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20 juillet 2011 3 20 /07 /juillet /2011 23:40

  eurodollar.jpg

Entre deux mouvements de peinture, de démontage de meuble et de déménagement, votre blogueur trop absent va enfin prendre un peu de temps pour écrire et répondre à  quelques commentaires . D'autant que je risque de ne plus avoir de net pendant quelques semaines. Et l'occasion était trop belle en cette période de grande incertitude monétaire pour ne pas parler un peu du destin de l'euro et du dollar. J'en parle aussi parce que je viens de lire un texte qui est à mon avis en grande partie erroné sur le site de Marianne2. Ce texte est en fait un interview de Myret Zaki qui parle de l'économie des USA et de la nature spéculative de la croissance américaine. Si l'on peut être en accord sur le fait que la croissance américaine s'est faite à crédit et sur l'influence qu'a eue le rôle du dollar sur la nature de la croissance américaine. Il ne faut pas non plus oublier trop vite les multiples interactions qui lient aujourd'hui les différentes économies de la planète à la monnaie américaine. Si vous suivez ce blog depuis un certain temps, vous aurez compris que mon opinion personnelle est qu'il n'y a pas vraiment de bonne ou de mauvaise économie dans l'absolu. Les pays déficitaires commercialement ne sont pas plus mauvais que les pays excédentaires. En réalité ce sont les interactions trop grandes entre les économies qui finissent naturellement par produire des désastres. Surtout lorsque l'on encourage des politiques de croissance non coopérative, c'est à dire des objectifs de croissance qui se feront au détriment d'autres peuples. Car lorsque l'on rentre dans ce type de processus l'on produit inéluctablement des déséquilibres qui finissent par mettre tout le monde dans l'embarras. Il suffit de voir dans quelle direction la politique salariale de l'Allemagne conduit l'eurozone pour s'en rendre compte. Comme vient de rendre compte l'Expansion le miracle allemand n'est pas vraiment généralisable, à moins de produire une dépression massive. C'est ce que nous avions appris lors de la crise des années 30, et c'est malheureusement la leçon que nous allons devoir réapprendre dans les années qui viennent.



Une économie mondiale viable ne peut être qu'une économie dans laquelle les pays équilibrent à peu près leurs échanges sur une certaine période de temps. Il ne peut pas y avoir en permanence des pays en déficit et d'autres en excédent. Car tôt ou tard les dettes contractées par les pays en déficit devront être remboursées. Et si elles ne le sont pas, ce qui est probable puisque la croissance dans les pays en déficit commercial permanent traduit un sous-investissement productif local, alors des catastrophes macroéconomiques se produisent. Purge de dette, dévaluation massive, protection douanière, toutes choses qui auraient été indolores, pratiquées à temps, mais qui deviennent désagréables à court terme à cause de l'accumulation de mauvais investissements et de choix biaisés à court terme. Le fait est que de toute manière le rééquilibrage finira par se faire quoique l'on décide. Le mieux étant d'accompagner ces rééquilibrages plutôt que de vouloir les combattre comme le font les Occidentaux et particulièrement les Européens. Et de faire en sorte que ce soient des rééquilibrages ne concentrant pas tous les efforts sur la masse miséreuse de la population au risque de se voir rajouter à la crise économique une crise politique ou pire une guerre civile.  Le mieux serait bien sûr que les pays en excédent réduisent ces derniers par la hausse de leur demande intérieure, mais ce n'est, soit, pas dans leur mentalité comme dans le cas du Japon de l'Allemagne ou de la Corée. Soit ce n'est pas dans leur possibilité. Ainsi, même en triplant les salaires chinois les productions occidentales resteraient trop onéreuses en regard de la faible différence de productivité, pour que cette hausse produise une demande chinoise suffisante pour réduire l'énorme excédent. Et je ne parle même pas ici du patriotisme de consommation que certains pays pratiquent sans même s'en apercevoir et sans nécessairement faire appel à des lois ou des encadrements administratifs de protection douanière. Tous les peuples ne se comportent pas du point de vue de leur consommation à la manière française, anglaise ou américaine. Certains peuples attachent de l'importance à l'achat national au-delà du simple calcul de l'homo-économicus obsédé par le profit à court terme.



Il ne reste donc que le choix de la réduction des importations. Soit par la méthode libérale et négative, celle qui consiste à diminuer les salaires en espérant que l'investissement ne décroisse pas en proportion ce qui annulerait l'effet des baisses salariales et en plus réduirait les futurs gains de productivité. Soit par la méthode listo-keynésienne de protectionnisme commerciale par la dévaluation, les quotas ou les droits de douane. On peut même mélanger les trois méthodes en même temps suivant les secteurs, et cela avec toujours pour but l'équilibre de la balance des paiements. Cerise sur le gâteau, cette deuxième méthode peut même nous permettre de réduire le chômage à néant et d'augmenter les salaires en changeant la répartition des richesses à l'intérieur même de notre pays. En effet grâce au protectionnisme on élimine la contrainte extérieure et l'on peut enfin avoir des politiques de plein emploi tout en ayant une balance commerciale à l'équilibre. Bien évidemment cela se traduit par un changement dans la répartition des richesses à l'intérieur de l'économie nationale. On constatera sans trop s'étonner que seules la solution des contritions et des baisses salariales sont régulièrement envisagées pour palier aux déficits commerciaux chronique. Cela n'étonnera bien sûr que les naïfs.

 

L'euro et le dollar, une divergence fondamentale

 

 

Pour en revenir à la question du dollar et de l'euro qui est quand même au centre de ce texte, il faut bien voir que ces deux zones ont chacune leur propre problème. Vouloir rejeter les problèmes de l'euro en s'en prenant au dollar comme le fait ici Myret Zaki. Ou comme le fait régulièrement le groupuscule du LEAP, européiste et passablement antiaméricain (ce qui est étrange quand on connait l'histoire de l'UE). Cela revient en réalité à regarder la poutre dans l'œil du voisin pour éviter de voir le Séquoia géant planté dans le nôtre. Le problème de la dette américaine est évidemment énorme, mais la solution pour le salut de l'oncle Sam passe par la purge de cette dette donc par l'effacement d'une partie de l'épargne européenne et asiatique et par une dévaluation massive du dollar qui rendra à l'économie US plus compétitive. La mentalité américaine n'est d'ailleurs pas totalement étanche à l'idée de protection commerciale et les USA pourraient rapidement se replier sur leur continent pour faire redémarrer une économie trop largement amputée de sa sphère productive par les délires des années libre-échangistes. Les Américains perdraient certainement leur empire militaire, mais gagneraient aussi une société plus juste et moins inégalitaire. Ce que cette économiste d'une revue suisse ne semble pas avoir compris. Mais il est vrai qu'en Europe c'est surtout l'intérêt de rente qui inquiète la plupart des économistes, l'emploi ou les salaires sont très secondaires.



Les USA connaîtront des difficultés avec la fin du dollar comme monnaie de réserve internationale. Ils auront une forte poussée inflationniste liée à la dévaluation, mais cette apparente mauvaise nouvelle cachera une évolution positive sur le plan de l'égalité économique et une restructuration des richesses qui permettront à long terme à une économie réindustrialisée d'apparaître. Le dollar sera malmené, peut-être les statuts de la Fed et le fonctionnement de la monnaie américaine seront-ils changés, mais cette monnaie continuera à exister même sans son rôle international, un peu à l'image de la livre sterling actuelle. On peut souhaiter d'ailleurs que l'on n’ait plus jamais une devise nationale comme devise de réserve internationale tant cela provoque des problèmes en matière de gestion économique comme le rappellent très justement Pierre Sarton du Jonchay et Jean-Luc Gréau dans ce texte. Car comme ils le disent très bien :

 

« Tous les pays insolvables sont émetteurs de monnaie de réserve. L’utilisation internationale d’une monnaie renchérit son taux de change par rapport à ce qu’il serait sur la seule base des échanges commerciaux de biens et services. Non seulement il est plus facile d’emprunter à l’étranger avec une monnaie de réserve, mais la compétitivité du travail domestique est amoindrie. Un pays émetteur de monnaie de réserve est fortement incité à vivre à crédit, à sous-employer et sous-rémunérer les salariés domestiques. »

 

Le destin du dollar n'est pas de disparaître, mais de changer de nature. Le dollar doit se restructurer et changer de but. La monnaie américaine doit redevenir la monnaie du peuple américain. Et donc cette monnaie ne doit pas être trop surévaluée et elle doit permettre à l'économie américaine d'équilibrer ses comptes extérieurs tout en ayant des politiques de plein emploi. Le rôle de monnaie de réserve et l'avantage que cela octroie à court terme ayant un effet désastreux sur une longue durée.



L'euro s'il a des problèmes importants comme ceux du dollar pour diverses raisons à une grosse particularité. L'euro n'est pas seulement trop surévalué comme l'est le dollar. Il est structurellement une mauvaise monnaie. C’est beaucoup plus grave que la situation du dollar, ce que les européistes cherchent à cacher de plus en plus maladroitement. Encore une fois, la zone euro n'est pas une zone monétaire optimale. Il n'y a pas de nation européenne et pas de solidarité à la hauteur des niveaux de différence de productivité entre les différentes régions qui composent la zone euro. Il n'y a même pas de fiscalité unique, ni de langue unique, ni de démographie convergente. La seule chose qui unisse les Européens c'est la contrition salariale et le masochisme macroéconomique. De fait, l'euro pour pouvoir fonctionner aurait dû avoir dans sa valise conceptuelle des mécanismes permettant la régulation commerciale interne pour pallier à l'impossibilité de dévaluer pour les nations avec une inflation plus forte. Aucun mécanisme n'a été prévu ou pensé pour permettre à ces déséquilibres de se résorber. La seule solution étant la diminution de la demande salariale et celle de la dépense publique.



De fait, la seule chose à laquelle pensent les européistes aujourd'hui, c'est de changer les peuples. Comme à la grande époque de l'Union soviétique ou des divers courants religieux et impérialistes qui ont mis l'Europe à feu et à sang dans sa longue histoire. L'obsession de l'uniformisation organisationnelle du continent conduit à vouloir transformer tous les peuples en un peuple européen moyen pour permettre à l'euro de continuer à exister sous sa forme actuelle. Bien sûr, le projet est tellement grotesque qu'il se casse la figure face à la réalité divergente des nations d'Europe. On peut donc dire que si l'euro et le dollar sont tous les deux dans une situation difficile leur destin ne sera probablement pas le même. Le dollar est la monnaie d'une nation qui même avec toutes ses tares et ses défauts a quand même quelques zestes d'unité qui lui permettront de continuer à exister, une fois la tempête passée. L'euro est un machin artificiel dont la nature même produit sa propre crise. L'Europe se retrouve avec plus de problèmes que les USA, le Japon, ou la GB alors même qu'elle aurait dû en connaître moins, puisqu'elle avait été moins portée aux déficits commerciaux et aux dettes. Mais la nature de sa monnaie produit des inquiétudes et des aggravations de crises qui sont structurelles. Même bien géré, l'euro ne peut pas fonctionner. Il ne peut qu'alimenter les divergences internes de la zone, en étant trop fort pour certaines nations et trop faible pour d'autres. La seule façon pour faire fonctionner l'euro tel qu'il est étant d'exporter les problèmes de la zone par d'énormes excédents commerciaux. Ce qui n'est pas possible dans les conditions actuelles et ce qui produirait d'autres crises ailleurs qui finiraient par se retourner contre l'eurozone.



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Published by Yann - dans économie
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commentaires

HHHH 13/10/2011 17:41



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in annotations windowAVRIL LAVIGNE


1905/12 (T4)-1906/02.


5


 


 


Organisation for Economic Co-operation and Development. Les aspects économiques de
l’allocation des fréquences hertziennes 339099 nor P3 Linux egit.ui-inbox
NEW --- Create Patch (standard format) from History view creates patch relative to a project



Moulin 29/07/2011 03:22



L'endettement des états est la prochaine bulle à eclater.


 Voir le blog: htpp://democratieliberale.org


 


 



olaf 27/07/2011 13:06



"Il est donc très possible qu’un consensus des contraires se dessine pour laisser tomber l’État fédéral avec sa dette."


http://www.pauljorion.com/blog/?p=26693#more-26693


 



olaf 23/07/2011 14:16



Une vidéo de Sapir, pour ceux qui ne l'ont pas vue :


http://verslarevolution.hautetfort.com/archive/2011/06/24/jacques-sapir-et-la-demondialisation.html