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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 00:02

 

parti-socialiste.jpgJe n'ai guère écrit sur mon blog ces derniers temps, et puis je me suis remis à lire, il faut que je finisse le livre d'Erik S.Reinert « Comment les pays riches sont devenus riches. Pourquoi les pays pauvres restent pauvres ? ». Parallèlement, je relis l'un de mes auteurs de jeunesse préférés, H.P. Lovecraft. Auteur, il est vrai, bien peu prolifique en matière d'optimisme. Pas vraiment de quoi me remonter le moral. Il faut dire que l'actualité n'avait rien de réjouissant. Seuls quelques illuminés de gauche pouvaient réellement s'enthousiasmer du retour de la gauche bidon au pouvoir. Certes le zouave libéral nain est parti, mais son remplaçant ne vaut guère mieux. Les premiers choix de ministre en disant d'ailleurs plus sur les intentions libérales que tous les sermons sur la méchante finance. Certes on nous objectera que s'il y a un Moscovici au ministère de l'Économie il y a aussi un Montebourg. Sauf que la politique étant ce qu'elle est, et le PS devant sauver les apparences il fallait bien meubler avec les quelques critiques du libéralisme encore présent au sein du PS. On nous ressortira encore les arguments toddiens sur le fait qu'il faudra bien qu'ils rompent avec le libre-échange s'ils veulent y rester au pouvoir et ne pas être pris dans les mêmes contradictions que ces mêmes socialistes en 1983. C'est le fameux argument du 1983 à l'envers, mais encore une fois un tel raisonnement est valable pour toutes les gauches européennes. Et pourtant que voit-on ? Ce sont bien les partis de gauche en Grèce qui ont aggravé la crise et produisent une effarante politique d'épuration économique de leur propre peuple. Supputer que la raison finira par revenir au pouvoir, c'est de facto imaginer que celle-ci à quelque chose avoir avec les décisions politiques prises dans nos pays pseudo-démocratiques. C'est en réalité rarement le cas, la politique est avant tout une affaire de pouvoir et de relation médiatiques. Surtout dans nos temps de surmédiatisation. L'important n'est plus d'arranger la situation, mais de maintenir l'apparence du maintien de la situation.

 

De la Grèce aux USA en passant par la Grande-Bretagne et l'Espagne on ne voit nulle part un courant porteur d'espoir capable d'accéder au pouvoir avec des idées de régulation commerciale et d'opposition frontale avec la décadence libérale. Tout juste a-t-on quelques restes de verve marxisto-écologiste mal digérée mélangée à des vociférations libertaires qui sert d'opposition médiatique. Il serait temps de regarder la réalité en face et d'arrêter de croire que parce qu'il y a des solutions raisonnables celles-ci finiront bien par être appliquées. Tout ça parce qu'on n’aurait pas le choix. L'histoire est pleine de civilisations s'autodétruisant non parce qu'il n'y avait aucun moyen de les sauver, mais parce que la possibilité de sauvegarde était exclue par le système politique en place. Car en raisonnant ainsi un Todd du 15e siècle à Byzance aurait tout aussi bien pu déclarer que les Byzantins aller se ressaisir face aux Turcs et cesser leurs luttes intestines parce qu'ils n'avaient pas le choix. Et pourtant le si puissant Empire byzantin a bien disparu, il y a bien dû y en avoir des sages de l'époque pour prévenir du destin funeste de cette grande civilisation. De fait, ce n'est que rarement la raison qui guide les politiques. Celle-ci n'arrive au pouvoir qu'en de rares occasions. C'est d'ailleurs tout à fait ce qu'affirmait Todd lui même dans « Après l'empire ».

 

Nous sommes dans ce type de configuration dramatique, les choix politiques à l'heure actuelle ne sont pas guidés par la raison, mais par les dogmes qui sont au sein de l’intelligentsia dominante. Les élites des pays occidentaux sont totalement immunisées à la souffrance de leurs propres populations, et d'ailleurs il n'est pas certain que ces mêmes populations aient pleinement conscience de l'origine de leur souffrance. L'individualisme libéral a peut-être réussi là où avait échoué le communisme à créer un homme nouveau selon ses propres paradigmes. La crise est peut-être le résultat de l'arrivée à maturation de l'homoéconomicus calculateur et égoïste incapable de penser à autre chose qu'à son intérêt personnel. Si tel est le cas, l'histoire est effectivement finie pour l'occident.

 

Le protectionnisme et la régulation économique nécessitent des notions comme la solidarité nationale, les frontières et une identité collective forte. Sans un patriotisme minimal donnant conscience d'un intérêt partagé entre les individus membres de la nation. On ne voit guère comment ces mêmes individus en viendraient à mettre au pouvoir des hommes politiques défendant ce type d'orientation économique. De fait, le résultat des élections est le fruit de l'addition des intérêts catégoriels et individuels et comme dans le cas du fonctionnement du triste marché ce type de fonctionnement n'accouche jamais d'un quelconque intérêt général. Le programme du PS ainsi que ce nouveau gouvernement attestent des intérêts contradictoires qui façonnent la mécanique électorale des peuples soi-disant modernes mue par l'intérêt égoïste. À cette triste réalité d'une somme d'individus tristement isolés dans leurs têtes du reste de la nation qui les nourrit pourtant s'ajoute la mécanique implacable de la domination médiatique moderne. Mécanique totalement ignorée des intellectuels de salon français et qui semblent continuer à imaginer l'individu citoyen français apte à ne jamais être influencé par ces mêmes médias. Si l'on se fit pourtant à l'ouvrage de Michel Desmurget il y a bien un problème et un effet de la télévision et des médias sur la masse de la population. Pour le coup, c'est scientifiquement prouvé et la légèreté avec laquelle certains comme Todd ignorent cette réalité en dit long sur l'image déformée qu'ils ont de la population en générale. Oui les médias façonnent l'opinion aussi sûrement que l'eau érode le calcaire par petite touche pour finalement creuser sur une longue période de grandes crevasses.

 

C'est bien par la télévision et les médias de masse que le néolibéralisme a conquis les têtes et les cœurs. On trouve aujourd'hui raisonnables des politiques qui auraient assez largement désemparé nos ancêtres tant elles sont absurdes et choc le simple bon sens. Du libre-échange total, aux délires sur le marché qui gère tout mieux comme par magie, en passant par ce stupide euro. Rien de tout ceci n'aurait paru normal il y a 50 ans seulement. Avant d'avoir à convaincre les élites, il faudrait déjà au préalable convaincre la population qui va élire ces mêmes élites. Et ça risque d'être très compliqué eu égard aux déséquilibres de la puissance médiatique. Vous m'objecterez alors « Oui, mais dans les sondages les Français sont pour le protectionnisme ». Et c'est vrai, mais cela ne se traduit par aucune résultante électorale. Qui plus est cette situation n'empêche pas les Français d'être encore largement favorables au maintien de l'euro. C'est la preuve d'ailleurs qu'ils ne comprennent pas vraiment tous les tenants et les aboutissants. À moins que cette contradiction provienne de la schizophrénie naturelle produite par l'existence simultanée en chacun de nous du consommateur et du travailleur. L'homoéconomicus moderne ayant ici beaucoup de mal à interpréter les données pour vraiment agir dans son intérêt selon les principes de saint Smith. Tels les robots positroniques d'Asimov*, l'homoéconomicus plante dès qu'il y a une contradiction dans son algorithme de programmation libéral. Quel est mon intérêt : favoriser mon revenu en validant les thèses protectionnistes, ou favoriser les prix bas et mon pouvoir d'achat à court terme avec le libre-échange quitte à être au chômage ? S'il avait eu un paramètre axiomatique et par conséquent arbitraire de patriotisme minimal, le plantage n'aurait pas eu lieu.

 

 

Les trois étapes du déclin du Hollandisme :

 

Dans ce cadre général de grand blocage intellectuel dans les idées dominantes chez nos compatriotes on voit mal pourquoi le nouveau président de la République pourrait faire un choix clair. Nous ne sommes pourtant pas dans une situation où une politique molle et « équilibrée » ménageant la chèvre et le chou pourrait fonctionner. Il va falloir choisir entre la baisse réelle du niveau de vie à travers la contraction des salaires, des dépenses publiques et les politiques des relances nécessairement protectionnistes. Or ce choix de par son électorat et ses propres traditions intellectuelles et sociologiques Hollande ne pourra pas le faire. On va donc passer par trois étapes qui mèneront Hollande au même niveau de popularité que son prédécesseur.

 

1- Le changement c'est maintenant

 

La première étape nous la vivons actuellement. C’est celle de l'état de grâce. Elle est produite par la nouveauté du produit Hollande qui lave plus blanc comme dans les pubs pour lessive. Après tout, l'homoéconomicus a été éduqué par la publicité, ce type de comportement infantile qui consiste à s'enthousiasmer pour la nouveauté, non pour son contenu, mais parce qu'elle est la « nouveauté » est une des caractéristiques de l'homme nouveau. Il est donc normal de voir ce mécanisme dans la politique. Il y a bien un autre facteur, évidemment qui explique cet état de grâce. À l'heure actuelle, et tant que l'on n’est pas dans la politique concrète, les contradictions des politiques prônées par Hollande n'apparaissent pas encore. Tout comme les contradictions des discours de Sarkozy n'apparaissaient pas dans les premiers temps de son quinquennat il y a 5 ans. Ce n'est que dans le comportement concret que l'on s’apercevra rapidement de la supercherie ou de l'amateurisme des politiques des socialistes.

 

2- Le changement c'est pour bientôt

 

L'étape la plus intéressante est la suivante. C'est celle qui nous fera passer à l'étape deux, celle du début de la déception chez les fidèles qui y croyaient. À ce stade il faut éviter les rires parce qu'il y a vraiment des gens pour croire à cet éventuel changement et pas seulement Todd. Cette étape pourrait avoir une durée variable suivant les conditions politiques. En effet, tout dépendra du degré de rapport qu'a François Hollande avec son propre discours et les politiques qu'il propose.

 

Si c'est un cynique comme je le crois alors cette période sera courte et nous passerons rapidement à la phase rejet qui est l'étape trois. En effet dès les premières mesures la population sera clairement avisée des intentions du nouveau président. Après quelques victoires verbales face à l'Allemagne on commencera doucement les violentes réformes libérales visant à casser les derniers restes de l'état keynésien. La suppression du SMIC pourrait être le signal de ce revirement, même s'il sera présenté comme une nécessité de la raison tautologique libérale. Dans ce cas de figure, il ne faudra que quelques mois pour s'apercevoir de la contre-révolution que représente l'élection d'un socialiste à la tête du pays. À l'heure actuelle, je dirai que c'est le scénario le plus probablement les non-libéraux au parti socialiste ne représentant en fait que peu de chose.

 

La seconde hypothèse nous amènerait vers une décadence plus longue. Dans cette hypothèse les socialistes se mettent en tête de faire vraiment une politique de relance économique. Bien évidemment l'absence d'intérêt pour les questions commerciales et pour les frontières du pays les amèneront à rééditer les mêmes erreurs qu'en 1983. Cependant l'échelle de cette erreur pourrait cette fois être différente. Il se pourrait effectivement que les socialistes français entraînent leurs confrères européens vers une politique de relance continentale. Il est effectivement vrai que les politiques de contritions ont échoué en Grèce, en Espagne et en Grande-Bretagne. Cet état de fait pourrait aider les socialistes à convaincre pour notre plus grand malheur les autres à les suivre dans une politique à l'américaine. Je dis pour notre malheur parce que ces pauvres socialistes n'ont jamais rien compris aux politiques de relance keynésiennes. Ils en ont juste retenu les déficits publics alors qu'il fallait surtout s'intéresser à l'équilibre des balances commerciales comme contrainte.

 

Un plan de relance européen ne pourra pas relancer la croissance !

 

En fait, l'Europe tout entière est dans la même situation que la France de 1983, on a juste élargi l’impossibilité de relance. Les USA montrent par l'absurde où mènent des politiques contracycliques sans dévaluation et sans protectionnisme. Cela mène vers des relances à faible impact sur la croissance et aggravant considérablement les déficits extérieurs. Quand le plan de relance aura échoué les socialistes prôneront-ils le financement par la planche à billets indéfinie à l'image des USA pour couvrir leur déficit commercial ? Jusqu'où descendrons-nous ? Pas très loin probablement les Allemands mettant rapidement un frein à ce type de politique si elle ne marche pas. La relance économique à l'échelle européenne relance la croissance de la planète entière, mais certainement pas la nôtre. Elle accélérera l'emploi dans les domaines du commerce et très peu dans l'industrie faute de compétitivité locale suffisante. Exactement comme les relances américaines ou la relance française de 1983.

 

Autre problème lié à l'euro: les effets de la relance seront très différents d'un pays à l'autre. C'est essentiellement l'aile excédentaire de la zone euro qui tirera profit de la hausse momentanée de la demande artificiellement relancée. En clair, la relance des socialistes à l'échelle de l'Europe sera surtout bonne pour l'Allemagne qui en profitera pour encore accroître ses excédants intra-européens. Paradoxalement, un plan de relance européen est peut-être le mécanisme accélérateur idéal de la crise de l'euro. C'est encore une ruse de l'histoire. On imagine déjà les tensions avec une Allemagne excédentaire avec 4 ou 5% de croissance pendant que l'Espagne et la Grèce resteraient en récession et la France tournerait à 1% avec un déficit commercial qui plonge. L’exception pourrait être la GB qui grâce à sa monnaie indépendante profiterait un peu de la relance suicidaire des Européens en compagnie de l'Allemagne. Vous trouvez l'Allemagne arrogante à l'heure actuelle, alors imaginez-la dans une telle situation.

 

Et le protectionnisme européen alors ?

 

Et bien même en cas bien peu probable d'un protectionnisme européen nous ne serions pas à l’abri d'un tel scénario. Évidemment dans le cas d'un protectionnisme européen les effets sur les déficits extérieurs seraient moindres. Cependant, il faut rappeler que le premier déficit bilatéral de la France n'est pas avec la Chine, mais bien avec l'Allemagne. Étant donné que les rythmes sociaux et démographiques diffèrent et continueront à différer dans les prochaines années l'accélération de la croissance en France restera plus inflationniste qu'en Allemagne ce qui continuera à aggraver notre déficit extérieur continûment même sans la Chine.

 

Pour être bien compris, et voir à quel point il est illusoire d'attendre quoique ce soit de ce nouveau gouvernement. Même en prenant l'hypothèse la plus favorable d'un protectionnisme Européen concourant à une relance, elle aussi Européenne, les écarts commerciaux intra-européens continueront de se creuser reformant inlassablement des dettes extérieures faiseuses de crises. Ce problème est inhérent à la nature même de l'euro qui est une monnaie sans peuple et donc sans état. Les besoins d'accroissement de la masse monétaire étant non homogène sur tout le territoire européen, et les transferts budgétaires d'échelle significative étant impossibles, on se retrouverait avec des « bons » et des « mauvais » élèves. Il n'y a que deux manières pour mettre fin à cette incohérence. Soit on renonce au libre-échange entre les états membres et l'on met des protections nationales visant l'équilibre des balances des paiements y compris entre pays membres de la zone euro. Soit on met fin à l'expérience européiste. Étant moi même un adepte de la théorie du rasoir d’Ockham je choisis la solution la plus simple consistant à mettre fin à l'euro.

 

3- Le changement ? Mais quel changement ?

 

On arrive maintenant à la dernière étape qui consacrera la fin des socialistes au pouvoir. Elle devrait être la période la plus longue sur le quinquennat, car même dans le meilleur des hypothèses l'étape précédente durera deux ans le temps que les plans de relance échouent lamentablement et aggravent la situation du continent en le coupant littéralement en deux. C'est d'autant plus vrai que l'homoéconomicus se lasse vite de ses nouveaux grigris, surtout quand le packaging n’est pas terrible. Obama avait au moins son sourire ultrabrite pour annoncer les échecs de ses politiques. Et puis il est noir, on ne peut pas être trop violent contre lui sinon on se ferait traiter de raciste. Hollande n'est ni beau, ni une femme, ni un black, ni un homo. Il est comme Sarkozy un coupable idéal à tous les maux de la terre qui n'aura aucune excuse s'il échoue, et il échouera. C'est que l'homoéconomicus ne risque pas de se remettre en cause lui-même. Pensez-vous ? On n’est pas responsable d'élire des types avec des programmes incohérents, et puis les programmes on ne les lit pas, c'est chiant. Et puis de toute façon l'élection elle était pliée. C’est les sondages qui le disaient. À partir de cette troisième étape, les Français commenceront à chercher un remplaçant à leur président. Et les sondages dans leur grande sagesse nous indiqueront vers fin 2015 l’irrésistible poussée de Jean François Copé ou de n'importe quel autre clone libéral de l'UMP et la boucle est bouclée. En attendant, on s’habituera aux bidons-ville, aux famines, au chômage à 30 ou 40%, aux guérillas urbaines , à l'augmentation de la mortalité sous toutes ses formes. Il est finalement vrai le slogan de Hollande : le changement c'est maintenant.

 

* Les trois lois de la robotique étant ici remplacées par la sainte loi de l'intérêt purement économique de l'individu primant sur toute autre considération. Oui l'homoéconomicus est encore plus con que les robots positroniques. Eux avaient même une éthique...

 

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Published by Yann - dans election 2012
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commentaires

La Gaule 22/05/2012 01:30


Le déclin du paysan soldat était déjà le problème de Rome à la fin de la république. Bien plus tard, après le désastre irréversible d’Andrinople
en 378, le pôle grec de l’empire détourna habilement le problème barbare sur le pôle occidental, ce qui lui permit de survivre à l’effondrement de celui-ci pour encore un millénaire.


La faiblesse politique structurelle –et légendaire- de Byzance était ensuite une chose, mais il ne faut pas oublier que cette puissance périt
d’abord de la détermination de ses adversaires.


 


-          Venise, le puissant
adversaire commercial, qui échangea la dette des croisés de la quatrième édition du genre, en 1204, contre la mise à sac de la capitale Constantinople. Le « doux commerce » en ces temps
était déjà le faux-nez de la géopolitique. En fait, Byzance ne se remit jamais vraiment de ce coup de Jarnac


-          Les bulgares puis les
serbes les deux siècles suivants.


-          Les turcs ottomans,
lesquels, au nom d’Allah le miséricordieux, passèrent la moitié de la ville au fil de l’épée et emmenèrent le reste en esclavage, lors du coup de grâce de 1453. Dire aujourd’hui que la Turquie
fait partie intégrante de l’histoire de l’Europe est oublier prestement que son projet initial était d'abord d’y mettre fin.


 


Mais il est vrai que tout cela a un encore petit air de famille avec ce qui nous arrive aujourd’hui…

demos 21/05/2012 11:20


Petit aparté sur Byzance dont tu evoques la fin:
Cette disparition est etroitement liée à la fin de la classe moyenne de paysans-soldats (les "stratiotes") sur laquelle reposait le recrutement militaire et l'assiette fiscale.

Si on doit faire un parallele entre l'Europe actuelle et feu l'empire romain d'Orient, a mon avis il faudrait plutot le chercher du coté du retrecissement des classes moyennes, et de l'apparition
d'un "néofeodalisme" qui gangrene et paralyse l'Etat...

red2 20/05/2012 13:44


Pour le point 2: un passage à une monnaie commune me semble le plus logique, en clair on permet une variation des valeurs des monnaies européennes de façon à
équilibrer les échanges commerciaux intrazone.  


Donc pour sortir de la crise le scenario donnerait :


protectionnisme européen (pour moi presque total)


relance économique très importante (faire la transition vers un monde à pétrole et autre matières premières chères et limitées par exemple : isolation,
énergie, recyclage, transport, urbanisme, agriculture…)


Monnaie commune de façon a équilibrer cela à l’échelle de la zone (voire de nos voisins africains si on veut pas avoir des millions d’affamés se ruer sur nos
frontières…)


 Bref ça semble simple mais comme vous dites bien, pas sur que dans le système crétinisant actuel le message
puisse passer et de telle reformes mises en place. J’essaye de faire passer l’idée au front de gauche (je suis militant PG) j’espère qu’on pourra y arriver, on sent quand même une meilleure
ouverture ces idées nouvelles ces temps ci… Essayons de rester un minimum optimiste ! Mais je reconnais que ce n’est pas toujours facile…

La Gaule 20/05/2012 03:09


« En attendant, on s’habituera aux bidonvilles, aux famines, au chômage à 30 ou 40%, aux guérillas urbaines, à l'augmentation de la
mortalité sous toutes ses formes. »


Non, on ne s’y habituera pas plus qu’ailleurs, ceux qui la subissent sous toutes ses formes en tout cas ne s’y habituent jamais.


Le planificateur s’y habitue à la rigueur par amour de l’efficacité professionnelle (gestionnaire de camp de concentration, DRH chez Air France
etc.). L’exécuteur ne s’y habitue pas vraiment puisque la chose l’excite encore et encore. Il restera fondamentalement un éjaculateur précoce.


Lisez donc René Girard, c’est la violence qui a toujours engendré le sacré, car seul le sacré est habilité à poser des barrières efficaces à la
violence.


Le triomphe aberrant de l’homo oeconomicus libéral sur la planète en quelques décennies, après les impasses parentes de l’homo fascismus et de
l’homo soviéticus, n’aurait lui-même pu avoir lieu sans le traumatisme universel des deux guerres mondiales du vingtième siècle.


Maintenant le prion de la violence est dans le matériel organique de l’homo oeconomicus, qui ne lui échappera pas car celui-ci n’a rien d’autre à
proposer de Sacré que lui-même, ce tas de viande sous emballage peu clair.


Des formes futures et sans doute inédites de violence de masse surgiront les nouvelles cathédrales érigées sur les ruines des anciennes.


Avec des vraies images pieuses et des vraies cloches.

Damien 20/05/2012 02:00


J'étais persuadé que tu avais lu le livre d'Erik Reinert avant sa traduction tant vos positions sont similaires sur le protectionisme "intelligent" ,l'importance accordée aux rendements
croissants ,à l'innovation , à l'histoire ,sur la stupidité des thèse néoclassiques...par moment j'avais l'impréssion de lire le Bon Dosage !

Sur la contradiction entre le consommateur et le producteur voir le principe de la "double contrainte" ,qui pousse le sujet à adopter 2 propostions contradictoires au même moment.


La page wiki cite aussi un bouquin d'Asimov (i Robot) pour exemplifier le phénomène.

Bizarrement il y'a une hypothèse qui n'est pas retenue dans ta série des "changements" , l'éclatement de la zone euro !
C'est d'ailleurs la dessus que repose les espoirs et les plans d'E.Todd.
En l'attendant je crois qu'Hollande ,à la suite des syndicats allemands , a déjà parlé avec Merkel de l'augmentation des salaires mais visiblement il compte surtout sur la victoire de la gauche
allemande aux prochaines élections,pour concretement mettre en mouvement son "changement".