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5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:46

 martine-aubry.jpg Et c'est repartie dans le déni du réel, Manuel Valls petit éléphanteau voulant devenir grand s'est décidé, pour améliorer son image de sérieux prétendant, de s'attaquer à la vielle Aubry. Histoire de se démarquer des ses petits camarades il a décidé de condamner ce qu'il faut bien appeler la plus grande escroquerie économico-médiatique de ces quinze dernières années avec l'euro, les 35 heures. C'est un symbole de progrès social pour les uns, une grande catastrophe pour notre économie et notre sacro-sainte compétitivité pour les autres. Et pourtant l'on surestime largement l'importance de cette chose technocratique sur la situation économique du pays. Et en réalité la loi sur 35 heures symbolise à elle toute seul le niveau de décadence intellectuelle atteint par nos prétendus dirigeants,car à trop vouloir éviter les sujets importantes, ils passent leur temps à se disputer sur l'accessoire. Puisqu'il n'y a pas plus faux et plus nul que le débat sur le temps de travail pour expliquer les variations économiques ou le taux de chômage d'un pays. Mais la mesure fut symbolique du règne de  Jospin, et surtout permis de faire oublier les vrais mécanismes sous-jacent de la bonne tenue de l'économie française durant la courte période 1997-2000. Car il faut le rappeler, à cette période pour la première fois depuis de nombreuses années la France  créa des emplois en bonne quantité et eu même  une croissance raisonnable de plus de 3% pendant trois ans. Mais il y a eu dans l'opinion publique un  gros travail d'escroquerie intellectuelle durant cette période, car il fallu faire croire aux français que cette croissance tombait du ciel, et que la dynamique de l'emploi était le fruit de cette couillonnade de 35h.

 

      Et il fallait cette supercherie pour faire oublier qu'en réalité c'est la dévaluation du franc et de la futur zone euro qui avait provoqué la reprise économique sur tout le continent. Alors que nos élites n'avaient eu de cesse de vouloir un franc " fort" pendant toute la période des années 90, cassant ainsi nos industries et mettant au chômage des millions de français, voila que par une curieuse situation les monnaies européennes se mettent à  décrocher du dollars pendant quelques années. Comme les monnaies asiatiques sont collées à la valeur du dollars elles ont suivi le mouvement de réévaluation face aux monnaies européennes. Les monnaies européennes déjà accroché les unes autres pour faire la futur monnaie unique ont alors vue le coût de leurs importations augmenter. Les exportations ont alors gonflé et les investissements sont repartis, les importations devenant moins intéressantes. En réalité la période 97-2000 est la preuve absolue de l'inconscience qu'il y a à vouloir maintenir la valeur d'une monnaie coûte que coûte sans se soucier de la balance des paiements. Cette période fut une insulte pour tout ces imbéciles suffisants qui firent de la monnaie forte leur credo, et les socialistes étaient pleinement responsables de la monnaie forte et de se délires. On a donc trouvé ce moyen pour faire croire que les politiques menées alors étaient responsables de la courte reprise et de la cagnotte. Les 35 heures sont alors devenue cet étendard de la gauche, étendard aussi utilisé à droite pour justifier tout et n'importe quoi.

 

Les 35 heures sont un formidable outil pour enterrer les autres débats comme la question de l'euro et du libre-échange par exemple, on amuse la galerie avec des débats sans intérêts. Un peu comme la question de l'islam qui cache la question migratoire dans son ensemble. Et l'on voit comment aujourd'hui encore des types qui sont au pouvoir depuis 2002 accusent ces fameuses 35h de tout les maux de l'économie française. Comme s'ils n'avaient pas le pouvoir depuis 2002, non l'UMP continue à taper sur les 35 heures c'est tellement plus commode. On remarquera que depuis que la droite est revenue au pouvoir jamais la France n'avait connu de tel déficit commerciaux, et ces déficits n'ont même pas comme excuse une forte relance ou des politiques de plein emploi sans protection douanière ou dévaluation comme celles des années 80. Grâce à l'UMP la France a des déficits commerciaux croissant en période de faible croissance, mais c'est sur c'est la faute aux 35 heures pas à l'euro  ou au libre-échange.

 

bce-taux-de-change-euro-dollar-le-02-10-2009.jpg

tauxChangeEuroDollars.jpeg

 

  La croissance française de 97-2000 fut le résultat de la croissance de américaine de la bulle internet couplée à un affaiblissement monétaire. Bien sûr l'explosion de la bulle internet en 2001 à mis fin à cette croissance mais par la suite l'explosion de la monnaie unique, qui reste encore à des niveaux trop élevé aujourd'hui, ont gravement endommagé notre tissus industriel. En regardant l'évolution de la balance commerciale française on en prend mieux la mesure:

 

Historique_balances_commerciales_FR.jpg

 

     C'est à partir de 2003 que la monnaie unique devient trop forte pour l'économie française ( au taux de 1.1 dollars pour 1 euro),  à cela s'ajoute le fait d'avoir une monnaie commune avec notre premier concurrent commercial l'Allemagne. On sait que celle-ci est notre premier déficit commercial devant la Chine or nous n'avons plus aucun moyen de nous protéger contre elle ni protectionnisme, ni dévaluation. Et il y a fort à parier que même en cas de forte dévaluation de l'euro notre pays aurait encore un déficit commercial avec l'Allemagne et à ses satellites. Quoiqu'il en soit on voit bien que la monnaie est un facteur largement plus important dans les explications macro-économiques que les fantasmes sur le temps de travail et autres balivernes sur les charges sociales. Quand une monnaie est réévaluée de 30% cela correspond à une hausse de ses coûts de productions vis à vis de l'étranger de 30%, et à l'inverse les produits importés, eux, voient leur prix diminuer de 30%. C'est beaucoup plus puissant que n'importe quelle réforme et cela passe de façon  relativement inapercue aux yeux du grand public comme entre 1997 et 2000.  Et d'ailleurs les variations du temps de travail horaire sont relativement lent en regard des évolutions économiques, si les variations du temps de travail étaient responsables de la bonne tenue ou non de notre compétitivité alors il y aurait corrélation entre l'évolution de la balance des paiements et celle du temps de travail, or il n'en n'est rien.

 

Mais au-dela de çà, nous retombons toujours sur cette question de démocratie, en admettant même que les 35 heures aient  effectivement été responsable de notre déficit commercial. Est-ce que pour autant cela justifierait que nous les abandonnions, même si la population dans sa majorité veut les garder? Est-ce au marché de dire comment la société doit s'organiser ou est-ce au peuple de faire ce choix de façon démocratique? Étant attaché à la démocratie et au principe de souveraineté des peuples,  je pense qu'effectivement ce n'est pas au marché de choisir notre organisation sociale, même si je ne suis pas un adepte du temps de travail calibré à la minute.  Encore une fois il faut remettre les choses dans l'ordre le peuple est souverain. Cependant  si les français veulent un coût du travail plus élevé il faut également qu'ils en acceptent le prix en protégeant leur marché intérieur de la concurrence venue d'autre pays dont les régimes sociaux diffèrent. Et c'est là évidement que la gauche ne s'aventurera pas puisque cela signifierait remettre en cause l'Europe et le libre-échange.

 

  Pour avoir une organisation sociale digne de se nom et qui diffère des pratiques en vigueur ailleurs, il faut nécessairement des contraintes. Or les français et particulièrement nos amis socialistes ne sont pas près à en payer le prix, ils veulent les 35 heures, les congés payés, la sécu, des impôts pour redistribuer les richesses tout çà c'est très bien, mais ils veulent aussi des marchandises des  services pas chers, c'est un peu contradictoire. En important des marchandises de l'étranger vous n'importez pas que cette marchandise, mais aussi  le système social qui va avec, à travers la balance des paiements qu'il faut un jour ou l'autre équilibrer. En ce sens les critiques de Valls que j'ai un peu charrier sont fondées, lui fait un choix cohérent, il abandonne le modèle français, la seule question que l'on doit se poser à son encontre c'est de se demander pourquoi il n'est pas à l'UMP. Mais la gauche qui refuse toujours le protectionnisme ou même les dévaluations est complètement schizophrène. 

 

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

valuebreak 09/01/2011 19:46



bsr à tous.


une remarque en passant ... les 35 h, c'est réservé aux administrations et aux grosses boites ...


sinon, évidemment Yann a raison, la croissance 97-2000 c'est purement monétaire ...


un salut à mr Sapir ... et tout mon respect à son travail ... 



Joe Liqueur 09/01/2011 01:24



Bonsoir Yann


Au fait Zemmour et peut-être même Naulleau sont complètement d'accord avec toi, ils ont bien étrillé le petit éléphanteau, un vrai massacre, ça fait plaisir !


Valls était en-dessous de tout, il nous a évidemment fait le coup de "Y a beaucoup d'inquiétude chez les Français sur des choses comme le chômage", etc. Une honte.


Et Naulleau a eu cette belle formule : "Le problème c'est pas de passer de 35 à 38, c'est plutôt, pour des millions de gens, de passer de 20 à 35".


Par contre Arditi était grotesque ; un digne représentant de la gôche, quoi.



xavier 07/01/2011 11:39



Merci pour vos textes toujours aussi intéressants.


D’accord sur l’essentiel avec vous.


Seule réserve (ou précaution), je pense qu’il ne faut pas confondre loi sur les 35H et débat sur le partage du temps de travail. La
loi sur les 35H est ce qui se fait de mieux pour enterrer le débat sur le partage du temps de travail. Là où il fallait inciter, on a imposé.


Ce débat est par contre très intéressant à mener. Certes il n’est pas prioritaire car la reconstruction de notre tissu industriel
n’est en rien lié à ce type de débat. Par contre, il peut déboucher sur des solutions «  de gestion » ayant une forte portée sur le chômage.


Je regrette vraiment que se sujet soit devenu un étendard partisan.



Robert PELIK 07/01/2011 00:21



Merci, Yann. Juste pour vous encourager, une autre citation du même livre, quand il parle « de tous nos frères insensés, de plus en plus nombreux, dans
l’Europe prostrée, à se laisser aller à cette aberration qui a si souvent réussi, dans l’histoire des peuples, à démontrer la possibilité de l’impossible ». J’aime beaucoup Romain Gary,
mais cette histoire me touche particulièrement parce que mon père était aviateur polonais qui s’est échappé après l’écrasante défaite de la Pologne, et a réussi à rejoindre la France pour se
battre avec vous contre les Allemands, et après la défaite de la France, il s’est échappé encore pour continuer la guerre en Angleterre. Alors, que nous montrions le même courage, et soyons assez
fous pour écouter et croire encore, selon les paroles du général de Gaulle prononcé après la Libération de Paris, en « la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la
France éternelle... Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France. Vive
la France ! » Eh oui, je suis romantique, mais je ne le voudrais pas autrement.






RST 06/01/2011 22:35



Pourquoi il n'est pas à l'UMP ? Peut-être parce qu'il y a déjà Besson ?