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30 décembre 2010 4 30 /12 /décembre /2010 20:27

    Nirvana-Nevermind-Front.jpgAlors qu'en France nous approchons de la date de fin des primes pour les achats automobiles, aide qui ne sera pas reconduite pour cause budgétaire. L'Espagne, elle, voit plus loin puisqu'elle renonce à la prime aux naissances qu'elle avait mis en place en 2007pour cause d'économie comptable. Ainsi l'un des pays les moins fécond d'Europe va diminuer les maigres aides pour favoriser la natalité, tout çà pour permettre à l'état de faire des économies au nom d'un bon sens comptable qui vise à rassurer les marchés et l'Europe. Moi personnellement ce type de nouvelle m'inciterait plutôt à ne plus investir en Espagne, un pays vieillissant et sans avenir, car la dynamique démographie est largement plus importante à long terme que des taux d'intérêts bas ou une bonne réputation auprès de Bruxelles. La stupidité des puissances européennes et la courte vue dont elles font preuve atteint ici les limites du concevable. L'Espagne compte-t-elle relancer son marché immobilier grâce à un déclin démographique de longue durée? Si c'est le cas qu'elle regarde en Allemagne la bas les prix de l'immobilier ne sont guère dynamique et pour cause, l'allemand est en voie d'extinction. Il faudrait rappeler cette règle de base que pour qu'un marché existe, il faut auparavant que des gens naissent et vivent, il semble que les européens aient oublié cette simple réalité.

 

      Mais cette affaire est représentative de l'incompréhension générale de la réalité économique chez nos élites, elles sont perdus dans des tableaux de statistiques complètement déconnectées de tout rapport au réel. En France on donne des primes à la casse pour favoriser la consommation de véhicules, en sachant pertinemment qu'une fois ces primes parties le marché s'effondrera. Et ce n'est pourtant pas la première fois qu'on effectue ce genre de chose Balladur et Juppé avaient déjà essayé en leur temps et çà fini toujours mal. Non, la cause première du mauvais climat dans l'automobile c'est que les acheteurs potentiels n'ont plus les revenues suffisant pour acheter des voitures, de moins en moins française d'ailleurs. Est-ce si difficile de comprendre que la société française comme celle d'Espagne souffre d'une insolvabilité? Si les salaires sont trop faibles et le chômage trop élevé comment acheter ce qui est vendu? Et si la population diminue comment éviter de voir le PIB se contracter à terme? Si l'Allemagne ou le Japon ont des croissances si faibles malgré leur compétitivité c'est bien parce que leur population active se contracte.

 

Pour parler un langage que les économistes peuvent hypothétiquement comprendre, il ne faut jamais faire d'économie sur les investissements, car ce sont les investissements qui font la croissance et le développement de demain. Et la natalité, l'équilibre démographique voilà bien l'investissement le plus important pour une nation avec l'éducation. Il est donc pour moi incompréhensible qu'un état aussi vieillissant que l'Espagne abandonne les maigres efforts qui visaient à inverser la tendance démographique. Cela ne veut pas dire bien sûr que les primes aux naissances soient ce qu'il y a de plus efficace, mais au moins y avait-il une prise de conscience du problème démographique. Et faire de cette dépense la première victime des réductions budgétaires, c'est vraiment ne pas avoir une once d'esprit stratégique dans sa tête.  On imagine une entreprise fabricant des microprocesseurs faisant des économies en supprimant la R&D et le développement de la prochaine génération de CPU, une vraie catastrophe à terme, et bien c'est pareil pour un pays qui ne procrée plus et qui n'éduque plus ses enfants c'est la faillite à long terme. Prétendre vouloir avoir une économie qui se renforce en évitant la question démographique est totalement stupide. Bien sûr les effets de la démographie mettent plus d'une génération à se faire sentir, mais une fois enclenché les effets sont catastrophique et bien difficile à contrer par des moyens purement économique. Ainsi qui peut croire que la dette Espagnole développé à une période où l'Espagne est encore jeune pourra être remboursé quand l'Espagne sera un pays de vieux croulant?  Faire des enfants en nombre suffisant est en fait une bonne garantie pour le remboursement de la dette nationale. De ce point de vue ce que l'état espagnole économise en réduisant les aides à la naissance à court terme, se paiera au centuple dans vingt ans, car il y aura alors moins d'actifs qu'aujourd'hui, la dette par actif sera alors nettement plus élevée et la croissance sera aussi plus faible pour la même raison.

 

Une absence de vision globale

 

        Plus généralement nos élites semblent devenues incapables de raisonner globalement, elles prennent chaque problème à part sans faire le lien entre ces derniers. Etant tout entière formée par l'esprit libérale et la raison cloisonnée de type cartésienne, nos élites prennent chaque problème individuellement et pensent à des solutions unique à chacun d'eux, sans se préoccuper des contradictions qui peuvent apparaître vis à vis d'autres sujets.  Toute leur vision de la société se résume à un calcul économétrique mal digéré. On parle de croissance sans savoir d'où elle vient, de gains de productivité alors qu'ils sont souvent le fruit d'une productivité importée avec les marchandises étrangères, ce qui se traduit par une hausse comptable de la productivité nationale sans que le tissu industriel du pays ne se soient réellement amélioré. On a même en France un tissu industriel qui disparaît, des déficits commerciaux qui augmentent et officiellement une productivité qui progresse, mais personne ne semble se poser la question de savoir comment cela est possible. Bref nos dirigeants ne dirigent pas, ils ne voient d'ailleurs pas le monde réel, mais une espèce de monde virtuel décrit par des chiffres qui ne représentent en réalité plus grand chose. Quand Philippe Grasset parle de virtualisme pour décrire la situation psychologique des élites européennes et occidentales, il tape en plein dans le mille. A partir du moment où l'on a une vision faussée de la réalité, il est effectivement difficile de prendre de bonnes décisions. 

 

        Le pire c'est que cette pseudo-raison comptable pourrait nous mettre dans une logique mortifère à très court terme. On en viendra rapidement à raisonner comme les Nazis, les bureaucrates réclamant l'extermination des handicapés pour des raisons d'économie ou la limitation du droit aux soins pour les personnes âgées. Ou pourquoi pas des politiques eugénistes pour optimiser le rendement économique de chaque enfant. Car  la logique purement comptable peut mener très loin pour qui n'a pas dans sa tête des limites et d'autres priorités que l'optimisation purement financière.

 

L'argent n'est jamais un problème

 

    Ensuite il faut remettre la comptabilité à sa place, elle ne représente rien, enfin pas grand chose. Ce qui compte c'est la capacité d'un peuple à pourvoir à ses propres besoins, démographiques, éducatifs, productifs etc... Un peuple doit être capable de produire ce qu'il consomme,et si tel n'est pas le cas il doit soit adapter sa capacité de production, soit changer sa consommation et son mode de vie. Il n'y a pas en Europe de pénurie de capitaux ou d'argent, car l'argent et les capitaux ont peut en fabriquer à l'infini, les riches en réalité on en a pas besoin. Par contre le manque de scientifiques, de main d'oeuvre qualifiée, de matières premières, de techniciens  çà c'est problématique. Les dirigeants qui sacrifient ces réalités pour des questions purement comptables sont des imbéciles, il n'y a pas d'autre mots pour les qualifier.

Chomage-espagne.png

 

  Les politiques qui avaient vécu la guerre avaient parfaitement conscience de cela, car ils avaient vue que la monnaie n'était pas un problème en temps de guerre, c'était bien le manque de choses concrètes qui posait problème. On riait largement de ces économistes qui pensaient que la guerre de 14 allée s'arrêter au bout de six mois parce que les pays d'Europe n'avaient pas les moyens financier de la faire durer plus longtemps. En réalité si il y a eu quelque chose de positif qui est ressortie des deux guerres mondiales, c'est bien cette prise de conscience du peu d'importance des capitaux ou de  l'épargne pour produire une économie qui fonctionne. C'est à cette époque que Keynes introduisit le concept d'économie monétaire de production, une vision dans laquelle la monnaie est au service du peuple et de la production. Tant qu'il y a des besoins à satisfaire, les matières premières et les travailleurs pour les remplir, alors il n'y a pas de contraintes réelles, si ce n'est cette croyance stupide dans la limitation des capitaux, mais ce n'est qu'une contrainte intellectuelle. L'Espagne est une pays qui a plus de 20% de chômeurs, chez les jeunes le taux atteint 40% et le déficit commercial atteint 10% du PIB. C'est bien là qu'il y a un problème, pas dans la dette publique ou dans les dépenses de l'état. Ou plutôt cette dette et ce déficit publique découle tout naturellement de cette anomalie économique de sous emplois terrifiant de la main d'oeuvre. Il faut vraiment que nos dirigeants remettent les priorités dans le bon sens ou nous ne nous en sortirons pas. Et ce n'est pas en massacrant les jeunes couples et en réduisant toujours plus la natalité et les prestations sociales que comme par magie tout s'arrangera. L'Espagne doit se réindustrialiser, elle doit donner des emplois et un avenir à sa jeunesse et cesser immédiatement cette course à l'abîme qu'elle a enclenché.

 

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Nicolas Gonzales 02/01/2011 01:41



@ Yann :


Je suis d'accord avec toi et tout à fait conscient que nous précédons le monde et qu'il nous rejoint à grande vitesse. Seulement il y a ma réponse à la fin de ton commentaire : "ils devraient se
poser des questions sur la viabilité du système à long terme". A LONG TERME : ce ne sont pas nos oligarchies complètement myopes, complètement obsédées par la prochaine élection ou le prochain
plan com', complètement court-termiste, et en cela totalement dans l'esprit du capitalisme financier, qui vont voir un quelconque phénomène de long terme ! Et c'est d'ailleurs l'une des raisons
pour lesquelles il faut à leur égard parler non plus d'élites, mais d'oligarchies.



yann 01/01/2011 23:48



@Nicolas Gonzales


"A vrai dire, quel sens peut bien avoir le taux d'accroissement naturel d'un peuple, mais du sien, quand leur horizon est devenu le monde et ses 7 milliards d'habitants dont la moitié a moins de
25 ans ?"


Sauf que le problème démographique du viellissement et du non renouvellement des génération est en passe de devenir mondial vers 2040 je ne sais pas où il iront chercher les immigrés pour boucher
les trous car toute la planète aura alors fait la transition. A l'heure actuelle l'europe l'amérique du nord et du sud et l'est de l'asie sont  déjà viellissant. La Chine est à 1.6 enfants
par femme, le Maghreb est à moins de 2. En réalité la majorité des pays du monde ont fini la transition démographique il ne reste lque l'Afrique subsaharienne à forte fécondité et là aussi
çà baisse. La planète ne grandit plus que par effet d'inertie démographique. Donc même en raisonnant à l'échelle mondiale ils devraient tout de même se poser des questions sur la viabilité à long
terme du système. 



Nicolas Gonzales 31/12/2010 19:32



Je ne suis pas certain que cette prime à la naissance fusse vraiment une incitation à la procréation, mais je suis d'accord avec vous, c'est surtout un révélateur de l'absence de considération de
nos oligarchies pour la démographie. A vrai dire, quel sens peut bien avoir le taux d'accroissement naturel d'un peuple, mais du sien, quand leur horizon est devenu le monde et ses 7 milliards
d'habitants dont la moitié a moins de 25 ans ?


Et non moins fascinant et cette propension à refaire les erreurs du passé. Comme dans les années 30, nous faisons à nouveau l'erreur de prendre la dette pour la cause de la crise, alors qu'elle
n'en est que l'un des effets. Plus tôt que d'enseigner un peu rapidement que le protectionnisme a aggravé la crise voir provoqué la guerre - comme si l'autarcie nazie avait quelque rapport que ce
soit avec le protectionnisme... - on aurait mieux fait d'enseigner l'échec funeste de la déflation Laval... D'autant plus qu'on sait ce qu'il est advenu du personnage ensuite.


Il serait amusant de filer la comparaison entre les Laval de l'époque et les Sarko/DSK d'aujourd'hui...



Jardidi 31/12/2010 13:59



Il est moins difficlie d'envisager l'avenir d'une entreprise que d'un pays. La mesure espagnole, ce serait des vieux qui suppriment les aides aux jeunes et qui n'en
souffriront pas parce qu'ils seront morts dans vingt ans.