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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 17:50

 

franklin_delano_roosevelt.jpgLes articles se suivent, et se ressemblent tous, le populisme voilà la bête immonde à abattre. À elle seule, cette hantise constante pour ce phénomène dit de populisme en dit long sur la réalité de nos démocraties et de leur évolution. Car il fut un temps où le populisme était populaire. Un temps où effectivement, les hommes politiques avaient vocation a défendre autre chose que l'état de nature de la société telle qu'ils en héritaient. Car la lutte contre le populisme, souvent fantasmagorique du reste, est bel et bien un retour à l'ordre conservateur ou réactionnaire. Il a simplement changé d'habit, mais ce conservatisme sympa d'apparence, fait de luttes contre les discriminations ou le retour des frontières, n'a comme son ancêtre qu'un seul but. Celui de conserver les inégalités acquises et la structure sociale telle qu'elle s'est figée depuis trente ans.  Par tous les moyens, les nouveaux réactionnaires et les conservateurs cherchent à maintenir l'ordre établi, la grande nouveauté dans notre époque tient au fait que l'ordre établi actuel s'est justement construit contre toute contrainte. Il s'est construit sous l'apparence de la société libre et libérale. Bien évidemment, cette liberté était surtout une liberté pour les plus avantagés et la nouvelle société s’est rapidement muée, grâce au formidable mécanisme  de la concurrence libre et non faussé et sous l'effet de libre-échange, en société aristocratique d'un nouveau genre. Le haut de cette aristocratie étant aujourd'hui le chantre de toutes les ruptures morales et sociales. Elle a en elle la haine de toutes les limites sous toutes ses formes. Et elle ne comprend pas que tout le monde ne puisse jouir en même temps de toutes ces libertés. Pour qu'un riche ait des serviteurs, il faut nécessairement que ces derniers n'aient pas le même niveau de vie que lui. Vouloir ainsi créer une société où tous pourraient jouir sans entrave devait nécessairement mener à une société hautement inégalitaire sur tous les plans.

 

Populisme et démocratie

 

Le populisme a fait partie longtemps du jeu démocratique. On disait de Roosevelt qu'il était populiste et cela ne choquait pas l'intéressé. Car être populiste  c'était surtout s'intéresser aux problèmes de la masse de la population. De Gaulle aussi pouvait être qualifié de populiste à certains égards. Dans une société où les citoyens se sentent égaux, la question ne se pose pas de considérer le populisme comme une atteinte au bon sens. En effet, s'inquiéter du sort de la classe moyenne et des pauvres ne devrait pas faire peur à une démocratie en pleine possession de ses moyens. En quoi est-ce populiste de vouloir réduire la pression à la baisse sur les salaires de la population ? Le protectionnisme par exemple est souvent qualifié de populiste sous prétexte qu'il chercherait à réduire indument la concurrence sur le sol français. Mais si c'est ce que souhaite le peuple souverain dans sa majorité qui sont donc les antipopuliste pour le lui interdire ? On entend aussi le fait que les populistes diraient en fait des bêtises inapplicables, mais il y a un terme pour définir cela. C’est démagogue. Pourquoi utilise-t-on donc le mot populiste en lieu et place du terme démagogue ? Voilà un changement de terminologie étrange. Peut-être est-ce finalement pour disqualifier simplement toute possibilité de transformation sociale réelle ?



Il est facile de voir aujourd'hui que toute politique visant à réellement transformer le rapport de force économique est immédiatement taxée de populisme. Nous le voyons dans le cas du protectionnisme, mais c'est vrai pour les taxations de la finance, pour la monétisation de la dette, pour les politiques de contrôle migratoires ou même pour des choses aussi anodines que le mariage. Malheur à vous qui vous opposez à la marche du progrès qui se résume pourtant aujourd'hui à démolir toute structure stable, toute limite. On a ainsi fait passer l'ouverture des commerces le dimanche pour une avancée progressiste, alors qu'il s'agissait bien au contraire d'une énorme régression. Puisque, plus que jamais, la vie de l'être humain se retrouve résumer au travail et à la consommation. La liberté n'est plus entendue que sous l'angle de l'intérêt du consommateur anonyme et protéiforme. Il n'existe plus ni salarié, ni homme, ni femme, ni enfant, ni citoyen, juste des consommateurs. Celui qui considère qu'il y a encore autre chose que la consommation. Que l'on se doive de défendre certaines choses qui n'ont pas de prix sur le marché ou une certaine dignité humaine, on les qualifie de populistes. Sous couvert de raisonnements économiques, souvent très légers et sous axiomes très orientés, on légitime les pires horreurs parce que c'est ainsi. Parce qu'il y aurait un sens de l'histoire qui rendrait caduque toute forme d'organisation extérieure à la sphère marchande. Le protectionnisme que je défends sur ce blog est effectivement populiste. Il s'intéresse aux problèmes de la population. Et même s'il n'était pas efficace économiquement parlant, c'est-à-dire bon pour la croissance, ce qui reste à démontrer au populiste que je suis, la seule réduction des souffrances sociales qu'il permettrait en justifierait la défense. Car il existe d'autre source d'inspiration dans les politiques à mener que l'optimalité de la croissance ou le taux de profitabilité des entreprises du cac40. Si c'est faire du populisme de dire cela alors je suis pleinement populiste et fier de l'être. Même les pauvres n'ont qu'une seule vie et elle est bien trop courte pour qu'on la leur gâche avec les politiques folles du néolibéralisme. Par contre, je pense, personnellement, que la démagogie est, elle, l'apanage de nos dirigeants actuels. Parce qu'il faut être particulièrement démagogue pour prétendre sauver l'euro ou la Grèce avec les politiques actuellement menés. Si nos journaleux veulent faire la chasse aux démagogues qu'ils regardent vers Bercy, Bruxelles, ou vers le FMI. Le FMI qui vient d'obtenir une nouvelle dirigeante bien à l'image de la compétence générale dont a fait preuve cet organisme depuis trente ans.

 

La nouvelle aristocratie et son clergé

 

En définitive, le terme populisme est un peu devenu l'équivalent dans nos temps modernes du mot hérésie dans les temps anciens. Celui qui pense autrement que dans le cadre préétabli du champ des possibles libéraux est nécessairement un démagogue, un déviant, ou un fou. Pourquoi donc en effet penser au peuple ? Selon la doxa libérale çà n'existe pas le peuple. La société n'est que le fruit de la somme des choix individuels qui prend forme à travers les mécanismes du marché pur et parfait. Le populiste n'a donc aucun sens. Bien évidemment tout ceci n'est que la surface des choses. L'idéologie libérale elle-même n'est qu'un bouclier intellectuel et idéologique pour cacher des rapports de force sociaux. Autrefois, les puissants utilisaient l'église et les croyances religieuses pour protéger leurs intérêts, aujourd'hui ils doivent jongler avec les multiples idées et idéologies dont le monde moderne a accouché.

 

Les nouveaux aristocrates usent de n'importe quelles idées, ou termes de communication, pour justifier le maintien de leurs propres avantages sociaux. Ou pour cacher leurs vraies intentions. Après tout, qui aurait accepté le libre-échange si le grand patronat de l'époque l'avait vendu comme un moyen de faire baisser les salaires ? Qui aurait accepté l'immigration de masse pour la même raison ? Et enfin, qui aurait accepté la libéralisation des capitaux si nos élites économiques l'avaient représentait comme un moyen d'échapper à l'impôt et à la solidarité nationale? Le mensonge est à la base même du maintien de la domination d'un système fortement inégalitaire. Celui-ci a simplement changé de forme sous les effets des évolutions technologiques et idéologiques. On présente le libre-échange comme le seul moyen d'avoir la prospérité. On parle de la nécessité de la liberté d'invertir n'importe où pour la même raison. Les dominants piochent à gauche ou à droite toutes les raisons qui puissent justifier leur domination ou la cacher sans se soucier de la cohérence totale du propos. Et la lutte pour la diversité sert de socle à la justification migratoire. Il fut un temps où le libéralisme même économique était révolutionnaire dans le sens où il s'attaquait aux rentes et à l'oligarchie de son temps. Le libéralisme a changé de sens essentiellement parce qu'il a été repris par les élites économiques dominantes pour en faire leur allié et pour justifier leurs propres avantages. Avec l'épuisement des idées libérales, on sent bien quelques tentatives pour récupérer l'écologie. L'écologie dans les mains des puissances d'argent devenant une justification à l'inégalité qui prend par exemple forme sous la multiplication des taxes en tout genre. Taxe qui empêche surtout le pauvre de polluer, mais qui permet au riche de continuer à le faire sous prétexte qu'il a de l'argent. Nathalie Kosciusko-Morizet est la parfaite représentante de cette écologie, tendance défense des gros portefeuilles, qui nous promet des lendemains encore plus inégalitaires. Cette fois l'inégalité ne sera pas justifiée par le marché , la libre concurrence, ou l'efficacité économique, mais par la protection nécessaire de l'environnement. On pourrait pourtant faire tout à fait autrement. Comme nous l'avions vue dans ce texte, sauf qu'il faudrait pour cela sortir de la défense des intérêts des populations les plus puissantes.

 

 

On le voit donc nos structures sociales ne sont pas si différentes de celles d'autrefois. Il n'y a jamais eu de rupture que sur l'apparence des choses, le fond restant le même. À dire vrai seules les grandes catastrophes humaines ont parfois rebattu les cartes des structures sociales comme les guerres ou les pandémies. L'on qualifie donc aujourd'hui de populiste toute politique qui aurait des chances justement de rebattre ces cartes et de changer les règles du jeu qui manifestement ne sont guère juste pour la majorité de la population. Notre chance est que le discours des élites économiques est de plus en plus en contradiction avec les valeurs qu'ils prétendent défendre. C'est la multiplication des incohérences entre les discours et les actes qui devrait faire tomber le système. On parle de démocratie, mais l'on s'assoit sur les résultats des référendums. On confond populisme et démagogie, tout en n'hésitant pas à pratiquer justement la démagogie pour se faire élire. On prend tous les prétextes pour justifier les politiques les plus ignobles et l'on y met un vernis de progressisme pour en justifier l'existence. Non, vraiment, traiter quelqu'un de populiste par les temps qui courent. C’est lui faire grand honneur.

 

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Published by Yann - dans politique
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etienne 07/07/2011 21:54



@Yann et @La Gaule


C. Lasch a fourni à ma connaissance l'étude la plus complète et documentée du populisme aux Etats-Unis, dans "Le seul et vrai paradis", sous titré "Une histoire de l'idéologie du progrès et de
ses critiques".


Ce que dit La Gaule est absolument vrai: le "populisme" dont on parle aujourd'hui n'a absolument plus aucun lien avec le mouvement d'idées plutôt hétéroclite qui se revendiquait comme tel au XIXe
siècle, et qui s'identifie, pour le dire très rapidement, à une utopie de petits propriétaires éduqués, en tout cas dans sa forme étasunienne.


Et, comme le dit aussi LaGaule, l'influence de la culture marxiste dans la gauche européenne, qui se traduit dans sa forme française par le mépris pour tout ce qui s'apparente au "poujadisme", a
rendu celle-ci totalement imperméable à ce courant typiquement étasunien.


Pourtant, Lasch démontre magistralement que ce courant portait à l'époque finalement une critique au moins aussi vigoureuse de l'exploitation salariale que celle de Marx, certes moins élégante
sur le plan intellectuel, et - hélas - surtout furieusement conservatrice: ces deux caractères ne suffisent pas pour autant à discréditer ce mouvement a priori, en ce sens où il s'agissait d'une
résistance intellectuelle aux dégâts anticipés du capitalisme monopolisitque. Ils ne doivent pas en tout cas dissuader une pensée anti-capitaliste authentique de s'y intéresser.


 Pour comprendre pourquoi ce terme a acquis sa connotation péjorative aux Etats-Unis -et par la suite en Europe - il faut se pencher sur l'émergence de l'idéologie de la "minorité civilisée"
ou de la "nouvelle classe" décrite par Lasch- c'est-à-dire grossièrement le gouvernement par les élites éclairées - qui a vu converger le "libéralisme" (qui est associé à la gauche intellectuelle
et au progressisme aux Etats-Unis) et la critique sociale "anti-autoritaire" des années 1950 de penseurs comme Myrdal ou Adorno.


La défiance vis-à-vis d'un supposé '"autoritarisme ouvrier" - et plus généralement vis-à-vis du peuple - trouve donc sa source dans ce qu'on pourrait appeler la "gauche" américaine, et en
particulier dans la hantise justifiée des haines raciales, associées chez ces auteurs à une sorte d'atavisme populaire et irrationnel...conduisant irrémédiablement, -toujours selon ces auteurs- à
l'extermination des juifs en Europe, et à la persistance du problème racial aux Etats-Unis.


Par conséquent, l'antidémocratisme des "progressistes" et "libéraux" étasuniens ne peut se comprendre que dans cette volonté - certes louable dans son principe- de sauver la démocratie libérale
et rationelle, et par là-même la "civilisation", dans sa forme occidentale en tout cas, en dépit voire CONTRE la volonté populaire. On ne comprend rien à la "gauche" américaine contemporaine si
on ne comprend pas cela - et c'est pourquoi on ne comprend pas en France pourquoi être "liberal" aux Etats-Unis, c'est être de gauche, ni pourquoi une frange non négligeable du peuple américain -
dont le "tea party" est la manifestation exemplaire - voue une haine tenace aux des élites intellectuelles progressistes depuis les années 1970.


Autrement dit, selon cette idéologie "progressiste", puisque le "peuple" peu éduqué est incapable de traduire son ressentiment de classe légitime autrement que par la haine raciale, le
conservatisme ou l'autoritarisme, il faut le contourner pour sauver la démocratie: telle peut être grossièrement décrite l'aporie de la gauche libérale aux Etats-Unis. Cette idéologie est très
bien résumée par Lasch: celle-ci reposerait ainsi sur le postulat que "la population envisagée dans sa globalité ne faisait montre que d'une médiocre compréhension de la Démocratie libérale, et
que les questions importantes de politique publique devaient être confiées aux élites éduquées, pas soumises au vote populaire".


Aussi, la critique de l'acception contemporaine du terme "populisme" dénoncée par le texte de Yann dans la doxa contemporaine en France, qui consiste à assimiler toute critique radicale de la
technocratie ou plus généralement du caractère anti-démocratique de nos institutions - en particulier au niveau européen - à une forme de néo-fascisme (du genre Mélenchon=Le Pen=populisme), ne
saurait faire mieux écho à l'analyse de Lasch développée il y a plus de 20 ans à propos du "populisme" aux Etats-Unis.


 


 


 


 


 


 



yann 03/07/2011 21:09



@Damien


De toute façon je ne pense pas que la situation puisse s'éterniser. A force de produire des politiques en contradiction avec l'intérêt général il y aura forcement un moment où la société
explosera. N'oublions pas que la France n'a pas encore subit réellement les conséquencde la crise actuelle. Lorsque l'on annoncera au français des coupes franches et des réductions salariale pour
rembourser la dette on risque d'avoir des mouvements aussi violent qu'en Grèce.


 


@La Gaule


Merci pour ce rappel historique


@psimon


Oui mais les excès sont justement le fruit des contradictions du système  . C'est bien parce qu'il n'y a pas d
emécanisme permettant un retour à la raison que le système va vers sa propre destruction.



psimon 02/07/2011 07:31



Ce sont les excès des tenants du système qui entraineront leur chute et non les propres contradictions du système.



La Gaule 01/07/2011 01:59



Le populisme politique est bien antérieur à Roosevelt aux USA, c’est la raison pour laquelle lui-même s’en réclamait.


 Les populistes, revendiqués comme tels, prolongeaient l’idéalisme pionnier du parti républicain de
Lincoln, tel qu’il s’exprimait au moment de la guerre de sécession ; le rêve d’une société de fermiers et d’entrepreneurs indépendants, pétris de sens civique grâce à l’éducation
populaire.


Christopher Lasch avait analysé ce courant notamment dans « La révolte des élites », allant jusqu’à identifier en lui l’un des moments
forts de l’histoire de la démocratie en Amérique. Un autre historien, Howard Zinn, avait rappelé le rôle joué par cette mouvance, si typiquement américaine, dans les terribles conflits sociaux
qui ont marqué l’histoire de ce pays dans le dernier quart du dix neuvième siècle, et qui n’ont pas épargné « l’Ouest sauvage » de nos images d’Epinal hollywoodiennes.


Conflits des fermiers contre les compagnies de chemins de fer spoliatrices, contre les banques et leurs taux d’intérêts exorbitants, conflits des
petits exploitants contre les grands propriétaires (comme la fameuse Johnson County War qui ensanglanta le Wyoming en 1889 et inspira le film « Les portes du paradis » à Michael
Cimino).


Parce qu’il correspondait mieux aux réalités sociales et à l’imaginaire collectif de cet immense pays neuf, le mouvement populiste explique aussi
pourquoi les thèses marxistes ont en fait très peu pénétré l’histoire sociale américaine. Un fait qui a peut-être été le mieux résumé par l’un des fondateurs du syndicalisme américain, Bill
Haywood, qui déclarait un jour : « Je n’ai jamais lu le Capital de Marx, mais je porte les marques du capital sur tout mon corps ».


Avec pour conséquence aussi que l’histoire sociale européenne, très marquée, elle, par le marxisme, a volontiers traité avec condescendance,
voire avec méfiance, cet aspect pourtant essentiel de la civilisation américaine.


Avant de devenir le mot valise préféré de tous nos boutiquiers de la politique, je crois que le terme « populisme » tire d’abord ses
origines peu recommandables du jargon de la gauche marxiste. Le populisme renvoie à l’idée de « collaboration de classe », comme le gauchisme renvoie à celle de maladie infantile du
communisme. Cela d’autant plus qu’un autre courant populiste célèbre, le populisme russe, s’était perdu lui dans les arcanes de l’aventurisme terroriste (c’était bien une branche du mouvement
populiste qui avait organisé l’attentat contre le tsar Alexandre II).


A l’image de beaucoup d’autres catégories politiques, ce terme a ensuite attrapé la vérole par les bons soins d’intellectuels post
soixante-huitards peu précautionneux qui l’ont rangé avec le vrac hétéroclite désignant le « fascisme ».


Cela tombait bien puisque, comme vous l’avez parfaitement expliqué, le peuple sous jacent contenu dans l’expression, était précisément ce gêneur
que l’on ne voulait plus voir.


 



Damien 30/06/2011 23:20



@Yann


je sais pas si t'as lu Gilles Lipovetsky mais il a abordé très tot (au début des années 80 dans l'"ère du vide") cette mécanique libérterienne qui débouche invariablement sur du conservatisme
réactionnaire.
Il explique ce phénomène en apparence contradictoire par un impératif régulationniste que les sociétés produisent ,quand elles ne sont plus en capacité d'accepter les écarts de conduite de ses
membres les plus "libérés".




Comme le rappelle Chevenement dans son dernier billet ,il existe 2 formes de progréssisme , un progréssisme quasi mystique et désincarné ,basé sur une libération (qu'on pense définitive) de ses
legs moraux , sociaux ,religieux,sexuels etc et qui n'aboutit sur aucun échange en contre partie, et un autre progréssisme basé sur un désir d' affranchissement de ses anciens legs pour en
retrouver de nouveaux.
Quand on parle de gauche ou de droite morale en réalité on fait référence au premier progréssisme,qui est incapable de penser concretement aux outils et aux espaces d'affranchissement
(école,travail ,lieux de vie etc)à cause de sa nature métaphysique et désincarné. 


 


Le renversement qui est en train de se produire au niveau des opinions ,que les neuneus appellent droitières ou populistes , sonne j'espère le glas du camp libértarien au bénéfice du camp
républicain ,qui sont les authentiques progréssistes !Ce qu'on a oublié puisque le républicanisme n'est plus enseigné en tant que philosophie.
Je suis sur que les réactionnaires de l'époque avaient un mot équivalent à "populiste" pour dénigrer ces gens qui se sont battu pour plus de répresentation populaire dans l'hémicycle et plus
d'égalité au sein de la population.