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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 16:55

 

   images.jpeg Vous qui lisez ce blog vous utilisez comme tous le monde des disques durs pour stocker les informations que vous glanez ici ou là sur votre ordinateur. Le disque dur est une pièce maîtresse d'un ordinateur. Ceux qui en ce moment chercheraient à acquérir un nouveau disque dur seront surpris par contre de l'explosion des prix de ces périphériques indispensables à l'informatique. En effet, les prix ont triplé en très peu de temps et ne sont pas près de revenir à des niveaux habituels. Pourquoi çà? Et bien c'est très simple. La quasi-totalité des disques durs de la planète est fabriquée en Thaïlande, vous savez le pays qui vient de subir d'énormes inondations. Comme une grande partie de la production est impossible, on tourne sur les stocks de disques durs et les prix s'envolent. Encore un léger inconvénient de la mondialisation et de la surspécialisation territoriale.  C'est d'autant plus ennuyeux que même les producteurs n'ayant pas tous leurs sites en Thaïlande importent tout de même des pièces de ce pays pour les fabriquer. On parle ainsi pour la production de disques durs d'un an de pénurie au minimum. Alors bien évidemment ce ne sont que des disques durs et il n'y a pas mort d'homme, mais cet exemple montre le danger inhérent à une surconcentration des activités économiques. Imaginez un instant si la même chose se produisait dans le domaine pharmaceutique ou pire dans la production agricole. Ce n'est pas un fantasme étant donné que nos nations importent de plus en plus ceux qu'elles consomment y compris dans des secteurs aussi vitaux que la nutrition ou les médicaments. On voit même des haricots verts chinois dans nos étales.

 

La mondialisation rend pour la première fois mortelle l'humanité dans son ensemble



Pour la première fois dans l'histoire humaine, la totalité des peuples de la planète est entrée en interaction. Il n'y a pas un lopin de terre sur cette planète qui ne soit pas influencé par ce grand capharnaüm qu'est la globalisation néolibérale. Si ce phénomène entraine des impossibilités de régulation macroéconomiques comme nous l'avons vue moult fois sur ce blog. Il faut également prendre en compte le danger phénoménal que court l'humanité en spécialisant autant chaque région de la planète. Car comme dans le cas de nos disques durs des pénuries pourraient se faire sentir dans des secteurs nettement plus cruciaux. Beaucoup de pays se retrouveraient alors dans des situations explosives. On imagine déjà un effondrement similaire dans la production alimentaire dans certaines régions provoquant des flambées tarifaires dans d'autres. Comme cela s'est d'ailleurs en partie passé lorsque certains pays se sont pris d'amour pour les biocarburants de première génération. Les régions insulaires comme la Grande-Bretagne par exemple, dépendant énormément de leurs importations, se retrouveraient fort dépourvues.



 Un effondrement global de l'humanité dans son ensemble devient ainsi possible malgré l'immensité de la planète et du nombre de ses civilisations. Cela simplement parce que quelques hurluberlus ont cru que rendre les peuples dépendants les uns des autres était une bonne idée. De fait, ils ont en réalité ignoré parfaitement les leçons de l'histoire. C'est bien au contraire la diversité et l'autonomie de certaines régions du monde qui ont évité à l'humanité jusqu'ici de disparaître. C'est parce qu'il y avait des « barbares » autour de Rome qu'il y a eu un après l'Empire romain qui sans cela aurait dégénéré indéfiniment jusqu'à l’épuisement total des peuples qu'il abritait. Cette diversité des us et coutumes, des moyens techniques et des façons de vivre ont été les vraies planches de salut de l'espèce humaine. Cette diversité était aussi la garantie de l'évolution par la comparaison des modèles et par le jeu d'une certaine compétition darwinienne. En uniformisant la planète et en rendant chaque région dépendante, nous avons rendu possible un effondrement par effet domino de toute l'espèce. Si par malheur nous nous sommes trompés de direction, si notre civilisation est une voie sans issue alors nous aurons entrainé l'espèce humaine vers le chemin de l'extinction.

 

Comme on le voit, la critique de la mondialisation peut aller bien plus loin que la simple question économique. La mondialisation n'est pas qu'une monstruosité sociale et économique. C'est un véritable poison pour notre espèce. Et cela vaut également pour l'uniformisation des modes de vie par l'universalisation de la civilisation marchande anglo-saxonne . On nous présente sans arrêt l'homogénéisation comme une modernisation, ou un progrès alors qu'il s'agit en grande partie d'un appauvrissement de la diversité humaine. Diversité qui paradoxalement est vantée lorsqu'elle se résume à un folklore superficiel et ridicule dans nos propres pays à l'image de la nourriture hallal et du ramadan. Les musulmans de France sont tellement divers qu'ils regardent les mêmes émissions américaines et mangent dans des fastfoods. Des fastfoods hallals cependant, pour faire croire à une légère différence avec les autochtones. Des autochtones qui ,eux, ne savent même plus ce que signifie être français. L'affaiblissement des identités et l'accouchement d'un homoéconomicus global semblaient être inéluctables jusque'à une date récente. Heureusement les dégâts que ce phénomène provoque ont fini par condamner le processus qui lui a donné naissance à savoir la globalisation sous commandement anglo-saxon. Les crises se multiplient dans tous les secteurs. Les observateurs s’aperçoivent même maintenant que la Chine n'est pas un modèle et qu'elle aura bien du mal à survivre sans ses clients tant son marché intérieur est inadapté à sa propre production. Même nos saints défenseurs de la mondialisation commencent à douter malgré leur stupidité congénitale. Un peu à l'image de ce pauvre Attali qui ne sait plus comment défendre l'euro, l'un des enfants terribles des délires postpatriotiques des années 80-90. On trouvera bien sûr des coupables extérieurs faciles, du genre c'est la faute aux Américains. Sans jamais voir que c'est l'idée même d'un monde sans frontière et unifié qui est la cause de tous nos problèmes.

 

Au Brésil on taxe les importations et çà marche!

 

Heureusement, ce processus est loin d'être irréversible.  Pour en revenir à mes disques durs je me souviens que le premier que j'avais acheté à la fin des années 90 était fabriqué en Italie, un pays développé. Chose impensable de nos jours, le second quelques années plus tard était d'ailleurs déjà fabriqué en Hongrie. Aujourd'hui ils viennent tous d’Asie du Sud-est et de Thaïlande. Il n'y a pourtant rien de fatal à cette situation et nos amis latins du sud de l'Amérique ont, eux ,bien compris qu'il était suicidaire de trop dépendre de ses importations. Non seulement parce que cela rend impossible toute forme de régulation économique, mais aussi parce que cela rend votre pays fortement dépendant des évènements extérieurs. J'avais longuement parlé de l'Argentine dans ce texte. Ce pays bien qu'ayant subi de gros problèmes a tout de même réussi à s'en sortir grâce à des dévaluations et à un protectionnisme militant. Une fois indépendants du point de vue de la production, les Argentins pourront avoir une évolution salariale indépendante de l'évolution mondiale. Car le protectionnisme et l'autosuffisance industrielle ont comme principale vertu de rendre aux pouvoirs publics la capacité de faire évoluer la demande intérieure de façon corrélée avec les capacités de production locale. En régime fermé on peut ainsi coupler les salaires à l'évolution de la production et de la productivité et ainsi éviter le chômage de masse et l'accroissement infini des inégalités.

 

Mais il n'y a pas que l'Argentine qui s'est mise au protectionnisme. Pendant que l'Europe se suicide à coup d'euro et de libre-échange l'Amérique du Sud se réarme industriellement. Le Brésil s'est ainsi décidé à taxer les importations d'iPhone. Le premier résultat vient de tomber puisque Foxconn et Apple viennent de fabriquer une usine dans ce pays pour éviter d'avoir à payer les taxes d'importations sur le marché local. Je rappelle au passage que si le Brésil est un pays peuplé son PIB est tout de même nettement inférieur à celui d'un pays comme la France. Ce qui signifie qu'un marché inférieur en taille à celui de notre pays peut quand même se protéger avec succès même dans les domaines de la haute technologie. Cela casse définitivement l'argument sur le protectionnisme d'échelle européenne qui serait notre seule planche de salut parce que la France est trop petite. Il n'en est rien en réalité. À partir du moment où votre pays laisse les entreprises étrangères investir et apporter leurs savoir-faire le protectionnisme ne conduit pas à l'explosion des prix puisqu'il y aura toujours une entreprise pour se lancer dans l'aventure.

 

Mais allons plus loin, nous pourrions rêver d'un retour réel à la diversité humaine. On pourrait voir se développer dans le futur des modèles économiques et sociaux totalement disparates d'un pays à l'autre. Des modèles qui suivraient des voies originales et qui peut-être porteraient l’humanité plus loin que l'impasse dans laquelle l'américanisation nous a conduits. Le monde de demain sera peut-être un monde où Paris ne ressemblera pas à Tokyo ou à Londres. Un monde où tous les peuples du monde ne passeront pas leurs temps à regarder la dernière idiotie sortie des studios hollywoodiens. Un monde où chaque peuple pourrait enfin apporter sa pierre à l'édifice de la modernité . Une modernité qui sera diverse ou qui ne sera pas pour paraphraser la célèbre formule d'André Malraux.

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

rachat credit 04/04/2014 12:12


Très bien Dit RST

Agrandissement 22/02/2014 12:05


Y a du Cloud maitenant :)

Renaud 21/12/2011 01:48


Bravo! Et encore Bravo !!


C'est à peu près ce que je dis mot pour mot depuis plus de vingt ans !


L'on peut traduire: mondialisation par: entropie. La mondialisation est un terrible et dangereux facteur d'entropie accrue et accélérée. Le modèle biologique de la cellule vivante devrait
nous inspirer en économie et en finances. La cellule vivante a une paroi obligatoire qui lui permet de se développer de façon optimale, donc de 'respirer', d'échanger précisément
dans l'hétérogénéisation ambiante. Vouloir à tout prix niveller et homogénéiser l'environnement et les acteurs de cet environnement produit un type de "sida" qui détruit les défenses
internes des structures des éléments de la Vie sous toutes ses formes. Il faut bien connaître les forces et les formes de la vie, c'est à dire du physique, du biologique et du
psychique et les laisser se cultiver et nous cultiver.


On peut le faire empiriquement en maints domaines, comme beaucoup de méthodes ancestrales, et scientifiquement en intégrant tous les éléments positifs potentiels et leurs modèles. Par
exemple, la thermodynamique peut servir de modèle, ou de référentiel, en de très nombreux domaines.


Un auteur qui peut apporter beaucoup: l'épistémoloque Stéphane Lupasco (1900-1988)


Encore bravo pour cet article, c'est très réconfortant


Renaud

jacques 06/12/2011 07:09


La solution n'est quand même pas difficile!


Le principal problème est un problème de gouvernance. Depuis de nombreuses années on a une génération de dirigeants qui ont perdu complètement de vue l'idée de "l'intérêt/le bien public". La
prospérité réelle et apparente (bulle) a anesthésié la classe dirigeante qui a conclut implicitement le deal suivant avec des gens peu scrupuleux et souvent franchement psychopathe: on laisse
tout le chambre libre aux financiers qui en retour font une "croissance continuelle" (réelle et fictive), et pendant ce temps on se la coule douce et on pense déjà à la grosseur de son yatch en
méditerannée, et surtout on cherche à s'assure que notre yatch sera plus gros que celui des autres.


Malheureusement, maintenant que la bulle éclate, il faut se remettre à gouverner *réellement*, une tâche pour laquelle Sarkozy est totalement inapte: sa génération (Sarkozy, Ségo, Hollande, et
cie) pensait que gouverner signifiait se faire accepter par les financiers (avec des deals +/- secrets) et se faire accepter par la population par une communication habile (donc, principal atout
pour un président --> être éloquent et charismatique = Blair, Sarkozy, Obama). La recette miracle: savoir tout promettre au peuple en s'assurant toutefois de de ne jamais rien faire pour faire
plaisir  à ceux qui nous financent.


D'où le phénomène mondial de déficit global de gouvernance qu'on pourrait caractériser en disant simplement: le monde est dirigé par les meilleurs chefs de l'opposition qu'on n'ait jamais connu,
tant il est vrai qu'un étranger jurerait que Sarkozy doit être dans l'opposition puisque il s'insurge avec éloquence depuis xxx années et comme rien ne change, visiblement il ne doit pas être au
pouvoir et attends impatiemment son tour.


La solution est pourtant facile, en quelques étapes simples:


1) Choisir quelqu'un qui a relativement les mains "propres" et qui entend *réellement* diriger. A toute fin pratique, quelqu'un style Mélenchon ou LePen selon les affinités, en notant au passage
que leur programme est identique sauf pour l'immigration (Mélenchon=vanne ouverte, LePen=zero) (et il est raisonnable de penser que l'exemple canadien (=immigration contrôlée et réfléchie)
demeure un mitoyen sensé).


2) Laisser s'ecrouler les banques (inévitable), les ramasser en les nationalisant et ne garantissant que certains créditeurs (petit dépot des particuliers, épargne productive, aide aux
entreprises) et en laissant tomber toute la finance spéculative vers le zéro absolu. C'est ce qui aurait d'ailleurs dû être fait en 2007 aux USA.


3) Emettre un chèque citoyen (avec sa *propre* banque centrale) pour tous les habitants d'un montant suffisant pour éviter la déflation et aider à réduire les dettes et relancer la consommation,
chèque qui sera évidemment le plus bénéfique pour les classes les plus en difficultés. Advenant un début d'inflation: AUGMENTER les taux d'intérêt (ce qui causera une baisse rapide de toute
spéculation dans l'or et les matières premières incluant alimentaires, si l'exemple devait être suivi par les autres pays) tout en AUGMENTANT les revenus des gens les moins fortunés (baisse des
taxes + impôt, supplément de revenu, etc) pour contrebalancer (seulement pour eux) cette hausse des taux.


4) Protectionnisme limité bien ciblé envers les pays avec qui la concurrence n'a tout simplement aucun sens (style Chine).


Avec seulement ces quatres mesures vous aurez régler 50% de la crise, sans remettre en question le système capitalisme (hélàs pour tous les prophètes...) mais en réalisant au passage une mesure
qui est de toute évidence requise, une importante redistribution de richesse (qui *augmentera* la productivité nationale et le bien être de tous ne serait-ce que par une paix sociale retrouvée),
redistribution, soi-dit au passage, désirée par 99% de la population (incluant un certain PJ).


Mais rien de tout cela n'est possible sans gouvernance. Et les français auront un choix *DECISIF* dans quelques mois, non seulement pour eux mais pour les citoyens d'autres pays, car la France
est au coeur de l'Europe, et l'Europe au coeur du Monde.


Ce changement de direction majeur affectera le reste de l'Europe mais aussi les USA et réveillera un peuple à moitié endormi et complètement enfumé.

La Gaule 06/12/2011 05:14


Hommage à un personnage que j’ai souvent trouvé détestable par le côté gourou qui constitue sa mauvaise pente (sans parler de certaines de ses
options théoriques pour le moins baroques), et qui montre en revanche ici ce qu’il y a d’indéniablement valeureux chez lui.


Jorion m’a toujours impressionné par sa culture et ses capacités d’analyse, et toujours déçu sur les stratégies pauvres qui remontaient à la
surface de son puits de science.


Le côté séduisant du bonhomme, il y a déjà pas mal d’années de cela, venait d’ailleurs précisément de sa position affichée d’homme du sérail
financier mondial, mais aussi lucide qu’habité par le doute sur sa condition.


Sa lucidité avait semblé par la suite se perdre corps et bien dans la flagornerie médiatique, laquelle soulignait souvent une fâcheuse
inclinaison au dogmatisme opportuniste.


Il apparaît ici sous son meilleur jour, celui d’un journaliste  qui sait de quoi il
parle  quand il analyse l’évolution d’un système (le problème pour ses interlocuteurs est qu’il n’est pas journaliste !) et qui avoue humblement
son incapacité à apporter un quelconque remède prospectif face à une telle situation.


Sa manière d’envoyer dans les cordes ce t… d. c.. de Couturier est impressionnante. J’imagine mal un Jacques Sapir (par exemple) en faire autant.
Coup de chapeau à l’affreux Jojo donc !


 


http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=zP6RkcglNvs