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18 décembre 2010 6 18 /12 /décembre /2010 21:52

          Pour changer un petit peu des sujets lourds et en attendant que mon mal de tête et ma fièvre s'en aillent , je vais mettre une vidéo   que j'apprécie particulièrement. Dans la catégorie les animes intelligents j'ai décidé de mettre un épisode d'une petite série d'animation japonaise que j'avais vue il y a quelques années et que j'avais trouvé très orgininale et bien ficelée. Mon but ici est également de changer un peu l'image qui colle à l'animation japonaise, voir à l'animation tout court, non il ne s'agit pas d'un média réservé aux enfants. Bien que rare, il existe quelques œuvres optant pour un publique plus adulte. Et dans l'incalculable quantité de productions d'animé fabriquée annuellement au Japon, on trouve quelques perles qui mériteraient d'être mieux connues dans nos contrés. Bien loin du mythe des japonaiseries chères à Ségolène Royal, les japonais fournissent des œuvres animés pouvant tout à fait se comparer aux meilleurs productions cinématographiques occidentales. Malheureusement en France c'est surtout la jeunesse qui s'intéresse à l'animation du pays du soleil levant, ces animés peuvent donc être passablement ignorés du grand publique français pourtant plus apte à en saisir les nuances. L'animation japonaises ce n'est pas que Goldorak, Dragon ball, Naruto et quelques films de Miyazaki, seul auteur réellement reconnu du grand publique français avec peut-être Katsuhiro Otomo le créateur du cultissime Akira.

 

    Pour cette première je voulais parler d'un animé tout à fait original puisque essentiellement tourné vers la réflexion philosophique, Kino no tabi, le titre français étant L'odyssée de Kino.  Reprenant le coup classique du voyage vieux comme Ulysse, cette série nous conte l'histoire d'une voyageuse, Kino, qui passe de pays en pays par pure curiosité. Et chacun de ces pays imaginaires sont autant d'occasions de raconter les multiples facettes de la nature humaine et de la vie en société.  La plupart des épisodes sont pertinents, certains nous parlent de la confiance, d'autre de l'utilité de l'inutile, de la guerre, de la violence parfois nécessaire, un autre parle de la violence symbolique et du sacrifice etc... Kino est accompagnée dans ses pérégrinations d'une motorad du nom d'Hermes, une motorad c'est une moto qui parle, oui c'est étrange mais ce compagnon mécanique se révèle un prétexte idéal pour nous fournir les réflexions de Kino à travers leurs  longues discussions.  L'épisode que j'ai choisi de mettre parle des prophéties, des traditions et des croyances. L'épisode se questionne particulièrement sur la nature d'une prophétie, à l'image du Dune de Franck Herbert ,on se demande à la fin si la prophétie est vrai ou si elle s'est produite parce que les gens y croyaient, devenant ainsi une prophétie auto-réalisatrice. Les morceaux de l'épisode, éparses et distincts au premier abord, finissent par se rassembler à la fin, pour donner une explication globale aux propos de l'épisode dans son ensemble.

 

Globalement cet épisode est bien représentatif de la série dans son ensemble, la narration est lente, on est loin des séries américaines, et la philosophie globale est bien éloignée du manichéisme occidentale. Car Kino ne juge jamais les gens ou leurs comportements, elle assiste simplement aux curiosités du comportement humain. Elle est l'ingrédient extérieur qui révèle souvent l'absurdité de certaines sociétés qui n'ont pas conscience justement de leurs  problèmes. Kino va même souvent débloquer des situations dans les pays qu'elle parcourt par sa simple présence parce qu'elle montre que l'on peut faire autrement, et que ce que la société pensait immuable ne l'était en fait aucunement. On notera que la version française de l'animé est passablement irrespectueuse de l'oeuvre d'origine, la Kino en VF se permet des remarques et des propos qui n'existent pas dans la VO. Encore une mauvaise manie française que celle de vouloir changer une oeuvre pour la faire correspondre à ses propres idées. Si vous avez envie de voir le reste de la série je vous conseillerais donc de la voir en vostfr plutôt qu'en VF, mais c'est vrai pour beaucoup de films ou de séries de toute façon. Quoiqu'il en soit, c'est une œuvre à voir et j'espère que cet épisode vous donnera envie d'en regarder plus, cette série le méritant amplement.

 

 

 

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commentaires

Bertrand 20/12/2010 04:08



'Tain, j'ai l'impression d'etre un vieux ringos, moi, avec mes Spirous...


... C'est surement pas qu'une impression, d'ailleurs.



yann 19/12/2010 23:16



@René


C'est normal l'écrit fait plus appel à la réflexion que l'image ou le son, ces derniers faisant plutôt appel à l'émotion. La civilisation de l'image est clairement moins réfléchie que la
civilisation de l'écrit même si l'on peut espérer qu'internet réintroduira un peu la culture de l'écrit dans la pratique.


 


Sinon pour moi au studio Ghibli je préfère quand même Isao Takahata que Miyazaki  qui a un style plus enfantin. Son oeuvre majeure le Tombeau des luciole reste quand même pour moi le plus
grand film d'animation. Comme auteur plus récent je pense à l'étrange Yoshitoshi Abe qui a fait des série qui sorte vraimentde l'ordinaire, je parlerai de lui dans un texte. Il a fait Lain,
Texhnolyze, Niea under 7, et les ailes grises et ce sont toutes des séries vraiment originales.


Sur le déclin nippon il s'explique probablement par la sous-traitance  excessive en corée, car à force d'expatrier les fonctions d'animation pour faire des économie salariales, ils ont tué
la machine à produire de nouveaux réalisateurs. Ces derniers n'ayant plus l'occasion de se faire la main, les jeunes ont de moins en moins la possibilité de montrer leur talent sur le tas.
Heureusment certains studios japonais ont eu le réflexe de maintenir une production nationale comme le fameux studio IG responsable de la série des Ghost in the shell, ou de l'énorme série
toujours pas sortie en France Seirei
no Moribito ou plus récemment Higashi no Eden cette série à un super générique d'ailleurs.



René Jacquot 18/12/2010 22:27



Excellent! Ce billet avec la référence à Otomo me fait penser à un autre billet de Natacha Polony qui expliquait que la BD, les mangas et l'heroic-fantasy faisaient appel à des processus
cognitifs moins complexes que la littérature classique, position avec laquelle je suis plutôt en accord!


Otomo n'est pas mon favori et j'ai une petite préférence évidemment pour Miyazaki (père et fils) et les studios Ghibli, Taniguchi, Satoshi Kon... Mais globalement, l'animation japonaise
"plafonne" un peu depuis 10 ans, n'en déplaise aux otakus et le renouveau se trouve en fait du côté des comics!