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14 août 2011 7 14 /08 /août /2011 12:45

 

voyage_dans_le_temps.jpgNous avions déjà abordé cette thématique lorsque nous avions parlé du problème des retraites, mais il me semble important de bien comprendre le lien qu'il y a entre la question de la monnaie et la question du temps qui passe. Le temps est une machine infernale qui avance sans relâche modelant nos vies les entrainant sans cesse vers l'avant et le changement. Le temps permet aux choses de naitre, de vivre et de mourir, c'est un compagnon de tous les jours que nous cherchons souvent à oublier, car l'on sait qu'un jour le temps nous consumera et que notre vie aura un terme. Il en va de même pour toutes les choses que nous connaissons. Pour les plantes, les astres, les gens, les animaux, les actes, le travail, tout est assujetti à l'horloge qui tourne. Du coup, il est étrange de voir que la monnaie que nous utilisons tous les jours est, elle, imperméable au temps qui passe. Le temps est un acteur fondamental, dans le fonctionnement de l'économie il est pourtant bien souvent totalement ignoré des économistes. La plupart étant enfermé dans une vision instantanée du fonctionnement des choses. La célèbre théorie des avantages comparatifs qui légitime le libre-échange est ainsi particulièrement représentative de cet oubli manifeste de la « science » économique. En effet, la théorie des avantages comparatifs est une théorie instantanée qui prend les avantages à un instant t et les figent pour l'éternité des siècles. Elle ne prend pas en compte la transformation des sociétés et les effets que ces politiques de libre-échange entrainent dans le fonctionnement à plus long terme des sociétés. Il vaut souvent mieux perdre à court terme, en payant des objets plus cher que l'on fabrique soi même, que d'importer et de gagner plus momentanément, mais en produisant une perte massive de savoir-faire qui condamne en réalité la prospérité à long terme de la société.

 

L'échange, la monnaie et le temps

 

Le premier lien entre le temps et l'économie se retrouve dans la question monétaire. Comme je l'ai dit en commençant mon texte le temps agit sur tout ce qui nous entoure. Il use les objets et les hommes. Votre pain ne conservera pas sa fraîcheur plus d'une journée. Pourtant l'argent avec lequel vous l'avez acheté hier a gardé l'entièreté de sa valeur. La monnaie est un quantificateur médiocre qui perd une grande partie de la nature de l'échange lorsqu'elle est utilisée. La monnaie n'est pas un voile transparent comme aiment le penser nos amis libéraux. Sa nature même pollue l'échange en éliminant le temps et l'usure des choses ou des services qu'il produit. Le fait est que le temps qui passe ne s'inscrit pas dans la nature de la monnaie que nous utilisons. Le temps est effacé dans la transformation du travail échangé en monnaie. La plupart des crises que nous connaissons proviennent de cette rupture entre la réalité de la richesse du travail qui est instantané, et qui est soumis à la seconde loi de la thermodynamique, et la monnaie qui représente la richesse, mais qui ne subit pas les affres du temps qui passe.

 

Cette déconnexion produit les crises que nous connaissons en déformant la représentation des richesses réelles. L'inflation et les crises sont en fait en grande partie les remèdes ou les résultats de ces déformations sur une longue période. À un moment donné, la réalité reprend le dessus et la déformation excessive entre la mesure des valeurs et la réalité du monde se met à apparaître au grand jour. L'idée d'un pays de rentier qui ne vivrait que de sa rente financière apparaît alors pour ce qu'il est, une absurdité. De la même manière que l'épargne s'effondre si la richesse réelle du pays, celle qui est le fruit de sa capacité à répondre à ses propres besoins, a disparu. L'accumulation de signes monétaires ne fait pas la richesse. Celle-ci n'est véritable que s'il y a la possibilité d'user de cette richesse accumulée dans le monde réel. Si toutes les usines ont fermé et que plus personne ne produit ce dont vous avez besoin, vous pouvez avoir toute l'épargne du monde, elle ne vaudra plus rien. L'inflation traduit en partie cette baisse de la valeur de la monnaie en regard de ce qui est produit. L'exemple le plus parlant sur ce sujet c'est celui des retraites par capitalisation aux USA. Certains voient dans ce mécanisme un meilleur moyen de gérer les retraites que notre système par répartition, rien n'est plus faux en réalité. Les générations des années d'après-guerre ont accumulé un capital pendant une période où les USA étaient encore un pays productif et où la démographie était avantageuse, les actifs étant bien plus nombreux en proportion. Mais ils vont utiliser leur épargne à une époque où la pyramide des âges a changé et où le pays s'est profondément désindustrialisé. Le résultat c'est que le pouvoir d'achat de cette épargne s'est dégradé avec le temps et se dégradera encore fortement lorsque le dollar tombera en provoquant une inflation massive. Car in fine que l'on soit dans un système par répartition ou dans un système par capitalisation ce sont toujours les actifs qui payent pour les inactifs. Dans le cas de la répartition, les choses sont claires, mais dans le cas de la capitalisation il y a une multitude de facteurs qui rendent ce lien indirect. L'un de ces liens est la dépréciation des actifs qui sont le produit de la dégradation de la situation économique réelle du pays. Quelle que soit la stratégie des épargnants, ils n'échapperont pas finalement à la dégradation économique réelle du pays. Et il ne faut pas oublier le coût inhérent à la retraite par capitalisation liée à tous les intermédiaires à nourrir qui sont bien plus couteux que les fonctionnaires de la sécurité sociale française. L'épargne n'est donc qu'une illusion de protection en réalité. Si la société dans son ensemble se dégrade au fur et à mesure que le temps passe, cela finira fatalement par se ressentir sur les actifs financiers et l'épargne.

 

L'industrie, les savoir-faire et le temps  

 

C'est probablement sur l'accumulation de savoir-faire d'un pays que le temps a le plus d'influence sur les questions économiques. La fameuse théorie des avantages comparatifs dont je parlais dans l'introduction de ce texte a été créée à une époque ou l'industrie était relativement négligeable dans les échanges marchands. À l'époque c'était l'agriculture qui représentait l'essentielle des activités humaines. C'est probablement cette réalité qui a induit en erreur les théoriciens libéraux. Dans le domaine agricole, la spécialisation spatiale est relativement logique et il est assez vraisemblable que la culture des bananes en Islande ne deviendra jamais rentable. Il est donc assez logique de faire dans ce cas une spécialisation spatiale des économies. Dans le cas de l'industrie, il en va autrement.

 

La plupart des industries n'ont pas de contraintes spatiales en terme d'avantages économiques. Une industrie de semi-conducteur peut être identique que ce soit en Chine, en Australie ou en Islande. Les contraintes géographiques si elles peuvent agir en partie sont surtout liées à la proximité d'un marché de vente, au coût de la main d'œuvre en regard de la productivité locale, ou au taux de change. Mais ces contraintes-là sont humaines et artificielles, elles peuvent être rapidement changées contrairement aux contraintes géographiques. Les avantages comparatifs sont dans le cas de l'industrie des avantages construits et non naturels et cela change tout par rapport à la question agricole. Les avantages sont fabriqués et cette fabrication prend du TEMPS. Le temps entre en jeu très fortement dès qu'il s'agit de construire des savoir-faire. Car il faut former la main-d'œuvre et apprendre à faire le métier. Comme on dit communément Rome ne s'est pas faite en un jour, il en va de même dans les questions de production industrielle. Il faut du temps pour passer de l'état de novice à celui de maître. Or ce temps d'apprentissage de construction n'est absolument pas pris en compte par la théorie du libre-échange.

 

Le cas de la Corée du Sud fera ici un bon exemple. Dans les années 70, le FMI conseillait à ce pays d'abandonner sa production de voiture au profit des importations japonaises notamment. La Corée qui avait alors un énorme avantage comparatif sur la sidérurgie aurait dû, selon les dogmes courtermistes en place, se spécialiser dans ce qu'elle avait de plus efficace. Elle aurait pu ainsi à court terme consommer de meilleures voitures que les horribles voitures coréennes de l'époque, et ce, à moindre prix. Mais les Coréens ne l'ont pas entendu de cette oreille et ont continué à taxer les importations de voitures. Ils ont continué à rouler dans des voitures moins belles et moins efficaces, mais leurs entreprises ont appris ainsi petit à petit à améliorer leurs produits en copiant les voisins. C'est ainsi que de grandes marques de voiture sont aujourd'hui Coréenne, Daewoo, ou encore Hyundai en sont de grands exemples. D'autre part, ces industries ont stimulé l'investissement et la recherche dans d'autres secteurs. Et l'informatique et électronique qui n'étaient pas du tout des spécialités coréennes dans les années 70, s'y sont développées. Grâce en partie à l'industrie auto qui fut heureusement protégée. Le fait est que le temps a changé les avantages comparatifs de la Corée du sud qui si elle avait écouté le FMI serait resté un pays pauvre fabriquant essentiellement de l'acier et des bateaux. Et qui serait aujourd'hui en difficulté face à la montée en gamme dans ces secteurs de pays comme la Chine ou l'Inde.

 

Il faut donc prendre en compte le temps si l'on veut voir les coûts qu'engendrent les politiques de libre-échange. Nos économistes à courte vue qui ne s'intéressent qu'à leur portefeuille du présent et limitent les avantages économiques sur une durée maximum de six mois sont tout simplement incapables de voir le prix exorbitant qu'engendre le libre-échange sur certains pays désavantagés pour telle ou telle raison. Il faut prendre en compte l'apprentissage économique si l'on veut vraiment appréhender la question des couts. Combien d'entreprises et d'activités ne se sont jamais créées en France simplement parce que l'on a préféré importer à moindre prix à court terme? Combien de grandes entreprises ne sont jamais nées en France simplement parce que l'on n’a pas planté les graines qui nous permettraient aujourd'hui d'en récolter les fruits? La France qui a de grands informaticiens n'a pas développé ses propres logiciels d'exploitation et utilise aujourd'hui le monopole mondial de Microsoft. Que se serait-il passé si l'état avait protégé notre secteur informatique et investit dans la création de solutions locales dans ce domaine? Étant donné les savoir-faire de la France dans ces secteurs au début des années 80 il est probable que Google ou Windows auraient eu des équivalents français peut-être même plus performants. On ne le saura jamais puisque l'on a préféré ne pas protéger et ne pas intervenir. En supprimant un secteur d'activité à court terme, vous ne supprimez pas uniquement lui. Vous supprimez toutes les graines qu'il aurait pu planter, toutes les activités qu'il aurait pu favoriser, tout l'avenir qu'il aurait pu créer. À ce compte-là, on réalise l'appauvrissement considérable qu'a engendré en France le laissez-faire généralisé. Le temps est l'allié de celui qui prend soin de son jardin, c'est également vrai pour l'économie. On peut préférer avoir une grosse récolte à court terme en épuisant les sols et ce faisant en appauvrissant les futures récoltes. Ou on peut récolter moins à court terme, mais en étant sûr d'améliorer les récoltes sur une plus longue période. Finalement, l'économie française et occidentale est aujourd'hui à l'image de son modèle agricole, en voie d'épuisement à force de courte vue.

 

La succession des générations

 

Dernier point qui n'entre jamais dans la réflexion des économistes, et qui est pourtant essentiel, la succession des générations. Comme dans le cas des savoir-faire, le temps va agir sur le comportement des citoyens, car chaque génération n'aura pas vécu et été éduquée de la même manière. Le fait est que c'est cette succession des générations et leurs différences inhérentes construites par la variation de leur expérience qui vont constituer l'essence même de ce que l'on appelle l'histoire. Chaque génération connaissant une vie différente de la précédente, elles auront chacune leur propre vision des choses et des priorités. La génération 68 était différente de celle de ses parents en ce sens qu'elle n'avait connu ni la guerre, ni la misère. Son hédonisme est le fruit en partie de la société particulièrement prospère que la génération de ses parents lui avait légué. Génération qui, elle, n'avait connu que misère et conflit. L'esprit de la génération 68 celui qui a résulté du progrès des trente glorieuses poussera cette génération dans l'erreur. Elle construira finalement les germes des crises qui détruiront la société dont elles avaient hérité. On constate à nouveau ces phénomènes de changement générationnel. On sait par exemple que les jeunes d'aujourd'hui épargnent comme jamais dans l'histoire récente. La peur du lendemain, le fait de vivre dans une société instable et qui s'appauvrit ont construit une génération de jeune méfiant et pessimiste à l'inverse de leurs propres parents.

 

L'expérience des nouvelles générations qui arrivent aujourd'hui sur le marché de l'emploi est celle du chômage de masse, de la précarité, des salaires faibles et des loyers exorbitants. C'est une génération dont la grande ambition dans la vie, c'est de fonder un foyer, guère plus. Cette mentalité entraine donc à son tour un changement comportemental qui finit par produire des effets sur la société dans son ensemble. Cette génération ne votera d'ailleurs certainement pas comme celle de ses parents. Les notions de protections de régulation sont des notions qui horrifiaient la génération 68, elles ont au contraire le vent en poupe dans les générations récentes. C'est du moins ce que l'on peut espérer à plus ou moins long terme puisque c'est justement de protection et de régulation que la société française à besoin, surtout dans le domaine économique. On peut donc émettre ici l'hypothèse que les grands cycles de libéralisme et de protectionnisme sont liés en partie aux conditions de naissances des générations qui se succèdent. Les générations bien nées, et ayant une vision d'ascension dans une société en progrès sont libérales et provoquent la chute de la prospérité. Celles nées dans l'incertitude et le pessimisme sont protectionnistes et régulationnistes, elles produisent une régénération de la société et de son économie dont leurs enfants bénéficieront à plus long terme, avant de tout casser à leur tour.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

yann 16/08/2011 18:54



@Samuel


 


Il est vrai que mon propos donne un peu une représentation cyclique de l'évolution des sociétés sur le long terme. Je veux bien que nous retenions quelques leçons avec le temps qui passe,
cependant je crois que ces leçons sont surtout techniques. Sur le plan politique et philosophique on ne fait que tourner en rond depuis les Grecs. C'est surtout la technicité qui progresse qui nous donne l'impression d'être très différent de nos lointains ancêtres. Comme notre niveau
de vie est plus élevé les moeurs sont meilleurs, en cas de disette je ne suis pas sur que notre commportement collectifserait meilleur que celui des français du 19e. J'ai même l'impression
inverse.


@La Gaule


Il ne faut pas oublier Friedrich List qui a fondé toute sa théorie sur le protectionnisme grace à  une étude attentive de l'histoire économique des grands pays européens. Il est vraiment
étrange que les économistes se détournent de l'histoire des faits économiques c'est pourtant la seule branche qui pourrait réellement produire une quantification concrète des hypothèses
économiques sur le terrain. Les économistes cherchent soit disant à devenir des scientifiques, mais ils oublient que la base même de la science c'est avant tout la comparaison entre les faits et
les théories. Ils ont tellement peur que leurs constructions farfelues s'écroulent qu'ils préfèrent nier la seule source d'une validation ou d'une invalidation potentiellement scientifique à
leurs raisonnement. Maris avait raison de comparer l'économie actuelle avec la scolastique du moyen-âge, les nôbles idéaux en moins.



La Gaule 16/08/2011 03:26



Remarquables propos, de ceux que l’on trouve rarement dans les blogs consacrés à l’économie.


Au début des années deux mille, Sapir avait lui-même consacré un essai pénétrant sur l’incapacité des économistes
à penser autant le temps que l’argent.


De là le gros problème que les économistes entretiennent généralement avec l’histoire, qu’ils font mine d’ignorer
superbement, à quelques exceptions notables près (Marx, avec ses gros doigts, et puis qui d’autre ?).


Je me souviens d’avoir entendu un jour Bernard Marris en personne parler de l’histoire économique avec un certain
dédain (en gros, « ça », tout le monde pouvait en faire, donc, c’est moi qui rajoute, le gros bon sens d’un Bairoch par exemple, tout le monde pouvait en avoir).


Soucieux de tirer leur discipline vers la Science, les économistes n’aiment pas l’histoire, qui risque de ramener
volontiers leur Science dans ses poubelles impitoyables.


Marris avait aussi commis un très bon livre sur les rapports entre Keynes et Freud. Il s’agit d’un exemple louable
de rappeler la science économique à ses origines, qui sont tout autant philosophiques (j’ai envie de vous dire, c’est pour cela que je mets des parenthèses, qu’elle ne serait au départ qu’une
branche pauvre de la philosophie).


C’est en fait le rôle des politiques de penser le temps et l’argent à la place des économistes. C’était d’ailleurs
la conclusion de Louis Chauvel dans son célèbre ouvrage : « Le destin des générations », puisqu’il en appelait aux politiques de mener une véritable « politique des
générations » parallèlement à une politique économique, et précisément pour pallier aux aléas de celle-ci.


Mais cela fait belle lurette que les politiques ont remis leurs clés aux économistes et leurs ineffables
ingénieurs disciples. Je ne vais pas dire qu’ils l’ont fait la corde au cou, comme les bourgeois de Calais. Ils s’y sont bien retrouvés.



Damien 15/08/2011 22:07



@Samuel


 


c'est exactement ca cette génération n'a connue aucune privation ,alors faute de diette elle s'est mise à la dette (désolé pour le jeu de mot).


Mais pas une dette saine fondée sur l'avenir et l'investissement juste une dette de shooté ,comme celle qu'a le drogué envers son dealer.



samuel 15/08/2011 20:23



Tres beau texte, tres beau style !


 


Cela fait un bout de temps que j'ai la meme intuition que vous sur la generation 68, bisounours parcequ'heritant de la prosperité des 30 glorieuses, et ainsi, imprudente, et aux mauvais choix de
laquelle on doit les 30 piteuses, ce qui fait que nous qui entrons a l'age adulte a la sortie des 30 piteuses, nous ne sommes pas du tout bisounours.


 


Mais peut etre qu'Hegel a un peu raison, et qu'en fait on a affaire à une dialectique constructive de generation en generation, convergeant finalement vers la synthese ultime. Peut etre que
Nietzsche et Yann ont tort qui croient en "l'eternel retour" ? Je suis plutot du cote Hegel, je pense qu'on forgera des idees qui tiendront compte des idees de nos peres, exagerement bisounours,
mais contenant quand meme du bon. Par exemple, il nous faut penser un retour de l'idee de nation et de l'idee de peuples divers (plutot qu'une humanité une), mais cela n'empeche pas de
s'interesser aux belles idees universalistes qui disent par exemple que le sourire, le regard et le visage sont universels, que tout homme peut reconnaitre tout autre homme comme son semblable.
En fait il nous faut penser une multiplicite des peuples qui soit compatible avec cet universalisme. C'est un peu aussi l'idee de la republique, de donner aux hommes d'une meme nation un commun
qui puisse etre partage par tous les hommes qui qu'ils soient : des regles de respect...



Damien 15/08/2011 18:25



Eh oui la génération  qui s'apprête a nous laisser une succéssion de dettes à honorer (financières ,écologiques , morales...) est aussi celle qui est incapable de penser au temps de facon
linéaire.


Je pense que c'est cette absence de temporalité qui tue le sentiment de collectivité dont souffre tant nos sociétés  ,après moi le déluge comme on dit !?


On laisse bien qqs babioles pour la déscendance ...sans se rendre compte qu'elles seront tot ou tard requisitionnées pour répondre à l'éffort de guerre (remboursement des différentes dettes).