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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 17:23

"Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux" (Jean-Jacques ROUSSEAU, Ém. I)

 

 

 

C'est, je crois, la phrase qui décrit le mieux ce que l'on peut ressentir en écoutant parler une certaine gauche.  C'est ce que l'on peut déduire en tous cas des comportements et des propos multiples qui sont tenus par la gauche officielle et institutionnelle. D'Eva Joly qui ne trouve rien de mieux à proposer que de supprimer les derniers marqueurs identitaires la nation française en éliminant le défilé du 14 juillet. Comme s'il n'y avait pas réforme plus urgente et nettement plus dans les préoccupations des Français moyens que la question du défilé militaire. C'est curieux de proposer la suppression du défilé du 14 juillet au moment même où l'on parle de l'éclatement éventuel de l'euro d'ailleurs. Au propos de François Hollande qui part en guerre contre l'économie française en se déclarant plus libéral encore que les libéraux,et à droite de DSK pour le situer économiquement. Pour l'occasion le site fdesouche (dont je suis loin de partager les fantasmes, mais qui a au moins le mérite d'avoir de la mémoire) vient de remettre en ligne une vidéo où l'on voyait ce même François Hollande déclarer, devant Emmanuel Todd, qu'il n'était pas là pour défendre ses (con)citoyens... Une affirmation pour le moins curieuse pour quelqu'un qui est un élu de la république, mais qui à mon avis traduisait malheureusement une véritable sincérité. Rappelons tout de même à ce bon François que les Indiens ou les Chinois ont déjà des élites pour les représenter et que si personne ne défend les intérêts des Français en France, il y a peu de chance pour que les élites d'autres nations s'en préoccupent.



Cependant Hollande, par ses propos, a dit tout haut ce que finalement la majorité de nos élites institutionnelles pensent tout bas. La France on s'en fout tant qu'on a l'ivresse que nous octroie notre statut social. Bien évidemment le Hollande, qui n'est pas si idiot, se défend en prétendant vouloir défendre le prolétariat indien, mais comme le sous-entend la phrase de Rousseau qui peut donc croire un instant qu'un homme incapable de solidarité avec ses proches ou ses voisins, pourra en faire preuve avec des inconnus lointains. Il est évident ici que cet esprit contradictoire est le fruit d'une fausse conscience au sens de Marx. On prétend faire de la solidarité avec le lointain pour en réalité justifier son égoïsme local. Et les différentes propositions de François Hollande et plus généralement d'une grande partie de la gauche comme de la droite ne font que confirmer cette intuition. L'aide au plus démuni du lointain est une excuse de plus en plus ridicule justifiant les plus immondes saloperies pratiquées sur notre propre territoire. De l'inégalité des richesses en pleine explosion, aux avantages multiples ou aux dérogations de droit pour certains Français bien nés. La France ne compte plus les multiplications d'injustices que la génération Hollande (et je mets notre cher président dans le lot) a produit. Toutes les plus grandes horreurs se sont faites au nom du progrès, de la solidarité internationale, de la morale, ou de la liberté. On détruit tout au nom de principes creux, qui ont le plus souvent été largement détournés de leur définition de base à fin de soutenir les plus bas instincts d'une élite en perdition. On a justifié la destruction de l'état providence au nom de sa sauvegarde, on a détruit l'instruction publique au nom de son amélioration. Et l'on a soutenu la destruction de l'industrie française et la mise au chômage d'une grande partie de notre population au nom de la solidarité internationale et de la liberté de chacun. On a présenté l'euro comme une chance pour la France et aujourd'hui que le chaos s'installe dans cette zone monétaire l'on déclare que la catastrophe s'abattrait sur la nation qui oserait rompre avec la monnaie inique.

 

La démolition de la solidarité nationale par la destruction de la nation, justifiée par des considérations simplistes d'aide supposée à l'étranger. Voilà bien la fourberie la plus grande qui soit. La France avait naguère le christianisme pour endormir les imbéciles, elle a aujourd'hui le socialisme qui est bien devenu le nouvel opium du peuple. On peut critiquer Sarkozy, il a au moins le mérite de ne pas faire semblant de s'intéresser aux plus pauvres. De plus comme je l'ai expliqué à de multiples reprises sur ce blog le malheur des ouvriers français ne fait pas le bonheur des ouvriers chinois, il fait surtout le bonheur des multinationales et des intermédiaires. Mais on fait fi du réel et l'on invente des effets qui n'existent pas pour donner de bons sentiments à ceux qui bénéficient de la mise au rebut d'une part croissante de nos concitoyens. Il détourne le revenu du travail de ceux qui produisent les richesses vers ceux qui détiennent le capital pour reprendre une terminologie que nos amis socialistes utilisent souvent sans vraiment comprendre le sens des termes qu'ils emploient.  De la même manière que les considérations du futur et des prévisions les plus fantasmagoriques sur notre avenir lointain servent bien souvent à justifier des injustices exprimées au présent. Les œuvres de solidarité avec le tiers-monde ne servent le plus souvent qu'à justifier un égoïsme de classe qui a de plus en plus de mal à se cacher, malgré ses multiples sophismes verbeux.

 

François Hollande, un irresponsable en costume trois-pièces

 

  L'habit ne fait décidément pas le moine et dans le cas de François Hollande on atteint les limites de la contradiction. Le pauvre François pense ainsi que la priorité pour la France est certainement de sauvegarder sa sacro-sainte note triple A auprès des investisseurs internationaux. Il faut dire aussi que le François, il considère que le fait que l'état emprunte sur les marchés est une bonne chose pour empêcher la méchante inflation de manger le panier de la ménagère Africaine. Oui Africaine parce que la ménagère Française de base çà ne l'intéresse pas même si elle est encore largement majoritaire dans le pays. Dire que l'on s'intéresse à la ménagère de base blanche et française çà fait trop TF1. Et puis cela permet au passage de justifier la défense des sans-papiers et de motiver les troupes à défendre un sous-prolétariat armé de réserve pour le capitalisme, permettant la baisse constante des salaires pour les emplois non délocalisables.

 

 

 

 

Donc on le voit bien le Hollande, il est tout à fait constant dans son analyse. Il est contre le protectionnisme, officiellement parce qu'il est solidaire des esclaves chinois qui fabriquent les iPhone de ses gosses. Il est contre l'emprunt public officiellement parce que ça limite l'inflation, ce qu'il oublie de dire c'est que l'inflation n'est pas forcement mauvais pour les salariés.  Donc très logiquement il nous annonce aujourd'hui qu'il est pour la rigueur. Mais sans préciser que c'est surtout pour les autres parce que la rigueur lui il ne connait pas. C'est bien évidemment pour le commun des mortels français que sa rigueur rédemptrice sera. Et bien sûr pour François Hollande l'euro c'est formidable et en sortir serait une folie.

 

   Le plus grave dans tout cela c'est  que finalement Hollande pense sérieusement que toute proposition en dehors de ces contraintes libérales serait une pure folie démagogique. C'est bel et bien un effet de fausse conscience, car en réalité c'est bien au contraire ces solutions dites "raisonnables" qui ne le sont pas. Car la vraie démagogie consiste à donner de fausses solutions qui ne résolvent pas les problèmes tout en mettant en avant leur propre inéluctabilité. Les solutions de contraintes telles que ce que propose François Hollande sont incapables de résoudre la crise que nous traversons. C'est d'autant plus vrai que tous les pays d'Europe font les mêmes politiques créant ainsi un cycle infernal de contraction de la demande continentale avec l'aveugle Allemagne pour guide.   La démagogie est de faire croire que la contrition est toujours plus sérieuse que la dépense, que le libre-échange c'est toujours mieux pour tous le monde parce que l'on achète des produits moins cher. La démagogie à l'heure actuelle cela consiste surtout à vendre une politique qui défend des intérêts particuliers, ceux de la rente sous toutes ses formes, en prétendant qu'elle défend l'intérêt général. Car c'est très exactement ce que fait François Hollande.

 

La chimérique solution européenne

 

Mais le comble de la démagogie est surtout dans le fait d'affirmer l'existence d'une possible solution politique européenne alors même que les divergences atteignent des sommets en Europe. De plus, je rappelle que la proposition de François Hollande, faire racheter les titres de dette grecque et autres par la BCE,  ne résoudra pas le problème des déficits commerciaux. Or ce sont ces problèmes qui sont à la base du gonflement de la dette des nations. Ces nations qui sont aujourd'hui attaquées par les marchés financiers après avoir sauvé les systèmes bancaires de la faillite. Le fait est qu'il n'y a pas dans la boite à outils du petit François Hollande de mécanisme capable de résoudre le problème des déséquilibres commerciaux. Si ce n'est le fait de faire payer ad vitam æternam les pays en excédent les déficits des pays plus faibles. Or ce type de solution Hollande, à moins d'un fieffé crétin, sait pertinemment que les pays en excédent ne l'accepteront jamais. Il fait donc bien de la démagogie en prétendant pouvoir résoudre les problèmes des déséquilibres européens par ce tour de passe-passe comptable consistant à effacer les dettes et à les enterrer sous un platane à Francfort.

 

L'effacement de la dette et son rachat aurait un sens, si le problème de base des déficits commerciaux courants était résolu. Il n'en sera rien avec les solutions de Hollande. Ce faisant, les pays en déficit se retrouveraient donc rapidement avec un seul prêteur, la BCE, les acteurs privés ne voulant prendre aucun risque à long terme. Mais peut-être est-ce là le vrai objectif d'Hollande, utiliser la crise pour définitivement démembrer les nations européennes et leurs peuples avec. On le voit déjà préparer le terrain à la mise sous tutelle de la nation française. Grâce à la dette et à son remboursement, la BCE aura tous les droits sur le peuple français du moins jusqu'à ce que ce dernier comprenne enfin que la légitime violence est sienne et que rien ne nous interdit véritablement la violence face à ce type de politique. Avec François Hollande à la tête du pays nous pourrions finir par l'avoir notre révolution, car elle serait la seule solution face au dogmatisme démagogique d'un PS en perdition. Ce que je viens d'écrire aurait pu l'être également pour la plupart des candidats dominants qui sont potentiellement les futurs représentants de la gauche aux prochaines élections présidentielles.

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Published by Yann - dans politique
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jardidi 23/07/2011 15:29



Cette certaine gauche fait son boulot, elle descend en droite ligne de ceux qui ont refusé la révolution française. Les Républicains n'ont qu'un seul problème et ce n'est pas elle mais
l'incapacité à s'organiser.



erick 20/07/2011 21:40



@demos


La martine est elle aussi fusillée dans un excellent article de Francois Asselineau ici. De plus les vidéos
d'asselineau sont visibles là.


Bien à vous Toutes et Tous


Erick


 



olivier seutet 19/07/2011 11:46



Dans votre démonstration deux points me paraissent
incontournables :


1° Il est choquant que les états de la zone euro soient obligés d’emprunter à
des banques qui peuvent se refinancer auprès de la BCE à des taux moins élevés ; celà s’appelle une subvention permanente des établisements financiers par la collectivité ; il faudrait
d’ailleurs noter que lesdits établissements bénéficient mondialement d’un deuxième type de subvention qui est la garantie implicite des états  (non
facturée) contre leur risque de faillite (la protection contre le risque systémique).


2° Il me paraît pertinent de mettre au centre du débat le déséquilibre de la
balance commerciale ; c’est là que se joue l’avenir de l’économie française ; la restauration de cet équilibre (qui ne peut être qu’une œuvre de longue haleine dans un pays
désindustrialisé) demande que l’on agisse sur toutes les manettes qui à la fois restaurent notre compétitivité, nous protègent contre le dumping, favorisent notre développement
industriel.



A partir de ces deux points d’ancrage (l’un de méthode, l’autre de fond) je vois bien tous les avantages d’une monétisation partielle qui aurait pour conséquence, j’imagine, de donner un coup de
pouce à une baisse de l’euro sur les marchés, et une hausse de l’inflation suffisamment gérable  pour qu’elle ne vienne pas anéantir l’avantage donné
par un change plus favorable. Mais une telle mesure n’est qu’un palliatif et ne résoud pas le problème de la protection du marché européen contre les agressions des producteurs émergents qui
peuvent jouer aussi avec leurs taux de change voire leurs coûts de production.  Elle ne résoud pas non plus le problème de l’incitation à investir
dans notre pays. En clair une monétisation partielle n’a de sens que si elle s’accompagne de mesures d’incitations fortes (TVA sociale ? au niveau européen, au niveau français ?)
(allègement des contraintes règlementaires qui brident la croissance dans notre pays ?)



La Gaule 19/07/2011 04:56



@ Damien


 


Votre question est mal posée. Vous devriez plutôt demander : « A quel moment le 14 juillet a-t-il été fêté en France sans sa symbolique
guerrière ? ». Là, c’est facile, il ne l’a été qu’une seule fois, le 14 Juillet 1790, lors de « la fête de la fédération » laquelle a célébré la fusion des ordres et des
provinces en une seule nation « une et indivisible ».


Le paradoxe est que, en principe, c’est cette fête pacifique de la nation qui est célébrée chaque année et non pas, comme le pensent sans doute
encore la plupart des français, l’épisode sanglant et fort peu glorieux d’ailleurs (les têtes à bout de pique des gardiens suisses désarmés, on aurait pu s’en passer) de la prise de la Bastille
un an plus tôt.


Oui, mais voilà ! La république est bien née sous le signe de Mars, et l’honnêteté invite quand même à reconnaître que la faute n’en incombe
pas uniquement aux révolutionnaires français. Sur le plan intérieur, la crispation obtuse des castes dominantes sur leurs privilèges (une maladie bien française, elle sévit plus que jamais encore
aujourd’hui) ne pouvait que déboucher sur une résolution dans la violence.


 La collusion du premier des privilégiés avec les éléments les plus belliqueux de ses pairs à
l’étranger ne pouvait mener lui qu’à un embrasement de l’Europe sur la question révolutionnaire (le manifeste de Brunswick, c’était quand même tout sauf une invite à trouver une solution amiable
entre les peuples en colère).


Un siècle plus tard, quand les républicains revinrent définitivement au pouvoir, leur chère république était minée par un vice de forme ;
celui de n’avoir pu débarquer finalement que grâce à la débâcle de l’état français face aux armées prussiennes dix ans plus tôt, et en plus dans la honte des flaques de sang de la Commune.


L’exaltation des valeurs guerrières qui caractérisa d’emblée le nouveau régime ne peut se comprendre que par rapport à l’exutoire que réclamait
immanquablement ce contexte.


Si j’osais, je dirai que la reconstruction de l’armée sous la troisième république joua le même rôle que la construction européenne pour nos
générations de l’après guerre. C’était la nouvelle frontière, la ligne bleue des Vosges, à laquelle tout devait être sacrifiée, y compris la question sociale.


Votre allusion au 11 novembre est historiquement hors jeu. Seul le 11 novembre1918 fut considéré comme une « fête de la victoire »,
pour cause de soulagement général après quatre années d’épreuves terribles. Au-delà, quand il a bien fallu faire le bilan incommensurable de cet événement, ce jour n’a jamais pu sortir de sa
symbolique funèbre.


Il est ainsi des victoires qui résonneront toujours comme des défaites irréversibles.



olaf 19/07/2011 00:02



Sinon, concernant l'Allemagne, je ne suis pas sûr qu'elle sait précisément ce qu'elle fait. Elle a eu en partie une forme de réussite actuelle en raison des contraintes qu'elle s'est imposées
lors de la réunification, mais je ne crois pas que c'était plannifié pour faire face à la crise actuelle.


La vérité, c'est que l'Allemagne est bien embêtée d'avoir une telle place économique et politique maintenant. Elle est encombrée par sa puissance industrielle, qui doit être 3 fois la France en
valeur absolue sans compter l'Autriche et la Suisse germanophone, ou la Hollande presque germanophobe. J'en tire parti personnellement, tous les 2 mois je place des gros pions sur des gros
marchés internationnaux. J'ai persisté à travailler en France, pour bien moins cher, juqu'au jour où j'en ai eu marre, mais alors marre de chez marre des dirigeants français. Tant qu'on aura pas
vidé un bon paquet de dirigeants français, alors rien ne changera.