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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:08

 

  Dans mon texte précédent j'ai abordé le lien de causalité qui relie la croissance et l'augmentation de la productivité du travail. C'est l'accroissement de la productivité du travail qui rend nécessaire la croissance de la consommation et donc de la croissance dite économique, celle du PIB. Les économistes d'après guerre ont formalisé ce lien en réduisant pratiquement à rien la distinction entre l'accroissement du PIB et celle de la productivité du travail. A-t-elle point que les économistes actuels réduisent la productivité du travail à la division du PIB par le nombre d'heure travaillé. Il s'agit pourtant d'un raccourcit intellectuellement très discutable et qui dans les faits rend inintelligible l'évolution économique réelle de nos société. C'est de cet imbroglio verbale, cette confusion des concepts qu'est né le mot post-industrielle. Ce terme étant sensé représenté une évolution qui voyez les emplois industriels disparaître d'occident, tout en n'empêchant pas la « productivité » de s'accroitre, seul le déficit commerciale, notamment aux USA, semblait contrarier ce mouvement. Mais l'époque étant à la communication rapide, post-industriel « çà le faisait bien » dans le discours marketing des économistes en vogue, un super slogan en somme.

 

  Le problème c'est qu'on ne voit pas pourquoi un pays dont la productivité s'accroit se désindustrialise, et se met à connaître de lourds déficits commerciaux. C'est dans cette brèche intellectuelle que notre auteur favoris, Emmanuel Todd, s'est engouffré en 1998, puis plus violemment encore en 2002 avec ses deux œuvres « L'illusion économique » et « Après l'empire ». Todd a vue le déficit commerciale US comme le fruit d'un pourrissement et non comme le résultat d'une boulimie particulière à la population américaine. Il a évidement vue juste et les récents événements économiques confirment ses intuitions. Mais c'est chez Jean Luc Gréau que l'on approche le plus du problème de la terminologie employé par les économistes. Dans son ouvrage de 2005 « L'avenir du capitalisme » il décrit la problématique en déclarant que les importations chinoises favorisent la croissance du PIB américain grâce à la création d'emploi dans la distribution. Je cites: « On pourrait penser, en toute première analyse, qu'un dollars d'importation supplémentaire représente un dollars ajouté à la production du pays d'origine. Pour la plupart des produits de consommation importés, il en va différemment. Soit, par exemple, un appareil électronique importé de Corée dont le prix de vente final est de 2000$. De ce prix doivent être déduits les couts de transport sur le territoire américain, de la publicité et de la vente, éventuellement des opérations d'assurance. Par ailleurs, une fois l'appareil vendu, il pourra occasionner des frais d'après vente. Tous ces dollars relevant de ces différents postes sont incorporé dans la production américaine telle qu'elle est mesurée par les comptables nationaux. La vente d'un produit importé d'un prix de 2000$ pourra ainsi donner lieu à un accroissement du PIB local de 1000$. La surconsommation américaine favorable aux importateurs permet aussi à l'Amérique d'améliorer sa production comptable dans une proportion nullement négligeable, tout en stimulant l'embauche tout au long des filières de vente que suivent les biens importés. ». Il est dommage que Gréau n'est pas porté sa réflexion plus loin car les conséquences sont lourdes sur la vision que nous avons de notre propre réalité économique.

 

  En effet j'ai dit au début de ce texte que les économistes confondent de façon approximative la croissance du PIB avec celle de la productivité celle-ci n'étant qu'une simple division du PIB par le nombre d'heure de travail par salarié. Mais si le PIB est artificiellement gonflé par les importations cela ne signifie-t-il pas que la productivité comptable est elle aussi gonflée artificiellement par les importations? L'augmentation de la productivité occidentale de ces dernières décennies ne serait-elle donc pas en grande partie le fruit de l'accroissement de la productivité chinoise ou autre. Ce schéma d'interprétation colle tout de même mieux à la réalité que l'hypothétique société post-industrielle où la productivité augmente en proportion du nombre de vendeur et de pizzaïolo,.. , pardon du nombre de webdesigner. La confusion entre PIB et productivité a accompli un miracle présenter un effondrement socio-économique en un nouvelle révolution industrielle, le boom des nouvelles technologies des années 90 lui doit beaucoup.

 

  Étrangement les fantasmes communistes sur un tiers-monde exploité par l'occident qui décrivait faussement le développement de l'Europe et des USA après la seconde guerre mondiale, prend ici une forme de vérité. Alors que nos régions se sont développées jusqu'aux années 70 de façon quasi autarcique, si l'on exclu les matières premières, le tournant libre-échangiste a fabriqué une exploitation du tiers-monde qui n'existait pas. Les gains de productivité sont devenus fictifs cachant en fait une transformation comptable de la réalité. (fin partie 1)

 

 

 

 

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

Malakine 21/12/2009 17:57


C'est vrai que tu aurais pu choisir une plate forme de blog un peu plus agréable que over blog ! :-)

Pour revenir au texte, j'avoue que j'ai du mal à te suivre. Pourquoi évacues tu l'idée que nos économies désindustrialisées ont fait des gains de productivité dans le secteur des services ? regarde
le fonctionnement d'une grande surface, le développement du commerce en ligne ou les histoires de suicides et de stress dans les grosses boites... Sur la partie conception / distribution (50% du
coût d'un produit importé d'après tes exemples)la formule PIB / nb d'heures travaillées fonctionne bien, non ?


CHIPS 21/12/2009 07:32


Je découvre votre blog en revenant de chez Laurent Pinsolle. Votre propos est fort interressant mais deviendrait nettement plus facile à lire si vous aériez votre texte et ajoutiez quelques
paragraphes.
Votre mise en page me fait penser à celle de Melenchon :))
Bon, c'est de la paresse de ma part, je l'avoue !