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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:50

    suisse  Encore une fois le petit pays des alpes fait la une des journaux pour une affaire qui pourtant ne regarde que lui. En soit le poids que les médias accordent à ce vote, tout comme pour celui du vote sur les minarets, est représentatif de quelque chose. Les affaires suisses à répétition nous disent quelque chose, non sur la Suisse elle même, mais sur l'état de la France et de l'Europe en général. La Suisse agace, à plus d'un titre, ce paradis européen dont on nous vante tellement les réussites et la nécessité, la Suisse est comme un énorme furoncle au milieu du visage d'une miss monde. Du moins le croit-on et c'est par des fleuves d'insulte que les résultats des élections suisses sont régulièrement accueillis. Pays de fachos, pays raciste, pays de pecnots, pays de banquiers égocentriques et j'en passe, étrangement dès qu'il s'agit de la Suisse les apôtres du vivre ensemble se lâchent et oublient leur beau langage de tolérance. Car sur les suisses on peut se lâcher, ils sont riches, blancs et en plus ils sont pas dans l'UE tout les défauts. La Suisse énerve franchement nos élites sur tout les plans, elle fait le contraire du reste de l'Europe et se complet dans une position d'autonomie qui gâche la fête européenne. Parce que l'Europe elle aime les états indépendants, enfin quand ils sont pauvres, on peut ainsi les citer en exemple pour vendre l'euro ou l'UE aux faibles d'esprits. Quoi vous ne voulez plus de l'euro, mais malheureux votre pays finira comme la Corée du Nord ou pire comme l'Albanie. Avec la Suisse forcement cela marche moins bien.

 

      Les suisses sont xénophobes nous dit-on, sauf que ce pays détient plus de 20% d'étrangers sur son sol nettement plus que la France qui semble pourtant avoir déjà atteint ses limites. Il est vrai aussi que bon nombre d'étrangers sont en fait des gens originaires d'Allemagne, d'Italie ou de France, la proximité culturelle fait que le poids de l'immigration y est probablement moins problématique qu'en France.  La Suisse a aussi un énorme inconvénient, le peuple apparemment y est souverain. Les élites suisses, si elles sont comme dans le reste de l'Europe décadentes et peu attachées à leur propre territoire, n'en reste pas moins soumises à la vindicte populaire. En Suisse il n'y a personne pour invalider un référendum comme celui de la France en 2005. Dès lors l'on peut affirmer qu'à l'heure actuelle et étant donné l'évolution du continent la Suisse est l'une des dernière véritable démocratie d'Europe.  La structure particulière de la Suisse semble l'avoir en parti protéger de la course folle à l'autodestruction qui conduit ses voisins à la catastrophe. La Suisse est donc très énervante pour le système européen, car ce dernier aimerait se présenter comme inéluctable comme étant le sens de l'histoire. Car la Suisse rappelle constamment qu'il n'y a pas de sens de l'histoire et que les peuples sont libre en réalité de faire leur propres choix, que l'Europe n'est probablement pas là pour l'éternité et que l'on peut avoir seulement 10 millions d'habitants, avoir sa propre monnaie et faire la politique que l'on veut chez soi.

 

      Entendons nous bien je ne suis pas en train de faire l'apologie du vote Suisse, je dis seulement qu'il montre qu'il n'y a aucune fatalité historique. C'est pour cela que l'UE attaque la Suisse sans arrêt, pour n'importe quel prétexte. Hier c'était sur les paradis fiscaux alors que le Luxembourg membre de l'UE en est une gros. Aujourd'hui c'est pour l'expulsion des étrangers. Comme dans le cas des roms en France toute velléité d'indépendance en dehors du cadre européen est jugée comme inadmissible surtout lorsqu'il s'oppose au dogme régnant à la tête de l'UE celui du libéralisme sans entrave et des droits de l'homme absolutiste. Mais l'UE se fiche complètement des étrangers en Suisse et de leur traitement, comme elle se fout complètement du sort des roms, tout ceci n'est que prétexte. En tant que bureaucratie expansionniste, elle cherche à imposer son pouvoir total et normatif. L'UE construction non-historique mais idéologique cherche à détruire les nations qui ont, elle, une existence historique. La Suisse existe en dehors de l'idéologie, comme la France, l'Allemagne ou l'Italie, ces nations sont le fruit de l'histoire et peuvent avoir telle ou telle idéologie à leur tête sans pour autant être remisent en question lors des changements. Ce n'est pas le cas de l'UE comme ce ne fut pas le cas de l'URSS et comme ce n'est pas le cas des USA. Ces organisations là sont fondées sur une idéologie de base, elles sont exo-historiques, elles ne peuvent survivre à l'idéologie qui les porte. L'URSS est morte avec le communisme, les USA mourront avec le progressisme sans fin, l'Europe mourra avec l'européisme post-historique qui vit ses dernières heures. L'agressivité de l'UE à l'encontre de tout ce qui est national vient de cette fragilité inhérente et la Suisse est donc une cible de choix.

 

  Car elle est coupable à la fois de blasphème et d'hérésie pour l'Europe . L'hérésie c'est sa conduite et son existence en dehors de la structure européenne, le blasphème c'est quand elle s'attaque aux croyances de l'UE, celle de la libre circulation des personnes notamment.  La Suisse nous révèle donc à quel point l'union européenne est une construction idéologique dangereuse qui n'a que faire de la souveraineté des peuples et donc de la démocratie. Les suisses sont un peu devenu le village des irréductibles gaulois, pendant que tout l'Europe est occupée par un empire technocratique et nihiliste. 

 

Xénophobie et démocratie

 

        Autre point, la Suisse nous rappelle aussi qu'il n'y a pas de démocratie forte sans une certaine croyance collective et qui dit croyance collective nationale dit une certaine xénophobie. En réalité les peuples très tolérant acceptant tout et n'importe quoi sur leur sol sont en général en déclin, ou n'ont aucune existence réelle. On est très tolérant quand on a plus de conscience de soit ou  d'appartenance collective. La croyance collective pour un peuple c'est un peu l'amour de soi pour un individu, il ne faut pas en avoir trop, mais le manque  peut conduire au suicide.  A partir du moment où vous croyez en votre nation, en votre groupe, quelque soit la nature du regroupement, ethnique, religieux, nationale, il existe une division entre ceux qui sont dans votre groupe et ceux qui en sont extérieurs. C'est malheureux mais c'est ainsi, en se définissant un groupe choisit automatiquement qui est dedans et qui est dehors. Dans le cas de la démocratie la croyance de groupe doit même être plus forte pour que la démocratie soit fonctionnelle, ainsi Montesquieu ne disait-il pas que le patriotisme est le moteur de la république. En son absence l'état se disloque, le pays se divise et la démocratie devient le fermant de la guerre civile. Les peuples avec une faible croyance collective se retrouve rapidement sous une dictature seul moyen de maintenir une certaine cohésion entre des groupes divergents. La Yougoslavie en fut l'exemple parfait. La France communautariste glisse doucement vers la dictature nous disent certains à gauche. Et c'est pourtant cette division du corps collectif par l'idéologie de la libre-circulation des personnes et des biens, que la gauche affectionne tant, qui en est peut-être le principal moteur de cette montée autoritaire. 

 

  Je rebondis ici bien évidement sur les propos qu'Emmanuel Todd a tenu pour Rue89 dimanche, et concernant la poussée de la violence étatique comme réponse à la dégradation économique du pays. Mais dans l'analyse de Todd seul le volé économique est abordé, la question migratoire n'est pourtant pas pour rien dans la monté du Sarkozisme. Et si la poussé autoritaire était le seul moyen de maintenir une nation en cours de dislocation démographique sous le poids de l'immigration massive?  Les français se sentant de moins en moins frère pour cause d'une nationalité de plus en plus floue se jetteraient dans les bras d'un dictateur pour maintenir tant bien que mal l'unité du pays. Au finale on pourrait en conclure que le Sarkozisme dans ce cadre n'est pas le résultat d'une xénophobie montante mais d'une disparition de la croyance collective. Soit il s'agit d'une poussé de xénophobie signe d'un retour à la croyance collective, les français recommençant à se définir comme français suivant tel ou tel critère il y aura alors certes rejet de ceux qui ne peuvent appartenir au critère du groupe. Cependant c'est la condition pour que la démocratie fonctionne à nouveau. Soit il s'agit d'une plongée dans le néant individualiste auquel cas nous finirons dans une dictature, de toute façon avec l'UE nous y sommes presque déjà. Au final la petite montée de xénophobie en Europe n'est peut-être pas si catastrophique que certains croient, peut-être s'agit-il d'un renouveau des nations et d'un futur retour de la démocratie réelle. En ce sens la Suisse nous montre peut-être la voie.  Et seul ce retour des nations nous permettra de vraiment résoudre les problèmes du continent, ne comptons pas trop sur les bureaucrates de Bruxelles plus attentif à l'augmentation  de leur pouvoir et à nourrir leur hubris.

 

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

Daniel 02/12/2010 21:11



Tiens, avec Internet explorer, cela semble avoir passé. N'hésitez pas à supprimer tous les commentaires inutiles, y compris celui-ci.


 


Meilleures salutations et bonne lecture. Daniel



yann 02/12/2010 21:09



@RST


Qu'est ce que c'est que cette histoire, ton commentaire passe mais pas celui de Daniel??!!! C'est la première fois que je vois çà, je pense que ces plutôt son navigateur ou quelque chose du
genre, par contre je vais nettoyer les commentaires vides.



Daniel 02/12/2010 21:07



La notion "étranger" en Suisse n'a pas la même signification qu'en France : la Suisse ne connaît pas du tout le "droit du sol" (être
né en Suisse ne confère AUCUN droit), les naturalisations ne peuvent être demandées qu'après 12 ans de résidence (6 pour les jeunes) et elles peuvent être refusées. Elles sont décidées par les
assemblées communales (tous les citoyens) dans de nombreuses régions de Suisse alémanique et nombre d'étrangers sont refusés sans réel motif (à part un nom yougoslave ou turc...). Officiellement,
la Suisse compte 22,9 % d'étrangers, ce qui semble énorme. Mais si on note que les 2/3 de ceux-ci sont nés en Suisse ou y vivent depuis plus de 15 ans, cela relativise le chiffre. J'ai trouvé
dans un article récent publié par Courrier international des chiffres intéressants, puisqu'ils permettaient de déterminer quelle était la part de la population "née à l'étranger" et donc évitait
les biais statistiques dus aux différentes législations : France 8,4 %, Espagne 14,1 %, Allemagne 12,9 %, Royaume-UNi 10,8 %, Etats-Unis 13,7 %, Canada 20,8 % et Suisse 16,7 %. La Suisse compte
plus d'étrangers dans ce cas que les autres pays européens, mais la différence n'est plus aussi énorme. Et l'énorme majorité des étrangers sont des européens (italiens, portugais, allemands,
ex-yougoslaves, etc.).


La votation de dimanche dernier mérite aussi un bref commentaire : l'initiative propose le renvoi "automatique" pour les criminels et
délinquants étrangers (en rapport avec une liste précise de crimes et délits, qui vont de choses très graves comme le meurtre ou le viol à des choses qui peuvent être graves ou moins graves :
l'effraction, le trafic de drogue, l'abus des assurances sociales). On attend maintenant le travail de définition du parlement (sous l'épée de Damoclès du référendum, si l'UDC n'est pas
satisfaite du projet de loi...).


Ce qui est grave avec cette décision, c'est qu'elle consisterait à renvoyer dans "son pays" un jeune turc (par exemple) qui aurait
effectué un cambriolage. Même si ce jeune turc est né en Suisse, y a toujours vécu, ne parle pas le turc mais l'allemand avec l'accent bernois. Et sans possibilités de recours. A mon sens, ce
n'est pas insulter l'indépendance de la Suisse que de noter que c'est complètement hors de proportion. Au passage, je note que c'est contraire à la convention européenne des droits de l'homme
(dont la Suisse est partie prenante) et à l'accord de libre-circulation signé entre la Suisse et l'UE. La Suisse finira tôt ou tard par être condamnée par la cour européenne de Strasbourg... et
les termes de l'initiative resteront pour l'essentiel inapplicables.


Comme l'affaire des minarets, c'est de la poudre aux yeux. L'UDC utilise ces sujets très émotionnels pour faire son beurre électoral
et il faut reconnaître que cela marche du tonnerre. Mais cela ne fait pas avancer le schmilblick et la criminalité ne va pas reculer d'un iota à cause de la décision de dimanche. C'est en ce sens
que j'ai l'impression que la démocratie suisse commence à être dévoyée. D'ailleurs, les autres partis sont complètement désemparés et ne savent plus par quel bout prendre la question.


Voilà, j'ai beaucoup parlé... mais pour une fois qu'on s'intéresse à la Suisse du côté français, cela en vaut la peine. Je réponds
volontiers à des questions sur ce sujet (j'ai étudié les Sciences politiques et je suis spécialiste du système politique suisse, j'enseigne le droit et l'économie).


Pour terminer, je crois que je suis assez d'accord tout de même avec votre constat principal : la Suisse est un énorme emmerdeur pour
l'UE placé en plein milieu du continent. Mais est-ce une si bonne chose ? Honnêtement, je n'en sais rien...


 



RST 02/12/2010 21:06



A la demande express de Daniel qui soupçonne l'existence d'un logiciel anti-suisse, je recopie la deuxième partie de son commentaire ci-dessous:


La notion "étranger" en Suisse n'a pas la même signification qu'en France : la Suisse ne connaît pas du tout le "droit du sol" (être né en Suisse ne confère AUCUN droit), les naturalisations ne
peuvent être demandées qu'après 12 ans de résidence (6 pour les jeunes) et elles peuvent être refusées. Elles sont décidées par les assemblées communales (tous les citoyens) dans de nombreuses
régions de Suisse alémanique et nombre d'étrangers sont refusés sans réel motif (à part un nom yougoslave ou turc...). Officiellement, la Suisse compte 22,9 % d'étrangers, ce qui semble énorme.
Mais si on note que les 2/3 de ceux-ci sont nés en Suisse ou y vivent depuis plus de 15 ans, cela relativise le chiffre. J'ai trouvé dans un article récent publié par Courrier international des
chiffres intéressants, puisqu'ils permettaient de déterminer quelle était la part de la population "née à l'étranger" et donc évitait les biais statistiques dus aux différentes législations :
France 8,4 %, Espagne 14,1 %, Allemagne 12,9 %, Royaume-UNi 10,8 %, Etats-Unis 13,7 %, Canada 20,8 % et Suisse 16,7 %. La Suisse compte plus d'étrangers dans ce cas que les autres pays européens,
mais la différence n'est plus aussi énorme. Et l'énorme majorité des étrangers sont des européens (italiens, portugais, allemands, ex-yougoslaves, etc.).


La votation de dimanche dernier mérite aussi un bref commentaire : l'initiative propose le renvoi "automatique" pour les criminels et délinquants étrangers (en rapport avec une liste précise de
crimes et délits, qui vont de choses très graves comme le meurtre ou le viol à des choses qui peuvent être graves ou moins graves : l'effraction, le trafic de drogue, l'abus des assurances
sociales). On attend maintenant le travail de définition du parlement (sous l'épée de Damoclès du référendum, si l'UDC n'est pas satisfaite du projet de loi...).


Ce qui est grave avec cette décision, c'est qu'elle consisterait à renvoyer dans "son pays" un jeune turc (par exemple) qui aurait effectué un cambriolage. Même si ce jeune turc est né en Suisse,
y a toujours vécu, ne parle pas le turc mais l'allemand avec l'accent bernois. Et sans possibilités de recours. A mon sens, ce n'est pas insulter l'indépendance de la Suisse que de noter que
c'est complètement hors de proportion. Au passage, je note que c'est contraire à la convention européenne des droits de l'homme (dont la Suisse est partie prenante) et à l'accord de
libre-circulation signé entre la Suisse et l'UE. La Suisse finira tôt ou tard par être condamnée par la cour européenne de Strasbourg... et les termes de l'initiative resteront pour l'essentiel
inapplicables.


Comme l'affaire des minarets, c'est de la poudre aux yeux. L'UDC utilise ces sujets très émotionnels pour faire son beurre électoral et il faut reconnaître que cela marche du tonnerre. Mais cela
ne fait pas avancer le schmilblick et la criminalité ne va pas reculer d'un iota à cause de la décision de dimanche. C'est en ce sens que j'ai l'impression que la démocratie suisse commence à
être dévoyée. D'ailleurs, les autres partis sont complètement désemparés et ne savent plus par quel bout prendre la question.


Voilà, j'ai beaucoup parlé... mais pour une fois qu'on s'intéresse à la Suisse du côté français, cela en vaut la peine. Je réponds volontiers à des questions sur ce sujet (j'ai étudié les
Sciences politiques et je suis spécialiste du système politique suisse, j'enseigne le droit et l'économie).


Pour terminer, je crois que je suis assez d'accord tout de même avec votre constat principal : la Suisse est un énorme emmerdeur pour l'UE placé en plein milieu du continent. Mais est-ce une si
bonne chose ? Honnêtement, je n'en sais rien...


Meilleures salutations


Daniel



Daniel 02/12/2010 21:05



J'utilise firefox. Bon, je vais essayer avec Internet explorer. Vous pouvez enlever les messages vides. ;-)