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5 novembre 2011 6 05 /11 /novembre /2011 22:22

   images.jpegMon titre est peut-être un mystère pour le commun des mortels qui ne s'interroge guère sur les questions économiques sauf lorsqu'elles finissent par le frapper de plein fouet. C'est, en tout cas j'en suis, sûr un véritable mystère pour nos dirigeants. Ces derniers, prenant chaque variable indépendamment les unes des autres et appliquant des recettes économiques sans vraiment comprendre  le fonctionnement des économies nationales, ne risquent guère de comprendre le lien qu'il peut y avoir entre la dette, la monnaie, l'inflation et la Grèce. En tout cas, ils ne le comprendront pas dans le sens qu'il faudrait, pour ceux qui comprennent quelque chose. On pourrait ici me trouver prétentieux ou orgueilleux, je constate simplement qu'un individu normal travaillant dans un secteur donné et répétant inlassablement les mêmes erreurs serait licencié depuis longtemps. Nos dirigeants semblent étrangement être les seuls citoyens de ce pays à ne pas être jugés selon un critère rationnel  visant à mesurer leur qualité de réussite. Un élève qui échoue sans arrêt est soit un fainéant soit un crétin, mais un homme politique qui échoue tout le temps ne serait victime que des circonstances? Un peu à l'image de notre pauvre président qui se cache derrière la crise pour justifier son dramatique bilan économique. Je me permets donc de juger nos dirigeants de la même manière  que l'on juge les mauvais élèves, car c'est bien de cela qu'il s'agit. On a passé le stade de l'erreur depuis longtemps, pour passer à celui de la débilité profonde. C'est probablement en Grèce d'ailleurs que le comble la stupidité atteint son paroxysme. Un président aux abois, qui fait appel au peuple pour contrer un accord qu'il a lui-même signé, pour ensuite se désister et montrer par inadvertance à tous ses citoyens, en tout cas à ceux qui ne s'en étaient pas encore rendu compte, que l'UE est effectivement une technocratie, voir une théocratie puisque c'est un dogme quasi religieux qui lui tient lien de politique. Si ce n'est pas de la stupidité, je ne sais pas ce que c'est. D'autant que dans le même temps tout le gratin européen se réjouit de ce retour à la « raison ». Montrant ainsi la solidarité des élites européennes contre la démocratie comme à l'époque de la Révolution française. Une époque où toutes les élites d'Europe voulaient mettre à bas les revendications populaires pour maintenir l'aristocratie en place.  

 

Pour en revenir à mon sujet du jour, il y a des liens extrêmement importants entre les quatre mots employés dans mon titre. J'ai longtemps parlé sur mon blog à une époque où j'étais plus loquace , de la nature de la monnaie et des liens entre l'inflation, la dette et l'évolution monétaire. Il me semble que vu l'état dramatique du niveau de réflexion de nos élites au vu des politiques qu'elles mènent, il est urgent de répéter quelques considérations pratiques sur ces sujets. Et la pauvre Grèce qui n'est que le premier domino européen à tomber, en sera l'application pratique la plus exemplaire.

 

1-La monnaie

 

La monnaie que nous utilisons tous les jours n'a en réalité pas de valeur intrinsèque. Les billets ne sont pas comestibles et en général ils n'ont guère de valeur propre. La monnaie n'est théoriquement qu'un moyen d'échange. L'argent n'aurait plus aucune valeur s'il n'y avait plus personne pour l'échanger, de la même manière que l'or n'aurait aucune valeur pour un naufragé sur une ile déserte. Ce qui compte en réalité dans une société c'est d'avoir les capacités PHYSIQUES de répondre aux besoins de sa population. La monnaie n'aura de la valeur que si l'échange entre les différentes parties de la société est possible. Il faut bien comprendre cela pour arriver ensuite à bien appréhender ce qu'est réellement la crise actuelle.



Cependant si la monnaie n'est théoriquement qu'un moyen d'échange elle est loin d'être le voile neutre que décrivent les théories libérales, et pour cause en transformant l'échange de marchandise en échange monétaire on perd une grande partie de la nature réelle de l'échange de marchandise. En effet, toutes les marchandises que nous utilisons, les biens, les services et même les individus sont soumis à la même loi du temps et de l'usure. Le travail ne s'accumule généralement pas et le temps finit par rendre inutilisables des objets que l'on a fabriqués. On peut ainsi dire que nous échangeons essentiellement des objets et des services qui sont instantanément créés. Instantané dans le sens où leur production n'est pas nécessairement le résultat d'un travail datant de plusieurs années. Même les biens immobiliers répondent à cette description puisque ces derniers doivent être entretenus sous peine de se dégrader relativement rapidement. Cette loi de dégradation temporelle qui touche tous les aspects de notre vie ne se retrouve pourtant pas dans la monnaie telle que nous la concevons depuis longtemps. Étrangement, la monnaie devrait être le seul bien à être insensible au temps et à son implacable puissance. Une bonne part des affres et des crises qui touchent l’économie proviennent de cette erreur de nature qui fait perdre le sens du temps à l'échange sous forme monétaire. Car nul ne saurait ignorer le temps qui passe, même si l'on peut faire semblant parfois d'oublier l'horloge jusqu'au moment où elle se rappelle à nous.



2-L'inflation

 

En oubliant la mesure du temps, la monnaie crée des distorsions dans l'échange marchand. Elle permet à certains de mettre de l'argent de côté en oubliant que ce retrait d'argent diminue en réalité l'échange instantané qui a lieu dans la société. L'épargne ainsi accumulée contracte la demande intérieure et réduit l'activité globale d'une nation dont la seule richesse réelle est instantanée, les producteurs du présent répondant à la demande des consommateurs du présent. C'est d'autant plus grave que certains tirent un revenu de leur épargne et ponctionnent donc un revenu sur une contraction de la demande qu'ils ont provoqué par le passé. On ne comprendra Keynes et son propos sur l'euthanasie des rentiers que si l'on comprend bien qu'en un sens l'épargne est profondément immorale . Même si elle est individuellement compréhensible dans l'organisation absurde qui nous sert actuellement de système économique.



L’inflation n'est au final que le remède extrême que la nature a trouvé pour répondre à l'incohérence fondamentale du système monétaire atemporel. En effet, l'inflation permet en quelque sorte de rééquilibrer la société et de réintroduire la notion de dégradation temporelle dans le système économique. En effet, l'inflation va faire perdre de la valeur à l'épargne et au capital, mais ce n'est que justice puisqu'en réalité dans le monde réel si ces richesses avaient été accumulées sous forme de biens réels elles se seraient dégradées avec le temps. De fait, l'inflation est la contrepartie naturelle d'un système monétaire atemporel. On a cru chasser le temps et vaincre la mort en accumulant des montagnes d'épargne et de rente, mais ils reviennent et frappent avec comme outil l'inflation. L'inflation est un mécanisme qui permet aux forces productives d'une nation de se défaire de l'emprise des rentiers, cependant ces derniers sont malins et ont compris depuis longtemps à quelle sauce les productifs voulaient dévorer leur épargne.



Depuis les années 70, les dirigeants ont multiplié la lutte contre la méchante inflation mère de tous les vices, pour les possédants. Ils ont donc créé des structures capables de casser, croyaient-ils indéfiniment, l'inflation. Un peu à l'image de ces vieilles personnes qui usent de la chirurgie esthétique ou de multiples produits en croyant éviter ainsi l'inévitable. Le premier outil fut la rupture du système monétaire ancien. On a donné au secteur privé le contrôle de la monnaie à travers les prêts à intérêt et on a empêché l'état d'emprunter à sa propre banque centrale. Manque de chance le premier effet de cette décision fut une explosion de la masse monétaire et de l'inflation. Les élites sont donc passées à l'étape deux , celle de la mondialisation. En maximisant la confrontation salariale avec des pays à faible revenue, les épargnants et les rentiers d'occident ont cru pouvoir vivre sans la menace de l'inflation. Et il faut dire que les bougres ont bien réussi pendant près de trente ans. L'explosion des bourses et de la finance dans les années 90 et 2000 représentant l'avènement d'une société de rentier et la fin des forces productives d'occidents. Cependant cette situation n'a été possible que parce que le monde entier n'était pas dans ce système. C'est bien parce qu'il y avait des capacités de production ailleurs que les rentiers occidentaux ont pu danser tout l'été. Car comme je l'ai dit au début de ce texte la monnaie n'a de valeur que s'il y a une production réelle de bien et une possibilité d'échange. Les sociétés changent les techniques change, la démographie change, les rapports de force sociaux changent, car tous sont soumis à l'écoulement du temps. Les changements dans les structures productives impliquent naturellement que le travail d’aujourd’hui n'est plus le même que celui d'hier et que le travail de demain ne sera pas le même qu'aujourd'hui.

 

Dans ce contexte vouloir maintenir coûte que coûte une épargne effectuée en d'autres temps n'a pas de sens. Encore une fois, l'échange est une mesure instantanée qui ne se stocke pas, il devrait en être de même pour la monnaie si nous voulions que celle-ci se comporte réellement comme un voile neutre. Pour représenter l'échange justement elle devrait en épouser les contraintes naturelles et donc être fondante comme le préconisait l'économiste hétérodoxe Silvio Gesell.Le problème c'est que la consommation seule des rentiers d'occident était insuffisante à faire fonctionner la machinerie industrielle du monde. On a donc endetté les nouveaux chômeurs d'occident et on leur a donné des emplois bidon en surnombre dans les secteurs non délocalisable essentiellement des services. Du point de vue des comptabilités nationales, cela se traduit évidemment par des déficits commerciaux.

images2.jpeg



3-La dette



J'en viens maintenant à la question de la dette publique, car elle est directement le fruit des mécanismes précédents. La volonté de réduire au maximum l'inflation et la hausse des salaires pour maintenir la valeur de l'épargne et contrer ainsi les effets du temps ont conduit à créer de monstrueux déséquilibres dans l'économie réelle. Les pays anciennement développés se sont considérablement appauvris sur le plan des capacités de production réelle . Un appauvrissement qui se traduit par une dépendance excessive aux importations. Les déficits commerciaux créant des trous par lesquels fuit la masse monétaire induiraient normalement une dévaluation de la valeur des monnaies occidentales. Dévaluation qui rééquilibrerait les échanges. Mais là encore nos élites anti-inflationnistes ont veillé pour que les valeurs monétaires restent en suspension face à la réalité productive. Nos nations ont donc emprunté à l'extérieur pour maintenir leur valeur monétaire. C'est moins vrai pour les USA qui ont eux une monnaie universelle de réserve. La lutte contre les dévaluations est donc aussi une lutte contre une meilleure répartition des richesses et contre la réduction de la rente dans nos pays. Ce n'est pas pour le petit consommateur de banlieue que le capitaliste défend la monnaie forte, c'est pour sa propre rente. Le petit consommateur de banlieue lui vivrait bien mieux avec un chômage à 2% et une inflation à 4%. Même si à court terme, il peut ne pas bien voir où est son intérêt , tombant ainsi dans le piège de la propagande néolibérale.



Les dettes des nations sont donc en réalité le fruit de la lutte incessante contre l'inflation et contre l'usure du temps et les changements générationnels. Les riches d'occident ont voulu tromper la mort et le temps, ils n'ont fait que précipiter leurs peuples vers la misère et la pauvreté. Les Occidentaux devront nécessairement passer par une forte inflation ou par une purge quelconque des dettes et de l'épargne qui a été amassée ces trente dernières années. Nécessairement il va falloir redonner aux producteurs de richesses réelles toute leur place et laisser les salaires augmenter. Dans ce contexte la crise actuelle de l'euro est tout à fait parlante puisque l'Europe est en fait l'arme ultime des rentiers et de la finance pour empêcher l'inévitable de se produire. Le libre-échange, l'euro et la privatisation monétaire sont les trois armes de la rente contre la sphère productive. C'est en Grèce que la lutte est aujourd'hui la plus visible puisque l'on voit dans ce pays un appauvrissement considérable de la force productive du pays au nom des intérêts de la rente et de la finance qui ne se cachent même plus.



La dévaluation et la sortie de l'euro sont refusées, non pas à cause d'un rêve européen, car il n'y a pas de rêve européen les rentiers ne rêvent que d'argent. C’est uniquement pour éviter le changement dans la répartition de richesse du pays. En effet, la dévaluation en Grèce nuirait aux importateurs, à la finance et aux rentiers. Elle favoriserait les producteurs locaux et les salariés grecs. Ces derniers redeviendraient indispensables et compétitifs par rapport à l'extérieur. De fait, il faudrait augmenter les salaires et faire baisser les bénéfices et en conséquence faire baisser le niveau de revenu de la rente. C'est pour cette seule et unique raison que les élites en Europe se battent contre la fin de l'euro. L'euro n'a jamais été un rêve d'unité européenne, mais juste un outil pour lutter contre l'inéluctable usure du temps. C'est l'arme d'une génération qui ne voulait pas vieillir et passer le flambeau.

 

 

 

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Sofia 23/05/2012 17:12


J'vous partage en rapport, un article sur la dette grecque accompagné d'une petit vidéo reportage sur ce sujet ;)

Guillaume Sarlat 16/02/2012 17:04



etienne 30/01/2012 23:01


Un papier intéressant, mais qui souffre à mon avis d'un certain romantisme douteux à propos de l'Occident et d'un excès de naturalisme à propos de de ce qu'est ou n'est pas la monnaie, et de ce
qu'elle doit être.


Vous semblez avoir compris des choses essentielles en ce qui concerne les enjeux de répartition autour de la monnaie, de l'inflation et de la dette, ainsi que le rôle de lien entre le "présent et
le futur" joué par la monnaie. La monnaie, c'est du crédit, et le capitalisme moderne a résolu très efficacement, bien que de façon chaotique la question des "avances" à l'économie que posaient
les Physiocrates, qui pensaient que pour semer du blé, il fallait nécessairement déjà en avoir récolté...


Vous avez raison en insistant sur l'usure du patrimoine qui implique effectivement qu'il serait absurde qu'une épargne liquide puisse conserver l'intégralité de sa valeur, alors que dans le même
temps, une épargne immobilisée subirait l'amortissement: la forme monnaie, comme pouvoir d'achat sur des biens et services ne peut conserver intégralement sa valeur au cours du temps, puisque
tous les biens, y compris les biens de production, eux-mêmes subissent cette usure.


Mais du coup, vous surestimez l'aspect instantané et fongible de la monnaie ce qui vous conduit à ignorer un des motifs essentiel de l'épargne - le motif de précaution - et donc par la même une
des fonctions essentielles de la monnaie -  la réserve de valeur. Keynes dit très bien que la monnaie - en dehors du motif de transaction - est aussi désirée pour elle-même, comme réserve de
valeur liquide, et que de ce fait, sa valeur - sans rester intangible - doit au moins rester dans des marges prévisibles d'évolution.


Une inflation modérée n'est donc pas qu'un seul moyen de protection de la rente, comme vous le dites à  juste titre, mais offre aussi aux salariés ordinaires une relative stabilité dans un
systême capitaliste incapable de leur garantir des revenus futurs. La crainte de l'hyper-inflation, qui brouille tout repère intertemporel de la valeur, est donc aussi une forme de sagesse
populaire.


Si Keynes défendait l'idée que l'épargne était intrinsèquement improductive et constituait une fuite dans le circuit de la dépense, il considérait aussi qu'elle répondait à un besoin "normal" des
ménages, une sorte de mal nécessaire: ce qui est mauvais est l'excès d'épargne. Et une inflation raisonnable est justement un moyen d'éviter la survalorisation de cette épargne, tout en
permettant de lui conserver une valeur d'échange au cours du temps.


Par conséquent, en ne retenant de Keynes que l'"euthanasie des rentiers" et en faisant de l'inflation l'alliée objective des peuples, il me semble que vous vous livrez à une lecture abusive.


En outre, je ne saisis pas bien ce que signifie une assertion comme: "L’inflation n'est au final que le remède extrême que la nature a trouvé pour répondre à l'incohérence fondamentale du système
monétaire atemporel." La "nature" n'a rien à voir dans l'affaire, il s'agit du fruit bien d'actions humaines coordonnées...


Vous essentialisez de façon douteuse des règles conventionnelles et contingentes propres au capitalisme, à la façon d'A. Smith et de ses mystérieux "penchants naturels". On ne voit pas trop non
plus ce que viennent faire des considérations métaphysiques sur le "temps" et la "mort": l'inflation est avant tout une réponse pragmatique des producteurs dans un régime de propriété privée des
moyens de production leur permettant de maintenir ou d'augmenter leur revenu réel. Rien à voir avec la pluie ou les phénomènes naturels...


Votre lecture psychanalytique et culturaliste des phénomènes économiques, à tendance occidentalo-centrique tend à desservir votre propos: demandez à n'importe quel producteur dans le monde situé
dans un régime d'accumulation s'il cherche à nier sa condition de "mortel" ou l'"usure du temps" en augmentant ses prix...et il vous rira au nez.


En outre, vous commettez des erreurs grossières sur le plan de la séquence historique des évènements:


"Le premier outil fut la rupture du système monétaire ancien. On a donné au secteur privé le contrôle de la monnaie à travers les prêts à intérêt et on a empêché l'état d'emprunter à sa propre
banque centrale. Manque de chance le premier effet de cette décision fut une explosion de la masse monétaire et de l'inflation."


C'est exactement l'inverse: vous semblez ignorer que le contrôle de la monnaie était, avant 1945 en France, entièrement sous le contrôle des grandes fortunes actionnaires de la Banque de France,
qui était une société privée (les fameuses "200 familles" viennent de là). Le contrôle administré du crédit correspond à une exception historique: celle de l'après-guerre et des 30 Glorieuses.
Vous semblez dire que l'invention du prêt à intérêt est  récente...alors que la pratique de l'usure est bien plus vielle que le capitalisme lui-même!


Et l'"explosion" inflationniste dont vous parlez n'est pas consécutive aux changements de "régime monétaire", ni à une quelconque expansion monétaire incontrôlée, mais essentiellement à la lutte
pour le partage de la VA entre producteurs et salariés, dans un régime d'indexation salaires-prix. En attribuant pour seule cause à l'inflation l'expansion monétaire, vous semblez encore plus
fétichiste que le premier monétariste venu.


Du coup, votre récit s'apparente davantage à une fiction épique qu'à une analyse objective de l'histoire économique et monétaire. C'est dommage, car, encore une fois, vous avez compris certains
enjeux essentiels et méconnus des fonctions de la monnaie et de l'inflation. J'ai l'impression que vous souffrez des mêmes maux de ceux qui fréquentent de nombreux blogs sur la question, chez ce
pauvre Jorion et d'autres, et qui s'excitent immodérément pensant avoir trouvé le Saint Graal en ayant découvert quelque chose d'aussi banal que la création monétaire.


Ces questions de de monnaie, de dette et d'inflation sont passionnantes mais restent  malgré tout extrêmement pragmatiques et prosaïques: la monnaie est l'enjeu de luttes pour le contrôle et
le monopole de ce qui confère un pouvoir d'achat - et donc un pouvoir sur le travail d'autrui. Vous avez parfaitement intégré que le pouvoir de la rente et de la finance a réussi temporairement à
s'arroger en partie le contrôle de celle-ci, mais épargnez-nous de grâce des envolées de ce genre, qui desservent votre propos: "Les riches d'occident ont voulu tromper la mort et le temps, ils
n'ont fait que précipiter leurs peuples vers la misère et la pauvreté."

La Gaule 07/11/2011 06:32



@ Olaf


 


Le plan Marshall était effectivement une action de crédit dont on peut toujours estimer à première vue qu’il était adossé sur le stock d’or tout
frais amassé par les américains pendant la guerre.


En fait il s’agissait bien plus d’un fonds de réserve destiné à couvrir les actions de reconstruction des états européens –complètement ruinés
eux-  et les inciter précisément  par ce fait à reconstituer une épargne exsangue sans avoir recours à la
planche à billet. En cela Yann a plutôt raison.


 


« « Parallèlement cet État devait octroyer à des agents économiques nationaux (entreprises ou
administrations) des crédits destinés à des investissements d'un montant deux fois supérieur au crédit qu'il avait lui-même reçu. L'État bénéficiaire devait en outre faire la preuve qu'il
autofinançait sa part, sans recourir à la création monétaire. Par ce montage, les États-Unis encourageaient un effort significatif d'équipement et d'épargne en Europe. » »


(extrait de l’article de wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall).


 


@ Yann


 


Les décroissants ne sont pas plus prétentieux que leurs vis à vis. Plus ridicules, oui, ils le sont parfois, il faut d’ailleurs le
faire !


 La seule prétention qui vaille reste celle de donner à ses semblables les moyens de penser que la
vie vaut d’être vécue. Vous croyez vraiment qu’il s’agit d’un problème de croissance ?


Il faut reconnaître aussi que le sens de l’histoire a souvent été très prétentieux –selon vos termes.


Je ne connais pas de grandes civilisations qui n’aient pas été frappées d’entropie au bout du compte. Et comme je suis très sceptique sur
l’aptitude de mes contemporains a donner une autre signification au mot croissance…



jacques 07/11/2011 05:50



"La monnaie n'est théoriquement qu'un moyen d'échange."


Et de thesaurisation, ce qui est l'échange à travers le temps


"Ce qui compte en réalité dans une société c'est d'avoir les capacités PHYSIQUES de répondre aux besoins de sa population."


Très très bien dit. C'est ce qui échappe complètement aux dirigeants et à beaucoup de financiers/économistes de nos jours.


"Le travail ne s'accumule généralement pas"


MAIS, le *fruit* de ce travail, lui s'accumule. N'importe qui (individu ou société) au terme d'une vie fructueuse et industrieuse peut s'en rendre compte.


"le temps finit par rendre inutilisables des objets que l'on a fabriqués."


Mais on ne fabrique pas que des objets! On éduque des gens: ça reste! ça se transmet! On construit des édifices, des entreprises, des procédés de productions, qui durent des décénnies voir dans
certains cas des siècles. On construit des culture, voire des religions, qui durent des millénaires!


"On peut ainsi dire que nous échangeons essentiellement des objets et des services qui sont instantanément créés. Instantané dans le sens où leur production n'est pas nécessairement le résultat
d'un travail datant de plusieurs années."


Complètement faux. La plupart des objets créés aujourd'hui sont le fruit de processus d'innovation, de recherches, de procédés de production qui ont mis des années à se faire et sont eux-même
fondés sur des échaffaudage de d'autre produits intermiédiaires similairement créés.


"Étrangement, la monnaie devrait être le seul bien à être insensible au temps et à son implacable puissance."


Il n'y a rien d'étrange là-dedans. C'est VOULU. Un des buts de la monnaie est de permet un échange non seulement pour des biens différent entre des gens différents, mais également à *des moments
différents*, ce qui implique qu'on doit s'assurer de la conservation de sa valeur (typiquement gràce à des intérêts réels (nominatif-inflation) = croissance économique).


 "Une bonne part des affres et des crises qui touchent l’économie proviennent de cette erreur de nature qui fait perdre le sens du temps à l'échange sous forme monétaire."


Aie! N'importe quoi, vraiment n'importe quoi. Je suis étonné que vous écriviez cela, vous qui normalement réfléchissez beaucoup mieux que cela.


 "Elle permet à certains de mettre de l'argent de côté"


Oui, car ils auront besoin de biens *plus tard*. Ils échanges des biens maintenant pour des biens futurs. Toutes les personnes le font pendant la vie active pour leur retraite future, du moins
ceux qui ont un minimum de sens commun!


"en oubliant que ce retrait d'argent diminue en réalité l'échange instantané qui a lieu dans la société. L'épargne ainsi accumulée contracte la demande intérieure"


Vous faites la même erreur que je vous avais relevé lors d'un précédent billet au sujet de la déflation.


"et réduit l'activité globale d'une nation"


Aucunement une conséquence inéluctable, car l'argent épargnée, dans un économie saine sera réinvestis immédiatement pour la production des biens futurs à venir: par exemple, on construira des
écoles/universités pour former les infirmières/médecins des futurs retraités, on augmentera la recherche biomédicale, etc.


" nation dont la seule richesse réelle est instantanée, les producteurs du présent répondant à la demande des consommateurs du présent."


Revoir plus haut: la richesse réelle d'une nation est sa richesse culturelle, éducative, industrielle, institutionnelle, et sa capacité productive, qui s'est *thésaurisée* (physiquement et
immatériellement (pensez connaissances!)) au cours de décennies voir des centaines d'années.


"C'est d'autant plus grave que certains tirent un revenu de leur épargne et ponctionnent donc un revenu sur une contraction de la demande qu'ils ont provoqué par le passé." "l'épargne est
profondément immorale"


Vous avez été brainwashé par la secte de Jorion! Vous êtes en train de vous ridiculisez.


"En effet, l'inflation permet en quelque sorte de rééquilibrer la société et de réintroduire la notion de dégradation temporelle dans le système économique.


Comme il n'y a pas de dégradation temporelle dans le système économique, et qu'au contraire plus de 2000 ans d'histoire économique montre une amélioration quasi-continuelle, tout votre
argumentation est ici morte-née car vous ne voulez pas voir la réalité.


"Encore une fois, l'échange est une mesure instantanée qui ne se stocke pas"


Elle se stocke par la monnaie. C'est une de ses fonctions!


"il devrait en être de même pour la monnaie"


Vous rigolez? L'échange se stocke pour le futur, avec la monnaie. Donc la monnaie doit conserver sa valeur pour accomplir cette function.


J'arrête ici. Je suis véritablement déçu. Autant votre bille "Vendre l'europe..." était excellent, autant celui-ci est du niveau d'un lycéen en apprentissage. L'auteur des deux billets (Vendre
l'Europe et celui-ci) est-il véritablement le même?