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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 17:22

      Je prends le risque de radoter, mais vue la stupidité de nos dirigeants et leur incapacité chronique à comprendre d'où viennent les problèmes on est bien obligé de répéter. La crise économique que nous connaissons depuis 2007 n'est pas un accident ou le fruit de la météo. Elle n'est pas non plus le fruit de malversations en tant que telles, ou le fruit d'une corruption qu'il suffirait de régler pour sortir la tête de l'eau. La crise est une crise de surproduction à l'échelle mondiale et de sous-rémunération du travail. C'est un problème fondamental de solvabilité des consommateurs. Les cris répétés qui visent le protectionnisme comme étant la source du malheur du monde sont donc complètement à coté de la plaque et montre le degrés d'irréalisme auquel sont confrontés les dirigeants de la planète. Car même si les dirigeants reconnaissent des problèmes comme les déséquilibres structurelles de l'économie mondiales, la divergence des intérêts nationaux ne peuvent en aucun cas permettre de résoudre dans la paix, et la fraternité, ces problèmes. On est pas dans une série américaine où tout fini bien et où on trouve un compromis entre tout les partis présents. Le monde réel c'est le rapport de force, la violence et rien d'autre, et le libre-échange à fait exploser le niveau de violence en rendant chaque peuple dépendant des autres. C'est ce qui explique les échecs répétés de ces réunions débiles type G20 ,que l'on devrait plutôt baptiser Grien vue les résultats mirobolants qu'ils obtiennent à chaque fois, et tout çà aux frais des contribuables. Notez que cette fois ci la réunion fut accueillie par des anti-mondialistes coréens nettement plus rationnels, à n'en pas douter, que les chefs d'états invités.  

 

      Les chinois veulent que les USA réduisent leurs déficits mais surtout qu'ils ne taxent pas leurs produits. Les américains veulent mettre fin à ces mêmes déficits mais sans avoir à contracter leur consommation intérieure et donc leur PIB. Même chose en Europe avec le géant allemand qui trône au milieu donnant des leçons à tout le monde sans jamais remettre en cause ses propres principes.  Bref vouloir trouver, de façon centralisée, une solution permettant de prendre en compte tout les intérêts des participants en même temps relève de la vidange des écuries d'Augias, c'est impossible, humainement parlant.  Alors on fait des accords à minima n'exigeant rien, ni contrainte, ni action collective. A l'image de l'UE incapable de prendre la moindre décision concrète sur quoi que ce soit, le résultat est le statut quo, le laissez-faire tant dénoncé par certains. Mais comment pourrait-il en être autrement? Et c'est là que nous voyons toute l'absurdité de la mondialisation, en rendant interdépendante les nations de façon excessive, elle a condamné toute politique nationale à l'impuissance. Et comme dans le cas de l'UE il n'y a pas  d'intérêts communs, ni même de solidarités communes aucune action collective n'est envisageable. On baigne donc dans l'impuissance généralisée et ce ne sont pas les grands discours qui y changeront quelque chose.

 

La quadrature du cercle de la mondialisation

 

    La question des paradis fiscaux par exemple est emblématique des incohérences mondiales. D'un coté on voit des pays condamner sans équivoque ces états pirates, mais de l'autre on ne prend comme simple mesure qu'une volonté d'harmoniser les fiscalités. Or il est impossible, et d'ailleurs anti-démocratique, de vouloir harmoniser les fiscalités, chaque peuple à le droit de faire la fiscalité et qu'il veut, ce n'est pas à la France d'imposer un niveau d'impôt minimal à la Suisse par exemple. Donc vouloir combattre les fameux paradis fiscaux par des opérations de polices internationales, c'est à coup sûr, faire atteinte aux droits des peuples à disposer d'eux mêmes. Et de toute façon les capitaux iront toujours là où la fiscalité est avantageuse, donc à moins de faire une fiscalité unique sur toute la planète on ne peut pas résoudre le problème. On trouvera surement quelques gugus à gauche pour faire ce type de propositions, mais la réalité c'est que vouloir harmoniser la fiscalité que ce soit en Europe ou pire à l'échelle mondiale revient  ne rien faire de concret, si ce n'est amuser la galerie et détourner l'opinion de vrais solutions. 

 

      Le monde est au prise avec un problème qui a trop de variables et d'interactions pour être résolu de façon rationnelle. Il est physiquement impossible de trouver une harmonie mondiale parce que les interactions entre les nations rendent chaotique au sens mathématique le système monde. Comme je l'avais expliqué sur la question monétaire, lorsque l'on multiplie les interactions, les liens entre différents systèmes nationaux, on introduit du chaos. Bien loin d'apporter la prospérité, la mondialisation rend impossible le progrès réel et forme des effets de plus en plus imprévisibles qui s'étendent sur toute la planète. Un pays qui dévaluera sa monnaie  parce qu'il a un déficit avec un certain pays, produira comme effet secondaire des problèmes avec un pays tiers, et ce faisant, poussera ce dernier à lui même dévaluer et ainsi de suite. Le régime des changes flottants est chroniquement instable et ce n'est que la présence d'un acheteur en dernier ressort les USA qui permettait à toute cette absurdité de fonctionner. Il ne faut pas oublier non plus les multiples interactions provoquées par les acteurs privés qui, grâce à la libéralisation financière, ont pu compliquer encore plus la gestion des monnaies.  Chaque pays dépendant du voisin n'a plus guère de possibilités d'action concrète. L'interdépendance nationale conduit donc à l'inaction politique et au chaos généralisé.

 

La frontière met de l'ordre, sa suppression met le chaos

 

    Régis Debray a récemment fait une éloge de la frontière, il a même dit "La première frontière c’est la peau" et c'est essentiel. Les propos de Regis Debray étaient très intéressants en cela qu'il ramenait sur le tapis la nécessité des frontières pour l'être humain et pour son bon fonctionnement individuel. Mais dans le domaine économique on peut dire que la frontière c'est l'ordre, c'est ce qui met de l'ordre dans le chaos. Ce qui permet l'action collective et ce qui permet de rendre possible l'intelligibilité du monde. Sans les frontières le monde devient flou, incontrôlable, il n'y a plus alors de pilote dans l'avion. C'est ce qui donne ces réunions grotesques où l'on multiplie les grandiloquences mais d'où rien ne sort de concret.  Revenons à notre problème de paradis fiscale,  si insoluble dans le cadre de la libre-circulation des capitaux, il devient pourtant étonnamment simple si l'on met des frontières à ces mêmes capitaux. Les frontières rendent possible la simultanéité de différentes fiscalités à travers la planète, chaque nation formant un champ fiscal relativement clôt, la souveraineté peut alors tout entière s'exercer. La fiscalité des uns ne nuisant plus à celle des autres. C'est la libéralisation des capitaux qui produit le problème des paradis fiscaux et non la diversité fiscale qui a en réalité toujours existé.   Même chose pour la pauvre Amérique, en mettant des frontières aux marchandises, la hausse de sa demande intérieure nourrit, soit par la dette publique, soit par la hausse salariale, retrouvera son efficacité et relancera avant tout les industries américaines. Fini la croissance qui part en Asie à travers les importations. A l'inverse le retour des frontières ferait en sorte que l'Allemagne ou la Chine n'aurait plus à attendre que les USA ou d'autres relancent leur demande pour voir leur croissance repartir. Ils leur suffiraient de relancer leur propre demande, ces pays ne réalisent pas combien leurs exportations nuisent gravement à leur indépendance. Qu'une nation comme l'Allemagne ait des exportations représentant 50% du PIB c'est extrêmement dangereux que se passerait-il si la demande extérieure s'effondrait?  Ou si les clients préféraient le Made in China? Ce que l'on présente comme un avantage face aux déficits américains n'est rien d'autre qu'une autre forme d'aliénation de sa propre souveraineté, c 'est mettre le futur bien être allemand entre les mains de la demande de puissances étrangères.

 

En réalité les frontières sont en fait une solution élégante à tout nos problèmes, bien loin de mener à la guerre elles apportent la paix sauf peut-être si elles sont mal tracées, comme le dit si bien Régis Debray. Mais dans le domaine économique les frontières sont plus simple à réaliser que dans le cadre des rapports géostratégiques. Il reste que ces solutions élégantes sont également celles qui sont les plus critiquées. Et l'on pouvait entendre quelques crétins nous dire à quel point le protectionnisme potentiel américain est une horreur, alors même que c'est la situation des salariés américains qui est une horreur. Mais cela fait bien longtemps que le sort des employés n'est plus une priorité des "économistes". Ce faisant nos dirigeants continuent à  chérir les causes de tous nos problèmes, on ne s'étonnera donc pas que la crise continue. Chaque nation essayant tant bien que mal d'exporter les conséquences de la baisse de la demande mondiale chez sa voisine. Je me vois donc contraint d'inverser le discours habituel, et contrairement à ce qu'affirmait le pauvre Dominique De Villepin dans son discours de juin dernier en vérité  "Le protectionnisme c'est la paix" "le Libre-échange c'est la guerre" et non l'inverse.

 

 

 

 

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

clovis simard 04/03/2012 16:10


(fermaton.over-blog.com)


No-2, THÉORÈME APIS. MORTALITÉ des ABEILLES.- CHAOS GÉNÉRALISÉ ?

BOODDHA 15/02/2011 19:40



NORA ALEXANDRE REUTLINGEN ET HABIB BELBEY
Angels [Texte imprimé] : the concept of celestial beings : origins, development and
reception
W. de Gruyter / 2007ANNEE PHILOLOGIQUE 31 P 37The tongues of angels : the
concept of angelic languages in classical Jewish and Christian texts [Texte imprimé]
Poirier, John C. (1963-....) / Mohr Siebeck / cop. 2010ANNEE PHILOLOGIQUE32 P 317Angelomorphic christology and the exegesis of Psalm 8:5 in Tertullian's Adversus Praxean [Texte imprimé] : an examination of Tertullian's reluctance to attribute angelic
properties to the Son of God
Foster, Edgar / University Press of America / cop. 2005ANNEE PHILOLOGIQUE33P293


 
Les anges et les jours [Texte imprimé]

Alverny, Marie-Thérèse d' (1903-1991) / [S.n.] / 1957ANNEE PHILOLOGIQUE34 P 197

 
The destroyer and the lamb [Texte imprimé] : the
relationship between angelomorphic and lamb christology in the Book of Relevation [sic]
Hoffmann, Matthias Reinhard (1969) / Mohr Siebeck / cop. 2005ANNEE PHILOLOGIQUE35 P 297
MHHThe origin of evil spirits [Texte imprimé] :
the reception of Genesis 6.1-4 in Early Jewish literature
Wright, Archie T. / M. Siebeck / cop. 2005ANNEE PHILOLOGIQUE3 P 375

 
Women, men, and angels [Texte imprimé] : the Qumran
wisdom document Musar leMevin and its allusions to Genesis creation traditions
Wold, Benjamin G. (1974-) / M. Siebeck / cop. 2005ANNEE PHILOLOGIQUE37 P 379


.
La providence de Dieu [Texte imprimé] : vivre en
confiance
Assas éditions / 1997ANNEE PHILOLOGIQUE38 P 385Une Chapelle d'Hatshepsout à Karnak. 1, [Texte]
Lacau, Pierre (1873-1963) / Institut français d'archéologie orientale / 1977, achevé d'impr. 1978ANNEE PHILOLOGIQUE39 P 433Le monde des Égyptiens [Texte imprimé]

Larousse / DL 2008ANNEE PHILOLOGIQUEXL P 377
19. Contes et légendes de l'Egypte ancienne

Divin, Marguerite / Pocket jeunesse / c1994ANNEE PHILOLOGIQUEXLI P 443
Guide des contrats et lettres-types [Texte
imprimé]
5e éd. à jour au 31 mars 2000 / Ed. de la Chambre de commerce et d'industrie / 2000 2. ANNEE PHILOLOGIQUEXLII P 42*9Le développement durable expliqué aux enfants [Texte imprimé] : tu vois l'avenir comment ?

Costermans, Dominique / Editions de la Chambre de Commerce et d'Industrie : Editions Luc Pire / DL 2004 3. ANNEE PHILOLOGIQUEXLIV P 403L'Environnement expliqué aux enfants [Texte imprimé]

Costermans, Dominique / Ed. de la Chambre de Commerce et d'Industrie : Ed. L. Pire / cop. 2003 4. ANNEE PHILOLOGIQUEXLV P 433The Suma oriental of Tomé Pires [Texte imprimé] : an account of the East, from the Red sea to Japan,
written in Malacca and India in 1512-1515 ; and The book of Francisco Rodrigues : rutter of a voyage in the Red sea, nautical rules, almanack and maps, written and drawn in the East before 1515

Pires, Tomé (1468?-1540?) / Kraus Reprint / 1967 5. ANNEE PHILOLOGIQUEXLII P 449Contes ironiques [Texte imprimé]
Raitzyn, Dorian / Ed. du Trèfle / cop. 1948 6. ANNEE PHILOLOGIQUEXLVI P 407

 
L'araignée d'eau [Texte imprimé] ; suivi de Contes
du demi-sommeil
Béalu, Marcel (1908-1993) / P. Belfond / impr. 1969ANNEE PHILOLOGIQUEXLVII P 243
3. Le pire brigand de tout East-Blue [Texte
imprimé]
Oda, Eiichirō / Glénat / 2002ANNEE PHILOLOGIQUEXLVIII P 33

 
Le pire voyage au monde [Texte imprimé] :
Antarctique 1910-1913
Cherry-Garrard, Apsley (1886-1959) / Paulsen / impr. 2008ANNEE PHILOLOGIQUEXLIXP 323
1. Lettre à M. François Salvolini : sur les
monumens égyptiens, portant des légendes royales, dans les musées d'antiquités de Leide, de Londres, et dans quelques collections particulières en Angleterre, avec des observations concernant
l'histoire, la chronologie et la langue hiéroglyphique des Égyptiens, et une appendice sur les mesures de ce peuple

Leemans, Conradus (1809-1893) / Chez H.W. Hazenberg et comp. : Chez Mme. ve Dondey Dupré : Chez Black et Armstro


Gilles Amiel 18/11/2010 13:38



Salut tout le monde


Je ne suis pas sûr que tout cela se soit fait un peu naïvement, en naviguant à vue au gré des aveuglements idéologiques successifs. Les jusitifications bien explicites et prosaïques type NAIRU
ont été dès le départ clairement exposées comme telles. La volonté de reprise en main après l'historique recul de pouvoir de la finance et du capital dans son ensemble du compromis fordiste a
attaqué plusieurs fronts simultanément en toute conscience de ses objectifs: redisipliner le salariat pour qu'il se mette de nouveau à craindre le capital en lui faisant perdre son statut de
quasi fonctionnaire dans le salaire grâce notamment au chômage, à la crise instrumentalisée puis à la globalisation, et 2e front principal, combattre l'Etat social sous toutes ses formes
protectrices. La souveraineté populaire ne doit plus pouvoir se mêler d'économie. Avec le recul on est au contraire frappé de la cohérence de l'ensemble comme du détail.


L'acceptation de la 2e"gauche", d'abord tactique (s'allier avec les libéraux dans la lutte contre l'Etat pour éliminer les communistes dans l'union de la gauche avec comme épouvantail le
totalitarisme),  finira ensuite par passer avec arme et bagage à l'ennemi, traduisant désormais dans sa novlangue toute tentative de progrès social ambitieux et de retour de la souveraineté
dans les domaines de 1er ordre, comme populistes, démagogiques et xénophobes.


Elle joue donc désormais, toute honte bue, franchement à front renversé. La gauche de gouvernement s'est d'ailleurs révélée à l'usage bien plus efficace que la droite pour impulser les mesures
législatives décisives de cette trasformation (dérégulation des marchés financiers nationaux, puis libéralisation des mouvements internationanux de capitaux, puis privatisations massives, et
casse du droit du travail, toujours au noms des exclus (les jeunes, les chômeurs, les vieux, ...) le tout sur fond de construction européenne et "indépendance" de la Banque centrale qui bascule
la souveraineté nationale au bénéfice de négociations internationales sans responsabilité ni visibilité démocratique.


 


Ces gens là savaient très bien ce qu'ils faisaient, et pour cause, puisque c'était leur objectif même.



Marsault 16/11/2010 21:42



 


Cette analyse est convaincante. La liberté de mouvement accordée aux capitaux est certainement une pièce maîtresse,
la principale peut-être, du dispositif mondialiste. Au sujet des motivations de nos dirigeants, ne faudrait-il pas prendre plus en considération ce que les oligarchies ont d'organisé et de
méthodique dans leurs entreprises ? Il existe des dizaines, voire des centaines de « think tanks » qui s'occupent de définir les politiques des pays occidentaux, d'en faire la
promotion, de tisser des liens entre mondes des affaires, de la politique et des médias. Ces instituts ne sont pas indépendants les uns des autres ; ils forment des réseaux (un seul peut-être
même) dont les nœuds principaux, pour autant que l'on sache, sont le CFR, la Trilatérale et autres Bilderbergs. Ceux qui ont entrepris de
pousser à l'unification européenne, par exemple, sont répertoriés. Internet nous en délivre une connaissance, sûrement imparfaite, mais non négligeable, essentielle même, comparée à celle qu'en
laisse passer les médias traditionnels.



yann 14/11/2010 23:02



@René Jacquot


 


Que veux tu il se fait piquer son marché électoral par tout le monde de DDV à Europe écologie, en passant par le PS. Pour exister il faudra bientôt que le centre devienne extrémiste