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6 mars 2010 6 06 /03 /mars /2010 00:26

JacquesISWacthingyou.jpg  Jacques Marseille est mort, le chantre de la pensée unique et fonctionnaire attaché au dénigrement de la fonction publique, icône de médias avec Baverez, vient donc de nous quitter. Je ne vous cacherez pas le fait que cette mort ne me fait ni chaud ni froid, mais qu'elle me sert de prétexte à montrer l'incroyable holdup réalisé par une minorité de "penseur" sur le paf télévisuel français.

 

En effet qui n'a jamais entendu les longues litanies Marseillaise sur la fonction publique trop grosse, trop dispendieuse,  ou les Baveraizeries sur le déclin de la France, l'incroyable modèle anglais et sur la révolution néolibérale espagnole qui allait mener ces pays vers un règne de mille ans de prospérité. Une pensée faites d'idées reçues et de non affrontement avec le réel soutenu par une absence total de débat. Ce mécanisme qui  voit l'ensemble des médias parler d'une seule voix fut appelé il y a longtemps la pensée unique

 

Mais par quel mécanisme une minuscule quantité d'individus arrivent ils à dominer tout l'espace médiatique au point d'avoir étouffé pendant des décennies toute pensée alternative au cléricalisme néolibérale. Et ce phénomène ne touche malheureusement pas que la seule sphère de l'économie et de la politique, le débat sur le réchauffement climatique par exemple est lui aussi monopolistique. Ainsi y-a-ils des scientifiques qui affirment à l'inverse du GIEC que le climat de la planète va se refroidir et non se réchauffer, mais étrangement c'est la seule thèse du GIEC ultra-réchauffiste que l'on entend. De la même manière a-t-on vue un unanimisme médiatique total autour du besoin de vaccination suite à l'arrivée d'une hypothétique grippe, ici les instances publiques se sont ridiculiser, mais le plus grave c'est que c'est bien l'emballement médiatique qui est à l'origine de l'obsession gouvernementale. On pourrait y rajouter la vache folle et l'obsession sanitaire qui a bien participer à l'inflation de la viande bovine dans les années 90.

 

La peur d'être la cible des médias est devenu une espèce de contrainte sur d'autre sphère de pouvoir, le quatrième pouvoir est devenue en réalité le seul pouvoir véritable, celui qui fait, défait ou empêche l'ascension d'un politique. Celui qui s'impose aux juges jusqu'à briser la vie d'innocents. Un pouvoir qui écrase tout pensée alternatives sur quelque sujet que ce soit immigration, économie, vie familiale, sexe, drogue, jeux vidéo et j'en passe.

 

Un exemple vidéo de propagande mis en avant par leplanB avec en plus un bout de Jacques Marseille

 


Vive la réforme: si toi aussi tu veux te réformer fait comme les anglais parce que eux ils réforment plus blanc.

 

La pensée unique est-elle une propagande organisée? 

 

Oui et non s'il y a bien évidement des individus fortunés qui influencent les médias par leur puissance de feu économique cela ne peut pas expliquer l'incroyable homogénéité médiatique sur la plupart des sujets. De plus si cette influence à un sens dans l'économie ou la politique elle n'en a aucun dans le domaine judiciaire par exemple ou dans les sciences dures. Pourtant même dans ces domaines les médias jouent un rôle souvent néfaste. Comme le disait Bourdieu il est fréquent que des individus n'ayant pas percé dans leur domaine et n'ayant pas réussit à convaincre leur pairs usent des médias et notamment de la télévision pour faire pression de l'extérieur sur tel ou tel institution. Les médias devenant les arbitres souvent incultes et pressés sur ce qui est bien ou pas, sur ce qui est vrai ou faux, sans bien sure user des outils nécessaires à la recherche de la vérité. parce que ces outils sont d'une part trop long pour le temps médiatique, mais surtout parce que la vérité n'intéresse pas les médias. Les exemples les plus grossier en la matière étant BHL ou encore les frères Bogdanoff.

 

Donc la mécanique d'unité intellectuelle qui traverse nos médias n'a pas pour principale origine un complot ou un lobby. Si tel était le cas on entendrait plus de dissonances, moins d'unanimité. Il faut plutôt regarder dans les mécanismes de foule et ceux notamment qui régissent les marchés.  Comme le disait Keynes quand il parlait des marchés financiers mieux vaut avoir tort avec la foule que raison contre elle. De la même manière les médias sont obligés pour des raisons de survie économique d'entrer en résonance avec la foule et la masse de la population du moins avec l'opinion qu'ils croient être celle de la population.

 

L'audimat et la convention

 

Pour qu'un journal ou une chaine de télé puisse survivre il lui faut impérativement avoir des lecteurs ou des téléspectateurs. Les faiseurs de médias vont donc, comme tout bon chef  d'entreprise, essayer d'anticiper la demande pour pouvoir y adapter l'offre et maximiser ainsi les retombées publicitaires. Pour qu'un débat ou un sujet puisse donc attraper le téléspectateur, il faut impérativement que ce dernier arrive à comprendre et à apprécier ce qu'il regarde. Les médias vont donc naturellement répéter ce qu'ils croient être l'opinion de la population, du moins l'opinion majoritaire de la population. Mais comment savoir qu'elle est l'opinion majoritaire de la population? En lisant ou en regardant les autres médias pardi, ce qui créé effectivement une boucle rétroactive des médias sur eux même un raisonnement tautologique. Ceci créé un phénomène de convention non formel, qui peut d'ailleurs entrer en rupture brutal. Tel l'eau qui gel à zéro degrés et décongèle immédiatement à  zéro et plus, il s'agit de rupture non-linéaire brutal. Ainsi les médias pourraient-ils rapidement devenir ultra-protectionniste s'ils y voyaient là l'opinion majoritaire. Car de la même manière qu'ils étaient tous keynésiens avant la crise des années 70, ils sont tous néolibéraux aujourd'hui, les médias se fichent des idées dominantes tant qu'ils sont sure qu'elles sont dominantes et cela afin d'atteindre leurs objectifs de rentabilité économique. 

 

Il y a aussi un autre mécanisme qui permet de garantir l'audimat c'est  en produisant des informations dites omnibus à savoir qui ne porte pas sur des sujets complexes et qui peuvent toucher un maximum de gens. Les informations omnibus doivent être comprises par tous sans aucun bagage intellectuel et intéresser tout le monde, l'information omnibus par excellence est évidement le fait divers.  Ainsi l'explosion du fait divers est pour ainsi dire consubstantiel aux médias masses, çà rempli les vides et c'est même le vide intellectuel des faits divers qui remplit le mieux la gamelle. C'est malheureusement une  simple observation statistique, entre le foot et la politique qu'est ce qui attire le mieux les spectateurs? Voila un autre point qui de flatte guère l'idée disant les médias seraient essentiels à la démocratie.

 

 

Les médias et les sondages d'opinion un mélange mortel pour la démocratie élective?

 

Il y a pire encore au sujet des médias c'est leur intrusion dans les mécanismes même de la chose politique. Non seulement ils poussent les politiques à ne s'intéresser qu'aux sujet qu'ils pensent être important pour eux, mais en plus ils se permettent de plus en plus de nommer les politiciens aptes ou non à entrer sur la scène publique. L'outil qui permet au médias d'agir directement à l'intérieur des partis est le sondage d'opinion.

 

Ces sondages sont devenus l'alpha et l'oméga des choix de futurs candidat . L'affaire Ségolène Royale fut de ce point de vue exemplaire puisque sans les sondages cette femme n'aurait probablement pas été candidate à l'élection présidentielle. Certains y on vue une stratégie de Nicolas Sarkozy prétextant que ce dernier manipulait, grâce à ses amis haut placés, les médias. Mais la vérité plus probable c'est que ce sont les médias eux même qui ont instillé, pour des raisons purement marketing, l'idée de madame Royale comme candidate. La suite est simple en créant un sondage favorable à Royale le parti socialiste s'est cru obligé d'en faire son égérie car elle était supposer être, d'après les sondage et les médias, la candidate favorite contre Sarkozy. On connait la triste suite pour la gauche française.  Les médias ne sont pas à la botte des politiques c'est en vérité l'inverse, d'ailleurs l'explosion de popularité de De Villepin dans les sondages montrent que les médias verraient bien ce dernier battre Sarkozy, il faut dire que la vengeance ça appâte l'auditeur. C'est le contre effet ClearStream en devenant victime De Villepin renverse tel un judoka l'attaque initiale de Sarkozy car les médias sont toujours du coté des supposés victimes car c'est bon pour l'audimat, du moins le pensent-ils.

 

Mais il y a encore plus grave, si je puis dire, puisque l'usage massif des sondages par les médias va faire changer le vote des citoyens. En effet imaginez que vous êtes un électeur du PG de Jean Luc Mélenchon et qu'on vous disent si tu vote Mélenchon statistiquement, d'après les sondages, Sarkozy gagne en 2012, mais si tu vote PS au premier tour là il peut être battu. L'électeur de gauche va hésiter et peut-être voter, non pour son candidat préféré, celui qui est le plus proche de ses idées, mais pour faire barrage. C'est le fameux vote utile qui est en pourtant en soit une négation de la démocratie. En effet dans la démocratie électorale les élus sont représentatifs parce que les électeurs les ont choisit pour leurs idées. Si les électeurs votent non pas en fonction des programmes, mais uniquement en fonction du candidat le plus proche de leurs idées qui a le plus de chance de gagner alors ce n'est plus l'électeur qui choisit mais le sondeur. Ce n'est plus la démocratie mais la médiacratie ou la sondocratie comme vous voulez.

 

Donc a titre personnel je me demande si globalement la démocratie ne se porterait pas mieux sans les sondages d'opinion. Et de la même manière, peut-être, faudrait-il cantonner la télévision à la seule chose qu'elle sache vraiment faire, le divertissement. Plutôt que  de nationaliser TF1 comme l'avait proposer Emmanuel Todd en 2008 pourquoi ne pas supprimer les journaux télé, considérons la télé comme un divertissement pure qu'elle laisse donc l'information à des médias plus lent et surtout aptes à l'analyse et à la profondeur. De toute façon l'info et la démocratie elle s'en fiche .

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

Gracchus Danielus (de la GP) 10/03/2010 03:22



Je pense que mes énaurmes conneries n’ont plus besoin de signature
précise…


Je suis moins catégorique que vous sur le sport professionnel et sa place dans
la civilisation. Vous avez l’exemple classique de la Grèce antique, au sein de laquelle le sport était glorifié (avec probablement les mêmes dérives que le sport contemporain, on s’est fait, avec
Coubertin, un film de « l’idéal » sportif des grecs anciens) et servait d’exemple positif à toute la société. Et puis vous avez le contre exemple tout aussi classique des jeux du cirque
de la phase de décadence de l’empire romain, sorte d’ersatz de sa grandeur politique passée à l’usage des masses plébéiennes. Le sport ne nous apparaît comme futile, dangereux, et dangereusement
corrompu que parce que nous sommes passés de la Grèce antique triomphante à la décadence romaine en quelques décennies, comme le reste.


Le sport est ainsi passé du statut de jeu sérieux et signifiant moralement
(donc encore raisonnable dans ses quelques excès) à celui d’entreprise de « service » hypertrophiée, dépositaire symbolique de l’argent facile et substitut de bas instinct à la
citoyenneté.


Ce sont aussi mes souvenirs personnels qui vous parlent. Des images sportives
 fortes ont été aussi importantes que les lectures dans ma formation  intellectuelle de jeune prolo de
banlieue (par exemple le 200 m de Tommy Smith à mexico en 68, avec les trente derniers mètres les bras levés, et, peu après sur le podium, son poing noir ganté levé au ciel au son de l’hymne
américain).


Je me suis toujours demandé aussi pourquoi je m’étais passionné pour le foot
entre 1974 et 1986 alors que j’avais toujours détesté ce sport auparavant et qu’il m’indiffère complètement aujourd’hui (et l’intégration merde !). C’est tout simplement que le jeu collectif
de Saint Etienne (et de ses émules, Lens, Bastia, Nantes ou Sochaux) ou de la bande à Platini, était « beau » à voir. Que ces types n’étaient pas encore trop payés pour nous sembler
lointain, qu’ils portaient tous des valeurs de mérite et de travail parce qu’ils sortaient tous de centres de formation modestes mais qui passaient pour être les meilleurs du monde (ils
n’existent plus pour la plupart, c’est dire si les gogos des stades peuvent toujours se tripoter pour espérer une nouvelle victoire de la France en tournoi international). Enfin ils étaient très
enracinés dans leur club et à mon sens beaucoup plus dans l’équipe nationale que ceux d’aujourd’hui.


Autre image, Liverpool Avril 1977, un match terrible de Saint Etienne contre
la redoutable équipe de Keegan, la meilleure d’Europe. Après le but (fabuleux : http://video.google.fr/videoplay?docid=-4396260437508416576#) de Bathenay une intensité et une ferveur incroyable dans le stade.
Et pour contenir tout cela, presque rien, même pas de grillage pour isoler les spectateurs des joueurs, et quelques bobbies avec leur sifflet pour les supporters trop excités. C’était dix ans
avant le drame du Heysel, il y a au moins cent ans… A une autre époque que la nôtre en tout cas.


C’était la parenthèse sportive.



yann 10/03/2010 00:54



@Daniel ou Gracchus


Si vous pouviez garder le même pseudo cela facilite les discussions


Sinon que dire, je n'ai pas vraiment d'objection à vos propos. Pour la télévision a bien y réfléchir je me demande si l'on ne pourrait pas carrément interdire la publicité à la télévision.


Une telle interdiction casserai le lien entre la course à l'audimat et la viabilité économique des chaines de télé. Elles seraient en effet obligé de faire payer leur services un peu comme Canal
ou certaines chaine sur le satellite ou l'ADSL.


Et après tout beaucoup de gens se plaignent de la redevance télé et aucun du cout de la pub. Et pourtant ce cout de la pub représente un certain pourcentage de chaque chose que nous consommons
car les fabriquant répercutent ces couts publicitaires sur leurs prix de ventes. Et c'est loin d'être négligeable est il normal de payer TF1 quand on achète un Yaourt? Surtout si l'on ne regarde
jamais cette chaine ce qui est mon cas. Je serai curieux de connaitre l'avis des libéraux à ce sujet.


 


Et tant qu'a faire soyons fou mettons, fin au professionnalisme sportif, je n'ai jamais compris pourquoi on paye si cher des gens pour taper dans des balles. Faire du sport doit être un plaisir,
une pratique entre amis ou un exploit personnel pas un métier. Quand une civilisation donne plus d'intérêt au sport ou showbiz qu'a la science ou à la politique c'est qu'elle n'est pas loin du
cimetière.


@Malakine


Il me tarde de pouvoir à nouveau commenter tes textes sur ton blog.



Malakine 08/03/2010 16:05


Je ne répondrais pas aux digressions, par ailleurs, fortes intéressante de Daniel Dresse (pardon de Grachus) Je limiterais mon commentaire au sujet développé par Yann.

A mon sens, la démocratie a été contaminée par le néolibéralisme en devenant un marché comme un autre, une compétition entre des entreprises électorales qui ne sert qu'à faire le casting de nos
gouvernants. Initialement, elle était sensée produire de l'intérêt général. On voit que ce n'est plus le cas depuis quelques décennies. A mon sens, elle doit être repensée de fond en comble, dans
son principe comme ses modalités. Mais je développerais ça plus tard.


Gracchus Viagrus (la Gaule Prolétarienne) 08/03/2010 04:48



Personnellement je prescris à mes patients (je suis rebouteux à temps perdu, quand je ne m’entraîne pas au tir
clandestin au gros calibre) une triple bordée tous les soirs dans un intervalle d’une heure. Une pour le Drapeau, puis une pour la Patrie, enfin une pour la Nation. J’ai d’ailleurs baptisé ma
thérapie la DPT. Pour avoir une pleine efficacité la séance doit se pratiquer dans une pièce austère, agenouillé sur un coussin de velours bleu roi (Blue Velvet), et, avec comme fond sonore, la
marseillaise de Django Reinhardt (pour la cadence modérement frénétique, le bon dosage quoi !).


Bon courage et longue vie les pauvres !



Gracchus Viagrus (la Gaule Prolétarienne) 08/03/2010 04:47



 Est-ce bien utile de donner mon grain de sel sur une énième variation à
propos des méfaits de la télé ? Je ne suis pas un nostalgique béat de la télé des trente glorieuses mais il me semble que Todd est dans le vrai quand il appelle à revenir sur la
privatisation de la chose (c’est bon signe, au vu de ses dernières prestations filmées je croyais que notre anthropo fétiche avait  repiqué au crack).
Propagande pour propagande est-ce que  la propagande de l’état, laquelle permettait quand même à pas mal de bonnes  choses de respirer (l’école
des Buttes Chaumont, Lazareff-Desgraupes-Lescure-Barrère, Glaser, Rossif, Costelle, Lancelot, Pollack etc. la liste est quand même longue) n’était pas somme toute préférable au terrorisme actuel,
lequel ne laisse majoritairement filtrer que de la nullité et du décervelage. La télé n’est de toute façon qu’un outil qui n’a rien d‘intrinsèquement maléfique, et l’expérience a prouvé que rien
ne s’opposait à ce qu’elle joue un rôle éminemment positif dans la vie démocratique. Après tout, le temps où les débats électoraux contradictoires faisaient plus d’audience que les matchs de foot
(et pourtant ceux-là étaient bien moins emmerdants que maintenant) n’est pas si lointain, vingt ans à peine. Il est bien évident que le problème de la télé depuis cette date a été son
asservissement à une collusion d’intérêts publics et privés –c'est-à-dire en fait une collusion foncièrement idéologique- à des fins strictes et exclusives de propagande. Je trouve d’ailleurs
étrange que l’on tire à boulets rouges sur les infos du « 20h » tout en recommandant de renvoyer la télé à sa vocation première qui serait « le divertissement ». Je l’ai dit
dans un commentaire incendiaire précédent, je crois précisément que la pire propagande de notre système idéologique se fait par le divertissement. Tous les symboles, toutes les valeurs de la
pourriture néolibérale passent par ce biais !


 


Oui la démocratie d’alternance c'est-à-dire la non démocratie (d’opinion mes fesses !) fonctionne plus par les
sondages que par les votes, mais je ne vois pas ce qu’il y a d’irrémédiable dans le phénomène. Qui a laissé la démocratie se laisser envahir par les instituts de sondage ? Est-ce qu’il
serait si difficile non pas de les interdire mais de les court-circuiter, au prétexte supérieurement recevable que le rôle d’un institut de sondage n’est pas de choisir un candidat à la place de
l’électorat ? En tout cas tous ceux qui comme moi se foutent éperdument de la sanctification du libéralisme, ne verront au cœur de tout ça qu’un simple problème de droit constitutionnel à
résoudre techniquement. En attendant cette issue heureuse, j’ai bien conscience qu’il n’y a pas de contre-pouvoir crédible à la machinerie médiatique au service de l’alternance (la même daube,
avec des pions différents pour soustraire les sujets tabous au débat public). L’atomisation totale des diverses chapelles d’Internet lui interdit de reprendre ce rôle (Internet : l’une des
expressions extrêmes de l’individualisme contemporain ? Avec fortuitement et pour combien de temps encore  une fonction informationnelle ?).


 De même que j’en viens à considérer que la suprématie des magazines people
sur les news soi-disant d’information n’est finalement pas une mauvaise chose, j’en viens à voir dans le voyeurisme obsessionnel du Web une sorte de contre-pouvoir positif, le coin où la
vulgarité et la laideur n’arrivent même plus à être filtrées par photoshop. C’est sûr que pour contrer le petit bide de Nicolas, les vergetures de Carla, ou la cellulite de Ségolène, les
instituts de sondage doivent alors cravacher dur !


 


Je finis sur jacques Marseille afin de bien doser mes interventions de la nuit présente. Il faut rappeler que ce
personnage fut dans sa jeunesse l’auteur iconoclaste d’une thèse sur la profitabilité réelle (nulle !) de la colonie algérienne pour la France depuis ses origines, et que ses conclusions
rejoignaient beaucoup celles de Paul Bairoch sur le même sujet. L’histoire des dérives de ce personnage par la suite résume celle en général des élites de ce pays nées dans les landaus du baby
boom.


Un social traître ordinaire, aussi fier de ses origines qu’il devint fier de cracher dessus pour défendre bec et ongles
son statut de destination contre des intrus dans son genre. Avec beaucoup de sérieux (il devrait rigoler plus souvent Todd) Todd a très bien caractérisé le processus dans « l’illusion
économique ». La nature de la mort de Jacques Marseille m’amène en fait à des considérations très médicales et vaguement sociologiques. Il y a vraiment beaucoup de gens qui meurent d’un
cancer de la prostate parmi les élites intellectuelles et artistiques (Mitterrand, Franck Zappa, maintenant notre meilleur historien de l’économie sur les ondes).


Moi qui suit particulièrement hostile à toute forme de libéralisme sexuel (très facho en fait) j’y vois bien sûr un
effet pervers de la pseudo «  révolution sexuelle » laquelle n’aura été qu’un avatar néolibéral de plus, destiné à rendre le sexe rare et cher. Les élites de la société
postindustrielle (les meilleurs, les plus malins, les plus vigoureux, les plus arrivistes, les plus friqués etc.) ont ainsi accaparé la plus value sexuelle au détriment des masses pauvres, dont
les femelles ont pu, grâce à la révolution féministe (à mettre en parallèle avec toutes les autres révolutions commerciales, celle de la brosse à dent par exemple), investir le marché impitoyable
de la séduction interclasses.


C’est ainsi que nos élites, non sans de fâcheuses conséquences pour leur équilibre métabolique, ont pu nager dans le
bonheur humide durant plusieurs décennies, en vendant cette vaste escroquerie par leurs canaux culturels favoris : le sexe sans classe. La « moyennisation » de la société
postindustrielle se débandant piteusement dans la très vilaine conjoncture de nos structures économiques (ou l’inverse, c’est selon) il est probable que cette grande aventure aura un fin très
puritaine et très morale.


Dans l’immédiat je ne saurai trop recommander aux populations masculines occidentales paupérisées de persévérer dans
leurs frustrations et leur solitude, cela d’autant qu’une très sérieuse étude médicale canadienne avait démontré il y a quelques années que la meilleure prévention contre le cancer de la prostate
résidait dans… un onanisme régulier et raisonnablement compulsif.