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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 19:23

election-map.jpg  Curieux titre que celui de ce texte mais il s'agit d'un problème vieux comme la démocratie. Nous avons pris pour habitude depuis la révolution de considérer la démocratie comme étant consubstantiellement réalisé par le vote. Dans l'esprit des occidentaux modernes le vote est égale à la démocratie, il s'agit là d'un raccourci bien malheureux en réalité. Car la démocratie signifie simplement que le pouvoir appartient au peuple, que c'est lui qui doit en pratique faire son propre destin. Dans les faits le vote n'est donc qu'un système permettant en théorie de représenter la volonté populaire. Et pourtant nous constatons tous les jours que la démocratie parlementaire et élective n'agit pas forcement dans l'intérêt des peuples qu'elle dirige.  La crise économique actuelle n'est en fait que pratiquement économique, sa raison profonde provient de la nature même des décisions politiques prisent depuis plus de trente ans.  La crise économique en occident est donc le fruit d'un système politique qui a échoué à agir dans l'intérêt des populations qu'il était censé représenter. Bien sure l'erreur est humaine, mais nous avons largement dépassé le stade de la simple erreur d'aiguillage, les politiciens occidentaux ont réussi en deux générations a détruire les nations les plus développés de la planète.

 

    Il serait donc peut-être temps que l'occident et la France mère de la démocratie électorale moderne, commencent à se poser des questions sur la nature réel de leur régime politique. Les viols répétés des intérêts nationaux et populaires comme par exemple l'incroyable affaire du référendum sur  la constitution européenne, où des représentant élus se sont opposés à un vote référendaire, est en soit démonstratif. Il y a un  l'éloignement de plus en plus grand de la démocratie électorale vis à vis des principes démocratiques. Si l'on conviendra que les principes démocratiques sont sages et irremplaçables en ce sens que le peuple doit être responsable de lui même. Il n'en demeure pas moins vrai que la pratique de la démocratie par des représentants élus a échoué à réaliser cet idéale dans le réel. La démocratie électorale est plus proche des principes de la  ploutocratie que des principes démocratiques et la reine des nations ploutocrates est bien l'Amérique. Amérique dont j'avais déjà parlé longuement  dans ce texte, la corruption fut au fondement même des principes organisateurs des USA.

 

  Ce n'est  donc  pas le but de la démocratie qui doit être remis en cause ici,  mais bien les pratiques de la démocratie moderne tel que nous les ont légué nos ancêtres. De voir une nation non démocratique tel que la Chine  dépasser nos nations devrait tout de même avoir comme effet de réveiller les questionnements sur les modes d'organisations occidentaux. Entre les guerres, les révolutions et les crises économiques a répétition qui ont parsemé l'histoire depuis la révolution française le bilan de la démocratie moderne n'est pas des plus reluisant quoiqu'en pensent les modernes. Entamant le 21ème siècle dans un abîme économique, démographie et intellectuel sans fond, les nations "démocratiques" ne sont plus des modèles pour le reste de la planète. Mais en règle générale ce ne sont pas les principes démocratiques qui sont critiqué, mais bien leur non application dans les nations qui en font pourtant leurs fonds de commerces.

 

Le vote de représentant n'est pas démocratique

 

    Il est évident que le problème principal de la démocratie est l'élection de ses représentants au suffrage universel. Si en principe les citoyens peuvent voter pour qui ils veulent, dans les faits ils ne peuvent voter que pour les gens qui se présentent à l'élection. Vous allez me dire que c'est normal, sauf que pour se représenter à une élection il ne suffit pas de le vouloir, ou de se dire tiens demain matin je vais me présenter à l'élection municipale par exemple. Dans nos régimes il faut de l'argent pour se présenter, il faut un groupe derrière nous, il faut des relations interpersonnelles et cela change tout.  Le ver de la corruption est dans le principe même du vote pour des représentants, rien n'est plus simple pour influencer les politiques publiques que de dépenser de l'argent pour favoriser tel ou tel individu suivant les intérêts en jeu. Les français et les occidentaux découvrent ou redécouvrent la corruption qui gangrène leurs sociétés, mais semblent ne pas comprendre que les institutions électorales sont le meilleur moyen d'organiser cette corruption.

 

  Les médias modernes ont ajouté à cette nature en réalité peu démocratique de l'élection un étage supplémentaire d'influence pour les puissances de l'argent. En effet grâce à la centralisation de la production de l'imaginaire, au travers le cinéma ou la télévision, les riches ont pu directement influencer ou changer les représentations de la réalité dans la tête des citoyens. Le journalisme lui même est représentatif de la mécanique de domination qui s'est inscrite comme démocratique dans les sociétés occidentales. La plupart de nos concitoyens pensent que le journalisme est un métier nécessaire à l'exercice de la démocratie, c'est vite oublier que les journalistes ont eux mêmes une vision du monde et qu'ils sont influençables. Leur laisser le soin de juger le vrai du faux parce qu'ils sont journalistes ce n'est pas plus démocratique que la théocratie qui confit la "vérité" à des prêtres jugés plus "savants" que les autres citoyens.  C'est en soit contrevenir au principe d'égalité qui sous-tend la démocratie.

 

  Autre problème qui s'ajoute encore à la démocratie électorale est le phénomène d'anticipation qui est apparu à grande échelle avec les sondages d'opinion. L'anticipation est un phénomène qui produit des effets graves sur les choix supposés rationnels des électeurs, c'est exactement la même chose que les anticipations sur les marchés financiers. Car comme disait Keynes mieux vaut avoir tort avec la foule que raison contre elle. L'anticipation conduit les acteurs des marchés à agir non pas par rapport à ce qu'ils croient être vrai suivant des calcul rationnels, mais par rapport à ce qu'ils pensent que les autres acteurs du marché croient être la réalité. Dans la, démocratie électorale moderne en étant au courant des possibles résultats électoraux, les individus se mettent à faire de la stratégie électorale. Au lieu de voter pour ceux qui ont des idées semblables aux leurs, quand le système électoral le permet, ils préfèrent voter pour le moindre mal. C'est le syndrome de la défaite par peur d'une défaite plus grande encore.  Il s'agit là d'un mécanisme probablement fatal à la démocratie électorale surtout lorsque l'on y ajoute les précédents inconvénients. C'est ce qui explique aussi la désaffection de plus en plus grande pour les élections, l'anticipation par le trucage des sondages permet de décourager toute forme de reconquête du pouvoir par ceux qui sont privés des moyens financiers de la corruption.

 

Vers la stochocratie?

 

    Donc comme nous l'avons vue le vote n'est pas si démocratique que cela lorsqu'il concerne le choix des représentants. Le référendum est la seule mécanique réellement démocratique dans le cadre de nos institutions actuelles. Et encore c'est négliger le poids des journalistes et de la mécanique de propagande moderne qui peut influencer largement les votes. Maintenant il est aussi vrai que l'on ne peut pas diriger un pays par référendum. Il faut nécessairement qu'il y est des représentants pour éviter de faire voter les citoyens toutes les semaines. Mais rien ne nous oblige à voter pour des représentants. Et c'est là qu'intervient le miracle du hasard père de l'égalité totale. En effet en jouant sur les grands nombres nous pouvant produire un parlement totalement représentatif de la population française sans avoir besoin du vote, donc sans les mécanique qui permettent à la corruption de l'argent de faire le choix de représentant de la nation.  Le tirage au sort est le meilleurs moyen en réalité d'avoir un parlement réellement représentatif des intérêts et des rapport de force à l'intérieur de la société. C'est ce qui explique  d'ailleurs que les Athéniens et les penseurs comme Montesquieu ou Rousseau préféraient le tirage au sort au vote.

 

  L'objection que l'on donne souvent à ce système est l'argument de compétence. Il faut être compétent pour représenter la nation. Il s'agit là d'un argument qui sans le savoir fait le lit de l'aristocratie car pour les aristocratiques seul les biens nés pouvait être compétent pour diriger. Et d'ailleurs dans le système démocratique on ne demande pas aux représentants d'être compétents, mais de représenter les intérêts majoritaires dans le pays ce n'est pas la même chose. On peut d'ailleurs souligner que ce sont nos super énarques fortement compétent qui ont conduit la France dans le chaos où elle se trouve. Mieux vaut un dirigeant simple ouvrier bien intentionné qu'un énarque suffisant et corrompu au pouvoir. Ce n'est pas de compétence dont nous avons besoin mais de vertu, d'amour du bien commun, de patriotisme. Toute chose qui ne s'apprennent pas à l'école, mais dans nos relations parentales et affectives, et il n'y a malheureusement aucun moyen d'en mesurer la qualité chez les individus à priori. Et puisque nous ne pouvons pas mesurer facilement les vertus d'un homme face au pourvoir autant laisser faire le hasard. On pourra toujours prévoir des mécaniques de contrepouvoir pouvant renverser des individus qui ne seraient pas à leur place.  On peut également imaginer un système mixte entre l'électorale et le tirage au sort. Une présélection au hasard des candidats serait ainsi suivit d'une élection où les candidats devraient faire la démonstration de leurs capacités à représenter la population.

 

En tout cas il est à mon sens temps que les français remettent en cause le système électorale tel qu'il est conçu.  Un régime qui cale toutes les deux générations n'est pas un système stable et fonctionnel, la république française a accompagné le déclin de notre nation. Sans vouloir revenir à l'ancien régime, ce qui serait de toute façon impossible à cause des changements du rapport des individus face à l'autorité, il est peut-être temps d'achever la révolution et de devenir réellement une démocratie. C'est à dire un régime qui n'a pas d'aristocrates ou de ploutocrates à sa tête, la crise actuelle qui va plonger à nouveau l'Europe dans l'horreur, est une nouvelle occasion pour la démocratie d'avancer. Nous devons enfin  finir ce que en réalité nos ancêtres n'avaient fait que commencer, rendre le pouvoir au peuple plutôt qu'aux marchands.

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

Gustavo 13/12/2012 22:42


Je vous conseille vivement la lecture de cet article :


http://lenouveaumonstre.blogspot.fr/2012/12/moi-democrate.html#more

D.T 13/08/2011 02:22



Nous sommes dans une systeme de "gouvernement representatif" qu'on a ensuite appélé "democratie" bien qu'il soit très éloigné du systeme athenien. Le "gouvernement representatif" finit fatalement
par être controlé par une caste de riches. Ca explique beaucoup de choses comme les privileges des banques les deregulations anti economie réelle etc...


En 1945 les avancées sociales comme la secu ou les retraites sont apparus comme par hasard lorsque la haute bourgeoisie n'a pas pu mettre la main sur la classe politique. Il n'y en avait plus.



yann 03/07/2010 20:04



@Malakine


 


Je conçois bien que tu ne sois pas d'accords avec moi. Cependant je persiste à penser que les nations dites démocratiques ne le sont pas en réalité. Et avant de condamner la démocratie il
faudrait déjà réellement la mettre en pratique. Je constate que la Suisse qui fait bien plus souvent appel aux référendums n'est pas entrée dans l'UE alors que son patronat le désirait ardemment.
La Suisse nettement plus démocratique que la France a réussi à éviter bien des erreurs justement grâce aux référendums qui est le seul instrument réellement démocratique dans nos pays comme je
l'ai expliqué dans le texte. De la même manière est-ce que les français auraient voté oui dans les années 70 à la libre-circulation des capitaux ou des marchandises? Je ne le crois pas. Nous
vivons en réalité dans un système ploutocratique où une infime minorité impose ses choix à toute la population, on appel pas çà la démocratie.



Malakine 02/07/2010 00:27



Tu poses là une vraie question, mais à mon avis tu te trompes sur le diagnostic et sur les solutions. Et si tout simplement, nos gouvernants nous ont conduit dans le mur en collant à la volonté
du peuple ? J'ai un texte en projet sur la nature de l'action publique. Je développerais ma vision à ce moment là. En tout état de cause, la question de savoir comment des régimes démocratique
ont pu faillir à ce point appelle une réponse !