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28 février 2014 5 28 /02 /février /2014 16:45

Flag_of_Europe.svg.pngLes élections municipale et européenne approchant les Français sont encore appelées à légitimer un pouvoir dont on sait pertinemment qu'il n'a plus aucune influence réelle sur les événements en cours.Les politiciens français n'ayant cessé, depuis quarante ans, de déplacer tous les leviers de pouvoir vers des lieux le plus éloignés possible de l'influence des électeurs et des citoyens. L'illusion démocratique aura cependant duré plus d'une génération. Et l'on peut dire sans trop se tromper que la démocratie française est morte dans l'opinion publique en 2005 avec la non-prise en compte du rejet du TCE par les élites politiques du pays. Depuis lors, nous faisons tous semblant de vivre en démocratie. On parle toujours de journaux et non d'organisme de propagande. On parle d'intérêt général là ou il n'y a qu'un amoncellement d'intérêts mafieux. On parle encore de débats lorsque l'on invite que des gens qui sont d'accord sur tous et surtout de la nécessité de ne rien changer au non de l'intérêt supérieur de la rente et de la finance. Le président Sarkozy puis Hollande ont fait semblant de réformer le système bancaire, comme ils ont fait semblant de lutter contre le chômage et la misère qui s'étend. Tout comme Montebourg fait semblant de lutter pour l'industrie du pays. La novlangue qui sert aujourd'hui de verbiage à nos élites aurait d'ailleurs de quoi éblouir ce pauvre Orwell. La réalité dépassant largement la fiction.

 

Au fur et à mesure, les Français semblent cependant enfin se rendre compte que leur démocratie n'est plus qu'une coquille vide. Enfin pour les moins dépolitisés d'entre eux. Une voiture qui s'élance à deux cents kilomètres-heure sur l'autoroute avec un mur en face et un conducteur qui s’échine à régler l'orientation du rétroviseur au lieu de freiner des quatre fers. Et au milieu de cette désespérance collective, l'on continue à appeler les gens à voter pour des pouvoirs fantoches. C'est dans ce contexte que l'on trouve de plus en plus de gens pour prôner l'abstention. C'est ainsi que la gauche la moins bête, celle du MPEP dirigé par Jaques Nikonoff, prône l'abstention massive aux prochaines élections européennes. Tout comme Emmanuel Todd qui appelait lui aussi dans Marianne à l'abstention aux Européennes pour délégitimer ces élections. Soit. Mais devrait-on ici rappeler que le parlement européen n'a guère de pouvoir ? La dernière affaire des OGM où la commission a contredit de force l'avis de ce parlement fantoche ayant largement démontré où se situer le pouvoir. Je ne vois pas en quoi délégitimer l'Europe antidémocratique pourra en quoi que ce soit changer les choses. Les élites se fichent de l'avis du peuple et la commission européenne n'est que l'incarnation de la vague oligarchique qui traverse tout l'occident. Par ailleurs d'un point de vue purement pragmatique je constate que l'abstentionnisme aux USA n'a guère fait progresser la démocratie locale et les intérêts des plus pauvres. Je pense même que nos élites n'attendent que ça pour revenir au suffrage censitaire et à l'abrogation du suffrage universel qui les embête tant.

 

Bref loin de nous sortir de l'ornière de la dérive ploutocratique et oligarchique de l'occident l'abstention ne fait qu'accentuer les choses. D'ailleurs, une bonne part du problème de nos sociétés tient au faible intérêt de nos citoyens vis-à-vis de la politique. Que ce soit sur internet ou dans la vie quotidienne, peut-on réellement affirmer que nos citoyens remplissent leur rôle? Ils sont où les révolutionnaires potentiels et les activistes du changement démocratique ? Je revois ces pauvres militants du FG sur la place de la Comédie dans ma pauvre ville de Montpellier s’affairant à distribuer des tracts sur le traité transatlantique avec des passants qui n'en avait tout simplement rien à foutre pour parler crûment. Ils me firent pitié et pourtant je ne porte guère dans mon cœur le parti de Jean Luc Mélenchon dont la béatitude européiste schizophrène est emblématique de la génération politique issue de l'époque Mitterrand. Le fait est que le désintérêt pour la politique n'est pas uniquement le fait de quarante ans de n'importe quoi macro-économique. En vérité, je crois que l'on inverse la cause et l'effet. C'est plutôt le désintérêt pour la chose publique et la politique qui a conduit la France et l'occident à avoir des dirigeants de plus en plus médiocre et corrompu. De cette simple intuition, j'en déduis que l'absentéisme n'est pas seulement dû au fait que nos votes n'ont plus d'influence. Mais que l'individu idéologiquement libéral ne s’intéresse plus à la destinée collective. L'on se renferme de plus en plus dans nos jardins privés où la vie se résume à soi et à ses proches. Ce qui correspond au comportement de l'homoéconomicus qui n'agit que dans son intérêt propre. Même si cela conduit la civilisation au désastre. C'est une victoire libérale à la Pyrrhus en quelque sorte.

 

L'inéluctable chemin de l’extrémisme

 

De ce fait, il me semble éminemment dangereux de décourager les quelques citoyens qui se comportent encore comme tel prônant l'abstention volontaire. Alors que nous aurions tellement besoin qu'ils se multiplient, qu'ils fassent éloge de la cause commune de la nation et de l'intérêt général. Prenant acte de l'inutilité du vote alors que devons-nous faire si ce n'est favoriser les groupes politiques, les partis et les hommes qui tranchent d'avec la consanguinité intellectuelle qui s'est emparée de notre pays ? J'écarte ici la révolution. En effet comment peut-on espérer une révolution avec un peuple qui traîne déjà des pattes pour voter et s'intéresser à autre chose qu'à la consommation et aux faits divers ? Tout juste aura-t-on des mouvements de violence sporadique qui n'accouchera d'aucune forme d'action politique . Une révolution dans un pays aussi dépolitisé fera vraisemblablement plus de mal que de bien. Les idées les plus simplistes pouvant intéressées rapidement dans le discours public pour peu qu'il corresponde à un fantasme un tant soit peu populaire. C'est plutôt par le réveil de l'intérêt pour la politique que l'action doit se faire. Et pour cela il faut réintroduire le lien qui tient l'individu dans le collectif. Il faut rappeler des idées qui pourtant devraient être des évidences. Que l'individu n'est rien par lui même. Que le choix collectif est le seul qui en soit réellement un. Car nous avons en réalité bien peu de liberté. Nous sommes contraints par la nature, par les lois de la physique, par le temps, par nos liens familiaux. La vie politique est la seule chose dans laquelle nous pouvons choisir librement les contraintes. C'est la politique qui fait de nous des individus libres par les choix que nous faisons collectivement.

 

Pour ce faire, nous devons faire bouger les lignes et pour ce faire, avoir un esprit pragmatique qui s'occupe de toujours faire reculer l'ennemie. En l’occurrence l'ennemie c'est le pouvoir libéral et oligarchique qui s'emploie à dépolitiser la masse. Qui fait pleuvoir sur elle un torrent de propagande en lui faisant croire que rien n'est possible, que tout est inéluctable, que la politique est une chose trop sérieuse pour être confié aux citoyens. Face à cela nous sommes trop peu nombreux et trop faibles pour faire la fine bouche sur nos alliés. Et de ce fait loin de rejeter le FN nous devrions au contraire l'utiliser comme il a été utilisé par le pouvoir pour discréditer la nation. L'on peut sans nul doute regretter que nous en soyons aujourd'hui réduits à cela, mais le fait est que le FN est aujourd'hui le seul parti dont la masse est suffisante pour faire trembler le pouvoir et bousculer en partie les fondations du néolibéralisme européiste. Il faut à mon sens pour toutes les élections avoir une règle simple, et c'est en tous cas la mienne. Il faut faire barrage au front antinational. Ce front antinational est composé de toute force politique, économique ou autre, prônant l'UE,l'euro, le libre-échange ou le laissez-faire économique. Je décide personnellement de voter pour tous parti ou groupe rejetant ces idées, quelles que soient les idées défendues par ailleurs par ce parti politique. De fait, il s'agit ici d'une lutte à mort, et tout manquement, tout recule, pour des écueils moraux ou idéologiques, ne feront que renforcer le camp d'en face. Il n'est plus temps aujourd'hui de tergiverser. Alors que l'oligarchie européenne produit misère et amoncellement de crimes, il n'est plus temps de discuter sur le sexe des anges. Le général de Gaulle n'avait pas fait la fine bouche à Londres faisant alliance avec des royalistes, des communistes ou des nationalistes pur jus.

 

 

Il existe des moments dans la vie où l'on sait pertinemment ce qu'il ne faut pas faire. Et ce qu'il ne faut pas faire aujourd'hui, c'est permettre la continuation de l'ignoble. Permettre la destruction de millions de vies au nom d'une idéologie absurde. La Grèce meurt, l'Espagne s'enfonce, l'Italie boit la tasse et la France coule. L'UE met le feu partout pour éviter que son évidente folie collective ne paraisse trop évidente. La voilà maintenant qui met le feu en Ukraine pour le plus grand plaisir de l'empire américain qui veut se débarrasser de la dernière grande puissance européenne autonome. Quitte à provoquer une guerre dont nul ne sait sur quoi elle déboucherait. Les USA font en Europe ce qu'ils ont fait en Amérique du Sud et au Moyen-Orient, ils se débarrassent des régimes qui les gênent de façon plus voyante qu'à l'époque de mai 68. Ils ne se contentent plus de soudoyer les régimes et corrompre les élites, ils vont carrément provoquer des conflits militaires au cœur du continent. Il est plus que temps de sortir de l'UE et de rompre avec les USA. Et si l'on doit s'allier au FN pour cela, alors tant pis. Votez donc aux prochaines élections, l'abstention serait un crime. Mais votez contre le Front antinational, faisons barrage à l’extrémisme des élites.   

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Published by Yann - dans politique
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paf 05/03/2014 22:10


Y a le livre de Todd "Après la démocratie" qui est excellent sur le sujet.


Quelques extraits d'un résumé trouvé ici (le gras c'est de moi): http://www.herodote.net/Essai_sur_la_decomposition_des_democraties-article-531.php


"La religion, étymologiquement, désigne tout ce qui relie les hommes. C'est aussi bien la foi chrétienne que le militantisme politique. Quand l'esprit religieux disparaît et avec lui les
réseaux de convivialité, les individus se retrouvent seuls et impuissants face aux détenteurs du pouvoir. Dans la France du XXIe siècle, cette solitude et cette impuissance sont aggravées par la
défection des classes moyennes supérieures. C'est la conséquence paradoxale d'un trop grand succès du système éducatif !


En effet, l'historien note que dans la France d'autrefois, «une infime partie de la population avait fait des études supérieures, ou atteint de façon informelle ce niveau par le recours à des
précepteurs privés». Dans le travail comme dans le loisir ou la religion, ces privilégiés étaient inévitablement en contact avec les classes populaires soit pour collaborer soit pour se
combattre. «Le patron se devait d'être paternaliste, l'ouvrier déférent ; et les autres catégories socioprofessionnelles s'inséraient chacune à leur manière dans une pyramide socioreligieuse
associant tous les groupes»(pages 82 et suivantes). Aujourd'hui, c'est un tiers de la population adulte qui peut se targuer d'avoir accédé à une éducation supérieure (ou plus exactement
«tertiaire»). Il ne s'agit plus d'une élite mais d'une masse !... «Le monde dit supérieur peut se refermer sur lui-même, vivre en vase clos et développer, sans s'en rendre
compte, une attitude de distance et de mépris vis-à-vis des masses, du peuple, et du populisme qui naît en réaction à ce mépris», écrit Todd.


La fin des «religions» (christianisme, communisme...) et le fossé qui s'est creusé entre les classes populaires et les «intellectuels» (33% de la population adulte) ont
progressivement mis fin au dialogue entre les classes sociales et compromis le fonctionnement de la démocratie. Profitant de l'absence d'adversaire, la strate supérieure (le 1% de la
population qui détient le pouvoir économique) a aujourd'hui le champ libre pour imposer ses vues, conformes à ses intérêts immédiats mais contraires à l'intérêt général. Et l'on en vient au
plaidoyer de l'historien en faveur d'un protectionnisme européen (ce que l'on appelait autrefois la «préférence communautaire»)."


 


"S'il n'attend rien de la strate supérieure «libre-échangiste», Todd se veut toutefois rassurant en ce qui concerne la coupure entre les classes populaires et les classes
moyennes éduquées : «Rien de définitif dans ce constat : l'appauvrissement en cours des jeunes éduqués supérieurs nous promet un revirement dans les décennies qui viennent». Les
violences qui viennent de secouer la Grèce illustrent ce qui attend peut-être la France et le reste de l'Europe dans les années à venir. Mais à défaut de mettre un terme au
«libre-échangisme» et à la désindustrialisation de l'Europe, il est à craindre qu'elles débouchent non sur un renouveau démocratique mais sur une crispation autoritaire."


 


Le 2ème extrait donne de l'espoir mais aussi de l'inquiétude. Et à mon avis une des principales différences entre DLR et le FN.


 


Sinon excellent article. Merci!!

Di Girolamo 03/03/2014 19:44


 Un bon diagnostic reste un bon diagnostic ; si une plante crève de soif on peut dire qu'elle crève de soif et qu'il lui faut de l'eau. Le diagnostic est d'autant plus désespérant qu'il
contient en lui même le constat qu'il y a très peu de chance que les choses se remettent dans le bon sens ; le chacun pour soi du libéralisme , la mort de l'idée de bien commun , de projet de
société , de politique au sens de construire ensemble l'avenir , tout cela on peut le constater ; on peut aussi constater qu'il n'y a à ce niveau rien de bien neuf sous le soleil , l'homme reste
l'homme même si techniquement l'accumulation des savoirs et savoirs faire lui donne aujourd'hui un grand pouvoir sur les choses , mais sans lui donner pouvoir sur lui même et sens.


Je ne vote plus pour les "grands" scrutins, , députés nationaux , européens, présidentielles ; aux dernières présidentielles j'ai déposé une contestation par rapport à la non constitunionalité de
cette élection .


C'est pisser dans un violon ; je le sais ; mais il faut bien savoir que même si la situation est désepérée et désespérante , il faut éviter de se raconter des histoires : c'est pas parce que je
pisse sur la plante qui a soif que je vais la sauver : à un moment donné il faudra de l'eau .


Donc ok sur le constat de dépolitisation généralisée ; à partir de là , il faut rester sur ce constat et activer sans trop d'illusions , mais activer des paroles et des actes suceptibles de
repolitiser , de réintroduire une citoyenneté pensante , une réflexion /action sociétale collective, antidote du libéralisme.


Le seul point d'appui qu'on ait c'est les effets collatéraux calamiteux et mortifères du système qu'on a mis en place , au point qu'aujourd'hui il en va de notre peau : c'est seulement cette
nécessité de réorganiser nos sociétés parce qu'on va y laisser tous notre peau qui peut, peut être , à un moment donné repolitiser ,au local , globalement.


Les savants calculs stratégiques , restant dans le jeu politique d'une représentation de partis , c'est pisser sur une plante qui va prendre la vessie pour une lanterne , mais qui a besoin d'eau.
C'est du divertissemnt au sens de ce qui détourne notre attention , c'est pur produit du système.

A-J Holbecq 02/03/2014 17:06


Jean Luc Mélenchon  (PG, pas FN )


"Un gouvernement déterminé peut mener cette action subversive dans l’UE : il peut cesser d’appliquer l’intégralité du traité de Lisbonne, s’affranchir des règles européennes qui
imposent aux politiques un carcan néolibéral, et cela sans s’imposer les difficultés supplémentaires qu’engendrerait une sortie de l’euro. Ce coup de force politique peut naturellement
susciter une très forte résistance des gouvernements les plus attachés à l’actuel fonctionnement antisocial et antidémocratique de la zone euro (notamment le gouvernement allemand). Mais dans la
crise politique qui s’ouvrirait alors dans l’UE, le rapport de force est défavorable à ceux qui ont le plus à perdre à l’éclatement de la zone euro (notamment l’Allemagne) et favorable à ceux qui
sont disposés à assumer cet éclatement s’il apparaît inéluctable. Nous y sommes quant à nous parfaitement disposés et préparés.  Le PG ne sacralise aucun système monétaire
en lui-même, il ne fait prévaloir que l’absolue nécessité de mener les politiques publiques progressistes exigées par le suffrage universel ; en conséquence, si l’alternative qui venait à se
présenter était le maintien de la zone euro dans la soumission au carcan néolibéral, ou bien la sortie de l’euro pour appliquer le programme validée par le vote des citoyens, le PG opterait sans
hésitation pour cette seconde solution. "

TC 02/03/2014 15:59


Tiens un extrait de l'article paru sur le site de contrelacour.fr qui pointe justement sur l'unanimité dans la réforme des traités et pour laquelle une remise en cause a été refusée par le
parlement européen :


"La remise en cause de l’unanimité dans la réforme des traités


Au delà des clivages gauche-droite


Le 12 décembre 2013, le Parlement
européen a adopté à une forte majorité un rapport sur les problèmes constitutionnels d’une gouvernance à plusieurs niveaux dans l’Union européenne.


L’une des dispositions de ce rapport, soumise à un vote distincte du Parlement, demandait à ce que la prochaine convention étudie la possibilité de faire entrer en vigueur des révisions futures
des traités dans l’ensemble de l’Union, dès lors qu’elles auraient été ratifiées par les quatre cinquièmes des États membres représentant une majorité de la population de l’Union.


Cette proposition a été refusée par une majorité d’eurodéputés.


Les votes des eurodéputés, présentés ci-dessous, nous permettent de lire avec précision les opinions plus ou moins favorables aux thèses fédéralistes."


Alors, que je sois de l'UPR ou pas, quelle importance ? Puisque les faits sont là : les traités sont renégociables uniquement à l'unanimité.

A-J Holbecq 02/03/2014 11:24


TC : encore un UPR ...