrer le gouvernement qui s'entête. A titre personnel je crois vraiment aux menaces
directes. On bloque nos ministres chez eux. On empêche les financiers de travailler en bloquant la bourse, on fait le siège des banques privés. On prend le contrôle de l'assemblé  etc...
Voir on marche sur le parlement de Strasbourg. Ces gens ne comprennent rien aux problèmes de la population, ils sont dans la stratosphère, ils faut les ramener sur terre en emmerdant leur petits
habitudes.