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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 20:21

  L'information n'a pas fait la une des journaux les absurdités dialectiques du gouvernement semblant remplir la totalité du bruit médiatique. La France a détruit 255000 emplois en 2009, j'ai bien dit détruite à ne pas confondre avec la hausse du chômage celle-ci pouvant se produire même avec une hausse de l'emploi. Pendant toute la période 80-90 la hausse du taux de chômage fut surtout le fruit d'une hausse de la masse salariale plus rapide que la hausse du nombre d'emploi. La France alors ne créait pas suffisamment d'emploi pour tout le monde. La situation actuelle est différente nous détruisons des emplois au moment même où la population active s'est stabilisée avant d'entamer une baisse. On peut ici parler d'un déclin absolu de l'emploi. Je ne parle pas bien sure de la qualité des emplois qui elle est déclinante depuis la fin des années 70, les services remplaçant petit à petit les emplois industriels avec toute les conséquences dramatiques pour le commerce français et l'avenir scientifique et technique du pays.

 

    Ces chiffres très négatifs sont corroborés par la consommation énergétique du pays une étude récente a montré que la consommation énergétique française a baissé de plus de 5.2 % en 2009 du jamais vue depuis 1975 et le premier choc pétrolier.  On pourrait se réjouir de cette évolution sauf qu'elle n'est pas du à une évolution de nos modes de productions énergétique ou de consommation. La baisse est simplement le résultat d'un appauvrissement brutal d'une partie de la population et d'une contraction de la consommation en résultant. Le tableau suivant montre les réduction de consommation loin des astuce statistiques visant à camoufler la catastrophe industriel que subit notre pays.

 

Bilan_2009_FEN_03.jpg

 

    Alors qu'officiellement le PIB n'a reculé "que" de 2.6% la consommation d'énergie de l'industrie a baissé de 9,7% et la sidérurgie de 26.6%!!! Sachant l'importance de la sidérurgie dans d'autres secteurs, comme l'automobile ou l' immobilier par exemple, vous imaginez l'hécatombe. La production manufacturière a aussi baissé sa consommation de plus de 15%. Notez que même la production nucléaire est en recule. Ce bilan énergétique est clair et sans appel, la France est sur une pente dangereuse du point de vue macroéconomique et le gouvernement sous-estime très largement la catastrophe.   Autre point intéressant de cette étude elle montre que le ralentissement de la croissance, doux euphémisme pour ne pas dire récession, produit une ralentissement de l'amélioration de l'intensité  énergétique. C'est ce que j'avais déjà pris comme argument contre les décroissants volontaires, la baisse de la croissance ralentit le progrés technique et en réalité ralentit la sortie d'un modèle économique fondé sur l'usage gaspilleur de l'énergie. Bien sure les contraintes externes sont nécessaires pour orienter l'évolution technique vers un éco-développement, mais l'absence de croissance ou de dynamisme économique réduira à néant toute tentative pour réorienter nos modes de production et de consommation.

 

Le développement durable ou la décroissance ?

 

        Au delà de la crise actuelle, qui se maintiendra tant que nos élites maintiendront les conditions de base de la crise à savoir le libre échange et les politiques de contritions salariales, il nous faut bien distinguer deux visions du futur. Le choix doit être clair et il est parfois obscurci par les termes employés dans le langage courant. Le mot le plus discutable étant bien sure celui de décroissance qui par nature entend baisse de la croissance. Or si l'on suit certains intellectuels la décroissance c'est la décroissance de la consommation des matières premières. Cependant quand j'entends décroissance à titre personnel j'entends récession au sens économique du terme. Et il est indéniable que la récession actuelle en France produit bien une décroissance, tout comme l'effondrement de l'URSS a fait entrer la Russie en décroissance. Mais il est tout à fait imaginable de voir une société en croissance économiquement et en décroissance sur la consommation de matières première ou d'énergie.Il ne faut pas confondre croissance comptable amélioration du niveau de vie et croissance de la consommation de matière première ce n'est pas forcement vrai.  L'exemple typique c'est la construction de centrales solaires (four solaire ou panneaux) en lieu et place de centrales thermiques classiques, il y a là croissance économique et décroissance à long terme sur la consommation de pétrole ou de charbon.Pour el consommateur cela ne change rien que la production soit écologique ou pas.

 

D'un point de vue comptable il y a croissance mais bien sure celle-ci est différente suivant ce que l'on met derrière les chiffres. On retombe sur la critique classique du PIB qui confond tout et n'importe quoi, ainsi la destruction fait grimper le PIB parce qu'elle entretient la reconstruction et donc la croissance. Michéa avait d'ailleurs formulé l'utilité des voyous et des gangsters pour la croissance économique car ces derniers par leurs actions de destruction et de violences justifient l'entretient de tout un tas de métiers du policier, au juge, en passant par les gens qui réparent. Seulement peut-on nommer une situation de croissance économique et de baisse de la consommation de matières premières ou d'énergie par le terme générique "décroissance" comme le font beaucoup d'écologistes. Le terme développement durable est finalement moins mauvais même si celui-ci est devenue n'importe quoi dans la bouche des spécialistes du marketing.

 

Le protectionnisme plus que jamais nécessaire

 

  La crise mondiale actuelle ne pourra pas cacher très longtemps l'autre crise plus grave qui est en train de se produire en silence, le pétrole s'épuise. L'Arabie Saoudite vient par exemple d'annoncer l'arrêt de l'exploration pétrolière ce qui signifie que la production de pétrole dans ce pays  va allé déclinante, sans aucune chance de retour, c'est le fameux pic oil. Or le passage du pic dans ce pays, eu égard à son poids dans la production mondiale de pétrole, signifie le passage du pic pour la majorité de la production mondiale. Dans ce contexte qui s'ajoute à d'autre pénuries à venir pour les matières premières il est urgent de relocaliser les activités de productions pour minimiser la consommation, mais aussi de contraindre la production industrielle à se passer de certains matériaux devenus rares.

 

Jusqu'à présent les protectionnistes dont je fais partie ont surtout prôné le protectionnisme pour des raisons macroéconomiques. D'ailleurs le protectionnisme d'un Maurice Allais, par exemple, s'axe essentiellement sur les produites manufacturés et l'agriculture, on a pas encore imaginé un protectionnisme visant à transformer le tissu industriel et sa production en nature.  On peut pourtant imaginer taxer des matières premières pour arriver à changer les comportements des industriels et de la population. L'expérience a d'ailleurs déjà été faite, même si ce n'était pas pour des raisons à proprement parlé écologiste. En effet le pétrole en Europe et au Japon a longtemps couté plus cher qu'aux USA en raison de taxes misent en place après les chocs pétroliers. Ces taxes qui ont eu certainement des inconvénients à court terme, ont pourtant été propices à long terme, poussant les industriels de l'automobile européens et japonais à produire des véhicules moins gourmands. A l'inverse les USA qui ont bénéficié d'un pétrole moins cher durant plus de trente ans n'ont pas fait cette mutation industrielle, le résultat c'est que l'industrie américaine est complètement larguée aujourd'hui alors que la monté des prix devient inéluctable. L'industrie automobile US est obligée de faire en quelques années ce que les industriels européens et japonais ont fait sur plusieurs décennies.

 

On voit donc que l'hypothèse de taxer des matières premières pour réorienter la production et la consommation intérieure est tout à fait intéressant, même si à l'usage il faudra veiller à ne pas trop forcé en surévaluant de trop les prix. L'inconvénient des taxes sur les matières premières importées, c'est quelles surenchériront aussi les produits nationaux, du moins à court terme, tant que les industriels ne pourront pas se passer des matières importés. Il faudra donc accentuer à coté d'éventuelles taxes, à moins de les remplacer par des contingents qui n'ont évidement pas cet inconvénient, puisque ces derniers limites quantitativement les importations plutôt que de jouer sur les prix.  A mon sens, la crise écologique mondiale et l'épuisement des matières premières ne sont pas le fruit de l'industrialisation en tant que telle, mais le résultat de l'industrialisation couplée à la mondialisation néolibérale. Si les nations n'avaient pas pu importer tout ce qu'elles voulaient à court terme elles auraient développé des industries différentes et d'ailleurs adaptées à la géographie et aux ressources locales. Nous vivrions dans un monde ou l'on ne produirait pas des choses identiques et de la même façon sur toute la planète.  Comme dans le cadre du vivant la diversité est une nécessité à la survie, l'homogénéisation des modes de production résultant de la mondialisation sont en réalité anti-écologique et donc anti-économique à long terme.

 

 

 

 

 

 

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

olaf 10/08/2010 12:04



Les Occidentaux doivent réapprendre à produire pour créer des emplois


http://blog-economique-et-social.blogspot.com/2010/08/les-occidentaux-doivent-reapprendre.html


L'ex patron d'Intel pointe le problème.