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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 20:22

New-Vegas-wittier-than-Fallout-3

 

La ville de Las Vegas va donc rejoindre Detroit dans le cimetière des villes américaines condamnées. Et les américains vont peut-être enfin comprendre que certaines activités ne peuvent pas survivre sans avoir derrière elles des activités réellement productives. Car après tout a quoi servait Las Vegas? Réponse, à pas grand chose, si ce n'est permettre à de pauvres bougres de perdre volontairement l'argent qu'ils ont eu tant de mal à accumuler. Et ce dans l'espoir ridicule de gagner le gros lot par un coup de chance. Bien sûr il n'ont pas conscience que grâce aux lois des grands nombres comme la loi de Poisson les casinos eux gagnent toujours statistiquement, le hasard ou la chance véritable, n'étant pas bonnes pour le commerce. Mais en définitive la ville de Vegas située en plein désert est une anomalie de par sa taille et sa spécialisation. On a bien du mal à l'imaginer lorsque les réserves d'eaux des nappes phréatiques locales seront totalement épuisées et lorsque le pétrole viendra à manquer. 

 

Ironie de l'histoire un jeux vidéo  vient de sortir qui se passe justement dans un Las Vegas pots-apocalyptique, l'image de l'article étant tirée des artbook du jeux en question. La réalité risque donc de rattraper la fiction on dirait, en souhaitant quand même que nous évitions une guerre nucléaire. Quoiqu'il en soit Las Vegas est tout de même représentative du délabrement de l'économie US, alors que l'on n'a cessé de nous dire que la crise était finie. Jamais une crise économique n'avait pourtant touché autant cette ville de paillette, toute entière affairée à faire oublier à l'américain moyen le plus basique bon sens économique. C'est la première fois que l'un des  poumons du rêve américain est frappé, peut-être mortellement. Et ce alors même que la Californie, l'autre poumon, vit lui aussi des instants tragiques avec son gouverneur tout droit sortit d'Hollywood. Un livre qui vient de sortir résume d'ailleurs la situation "L'Amérique du tiers-monde" de Arianna Huffington un article du monde vient de lui être consacré. Bien loin des fadaises journalistiques  françaises sur le miracle Obama, on se rend compte du délabrement progressif de l'ancienne puissance américaine.  Bien sûr on regrettera l'obsession purement anti-militariste de l'intellectuelle américaine qui accuse surtout les dépenses militaires d'être à l'origine du déclin US. La vérité c'est que c'est justement l'industrie militaire US qui fait encore flotter le bateau. Non seulement parce qu'elles permettent aux USA de continuer à contrôler les ressources de la planètes, les USA pouvant bloquer les approvisionnements européens et asiatiques en pétrole et en matières premières. Mais aussi parce que l'industrie militaire américaine est l'un des derniers domaines où l'Amérique emploi ses jeunes à faire autre chose que des services inutiles. En effet l'industrie US est probablement l'un des  derniers endroits où l'on a besoin d'ingénieurs et de techniciens qualifiés. L'industrie militaire américaine sera essentielle lorsque les USA auront besoin de reconstruire leur industrie, car c'est là qu'ils trouveront les capacités techniques pour remettre en marche le Made in America.

 

  Bien sûr sur le long terme la sur-extension militaire US est une catastrophe, dans le sens où, comme le dit  Huffington cet argent aurait été utile ailleurs que dans les guerres. Mais ce qu'elle semble oublier c'est que l'argent circule dans l'économie entre ses différentes branches, comme l'eau dans une plomberie. Le problème c'est que les tuyaux sont siphonnés par d'autres nations. Si les relances militaires, le fameux keynésiennisme militaire ne fonctionne plus c'est à cause du libre-échange, même si l'argent était mieux utilisé, c'est à dire dépensé dans des infrastructures utiles, dans la construction de routes, de ponts, d'écoles ou de centres de recherche, les effets secondaires de ces plans de relances auraient eu les mêmes effets. Ils auraient de la même manière accru les importations américaines en provenance d'Asie et particulièrement de Chine. L'exemple Européen est particulièrement exemplaire puisque notre continent ne cesse de baisser ses dépenses militaires qui sont aujourd'hui à des niveaux ridicules historiquement parlant, et cela n'empêche pas le continent de couler économiquement. Encore une fois les relances keynésiennes que madame Huffington et la gauche radicale américaine réclame ne sont  pas possibles en régime de libre-circulation des capitaux et des marchandises. A l'époque de Roosvelt qu'elle cite en exemple, les USA taxait en moyenne de 50% les importations, rien avoir avec le situation actuelle. L'argent dépensé dans l'armement rentrait ensuite dans le circuit monétaire sous la forme d'une consommation de produits fabriquaient localement, formant une boucle de rétroaction qui augmentait les revenus de l'état qui permettait de rembourser l'endettement contracté. Oublier cette condition d'application des politiques keynésiennes, c'est ne rien comprendre au circuit monétaire. Il peuvent continuer à faire des plans de relances les démocrates, ils ne feront qu'aggraver les déficits commerciaux accroitre la croissance chinoise et faire gagner les extrémistes libertariens de la Tea Party. 

 

Les jeux d'argent sont une absurdité

 

    Pour en revenir à Las Vegas cette ville est aussi exemplaire dans la confusion qui règne dans l'occident moderne, où tout les métiers se valent. Ainsi tant que cela rapporte de l'argent une activité est justifié même si elle détruit des familles, favorise les mafias et le crime organisé. Pour utiliser la célèbre formule de Friedrich List « pour les émules de Smith, celui qui élève des porcs est dans la société un membre productif, celui qui élève des hommes est un membre improductif »,  nous vivons dans une société ou ce type de raisonnement est devenu la règle. Ainsi nul ne voit plus le caractère profondément absurde des jeux d'argent, il y a de la demande donc d'après la loi du marché il faut y répondre, en dehors de toute considération sur l'intérêt collectif. En jetant la morale publique à la poubelle, les libéraux ont condamné le marché à sa propre destruction puisqu'il favorise naturellement les activités les plus contreproductives sur le plan économique. Les manipulateurs de symboles, les escrocs et les politiciens véreux sont commes des coqs en pâtes dans l'univers économique des libéraux. Ici l'enrichissement automatique de gens véreux et officiellement arnaqueurs puisqu'ils ne peuvent jamais perdre en réalité, ils ne prennent eux aucun risques statistiquement, est considéré comme un moyen de gagner sa vie tout à fait admissible. Il est étrange dès lors que l'on autorise pas le vole à l'étalage ou la pédo-prostitution puisque là aussi il y a une demande auquel le marché ne demande qu'à répondre. Et pourquoi pas l'esclavage, il était d'ailleurs justifié lui aussi au nom de la loi du marché. Mais il doit rester encore trop de reste de l'ancienne société pour que nous en arrivions là, cependant n'en doutons pas au train ou vont les choses le libéralisme totalisant nous y conduira.  Pour paraphraser la célèbre phrase de Startrek " Avec le libéralisme poussons le vice là où aucune société n'est jamais allée ".

 

  Bien sûr je ne critique pas que la société américaine ici, après tout notre grand président n'a-t-il pas récemment légalisé les jeux d'argent et les paris sur le net. En pleine crise économique provoqué par la bourse qui elle même est devenue un casino géant, il n'a rien trouvé de mieux que de légaliser les jeux d'argent.   Évidemment on trouvera toujours un économiste rigolo pour nous expliquer que le jeux est une activité de service et qu'en tant que tel ce n'est pas répréhensible. C'est oublier qu'en réalité bon nombre de joueur deviennent dépendant à la manière d'une drogue et que les deniers dépensés dans ces activités eut été certainement plus utiles ailleurs. Autre chose étrange, les jeux d'argent prospèrent au milieu de la misère, il est caractéristique qu'une société en pleine décadence et incapable de fournir un revenue correcte à sa population voit exploser les mirages du type "gagner à la loterie". Traduisant quelque part le fait que les gens aient abandonné tout espoir d'amélioration de leur condition par des moyens honnêtes et socialement utiles. Pourquoi se casser le cul à travailler honnêtement puisque de tout façon nous n'avons aucun avenir, juste l'espoir fou de gagner au loto. Le jeux d'argent est le moyen des plus faible d'exprimer leur désespoir, les plus téméraires et les moins scrupuleux se lançant eux dans le grand banditisme. Oui jeux d'argent et explosion de la délinquance vont de paires, ils en disent long sur l'état de notre nation.   Donc de ce point de vue on a pas besoin de la morale pour montrer la stupidité et l'injustice de la chose. Les jeux d'argent sont par nature des parasites nuisibles et en aucun cas des activités que l'on peut mettre sur le même plan que la production de nourriture ou de vêtements. Que les adeptes de la roulette aillent donc s'installer sur une île déserte avec leur jeux, nous verront s'ils survivront longtemps de leur activité hautement productive. Finalement la disparition de Las Vegas est probablement une bonne chose pour l'économie américaine, ses habitants pourront peut-être enfin s'adonner à des activités plus utiles, de toute façon c'est la nécessite qui les y poussera. 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

yann 03/11/2010 21:29



@Joe Bserve


Enfin j'avais lu il y a pas longtemps un calcul sur l'effet multiplicateur d'investissement keynésien. Il semble qu'aujourd'hui pour chaque dollars injecté dans l'économie US au travers la dette
le PIB augmente de mois de un dollars. Cela signifie que même en payant des travaux publiques les plus directement employeurs de locaux, l'argent se retrouvera rapidement hors du pays.  Et
c'est normal plus de 80% de ce que consomment les américains sont fabriqué à l'étranger. Quand le maçon ou l'ouvrier en bâtiment va utilisé son salaire issu des grands travaux il va consommer en
grande partie Chinois Japonnais ou Mexicain. Même en focalisant l'investissement primaire de la dépense sur des emplois uniquement américains il y aura une fuite trop importante.  Maintenant
vous avez raison de dire qu'il peuvent remettre à neuf leurs infrastructures gratuitement puisqu'il leur suffit d'imprimer des dollars pour cela. Mais c'est oublier que les politique de relance
par les grands travaux n'avaient pas que pour but de remettre à neuf des infrastructure, elles avaient surtout pour but de faire circuler l'argent à travers le corps social du pays. C'était la
principale justification de Roosvelt au moment du New Deal. Dans le cadre actuel vous créerez des emplois au départ dans la dépense primaire, puis des emplois de vendeur, et au final vous ferez
gonflez les importation et le déficit commercial c'est inéluctable étant donné la structure de l'économie américaine. Ce genre de politique doit impérativement se faire couplé des protections
douanières. Et d'ailleurs à la rigueur il vaudrait mieux que les USA finance directement la construction d'usine sur leur propre sol pour palier aux importations. Car même avec les dévaluation et
les protections douanières se posera la question des produits de substitution aux importations.



olaf 02/11/2010 13:00



Les US auraient besoin d'un New Deal :


"La classe moyenne, sur laquelle a reposé l'essor économique de ce pays, est une espèce en voie de disparition. La classe moyenne est dévastée. Et sa disparition est bien plus menaçante pour
la stabilité à long terme de ce pays que la crise financière."


http://www.marianne2.fr/Comment-l-Amerique-rejoint-le-tiers-monde_a199237.html



Joe Bserve 02/11/2010 10:46



Bien que je sois souvent d'accord avec toi j'ai un bémol, même si une partie de l'argent servant à financer les infrastructures finira en Chine, les américains feraient bien de profiter du
dollar, alors qu'il le peuvent encore, pour accomplir les travaux nécessaires et il y en a. Le jour où le dollar perd son statut ils ne peuvent plus le faire quand bien même ils le voudraient. De
plus les travaux d'infrastructures sont par définition des travaux locaux et feront donc bosser de la main d'oeuvre américaine, peu importre ou finie la monnaie.


Car les USA gardent malgré tout une certaine attractivité pour les investisseurs, mais si les infrastructures continuent à se délabrer cela finira de décourager les derniers investisseurs "brick
and mortar" courageux du type Intel ou Technip par exemple.  


 


Je suis complètement ok sur le complexe militaro industrielle qui est quasiment la dernière seule vraie industrie US (malgré les affres du JSF merci dedefensa), de part sa nature il fait de plus
attention à ne pas brader la technologie à l'étranger. Bref mettre cette industrie, qui a pris soin de mettre quasiment une usine par état histoire de mieux convaincre les élus de voter
les budgets, à genoux  c'est finir de mettre le pays à terre.


 


Malgré la mort de Las Vegas "l'industrie" du jeux a ses plus beau jours devant-elle y compris voir à commencer par les states. Le jeu fait partie avec les armes et l'alcool des
industries selectionnés par les fonds jouant la crise (fonds pathétiques).


 


PS: La loi de poisson n'est pas une loi des grands nombres, ce sont deux concepts trèz différents. Par contre la loi des grands nombre appliquée à Bernouilli "donne" une loi de poisson,
je ne rentre pas dans les détails.  Et c'est effectivement bien la loi des grands nombres qui assure au casino de gagner quoi qu'il arrive.