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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 22:46

Emmanuel Todd avait déchainé les passions lors de son dernier texte dans le monde, j'avais moi même trouvé ses propos limites et exagérés. Il s'en ai expliqué plus longuement chez Mediapart sous la forme de deux interviews:

 

 


Todd : "Le sarkozysme, un vide dangereux" (Mediapart)

 

Personnellement je ne crois pas à une dérive nazi en France et je continue de penser que Todd est par trop caricaturale. Cependant il est clair qu'effectivement il y une utilisation malsaine des problèmes globaux liés à l'intégration par le gouvernement actuel. Mais il ne faut pas pour autant occulter cette problématique en la laissant justement aux plus extrémistes. Le communautarisme est un phénomène bien réel même si ce dernier peut-être récupéré par des imbéciles et des salauds pour justifier leur racisme latent. On voit bien sur internet la multiplication de sites ou de blogs douteux, mais l'amalgame et les raccourcis intellectuels confondant par exemple, laïcité, laïcisme et islamophobie sont tout aussi dangereux. La France est un état laïc et la critique d'une religion ne saurait être confondu avec du racisme comme certain essaie de le faire pour mieux éviter d'avoir à être  juger comme tout les autres. Nous vivons dans une période Orwellienne où les extrémistes changent le sens des termes pour leur faire dire n'importe quoi. Il ne faut pas tomber dans ce travers en confondant et détournant, nous aussi, des concepts qui sont des piliers de notre nation.

 

Sinon à bien y réfléchir nous avons eu de la chance d'avoir Nicolas Sarkozy élu en 2007. Emmanuel Todd devrait réfléchir à la situation actuelle si Ségolène Royale avait été élu. C'est à mon avis là que le danger de poussé extrémiste aurait été possible, Sarkozy aurait eu alors un boulevard devant lui, les socialistes n'ayant probablement pas mieux fait économiquement que l'actuelle gouvernement.

 

Au lieu de ça la droite néolibérale a été, qu'elle le veuille ou non, discrédité par la crise et Sarkozy avec. Emmanuel Todd en s'acharnant sur Nicolas Sarkozy semble donc tirer sur une ambulance, d'autant que ce dernier vient récemment de se fabriquer son propre adversaire en la personne de De Villepin. Il me semblerait donc plus constructif de la part de Todd d'essayer de préparer l'après Sarkozy plutôt que de continuer à discourir sur un type grillé par les évènements macro-économique.

 

Le meilleur moyen d'éviter les dérives et la course au bouc émissaire étant d'aller convaincre les politiques susceptibles de monter au pouvoir de prendre enfin à bras le corps la problématique du libre-échange et de l'union européenne.

 


Todd : sarkozysme et les nationaux-républicains (Mediapart)


Dans cette deuxième partie Todd nous expliques ses rapports avec les républicains et les gaullistes. Il a raison de pointer le paradoxe qu'il y a à soutenir Sarkozy tout en se présentant comme gaulliste. Bien que je modérerais ses propos par le fait que beaucoup en sont revenus, peut-être pas chez les plus haut gradés, mais chez les électeurs et les sympathisants. Notre ami Malakine s'est lui même fait prendre au piège des discours de Guaino croyant déceler ,peut-être ,un mince espoir de voir se transformer le canard noir néolibérale en oie sauvage gaulliste. Ceux qui y croyaient on vite du se rendre à l'évidence. Par contre ceux qui, aujourd'hui encore, soutiennent Sarkozy en pensant défendre l'intérêt de la France ne peuvent plus se déclarer gaulliste tant leur maitre a aligné notre pays sur la vielle ligne atlantiste.

 

Nicolas Sarkozy a clairement démolie les capacités d'indépendance, déjà bien affaiblies, qui restaient à notre nation. La rentrée dans l'OTAN est d'un tel anachronisme, et d'une telle stupidité que l'on a bien du mal à voir à ce qui y gagne la France. Il est vrai finalement que plutôt d'un débat sur l'identité national, nous aurions grand besoin d'un débat sur l'indépendance nationale tant celle-ci a été détruite méthodiquement depuis trente ans. Rappelons  qu'il n'y a pas de démocratie sans souveraineté.  Bien évidement un tel débat mettrait les élites face à leurs responsabilités, et il y a donc peu de chance que ce débat apparaisse spontanément d'en haut de la pyramide.

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

René Jacquot 22/02/2010 19:20


Toujours sur Todd voici son dernier passage chez Taddei en compagnie de Jacques Sapir! Un plateau de choix:

http://ce-soir-ou-jamais.france3.fr/?page=emission&id_rubrique=962

Dans la même veine, je vous indique le passage de Gael Brustier (Recherche Peuple désespérement ) chez Philippe Arondel:

http://www.frequenceprotestante.com/index.php?id=51&user_radio_pi1[animator]=15


xavier 22/02/2010 17:47



Je ne suis pas sur qu’ E. Todd exagère tant que ça. Nos élites imposent ce débat sur l’intégration et la compatibilité des valeurs de l’Islam
avec celles de notre république. Les réponses faites sur ce terrain, même lorsqu’elles sont raisonnables et respectueuses, ne font qu’alimenter les positions les plus extrêmes. J’en suis à me
demander si l’occultation de ces problématiques n’est pas moins dangereuse. De toute façon, la subordination de cette problématique à la problématique mère : le chômage de masse et la
politique économique à mener me semble un minimum. Le pouvoir en place et une bonne partie de l’opposition complice nous imposent  des sujets
(intégration, retraite, sécurité, déficit…) en les déconnectant de leur cause première : le libre échange. Le saucissonnage des problèmes est l’arme fatale pour éviter les débats de fond. Je
vous remercie, au passage, de ne jamais oublier dans vos papiers de revenir à l’essentiel.



René Jacquot 22/02/2010 16:04


Merci Yann.

J'ai été comme toi interpellé par les outrances de l'entrevue du Monde. Après, force est de reconnaitre qu'il reste fidèle à ses théories, il n'a pas tout à fait tort quand il voit les débats sur
l'Islam et l'identité  nationale comme un contrefeu  pour les classes moyennes paupérisées face à l'anmnistie des grands patrons et des financiers responsables de la Crise.

Laminées  économiquement parlant par le libre-échange, elles s'inquiètent du seul bien qui leur reste, c'est à dire, le vivre-ensemble et rejettent en masse le communautarisme.

Il y a comme une sorte de mouvement malsain qui voudrait nous mener à une guerre dite ethnique avec l'Islam en Occident (English Defense League, Geert Wilders, La ligue du Nord), on pourrait même
dire que les revendications identitaires à l'oeuvre de la part des Islamistes facilitent la tâche à ces forces, ce sont même leurs alliés objectifs.

Certains tentents d'imposer la  thématique identitaire comme un enjeu de 2012 en lieu et place du libre-échange. Ils jouent avec les peurs. A titre personnel, je ne crois pas à la guerre
ethnique totale avec l'Islam, d'une part parce que comme disait Muray "Nous gagnerons car nous sommes les plus morts" et que d'autre part la Révolution Iranienne a prouvé qu'en 30 ans, 
l'islamisme était un échec notamment auprès de générations suivantes éprises de liberté et de Radiohead.

Par contre, j'envisage de fortes tensions dans les 30 ans à venir avec quelques heurts, à la stigmatisation dont ils feront l'objet, certains musulmans donneront en réponse dans l'hystérie
identitaire.