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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 21:52

614_image-02.jpgLa débandade de la gauche à l'élection municipale vient donc de produire sa première conséquence à travers le changement gouvernemental. Et comme à chaque cycle électoral le pouvoir en place fait croire à un changement en replaçant les hommes avec en arrière cours une stratégie purement électoraliste en ligne de mire. On change les hommes pour ne pas changer de politique, voire au contraire pour affirmer encore plus la direction prise. Il ne fait guère de doute que l'arrivée de Valls, le carriériste girouette, au pouvoir ne risque pas d'améliorer la situation du pays. L'homme a plus d'amour pour sa propre personne que pour son pays c'est un Sarkozy socialiste pour le dire crument. Il parle souvent le langage de la république tout en violant régulièrement les principes mêmes de celle-ci. Mais peu importe de toute manière que Valls ou un autre clown du PS ou de l'UMP soit au pouvoir, la grande décadence libérale ne peut plus être stoppée produisant des esprits grégaires et incapables de diriger le pays autrement qu'en répétant inlassablement les mêmes erreurs. Il y a la crise parce qu'il n'y a pas assez de libéralisme, ou d'Europe. Peu importe les faits contraires, l'effondrement des pays dans lesquels ont été appliquées avec rigueur les solutions néolibérales. Il faut toujours plus de baisses des salaires, des taxes de l'état, etc. On connaît la chanson. C’est la même ritournelle depuis quarante ans et oui déjà, mais qui s'en soucie ? Pas le parti socialiste en tout cas.

 

Un communicant vociférant ne changera rien au destin du pays. D'ailleurs, l'on s’aperçoit à l'occasion ou l'on fait mine de s'apercevoir que l'électorat du PS ce sont surtout les bourgeois aujourd'hui. Ce qui explique la bonne tenue de celle-ci dans de grandes villes comme Paris. Les pauvres et les ouvriers votent désormais clairement pour le FN même si cela ne réjouit pas certains alternatifs comme mon collègue Laurent Pinsolle qui n'en finit plus dans l'art de l'euphémisme pour minimiser les scores du FN. Rappelons tout de même que le FN n'a jamais vraiment été un parti implanté et que le changement de direction du parti de Marine Le Pen porte des fruits extrêmement rapidement. Mais comme nous le verrons, le changement de direction pour transformer le FN en parti de gouvernement ne sera pas sans causer de friction interne.

 

L'UMP et le PS bourgeois contre le FN prolétaire.

 

Dis-moi qui vote pour toi et je te dirais qui tu es. Si l'on peut convenir que le FN fut à la base un parti raciste. On ne peut pas affirmer comme beaucoup le font que la montée du FN représente un risque pour la démocratie. En réalité ceux qui commettent ce genre de raisonnement n'ont guère compris le sens même du mot démocratie. Ce n'est pas aux hommes politiques d'imposer les débats ou ce qui est autorisé dans l'expression publique. Il est d'ailleurs étrange que dans un pays si soucieux de démocratie comme la France on ait autant recours à la censure. Même Tweeter s'est étonné que la France soit le pays où il y a le plus de demandes de censure. La liberté d'opinion et d'expression n'est-elle pas la base d'un débat rationnel et démocratique?Car c'est très exactement ce type de comportement qui est l'un des fondements du fascisme tant décrié par ailleurs. Sinon le fascisme en France est essentiellement imaginaire pour la bonne et simple raison que la nature même des comportements individualistes français interdit ce type de mouvement. La censure permanente voulue par le pouvoir politique a même tendance à fortement agacer la population. On ne crée pas un parti fortement autoritaire avec un peuple d'anarchistes latent. Mais comme l'a noté le blogueur Descartes sur son blog en citant un poème de Constantin Cavafy, c'est bien pratique d'avoir des fascistes ou des barbares imaginaires à nos portes cela permet petit à petit d'imposer des politiques en manipulant des fantasmes. Surtout que lorsque l'on ne peut pas vraiment censurer on dénigre, on calomnie, on amalgame. Quoi ? Vous être contre l'immigration de masse, vous êtes un raciste. Vous être contre l'UE vous êtes un facho. Vous êtes contre le libre-échange, vous êtes un communiste (remarque généralement faite par des gens qui ne connaissent rien au communisme vraisemblablement). Sauf que comme pour tout mensonge il ne doit pas trop être employé sous peine de perdre de son efficacité. Nos Goebbles de l'antifascisme systématique ont scié la branche sur laquelle leur démarche de rhétorique était assise. Peu de Français marchent encore dans la combine hors des lieux bien pensants de la bourgeoisie ou des milieux étudiants bon teint.

 

Il y a même fort à parier que maintenant ce discours arriverait même à rendre sympathique de vrais racistes aux yeux du grand public. C'est un effet contre réaction, quarante ans de propagande finissant par se retourner contre leurs auteurs, les rendant non crédibles même lorsqu'ils ont raison, rarement toute fois. L'affaire Dieudonné fut d'ailleurs assez symptomatique de la chose. L'humoriste médiocre s'est ainsi transformé en dissident politique grâce à l’extraordinaire absurdité des actions et des discours de Valls et son appel à l'antiracisme. Valls a en effet transformé Dieudonné en héros de la liberté d'expression alors qu'il est juste con et paranoïaque. Miracle des temps modernes de la communication et de l'obsession médiatique de nos dirigeants. C'est la même chose avec le FN. « Conspué pendant tant d'années, il ne doit pas être aussi mauvais », se dit le français de base devant l'invraisemblable nullité des dirigeants français. Si le FN a eu comme utilité au départ de dénigrer un patriotisme qui gênait à la fois la gauche pour des raisons idéologiques et la droite patronale pour des raisons bassement financières, l'animal semble aujourd'hui échapper à ses maîtres. Et il serait à mon sens dommageable de ne pas voir la mutation qui s'opère maintenant et qui est aujourd'hui malheureusement l'une des dernières possibilités pour le peuple de France de se sortir du piège dans lequel les eurolibéraux l'ont mis. C'est que peut-être les Français ne tiennent finalement pas tant que ça à disparaître.

 

 

La mutation possible du FN

 

Il faut bien comprendre que les partis politiques ont des dynamiques propres liées essentiellement à leurs composantes électorales. Si la gauche française est devenue une droite qui ne s'assume pas, ce n'est pas uniquement pour des raisons idéologiques. Il y a bien évidemment quelque chose de pourri dans l'esprit de gauche que je résumerai à la contradiction fondamentale entre leur esprit de liberté et leur envie de solidarité. Une contradiction évidente puisque l'égalité et la solidarité ne peuvent exister que contre la liberté des plus riches et des plus puissants. La solidarité, la communauté d'esprit, d'intérêt général, ne peuvent pas apparaître spontanément dans l'auto-organisation des individus. C'est l'une des grandes contradictions de la pensée de gauche que de croire que par l'opération du Saint-Esprit les gens puissent converger vers un mieux-être général uniquement par le fruit du bon sens. Les bons sentiments sont à la gauche libérale, ce que le marché autorégulé est la droite libérale, un fantasme qui n'existe pas, mais qui rassure quant à la validité du modèle politique et économique. De fait, la haine que porte la gauche à l'autorité la conduit irrémédiablement au blocage dès qu'il faut mettre en pratique les grandes idées solidaires. Comment réduire les inégalités sans contraindre la liberté des plus riches par des frontières commerciales et le contrôle des capitaux ? Mystère, c'est la quadrature du cercle. L'incarnation de la solidarité et de l'égalité était la nation française par excellence, elle fut pourtant conspuée par la gauche au nom d'une solidarité internationale au format bien évasif. La lubie de gauche a montré sa complète inanité dans le projet européiste.

 

Bien peu de gens aujourd'hui s'accordent encore à donner du crédit à l'énième chant entonné sur l'Europe sociale. S'il existe encore de vrais gens de gauche dans ce pays, s'il en a existé un jour, qu'ils sachent qu'il leur faudra un jour trancher d'avec leur penchant libertaire et anti-autoritaire s'ils veulent ne serait-ce qu'un peu du retour à l'égalité et à la solidarité dans ce pays. Car la liberté qu'ils défendent ardemment pour tous permet surtout la très grande liberté pour les très riches et l'agonie économique pour le reste de la population. Si la gauche continue à favoriser les libertés individuelles contre l'intérêt général, qu'elle ne s'étonne pas de son agonie électorale, car d'autres ont compris que la liberté n'est qu'une idée sympathique qui accouche de la chienlit générale et de l'explosion des inégalités économiques et sociales. Lorsqu’elle défend la « liberté », la classe politique française défend essentiellement la liberté des plus riches, rien d'autre.

 

Pour en revenir à la question de l'évolution des partis politiques si les idées ont de l'importance, il faut bien admettre que ces idées ne sont acceptées que si elles correspondent à l'intérêt de la population qui les écoute. Ou du moins à l'idée que ces groupes sociaux se font de leur intérêt. Ainsi le communisme a peu de chance de plaire aux plus riches pour des raisons évidentes. De la même manière, il est évident lorsque l'on connaît le côté bourgeois de l'électorat écologiste que ces derniers porteront peu d'intérêt aux questions de l'égalité sociale. D'ailleurs, on parle peu d'emploi chez eux. Ce n'est pas un hasard si le premier parti écologiste de France est aussi un parti européiste et libéral. Ce qui entre parenthèses est une aberration intellectuelle. Même si individuellement certaines personnes peuvent sortir de leur condition sociale parce qu'ils sont des individus d'exception, la règle veut que les idées soient essentiellement concomitantes aux intérêts des groupes sociaux qui les défendent. Il peut arriver cependant que certaines idées puissent avoir des effets contraires aux intérêts des classes sociales qu'elle prétend défendre. C'est en quelque sorte les effets indésirés. Ainsi si l'euro est ainsi encore défendu par les cadres et les groupes sociaux momentanément avantagés par la mondialisation. Il ne fait aucun doute que ces classes moyennes aisées finiront par payer lourdement la facture. Les emplois qualifiés commençant à délocaliser fortement comme naguère ceux des ouvriers. 

 

Il peut également y avoir des idées qui sont juste des phénomènes révélant la croyance de chaque groupe social. Ainsi les idées n'ont pas directement d'effet sur les partis politiques, mais les changements sociaux au sein des partis politiques peuvent faire changer les idées dominantes dans ces partis. C'est parce que le parti socialiste et les partis de gauche en générale ont changé de structure électorale et sociale que les idées de ces partis ont fini par changer. Le PS a désormais un électorat immigré et bourgeois, ses préoccupations vont donc vers les idées compatibles avec ces électorats. Du moins vers les préoccupations que le pouvoir politique pense être celui de cet électorat. Il est d'ailleurs possible qu'il y ait une contradiction entre les préoccupations sociétales de la gauche bourgeoise et le conservatisme religieux d'une grande partie de l'électorat immigré.

 

 

Quoi qu'il en soit ce qui est vrai pour le PS, l'UMP ou le parti communiste l'est aussi pour le FN. Marine Le Pen ne fuit pas le pouvoir comme le faisait son père, elle le cherche au contraire et ne veut plus que son parti serve uniquement de vote de blocage pour la droite. L'instrumentalisation de Mitterrand avec le FN a fini par se retourner contre ses créateurs. Le FN devenant de plus en plus le parti de la contestation et de l'anti-euro-libéralisme. Ce qui est passablement drôle lorsque l'on connaît le reaganisme qui alimentait encore le FN il y a quelques années. Mais si cette contestation était jusqu'à présent stérile et bien pratique pour le pouvoir en place en permettant de diaboliser les idées alternatives comme le protectionnisme, la sortie de l'UE ou le patriotisme. Il semble qu'au contraire le FN réintroduit petit à petit ces idées dans le débat public. En essayant de peser plus dans les élections pour atteindre le pouvoir Marine Le Pen sans trop s’en rendre compte transforme la démographie de son parti politique. Une transformation qui va nécessairement faire muter la sociologie et donc les idées à l'intérieur du Front National. C'est ainsi qu'une rupture se produira entre la composante de plus en plus minoritaire de la France racialiste anti-étatiste, et celle croissante qui veut surtout une France indépendante, prospère et plus égalitaire. Ce second électorat qui n'a plus de représentant depuis que la droite n'est plus gaulliste et que le communisme est mort peut se réincarner à l'intérieur du FN. Ce parti pourrait ainsi réussir sans le vouloir à faire ce que ni Seguin, ni Chevènement, ni le pauvre Dupont Aignan n'ont réussi à faire jusqu'à présent. Unifier les patriotes pour renverser la domination libérale. C'est évidemment un raisonnement un peu optimiste que je tiens ici. Mais il me semble plus crédible que le décollage de DLR, la mutation patriotique et eurosceptique de Mélenchon, ou la résurrection politique de Chevènement.  

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Published by Yann - dans politique
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La Gaule 07/04/2014 07:43


4)


Pour le sujet qui nous intéresse, la résistance, ce moment capital de l’histoire de France, peut-elle se résumer à votre opposition entre les gens sérieux et les branquignols (extrême-droitards,
royalistes pastoraux, patriotes antisémites, communistes staliniens –maoïstes avant la lettre comme Guingoin- trotskystes, anarchistes, voyous conscientisés etc.), les premiers l’emportant
miraculeusement sur les seconds pour nous léguer les tables de la loi : le fameux programme du CNR.


Elle fut bien au contraire une alliance guerrière de circonstance entre des gens de tout horizon mais que rapprochait la conscience d’être de près ou de loin des marginaux (c’est ainsi que même
un Jean Moulin, préfet de la république, se percevait lui-même), et des marginaux patriotes, même si je sais que, souvent aussi, entre patriotisme et ethnocentrisme d’aucuns s’estiment assez
souple intellectuellement pour faire le grand écart.


Et cette alliance ne persévéra que par la volonté combative et l’habileté stratégique de chefs dont le patriotisme transcendait toute tentation idéologique, voire tout esprit de système
 –là encore, Moulin, qui nourrissait probablement des sympathies communistes, était emblématique.


Vous pouviez croire en ce que vous vouliez en 1940, et avoir les meilleures dispositions intellectuelles pour le faire savoir. Mais pour dire non à l’occupant, il fallait d’abord un fort
sentiment d’affection pour son pays, dont étaient capables même des gens présumés infréquentables.


A ceux-là aussi le programme du CNR devait quelque chose, eussent-ils raconté à maintes reprises « beaucoup de conneries » comme vous vous plaisez à le dire.


Finalement, cette époque trouble ne vous fait-elle pas penser à une autre qui pourrait bientôt lui ressembler furieusement ?


 


A suivre… (sommeil)

La Gaule 07/04/2014 07:39


3)


Tout ce qui nous oppose est dans votre dernière phrase, ou plutôt tout ce qui fait que nous ne nous rencontrons pas : « Le fait qu'ils s'opposent au système ne les rend pas plus
sérieux. »


Vous avez une hauteur analytique sur les choses que je me refuse d’avoir, parce que je sais que ce sont des stratégies beaucoup plus triviales qui font gagner les batailles –ce que vous
reconnaissez implicitement vous-mêmes quand vous illustrez, à votre manière et à propos de l’arme atomique, l’adage fameux « si vis pacem para bellum ».


Je vais donc vous répondre au ras des pâquerettes qui repoussent sur les champs de bataille, celui de la France pendant l’occupation par exemple, et de manière futilement anecdotique.


 


Il y a quelque temps, Berruyer sur son blog avait ressorti le célèbre programme du CNR. Comme il se doit, tous les commentaires qui ont suivi se sont répandus d’éloges sur la chose. De la même
manière, quand vous lisez n’importe quel gaulliste intellectuel qui se réclame de ce programme (l’ami Pinsolle sur son perchoir en est un fier exemple), vous pouvez avoir l’impression qu’il est
sorti clé en main de la cuisse de Jupiter, en l’occurrence de celle du maître à penser présumé Charles de Gaulle.


Et pourtant ! Combien de marins combien de capitaines –comme disait l’autre- se sont crêpés le chignon et pire pour que, après de longues années et d’infinies embardées, cette miraculeuse
synthèse puisse voir le jour. Je vous ai déjà dit que TOUTES les tendances politiques s’étaient mêlées dans le marigot de la résistance, et dans le premier cercle qui suivit le général à Londres
on trouve même des cagoulards !


Tous les retournements de veste aussi, et un François Mitterrand en fut un bel exemple, même s’il n’y a vraiment pas lieu de lui jeter la pierre pour cela puisque le dernier costard qu’il endossa
fut le bon –itinéraire caractéristique d’une très large fraction de résistants (De Gaulle rendit d’ailleurs hommage au courage de son action en faveur des prisonniers de guerre dans le
gouvernement de Vichy).


Combien de marins d’eau douce et de capitaines de boulevard aussi ! Car il faut bien poser la question qui fâche (vous, pas moi), la résistance française, si honorable qu’elle fut sur le
principe, était-elle toujours un mouvement très sérieux –pour reprendre votre terme favori ?


A côté d’actes redoutablement efficaces (ceux de la célèbre MOI par exemple), combien d’héroïsme inconséquent et de stratégies d’amateurs aux conséquences souvent terribles (la
« libération » de Tulle suivie des guirlandes de pendus installés par la sinistres division Des Reich, la «République du Vercors » et l’épouvantable ratissage du plateau qui en
résulta etc.).


Souvenez-vous du jugement cruel de De Gaulle sur les résistants (« des espèces de sportifs », rapporté par Peyrefitte) ou celui, plus global sur la période, du chef de l’action
militaire d’Astier de Lavigerie  (« la revanche des ratés »).


Sur le plan intellectuel la résistance française fut un fatras, une foire aux idées volontiers contradictoires et perpétuellement mutantes (l’histoire de l’école des cadres vichyssois d’Uriage
qui vira à la résistance est très instructive -à l’image de son impétrant le plus fameux, Hubert Beuve-Mery, futur fondateur du journal « Le Monde » ), et quand vous lisez -par exemple
dans le pavé déjà cité de Julian Jackson- certaines prises de position d’un Henri Frenay ou même d’un Charles de Gaulle, vous vous dites que même les meilleurs avaient bien du mal à garder les
pieds sur la plaque dans la tourmente.


Il fallu en fait, bien au-delà de la bataille des idées, toute l’habileté stratégique et la volonté tactique d’un homme (son sens du sacrifice aussi puisqu’il y laissa la vie) pour que soient
simplement installées les conditions  permettant une résolution programmatique commune dans l’auberge espagnole de la résistance.


Cet homme était Jean Moulin, homme de conviction, mais dont la bataille doctrinaire n’était pas le premier des soucis.


Idem pour de Gaulle, lequel ne participa en aucune manière à la conception du fameux programme, et dont la première préoccupation était de remettre la France sur ses pieds par tous moyens –ceux
plaisant à la résistance intérieure comme ceux qui ne lui plaisaient pas.../...

yann 06/04/2014 15:56





@RST 






Tu peux reprendre la formule il n'y a pas de copyright. 






@lelien


Le problème c'est que Dieudonné n'est pas seul, il y a la cohorte Soralienne
derrière. Et s'ils font bien attention à ne pas trop enfreindre la limite leur obsession sur le judaïsme ou la franc-maçonnerie ne fait guère de doute quant à leur orientation idéologique.
Maintenant je suis pour laisser parler tout le monde. Si je ne suis pas pour le libéralisme économique, je pense par contre qu'il est essentiel de défendre la liberté d'expression. La population
est suffisamment intelligente pour faire la part des choses. 


@La Gaule


 


Je connaissais les thèses d'Epstein par l'entremise des propos du vociférant Zemmour, mais quelque part je dois dire que cela ne m'étonne guère. Comme disait De Gaule à propos des bourgeois et
des journalistes le monde peut s’écrouler tant qu'ils peuvent continuer de dîner en ville de jouir de leurs prérogatives. Ils suivent le courant nécessitant le moindre effort de leur part, quelle
que soit la nature du courant ou son origine.


 


Sinon la paix relative entre grandes puissances doit plus à l'arme atomique qu'au doux commerce. Mais c'est une réalité qui est bien difficile à admettre pour des idéalistes.


 


Sinon sur le FN vous ne niez tout de même pas la présence au sein de ce parti d'un courant fortement ethnocentrique non ? La droite identitaire n'est pas un mirage et elle a une grande
présence au FN. Et que dire de l'influence de Fdesouche qui à mon sens est plus grande que celle de Soral ? Fdesouche qui emploie d'ailleurs les mêmes armes que ses adversaires en mettant
toujours en avant les problèmes migratoires comme source de tous nos maux. Et comme vous le savez, cela ne m'empêche pas par ailleurs d'être opposé à l’immigration de masse. Savoir garder le sens
critique c'est important. La bande à Soral a peut-être des troupes, mais elle raconte aussi beaucoup de conneries. Ce n'est pas contradictoire. Le fait qu'ils s'opposent au système ne les rend
pas plus sérieux.

La Gaule 05/04/2014 05:03


2)


Il m’apparaît clairement aujourd’hui que les clivages politiques hérités de l’après guerre et de la période mitterrandienne sont en train d’exploser à cause des mêmes marqueurs
fondamentaux. 


D’abord l’humiliation et le quasi diktat imposé dans tous les domaines au pays par une puissance tutélaire à deux têtes ; l’Union Européenne et les Etats-Unis en surplomb.


Ensuite le pacifisme, moins évident, mais omniprésent dans l’imaginaire de notre époque si l’on se rappelle que l’Europe est née des décombres de la seconde guerre mondiale et du « plus
jamais ça » obsessionnel. La croyance que tous les conflits possibles s’effaceront dans la pratique du doux commerce est aussi l’une des tares axiomatiques du néo-libéralisme.


 


Je me demande d’ailleurs si ce postulat factuellement grotesque ne rejaillit pas indirectement sur la majorité des blogueurs prétendument dissidents (les pires sont les
« républicains »), dans leur croyance en la puissance démiurgique de l’Economie pour résoudre les conflits historiques en cours.


A les lire, on a vraiment l’impression que les contradictions nées du capitalisme financier amèneront mécaniquement (plus qu’inexorablement) tous les gens raisonnables de la terre à s’asseoir
autour d’une table ronde, et rectifier savamment le tir dans la paix, l’amour et la musique (plus Nicolas, Jean Pierre, Jean Luc où je ne sais trop qui pour régler les détails protocolaire).


 


C’est oublier que rien n’est écrit dans l’histoire qui ne le soit de la main de ses acteurs, et cela de manière aléatoire et imprévisible. Même Marx avait été bien obligé de réintroduire ce
constat dans sa mécanique historique, ce qui revenait à replacer la violence dans son rôle essentiel de dépassement.


Aucune contradiction n’est révolutionnaire en soi, si ses effets sont évacués par la force et la ruse (le « mur » du brave BA me fait rigoler, qui prend une hauteur de béton tous les
jours).


Ce que je vois dans la nouvelle mouture du gouvernement actuel, c’est qu’il est conduit par un homme qui possède tous les attributs pour réussir le passage en force que souhaitent les oligarchies
qui animent les petits soldats qui nous gouvernent.


S’opposer à lui ne va pas être une partie de plaisir, et ce n’est pas la Vérité Economique qui le fera à votre place.


 


Comprenez donc que j’enrage lorsque je vois la principale force politique susceptible au moins d’enrayer le processus qui nous mène au chaos insurrectionnel, être systématiquement brocardée à
longueur de blog par des propos que je qualifie –ne vous déplaise- de piailleries gratuites de perroquets savants (les mêmes perroquets qui se sont bousculés pour voter Hollande il y a deux ans,
tout valait mieux que « le fascisme » et « la haine » n’est-ce pas !).


 


Deux dernières petites choses pour vider complètement l’abcès (l’orgelet plutôt) :


 


-         Cela fait des années que je vous connais, et
que vous nous servez régulièrement dans la soupe l’argument du FN jadis reaganien. Je vous retourne donc imperturbablement avec ma salière le fait qu’en 1985, de Fabius à Chirac, tout le monde
l’était sauf les communistes (et encore), et vous le premier sans le savoir malgré vos culottes courtes. J’ai par ailleurs beaucoup révisé ma position sur Reagan, qui avait au moins en tête le
soucis de son peuple, et était de fait moins inféodé aux intérêts financiers et à l’état profond que les engeances qui lui ont succédé ; les Bush, le pervers Clinton, et le révulsant Obama.
N’oubliez pas non plus qu’on a essayé de l’abattre et que ce fait, pour un président américain, n’est jamais gratuit.


 


-         Dieudonné : sans talent, con,
paranoïaque etc. D’accord ! En regard des six mois écoulés, on ne peut pas dire que vous faites dans l’originalité critique. Ce type fait sans doute dans le comique troupier, qui a eu ses
lettres de noblesse (Hara Kiri en 1969, vous lisiez ?), mais le problème pour vous (et l’intérêt pour moi) est précisément qu’il a des troupes, et des troupes nombreuses. Cela a été
dit : Le phénomène Dieudonné est peut-être la divine surprise qui montre que la stratégie Terra Nova –jouer le prolo immigré contre le prolo de souche- va échouer en France. Il serait
marrant que la bande à Soral (car il s’agit bien de cela, avec Dieudonné, Cardet, et la surprenante Madame Belghoul) finisse par donner raison à Todd lorsqu’il affirmait que la France préfèrerait
toujours la lutte des classes à la luttes des races.


Quant à la litanie du fascisme qui grimpe et de la bête antisémite qui sur-grimpe, à part des groupuscules sectaires et bien manipulés, tout le monde s’en branle en France –comme quelqu’un l’a
suggéré plus haut au vu des spectacles du drôle en cause.


 


Au fait, quand il postillonnait son annonce à Marie que Noël et le « hollandisme révolutionnaire » allait régner sur la  terre, le Todd, il
était quoi lui ?


Talentueux, intelligent, follement drôle et équilibré ?


Follement drôle, c’est sûr.

La Gaule 05/04/2014 05:01


1)


Histoire de vous désespérer un peu plus –mais c’est de la désespérance que naissent les résolutions qui comptent- je vous conseille la lecture d’un livre fondamental, lequel, comme par hasard,
passa presque inaperçu aux yeux du monde médiatique il y a presque quinze ans, quand il n’y fut pas systématiquement descendu en flamme.


 


Ecrit par un universitaire israélien –ce détail est de belle taille- cet ouvrage, strictement historique dans sa méthode, mettait en question bien avant Michéa la légitimité intellectuelle dont
toute la gauche s’est réclamée depuis l’affaire Dreyfus.


 


Il tord en premier lieu le coup à la légende de la « France de gauche » –socialiste et universaliste- qui serait une nouvelle fois entrée en guerre contre la « France de
droite » –nationaliste et ethnocentriste- à l’occasion de l’épisode vichyssois. (Lire aussi « la France sous l’occupation » de Julian Jackson, sans doute la radiographie historique
la plus complète existant pour cette période).


 Alors que les deux marqueurs fondamentaux de l’attitude des français face à la collaboration, et qui bousculèrent absolument TOUS les clivages,
furent :


 


-         La double humiliation de la défaite et de
l’occupation du pays par une puissance étrangère.


-         Le pacifisme, peut-être le plus important
des deux, puisqu’il porta une fraction énorme de l’électorat à préférer de toute façon l’Allemagne à l’horreur de la guerre.


 


Tous les autres marqueurs ne jouèrent qu’un rôle à la marge, à commencer par celui que met systématiquement en avant notre époque : l’antisémitisme.


Tout un pan de la droite nationaliste et antisémite d’avant guerre rejoignit la résistance (Il y a même un chapitre passionnant qui souligne que l’extrême droite maurassienne fut finalement peu
présente à Vichy), alors qu’en sens inverse des cohortes de républicains philosémites se fondirent dans la collaboration avec Vichy (à commencer par le plus célèbre d’entre eux, dont on a occulté
ses origines à l’extrême gauche dreyfusarde : Pierre Laval).


 


Ce livre montre d’ailleurs par la même occasion que le révisionnisme historique, visant à remodeler complètement cette période autour de la question de l’antisémitisme, est bien né dans les
années quatre vingt à l’occasion de la grande offensive oecuménique « contre le racisme », montée par la gauche pour faire oublier tous ses renoncements en matière sociale.


De là la légende, compulsivement martelée à partir de cette période, du « parti de la haine », lequel « ne changera jamais », entendez qu’il ne reniera jamais sa filiation
avec la matrice quasi mythique de l’extrême droite ; Vichy.


 


http://www.amazon.fr/Dreyfusards-sous-lOccupation-Simon-Epstein/dp/2226122257


 


Une très complète analyse du livre de Simon  Epstein sur Wikipedia


 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Dreyfusards_sous_l%27Occupation


 


Je vous recommande aussi sur le sujet cet  autre monument d’honnêteté, également écrit par un historien juif :


 
http://prisons-cherche-midi-mauzac.com/actualites/vichy-et-la-shoah-%E2%80%93-enquete-sur-le-paradoxe-francais-dalain-michel-11181