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28 août 2011 7 28 /08 /août /2011 17:37

 

520291_former-defense-minister-chevenement-listens-to-a-spe.jpgLaurent Pinsolle, le porte-parole de Debout La République (DLR) vient  d'entamer une discussion avec le secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) Julien Landfried. Cette discussion confirme encore une fois l'analyse d'Emmanuel Todd sur le fait que les discussions entre les alternatifs sont infiniment plus constructives et intéressantes qu'une discussion entre des alternatifs et les tenants de l'idéologie dominante. Ces derniers fuyant en réalité la discussion par manque d'argument et aussi parce que les derniers défenseurs du système, même s'ils sont nombreux et possèdent encore la domination médiatique, ont d'ores et déjà perdu leur autorité morale. La faute à une situation qui se dégrade de jour en jour sous l'effet de l'application des remèdes de la doxa dominante néolibérale, la réalité fera ce que l'argumentation logique et raisonnable n'a pas pu faire ces trente dernières années au détriment malheureusement d'une bonne part des Français. La plupart de nos concitoyens finiront par comprendre qu'il n'y a guère de différence entre un  François Hollande et un Nicolas Sarkozy sauf sur le plan des apparences et de la communication, le PS et l'UMP ne faisant qu'appliquer les mêmes recettes qui n'ont jamais marché.

 

La discussion entre ces deux alternatifs montre tout de même une véritable rupture de conception. Une rupture qui marque, je crois, la réalité d'un véritable clivage droite-gauche, pour ceux qui en cherche un. Les propos de monsieur Landfried et de Jean Pierre Chevènement montrent tout de même une vision de l'Europe qui diffère grandement de celle de Nicolas Dupont Aignan et de son représentant Laurent Pinsolle. Chez NDA et Laurent Pinsolle, on sent une vision utilitariste de l'Europe à des fins de défense de l'intérêt national français. Je précise que personnellement je me retrouve plutôt dans le camp de DLR, je défends avant tout l'intérêt de mon peuple en tant que français. DLR est un parti souverainiste qui défend d'abord l'intérêt français et ses partisans construisent donc des stratégies et une vision qui correspond à cet objectif premier. Bien évidemment un souverainiste qui a le sens de la mesure et la tête sur les épaules défendra également la souveraineté des autres peuples à cause de son attachement viscéral à la question de l'indépendance et du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Cette raison souverainiste tend donc naturellement vers une vision internationale prônant le respect de l'indépendance de chaque peuple et vers une discussion entre nations. C'était la vision d'un monde multipolaire d'un De Gaulle. Pour cette raison, l'Europe d'un Dupont Aignan ne peut-être qu'une Europe des nations indépendantes. Mais des nations pouvant tout de même travailler ensemble et visant un certain équilibre. C'est une vision d'équilibre entre puissances et de coopération, une coopération qui peut d'ailleurs ne pas se limiter à l'Europe, mais à l'ensemble du monde. Cependant, cela signifie également accepter le fait que les intérêts divergent parfois et qu'il est des fois nécessaire d'affronter une autre nation quand ses propres intérêts vitaux sont en jeux. Au final il ne s'agit pas de faire une France en plus grande, mais simplement de créer des relations apaisées et équilibrées entre les peuples respectant l'indépendance de chacun du moment qu'elle ne nuit pas à celle d'autrui.



En lisant les propos de Landfried et de son mentor Jean Pierre Chevènement, il me semble par contre y voir une autre vision que celle de la souveraineté. J'y vois personnellement le côté gauche universaliste, le rêve d'une nation française plus grande. Pourquoi puis-je affirmer cela? Par l'attachement que Chevènement a vis-à-vis de la monnaie unique en premier lieu. Mais aussi de cette volonté absolue de maintenir une organisation à l'échelle européenne avec comme motif premier qu'il serait risqué pour nous de faire autrement. Il y a aussi cette volonté de reprendre les commandes de l'avion, pour reprendre l'analogie entre le pilotage d'avion et le fait de sortir de l'euro. Comme le souligne Laurent Pinsolle, il n'est pas déraisonnable de sauter d'un avion condamné à s'écraser. Et j'ai même envie de dire que l'avion en question n'a tout simplement aucun gouvernail qui permettrait de reprendre le contrôle.Le fait de vouloir, trouver un compromis avec l'Allemagne pour imposer un changement de direction politique de la zone est en soit, faire montre de peu d'intérêt pour les autres membres de la zone euro. En effet, c'est comme si on les considérait comme quantité négligeable. Or pour le souverainiste que je suis, le peuple danois ou le peuple finlandais ont autant le droit à la souveraineté que les Français ou les Allemands. À croire que pour Chevènement l'indépendance n'est qu'une affaire de taille. Nous indiquions pourtant récemment que de minuscules pays se portaient très bien sans l'euro à l'image de l'Islande. Nous pourrions citer la minuscule Singapour ou même la Malaisie qui n'ont jamais hésité à résister aux délires du FMI et à la libéralisation des marchés financiers. L'indépendance n'est pas une affaire de taille, c'est une affaire de volonté politique et de projet. La dépendance française est le fruit d'une stratégie délibérée visant à contraindre notre nation à plier chaque année un peu plus aux exigences de cultures économiques et politiques qui lui sont parfaitement étrangères. L'Europe a servi uniquement de prétexte pour nos élites afin de démolir les acquis du CNR et l'organisation sociale d'après-guerre. La solution consistant à vouloir faire à l'échelle de l'Europe ce que nous pourrions fort bien réaliser à l'échelle française, la monétisation de la dette par exemple, montre bien cet attachement à l'UE. Quant à nos relations avec l'Allemagne qui nous seraient si spécifiques, n'oublions pas non plus les multiples conflits et les divergences profondes qui peuvent nous séparer. C'est probablement à trop vouloir faire vivre des peuples aux aspirations différentes avec les mêmes règles et les mêmes lois que nous finiront par raviver les plus grandes tensions. C'est avec la crise de l'euro que l'on a vu resurgir les réflexes les plus sectaires et les tendances les plus racistes, on se souvient de la façon dont la Grèce a été traité. Faire sauter l'euro pourrait être la seule chose raisonnable pour éviter une escalade de violence en Europe lorsque les effets des contritions économiques atteindront leurs paroxysmes.

 

La peur de l'isolement français

 

Autre point de divergence que je crois important, le MRC semble craindre l'isolement français. On sent ici poindre en soubassement l'argument habituel de la taille de la nation française. Parce que finalement c'est ce qui ressort du fait de vouloir s'accrocher à l'euro tout en sachant pertinemment qu'il s'agit d'une mauvaise monnaie. Quel serait l'effet premier de la sortie de l'euro? La dévaluation. Or la dévaluation si elle renchérit le prix des importations, elle abaisse aussi celle des exportations et donc elle permet une nette amélioration de la balance des paiements comme l'expérience récente l'a encore montré en Suède ou en Islande. La dette quant à elle sera de toute façon convertie en franc et monétisée, au moins en partie. Nous aurons une inflation un peu plus forte, mais ce n'est pas forcément un drame. La situation française était d'ailleurs meilleure lorsque l'inflation dépassait 3% par an. Et pour peu que l'on réajuste les salaires pour les adapter à ce changement c'est un bon moyen pour transférer du revenu de la rente vers le travail et l'investissement.



J'ai en fait la désagréable impression que JPC se laisse dominé par la peur. La peur de la rupture avec une politique qui est devenue un rituel ces trente dernières années, l'Europe étant devenue à tort comme étant le seul destin national présenté aux Français. Un peu comme si la France devait impérativement disparaître à cause d'un sens de l'histoire et d'une mauvaise analogie avec les cités antiques. Comme je l'ai déjà expliqué, je pense qu'au contraire le sens de l'histoire c'est la démocratie, une démocratie qui nécessite pour son application une certaine homogénéité culturelle et politique pour pouvoir advenir. C'est ce qui explique que plus la démocratie progresse et plus les grands ensembles multinationaux se disloquent sous l'effet de l'impossibilité de faire cohabiter plusieurs peuples aux aspirations différentes dans une seule nation démocratique. La dérive autoritaire européenne est d'ailleurs normale puisque seuls les empires et la violence permettent de maintenir des peuples disparates dans un seul corps politique.



Si Chevènement croyait réellement en la France il ne dirait pas que nous sommes condamnés à nous entendre avec l'Allemagne, car tel n'est pas le cas. Rien n'empêche physiquement le peuple français d'entrer en confrontation avec la puissance germanique, en dévaluant et en taxant les importations de ce pays. Nous sommes obligés d'avoir des rapports avec l'Allemagne certes, mais nous ne sommes pas obligés de nous plier à ses désirs. La domination économique de l'Allemagne ne sera de toute façon pas durable et elle provient en grande partie du fait que ses voisins ont abandonné toute politique de défense à son encontre. Je rappellerai à ici à monsieur Chevènement, que l'on ne choisit pas son adversaire, c'est lui qui vous choisit. L'Allemagne a choisi de faire sa prospérité avec des politiques mercantilistes et dix ans de « coopération » monétaire avec elle n'ont pas vraiment réussi à réduire les divergences franco-allemandes, bien au contraire. D'autant qu'il semble que les autorités allemandes n'aient pas vraiment conscience de l'origine de leur prospérité momentanée puisque ces mêmes autorités sont en train de pousser toute l'Europe à l'austérité ce qui ne sera pas sans effet sur les excédents allemands. Nous n'avons donc pas besoin de parler avec l'Allemagne, sous-entendu de nous plier à ses exigences. Nous avons surtout besoin de réaffirmer notre indépendance et cela passera nécessairement par des politiques unilatérales et un conflit. Les pays mercantilistes comme l'Allemagne, le Japon, la Corée ou la Chine doivent être remis à leur place et cela passe par des politiques de réactions fortes. Ce n'est pas en leur léchant les bottes qu'ils changeront d'attitude. Les USA demandent à la Chine de changer sa politique monétaire depuis des années, sans que les chinois obtempèrent il me semble.



En restant dans la zone euro nous pourrions d'ailleurs déjà faire des politiques unilatérales en désobéissant aux règles européennes et en rien face aux menaces ridicules des fonctionnaires européens. Faisons comme le Danemark, rétablissons donc les frontières françaises non seulement pour le contrôle migratoire, mais surtout pour taxer et réguler les échanges avec nos partenaires les moins coopératifs. Chiche, taxons les produits allemands à hauteur de 25% et voyons la réaction de Berlin. Les dirigeants allemands trouvent normal d'avoir un excédent de 27 milliards d'euros avec la France, leur nation « ami ». Soyons aussi égoïstes qu'eux et exigeons le rétablissement immédiat de l'équilibre de la balance commerciale entre la France et l'Allemagne. Mettons-les devant le fait accompli. C'est de toute manière la seule chance qu'il y est de voir les politiques européennes changer. Je rappelle d'ailleurs au passage que même si des alternatifs arrivent à monter au pouvoir ils ne dirigeront que la France en aucun cas l'Europe ou l'Allemagne. On ne peut pas dire comme le fait Chevènement que l'on veut défendre les intérêts de la France et ne pas risquer de froisser d'autres nations dont le comportement est manifestement agressif même si c'est uniquement sous forme commerciale. À l'heure actuelle la seule chose qui devrait nous faire peur ce n'est pas la sortie de l'euro, ou la colère de l'Allemagne, mais bien le statu quo et l'inaction, car c'est cette hypothèse qui mettra à long terme la nation française parterre.

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

machine a sous 07/08/2012 11:38


Les jeux de casino sont très variés et vont des jeux de cartes aux machines à sous
en ligne. Il y en a pour tous les goûts sur un casino en ligne. Chaque type de jeu s’accompagne de son lot d’amateurs et de détracteurs. Les machines à sous en ligne n’échappent pas à la règle.

clovis simard 04/03/2012 16:14


(fermaton.over-blog.com)


No-2, THÉORÈME APIS. MORTALITÉ des ABEILLES.- CHAOS GÉNÉRALISÉ ?

RST 30/08/2011 18:55



Jean-Pierre Chevènement est l’un des rares hommes politiques français à avoir la stature d’un chef d’Etat, grâce notamment à  son expérience
ministérielle. Son âge et les prises de position décrite dans le texte ci-dessus font qu’il ne le sera jamais. 



roudoudou 30/08/2011 11:23



je ne comprends pas cette fixation sur l'euro, en quoi cette monnaie est-elle un problème ?


on nous l'a tellement fourguée et maintenant on voudrait nous faire croire que c'est une mauvaise chose ? le problème ne serait-il pas qu'en parallèle on a obligé les pays de la zone euro à avoir
la même (non) politique commerciale, de sorte qu'il n'y a plus moyen de s'adapter à la conjoncture ? l'autre option, le dumping fiscal, ne me semble pas être une bonne chose (on n'a quand même
pas fait l'UE pour recréer les guerres en europe sous forme commerciale !)


donc pourquoi ne pas rétablir des barrières douanières pour relocaliser l'emploi en france ?


je sais que c'est contraire aux règles de l'union mais franchement qui viendrait nous faire un deuxième trou au cul ? barroso ?


ça me semble plus simple que de faire sauter l'euro, qu'en pensez-vous ?



La Gaule 30/08/2011 02:08



Pour rester dans le sujet –la république sent le roussi- le monologue décalé
d’un pompier municipal :


 


http://olivierdemeulenaere.wordpress.com/2011/08/26/olivier-delamarche-le-25-aout-2011/