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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 10:06

        jocker.jpgLes élites occidentales continuent à promouvoir le pillage de leurs propres territoires, sous couvert d'échange mutuellement avantageux. Nos élites utilisent de plus en plus ouvertement les pays en voie de développement pour accroitre leurs revenus et leur profits à leur propre compte et au détriment du reste de la population nationale. C'est du moins l'apparence qui ressort de l'observation empirique des évènements.   A cela s'ajoute les arguments  pseudo-marxistes sur le partage de la richesse avec les pays pauvres, comme si l'appauvrissement de l'occident était nécessaire à l'enrichissement du reste de l'humanité, c'est en réalité l'exact contraire. Les exportations chinoises permettent aux élites de ce pays de se passer de la création d'une classe moyenne, cette dernière pouvant remettre en cause le pouvoir des autocrates communistes. Sans les exportations liées aux marchés occidentaux, la Chine serait immédiatement en situation de surproduction, elle l'est déjà d'ailleurs. Seule une augmentation massive de la consommation chinoise et donc des salaires lui permettrait d'absorber sa production. A l'inverse, le protectionnisme  en occident, obligerait à une relocalisation de la production vers leur marché de vente, ce qui ramènerait le producteur-travailleur européen, ou américain, au centre de l'échiquier et défavoriser le capital. Les  déclarations ridicules du G20 visant à pousser la Chine à rééquilibrer ses échanges de façon positive tiennent peu compte de la réalité  et des ambitions de ce pays, sans contrainte la Chine ne fera rien.  On peut donc en conclure que les pseudo-marxistes amoureux, et adeptes, du partage mondiale de la richesse sont ouvertement les alliés des ultra-libéraux et du grand capital, pour employer un terme qu'ils comprennent.

 

    En ce sens, et on ne le répètera jamais assez, être pour le libre-échange c'est intrinsèquement être contre l'amélioration du niveau de vie de la majeure partie de l'humanité, pays en voie de développement compris.  En cela on comprendra bien tout le cynisme des déclarations des hommes politiques occidentaux lorsqu'ils disent vouloir combattre la crise en évitant la "tentation" protectionniste. C'est ce que vient de rappeler au passage Angela Merkel dans cette dépêche AFP en qualifiant le protectionnisme de "pire danger pour l'économie mondiale". On voit ici le cynisme puisque l'Allemagne, ou plutôt, les multinationales allemandes bénéficient du libre-échange à court terme, mais à la vérité le peuple allemand ne bénéficie pas vraiment lui de ces excédents commerciaux et c'est le moins que l'on puisse dire. Ce dernier subit des coupes salariales, la réduction du niveau de vie, et l'extinction démographique du peuple allemand est probablement l'un des lourds tributs à payer pour avoir des excédents. En bref l'Allemagne construit son excédent par la torture de son propre peuple, taxer les produits allemands et remettre en cause cette logique serait donc tout à fait profitable à l'allemand de base. Et d'ailleurs Angela Merkel n'en finit pas de jouer les schizophrènes puisqu'elle ne cesse de condamner les pays déficitaires de leur commerce extérieur, tout en se félicitant ses excédents dont on sait pourtant le peu de gloire de leur origine, bien loin de la qualité made in germany on a plus affaire à du assembled in germany, ou du made by germany. Chercher la cohérence des propos de la chancelière allemande reviendrait à se demander si l'homme qui se prend pour Napoléon dans un asile est plus rationnel que celui qui se prend pour Néron.

 

Le fou d'Amérique

 

      Mais en ces temps de fous, il n'y a pas que l'Allemagne ou la pauvre France et son clown présidentiel qui sont touchés. Aux USA Barack Obama qui avec la Fed va injecter encore  600 milliards de dollars dans l'économie, n'a toujours pas compris la raison des échecs répétés des relances. Entre ceux qui ne veulent pas de relances et son prêt à faire crever la population avec des taux de chômage à 20% ou 30%, les membres libertariens des républicains ou ceux de la Tea Party, et les démocrates pseudo-keynésiens qui relance sans réfléchir l'Amérique semble plus que jamais perdue au milieu d'un brouillard conceptuel. On s'inquiète partout de la résurgence du protectionnisme aux USA car certains états américains commencent à agir contre le laissez-faire en la matière. L'état de l'Ohio vient par exemple d'interdire dans les contrats publics le recours à l'offshore, car bon nombre d'entreprises informatiques sous-traitent en Inde les emplois et cet état américain vient donc d'interdire très justement cette pratique. Pourtant Obama n'a rien trouvé de mieux que de critiquer l'état de l'Ohio et de rassurer l'Inde comme quoi l'Amérique continuerait à délocaliser et à sous-traiter ses emplois en Inde. Officiellement parce que c'est mutuellement profitable. C'est à se demander si Obama comprend quelque chose à se qu'il fait et quels intérêts il défend. Comme en Allemagne nous voyons ici un phénomène de schizophrénie collective, d'un coté le président est obligé de redresser la situation, il utilise l'arme monétaire la plus puissante et dangereuse qui soit pour y parvenir.  Et de l'autre il fait le contraire en alimentant une politique de libre-échange qui fait évacuer à l'étranger les bienfaits de la relance.  Obama s'il était cohérent devrait soit soutenir l'Ohio quitte à se fâcher avec l'Inde mais ce n'est pas son problème, il doit défendre les USA avant tout. Soit faire le jeu du mondialisme et suivre l'UE dans sa non intervention en laisser le chômage grimper indéfiniment. Le problème c'est qu'il ne veux pas choisir entre les deux, ce qui donne une politique incohérente et franchement dangereuse à long terme.

 

  Et on comprend mieux ici le phénomène de rejet du pouvoir central et le succès des défenseurs de l'autonomie des états américains face à Washington. Quand un état ne défend plus son territoire et joue pour l'intérêt de puissances étrangères on peut se demander s'il n'y a pas trahison. Pour ma part je penserai juste au résultat d'une faiblesse, une faiblesse psychologique qui conduit les hommes politiques modernes à ne jamais trancher, à ne jamais choisir de peur d'être isolé de telle ou telle opinion. C'est l'un des thèmes centraux des analyses de l'excellent Philippe Grasset et on ne peut qu'admettre la validité de sa thèse.  Les hommes politiques occidentaux, coupés de leur propre peuple par leur milieu social, ont du mal à appréhender la réalité du pays qu'il gère. Mais plus grave, leur absence de croyance, leur absence d'idéologie structurante les poussent systématiquement à avoir des positions faibles et malléables. Ils sont donc gouvernés par leurs peurs et ils ont très peur d'être isolé de leur milieu social, d'où cette obéissance aux aspects les plus stupides  de la pensé unique. Même s'ils n'y croient plus, ils font semblant pour éviter d'être seul et isolé. On voit ainsi naître ces politiques sans queues ni têtes qui accusent un jour la mondialisation, les pays excédentaires, puis le lendemain nous voyons les mêmes faire, et dire, l'exacte contraire, et les élites françaises sont exemplaires dans ce sens. 

 

La France est en plus malade de l'universalisme

 

      Les dirigeants français sont touchés pareillement que leurs collègues américains ou allemands par cette peur et  ces contradictions. Mais il y a quelque chose de plus grave encore dans le cas français, c'est l'adulation de la puissance. En effet la bourgeoisie française a ceci de particulier qu'elle est probablement sur terre l'élite qui, historiquement, a le plus détesté son propre pays. Et si l'élite française déteste son propre pays c'est parce qu'il est devenu trop petit pour ses ambitions universalistes. L'élite françaises se voit influente, ou ne se voit pas, la France, pour elle, est grande ou elle n'existe pas. C'est ce qui explique à mon sens cette étrange capacité de notre gauche à aduler les régimes puissants étrangers lorsqu'ils sont de gauche (officiellement) comme l'URSS des années 60 ou la Chine actuelle, et ce,  quelque soit leur éloignement des principes de la républiques française pourtant fondée historiquement par la gauche de notre pays. Mais c'est aussi ce qui explique l'anti-france de droite, qui s'exprime soit par le déclinisme congénital, soit par une adulation de tout ce qui est contraire à la France comme le régime néolibérale anglosaxon, voir de la langue française elle même. Ainsi cette droite qui se présente comme patriotique ne cesse-t-elle de détruire le socle de son propre pays et de vomir ses propres traditions. Et elle finit cette droite par mettre au pouvoir un président qui aurait préféré être américain. La décadence qu'elle voit en la France n'est en fait que le fruit de sa frustration. Frustration de ne pas avoir d'empire, de ne pas être grand, et de ne pouvoir comme à la belle époque guider le monde. Comme la France n'est plus à la taille de leurs égos universalistes nos élites se rêvent d'être étrangères et de transformer la France en un bout d'Amérique aujourd'hui, d'Allemagne en 1940, ou de Chine demain. L'universalisme se transforme en poison qui détruit petit à petit la nation française entrainant les élites à démolir leur héritage historique.

 

    Cette situation particulière, cumulée à la disparition des idéologies, donne en France des élites plus schizophrènes encore qu'ailleurs et des politiques encore plus folles. Ainsi se retrouve-t-on avec un président qui fait des discours gaullistes et des politiques Thatchériennes. Une gauche qui parle d'égalité mais qui n'aime pas la régulation du commerce, qui pourtant compense les inégalités entre pays. Mais malheureusement pour nos chefs, il reste encore en France un peuple . Et malgré tout les efforts pour l'exterminer ou le remplacer il est toujours là, et il commence a en avoir marre des rêves de grandeurs des fous de Neuilly. Le peuple il n'est pas très exigent, il veut à manger, à boire, un toit et un travail pour pouvoir nourrir sa famille, rien d'autre. Le peuple français il ne veut pas imposer les droits de l'homme à la Chine, ou libérer les femmes du monde musulman, ou sauver la planète de la pollution américaine, à vrai dire le peuple tout çà il s'en fout complètement. Même la francophonie il s'en fiche. Il veut simplement que lui et sa descendance aient un avenir, est-ce trop demander? Ils demande à être maitre chez lui et à faire la politique qu'il veut sur son territoire. A partir de là il n'est pas bien difficile de voir que la taille de la France importe peu. Si l'on renonce aux rêves de grandeurs on peut remettre les pieds sur terre et parler concret. Protection, indépendance,  souveraineté et démocratie, coulent de source et ne sont plus tabous, encore faut-il se rappeler d'où vient le pouvoir que croient détenir nos élites pour l'éternité. A force de rêve de grandeurs de puissance, d'Europe, de mondialisation, d'Asie, ils finiront dans de petites boîtes.

 

 

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Published by Yann - dans économie
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olaf 11/11/2010 07:23



Pour l'Unesco, la science passe au Sud


 


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