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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 16:32

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La dernière analyse du LEAP vient de sortir (merci à La Gaule qui commente cette analyse dans les commentaires du texte précédent) et comme à leur habitude, il y a dedans un mélange d'analyse rationnelle et d'euro-latrie évidente. En effet, il est de notoriété publique que ce groupe de chercheurs en économie est très pro-européen, ce qui parfois les amène à des conclusions quelque peu rocambolesques concernant l'évolution économique de la zone euro. Une zone qui selon ces messieurs serait un véritable havre de paix économique et d'optimalité au milieu d'un désastre planétaire. Leurs conclusions sont finalement assez proches de l'idée qu'un homme comme Alain Minc se fait de l'économie européenne, un véritable petit paradis. Cette proximité des conclusions mettant forcément en doute la validité de celle du LEAP puisque Minc s'est toujours trompé. Mais passons plutôt à l'analyse de l'hypothèse centrale des économistes du LEAP. Selon eux l'actuelle crise de l'euro serait essentiellement orchestrée par les méchants Anglo-saxons toujours prêts à la moindre calomnie pour permettre le maintien du statut du dollar et la survie par ricochet du parasite financier britannique qu'est la City de Londres.

 

Ils vont jusqu'à se moquer des économistes et de leurs analyses suivant leur origine nationale à l'image de Nouriel Roubini américain et donc suspect à leurs yeux de partialité. Dans ce cas, que penser de Jean-Jacques Rosa ou d'un Maurice Allais, ou encore d'un Jacques Sapir qui sont tous français et qui ont tous critiqué l'euro à un moment ou à un autre. Valider ou invalider les théories d'un économiste de par sa nationalité, voilà bien un procédé des plus douteux pour ne pas dire dégueulasse. D'autant que ces critiques ne s'accompagnent d'aucune démonstration factuelle. On se contente de calomnier sans apporter des preuves d'incohérences susceptibles de valider ces allégations. Roubini n'a pas hésité pourtant à critiquer aussi l'économie des USA, de même qu'un économiste comme Krugman. Mais voilà, pour le LEAP toute critique de l'euro signifie forcément un soutien inconditionnel à la monnaie américaine. C'est à croire que nos amis du LEAP sont encore plus antiaméricains qu'européistes.

 

L'Europe, une construction américaine

 

Tout d'abord, rappelons tout de même que la construction européenne telle que nous la connaissons est le fruit de la politique des USA. Jamais l'UE n'aurait existé sans les pressions américaines, les USA restent d'ailleurs fortement intervenants en Europe puisqu'ils vont jusqu'à favoriser tel ou tel candidat à la construction européenne. La volonté de faire rentrer la Turquie en Europe par exemple est bien le fait de l'influence US. De même que l'accélération de l'élargissement avec les conséquences que l'on sait sur l'équilibre interne de l'UE, fut le fruit aussi des pressions US en plus des envies allemandes dans ce cas. Il y a donc quelque chose d'étrange à voir une opposition systématique entre l'UE et les USA. L'UE c'est en réalité l'OTAN version économique, une organisation qui défend des principes et des idées qui sont le fondement même de l'empire américain et contre lequel on n’a jamais vu l'UE se lever. Croire que l'euro dans ces conditions fut fait essentiellement contre les intérêts américains est relativement fantasmagorique. On pourrait tout aussi bien penser qu'à la vue des effets macroéconomiques de l'euro sur les économies européennes, l'euro fut surtout une arme destinée à détruire les économies du continent qui ne se sont jamais aussi mal portée que depuis l'adoption de la monnaie unique.



Mais n'entrons pas comme le LEAP dans des réflexions bassement conspirationnistes, car la réalité du monde est bien différente de cela. L'Europe fut à la fois un moyen de contrer l'hégémonie américaine et un moyen d'en accroitre les effets. Cette contradiction est liée à la nature même des rapports entre le continent européen et la puissance américaine après guerre. Une partie de nos élites a visé l'indépendance de l'Europe pendant qu'une autre, dégoutée par l'histoire récente du continent, a décidé que celui-ci n'était plus en droit de décider de son propre sort. C'est cette dichotomie directive qui a produit l'Europe actuelle à la fois concurrente des USA et esclave de ces derniers. L'Europe actuelle est à la fois l'enfant de De Gaulle et de Jean Monnet. Malheureusement pour nous c'est la tendance Monnet qui l'a emporté avec le temps.

 

L'euro et le dollar

 

Dans cette affaire l'euro est à l'image de cette relation bancale avec les USA. C'est une monnaie conçue à l'origine pour permettre aux Européens de ne plus avoir à se soucier des variations monétaires du marché qui ont été introduites par le marché des changes flottants imposé par Washington au début des années 70. Avant cela, la garantie or du dollar permettait d'avoir une certaine stabilité des monnaies. Les dévaluations étaient rares et encadrées pour répondre à certaines circonstances particulières à l'image de la dévaluation française de 58. Quoi qu'il en soit avant le décrochage de l'or et du dollar la valeur des monnaies n'était pas négociée par des acteurs privés, c'était les états qui fixaient les parités en fonction des balances commerciales. Dans les années 70 après la crise de 1971 et l'abandon par Richard Nixon de l'étalon or les monnaies se sont mises à fluctuer par l'entremise du marché qui est alors devenu le décisionnaire final des valeurs monétaires. Ce choix fut fait sous l'influence des théoriciens américains de la fameuse école de Chicago, elle-même fille ainée de l'école autrichienne d'économie. Dans ces thèses dites néolibérales, la monnaie doit être laissée au jeu du marché pour optimiser la valeur de celle-ci. D'après cette théorie dite de change flottant, la valeur d'une monnaie sera fixée intelligemment par les acteurs du marché en fonction des états de la balance des paiements de chaque nation. Un pays déficitaire connaîtrait une dévaluation qui rééquilibrerait sa balance commerciale. À l'inverse un pays excédentaire aurait une hausse de sa monnaie qui rééquilibrerait là encore sa balance commerciale à cause du surenchérissement de ses produits à l'exportation.



Cette thèse des changes flottants, si elle paraît assez logique, s'est avérée en pratique fausse. Il faut dire que la libéralisation généralisée des capitaux et des investissements ont aggravé la complexité des rapports entre la valeur des monnaies et la balance commerciale. Des pays en déficit ont vu leur monnaie croître sans raison apparente et à l'inverse d'autres nations ont connu des dévaluations avec des excédents commerciaux. De plus, les variations monétaires sous l'influence des marchés sont sujettes à de violents mouvements erratiques et imprévisibles. De fait, les Européens ont rapidement constaté le danger inhérent au laissez-faire monétaire. Ils ont donc cherché des solutions à ces variations pour revenir à un système de type Bretton Woods qui prévalait avant 71. La première solution fut le fameux système du SME, un système en fait assez proche de l'idée de monnaie commune. Chaque monnaie pouvant varier à l'intérieur d'un cadre limite. Ce système a assez bien fonctionné du moins jusqu'en 1993 où il fut attaqué par les financiers de la City notamment. Le célèbre escroc, pardon, milliardaire George Soros ayant fait fortune en coulant la livre sterling. Il faut dire que les Européens n'avaient pas compris, et n'ont d'ailleurs toujours pas compris qu'il fallait en réalité non seulement maitriser les taux de change des monnaies, mais aussi les flux financiers pour pouvoir éviter ce genre de désagrément. Malheureusement au lieu de conclure à la nécessité d'un plus grand contrôle des changes et de la circulation des capitaux pour améliorer le SME, les Européens ont conçu l'euro.



C'est ici que l'esprit Monnet de l'Europe a montré ses plus vilains effets. En effet, sous l'influence des fédéralistes, les politiques européens ont cru que la monnaie pourrait devenir un moyen d'unification politique de l'Europe. L'Europe est passée d'un système visant à défendre les souverainetés des nations qui en sont membre à un moyen de coercition de celles-ci. L'euro qui est entré en vigueur en 1999 va produire un ralentissement important de la croissance sur le continent et empêcher les mécanismes de rééquilibrage des balances des paiements dans un système de change mondial qui lui n'a pas vraiment changé. Car si vous êtes la seule zone monétaire au monde à ne pas faire varier votre monnaie vous payez mécaniquement les effets des dévaluations des autres zones monétaires. Comme le système des changes flottants existe toujours, les monnaies externes à la zone euro continuent à varier pendant que la zone euro, elle,a une monnaie inflexible. Avec l'euro l'Europe est devenue la variable d'ajustement de l'économie mondiale lorsque tout va mal. Pour fonctionner, l'Europe aurait dû devenir une forteresse commerciale coupée du monde. Avec des mécanismes importants de contrôle des balances commerciales à l'intérieure même de ses frontières pour éviter les déséquilibres. Il n'en a malheureusement rien été. La fameuse dichotomie dont nous parlions précédemment a empêché l'Europe de produire un projet cohérent et nous en arrivons maintenant à la facture finale de cette aberration économique.

 

Les erreurs du LEAP

Après cette petite analyse sur la genèse de l'euro que peut-on en conclure sur les prévisions du LEAP? En premier, que la crise de l'euro n'est pas essentiellement un complot ! C’est la nature même de l'euro d'être en crise. Il a été mal conçu à la base et les idéologies qui mènent l'Europe sont en contradiction avec les politiques qui pourraient hypothétiquement le sauver. En effet pour sauver l'euro il faudrait un protectionnisme européen comme la préférence communautaire, ainsi d'un rigoureux contrôle des capitaux. Et pourquoi ne faire pas de l'euro une monnaie à cours forcé comme le Yuan chinois ? Dans ce cas-là l'euro pourrait peut-être fonctionner, mais comme je l'ai dit c'est en contradiction avec l'idéologie européenne qui n'a d'yeux que pour le néolibéralisme américain. Je constate au passage que les analystes du LEAP sont des libéraux, on ne les entend jamais parler de protectionnisme européen ou de contrôle des capitaux. Ensuite, il est probable que c'est au contraire la crise de l'euro qui provoquera l'effondrement du dollar. En effet avec la disparition de l'euro, les états européens pourront à nouveau envisager des politiques macro-économiques raisonnables et l'Europe finira rapidement par mettre fin au libre-échange qui la tue. Les USA seront alors le dernier pilier de la demande mondiale et seul face aux puissances asiatiques émergentes. La fin de l'euro c'est aussi la fin de la mondialisation pour les états européens, l'empire américain perdra ici l'un de ses piliers essentiels. Et pires que tout, les Européens pourraient se remettre à faire de la géopolitique, eux que les Américains étaient bien contents de voir sortir de l'histoire grâce à l'Europe.



Enfin, il est évident que la question des dettes sera rapidement réglée à l'échelle de chaque état européen. En effet, la purge est plus que probable. Elle passera par des répudiations ou des monétisations brutales ou progressives, mais elle se produira. Il se pourrait bien d'ailleurs que la sortie de l'euro soit un bon moyen d'apurer les dettes en toute discrétion et de faire sortir le marché des endroits vitaux dans lesquels il n'aurait jamais dû être invité à s'immiscer. Dans ce sens croit-on vraiment qu'il est de l'intérêt des USA que l'euro disparaisse? Eux qui ont tant œuvré à la construction européenne? Ont-ils intérêt à voir des nations européennes indépendantes faire leurs propres politiques économiques dans leur coin, loin des modèles planétaires imposés par l'oncle Sam? Non, la fin de l'euro n'est pas une stratégie des USA, au contraire même c'est mauvais pour eux. En revanche, si le LEAP tient tant que cela à l'euro, qu'il donne enfin des solutions pour que cette monnaie puisse exister sans exterminer ses peuples membres comme nos amis grecs. Peuples qui n'émeuvent manifestement pas nos européistes compulsifs du LEAP. Qui plus est, les moteurs de la croissance mondiale que les gens du LEAP pensent être les pays exportateurs pourraient bien en réalité subir une plus grave crise encore que les pays surendettés. En effet que deviendront les croissances chinoises ou allemandes lorsque les pays déficitaires auront réduit leurs déficits commerciaux? En réfléchissant un peu on se rend finalement compte que les analyses du LEAP ne tiennent pas la route.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Roland 24/06/2011 16:01



PS: Nouriel Roubini et Paul Krugman sont éminement suspects de collusion avec le "shadow cabinet" de BHO. Ils montent régulièrement au créneau à des moments stratégiques pour annoncer le chant du
cygne de l'euro. Ils sont par contre beaucoup moins clairs vis à vis de la fed, et sont la caution idéologique des tarp & qe...


De plus, sans beaucoup gratter, on trouve des liens prégnants entre ces tristes sires et l'aipac, dont fait ouvertement partie une bonne partie de l'administration Obama (l'autre partie venant de
Moloch, le lobby industrialo-militaire).



Roland 24/06/2011 01:35



"l'essentiel du QE2..." Il fallait lire QE1, question de chronologie...



Roland 24/06/2011 01:29



Attention, attention:


La politique de déstabilisation de la zone euro (en non sa disparition) voulue par la fed est un moment de la crise. Ce moment s'est situé en 2008-2009. Il correspondait à la période de
vampirisation du système bancaire européen par la même fed (l'essentiel du QE2 à servi à renflouer le système bancaire européen). Depuis, la créature à échappé à son maitre. Il n'est pas besoin
d'être grand clerc pour voir que les barons de la finance anglo saxonne ne contrôlent plus rien actuellement.


Il est tout à fait impossible actuellement de dire en termes de timing ce qui s'effondrera en premier. Deux causes: l'interconnexion politique et économique de l'europe et des états unis, et
l'absence totale de politique, au premier sens du terme, ni aux us, ni en europe.


L'euro n'est ni bon ni mauvais, c'est une monnaie fiduciaire. Il à été mal concu, mal géré (on devrait même dire pas géré du tout) mais c'est une construction juridique qui peut être aménagée ou
remplacée totalement ou partiellement.


Ce que dissimule cette crise globale ou systèmique, c'est l'effacement du bloc occidental de la scène mondiale, et de façon beaucoup plus rapide et violente que ce qui était prévu. Les
manipulations économiques, les fracas guerriers ne font qu'accélerer ce déclin. Tout le monde peut constater l'effacement de la puissance militaire américaine par auto paralysie et donc la fin de
l'ultime menace que faisait peser ce pays sur le monde depuis l'après guerre. On en est à espérer que le monstre s'assoupisse doucement et ne soit pas tenté par un chaos Wagnerien pour finir en
beauté (réponse cet été).


Alors, quel que soit l'avenir de cette europe, des nations ou tendant vers une forme ou une autre de fédéralisme, cette zone à trop subi l'impérium pour chausser les bottes et regrimper
vaillament le chemin. Quoi qu'on en pense, la production est ailleurs. La recherche est ailleurs. L'innovation est ailleurs.


Mais surtout, le courage est ailleurs, la culture est ailleurs, et même l'intelligence est ailleurs. L'europe, la France, sont au bout du rouleau. Au bout d'une histoire de 5 siècles qui vit la
domination du monde par le continent. L'europe n'est pas morte en 45, c'est maintenant qu'elle meurt, par épuisement de sa substance.


Pour reconstruire quelque chose, il faudrait avoir sens du bien commun, gout de l'effort, respect de l'expérience et confiance en son histoire et son patrimoine. Il y a peut être 10% d'européens
qui pensent comme ça et ils sont bien loin de pouvoir peser su quoi que ce soit. Ce serait le cas, il leur faudrait réveiller la belle endormie c'est à dire revenir sur 40 ans d'erreurs
tragiques, tellement nombreuses que les citer perd tout son sens.


Pendant ce temps là, d'autres, que nous avons foulé aux pieds depuis trop longtemps, se mettent en situation d'être l'élite du futur. Et ils y parviennent, il faudra l'admettre et en rabattre, ou
les affronter, ce qui, je le crains, n'est plus dans nos moyens.



Boreas 20/06/2011 13:51



Yann


 


Je ne vois pas ce que le "coup" de George Soros contre la Livre Sterling en 1993 vient faire là. Soros, de par ses origines, peut certes difficilement être qualifié d'anglo-saxon, même s'il a
exercé ses "talents" en Angleterre puis à Wall Street... Mais vous n'ignorez pas, néanmoins, que Soros est membre du Groupe Carlyle, une des principales sociétés spéculatives américaines,
partenaire du Pentagone et impliquée, comme Soros personnellement d'ailleurs, dans les magouilles de l'ère Eltsine. Objectivement, tant par ses interventions sur les marchés que par ses activités
"philanthropiques" - Fondation, Open Society Institute, dédiées à la promotion de la vision américaine de la "démocratie" et des valeurs sociales -, c'est quelqu'un qui sert les intérêts
américains.


 


Par ailleurs, pourquoi parler de "complots", sinon pour tenter de discréditer à bon compte la contradiction ? Nieriez-vous qu'il existe, aux plans géopolitique et géoéconomique, des stratégies,
des plans ? "Le grand échiquier" de Brzezinski, mentor d'Obama, qu'est-ce d'autre que l'exposé de telles stratégies, de tels plans ? Que de grandes sociétés transnationales anglaises et
américaines contrôlent la presse économique anglo-saxonne, c'est un fait. Et que cette presse (le Financial Times en est l'exemple le plus évident, mais il en va de même du Wall Street Journal ou
du New York Times, par exemple) ait tout fait, depuis deux ans, pour présenter la situation de la zone euro comme plus catastrophique que celle des USA et de la Grande-Bretagne, afin d'inciter
les investisseurs à s'en détourner au profit du dollar et donc, permettre aux Etats-Unis de continuer leur fuite en avant budgétaire, c'est également un fait. Qui dit que cette stratégie vise à
"couler" la zone euro, à part vous ? C'est tout simplement un moyen d'attirer les capitaux (et on voit bien, d'ailleurs, que cela ne marche plus, puisque la Fed est devenue le principal, sinon le
seul, acheteur de bons du Trésor US, ce que souligne le LEAP comme... La Tribune !).


 


Il est évident que la Grande-Bretagne profite (pour combien de temps ?) de sa souveraineté monétaire, ce qui n'est pas le cas de la Grèce et, à ce sujet, je suis parfaitement d'accord avec vous,
à la suite de Jacques Sapir et de Jean-Claude Werrebrouck par exemple. Pour autant, les difficultés de la GB sont bien réelles et se traduisent par une crise économique et sociale qui, bien que
moins médiatisée (pourquoi donc, tiens ?) que celle de la Grèce, n'en est pas moins lourde de menaces pour des Anglais à l'économie largement financiarisée ; bien plus, d'ailleurs, que la crise
grecque ne l'est pour les Grecs et la zone euro et surtout, dans la mesure où la GB ne peut en aucun cas espérer en la solidarité européenne...


 


Quant à Jean-Luc Gréau (dont je connais et apprécie le travail), certes il est l'un des seuls a avoir anticipé la crise, mais s'il vous plaît, ne dites pas qu' "ils étaient nombreux à l'avoir
fait" ! Comme Gréau le dit d'ailleurs lui-même implicitement dans "La trahison des économistes", vous savez très bien que l'immense majorité de ceux-ci n'avait rien vu venir, et que Gréau, comme
Kunstler et Celente aux USA, sont des exceptions. Et si le LEAP ne parle pas de Gréau, nul doute qu'il l'ait lu et le connaisse, alors juste une question : réciproquement, Gréau parle-t-il du
LEAP ? Non, évidemment. Chacun garde pour lui ses analyses et ses prévisions, sauf dans le cadre de collaborations. Sachant, par ailleurs, que le LEAP n'est (volontairement) pas composé
d'économistes ( http://gaulliste-villepiniste.hautetfort.com/archive/2009/06/27/la-crise-peut-elle-s-aggraver.html - voir le premier commentaire de "Coli"), mais que la pertinence de ses
investigations et réflexions est reconnue par certains, comme Norman Palma : http://www.normanpalma.info/blog/index.php/2011/01/19/965-pessimisme-et-optimisme-dans-le-chemin-de-la-crise-actuelle ou Olivier Berruyer : http://www.les-crises.fr/livre-de-la-semaine-01/ .


 


En réalité, je pense que, tout simplement, vous n'aimez pas le LEAP parce qu'il est européiste, alors que vous êtes souverainiste. Ce qui est tout à fait respectable. Mais à mon avis, votre
répugnance pour la vision européenne du LEAP déteint sur votre perception de ses analyses relatives à la sphère anglo-saxonne, que par un amusant parallèle inversé vous imputez d'ailleurs à son
européisme (allant jusqu'à critiquer le ton, dépourvu selon vous de conditionnel, comme si cet argument de style avait une réelle portée concrète, alors que vous vous contentez d'en déduire qu'il
se prend pour Madame Irma...). Or, en faisant la part des choses, il me semble qu'on peut très bien séparer ces analyses de cet européisme, et accorder aux premières une valeur que la seconde n'a
peut-être pas autant (quoique le LEAP dissimule peu sa sympathie pour la montée des populismes en Europe, reflet, selon lui, d'une réaction contre un manque de démocratie, et envisage donc
clairement son européisme comme alternatif à l'actuelle UE...). Il suffit d'ailleurs de s'intéresser à l'expression politique de son président, Franck Biancheri, pour le constater : http://www.newropeans.eu/spip.php?article1448&lang=fr ou encore http://www.newropeans.eu/spip.php?article1372&lang=fr . Même si, pour ma part, je ne partage pas non plus cet
européisme-là, qui reste à volonté supranationale, je ne pense pas qu'il ait grand-chose à voir avec le carcan européen actuel.



albert 1er 18/06/2011 01:09



Outre ce que vous appelez la "foule", dans les marchés il y a aussi les titans bancaires avec leurs ordinateurs et programmes automatiques et leurs positions massives (JPM et ses positions sur
les matières premières dont l'argent métal). Quel est la puissance de ces derniers ? vont t'ils supplanter les acteurs dits "traditionnels" en matière de volume d'échange (où l'ont t'ils déjà
fait) ?


 


Autre chose, à moins que j'ai loupé ça personne ne parle du retour au standard or (qui a pourtant été voté dans 6 états d'Amérique).