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11 août 2011 4 11 /08 /août /2011 18:00

  d 04C'est fait, pour sauver l'euro l'Union européenne se met à imiter les USA et à vouloir monétiser la dette des états membres. L'on pourrait croire qu'effectivement cette politique pourrait éventuellement maintenir la zone en état. Je prône d'ailleurs moi-même une monétisation progressive d'au moins une partie des dettes publiques européennes. Cependant dans le cas de la zone euro dans son ensemble, c'est oublier bien vite que cette politique ne peut en aucun cas résoudre les problèmes de fond des déséquilibres commerciaux extra et intraeuropéens. La solution de la monétisation par la BCE n'est qu'une solution momentanée à un problème structurel. A moins bien sûr que la BCE ne soit partante pour une purge régulière des dettes de la zone. Car ces dettes se reconstruiront rapidement une fois la première purge faite. Les déficits commerciaux qui sont au cœur des déséquilibres ne sont pas comblés, et rien n'indique le début d'un commencement d'une politique de rééquilibrage des balances commerciales de la part des dirigeants de la construction européenne. Par contre, on peut s'attendre à une nouvelle aggravation des politiques d'austérité. La BCE profitant de la crise pour accroitre encore son pouvoir autocratique sur les états de la zone euro en les poussant à s'affaiblir.

 

 

  Les Shadoks et Diafoirus sont au pouvoir

 

  Jamais les élites politiques et les économistes mainstreams n'auront autant ressemblé au docteur Diafoirus qu'à l'heure actuelle. Les mêmes qui n'ont pas vu venir la crise, et qui ne l'ont d'ailleurs toujours pas compris, produisent aujourd'hui des politiques qui aggravent encore la situation. Tels les Shadoks, les grands dirigeants du monde et leurs conseillés triés sur le volet pour n'avoir aucune idée originale, continuent à pomper et à pomper encore. Cette fois la BCE s'est mise à pomper de l'argent ex nihilo pour remplir les  passoires italiennes, espagnoles, grecques et bientôt françaises. Les sources des dettes restent, mais l'on pompe pour maintenir le niveau d'activité artificiellement. Ces pays ont besoin de rééquilibrer leurs balances extérieures, soit par une dévaluation, soit par une forme de protectionnisme, ou les deux, mais le dogme l'interdit. Les autorités sont donc dans une impasse et donnent des solutions temporaires qui en général aggravent la situation au bout de quelques mois et cela dure depuis 2008 tout du moins en Europe.  Combien de temps l'Europe va-t-elle tenir en rachetant les bonds des états membres?



Le paradoxe c'est que dans le même temps on préconise des politiques de restriction des budgets publiques. La France va probablement se voir infliger une lourde politique d'austérité même s'il est peu probable que les dirigeants les appliquent avant les élections. À moins d'une surprise électorale nous aurons des Diafoirus socialistes au pouvoir à la prochaine présidentielle. Des gens "sérieux" qui, pour effacer les dettes, feront revenir le droit social au niveau de celui du moyen-âge avec de la chance. Une dette dont pourtant les budgets publics ne sont en réalité pas responsables puisqu'essentiellement le fait du rafistolage régulier de la finance et des banques. Ce sont quand même les contribuables et les couches pauvres et moyennes de la population qui payeront au final les dégâts provoqués par un système financier absurde. J'en profite pour rappeler au passage qu'une bonne part de la dette française d'avant la crise était aussi le fruit d'une autre crise économique celle du SME en 1993-94, et de la politique du franc fort. Une époque où c'était, monsieur Balladur, le papa spirituel de notre actuel président qui était premier ministre. Sous Édouard Balladur la dette augmenta fortement pour soutenir le franc fort et permettre la future monnaie unique. Le franc fut ainsi collé au Deutshmark au début des années 90. Il suffit de voir le graphique de la dette au sens de l'OCDE pour voir que celle-ci augmente périodiquement quand les élites commencent à torturer l'économie du pays avec une monnaie surévaluée. Ce fut le cas durant toute la première période des années 90, et c'est le cas depuis que l'euro est passé à plus de 1,1€ pour un dollar.

 

dette-francaise.png



Accuser les dépenses publiques d'être responsable de la dette est donc complètement hypocrite ou être amnésique. Ce sont les contraintes stupides que nous donnons à notre économie qui sont responsables d'un PIB atone et d'une augmentation déraisonnable de la dette publique. La monnaie surévaluée produisant des crises et un ralentissement économique qui produit mécaniquement la baisse des rentrées fiscales et une hausse de la dette. Ajoutons à cela l'aberration qu'il y a eu à emprunter sur les marchés pour financer les investissements intérieurs. Que nos gouvernants cessent l'emprunt sur les marchés pour l'investissement public et qu'ils arrêtent le système de change flottant et le libre-échange, et la dette redeviendra rapidement raisonnable. Il est vrai cependant que nos élites font tout pour éviter ces sujets. On préfère amuser la galerie et provoquer la population en éliminant les maigres avantages dont les populations pouvaient encore bénéficier au risque de provoquer de graves crises politiques et sociales.

Les effets des contritions vont vite se faire sentir



Cependant, la crise en Europe ne commencera réellement à mettre en danger l'euro que lorsque son pilier central, l'Allemagne, commencera à flancher. Pour l'instant, la domination allemande et l'apparente bonne santé de l'économie outre-Rhin semblent interdire l'explosion de l'euro. Même si beaucoup y pensent là-bas. Les politiques d'austérité vont rapidement ralentir la demande en provenance des autres pays de la zone. On peut s'attendre à de très mauvais chiffres économiques en Allemagne lorsque la France, le premier partenaire commercial de l'Allemagne, commencera sa purge libérale. Une purge qui sera pratiquée par Hollande ou par un autre guignol du PS ou de l'UMP, une fois l'élection de 2012 passée. Étant donné que la France est le premier pays où l'Allemagne fait des excédents commerciaux, la contraction en France aura rapidement des effets sur la balance des paiements allemande. On peut d'ailleurs déjà voir les effets des premiers ralentissements sur la balance commerciale allemande. Le tableau suivant montre par exemple qu'en juin la production industrielle a reculé de 1,1 %. Globalement, la première moitié de l'année 2011 est moins brillante que celle de 2010.

 evolution-production-industrielle-allemande.png

source le site des statistiques allemandes :http://www.destatis.de/

 

Les contractions de l'Europe latine commencent déjà à faire ses effets. D'autant plus que les USA ou la GB ne seront plus là pour tirer encore les exportations allemandes. Lorsque le chômage recommencera à augmenter en Allemagne, il est probable que la population ou les politiques locaux, toujours avides d'externaliser les problèmes, sauteront sur l'occasion pour accuser les pays latins et la crise des dettes. À ce moment-là, l'Allemagne sera prête politiquement à la rupture avec l'euro, une rupture qui paradoxalement pourrait lui être fatale. Si la BCE pour l'instant semble donc avoir calmé le jeu sur les dettes italiennes ou espagnoles, les politiques d'austérité et la nécessité d'équilibrer les comptes, dans un cadre qui contraint à la seule régulation par le chômage, vont préparer la nouvelle crise de l'euro. Une crise qui sera essentiellement politique et que l'on peut attendre pour la fin de 2012, le temps que l'austérité française fasse son effet en Allemagne. Nos médecins européens sont les meilleurs ennemis de la zone euro, ce sont leurs politiques qui le plus surement feront sauter la zone euro. Il est possible également que le peuple français refuse de mettre un bourreau de l'UMPS à sa tête et rompe lui-même avec la monnaie unique, ce qui serait dans son intérêt. Mais il faut bien reconnaître malheureusement qu'il y a peu de chance pour que nous puissions y échapper. Je continue à penser que c'est plutôt d'Allemagne que viendra la mort de la monnaie unique.

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

olaf 18/08/2011 11:15



Yann


Tu as probablement raison, l'Allemagne aura du mal à s'en sortir.


Mais bon, tu auras compris que j'apprécie ce peuple, c'est plus fort que moi.


Quand je reviens en France, je suis effarré par le comportement des français, pas tous, heureusement. Il y a encore des français de qualité.


J'ai parfois l'impression de me retrouver en France dans un pays du tiers monde.


 


Mais rien n'est perdu, il ne tient qu'à nous de renverser la vapeur.


 


 


 



yann 16/08/2011 18:33



@Emmanuel B


Si l'euro éclate avant l'élection présidentielle on risque d'avoir des surprises au moment des élections. Ce ne seront d'ailleurs pas forcement de bonnes surprises étant donné les rapports de
force entre les alternatifs prônant la sortie de l'euro.





 


@olaf


Tu avez lu mon texte sur la réalité de l'économie allemande, tu sais très bien que l'Allemagne est en difficulté face aux asiatiques. Elle compense par ses excédents avec les autres états
développés, en dehors du Japon avec qui elle a un déficit.  Si l'europe et les USA coulent elles n'aura pas d'échappatoire, d'ailleurs son PIB commence déjà à caler.


@Samy B.


Merci, je ne me lancerai pas dans un concours de prédictions avec Asselineau. La seule certitude que nous ayons c'est qu'il faudra bien trouver une solution aux déséquilibres internes à la zone.


@A-J Holbecq


Merici pour le graphique.



A-J Holbecq 15/08/2011 16:47



Désolé, je ne sais pas réduire l'image...



A-J Holbecq 15/08/2011 16:33



A propos des déficits, les déficits constatés moyennés sur la période 1979/2010 s'établissent à -3,2%


Les déficits primaires (hors paiement des intérêts de la dette d'un total de 1410 Md€) moyennés sur la même période sont de - 0,4%


 






olaf 12/08/2011 14:16



http://www.m-pep.org/spip.php?article2081