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20 mars 2011 7 20 /03 /mars /2011 21:00

      Et c'est reparti alors que l'expérience de ces dix dernières années aurait pourtant dû nous donner quelques leçons, voilà que l'occident se met à nouveau à menacer de tout bois les méchants dictateurs du sud. C'est le retour des grands discours émotionnels et des interventionnistes de salon, à l'image de BHL dont on ne sera vraisemblablement débarrassé que lorsqu'il mangera les pissenlits par la racine. Il se trouve que certains de mes camarades sont tombés également dans ce piège de l'intervention à caractère humaniste, y compris mon collègue gaulliste Laurent Pinsolle qui semble défendre une telle opération. Vous l'aurez compris personnellement je suis complètement opposé à ce type d'actions et ce pour plusieurs raisons.

 

Je trouve de plus  incroyable les incohérences construites autour du droit d'ingérence militaire, car il n'est de secret pour personne que ces interventions, sous drapeau droit de l'hommiste, n'interviennent étrangement que dans certains pays possédant deux caractéristiques fondamentales. La première est qu'il semble que les droits de l'homme et la défense des opprimés ne donnent le statut de victime légitime que si le sol du pays sur lequel  se trouve les victimes possède certaines caractéristiques physico-chimiques lui permettant de produire des hydrocarbures. Il faudra sans doute demander aux chimistes par quel miracle les hydrocarbures transforment les cadavres en putréfaction en interventionnisme militaire chez les occidentaux. Voilà de quoi avoir un prix nobel de chimie un mystère absolue vraiment. La deuxième condition semble être un état d'affaiblissement extrême de l'état à aider, en effet seule une nation affaiblie pourra obtenir l'aide médicale des occidentaux. Nos médecins sont formels, il semble que seul les nations militairement faibles puissent obtenir des soins d'urgences et des opérations au rafale  radioscopique. Les saoudiens qui possèdent pourtant le premier critère d'intervention n'ont malheureusement pas accès à l'aide médicale, leur santé leur permettant encore de massacrer librement les populations à Bahrein. Si l'on oublie la plaisanterie, comment ne pas voir que ce double discours et cette double attitude permanente ont un effet désastreux sur l'image de nos propres pays.

 

    Combien de nations dans le monde connaissent des difficultés, des guerres, ou des dictatures sanglantes, sans que cela n'émeuve nos pauvres nations grandes défenseuses de l'humanité. Cette façon de faire de la géopolitique bassement matérielle en usant de slogans humanistes voilà bien la plus mauvaise action qui soit, c'est à vomir. De plus je rappellerais à nos bombardeurs psychopathes que ce sont de jeunes hommes et de jeunes femmes français qui vont aller se faire tuer en Libye. On ne met pas en jeu impunément la vie de ses compatriotes, même s'ils sont dans des avions et non sur le terrain à proprement parler. Pour ma part je considère que la seule chose qui justifie le risque de la mort pour nos soldats c'est la défense du territoire français et rien d'autre. Déclencher des conflits dans des pays lointains pour des raisons qui sont  plus obscures que celles qui sont présentés officiellement, c'est faire preuve d'une légèreté tout à fait incroyable. Peut-être faudrait-il envoyer nos politiciens avec nos hommes sur le terrain pour qu'ils cessent de déclencher des guerres sans réfléchir. Et je ne parlerai pas ici des multiples victimes collatérales en Libye que nos armes vont provoquer.  En réalité nous offrons à Kadhafi un moyen sûr de se faire passer pour un martyr aux yeux des populations arabes et africaines, d'autant plus qu'il a de fortes chances de l'emporter sur le sol face aux insurgés, même avec les bombardements occidentaux. Là il passerait pour un héraut ayant fait tomber les néo-colonialistes blancs.  Et puis qui sont ces insurgés d'ailleurs? On en sait rien en fait, on doit les défendre nous disent les médias, mais si ce sont justes des terroristes violents, pas plus légitimes que l'autre fou au pouvoir, aurait-on quand même raison d'intervenir? Je tiens à signaler que l'on soupçonne fortement ces mouvements d'être en réalité des formes d'action de la part de fondamentalistes musulmans, pas vraiment des démocrates, en tout cas pas plus que Kadhafi. Comme le note Philippe Grasset sur dedefensa :"Il faut rappeler que certains régimes arabes, de fort mauvaise réputation certes, comme l’Algérie et la Syrie, ne cachent pas qu’ils livrent des armes à Kadhafi parce que leur conviction est que le mouvement anti-Kadhafi contient effectivement des éléments islamiques dangereux."

 

  Quel paradoxe si notre intervention favorise les pires des pitres dictatoriaux que l'on puisse imaginer et tout cela au nom de la défense des droits de l'homme, comme en Afghanistan n'est ce pas? En réalité plus les occidentaux s'évertuent à intervenir, plus ils aggravent la situation et il n'y aucune chance pour que cette règle ne s'applique pas à la Libye. La puissance militaire devient ainsi l'impuissance politique, par un renversement étrange lié à la communication instantanée généralisée, la puissance rend en fait impuissant. Que la France intervienne en Libye et le sanglant dictateur deviendra un champion de la lutte contre l'empire américain,et s'il perd ses remplaçant auront tôt fait de foutre dehors les occidentaux tout en prônant la charria. Vaste programme, sans oublier les risques d'une guerre civiles sachant que la Libye n'est pas vraiment un état nation mais plutôt un regroupement de tributs disparates.

 

 

Le camp gaulliste première victime colatérale 

 

      Mais le plus étonnant dans cette histoire, c'est l'absence totale des prétendus gaullistes sur cette affaire. Nicolas Dupont Aignan soutient étrangement l'intervention militaire, tout comme mon collègue Laurent Pinsolle, mais ce n'est pas tout puisque l'on peut lire sur le blog de Jean-Pierre Chevènement la même illusion. Même si ce dernier tempère en appuyant sur le fait que la résolution de l'ONU se limite à une simple limitation des espaces aériens,et en aucun cas à un droit d'ingérence. On notera quand même que le Che n'est pas contre cette intervention ou du moins il n'exprime pas son désaccord, s'il en a un. C'est un revirement assez étonnant de sa part, une rupture assez inhabituelle de sa direction constante en matière de politique étrangère, rappelons qu'il s'était opposé à la première guerre en Irak. Et puis il faut être bien naïf pour croire que l'intervention actuelle se limitera à cela, en Afghanistan aussi cela devait être limité, on y est encore pourtant. On constatera également le soutient de Dominique De Villepin à cette intervention militaire, le "héros" du discours sur l'Irak à l'ONU semble avoir perdu de vue les arguments qu'il utilisait alors. Ou est passé le principe de non ingérence dans les affaires intérieurs d'un pays, principe éminemment gaulliste. Rappelons que le Général De Gaulle fut l'un des premiers  à reconnaître la Chine communiste, et qu'il discutait avec les autorités soviétiques pourtant peu démocratiques. La France s'est toujours mise comme principe de base de respecter les souverainetés nationales, même s'il y avait des conflits internes.

 

Et d'ailleurs nous n'avons pas à écrire l'histoire des autres peuples, il suffit pour comprendre ce principe de bon sens de se mettre à la place des populations locales. Imaginons un instant que le sud de la France soit en proie à un conflit entre différents partis, comment réagirait la population française si la Chine ou l'Allemagne arrivaient avec leurs gros sabots et favorisaient ainsi l'un des camps quel qu'il soit.  Même si l'intervention était bien intentionnée, il y aurait toujours un doute quant à l'intégrité des futurs vainqueurs, de même qu'il y aurait une haine et un dégoût vis à vis des puissances ayant participé à ces actions. Une intervention étrangère ne peut se justifier que s'il y a un conflit entre état nation, une guerre classique. Si un pays en agresse un autre alors là l'intervention militaire peut prendre sens. Mais nous ne sommes pas dans ce cas de figure en Libye. Dans le cas de guerre civile il ne faut pas prendre parti, sous peine de nourrir un ressentiment, et ce que je dis est vrai pour les peuples arabes, mais c'est vrai en général, l'intervention est souvent contre productive.

 

Nicolas Sarkozy le fossoyeur de l'indépendance française

 

  Nicolas Sarkozy finit donc son pitoyable mandat par un feu d'artifice guerrier, si seulement il pouvait aller en Libye pour y montrer tout son courage, sa mort serait probablement la seule choses qui puisse à posteriori justifier ce conflit. On voit aujourd'hui le résultat de la rentrée de la France dans l'Otan, c'est d'ailleurs souligné par le journal Le Point, ce sont les USA qui commande les opérations en Libye et non la France. On comprend ici peut-être mieux pourquoi c'est la France qui a apparemment été l'instigatrice de cet absurde intervention. Les USA et la Grande-Bretagne ayant une image déplorable, ils ont en réalité usé de leur caniche Sarkozien pour faire passer la pilule militaire. C'est d'ailleurs ce que sousentend le New York Times comme expliqué dans cet article qui prétend qu'en réalité ce sont les USA qui ont fait pression pour permettre le conflit, la France ne servant que d'intermédiaire.  La France était plus présentable pour justifier le conflit militaire et faire valoir les intérêts des USA dans la région. Que voulez vous avec toute cette instabilité et la possibilité de voir l'Egypte grand allié traditionnel des USA tomber sous un régime potentiellement hostile, il fallait bien une nouvelle base arrière alors pourquoi pas la Libye? Et en plus il y a du gaz et du pétrole, le pays ne fait que six millions d'habitants et il est tout plat, c'est plus facile à contrôler. La Libye ferait une formidable base arrière pour la puissance américaine au cas où les autres régimes arabes, qui sortirons des révolutions actuelles, seraient anti-américains. Les intérêts de la France dans tout çà on ne les connaît pas, peut-être les intérêts de Total, ou les intérêts de Nicolas Sarkozy lui même sont-il en jeu, mais les intérêts de la France non. D'ailleurs l'Allemagne qui importe aussi du pétrole de Libye n'a pas bougé d'un pouce, nos alliés latins non plus d'ailleurs, ils n'étaient pas vraiment enthousiastes. Finalement par un renversement assez incroyable, il semblerait que la France soit la dernière puissance d'Europe continentale à agir aveuglément pour les intérêts US, étonnant non?

 

La guerre un chose trop sérieuse pour être laissé aux militaires, aux politiques et aux médias

 

    Une chose est quand même sûre dans cette affaire, il y a un problème dans notre organisation politique. Car comment un pays, soit disant démocratique, peut-il tolérer qu'un individu, même président, ou un groupe parlementaire, guère représentatif d'ailleurs, puissent ainsi déclencher une guerre sans débat et sans possibilité d'opposition pour ceux qui sont contre? Il va falloir sérieusement réfléchir à une limitation des moyens militaires qui ont trop souvent servi d'aide auxiliaire pour régler des affaires internes. Ce n'est pas vrai que pour la France d'ailleurs. La guerre ne doit pas être le fruit d'un calcul politicien à court terme, pas plus que le résultat de la défense des intérêts corporatistes des lobbies militaro-indutriels ou autre. La guerre ne doit en aucun cas être décidé par un petit groupe d'individus car ses conséquences c'est le reste de la population qui les subit. D'autant plus que les difficultés économiques de notre pays et sa situation structurelle va rendre très coûteuses ces opérations, nous ne pouvons pas comme les USA éponger notre budget militaire par l'exportation de notre inflation, nous ne possédons pas le dollars. A vrai dire nous ne pouvons même pas émettre de monnaie pour notre propre budget, ce qui veut dire que seul l'emprunt sur les marchés financiers peut financer ce genre d'opération, alors même que la France est déjà en situation de  sur-endettement gravissime.

 

  On peut affirmer que plus d'intervention militaire, c'est moins de fonctionnaires dans les écoles, dans les hôpitaux, ou dans la justice. Et ce n'est pas ceux qui brament comme BHL qui payent ces guerres, la plupart d'entre eux étant des exilés fiscaux,  ce sont les petits contribuables qui subissent déjà les conséquences des délires libre-échangistes et européïstes de ces mêmes élites.  A titre personnel je me demande si finalement la France ne devrait pas faire comme l'Allemagne ou le Japon d'après guerre, limiter à  1% le budget militaire et interdire les opérations hors de son territoire. A cela on pourrait ajouter la nécessité d'un référendum pour tout acte de guerre ou demande d'intervention militaire. Avec ces mesures on éviterait ainsi aux hommes politiques français de pouvoir jouer les gros bras à l'étranger tout en esquivant les problèmes intérieurs.  Ils auraient peut-être ainsi plus de temps à consacrer à ceux qui les ont élu et qui les nourrissent.

 

 

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

olaf 22/03/2011 20:20



L'Allemagne et l'Italie ont des gros intérêts pétroliers en Lybie, et ces 2 pays ne se sont pas précipités sur leurs armes. Le maintien de Kadhafi les aurait bien arrangés.


Les éléments de décision sont très nombreux.


 



Obéron 22/03/2011 17:35



Très bon article et qui recoupe l'analyse critique du site Polémia :


http://www.polemia.com/article.php?id=3638


Analyse cynique mais, hélas, que l'on pressent juste.



Laurent Pinsolle 22/03/2011 13:10



Yann,


 


Ton titre est très juste et je reconnais volontiers que si nous intervenons, c’est parce que nous sommes plus forts. Comme le souligne Jacques Sapir, le droit d’ingérence est toujours un droit du
plus fort sur plus faible que lui. Du coup, on peut même contester la notion de « droit » puisqu’il s’agit d’un coup de force. J’ai longtemps été tiraillé sur cette question par mon
attachement à la souveraineté et le sort du peuple libyen, ce que j’ai exprimé dès le 1er mars sur mon blog et plusieurs fois après.


 


Je crois malgré tout qu’il fallait intervenir car l’alternative (la non intervention) était bien pire. Nous avions le choix entre laisser Kadhafi remettre au pas son pays et provoquer une
répression sanglante ou soutenir des rebelles qui avaient failli le renverser, qui nous demandaient de l’aide, le tout avec un minimum d’accord de la Communauté Internationale et de la ligue
arabe (même si cet accord est remis en cause). Je pense que l’exemple (de la France) que tu prends n’est pas juste. Là, il s’agit d’aider un peuple qui essaie de se libérer un tyran, qui a failli
y parvenir seul, et qui demande un coup de main pour y arriver. Cela rend cette intervention très différente de l’Irak ou l’Afghanistan (je préciser que je suis opposé aux guerres d’Irak ainsi
qu’à l’intervention en Afghanistan).


 


Sur le pétrole, comparaison n’est pas forcément raison ici car nos intérêts énergétiques me sembleraient plutôt pousser à ne pas intervenir et laisser en place les autocrates avec lesquels nous
commerçons. La Libye tombée, les troubles pourraient s’amplifier, perturbant plus encore notre approvisionnement. Le calcul cynique me semblait plutôt pousser à la non intervention.


 


Sur Bahrein, tu as raison, c’est deux poids deux mesures. Ce n’est pas juste. Mais est-ce parce que nous ne pouvons pas intervenir là-bas que nous ne devons pas intervenir en Libye, où nous le
pouvons ? C’est vrai que la position qui consiste à dire que l’on intervient nulle part est non seulement plus simple mais plus cohérente, mais je n’ai pas pu me résoudre, malgré mes
convictions à me dire qu’il fallait laisser faire Kadhafi.


 


Sur la perception par les pays arabes, je pense que là,  tu exagères. Si Kadhafi tombe (ce qui me semble probable, sinon l’intervention n’a pas de
sens), alors le peuple libyen (et les nouvelles autorités) seront reconnaissants. J’ai vu des Libyens chanter le nom de Sarkozy et agiter des drapeaux Français. L’issue nous dira dans quel sens
va l’histoire. Prendre en compte la volonté d’un régime autoritaire comme celui de l’Algérie me semble biaisé. Il est évident qu’Alger préfère que Kadhafi se maintienne pour éviter la contagion…
Si l’Europe a fini par reconnaître le CNT, il doit quand même présenter de sérieuses garanties.


 


Il est clair que les prises de position de NDA, DDV, Védrine et Juppé (les trois meilleurs ministres des affaires étrangères des 20 dernières années) m’ont influencé.


 


Sur la conduite de l’intervention, évidemment je préfèrerai que ce ne soit pas les Etats-Unis ou l’OTAN mais l’objectif premier est l’intervention et je ne suis pas à même de juger s’il y a des
alternatives. Je ne crois pas que cette intervention mette la Libye sous la coupe des Etats-Unis. Nous ne sommes pas dans le cas de l’Irak : ce pays a montré qu’il voulait être libre. Les
prises de position des quatre susnommés me semblent bien indiquer que nous n’intervenons pas au nom des Etats-Unis.


 


Sur  la conduite de la guerre, je ne suis ni pour la limitation à 1% : je crois que nous devons rester indépendant et sur le processus de
décision, le référendum ne me semble pas approprié. C’est le rôle du Chef de l’Etat et du Parlement et le cas présent démontre qu’il y a un problème de délai : il fallait prendre une
décision très rapidement.


 


La Gaule


 


Bon point que celui de la guerre d’Espagne en 1936 (la comparaison me semble très pertinente).


 


J.Halpern


 


Je peux vous dire simplement : il n’y a pas d’arrière-pensées de la part de NDA et consorts, juste des convictions. Le pedigree de soutiens comme NDA, DDV, Védrine et Juppé indique tout
naturellement qu’il n’y a ni soumission aux Etats-Unis (aucun ne peut en être suspect et pour le coup, c’est la France qui a poussé, pas les Etats-Unis), je ne crois pas une crainte d’être à
contre-courant (NDA s’en moque, DDV est assez avare de soutien à Sarkozy, Védrine est au-delà de ça il me semble et Juppé semblait au contraire très convaincu cf son blog). Il n’y  a pas d’arrière-pensées, mais juste une conviction, différente de la vôtre et de celle de Yann.


 


Sur l’unanimité, je crois juste que les opposants n’osent pas le dire, mais il doit y en avoir. A part Marine Le Pen qui s’est prononcé contre l’intervention ce matin sur RTL. Il me semble
également que le Front de Gauche est plutôt opposé.


 


Bertrand


 


Vous êtes beaucoup trop dur. Le charisme, cela ne se mesure pas sur des micro-interventions médiatiques sur des sujets pointus, mais lors d’émission où l’on a le temps de s’exprimer ou des
meetings. Pour les vidéos, no comment. En même temps, elles font parler (2 minutes au Petit Journal de Canal Plus avec 3 visuels de la couverture du livre). Et puis, il y a beaucoup d’hommes
politiques à qui on a prédit aucun avenir ou un avenir limité qui sont allés très loin.


 


Je crois qu’il a tout de même démontré qu’il est un homme de convictions et de caractère, des qualités rares en politique.



La Gaule 22/03/2011 05:27



Pause dans le grand retour du passé guerrier pour suivre la très intéressante conférence en petit comité qui suit.


Je ne vais pas vous présenter Michel Drac, mélange truculent de scepticisme mais aussi de convictions bien ancrées (et donc souvent  contestables), mais l’heure qui tourne sur ces quatre vidéos recoupe bien des questions dont il est régulièrement débattu chez vous.


La deuxième vidéo vous intéressera sans doute plus que les autres puisqu’il y est beaucoup question du problème monétaire mondial (et de Monsieur
Holbecq, ce qui lui fera plaisir).


La troisième est assez savoureuse sur le « problème » Obama (l’absence de problème en fait, tant ce type n’a jamais été qu’une panthère
noire en peluche) mais aussi pour une saillie (vers 6mn50), plus désabusée que méchante, en direction d’Emmanuel Todd !


La dernière m’a le plus intéressé car il y est beaucoup question de la Chine -et cela devrait vous faire réagir- puisque Drac croit au largage de
l’occident par ce pays à son profit propre et celui de ses concurrents immédiats. Un largage qui signifierait aussi celui de la mondialisation telle que nous l’avons connu jusqu’à présent.


Il y donne aussi une originale définition du fascisme qui intéressera les spécialistes : « Alliance du despotisme oriental millénaire
et de l’exploitation moderne sans réserve de la main-d’œuvre ».



http://www.scriptoblog.com/index.php?option=com_content&view=article&id=665:interview-de-michel-drac-pour-comprendre-le-nouvel-ordre-mondial&catid=34:actualite-des-amis-du-site&Itemid=53


Sur Scriptoblog bien sûr   http://www.scriptoblog.com/



yann 21/03/2011 19:34



@Bertrand


C'était une blague je ne souhaites bien évidement pas la mort de Sarko pour moi c'est juste un pauvre type qui n'est pas du tout à sa place, c'est plus le symbole d'une époque qu'autre chose.


Sinon je te trouve bien dure avec NDA, c'est vrai qu'il na pas beaucoup de charisme et que là je pense que sa naïveté  lui a fait faire une erreur d'analyse concernant cette intervention
mais il n'est pa sle seul. Quand on voit Hubert Vedrin se lancé lui aussi dans la jsutification d'un conflit de type guerre des justes on se dit que quelque chose cloche.


Pour NDA je suis d'accord avec la plupart de ses propositions économiques, je crois cependant qu'il a plus l'étoffe d'un premier ministre que d'un président. Les vidéos dont tu parles je ne les
connais pas je regarderai çà, mais ce n'est pas forcement NDA qui est à incriminer dans l'affaire, plutôt ceux qui ont fait les vidéos. Et puis ce n'est pas si simple de faire de bonnes vidéos
sur les politiques économiques demande à Holbecq, si tu entre trop dans les détails çà devient chiant et tu loupe ton objectif qui est de faire connaître tes idées. Et à l'inverse si tu simplifie
trop, ce qui semble être le cas des vidéos en question, les gens qui regardent ont l'impression que tu les prends pour des débiles profonds. Faire des films ou des documentaires c'est un métier, et je pense qu'à DLR ce sont des types enthousistes qui ont fait les films mais sans
aucune expérience en la matière, d'où peut-être ton impression de ratage.


 


@La Gaule


Oui enfin la guerre d'Espagne elle était sous notre nez et la sécurité du pays pouvait nous pousser à agir ce n'est pas la même chose en Libye. La-bas je comprend tout à fait les inquiétudes que
cela provoque en Algérie en Tunisi et chez tout les autres pays limitrophes, leur intervention n'est pas vraiment de l'ingérence en ce cas mais de la légitime défense. En plus dans le cas de la
guerre d'Espagne la puissance allemande est intervenue rappelons, nous de Guernica, si une puissance étrangère s'évertue à agir comme l'on fait alors les allemands, en ce cas oui l'on peut
intervenir.


@J. Halpern


Je persiste à croire que 1% pour la défense est suffisant ne serait-ce que parce que nous possédons l'arme atomique. De plus je vous rappel que si l'armée française moderne cout cher c'est en
grande partie à cause de sa doctrine interventionniste, on a voulu une armée de projection à l'image des armées anglosaxonne alors que nous sommes une puissance continentale. Une armée de
projection coute beaucoup plus cher. Dans ma vision des choses il n'y aurait plus de porte-avion couteux à entretenir et l'essentiel du budget irait à la défense territoriale. Dans ce cadre je
pense honnêtement que 1% c'est suffisant.


Sur le référendum vous avec raison et puis la majorité n'a pas toujours raison mais dans ce cadre elle est responsable de ses actes. Je suis pour la responsabilité si les français veulent
s'engager majoritairement dans un conflit soit c'ets leur décision, mais ce n'est pas à un petit groupe de décider pour la masse. A mon sens c'est plus une affaire de légitimité  qu'autre
chose.


@wladimir


Oui c'est une constante historique comme vous le dira bien mieux que moi La gaulle le commenteur ci-dessus on justifiait déjà la colonisation avec des bons sentiments. Il fallait apporter la
civilisation aux barbares, et la gauche française était beaucoup plus colonialiste que la droite obsédé alors par le coût de ces aventures extra-territoriales. Les BRIC eux comptent les points,
ils savent que toutes ces opérations vont affaiblir les anciennes puissances  industrielles. En fait ils ne peuvent que se réjouir de nous voir gaspiller nos dernières forces dans des
délires militaristes, alors que nous devrions au contraire nous efforcer à recentrer nos maigres ressources vers les  investissements nationaux et vers le renforcement de nos économies. Car
le vrai nerf de la guerre c'est l'économie et les capacités industrielles ces aventures ne font que nous précipiter vers un désastre.  Pendant que nous gaspillons notre argent les chinois
font de la recherche scientifique investissent dans des infrastructures améliorent leur productivité et essaient de trouver des solutions au pétrole.