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11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 11:17

La bêtise crasse dont fait preuve le personnel politique socialiste est parfois sidérant surtout en matière économique. Mais lorsqu'il y a un mélange entre l'économie et la question de l'immigration ou des minorités ethniques on atteint des sommets.

 


Jacques Myard dérape sur France 24

 

  Alors évidement la terminologie de Jacques Mayard parlant de "Gaulois" est bien malheureuse, il vaudrait mieux parler de français historiques plutôt que de souche ou de gaulois, mais là n'est finalement pas le problème. La représentante de la jeunesse socialiste nous fait une caricature d'un Besançenot . Est-ce un effet secondaire de l'annonce de la candidate voilée, les socialistes voulant faire une contre-attaque en faisant du clientélisme électorale?

 

Quand la gauche française fait du sociétal pour éviter de parler social.

 

  Il est quand même incroyable que la question du chômage en soit réduit à ce discours mielleux sur les banlieues et les jeunes issus de l'immigration. Je tiens d'ailleurs à signaler à cette femme que je vis en banlieue, que mon frère y a grandit et que je suis un français d'origine sur de nombreuses générations. Donc non, les banlieues ne sont pas peuplée que d'étrangers ou de gens d'origines étrangères.Et oui on peut être un français historique et pauvre, il n'y a pas d'inadéquation entre les deux, tout les français n'habitent pas à Neuilly. Mon grand père par exemple n'avait rien d'un étranger et il partait garder les vaches à l'age de 7 ans, il faut dire qu'il vivait en Lozère le pays de la misère comme on disait jadis. Les lozériens devraient-ils réclamer des droits particuliers en raison d'un passé miséreux?

 

  Les pseudo-socialistes ne voient-ils pas qu'en défendant catégorie par catégorie les français victimes de la désindustrialisation et du chômage de masse, ils ne font qu'un immense jeu de chaise musicale avec les emplois en guise de siège. En favorisant une catégorie vous en défavorisez une autre parce qu'il n'y  a pas assez d'emploi pour tout le monde.  Il n'y a pas besoin de sortir d'une grande école pour le comprendre.

 

  Mais pourquoi la gauche a-t-elle à ce point besoin de diviser la société en catégorie spéciale? Est il plus grave d'être pauvre quand on est noir ou étranger? La misère a-t-elle une couleur? La réponse a cette question est évidemment non,on peut alors émettre une hypothèse.  Les socialistes, et la gauche en générale, ayant renoncé depuis longtemps à défendre réellement l'emploi se sont réfugiés dans la défense des minorités comme seul et unique cause valable.

 

A défaut de mettre fin à l'inégalité sociale entre riches et pauvres, la gauche française a décidé de partager équitablement la misère. Il faut autant de pauvre et de chômeur chez les noirs, les arabes, les blancs, les gays, les moches, les femmes etc... On ne lutte plus pour  améliorer les choses, mais pour partager un fardeau vue comme inéluctable. 


  C'est un point de vue qui revient souvent d'ailleurs et que l'on retrouve chez certains critiques célèbres de la gauche dite bobo, des gens comme Zemmour par exemple. Mais est ce suffisant pour réellement comprendre ce qui ce passe dans la tête de notre élite bien née, mais qui donne des leçons de morale à la terre entière? D'où vient cette hystérie particulière dès que l'on parle de la misère des  hommes blancs en particulier(pour parler directement) .

 

Admettre la misère de l'homme blanc serait admettre l'échec d'un modèle de civilisation et d'organisation économique.


En effet la misère est accepté comme naturelle chez toute les catégories, mais elle est étrangement absente des questionnements dès qu'il s'agit de blancs de genre masculin . Je parle ici des hommes blancs et non d'homme français historique, parce que cette remarque vaut aussi pour des pays comme les USA, ou la GB.   


Alors il est vrai que nos élites viennent en générale de milieux aisés blancs, ce qui ipso facto, donne une image des blancs comme étant tous riches. L'individualisme actuelle empêchant les gens de voir la société dans son ensemble, les élites résumeraient le pays à leurs propres expériences personnelles, leurs lunettes (au sens de Bourdieu) seraient ainsi le fruit de leur petit univers étriqué. Mais il ne faut quand même pas oublier que bon nombres de défenseurs de la discrimination "positive", horrible oxymore, sont des élus et des gens qui ont souvent à charge des communes multiples et variées. On ne peut pas vivre qu'en vase clôt lorsque l'on est un individu publique, il y a bien un moment où ils croisent ces fameux blancs pauvres non? 


Donc en fait on est aussi devant un dénie de réalité, une incapacité à accepter que des français historiques, ou des américains historiques, puissent être pauvre ou puissent s'appauvrir de génération en génération.  On peut même lier cette dénégation à celle du libre-échange, en effet reconnaitre l'affaiblissement de la richesse chez l'homme blanc c'est finalement reconnaitre les mauvais effets de la mondialisation du commerce. Reconnaitre cette dégradation reviendrait à s'attaquer au tabou du libre-échange, la misère de l'homme blanc est donc devenue un tabou pour permettre le maintient psychologique des schizophrènes qui sont à la fois socialistes et libre-échangistes.


La droite n'a bien sure , elle, aucun problème avec les inégalités, donc elle peut reconnaitre que le libre-échange produit de l'appauvrissement chez les hommes blancs sans que cela heurte son logiciel mental. Cela explique aussi pourquoi les couches populaires peuvent voter à droite, puisque la majorité des pauvres en France sont des français historiques, et ce pour des raisons statistiques évidentes, les immigrés ne représentant qu'une faible part de la population globale, pauvres blancs se raccrochent donc à ceux qui semblent défendre leur catégorie. On voit ici le piège dans lequel les dirigeants de la gauche sont tombés en découpant en tranches non économiques la société. 


Mais on pourrait se poser une autre question pourquoi les minorités ethniques sont elles toujours regardées avec condescendance par l'élite de gauche? 


Du progressisme d'apparat , au racisme paternaliste


Si l'homme blancs, le français historique ne saurait être une victime économique, ni d'ailleurs une victime de quoi que ce soit. L'homme de couleur; au contraire,  sera le plus souvent une victime, une espèce d'image miroir de l'homme blanc, l'un toujours agresseur, dominant, l'autre  toujours victime impuissante. Les derniers évènements en Haïti ayant conforté l'image que notre élite, qui se pensent à gauche, a en réalité de l'homme de couleur. On en vient finalement a penser que l'homme de couleur est inférieur dans l'esprit d'une grande partie de la gauche française. Serait-ce un racisme transformé en fausse générosité? 


L'homme blanc étant à l'origine l'être civiliser, il est responsable des êtres inférieurs, ils se doit donc d'être paternalistes avec ces derniers, ces "bons sauvages". Ils est d'ailleurs impossible que ces sauvages puissent jamais inverser la domination. Il est donc impossible qu'une idéologie provenant d'un pays de sauvage puisse s'implanter en France, par exemple l'islam. C'est peut-être ce qui explique le peu d'inquiétude que certains élites de gauche ont de la poussé éventuelle de l'islamisme, ils sont tellement persuadés que notre civilisation est supérieure qu'ils ne leur viendraient pas à l'esprit que nous puissions être perdant. 


Et voila comme on  peut réussir à s'aveugler soit même sur l'assimilation dans notre pays. On ne veut pas voir qu'effectivement certain coin de France ne sont plus vraiment la France. Que des sociétés parallèles s'y structures et que le communautarisme risque de gangréner le pays. Une partie de la gauche n'arrive pas à imaginer que les immigrés  puissent rejeter la société française, celle-ci étant supposé toujours largement supérieure. Alors c'est la faute à l'école, au racisme des blancs, aux médias à qui vous voulez, mais pas à la nécessaire victime d'origine étrangère. Plutôt que d'agir réellement et de combattre l'obscurantisme et l'auto-exclusion des minorités, la gauche préfère nier les problèmes et va même jusqu'à les aggraver. 


Petite exception chinoise et asiatique


Si le racisme à l'égard des maghrébins ou des africains est généralement lourdement condamné, il y a même une sur-protection et un abus manifeste à voir du racisme partout et tout le temps. Les remarques anti-chinoises  pourtant, ne dégagent pas autant de réactions de la part du milieu parisiano-médiatique.


Le chinois ne doit  plus être considéré comme un dominé, il est même vue comme un danger, le racisme latent qui prévôt dans les hautes sphères  peut alors pleinement s'exprimer contre la population chinoise et l'état chinois. Ainsi voit-on le "Quotidien du peuple" faire remarquer que le journal libération  ne censure pas les insultes à caractères racistes qui apparaissent souvent sous les textes concernant la Chine. De la même manière il n'y a pas eu de retentissement médiatique lorsque monsieur Azouz Begag a tenu des propos racistes pour les chinois.


On peut se rappeler également des jeux olympiques de Pékin  furent une ode à la haine de la Chine et au soutient étrange que les gens de gauches ont apporté au  Dalaï-lama et de sa clic. Il n'y a guère eu que Mélenchon à l'époque pour fustiger cet embrasement sinophobe ridicule. Mais il faut dire que l'asiatique est embêtant dans le schéma mental de la gauche, on avait d'ailleurs eu une période anti-japonaise en France dans les années 90, au moment ou le Japon faisait trembler en occident. On avait eu la remarque stupide d'Edith Cresson ou encore la lutte acharnée de Ségolène Royale contre les japoniaiseries terme horrible qui attaquait la culture nippone dans son ensemble.  Celle-ci elle était vue comme dangereuse pour la jeunesse française. Les asiatiques sont donc révélateurs du fait que le cosmopolitisme de nos élites de gauche n'est valide dans leur tête que si ce dernier se confond avec culture occidental dominante et d'ailleurs essentiellement américanocentrique.  


En clair l'homme occidentale doit rester au centre sinon le schéma dominant dominé est chamboulé et l'argument cosmopolite ne peut plus marcher. L'asiatique qui monte fait peur à l'élite occidentale de gauche non pas parce qu'elle a peur directement de lui, mais parce qu'il nuit à la mécanique de domination qu'elle a instauré sur son propre sol et qui lui permet de rejeter les désirs politiques des pauvres français historiques. Car grâce aux immigrés, aux étrangers pauvres, aux pays sous-développés, vous pouvez toujours présenter le protectionnisme comme un égoïsme, vous pouvez cacher l'inégalité sociale en la remplaçant par un discours sur la diversité. Vous pouvez créer des quotas pour les grands-écoles en créant ainsi des étudiants de seconde zone pour ne pas avoir à s'attaquer à l'origine de l'inégalité scolaire, celle qui se construit dans les programmes et l'enseignement au collège ou au lycée. 


Donc  à l'inverse de l'africain ou du maghrébin l'asiatique n'est plus dominé, mais devient de plus en plus dominant, cela explique peut-être aussi pourquoi on ne voit guère de mécanisme de discrimination positive pour les gens d'origine asiatique en France. Et pourtant on ne voit guère de vietnamiens ou de chinois à la télévision française, les asiatiques sont pourtant presque aussi nombreux que les noirs dans notre pays.  On devrait donc dans les années qui viennent connaitre un boum de sinophobie notamment à gauche, j'imagine déjà les slogans de Besancenot "Chine Chine ton impérialisme ne passera pas, la burqa aura ta peau".




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Published by Yann - dans politique
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Abdel 13/02/2010 23:41



Non, Monsieur Dresse , je ne vous balance pas "des clichés …..à
la figure."


 


Au premier abord, à lecture de votre commentaire, on résume tout nos soucis économiques à l'immigré. Ce qui empêche
toute analyse économique.


 


Certains évalue le coût de l'immigration à 36 milliards et d'autres à 24 milliards d'euros:


 


http://fr.wikipedia.org/wiki/Immigration_en_France


 


En fait, je rejoins entièrement le commentaire de Yann posté à 23h14."le lien entre l'immigration et la
dette est quand même excessif. ".


 


PS: J'ai l'habitude de lire, depuis un bout de temps, vos commentaires, c'est la première fois que je lis un raccourci
de votre part.






Daniel Dresse 13/02/2010 23:21



@ Abdel


 


 Ici comme ailleurs, je vois qu’il est impossible de remettre en cause des
clichés sans que l’on vous en balance d’autre à la figure. Non il n’est pas question de renvoyer  qui que ce soit dans des navires Exodus.
L’immigration dans ce pays a eu un coût pour la collectivité parce qu’elle a changé de nature depuis trois
décennies, passant de l’immigration de travail à celle de peuplement, dans un environnement économique incertain. Vous rejetez vous mêmes d’emblée ceux qui osent formuler une telle hypothèse et
je m’en attriste, car cela montre bien que le temps du débat sur ce sujet est depuis longtemps dépassé. Restons-en là donc, vous aurez bien des occasions de le regretter…


 


Mon commentaire ayant été coupé ( ?) je le remets à plat en rajoutant quelques mots explicatifs afin qu’il n’y ait
pas d’ambiguïté sur mes intentions.


C’est le premier et le dernier de toute façon :


 


-Sur les communautés asiatiques, feu le journaliste Christian Jelen avait analysé à la fin des années quatre vingt (bien avant
Emmanuel Todd au passage) dans un livre magistral « la famille secret de l’intégration » les raisons de leur pénétration à bas bruit de la société française.


Stabilité de la famille et autorité de celle-ci sur les enfants, monogamie stricte et considération pour la femme dans le cercle
familial (c’est une nuance et aussi une limite), et surtout respect absolu pour l’éducation et le savoir. Jelen établissait d’ailleurs un parallèle entre ces traits et ceux qui caractérisent
encore les familles d’origine juive. La comparaison s’arrête là puisqu’il n’y a rien de commun entre l’histoire des diasporas asiatiques, adossées à des civilisations puissantes et millénaires et
aux philosophies religieuses étrangères à nos monothéismes, et l’histoire de la diaspora juive, grand petit peuple errant portant malheureusement dans notre culture occidentale le fardeau du même
dieu et du meurtre du christ.


 


Pour reprendre les catégories de Madame Sorel (celle qui n’aime pas que je l’appelle ma sœur), ces caractéristiques prédisposent les
communautés asiatiques à réussir leur INSERTION dans la société française, soit trouver leur place en respectant la règle commune. Pour l’INTEGRATION,  cela est une autre histoire, mais je ne crois pas à un scénario aussi pessimiste que celui que vous énoncez, tout simplement parce que les communautés
asiatiques et surtout chinoises, par leur mutisme,  ne sont pas perçues comme des menaces pour la sécurité quotidienne des français de culture.
D’autres, souvent à tort et je suis le premier à le dénoncer, semblent être mieux victime de l’attribution du rôle.


Je me demande d’ailleurs si, après le choc extrêmement violent de la mondialisation des décennies précédentes, les français ne
seraient pas devenus avant tout demandeur d’INSERTION vis-à-vis des communautés immigrées et beaucoup moins d’INTEGRATION. En somme, ils auraient revu leurs prétentions à la baisse, chats
échaudés craignent l’eau froide.



yann 13/02/2010 23:14



@René Jacquot


Effectivement Pierre André Targuiev en a parlé, il y a d'ailleurs un trés bon texte de lui sur le site de l'observatoire du communautarisme:


http://www.communautarisme.net/Diversite-et-metissage-un-mariage-force_a1048.html


Sinon j'ai parlé des asiatiques essentiellement comme révélateur, notre gauche n'aimes les étrangers que lorsqu'ils sont miséreux en quelque sorte. Parce que cela sert son langage de domination.


Pour ce qui est du régime chinois je suis un adepte du vivre et laisser vivre, à la limite je crois qu'on pourrait me qualifier d'isolationniste au sens américain. Les chinois font ce qu'ils
veulent chez eux si leur régime actuelle leur suffit et bien cela ne nous regarde pas.


Tu sais je crois qu'en temps qu'occidentaux il va falloir qu'on réapprennent un petit peu à la fermer, si je puis dire. Vue l'état actuelle de nos sociétés et leurs dérives je ne suis pas sure
que nous soyons bien placé pour les critiquer.


 


@Daniel Dresse


Salutation mon cher,


je dois dire pour commencer qu'effectivement je suis d'accords avec Abdel le lien entre l'immigration et la dette est quand même excessif.


Je ne pense pas contrairement à la doxa habituelle que l'immigration soit globalement bonne pour l'économie, mais de là à lui mettre tout sur la tête ce ne serait pas respecter la devise de mon
blog.


 


Ensuite sur l'assimilation ou l'intégration je crois qu'on joue ici sur les mots. Finalement qu'est ce que l'on souhaite, que ces nouveaux arrivants, qui ont des mœurs étrangères prennent
globalement les us et coutumes locales pour qu'ils puissent se sentir français et s'épanouir pleinement. L'assimilation ce n'est pas quelque chose d'horrible qui vise à détruire un individu c'est
au contraire faire en sorte qu'il devienne un citoyen plein et entier.


 


Maintenant je crois qu'il faut détacher la "culture" du débat sur l'intégration ou l'assimilation. Il faut être plus terre à terre et parler concret. C'est d'ailleurs ce qui manque le plus à
l'heure actuelle chez nos politiques parler concret.


On a un problème de quantité et de concentration des populations immigrés, les deux étant liés du reste. Plus il y a d'immigré et plus il est facile de les concentrer.


Notre droit du sol suppose que chaque personne prenne l'identité française par contact social prolongé. C'est parce que l'enfant d'immigrés va vivre et côtoyer quotidiennement ses homologues
autochtones qu'il va pouvoir adopter leurs us et coutumes.


Contrairement au droit du sang qui considère que la culture nationale n'est transmise QUE dans le cadre familiale. Nous français considérons un cadre plus large qui est celui de la vie en société
et du contact amical prolongé.


 


Le problème c'est que si vous produisez des quartiers ou des villes majoritairement peuplé d'étrangers vous invalidez instantanément notre droit du sol. En clair le droit du sol en France n'est
plus appliqué et n'est d'ailleurs plus applicable dans certains endroit pour cause de trop grande proportion d'étranger.


 


Je crois que le  cœur du problème est ici, bien plus que dans les structures familiales, l'islam, le racisme ou je ne sais quoi d'autre. Comme je l'ai dit à Malakine je vais essayer de
pondre un texte sur ce sujet, je pense que ce sera plus complet qu'une simple réponse sous forme de commentaire.



Abdel 13/02/2010 22:15


l’essentiel de la dette nationale (mis à part les mécanismes techniques sur lesquels RST se fera un plaisir de vous éclairer) est à
mettre sur le compte de la politique migratoire : Les immigrés sont responsable de la dette publique ?

On les met tous dans des bateaux et hop, plus de dettes.

Merci pour ce Grand cours d'économie


Daniel Dresse 13/02/2010 01:49



Bonsoir,


 


Cela est ma première intervention sur votre blog, que j’ai lu préalablement de fond en comble. Sur ce billet précis, je suis
globalement d’accord avec vous avec des nuances.


 


- Vous parlez vous aussi d’ASSIMILATION (un terme d’ailleurs souvent brandi par Malakine d’après ce que j’ai pu lire sur ce blog
depuis le début) à propos de la problématique de l’immigration dans notre pays. Je conteste absolument ce terme. La France n’a jamais été « assimilationniste », si ce n’est dans le
champ de la rhétorique coloniale à l’époque de la guerre d’Algérie, formule quasi magique prétendant abolir autant l’histoire que la géographie.


 


L’assimilation sur notre territoire eut signifié la fonte possible dans un creuset ethnique ou religieux –soit une IDENTITE NATIONALE-
laquelle est impossible dans son principe depuis la révolution française. Il y a d’ailleurs à ce sujet une amnésie très déprimante dans ce débat oiseux mais très intéressé lancé à la cantonade
par le gouvernement actuel.


La France depuis cette période révolutionnaire n’a pas d’identité nationale mais une PERSONNALITE NATIONALE, laquelle doit être
entendue au même sens juridique que celui d’une PERSONNE MORALE par rapport aux personnes physique qui la composent. C’est cette Personnalité Nationale, Personne Morale suprême venue en
dépassement d’autres personnes morales apparues au fil de notre histoire (avec en premier l’Etat et l’Eglise), qui a permis le dépassement de tous les particularismes propre à l’ordre féodal et
dans un pays dont tout le monde s’accorde sur l’extrême diversité à la fin de l’ancien régime.


 


La personnalité nationale de la France est d’être une nation Une et Indivisible gouvernée par trois grands principes universels que
sont la Liberté l’Egalité et la Fraternité. J’en identifie un autre consubstantiel à tous les autres, et que je trouve singulièrement irresponsable de vouloir remettre en cause, qui est la
LAÏCITE, parce qu’il a été le garant de la définition dans notre pays d’un ESPACE PUBLIC DE NEUTRALITE, après des siècles d’histoire particulièrement sanglante. Il faut en effet avoir la mémoire
bien courte pour voir en celui-là quelque chose de « liberticide » (comme je l’ai lu ici quelque part). Je rappelle simplement que les guerres de religion en Europe (et en France en
particuliers) ont été bien  plus meurtrières que les guerres révolutionnaires et les guerres napoléoniennes réunies, que peu de temps avant la
révolution on tranchait encore publiquement le poing et la langue du Chevalier de la Barre pour ce que l’on nommerait aujourd’hui des provocation de potache, enfin que quatre vingt ans après
(hier) on édifiait encore au-dessus des grandes villes du pays des monuments de repentance à l’usage de bon peuple coupable de velléités de justice sociale.


 


Or, s’il est théoriquement concevable que l’on puisse « s’assimiler » à une identité nationale quelconque, cela n’a pas
grand sens face à une Personnalité Nationale. L’adhésion à celle-ci ne peut être que volontaire et porte avec elle un contrat implicite. Concernant les populations immigrées désireuses de devenir
français (cela ne doit jamais être une obligation), Malika Sorel a en effet très bien défini quels pouvaient être les termes de ce contrat, chacun symbolisant une étape de l’adhésion personnelle
et volontaire à la république française en tant que Personnalité Nationale (il est fort dommage que cette femme fasse confiance à des tocards comme JF Copé pour diffuser ses idées. Par ailleurs
elle n’aime pas que je l’appelle « ma sœur »). L’assimilation –notion quasi métaphysique et qui n’a, je le répète, aucune réalité dans notre histoire- est exclue d’office. Reste la
première étape du processus qui est l’INSERTION, soit l’acceptation de la règle commune par le candidat, et la seconde qui est l’INTEGRATION, soit le désir d’intégrer la communauté nationale,
dont l’attribut souverain est précisément de définir la règle commune.


 


Il est bien sûr très difficile de faire le rapprochement entre un tel parcours idéal et la politique des guichets de peuplement et
d’annexion des ventres qui caractérise la politique migratoire de la France depuis 1975 (année de la mise en oeuvre du regroupement familial). A titre anecdotique, quand Malakine (toujours je ne
sais plus où exactement ici) invite les français à « faire des efforts » pour se mettre au diapason « des arabes » ( ?), je ne sais pas trop de quoi il parle. Avant de
demander aux français de faire des efforts, il aurait fallu leur demander leur AVIS LEGITIME sur la politique migratoire, ce qui n’a jamais été fait. Quant à la nature « concrète » des
efforts, excusez-moi, mais je trouve qu’ils en ont quand même fait pas mal depuis trois décennies. JP Fitoussi à qui l’on peut reprocher ce que l’on veut mais pas d’être un « économiste
lepéniste » estime lui-même que l’essentiel de la dette nationale (mis à part les mécanismes techniques sur lesquels RST se fera un plaisir de vous éclairer) est à mettre sur le compte de la
politique migratoire, richesse pour la France comme chacun le sait (point de vue cité par M. Sorel dans son livre « le puzzle de l’intégration »).


 


Quant au débat oiseux sur l’identité nationale auquel je faisais allusion au début, il est pour moi limpide en ce qu’il procède de
l’enfumage cher à notre président de tous les français qui parle d’identité pour mieux faire oublier ce que la France doit à sa PERSONNALITE.


 


-Sur les communautés asiatiques, feu le journaliste Christian Jelen avait analysé à la fin des années quatre vingt (bien avant
Emmanuel Todd au passage) dans un livre magistral « la famille secret de l’intégration » les raisons de leur pénétration à bas bruit de la société française.


Stabilité de la famille et autorit&eacut