Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 21:31

 


 

Avec le concerto de sornettes que les sbires du néolibéralisme ne cessent de produire dans nos médias, il est temps de ramener un peu de vérité dans ce monde d'imbéciles. Au moment où notre gouvernement fait exactement ce qu'il ne faut pas faire pour ramener la croissance voilà Pascal Lamy et monsieur Pierre Gattaz qui ramènent encore cette vieille lubie du salaire qui bloque l'emploi et qui serait seul coupable du chômage de masse. L'on aurait pu croire qu'avec les expériences récentes et ratées du néolibéralisme en Grèce, au Portugal ou en Espagne ces idiots auraient mis un peu d'eau dans leur vin, mais c'était gravement sous-estimé leur aveuglement doctrinaire. Bien évidemment, ils savent pertinemment que la baisse des salaires ne fera pas baisser le chômage. C'est un argument pour le populo, celui qui a encore un emploi, mais qui trouve que si le pays va mal c'est la faute aux fonctionnaires et aux salaires trop élevés. La vraie pensée de Lamy et compagnie c'est le célèbre Nairu, le taux de chômage qui n'accélère pas l'inflation. Leur but n'est pas de réduire le chômage, mais de rééquilibrer la balance des paiements de la France dont ils savent qu'elle est dangereusement déficitaire, mais sans employer des méthodes qui pourraient favoriser le salariat et donc in fine l'inflation.

 

Gardez toujours bien en tête que les défenseurs du système ne défendent pas l'intérêt de la France, mais celui des groupes sociaux privilégiés qui tirent une part importante de leur revenue de la rente financière ou immobilière. Le chômage ils s'en fichent éperdument comme l'a montré l'histoire de ces trente dernières années. Qu'ils en soient conscients ou non, les défenseurs de la baisse salariale sont les meilleurs alliés de la rente sous toutes ses formes. La multiplication des emplois aidés, des baisses de charge des stagiaires en tout genre ont en réalité fait flamber le chômage. Alors que notre pays connait une croissance de la population active très inférieure à celle des années 80, nous trouvons le moyen de mettre au chômage des millions de gens. Pourtant l'emploi a été énormément flexibilisé comme le préconisaient les néolibéraux. Il est temps peut-être de faire le bilan de quarante de néolibéralisme et d'admettre une fois pour toutes que le salaire n'a pas le lien avec l'emploi que prétendent les Attila du libéralisme.

 

La démagogie simpliste néolibérale

 

L'idée que la baisse des salaires puisse résoudre le problème du sous-emploi est en réalité le fruit de la logique cartésienne libérale. Celle dont je critiquais il y a peu le caractère extrêmement dogmatique et faux à cause des prémisses d'indépendance des variables. En effet, dire que la baisse salariale facilite la création d'emploi revient à nier ou à négliger l'impact de cette baisse sur l'activité générale de l'économie. Car avant que les supposés effets sur l'emploi se fassent sentir, l'effet de la contraction de la demande par la baisse des salaires aura déjà frappé la consommation. Or comme je l'avais déjà expliqué sur ce blog à maintes reprises c'est la demande qui dicte l'investissement et la création d'emploi, pas le cout de l'emploi en lui même. Les entreprises ne créent pas d'emploi pour le plaisir d'en créer, mais parce qu'elles pensent qu'il est nécessaire pour répondre à la demande de faire appel à plus de main d'oeuvre. Il suffit de voir l'évolution du chômage en Grèce pour voir que ces remèdes ne résolvent absolument pas le problème du chômage bien au contraire. Le niveau salarial en Grèce est retombé à son niveau de 1997. Le salaire minimum a régressé de plus de 20 %. Pourtant, regardez la courbe du chômage. Et quant à tirer la croissance par l'exportation due à une baisse des salaires, on se demande bien pourquoi les entreprises de notre pays iraient investir dans notre pays même pour 20 % de baisse alors qu'elles peuvent aller en Pologne ou en Chine pour faire la même chose. Encore une fois il s'agit d'un attrape-couillon. Si l'on veut réellement réindustrialiser le pays, il faut taxer les importations et dévaluer. Tout le reste n'est qu'écran de fumée. Ou pire des stratégies corporatistes d'intérêt à court terme.

 

 

Chomage-en-grece.png

 

 

Si monsieur Lamy et Gattaz cherchent à résoudre un problème, ce n'est donc pas celui du chômage et ils sont trop bien informés pour ne pas le savoir. Ils cherchent en réalité à sauver l'euro en réduisant le déficit de la balance commerciale de la France sans que celle-ci ait à dévaluer et donc à sortir de la zone. En réalité ils veulent augmenter le chômage et non le réduire. Car ils ont compris qu'en cassant totalement la demande ils parviendront à un nouvel équilibre comme Gèrce ou Espagne. Ils pensent probablement que la population française sera aussi atone que celle de ces pays et que le pays pourra supporter socialement des taux de chômage officiels à 30 % ou plus. On peut donc véritablement dire de ces gens qu'ils sont des criminels. Il faudra un jour ou l'autre faire l'équivalent d'un procès de Nuremberg pour les néolibéraux.

 

 

 

La dévaluation est égalitaire, la baisse des salaires ne l'est pas !

 

À ces arguments montrant l'inanité de la baisse salariale concernant la création d'emploi, ajoutons tout de même son caractère hautement inégalitaire. En effet, les salaires ici visés sont les bas salaires. Comme à l'accoutumée l'on partage les efforts nécessaires au dogme du libre-échange entre les pauvres et les ultra-pauvres. Car comme vous le savez l'état ne contrôle pas les salaires distribués sauf ceux des fonctionnaires. Donc en ne jouant que sur le SMIC vous ne faites que jouer sur le salaire des personnes qui sont déjà en situation de faiblesses vis-à-vis de leur patron. Certainement pas le salaire des cadres ou des professions libérales. On n’imagine guère l'état s'attaquer par exemple aux salaires des docteurs, des huissiers ou des avocats. Et que dire des hauts fonctionnaires et de la totalité des personnels bien placés, dont le copinage et l'activité non industrielle, les protège des effets néfastes de la mondialisation. On va donc taper encore sur ceux qui triment déjà au risque de cette fois les plongées dans la misère la plus complète.

 

 

À côté de cela, la dévaluation aurait comme énorme avantage de faire baisser le cout de tout le monde en même temps. Si nous dévaluions de 20 % par exemple les produits importés couteraient 20 % de plus de la même manière pour un ouvrier ou pour un avocat. Les effets de la dévaluation ont une grande vertu tout comme l'inflation, elle est égalitaire. Tout le monde est traité de la même façon. Et cela Lamy et compagnie ils le savent pertinemment. Raison de plus pour commencer à aiguiser les guillotines.  

Partager cet article

Repost 0
Published by Yann - dans économie
commenter cet article

commentaires

La Gaule 22/04/2014 01:44


.../... (j'ai bien dormi).


Sinon, rien à dire sur le texte, sauf à l'évidence la dernière phrase -vous devriez respirer très fort et boire un grand verre d'eau avant d'écrire vos phrases ultimes. Cette évocation gourmande
du haut rasoir national fait un peu désordre. Elle est d'ailleurs de plus en plus fréquente sur les blogs d'orientation républicaine.


Sans doute la tentation instinctive de conjurer la sombre menace qui monte à la droite de la droite, ses volutes de fascisme et ses nuées de haine, en en rajoutant des montagnes sur la promesse
de vengeance froidement exécutée en public par les futurs centurions keynésiens, le lendemain du Grand Soir.


Cela me fait penser au deuxième ouvrage écrit par Elvis Todd, deux ans après la mort du King (1979), "Le fou et le prolétaire" (on le trouve encore chez les bouquinistes).


Dans ce bouquin finalement très psychologique -une originalité dans l’œuvre du bonhomme, mais il ne faut pas oublier qu'il fut un grand lecteur de Lasch-


Manu rock émettait résolument l'idée que les dérives sanglantes ayant accompagné les révolutions modernes européennes  -la française en étant la matrice- étaient le fait des classes moyennes
-soit la petite bourgeoisie- plutôt que celui des classes laborieuses.


Il identifiait alors une véritable névrose de l'existence propre à ces classes, dont le symptôme le plus visible -un taux de suicide incomparablement plus élevé que dans les classes inférieures-
avait été analysé sur le fait par Durkheim.


Logiquement allait venir le temps où les légions de petits entrepreneurs (pas ceux de Werrebrouck) de boutiquiers et d'employés aux écritures, allaient pouvoir extérioriser leur mal de vivre dans
la grande boucherie de la première guerre mondiale, comme leurs ancêtres l'avaient fait dans la foulée de 1789.


Aujourd'hui, dans le sillage de la mondialisation et de la crise économique qui en est le symptôme (et la construction européenne un simple signe clinique), les rescapés dépités du rêve mouillé
de la "société moyenne" se remettent à fantasmer sur la guillotine.


Il faut dire que leurs cauchemars sont peuplés du grand retour des zombies, tous ses fantômes de prolétaires qu'ils avaient largement contribué à "jeter aux crocodiles" (heureuse expression du
blogueur Descartes) les décennies précédentes, et qui à l'évidence se cherchent une expression politique qui leur soit propre.


Loin des vociférations ratiocineuses et des bois de justice hideux propres aux clercs républicains en déroute, les revenus du royaume des morts -encore tout dégoulinant des eaux du Styx- marchent
en rang serré vers les urnes. Sereinement.


Sans distinction de sexe, de race, et de culture, un simple bulletin dans l'urne suffira à leur bonheur et leur résurrection. Il célèbrera la blondeur et la féminité retrouvée de la France
éternelle


Hic !


(musique).


http://www.youtube.com/watch?v=aDigs6UMVjY

Pierre Feuille Ciseaux 21/04/2014 11:03


Jean Claude Werrebrouck vient d'écrire un texte qui fait écho au billet de Yann :





http://www.lacrisedesannees2010.com/article-mir-acles-de-l-offre-competitive-et-aggravation-de-la-crise-planetaire-de-surproduction-123382311.html

La Gaule 21/04/2014 03:29


(peut)


(doit)


au choix...

La Gaule 21/04/2014 03:27


Autre quadrature du cercle pour les élites européistes : comment réduire la demande tout en en augmentant l'immigration ?


Peut-être parce que les mêmes élites ont toujours pensé-sous couvert d'alibi moral simple- pouvoir redistribuer aux uns (combien) ce qu'ils prenaient aux autres (qui et combien).


Une sorte de jeu humanitaire à somme nulle en quelque sorte.


Mais traiter la question sous le seul éclairage général de "la demande", ne permet pas vraiment de la préciser.


C'est ainsi qu'en france la géographie complique singulièrement les choses par deux données essentielles que sont l'espace et la densité relativement faible de la population du pays.


L'accroissement de demande des populations entrantes augmente forcément la demande des populations déjà en place (euphémisme correct vous en êtes témoin), en les faisant fuir vers des zones qu'il
convient d'équiper en conséquences (cf Guilluy).


Mais bien sûr, le facisme et la haine permettront aux mêmes élites d'avoir réponse à tout, même aux questions que l'on ne pas poser...

yann 20/04/2014 19:26


@Lelien


 


J'ai plusieurs hypothèses qui peuvent être complémentaires pour répondre à votre question.


 


- La culture libérale et individualiste fait que les élites deviennent surtout spécialistes de la défense de leurs propres intérêts et qu'elles réfléchissent peu à l'intérêt collectif dont elles
se fichent. C'est d'ailleurs un mal qui touche toute les couches sociales


 


-Les médias modernes faussent le dialogue démocratique en favorisant les personnes ayant un savoir-faire médiatique dans la communication au détriment du fond. Je pense que c'est un point
essentiel.


 


-Il y a toujours des gens de qualité en France, mais notre système politique ne les mets pas au pouvoir parce que fonctionnant sur un système de parti politique. Et savoir monter à la tête d'un
parti politique ne prépare en rien à l'exercice du pouvoir. Ainsi il y a une opposition entre notre système de formation d'élite et les qualités nécessaires à la direction du pays.


 


-L'individualisme a également produit un renfermement des classes sociales sur elles-mêmes. On assiste à la création d'une société de caste fermée dans laquelle la notion d'intérêt collectif
disparaît.


 


-Le manque de temps. La vie moderne empêche les gens de penser, de se poser et donc de réfléchir. C'est encore plus vrai chez nos élites qui veulent multiplier leurs tâches sans se soucier
réellement de la façon dont ils mènent ces tâches.


 


-Enfin on peut aussi craindre un effondrement du niveau scolaire pure et simple. Résultant des évolutions sociales et techniques des 50 dernières années.


 


Il y a sûrement d'autres hypothèses à émettre, mais l'évolution extrêmement rapide de nos sociétés risque de nous interdire la possibilité de déterminer réellement les causes les plus
importantes. Je pense tout de même que les médias et la communication moderne comme principaux fossoyeur des nations démocratique.


 


@Pierre feuille ciseaux


 


Je crois qu'ils s'en fichent et qu'ils n'en ont même pas conscience malheureusement.


 


@Lati


 


 


Oui, mais cela représente un coût non négligeable pour le contribuable. Cela demande une politique complexe et longue à mettre en œuvre. La dévaluation c'est vachement plus simple, direct et
rapide. On peut même faire çà en toute discrétion loin des caméras.