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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 22:41

  Je viens d'apprendre la mort de l'un de mes réalisateurs de dessin animé préférés Satoshi Kon à seulement 47 ans. C'était un génie de l'animation japonaise et il laisse derrière lui des œuvres extrêmements originales et intelligentes. A l'image de Perfect blue thriller tournant autour du thème de la schizophrénie,  de Tokyo Godfather qui tourne autour de l'exclusion sociale, de la société marchande et de l'éclatement familiale, ou encore la série étrange et folle Paranoïa Agent. Pour ceux qui ne connaitraient pas son œuvre je ne peux que vous inviter à les regarder elles sont toutes facilement accessible en France. Et même les non adeptes de l'animation japonaises pourront y prendre plaisir.  La folie humaine était au centre de son œuvre et il nous a étrangement quitté dans un moment particulièrement représentatif de celle-ci.

 

 Perfect blue

 

Paranoïa agent
 

 

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Published by Yann - dans divers
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commentaires

La Gaule 29/08/2010 02:28



@ Yann


 


Merci pour cette réponse très complète (!).


Je passe sur Todd, dont je ne perds jamais une occasion de titiller les théories depuis mon arrière cour, même si j’ai une grande admiration pour
leur originalité et leur auteur (en fait c’est la vénération quasi mandarinale dont il fait parfois l’objet qui m’agace).


Ce qui me parle le plus dans votre commentaire, est la relation que vous faites entre l’homogénéité ethnique, la faiblesse du sentiment
religieux, puis la stabilité générale de la société, soit sa vulnérabilité à la guerre civile.


 


J’objecterai d’abord que, à défauts de guerre ethnique intra nationale, les rapports des asiatiques entre eux n’ont jamais brillé par la
sérénité. Surtout, la Chine a été le théâtre de terribles guerres fratricides, dont nous apprécions mal la dimension  précisément parce que ces
conflits échappent à notre entendement historique, pétri de causes -bonnes ou mauvaises- à caractères religieux et idéologiques.


Le long et très complexe épisode de la révolte des taiping, au dix neuvième siècle, a peut-être bien été le conflit civil le plus meurtrier de
toute l’histoire, surpassant même en violence la longue période trouble (sauf à nos regards voilés d’occidentaux), qui part de la révolution formelle de 1911 à la fin de la révolution dite
culturelle de l’ère communiste (la guerre sino japonaise s’ouvrant à partir de 1937 n’a presque été qu’un avatar de cette très longue mutation). Il est symptomatique d’ailleurs de constater que
les historiens occidentaux, même ceux d’entre eux férus d’histoire globale (je pense à Eric Hobsbawm), considère ce siècle comme une plage de paix relative et pauvre en « grands »
conflits.


 


C’est peut-être bien par cette objection que je finirai pourtant par vous rejoindre. J’en viens à me dire simplement qu’il faut que le socle
culturel profond de cette immense nation soit bien robuste pour avoir survécu à des secousses pareilles. J’en conclus aussi que, dans l’affrontement sourd qui désormais nous oppose à eux,
l’occident est loin d’avoir la main. Il faudra que nous ayons autre chose à brandir que notre vieille arrogance, la « gouvernance mondiale » -expression contemporaine du vice qui
précède- et nos droits de l’homme à mémoire courte.


 



yann 28/08/2010 00:34



@La gaulle


 


Je ne suis pas vraiment spécialiste du shintô cependant il est certain que tout culture favorisant le dessin va ipso facto pousser la population à cet art. Je crois tout de même que l'écriture
par idéogramme  et l'art de la calligraphie qui y est attaché y sont aussi pour quelque chose. Certaines études avait même montrée que les pays asiatiques utilisant les idéogrammes avaient
des élèves meilleurs en géométrie. Ce qui doit favoriser le dessin et faire naitre une plus grande proportion de dessinateur en herbe.   Cela soulève le lien qu'il y a entre la représentation du monde que nous nous faisons et la langue que nous utilisons, certaines doivent
favoriser telle ou telle aptitude dans tel ou tel domaine. C'est un des arguments les plus importants pour la préservation du capital linguistique de l'humanité, c'est bien sûr vrai aussi de
l'écriture. Il ne faudrait pas que les asiatiques par habitude ou par facilité, notamment dans l'informatique, se mettent à latiniser leurs écritures.


 


"Vous disiez récemment que le Japon était traditionnellement l’un des pays les plus fermés au monde, tout en étant l’un des plus ouverts à l’extérieur culturellement. La clé de ce phénomène ne
résiderait-elle pas aussi dans la nature très particulière du socle religieux de ce pays ?"


Je me fie plutot à l'analyse toddienne sur cette question, les familles japonaise sont des familles de souche comme les allemands. Mais en plus le mariage entre cousin à l'intérieure d'une
famille était trés fréquent ce qui doit accentuer ce phénomène de fermeture. L'ouverture à l'étranger se fait sous le rapport de domination, les japonais étant des gens très atttaché à la
hiérarchie ils ont copié très rapidement ce qui se faisait à l'étranger pour ne plus être dominé ce qui était un profonde honte pour eux. De la même manière je suis sûr que l'anti-américainisme
au japon est très fort malgré l'apparence de pays dominé que les japonais donne vis à vis des USA. Le jour ou ils se libèreront cela eclatera au grand jour.


 


Le rapport entre l'Allemagne et le japon devait avoir un lien avec l'idéologie hiérarchique propre aux familles souches. Les japonais copient les meilleurs et les meilleurs c'était les allemands
à l'époque, ils copient toujours dans l'optique de les dépasser et d'être le peuple supérieur.


 


Concernant la neutralité du religieux cela ne touche pas que la japon c'est propre à l'Asie de l'est et même si la Corée du Sud s'est évangélisé les asiatiques pratique mieux que les français nos
principes de laïcité qui ne sont pourtant pas vraiment explicite dans ces pays. Je pense tout de même que le fait que le religieux n'ait qu'un faible rôle en Asie de l'est et au Japon provient de
la grande homogénéité ethnique des chinois des japonais et des coréens. Ce ne sont pas des pays carrefour qui ont du se coltiner des guerres ethnique en grand nombre comme au moyen-orient sur le
pourtour méditerranéen ou en Europe. Une société a besoin d'un socle identitaire pour unifier le peuple et donner au pouvoir une légitimité sans que se soit la guerre civile, en Asie de l'est ce
socle est ethnique indubitablement. C'est complètement impensable dans nos régions même l'Allemagne est un pays mélanger chez nous il a fallu inventer des croyance collectives pour unifier des
population bigarré. Ce fut le christianisme puis les monarchie et enfin les états nations, au moyen-orient ils sont en grande partie resté au religieux. Je crois que c'est cette différence qui
fait l'incroyable stabilité historique des nations d'Asie de l'est comme la Chine, qui est quand même la plus vielle civilisation encore en vie su terre. Et le monde méditerranéen où les
civilisation peuvent grandir et mourir très rapidement. Le socle idéologique et national semble moins solide que le socle ethnique sur de longues périodes mais  il est par contre plus
créatif.   


 


 



La Gaule 27/08/2010 00:32



Pourquoi ne pas vous demander au passage d’où vient l’extraordinaire prolixité des japonais dans les arts graphiques (ici c’est un amateur -soit
un ignare- qui vous interpelle, et fasse qu’un orientaliste me tombe sur le râble en éclairant ma lanterne). Cela ne viendrait-il pas du shintoïsme et du rôle que jouait jadis l’iconographie dans
cette « religion » (je reviendrai sur les guillemets) ? 


Puisque la représentation des dieux pouvait dépasser l’image et même s’incarner en chair et en os dans la personne de l’empereur.
Le génie nippon fit le reste, soit la propension des japonais à copier les techniques occidentales dans un premier temps (ici en l’occurrence les
techniques graphiques des comics et des cartoons américains), puis à faire beaucoup mieux avec leur propre imaginaire.


Vous disiez récemment que le Japon était traditionnellement l’un des pays les plus fermés au monde, tout en étant l’un des plus ouverts à
l’extérieur culturellement. La clé de ce phénomène ne résiderait-elle pas aussi dans la nature très particulière du socle religieux de ce pays ?


« L’incarnation » des dieux propre au shintoïsme, et la religion d’état shinto qui en a résulté, a certes conduit les japonais à donner
leur propre version des régimes autoritaires occidentaux de l’entre deux guerres, mais ce ne fut qu’une parenthèse historique (au passage, la théorie de Todd, qui voit la source des affinités
entre l’Allemagne nazie et le Japon impérialiste dans les structures familiales souche communes, me laisse dubitatif).


La règle a toujours été que les deux grandes sources religieuses, le bouddhisme et le shintoïsme, ont cohabité et se sont interpénétrés. Il en
résulte une neutralité de principe du japonais vis-à-vis du fait religieux qui constitue la barrière culturelle la plus sûre à la pénétration de leur pays par les monothéismes qui ont envahi le
reste du monde.


C’est la même neutralité qui conduit le japonais à ne pas considérer la religion de l’étranger comme un obstacle de principe, notamment à la
nuptialité. Même si l’on peut voir aussi dans la plasticité religieuse une raison de la prolifération des sectes, leur plasticité intellectuelle, qui les a souvent menés à des réussites
éclatantes, s’explique peut-être de cette manière.


En tout cas, je souhaite bonne chance aux prosélytes musulmans avec la propension qu’ont
les japonais de mélanger tous les rites, et j’imagine mal aussi chez eux des débats aussi flagellants que ceux que nous nous infligeons par exemple sur l’immigration, de par notre fond chrétien
culpabilisé et culpabilisateur (on aime bien, on y revient).


 


Pour finir dans les nuages, de belles images technicistes et futuristes comme vous les aimez…


http://www.laterredufutur.com/html/modules.php?name=News&file=article&sid=1136