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16 mars 2011 3 16 /03 /mars /2011 19:50

  Les yeux du monde sont toujours rivés sur l'empire du soleil levant, et pour cause il semblerait que le pire soit maintenant à craindre en matière de sécurité nucléaire. Je ne reviendrais pas sur la question énergétique nous l'avons abordé précédemment, cependant cette crise va aussi être un catalyseur de réflexions sur les questions monétaires et économiques. Car au-delà des pertes humaines et du danger nucléaire, qui, on l'espère, pourra être contenue, l'économie japonaise pourrait sembler à première vue comme complètement sinistré et condamné. D'autant plus que l'économie nipponne était déjà dans un état dramatique avant et que son PIB avait fortement chuté en 2009 suite à la crise mondiale. C'est en tout cas ce qui ressort régulièrement des analyses économiques qui font le bilan de la catastrophe tout en soulignant le nombre de destruction physique auquel le pays doit  faire face après ce tremblement de terre. En plus de  cela certains on la mauvaise idée de rappeler que le Japon c'est aussi le pays de l'OCDE avec la plus forte dette publique. La crise ne pouvant pour ces esprits étriqués qu'aggraver la situation du Japon en la matière. Pourtant rien n'est plus faux, je vais m'évertuer à le montrer cette crise pourrait bien être une opportunité de changement pour un pays qui s'enfoncer lentement mais sûrement dans un déclin de longue durée. Encore faut-il que le Japon se serve évidement de cette oportunité pour changer. En réalité une fois l'orage passé, le Japon pourrait tout aussi bien nous rappeler que l'économie c'est avant tout des hommes qui produisent, qui échangent  et qui travaillent avant d'être une affaire comptable. Les japonnais n'auront pas le choix de toute façon,  pour s'en sortir ils vont devoir réinventer leur organisation économique et outrepasser les dogmes libéraux qui les guident depuis trop longtemps maintenant. C'est seulement en empruntant une voie différente qu'ils sortiront du lent déclin qui leur colle à la peau depuis plus de 20 ans. 

 

      Pour reconstruire une économie détruite il faut laisser tomber les dogmes et les croyances comptables. C'est la crise de 1929 et la seconde guerre mondiale qui permirent la naissance des économies régulées d'après guerre, parce que les hommes et les femmes qui ont vécu cette période ont alors compris que les bilans comptables n'avaient aucun intérêt. Lorsqu'un immeuble s'écroule on a pas besoin d'argent mais d'hommes capables d'agir, lorsqu'un incendie éclate on a besoin d'eau et de pompier, pas de billets de banque. Si vous n'avez pas de pompier vous pouvez avoir tout l'argent que vous voulez, vous brûlerez avec. Pour redresser leur pays les japonnais vont devoir imiter leurs anciens  regarder l'économie réelle et sortir des illusions comptables et libérales.  Mais le Japon a de la chance dans son malheur, il possède sa propre monnaie et il est relativement indépendant en matière de production, il n'aura donc pas trop à se soucier des relations extérieurs. On imagine une telle catastrophe en France, avec un état qui ne maîtrise même plus sa monnaie et qui serait obligé de  lancer un emprunt d'urgence à l'international pour financer le colmatage des brèches d'un réacteur nucléaire, et personne ne voulant lui faire un prêt car trop risqué. Cette situation prouve une fois de plus qu'il est important  pour une nation d'émettre sa propre monnaie surtout en cas d'urgence. Ne pas pouvoir faire venir des secours qui existent simplement parce qu'il n'y aurait pas d'argent voilà bien une idiotie totale. On a de la chance qu'une telle catastrophe ne se produisent pas dans la zone euro, l'organisation économique de la zone ne permettant absolument pas de gérer une telle situation, c'est à méditer pour nos européïstes.

 

Pour en revenir au Japon sa seule dépendance est celle des exportations, mais c'est une dépendance malsaine dont il ferait mieux de se guérir comme nous le verrons par la suite. En réalité si beaucoup de monde s'inquiète pour l'économie japonaise, l'on ferait peut-être mieux de s'inquiéter des conséquences pour les USA qui dépendent beaucoup de l'épargne japonaise. Or celle-ci pourrait très bien se retirer en masse du pays pour faire face à la catastrophe. De la même manière la baisse de la consommation en pétrole, conséquence de la catastrophe, pourrait faire baisser le prix du baril si favorable au maintient du dollars américain. En réalité c'est aux USA que les conséquences économiques pourrait se faire le plus durement sentir au moment même où les nuages noirs s'amoncelaient. Le Japon c'est l'un des pilier de l'empire américain, sans lui et avec une zone euro condamné à court terme, il suffit de voir l'évolution récente des taux d'intérêts, les USA ne sont plus viables économiquement. Sans parler de la perte du contrôle du moyen-Orient et du pétrole.  Mais qui va donc financer l'empire décidément c'est problématique.

 

L'évolution économique japonaise sur le long terme

 

1)La dette

 

    Si la dette japonaise à atteint les niveaux qu'elle a aujourd'hui c'est pour plusieurs raisons. La première c'est que le gouvernement japonais n'a jamais vraiment revue à la hausse les impôts du pays, les impôts japonais sont relativement bas à l'échelle de l'OCDE. De plus le Japon depuis 20 ans est devenu  l'un des pays les plus inégalitaires de l'OCDE alors même qu'il était le plus égalitaire au début des années 90, la compression de la classe moyenne n'est pas favorable à de bonnes rentrée fiscale surtout si les grandes entreprises mettent leurs sièges dans des paradis fiscaux. Autre facteur d'endettement le Japon n'est jamais sortie réellement de la déflation  après le tremblement de terre de Kobe, cette situation est avant tout le résultat d'une absence de volonté pour redresser les salaires de la population du pays. Mais comme il fallait continuer à produire un peu de croissance on a préféré endetter l'état plutôt que d'augmenter les salaires, en ce sens l'économie japonaise n'est pas très différente de celle de ses homologues occidentaux. Le choix de la compression salariale a seulement été momentanément solutionné de manière différente le Japon a endetter son état plutôt que les particuliers. Cela tient également à la réticence de la population japonaise à pratiquer le crédit à la consommation, les japonais étant de gros épargnants, l'état n'a eu d'autre choix, dans un cadre libéral, que de creuser les dépenses publiques.

 

Les différents plans de relances qui ont été fait dans la période des années 90 n'ont pourtant jamais fait redémarrer l'économie faute de continuité de la demande. Celle-ci retombait une fois les effets des plans estompés, il aurait mieux valu augmenter les salaires, mais ce choix demandait un abandon des politiques d'excédent commercial comme nous le verront par la suite. A cela s'ajoute une grave crise démographique et la concurrence de la Chine et de la Corée du Sud dans un régime de libre-échange généralisé. Le Japon subit de plein fouet la concurrence des pays à bas salaire, et contrairement à une idée reçue le Japon ne s'en protège pas vraiment, au contraire même, bon nombre d'industries japonaises ont délocalisé leurs activités dans les pays voisins. Les effets ont donc été similaires à ceux observés en France ou aux USA une désindstrialisation progressive, à l'image des dessins animés nippon, fer de lance du soft power japonais, qui sont aujourd'hui fabriqué pour une part sans cesse croissante en Corée du Sud.

 

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  Les effets de la désindustrialisation sont cependant moins visibles au Japon, et ce pour plusieurs raisons, la première c'est que celle-ci a commencé plus tard qu'en France ou aux USA. La seconde c'est que le niveau technique et culturel japonais est très supérieur à celui de nos pays, au Japon plus de la moitié des jeunes font des études supérieurs c'est beaucoup plus qu'en France. Ce niveau scolaire a eu l'effet d'un frein grâce à la spécialisation dans le haut de gamme et les produits à haute valeur ajouté, les industries de bases sont  parties sans que l'on aperçoivent le déclin de l'industrie dans la part du PIB. Le Japon produit beaucoup moins de choses, mais la valeur globale des produits fabriqués a fortement augmenté, ce qui se traduit par une part relativement stable de l'industrie dans le PIB. Par contre cela a détruit beaucoup d'emplois et fait fortement augmenter les inégalités. Le Japon c'est la société de la connaissance incarnée si l'on puis dire, mais elle ne pourra pas durer.  En effet la hausse progressive du niveau scolaire chinois ou coréen condamnera même les emplois les plus qualifiés à la disparition à terme, la monté en gamme coréenne est déjà fatale à bon nombre de groupes japonais. Si le Japon reste en régime de libre-échange il sera un jour ou l'autre victime des mêmes problèmes que les USA ou la Grande-Bretagne. Ensuite il y a la question démographique, car comme en Allemagne la population active diminue, c'est ce qui fait qu'une stagnation de la quantité d'emploi  ne produit pas nécessairement de hausse de chômage. Le pays peut produire de moins en mois d'emplois sans subir une hausse du taux de chômage. Cela donne au pays le visage d'un vieil homme s'assoupissant tranquillement avant de mourir dans son lit.

 

2)La cassure date des années 90 ou 70?

 

La cassure de l'économie japonaise est souvent daté de 1990 car c'est là qu'elle apparaît au grand jour la croissance passant d'un régime de 4% à presque 0 en moyenne sur une décennie. Depuis cette période le Japon tourne autour de 0%  de croissance avec des années positives et d'autres négatives, certains présentent même le Japon comme étant la première société passé au régime de la décroissance tant chérie par certains écologistes. 

 

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  Si l'on regarde la production industrielle sur une période plus longue la rupture apparaît plus nettement la production industrielle commence à faire du surplace à partir de 1990 effectivement. Mais à mon humble avis la rupture date de bien avant cette date seulement il faut utiliser d'autres donnés pour s'en rendre compte. La crise que va connaître le Japon à partir des années 90 n'est que la résultante d'un phénomène plus ancien, celui d'un modèle économique qui ne pouvait conduire qu'à cette situation.  En réalité c'est le choix d'un modèle mercantiliste, celui de l'accumulation d'excédents commerciaux, qui va créer les bulles et les anomalies qui seront fatales à l'économie japonaise.  En devenant dépendant de l'extérieur pour sa croissance et son développement le Japon va entrer dans un cycle qui lui sera finalement fatal économiquement.

 

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    Dans les années 70 le Japon a orienté son économie vers la conquète des marchés extérieurs, alors que sa balance des paiements était à l'équilibre pendant toute la période d'après guerre, ce pays a commencé à accumuler des excédents  après 75. Ce choix d'avoir des excédents ne fut pas le fruit de la seule volonté des dirigeants japonais, c'est aussi le résultat de la mise en place en occident des délires libéraux et libre-échangistes. Avant cette époque l'Europe avait par exemple le tarif extérieur commun qui rendait peu intéressantes les exportations depuis le Japon, ce n'est qu'une fois ces barrières douanières supprimées que les produits japonais vont envahir nos contrés. Les portes de l'occident ouvertes, il ne restait au Japon qu'à faire une politique d'invasion commerciale, on se souvient bien en France de cette période caractérisée par la multiplication des discours sur le péril nippon, à l'image du japonais homme ou fourmis de notre premier ministre d'alors, madame Edith Cresson.  Ce n'était pas une vue de l'esprit, le Japon et l'Allemagne était alors les grands gagnant du libre-échange intégral, provoquant sans le comprendre la déstabilisation de l'économie planétaire en poussant des pays à la compression salariale et à l'effondrement. Bien évidement le contrecoup fut rapidement arrivé, les pays en déficit se sont mis à contraindre leur consommation ne pouvant lutter à armes égales avec les deux géant de l'exportation. Les deux pays mercantilistes furent finalement punis puisqu'ils virent leur croissance diminuer fortement sur le long terme, à tel point qu'aujourd'hui il font figure d'homme malade sur le plan de la croissance économique. Mais le Japon et l'Allemagne ont toujours des excédents, et malgrés leurs difficultés intérieures ces pays semblent toujours croire que ces excédents sont une bonne chose pour eux.

 

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      Le deuxième point qui montre le changement de régime économique du Japon dans les années 70 est le changement dans le rythme de l'inflation. Les années 70 sont caractérisée par une forte poussée inflationniste que l'on peut voir dans tout les pays industrialisés de l'époque.  Mais contrairement aux pays européens la croissance économique et industrielle au Japon continue à des rythmes élevés, il n'y a pas eu de stagflation au Japon. Les exportations japonaises ont pris  le relais de la croissance et le Japon va devenir un prédateur de la demande mondiale pour compenser la compression salariale chez lui. Car pour juguler son inflation il va favoriser au maximum les exportations au détriment de sa demande intérieure, jadis seul moteur de la production, c'est le même choix que fit l'Allemagne à la même période, et c'est le choix qu'à fait la Chine pour notre plus grand malheur. En effet en tirant votre croissance des exportations et non de la demande intérieure vous n'avez pas besoin d'augmenter les salaires, ces derniers sont mêmes nuisibles à vos exportations. Les pays exportateurs se caractérisent par une forte croissance sans inflation du moins à cour terme. Le modèle mercantiliste japonais donnera toute sa puissance dans les années 80 avant de montrer ses effets dans les années 90. La demande mondiale est maintenant insuffisante pour nourrir l'excédent japonais, allemand, chinois ou coréen en même temps, ces pays ont poussé jusqu'à au bout un modèle qui par nature était déséquilibré puisque toute les nations du monde ne peuvent pas avoir un excédent en même temps.  Et les gagnant actuels sont la Chine et la Corée du Sud, l'Allemagne malgrés ses excédents énorme arrive à peine à tirer sa croissance son niveau de vie est probablement trop élevé pour que la croissance des ses excédents arrive à réellement dynamiser le pays. Quant au Japon il est le perdant des années 2000 face aux trois autres sur le plan commercial. 

 

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  Comme on le voit sur le graphique précédent l'inflation au Japon devient très basse dans les années 80, elle ne fait plus alors que la moitié de son niveau d'avant 1973. Mais jusqu'en 1990 la croissance va rester forte alimenté par les excédents commerciaux, mais bien sûr les USA et les pays européens vont finir par réagir à ces excédents qui leurs sont nuisibles. La forte hausse du Yen et l'affaiblissement progressif des économies occidentales finiront par casser la croissance japonaise. Contrairement à ce que disent certains ce n'est pas la faute de la hausse du Yen si la croissance japonaise s'est cassée, du moins pas directement, en effet rien n'interdisait au Japon de tirer sa croissance de sa demande intérieure. Il est tout à fait normal que les pays en déficit comme les USA demandent un rééquilibrage commercial, accuser les pays victimes du mercantilisme asiatique de se protéger c'est ne pas vraiment comprendre qui est l'agresseur. Alors pourquoi le Japon n'a-t-il pas changé de politique à l'époque de la réévaluation du Yen dans les années 80? Probablement pour les mêmes raisons qui poussent les élites français à ne pas protéger leur industries, elles n'aiment pas les hausses de salaires et l'inflation.

 

Les élites japonaises comme celles d'occident voient toujours d'un mauvais oeil l'inflation et la hausse des salaires, elle préfèrent même avoir une croissance faible et un chômage élevé plutôt que que d'avoir de l'inflation. On l'avait vue dans le cas de l'Argentine récemment où cette haine l'inflation a fini par produire un effondrement brutal de l'économie du pays. Le japon diffère de l'Argentine dans le sens où il n'a pas besoin d'arrimer sa monnaie à une monnaie étrangère pour maintenir basse son inflation, mais l'objectif d'une croissance sans hausse des salaires est la même. Seulement c'est contradictoire quelque soit votre modèle économique à un moment ou  un autre il faudra bien redistribuer les gains de productivités sous forme de hausse des salaires, les pays qui ne le comprennent pas finissent toujours par provoquer des catastrophes sous diverses formes, comme on le verra bientôt dans la zone euro. Cette politique mercantiliste et anti-inflationniste a des limites surtout parce que le Japon n'est plus tout seul à faire cela, il est aujourd'hui fortement concurrencé par la Chine et la Corée du Sud qui font aussi bien que lui pour beaucoup moins chère, allant même jusqu'à concurrencer les japonais sur leur propre sol. Sans parler de la puissance Allemande qui grâce à l'euro s'est réserver un cheptel de victimes pour elles toute seule.  Si les japonais veulent redresser leur situation économique, surtout après cette grande catastrophe, il leur faudra enfin revoir leur modèle mercantiliste. Ils devraient enfin réorienter leur économie sur leur demande intérieure car ils n'auront plus le choix. Leurs marges extérieures vont se réduire, les puissances montantes d'Asie faisant de l'ombre à leur production, et le marché d'exportation vers l'occident sera de moins en moins porteur puisque cette région du monde devra soit se protéger, soit s'appauvrir pour équilibrer sa balance des paiements.  La crise de 2009 fut un avertissement pour le Japon c'est le pays qui subit le plus durement l'effondrement des importations américaines. Que se passera-t-il lorsque le dollars se transformera en nouveau rouble...

 

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Face à la catastrophe il faut une politique monétaire de production

 

  Nous avons fait ici un petit bilan de l'économie japonaise, mais c'était avant la catastrophe. Le japon va devoir retourner son économie vers lui même si je puis dire pour reconstruire. On peut tout à fait comparer la situation à celle de la sortie d'un conflit militaire par son ampleur, il semblerait que près d'un tiers du pays a été littéralement détruit par le tremblement de terre, c'est une proportion énorme d'une tout au dimension que celui de Kobe. Cependant comme l'état est officiellement surendetté, il va devoir changer de stratégie en matière économique et il va falloir faire transvaser les revenue du capital vers le travail à travers l'inflation pour reconstruire rapidement le pays. Il va falloir émettre de la monnaie de crédit public pour l'investissement productif de reconstruction, des prêts à taux zéro pour l'immobilier et l'industrie de reconstruction. Des aides massives pour les personnes qui vont devoir reconstruire leurs vies et leurs villes.  Une telle politique de  grands travaux va devoir être nécessaire et celle-ci ne sera effective qu'à travers une émission monétaire massive et pas autrement. A l'occasion la dette se dégonflera par la conjugaison de l'émission monétaire et le retour de l'inflation, ce qui me parait inévitable dans ces conditions. Rappelons au passage que la dette japonaise est essentiellement détenue par les épargnants japonais, il n'y aura pas d'exportation des problèmes par ce biais, c'est plutôt les risques de rapatriement des capitaux investis hors du Japon qui poseront problèmes aux puissances étrangères. Le Japon devrait donc connaître une forte hausse de son inflation dans les années qui viennent ainsi qu'une hausse de sa croissance économique pour réparer les dégâts.  Il est malheureux que les états ne trouve une justification à l'inflation et à l'investissement public que dans la guerre ou la catastrophe, le chômage n'étant apparemment pas assez grave pour justifier une telle politique.

 

A l'occasion du retour d'une certaine dynamique économique, le gouvernement japonais devrait en profiter pour rompre avec son modèle mercantiliste qui l'avait conduit au marasme avant la catastrophe.  Le Japon devrait reconstruire une économie plus auto-centré et moins dépendante de ses exportations, il leur faudra aussi se protéger commercialement de leur rivaux asiatiques qui eux vont être renforcé par cette situation, l'économie japonaise risquant d'être paralysée pendant quelques temps. A n'en pas douter la Chine et la Corée du Sud vont bénéficier commercialement de leur concurrent nippon. On peut également espérer que cette épisode relance la natalité du pays, je sais que cela peut paraître paradoxale mais l'on constate souvent une hausse des naissances après de grandes catastrophes. Si tel était le cas et si le gouvernement agissait à encourager celle-ci alors une nouvelle ère démarerait pour la nation japonaise. Une ère moins morbide et plus optimiste, le Japon deviendra également à coup sur l'un des pivots du changement énergétique nécessaire à l'échelle mondiale. Ne voulant certainement plus du nucléaire après ces péripéties, et en étant privé du pétrole, le Japon usera probablement de sa main d'oeuvre très qualifiés pour mettre au point le plus rapidement  possible des alternatives durables au duo pétrole-nucléaire. Donc si aujourd'hui le pessimisme et la tristesse sont bien présentes,  il faut bien voir que cette catastrophe peut aussi être utilisé à des fins positives. En tout cas je souhaites bien du courage aux japonais et je suis certains qu'ils sortiront de cette épreuve plus sage et en meilleurs état que lorsqu'ils y sont rentrés. 

 

 

 

Les graphiques présents dans ce texte proviennent du site Gecodia qui offre une grande quantité de mesures économétriques.  

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

D.T 22/03/2013 22:11


Il s'agissait de 2 ans plutôt. Autant pour moi.

D.T 21/03/2013 21:52


1 an après ce texte la Japon a en effet commencé sa politique inflationniste avec devaluation et relance. Ca va être interessant de voir les resultats.

clovis simard 21/02/2012 13:50


Mon Blog(fermaton.over-blog.com),No-6. - THÉORÈME ALASKA. -  UN SÉISME = 10 ??

olaf 18/03/2011 21:21



http://www.defensemedecinenaturelle.eu/


Signer la pétition, car l'UE est en train de faire conneries sur conneries, il faut débrancher


cette machine infernale.



olaf 18/03/2011 20:24



Dis donc Yann, tu n'animes pas beaucoup les coms.


Sinon article intéressant sur les robots japonais et français :


http://www.atlantico.fr/decryptage/robots-francais-pour-centrale-japonaise-en-panne-57041.html