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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:24

1-partis-modem-journees-bayrou 400Dernièrement j'avais été surpris par les propos d'un député européen du modem et ancien vert, je veux bien entendu parler de Jean-Luc Bennahmias qui était quand même d'accord sur certains points avec NDA le souverainiste dans cette dernière  confrontation chez Ruth Elkrief. Il était question bien évidement du protectionnisme et les deux politiques étaient étrangement d'accord sur de nombreux points. Pour cette raison il me semblait intéressant de voir où en était Bayrou quand à ses positions sur l'économie en général. Et bien dans le dernier interview qu'il donne au figaro on ne voit pas poindre de changement particulier par rapport aux habitudes centristes. En tout cas l'on ne voit pas de solutions à la hauteur des enjeux, ni d'ailleurs une prise en compte de la réalité européenne. Enfin plus exactement Bayrou se rend compte des problèmes, mais semble ne rien en déduire dans ses propositions. Ainsi François Bayrou semble complètement largué, comme si le monde avait évolué sans lui. Le troisième homme de la dernière présidentielle risque de ne pas briller à la prochaine élection, d'autant que la concurrence sur le centre mou va être féroce, entre Europe-écologie, le PS, et éventuellement De Villepin ou  Hervé Morin, tous se disputant un électorat centriste en déclin il ne sera pas facile de se frayer un chemin. Le PS va notamment être très embêtant pour lui si le candidat officiel est celui de la deuxième gauche à savoir DSK.

 

      Mais le gros problème à mon sens, c'est la nature même du centrisme, Bayrou continu de se référer aux gens qui ont pourtant mis le pays dans la situation actuelle. Ainsi il n'hésite pas à citer des hommes comme Jacques Delors ou pire Raymond Barre grands massacreurs de la nation française.  Delors et ses idées européennes sont pourtant complètement discréditées par l'histoire, mais cela n'empêche pas Bayrou de porter cet homme au pinacle.  C'est bien Delors qui a engagé la gauche dans les solutions européennes au tournant de 83, en disant qu'avec l'Europe nous pourrions faire une grande politique keynésienne de relance et de plein emploi, on connait la suite. Quand à Barre grand allié de Valéry Giscard d’Estaing, il fait partie de ceux qui ont introduit le néolibéralisme en France, drôle de référence. Le monsieur tunnel qui promettait qu'avec la rigueur (dans les années 70) nous nous en sortirions, on attend toujours le bout du tunnel avec leurs solutions de flagellation économique.

 

        Mais revenons aux propositions de Bayrou en tant que telles, pour la crise dans les pays du "sud" notre centriste propose de créer des obligations européennes et il veut que les états de l'UE empruntent directement auprès de la BCE. Idée loufoque s'il en est, puisque Bayrou le reconnait lui même les allemands n'accepteront jamais, et comment leur en vouloir d'ailleurs? Cela reviendrait à indéfiniment permettre aux états en déficit chronique de continuer comme si de rien n'était. Ce que Bayrou ne comprend pas c'est que ce qu'il propose revient à faire de l'Europe une seule entité politique, une seule nation, car seul un peuple et une nation ont une solidarité naturelle permettant ce genre de politique. Un parisien ne se demandera jamais s'il est normal que ses impôts servent à financer des investissements en Corse ou en Normandie, ou s'il est normale d'être solidaire avec les pauvres d'Ardèche, il dira et bien oui ils sont français donc c'est normal. A l'échelle européenne ce type de solution est tout simplement impossible et c'est bien là dessus que les souverainistes ont insisté en parlant d'impossibilité pratique de faire fonctionner l'euro, ce que Bayrou n'a manifestement pas encore compris. Nous avons une monnaie unique sans état, sans solidarité et sans aucune homogénéité économique, c'est un miracle que cela n'ai pas explosé avant en réalité.   

 

    Et si Bayrou a raison de dire que les politiques doivent reprendre les rênes du pouvoir, encore faut-il bien comprendre pourquoi l'UE, qu'il défend tant, en est arrivée à ce stade de dépolitisation de sa vie économique.  Le marché libre et sans entrave, le laissez faire, sont les conséquences directes de la mise en place de l'UE car cette dernière n'ayant aucune croyance collective, aucune forme d'intérêt commun, a abouti au plus petit dénominateur commun, le laissez-faire. Si l'Europe de monsieur Bayrou est si dépolitisée c'est simplement parce que le seul moyen d'agir collectivement en Europe était de n'avoir aucune politique commune. Ainsi s'est substitué petit à petit un pouvoir technocratique fait de règles rigides à la place de la politique, qui elle doit s'adapter aux conditions du moment. L'Europe amorphe est la seule Europe possible quand on lie les états européens sur le plan économique et monétaire, cela ne pouvait pas aller vers autre chose.  Ainsi les allemands ont une stratégie nationale, l'Europe n'est qu'un pion qui sert leur stratégie, tout comme l'a fait la Grande-Bretagne depuis le début de l'UE. Il n'y a guère que la France qui a abandonné à l'UE toute sa politique, la France est le seul pays du continent à s'être transformée en région européenne alors qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura jamais d'état européen. Je comprends le désarroi de Bayrou face aux allemands mais ils faudrait peut-être grandir un peu à son age. Quand il dit :

 

"Il est assez rare que je me trouve en désaccord de fond avec les dirigeants allemands. Mais je n'approuve pas aujourd'hui leur attitude crispée, comme s'il fallait punir ceux qui sont en crise, comme si on leur demandait à eux des aides ou des subventions. On ne leur demande rien de tout cela: on demande une organisation commune du crédit à des pays en difficulté. Je rappelle que dans les années 90, il y a eu une immense polémique en France parce que nous avons accepté des taux d'intérêt très élevés, jusqu'à 12 %, pour rester solidaires, à l'intérieur du système monétaire européen de l'époque, avec l'Allemagne qui construisait sa réunification. A l'époque, j'ai soutenu cette solidarité qui nous coûtait très cher. Tout le monde doit comprendre que nous sommes dans le même bateau." 

 

    On sourit un peu, parce que cela dénote la déconnexion totale avec l'histoire du monde réel. Il n'est pas cynique le Bayrou contrairement à un DSK, non, il croyait vraiment que les états européens allaient agir main dans la main en oubliant leurs intérêts propres.  L'esprit rose bonbon est une catastrophe pour la France, on imagine Bayrou face à la Chine leur expliquant qu'il faudrait qu'ils soient plus coopératifs parce qu'on est tous dans le même bateau quand même. 60 ans de parapluie américain ont fait perdre aux français le bon sens diplomatique et l'intelligence des rapports de force internationaux. Tant que la France plie et ne menace pas l'Allemagne de représailles les allemands continueront, et pourquoi se gêneraient-ils? Qu'est ce qu'ils en ont à faire des français, des italiens, des espagnoles alors qu'ils sont puissants et excédentaires eux? C'est ainsi que marche le monde depuis l'aube des temps et ce n'est pas la modernité technique qui y changera quoique ce soit. Comme nous l'a d'ailleurs rappelé Marie France Garaud dernièrement , il faut jouer ses atouts et ne pas lésiner sur la force si besoin est. En l'occurrence ici, menacer de sortir de l'UE, mettre des taxes à l'importation et faire changer les allemands d'avis puis s'ils ne le veulent pas tant pis chacun pour soi et nous on sort de l'euro. 

 

  La sortie de l'euro parlons en d'ailleurs, puisque Bayrou reprend ici ses vielles habitudes de centristes en sortant ses propos de Cassandre. Attention si vous sortez de l'euro le ciel vous tombera sur la tête et le dieu marché vous punira en faisant augmenter les taux d'intérêts. Là c'est étrange parce qu'il ne lui vient pas à l'idée d'emprunter auprès de la banque de France alors que précédemment il envisageait que les états européens puissent emprunter à la BCE c'est curieux non?  Cela dénote une certaine malhonnêteté intellectuelle, n'ayant plus d'arguments pour défendre cette structure bureaucratique européenne, il ne lui reste plus que les prévisions de mort subites. Mais de toute façon c'est une méthode que l'on connait bien, on menace les eurosceptiques de toutes les catastrophe depuis 20 ans,et l'on donne à  l'Europe toutes les vertus. Le problème c'est que ce sont bien les souverainistes qui ont eu raison, et qu'aujourd'hui les propos européens commencent sérieusement à s'essouffler devant la dure réalité.  Il parle de folie pour la sortie de l'euro et si en fait c'était le maintient de cette monnaie qui était une folie? L'Islande, qui a eu d'énormes problèmes, a dévaluer de 60% sa monnaie et bien la croissance est déjà repartie, et l'expérience de nombreuses nations montre que les dévaluations ne se transforment pas en catastrophe contrairement à ce que dit Bayrou. C'est au contraire le maintient dans le déséquilibre qui produit des catastrophes, lacharnement à vouloir maintenir des devises hors-sol.

 

  Nous même entre 97 et 2000 nous avons connu une forte accélération de la croissance à cause de la faiblesse de l'euro qui n'était pas encore dans nos poches, mais qui existait déjà au niveau des taux fixes entre les monnaies européennes. La monnaie unique s'est alors dévaluée de 30% par rapport au niveau de sa date de mise en service. A l'époque cela avait permis une croissance de plus de 3% en France et un redémarrage de l'investissement.  Et le passage du franc fort à l'euro faible fut une bénédiction momentanée qui a permis malheureusement l'unification monétaire d'entrer dans sa plein existence.  Ce qui compte pour notre économie ce n'est pas les taux d'intérêts sur les marchés internationaux, mais le tissu industriel, le taux de chômage et l'évolution des salaires, cependant de tout cela monsieur Bayrou n'en parle point, ce qui en dit long sur son positionnement. Il en est encore à vouloir sacrifier les français pour sauver son euro. Comme il le dit lui même la France a fait de nombreux sacrifices pour créer la monnaie unique,et bien  je crois qu'il est tant de laisser le peuple respirer un peu et d'arrêter cette torture.

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

A-J Holbecq 14/12/2010 14:35



Ne culpabilisons pas trop néanmoins; la balance des échanges extérieurs n'a rien de tragique








Balance € /hab




Allemagne


1578




Autriche


797




Belgique


93




Chypre


-1624




Espagne


-1309




France


-637




Grèce


-2519




Irlande 


-1111




Italie


-847




Luxembourg


4615




Malte 


-577




Pays Bas


1958




Portugal


-1698




Slovaquie


-392




Slovénie


-183




Finlande


493






valuebreak 14/12/2010 12:47



@ Malakine, AJH, courtier or, et Yann :


pourquoi est il si difficile de concevoir, que quand on veut s'affranchir des contraintes extérieures (crédit financé par les étrangers donc), il faut et il suffit d'accepter de s'appauvrir en
biens étrangers (par droits de douane et/ou dévaluation), de relancer sa production interne une fois les dettes soldées, et d'en dégager d'éventuels excédents ?


pourquoi les français sont ils si obtus qu'ils ne puissent vivre sans tél chinois, sans ordinateur taiwanais, sans automobile est européenne et sans alimentation espagnole ou marocaine ?


quand y aura a  t'il un peu de courage dans ce pays ?



A-J Holbecq 13/12/2010 15:15



Je ne suis pas tyoujour d'accord avec "courtier-or", mais cette fois je le suis aussi totalement avec son article en lien.


Néanmoins, nous avons en France la chance d'avoir un stock de richesses naturelles importantes, un climat tempéré, et des côtes (et zones halieutiques), et, et, et, et,  ... avec une "force
de frappe" suffisante pour éviter de devoir les céder à vil prix (merci De Gaulle pour la force de frappe)


Il ne tient qu'à nous de survivre: ca ne peut être avec cette U.E. actuelle!



courtier-or 13/12/2010 15:03



 


@ Yann


 


JE SOUSCRIS ENTIEREMENT A LA SOLUTION DE J.A. HOLLBECK !!!


 


Voici l'une des raisons majeures de mon soutien à la protection de la nation :


 


http://www.courtier-or.fr/int/index.php/123-que-cache-la-fin-annoncee-du-zero-stock.html


 


Et encore, je suis trop optimiste, car si nous ne prenons pas ces mesures, il se peut que nous aurons tout simplement une ou deux décennies de chaos comme en URSS lorsqu'il s'est effondré.


 


L'économie administrée ne peut exister, que si l'Etat en a encore des moyens. Un Etat ouvert aux quatre vents n'en aura pas la force.


 



A-J Holbecq 13/12/2010 08:39



Yann, tu écris "Enfin pour moi il faut coupler une dévaluation à une relance de la demande intérieure et pourquoi pas à une hausse des salaires. La dévaluation n'est qu'un moyen pour
maximiser les effets d'une relance keynésienne comme le protectionnisme d'ailleurs ce n'est pas une fin en soit. "


Tu as raison sur la hausse des salaires, c'est certain, mais à une condition... c'est l'instauration de droits de douane "sérieux" ou de protection contingentaire  ; s'il n'y a pas ces
barrières, une grande partie de l'augmentation salariale fuiera à l'étranger...