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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 20:24

     Jean Luc Mélenchon s'est encore fait remarquer avec une agression verbale faite au journaliste star de France 2 David Pujadas. Ce dernier s'est fait traiter de larbin du pouvoir par notre grande gueule de gauche préférée. Certains pensent que Mélenchon a franchi la ligne jaune, qu'il va trop loin, et d'autres, bien sûr, soutiennent le politicien dans sa démarche de dénonciation des abus  journalistiques. Mais si l'on peut critiquer la méthode, un peu expéditive, de Mélenchon, surtout lorsque ce dernier s'est attaqué un peu brutalement à un apprenti journaliste. On ne peut pas à mon sens, lui en vouloir de tacler les gros apparatchiks du pouvoir médiatique français, et en l'occurrence monsieur Pujadas en fait parti. Car ils sont quand même collectivement responsables de l'étiolement spectaculaire de la démocratie française, par leur suivisme idéologique, leur logique de copinage, ils ont réduit à pas grand chose le choix idéologique offert aux spectateurs. En réalité un seul point de vue est sans arrêt exprimé, là où l'on pourrait allègrement les multiplier. La télévision a ainsi considérablement accru la mécanique déjà patente, avant elle, d'uniformisation des idées et des formes de pensés.

 

Voir ici le nouveau crime journalophobique de Mélenchon:

 

 

       Pauvre journaliste maltraité par un méchant populiste, oui c'est bien connu le populisme c'est le mal et tant pis si Roosvelt, De Gaulle ou Churchill étaient populistes. Grâce aux journalistes français adeptes du changement sémantique à tout va, populismes est aujourd'hui confondu avec démagogie. Tout comme hier le référendum sur la constitution européenne et son rejet était un signe de populisme, voir qui sait de fascisme rampant. On pourrait beaucoup écrire sur la façon dont les médias manipulent les mots, mais d'autres l'ont déjà brillamment fait sans que j'ai à y rajouter quoique ce soit.   Cependant la grande différence par rapport au passé, c'est la popularité que Mélenchon retire de ses embardés contre les médias. C'est tellement efficace comme mécanisme de buzz que des journalistes se mettent maintenant à le provoquer pour pourvoir exister médiatiquement. Comme dans cette affaire opposant Mélenchon à un certain  Jean Robin du site très à droite enquete-debat. Voila que Mélenchon sert désormais de source publicitaire pour les journalistes en mal de reconnaissance, il va apprécier le bougre.

 

A quoi servent encore les journalistes?

 

          Mais plutôt que de gloser sur les propos de Jean Luc Mélenchon ne devrions nous pas nous questionner sur le métier de journaliste lui même? Et notamment sur son rôle de pape de la démocratie, orientant les débats et les questions qui sont censées faire la une des agendas politiques. Car les journalistes n'ont pas toujours existé, qui plus est, ils ne sont pas aussi essentiels, qu'ils le croient eux mêmes, pour que la démocratie fonctionne. En réalité le journalisme est le produit d'une évolution technologique, l'imprimerie. C'est la nature même du caractère centralisé de la production de l'information qui a rendu nécessaire la création du métier de journaliste. En effet les coûts de production d'un journal de masse rendaient impossible la production de l'information pour la plupart des citoyens. Dés sa création l'imprimerie a introduit une asymétrie dans l'échange d'information entre les êtres humains, asymétrie qui par nature produit une inégalité de fait entre ceux qui produisent et ceux qui consomment. Celui qui produit l'information peut choisir ce qu'il veut diffuser et donc orienter la nature de l'information disponible. Heureusement, pendant longtemps, les coûts de production, même élevés, n'empêchaient pas une certaine pluralité de la production informative. On avait des journaux de plusieurs tendances qui même s'ils ne pouvaient représenter tout le spectre des idées, parvenaient tout de même à maintenir la nécessaire contradiction argumentative si importante pour le débat démocratique.

 

  Après guerre le CNR a même voulu graver dans le marbre la pluralité journalistique en dénonçant les féodalités économiques qui voulaient contrôler les journaux et  déconcentrer la possession de ces derniers. Ainsi pouvait on lire dans le texte du programme du CNR:

 

" 4) Afin d’assurer : ...la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’Etat, des puissances d’argent et des influences étrangères ;..."

 

On remarquera au passage que sur les grandes ambitions provenant des propos de ce texte du CNR, il ne reste pas grand chose qui soit réellement appliqué en France. 

 

Car c'était sans compter sur un nouveau bouleversement médiatique la télévision hertzienne. Cette dernière a aggraver considérablement l'inégalité sous-jacent au système informatif permettant une concentration dans la production de l'information sans précédent. Et comme Pierre  Bourdieu l'avait bien analysé dans son célèbre texte sur la télévision, les autres sources d'informations classiques et moins concentrées comme les journaux papiers ont fini par s'aligner sur elle, à cause principalement de son poids grandissant dans l'audimat. En effet tout les journaux cumulés n'ont jamais pesé autant que le JT du 20h de TF1 en terme d'auditeur, c'est un fait. Du coup cet alignement sur le journalisme des plateaux télé a rendu de plus en plus inutile la presse écrit,e puisqu'elle n'était devenue qu'une version moins "fun" du discours télévisuel à quoi bon l'acheter.  La pensée unique s'est développé dans ce cadre, les grands penseurs de la crise du monde occidentale comme Emmanuel Todd qui lui parlait de pensé zéros, ont en générale négliger ce facteur central lié au médium télévisuel. Ce n'est pas un hasard si la crise de la démocratie s'est développé en même temps que périclitait la variété des sources d'informations.

 

  Mais si d'un seul coup les médias sont devenu la cible de vindicte populaire comme le montre différente études ou l'attitude du publique face à Jean Luc Mélenchon c'est tout  simplement parce que nous commençons à voir les effets des nouveaux médias internet, les blogs,  les télévisions numériques en plus grand nombre ou encore les journaux du net qui pullule couvrant tout le spectre idéologique. L'attitude de Mélenchon aurait était unanimement condamné il y a 15 ans seulement c'est bien l'éclatement du monopole d'information qui a casser l'argument d'autorité des journalistes. La méfiance à l'égard des médias n'est d'ailleurs pas uniquement française aux USA ou dans le reste de l'Europe les population se méfient de plus en plus d'une télévision perçue à juste titre comme monolithique et au service des pouvoirs économiques. Doucement les cerveaux embrumées se remettent à fonctionner mais aussi à produire des conflits c'est inhérent à la diversités intellectuelle, nous quittons petit à petit le monde tranquille de l'univers rassurant de TINA pour nous lancer sur le ring du combat démocratique et pluraliste.

 

Dans ce cadre les journalistes en tant que tel ne servent plus à rien. On aura plus besoin de journaliste pour transmettre le savoir et l'information puisque les nouvelles technologies permettent d'y accéder directement, nul besoin d'enquêtes de terrain, les personnes concernées s'expriment directement. De la même manière les spécialistes, les universitaires, les intellectuels n'ont plus besoin des journalistes pour exister médiatiquement, tout comme l'auteur sulfureux Marc Édouard Nabe s'est passé pour son dernier livre d'une maison d'éditeur, ce nouveau média met directement le producteur en face du consommateur.  Internet permet également une égalité dans la production d'information, l'asymétrie disparait naturellement, c'est un média réellement démocratique puisque permettant une expression pleinement égalitaire pour tout un chacun.  Sur internet on a besoin de gens qui savent, de gens qui pensent, de gens de métier, de vrai spécialistes, les journalistes en tant que tel n'ont donc plus de raison d'être. Vous voulez un avis d'économiste? Vous allez sur les blogs des économistes eux mêmes qui donnent chacun leur avis et vous vous faites votre point de vue suivant les arguments des uns et des autres. Même chose en science en philosophie en histoire etc... L'agenda politique lui même devrait être modifier et l'est déjà par internet, bon nombre d'affaire de buzz comme on dit sont le produit de ce nouveau média, montrant ainsi la perte d'influence de plus en plus grande de la télévision.

 

Alors si l'on se place sous cet angle d'analyse est-ce que Mélenchon a raison de s'attaquer comme il le fait au grands journalistes de la vielle époque? A cela  je répondrais qu'il n'est nul besoin de tirer sur une ambulance mais que parfois la justice et la vengeance cela fait un bien fou au moral. Alors vive Mélenchon sur ce point et que tout les hommes politiques ou toutes les personnes qui se sont fait maltraiter par les grands médias ces dernières années s'en donnent à cœur joie, parce qu'ils ne méritent vraiment pas autre chose.

 

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Published by Yann - dans Médias
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commentaires

valuebreak 20/10/2010 07:09



excepté les aléas orthographiques, ce texte sur l'inutilité des journalistes face a Internet m'est apparu rempli de bon sens comme d'hab. Bien vu, Yann.



olaf 19/10/2010 10:03



Tape le sur word ou équivalent avec correcteur ortho et gram, il signale pas tout, mais une bonne partie.



yann 18/10/2010 21:23



@Olaf


J'ai une excuse j'ai du réécrire deux fois le texte depuis hier overblog l'ayant gentillement effacé la première fois et mon PC ayant planté la deuxième . Je sais j'aurai du sauvegarder mais à chaque fois je n'y pense pas. Donc je l'ai publier sans le relire je vais corriger autant que je
peux.



olaf 18/10/2010 21:10



Yann


Tu fais de bons billets, mais il faut décrypter, des tonnes de fautes d'orthographe, de grammaire et une ponctuation quasi inexistante.


A une époque où l'on signale le déficit d'apprentissage de la langue française, pas seulement de la part des immigrés, je te recommande de corriger tes textes sur le plan grammatical,
orthographique et de la ponctuation.