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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:30

La croissance économique est présenté depuis de nombreuses années comme le résultat d'un phénomène extra-politique. La vulgate libérale, ou plutôt néolibérale a ainsi pendant des années représenté la croissance comme un phénomène presque météorologique. C'est du moins ainsi que les médias de masse  l'ont retranscrit. La crise récente  a d'ailleurs comme principale explication médiatique une origine crapuleuse mélange de spéculateurs fous et de banquiers véreux, il ne faut alors guère s'étonner du succès des thèses conspirationnistes les médias leurs tendent la perche.

 

Je ne compte pas aujourd'hui discourir sur l'origine de la crise mais plutôt sur l'origine de la croissance économique. Car la croissance n'est pas et n'as jamais été le fruit du hasard ou l'effet d'une force mécanique divine comme le marché. Non, la croissance est une nécessité, une contrainte que le machinisme nous a imposé. J'entends par machinisme les effets du progrès technique sur la productivité du travail en général. Pendant longtemps la croissance économique dans nos société a été trés lente et même horriblement lente ainsi Paul Bairoch a montré que la croissance  moyenne au 19ème siècles n'a guère dépassé les 1% par an. Pourtant le chômage à l'époque n'était généralement pas très élevé, les niveaux variés suivant les pays, mais jamais il n'y avait pas ce mal moderne nait en 1929, le chômage de masse. C'est que les gains de productivité été faible, un homme nait en 1800 et mort en 1870 n'aura finalement vue que le doublement du PIB de son pays s'il était européen, le PIB par tête lui aura surement augmenter dans de moindre proportion puisque la population aura aussi augmenté. Tout çà pour dire qu'il fut un temps ou les gains de productivités étaient lents ce qui permettait à la société de ne pas avoir de variation brutale de la masse de travail. Pas besoin donc d'une forte régulation, d'où l'illusion d'une auto-adaptation qui fait passer le 19ème siècle pour le paradis perdu du libéralisme pure à certain (qui oublient cependant les innombrables entraves commerciales et les protectionnisme tout azimut qui remplirent l'histoire des futurs pays développés). Avec l'accélération du progrès technique et le travail à la chaine sont arrivé des gains de productivité de 5 ou 6 % par an, l'adaptation naturelle de la société fut alors impossible c'est l'une des causes majeurs de la crise aux USA.

 

Keynes l'avait parfaitement compris c'est le progrès technique qui finalement nous contraint et pulvérise la stabilité des sociétés. Le seule moyen que trouvère les économistes d'alors pour retrouver le plein emploi fut d'accroitre le revenue du travail, il fallait impérativement augmenter la consommation pour éviter le chômage de masse.  La réduction du temps de travail concomitante accrus les effet globaux sur la quantité de travail disponible mettant fin à la crise de la demande. Nous sommes donc passé d'un société où l'économie était à peu près auto-régulé par la lenteur de ses progrès à une société où l'action politique était décisive pour la stabilité globale d'un pays.

 

    La croissance économique est donc le résultat d'une politique et non le fruit du marché ou de la météo. Sans politique économique globale au niveau d'un pays il n'y a pas de croissance économique. La tendance naturelle du progrès technique réduisant petit à petit la quantité d'emploi disponible par les gains de productivité qu'il produit,  tout en concentrant les richesses ce qui rend conflictuelle les sociétés humaines jusqu'à l'explosion. La croissance n'a rien avoir ni avec le marché, ni avec le capitalisme, ni avec le commerce qui produisent leur propres effets dont je parlerais plus tard, elle est le résultat logique du progrès technique, la réponse donné à ce dernier et à ses effets destructurants. Comme le disait Keynes le progrès technique nous enrichis uniquement si nous savons en profiter. La croissance est donc la seule réponse pratique que nous avons donné au machinisme avec son corolaire l'accroissement infini de la consommation .

 

C'est probablement pour cette raison que les écologistes n'aiment guère Keynes, ce farfelu à chapeau ayant permit à la société technicienne de durer jusqu'à nos jours. Alors est ce que les gains de productivité et le progrès vont durer indéfiniment nous contraignant à toujours accroitre la consommation? Difficile à dire, Keynes lui même pensait que viendrait  le jours de la république sociale idéale, une société dans laquelle les salariés ne consacreraient au travail que quelques heures par semaine et vaqueraient à leur hobby le reste du temps. On a du mal à y croire au pays du travailler plus pour gagner plus. C'est probablement mère nature et ses limites qui mettront fin à la fête mais ça c'est une autre histoire qu'on abordera plus tard.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

yann 21/12/2009 18:00


@Malakine

En fait mon but n'est pas ici de dire si la croissance c'est bien ou pas, mais de montrer qu'elle n'ai pas le fruit d'un mécanisme naturel. Elle est une réponse possible à la hausse de la
productivité. On aurait pu tout aussi bien réduire considérablement le temps de travail ou orienté les activités humaines vers des métiers ne produisant pas de gain de productivité c'est ce que tu
décris de la pensé de Artus. D'autre part on en a déjà parlé sur ton blog il y a croissance et croissance construire des centrales à charbon ou des fours solaires ça fait grimper pareillement la
croissance, mais l'impact écologique et la durabilité n'ont rien avoir, l'une usant d'une matière épuisable l'autre non.


Malakine 21/12/2009 17:45


Je comprends ta profession de foi keynesienne. Si on te suis, on pourrait retrouver les niveaux de croissance des trentes glorieuses si on se décidait à augmenter les salaires ...
Néanmoins, je me demande s'il n'existe pas des contraintes inhérentes à la croissance elle même et si cette idée ne fait pas désormais figure de mythe. Peut-être ai-je un peu trop été influencé par
Artus, mais il me semble que la contraction des populations actives dans tous les pays développés conjuguée à la tertiairisation des économies sont des facteurs qui ont pour effet de tarir la
croissance.
Mon analyse c'est plutôt qu'on est aujourd'hui drogué à la croissance et qu'il va falloir un jour en faire le deuil.


yann 20/12/2009 12:14


@RST

C'est plus une contrainte qu'un choix. Situ laisse la croissance en berne comme l'on fait les européens depuis trente ans tu te retrouve avec un chômage de masse et des tensions sociales. C'est
vraiment le déclin de la démocratie et du lien entre les élites et le peuple qui a permis l'installation durable du chômage. Ceux d'en haut se fiche complètement des conditions de vie du reste de
la population tant que leur pouvoir n'est pas mis en doute.

Sinon Bairoch a vraiment fait une oeuvre monumentale, c'est l'équivalent des travaux de Fernand Braudel en quantité et en qualité. Je préfère vraiment les économistes historien ils sont bien moins
pétri de certitude.


RST 20/12/2009 10:32


@ Yann
Tout à fait d’accord : la croissance est un choix de société, un choix politique. C’est la thèse de Pierre-Noël Giraud dans son bouquin "Le commerce des promesses" (remarquable)
Il montre que c’est la préférence des gouvernements pour la croissance associée au système bancaire (création monétaire par les banques commerciales) qui est à l’origine des bulles. Le choix a été
fait de ne négliger aucune possibilité de créer de la croissance et donc de prendre le risque de développer trop de crédit plutôt que de le limiter et de passer à côté d’une opportunité.

PS: J’ai acheté le bouquin de P.Bairoch que tu m’avais recommandé mais je ne l’ai toujours pas lu