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18 juillet 2010 7 18 /07 /juillet /2010 21:59

  C'est sur le blog de Jean Claude Werrebrouck que je viens de prendre connaissance de ces propositions faites par le partie socialiste français et par le SPD allemand. Diable nos partis de la gauche molle auraient ils enfin compris dans quel guêpier l'euro  et la construction européenne nous a mis. Vue le passé des de ces deux groupes on a quand même de quoi douter. Rappelons tout de même que nous devons aux SPD allemand, la super politique germanique consistant à casser la demande intérieure pour amplifier les excédents commerciaux. La TVA sociale appliqué en Allemagne est en grande partie responsable des déséquilibres qui se sont produit depuis l'unification monétaire. Et cette TVA sociale, politique éminemment nationaliste, fut pratiqué par le SPD de Gerard Schröder. Bien sure certain objecteront que l'Allemagne défend ses intérêts et c'est bien normal, sauf que les Allemands ont aussi accepté la monnaie unique ce qui aurait du les pousser à faire une politique plus européenne.

 

  Bien sure on voit là les limites des constructions supra-nationales telle que l'Europe, des intérêts divergeants et pourtant une même monnaie et une même orientation économique des politiques publiques. Si l'Allemagne avait été européenne, elle aurait prôné une TVA sociale à l'échelle de l'euro. Elle aurait ainsi évité les désagréments de l'euro-divergence mais tel ne fut pas sa praxis.  Il ne s'agit pas pour moi ici de critiquer la TVA sociale en tant que telle, mais le fait que dans une seule zone monétaire il doit pas y avoir de politique discordante pour les échanges commerciaux intérieures. Or comme on le voit sur le graphique ci-dessous il y a bien eu un effet de divergence produit par la concomitance de la monnaie unique et de la stratégie de TVA sociale Allemande.

 

ComextERU

En constatant les dégâts on peut tout de même se poser deux hypothèses face à nos amis allemands:

 

1-Est-ce que la stratégie Allemande est surtout le fruit d'une politique dogmatique? Et est que le but de l'Allemagne était surtout de rééquilibrer ses échanges avec les pays asiatiques? Le cas échéants les dégâts sur ses voisins ne seraient que des effets collatéraux. Auquel cas il semblerait logique que les allemands acceptent finalement que leurs partenaires Européens trouvent un moyen, pas forcement orthodoxe, pour rétablir l'équilibre. La France a par exemple un déficit de 20 milliards avec l'Allemagne.

 

2-Est ce  que l'Allemagne n'a pas délibérément choisie une politique visant à nuire à ses voisins proches. Car en définitive il est assez évident que la TVA sociale ne peut pas compenser les écarts de coût entre l'Allemagne et la Chine par exemple.  Par nature la TVA sociale oblige les produits importés à porter une partie du coût du système sociale allemand. Mais même en prenant cela en compte cette TVA sociale ne compensera pas les écarts salariaux énormes de 1 à 20 ou trente suivant le taux de change, qui existent avec l'empire du milieu. Et d'ailleurs l'Allemagne comme tout les pays de l'Europe a un déficit commercial avec la Chine, et ce, même avec l'application de la TVA sociale. Puisque la TVA sociale ne pouvait en aucun cas être une stratégie de défense contre la Chine alors qui visait elle? Les autres nations développées bien évidement. Et surtout les nations de la zone euro.

 

  Suivant la première ou la deuxième hypothèse il est évident que le principe de discuter avec les allemands comme le préconisait Todd et comme le fait apparemment le PS, est valide ou non. Si la première hypothèse est vraie alors les élites allemandes sont de bonne foi, elles ont juste fait une politique à court terme idiote.On peut alors raisonnablement penser qu'ils voudront bien un mécanisme visant à rétablir les balances des paiement internes à l'UE et que leur politique a déstabilisé. Il pourrait augmenter par exemple leur demande intérieure en augmentant les salaires ce qui au passage donnerait un coup de fouet à un marché de l'emploi allemand assez mauvais malgré les excédents. De ce fait il permettrait aux autres nations de rétablir leurs comptes avec l'Allemagne. Ou alors les allemands devraient accepter une taxation de leurs produits, il s'agit là bien sure de la politiques de dernier recours si une hausse des salaires ne suffisait pas.

 

  En revanche si c'est la deuxième hypothèse qui est la bonne, et je crains personnellement que ce ne soit le cas, alors toute discussion est veine. L'Allemagne s'étant juste servie de l'UE pour réaliser une ambition de domination économique sur le vieux continent, un nouveau Reich par la voie du commerce en quelque sorte.  Dans cette hypothèse il s'agit purement et simplement d'une agression économique sur ses voisins et les hommes politiques français ou italiens devraient y répondre de la meilleur manière qui soit. En sortant les armes économiques enterrées stupidement avec l'avènement de l'illusion de Maastricht.  A savoir le retour aux monnaies nationales et le retour des politiques protectionnistes. Mais la peur du conflit avec l'Allemagne terrorise malheureusement nos élites, surtout en France et il y a fort à parier qu'ils continueront sans cesse à plier face aux exigences germaniques. Et c'est probablement cela qui aggravera les conflits à terme. C'est le fameux esprit de Munich cité récemment par Jacques Généreux et dont on constate chaque jour à quoi il mène. En effet faute de résoudre les conflits de basse intensité d'aujourd'hui, dans un calme relatif et de façon civilisée, les dirigeants français laissent s'aggraver la situation. Prenant ainsi  le risque à terme de produire des conflits d'une tout autre ampleur, et pourquoi pas d'ailleurs des conflits qui iraient au-delà de la question économique.

 

Il est interessant tout de même de voir de grands partis politiques européens parler ainsi de la nécessité de rétablir les équilibres commerciaux, car comme le dit Jean Claude Werrebrouck, il s'agit là d'une première atteinte la sacro-sainte croyance du bon fonctionnement du laisser-faire des marchés. Non les équilibres ne vont pas de soit et non il n'y a aucune raison pour que les comportements micro-économiques produisent des effets régulateurs à l'échelle macro-économique. Les choses ne sont pas ainsi faites que la somme des intérêts individuels soit égale à l'intérêt collectif. Il va donc de soit qu'il faille un état garant de cet intérêt collectif, encore faut-il que les dirigeants de cet état aient tout de même conscience de cet intérêt collectif. Tel n'est plus le cas en France, et les habitudes construites avec la douceur déresponsabilisante de l'UE, de l'euro et de la mondialisation, ne facilite certainement pas la prise de conscience des dirigeants politiques. En effet qu'il est doux de faire de la politique quand on a en réalité aucune responsabilité, quand le marché s'occupe de nous, que la monnaie est aux dessus et qu'en faite on ne fait que profiter du salaire de ministre ou de président sans en avoir les inconvénients. A n'en pas douter les affaires actuelles qui touchent le milieu politique et surtout les proches de Nicolas Sarkozy sont liées à cet état de fait. Comme les français considèrent à juste titre que nos dirigeants ne servent à rien, leur légitimité est tombée et leurs escapades financières ne sont plus tolérées. Affronter l'Allemagne et sortir de l'UE et de l'euro nécessitera des qualités bien différentes de celle du personnel politique actuel. Plus que de génies nous avons besoin de guerrier, d'hommes pétries de l'intérêt général, de l'esprit patriotique, malheureusement nul n'est moins bien servit en la matière que notre actuel président. On peut donc raisonnablement parier sur une aggravation des tensions à moyen terme.    

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

yann 22/07/2010 22:25



@Malakine


Je dois être atteint du syndrome de germanophobie décrit par Todd  couplé à une paranoïa naturelle.


 @Stan


 C'est tout le problème d'avoir une seule politique pour des peuples différents çà conduit au blocage et à la catastrophe.


Sinon oui il est évident que la dégradation de notre commerce extérieur est lié à l'euro il faut être aveugle et malhonnête pour ne pas le voir. Comme d'ailleurs la dévaluation de la monnaie
unique avait produit la petite période de reprise de l'ère Jospin car il faut savoir qu'à l'époque nos monnaies étaient déjà figé en zone euro même s'il a fallut attendre 2002 pour voir la
monnaie unique dans nos porte-monnaie. Tant que l'euro était faible et que l'Europe exportait ses problèmes de demande vers les USA et leur déficits extérieurs tout allait bien. Mais dès que
l'euro a grimpé à partir justement de sa mise en circulation la situation s'est vite détérioré. 



Stan 22/07/2010 12:18



En outre, nous pouvons noter que les excédents commerciaux français se réduisent constament depuis.... 2002: date d'entrée en vigueur de l'euro. Tient donc.



Stan 22/07/2010 12:14



Nuir peut-être. Ce qui est sûr en reanche, c'est que l'Allemagne mène SA politique. Ses élites ne sont pas tournées exclusivement pour l'intérêt européen comme en France. Si la France menait la
même politique que l'Allemagne, c'est l'idée même de l'Europe qui disparaitrait aux yeux des Attali et consorts


En tout état de cause, mener une telle politique en France serait impossible: serrer la ceinture à un point si critique serait sanctionné de grèves majeurs, propices à des graves troubles
sociaux...



Malakine 21/07/2010 17:04



J'adore ta "deuxième hypothèse" ! Je m'autorise juste une critique : Les allemands n'ont pas conduit une politique pour nuire aux voisins. Ils ont simplement conduit une politique de
compétitivité comme n'importe quel système ouvert y invite, qu'il s'agit de l'UE ou de la mondialisation. Et comme ils sont les meilleurs, ils ont gagné et les autres ont perdu ...


Inutile de voir dans cette histoire une volonté de nuire. C'est juste la dure loi du principe de "concurrence libre et non faussée"



olaf 20/07/2010 10:31



La critique de Merkel par Schmidt :


http://www.marianne2.fr/Exclusif-Schmidt-juge-Merkel-Severement-1-3_a195543.html