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19 septembre 2010 7 19 /09 /septembre /2010 15:25

Oyez Oyez la fin du monde approche

 

  Encore un article sensationnaliste du  LEAP qui avec son dernier texte enfonce le clou. Toujours aussi anti-anglo-saxon et si pro-européen nos amis du LEAP s'égarent souvent en allant un peu trop  vite dans leurs anticipations. Bien sûr l'anticipation est quelque chose de complexe et il est souvent vrai que nous confondons nos désirs ou nos croyances avec la réalité. Dans le cas du LEAP il s'agit bien évidement de leur européisme béat, couplé à une haine inextinguible de la puissance américaine qui agit comme mécanisme d'aveuglement. Ainsi ridiculisent ils sans arrêt les problèmes internes à la zone euro et minimisent-ils les hypothèses d'éclatement pourtant de plus en plus probable si l'on regarde l'évolution des taux d'intérêts de plus en plus divergent. Si les anglo-saxons ne cessent de regarder vers nous pour ne pas voir leur propres tares nous faisons de même avec eux et le LEAP est spécialiste en la matière. En tout cas pour le LEAP la crise en W est une certitude, je n'en doute pas moi même d'ailleurs j'en avais déjà parlé. Les indicateurs américains réels sont très mauvais la relance Obama a surtout relancé la Chine le Japon et l'Allemagne, une fois épuisé ces effets, la crise reprendra de plus belle. A cela s'ajoute, et là le LEAP n'en parle pas, les politique de rigueurs Européennes qui vont aggraver la crise mondiale.  Car  on ne voit pas très bien d'où viendra le consommateur en dernier recours. Encore une fois la Chine de par la nature de son économie, essentiellement exportatrice, mais aussi de par la taille encore modéré de son économie, ne pourra pas compenser la baisse de la consommation cumulée des USA, de l'Europe et du Japon.

 

On peut donc imaginer une crise par effet domino fin 2010 début 2011 avec un arrêt de la croissance US voir un retour à la récession. Même chose en Europe croissance nul et retour de la récession en Allemagne, puis vers mi-2011 crise boursière et économique en Asie produite par la surcapacité de production et l'explosion des stocks. D'ailleurs plus grand monde ne doute que les marchés financiers chinois sont largement surestimés, la seule question est de savoir quand la bulle crèvera. Une fois la Chine entrée dans la crise globale, nous serons véritablement entrés au cœur de la crise du système monde construit après guerre. Seul les états capables d'une rupture réelle avec les mécanismes économiques actuels pourront s'en sortir. La Chine semble  mieux armée puisqu'elle possède les capacités productives, il lui suffirait d'augmenter massivement les salaires. Cependant c'est oublier un peu vite que la Chine a ses propres rapport de force sociaux internes, et il n'est pas sûr que les élites chinoises soient disposées à réellement s'orienter vers cette direction. Déjà en 2008-2009 la Chine a  augmenter le crédit à la consommation plutôt que les salaires dénotant une vision sociale à l'américaine si je puis dire, les élites chinoises veulent la croissance mais pas l'inflation salariale et une plus grande égalité sociale qui va normalement avec. Et la Chine n'étant pas une démocratie, il n'y a pas les mécanismes syndicaux et politiques qui permirent  naguère à l'Europe et aux USA de dépasser la crise de surproduction. Or sans ces mécanismes il est plutôt à craindre des instabilités politiques voir même un conflit civile remettant en cause le régime fasse aux impasses et au chômage massif qu'une crise se surproduction produit, la frustration est un puissant mécanisme révolutionnaire surtout dans un pays qui a fait miroiter la réussite pour tous à la population.  La culture confucianiste aura sans doute atteint  ici ses limites.   

 

La société de la connaissance part en Chine

 

  Un texte très interessant sur le blog de Natacha Polony, habituellement consacrée à la déliquescence de notre enseignement, elle fait soudain le lien avec la désindustrialisation du pays. Elle se moque notamment de la situation d'Alstom en Californie, car figurez vous qu'alors que Conan le gouverneur... que Arnold Schwarzenegger avait choisi le TGV français pour réaliser une ligne a grande vitesse dans cette état, ce dernier vient de relancer finalement l'appel d'offre et invite les Chinois dans la concurrence. Or il se trouve que les génies qui dirigent Alstom ont vendu leur technologie pour 9 milliards d'euros et que les chinois font maintenant de meilleurs TGV pour beaucoup moins cher basés sur nos propres techniques. C'est une situation ironique qui montre bien le coté délirant de ceux qui pensent réellement que nos allons nous spécialiser dans la haute technologie, il n'en est rien. Les chinois se fichent complètement des brevets, du moins de ceux des étrangers car la chine changera d'avis dès qu'elle dominera les sciences et techniques, c'est à dire dans dix ans grand maximum. A cela s'ajoute le déclin qui frappe notre niveau éducatif global et dont le sketch suivant montre avec humour l'évolution :

 

 

 

     On ne peut que conclure que notre société se dirige tout droit vers la civilisation de l'ignorance et du chômage de masse, plutôt que vers l'utopique société de la connaissance. En tout cas les chinois doivent bien rigoler en voyant tant de stupidité collective.

 

Une hormone à l'origine du sentiment de groupe

 

Un drôle d'article est paru dans le magasine scientifique la recherche il semblerait qu'une hormone l'ocytocine ait un rôle très important dans les mécaniques de défense de groupe. Cette hormone rentre dans le phénomène d'attachement que recent l'enfant pour sa mère, et bien il semblerait qu'elle est aussi un effet sur le comportement de groupe. La biologie semble donc implicitement invalider l'idée d'un homoéconomicus attaché à rien d'autre que son porte monnaie et cela confirme aussi que l'homme "pisse aux 4 coins" pour marquer son territoire pour reprendre une expression que j'ai lu récemment sur le blog de RST.  Bon alors les énergumènes qui veulent d'un monde sans frontière vont devoir s'atteler à la génothérapie,  car il semble que seul un changement biologique pourra produire l'homme idéal de la gauche socialisante ou de la droite apatride. Il est clair également que dans nos analyses politiques ou économiques ces études scientifiques n'entre généralement pas en ligne de compte et pourtant... Si une simple hormone explique l'empathie, on pourrait rapidement se demander si tout les peuples en dispose de façon égale, mais là bien évidement les questions éthiques rentrent en jeu. La science génétique ou biologique ont été exclu de la politique ou du domaine politique en grande partie à cause des dérives eugénistes et des délires des pseudo-science comme la phrénologie qui ont longtemps cautionné les politiques racistes. Il semble cependant que cet aspect de la réalité humaine devra un jour ou l'autre faire à nouveau acte de présence dans la sphère politique.

 

Melenchon rejoint-il les partisans de la nationalisation de l'émission monétaire?

 

      C'est ce que l'on peut constater dans ce court extrait vidéo. Il semblerait donc que Melenchon rejoigne les citoyens, de plus en plus nombreux, qui se demandent pourquoi l'état est obligé d'emprunter sur les marchés pour faire des investissements publiques. Cette question a été lancé à l'origine par des initiatives comme le fameux document vidéo sur l'argent dette de Paul Grignon et par  Etienne Chouard et André-Jacques Holbecq. Et il semble donc que cet question suscite de plus en plus d'intérêts chez nos concitoyens et maintenant chez nos élus, puisqu'il sont maintenant deux à réclamer l'abrogation des lois pompidou-Giscard, Nicolas Dupont Aignan et maintenant Melenchon. Il ne reste qu'as espérer que cette question continuera à nourrir le débat publique, y compris dans les grands partis. Car nul doute qu'une des grandes curiosités des économies modernes est cette propension à émettre de la masse monétaire uniquement sous la forme de dette privée, dette  qui par essence réclament des intérêts et donc nécessite une inflation constante de cette même masse pour rembourser ces mêmes intérêts.

 

 

 
  Le graphique suivant provenant du blog postjorion de AJ Holbecq montre que cette problématique de la privatisation monétaire est tout à fait centrale dans la crise que nous connaissons. En effet par nature la croissance économique ne peut exister sans une hausse de la masse monétaire. La masse monétaire doit suivre à peu près la hausse de l'activité économique, sans quoi il y a de grande chance de produire une déflation artificielle. C'est ce que l'on sait depuis Keynes, si la masse monétaire ne croit pas au rythme de l'économie et des besoins d'échanges, l'argent devient rare et s'entame alors un processus de déflation qui peut entrainer une dépression économique. Cependant  depuis 1974, en France, il est interdit à l'état de financer des grands projets industrielles, ou d'infrastructures par l'émission de titres de dette publique. De la même manière on considère la hausse de la masse monétaire fiduciaire M1 comme ne devant pas augmenter pour éviter l'inflation. On a donc laisser aux seules banques privées la possibilité d'émettre de la monnaie sous la forme de reconnaissance de dette. Or il se trouve que contrairement aux idées que sous-tendent cette décision, la privatisation de l'instrument monétaire n'a pas empêché l'inflation. On a même connu une inflation largement plus forte après cette privatisation qu'avant. Par contre l'effet sur la croissance économique a été désastreux, elle n'a cessé de ralentir, quand à l'état, ne pouvant faire croitre l'économie que par son endettement sur les marchés internationaux, celle-ci n'a cesser de croitre. Et les taux d'intérêts versés font maintenant grimper la dette de façon autonome.    
 
detteinteret.png 
 
  C'est la même situation dans la plupart des pays développés et notamment des USA. Le graphique suivant vous montrera la différence de l'évolution entre M1 M2 et  M3 aux USA. Cette différence montre bien le coté délirant du système actuelle qui par nature ne peut faire que croitre la dette globale puisque dans ce système  toute contraction de la dette produit une dépression. La seule façon de désendetter sans produire une récession étant de substituer de la monnaie réel émise par l'état à la monnaie dette produite par le système tel que conçu dans les années 70. Sans cela nous sommes condamnés à voir croitre indéfiniment la dette publique que ce soit en France aux USA au Japon ou en Allemagne.  
 
 
UsDebpt.png 

Supprimons la bourse

 

  Telle est la dernière proposition choc de Frederic Lordon dont le talent dans l'art de la rhétorique sert toujours à merveille ses raisonnements. Retrouvez donc le toujours truculent Lordon dans  cet interview de Daniel Mermet. Lordon nous préviens au passage que ce qui se prépare comme réduction  de l'état providence au nom du désendettement, dépasse tout ce que l'on a pu voir lors des précédentes cures d'austérités néolibérales. Ce sont ces politiques qui vont produire la seconde phase de recule, la reprise de la crise en quelque sorte, mais cette fois sous la forme d'un ralentissement économique encore plus brutal. Une politique de type Laval à l'échelle de tout l'occident. Tout çà au nom du remboursement d'une dette produite par le système déréglementé au nom des délires néolibéraux, la boucle est bouclée. Lordon fait aussi un brillant plaidoyer pour l'imposition de la démocratie en entreprise seul mécanisme capable de mettre fin à l'inégalité inhérente entre le salarié et les chef d'entreprises. 

 

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Published by Yann - dans En bref
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commentaires

yann 21/09/2010 20:23



@RST


C'est corrigé. 100% monnaie je l'ai feuilleté numériquement parlant , je compte le lire ce weekend en prenant le temps.
Mais il me semble qu'il s'agit de propositions pleines de bon sens. PAr contre  il est étrange que ce livre n'ait  pas été diffusé et traduit  en France de façon officielle.
D'autant qu'Irving Fisher est pratiquement aussi connu que Keynes il a aussi joué un grand rôle à l'époque il me semble.


 


@Ldf


 


J'ai déjà réfléchi à la question plus cher nous payerons le pétrole à court terme et plus vite nous orienterons nos économies vers l'après pétrole. C'est parce que les pays européens et le Japon
ont payé plus cher leur pétrole que les américains depuis trente ans que nos économies sont moins énergétivores. La dévaluation rendra le cout de l'énergie plus cher mais de toute façon il faudra
un jour s'en passer et le plus tôt sera le mieux.


 


Sur l'émission monétaire il ne s'agit pas de produire de la monnaie à l'infinie. Il s'agit d'augmenter la masse monétaire au rythme idéale et ce sans passer par l'emprunt privé qui nécessite des
intérêts et donc un gonflement infinie de la dette. Seul les investissements directs doivent être financé par les emprunts publique. On peut même garder un banque centrale indépendante et
imaginer un président de la banque élu au suffrage universelle garantissant son indépendance vis à vis de l'autre pouvoir, le pouvoir politique.  On cloisonne ainsi ces pouvoirs pour éviter
les abus.  Pour ce qui est des dépenses de fonctionnement elle doivent être couvertes par l'impôt et la contrainte de l'équilibre budgétaire.


 


 



Ldf 20/09/2010 13:02



Merci pour ce grand "moment Mélenchon".


 


Bien que je défende la nationalisation de l'émission de monnaie, on ne peut pas dire que cela soit complètement gratuit. La valeur de la monnaie reflètera tôt ou tard la vitesse de la planche à
billet, et nos politiciens ont une très courte vue.


A l'approche du Peak oil, un franc trop faible c'est deux balles dans le genoux.


 


Cela ferait sens si on pouvais le faire au niveau Européen mais il faudrait préalablement tout harmoniser ...


 


Noeud Gordien quand tu nous tiens.



RST 19/09/2010 22:29



"La seule façon de désendetter sans produire une récession étant de substituer de la monnaie réel émise par l'état à la monnaie dette produite par le système (...)"Ne serait-ce pas une
définition du 100 % money ?


Sino, c'est Paul Grignon, pas Grimmon