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18 avril 2011 1 18 /04 /avril /2011 20:50

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On vous avait prévenu ce qui devait arriver arrive, les marchés commencent enfin à s'inquiéter de la dette américaine après l'annonce d'une agence de notation Standard and Poor's. Cette dernière nous dit qu'au rythme actuel, les USA seront bien incapables de rembourser leur dette à long terme. Je rappelle que le déficit public est estimé pour la fin de cette année à 11.9% du PIB américain et que les effets sur la croissance sont insuffisants pour imaginer un retour rapide à des niveaux plus raisonnables. S&P en déduit donc logiquement qu'il faudrait peut-être revoir la qualité de la notation de la dette publique américaine ce qui ne manquerait pas de faire grimper les taux auquel emprunt l'Oncle Sam sur les marchés internationaux. Les USA sont un immense PIGS avec une planche à billets universelle, mais cela a longtemps échappé aux fameuses agences de notation qui n'ont étrangement jamais été aussi tendres avec les petits pays. Quoi qu'il en soit on voit bien que la trajectoire américaine conduira ce pays à une situation similaire à celle des états de l'Europe du Sud. Les mêmes causes provoquant les mêmes effets.

 

  Mais il y a eu un double effet de marteau aujourd'hui sur les marchés financiers, si l'un est la dette américaine et l'hypothèse d'une dégradation des conditions d'emprunt de ce pays, l'autre est l'évolution de plus en plus catastrophique de la zone euro. La Grèce vient de pulvériser son record en terme d'intérêt d'emprunt sur les  marchés puisque les taux ont atteint 20% à deux ans!!!!  Les multiples faux plans de sauvetage n'auront finalement servi qu'à retarder une échéance finale et obligatoire de  restructuration de la dette. Quant au régime amaigrissant des remèdes du FMI et de la BCE consistante à tout diminuer pour la population de base n'a eu qu'un seul effet celui d'aggraver la crise économique en créant une dépression locale. Tout ceci était prévisible et prévu de longue date, rien n'a été fait pour améliorer l'économie réelle de ces pays en crise. Et les prêteurs ont apparemment oublié que pour rembourser un prêt il faut d'abord avoir un revenu qui le permette. En contractant la croissance par les idioties macroéconomiques, ils 'n’ont fait que précipiter la chute de ces pays. C'est d'autant plus grave que contrairement à ce que l'on nous a affirmé ces prêts ne visaient pas à sauver ces pays, mais à sauver encore une fois les banques françaises allemandes et autres.

 

Le déficit commercial est toujours au coeur du problème

 

  Mais ce que semblent ignorer certains c'est que le vrai problème est toujours là que ce soit en Grèce ou aux USA. Ces pays, pour assurer leur train de vie de tous les jours,  sont obligés d'emprunter parce qu'ils consomment trop de produits importés. Les déficits commerciaux sont les mécanismes qui produisent de la dette extérieure. C'est d'ailleurs encore plus grave dans le cas de la Grèce qui n'a pas la possibilité de dévaluer sa monnaie comme les USA. Les USA ont longtemps ignoré le problème du déficit extérieur grâce à leur possibilité d'acheter en dollar leur pétrole et au fait que cette monnaie est la monnaie de référence internationale. Encore aujourd'hui l'Amérique tient grâce à cet avantage monétaire, sa monnaie se maintient malgré un déficit commercial qui devrait logiquement entrainer une forte dévaluation. Elle achète "gratuitement" des marchandises du monde entier. Mais la situation ne durera pas forcément éternellement, et l'éventuelle dégradation de la notation la dette américaine, fait que les USA devront emprunter à l'extérieur à des taux beaucoup plus importants qu'aujourd'hui. Cette situation devrait logiquement les forcer à appuyer encore plus sur la planche à billets ce qui pourrait remettre en question la valeur du dollar. C'est un effet boule de neige, les USA seront obligés d'émettre de plus en plus de monnaie pour pourvoir à leurs importations désormais privées des capitaux étrangers qui compensaient en partie le déficit commercial courant.

 

  Pour la Grèce la situation est plus simple et difficile à la fois. Ce pays a bénéficié de taux d'intérêt trop faible sur les marchés pendant la dernière décennie. Ce fut l'effet euro, la baisse des taux a permis à la Grèce, et aux PIGS en général, d'emprunter à des taux bas. Le problème c'est que dans le même temps l'euro a été trop fort pour leurs économies respectives, poussant ces pays à se désindustrialiser. Il était tellement moins cher d'importer que de produire sur place que ces pays se sont tertiarisés sans douleur, si je puis dire. L'avantage de l'euro a alors été utilisé de façon abusive, car c'était la seule manière de connaître la croissance avec une monnaie trop forte. C'est exactement le scénario argentin des années 90 avec l'euro dans le rôle du dollar. La situation pour ces pays est donc simple, il faut dévaluer ou se débrouiller pour rééquilibrer la balance commerciale d'une façon ou d'une autre. Par le protectionnisme ou la contraction de la demande intérieure, c'est la solution libérale. Dans le cas d'une dévaluation il faudrait bien évidemment que la Grèce quitte au préalable la zone euro. La dette serait transformée en drachme, elle ne changerait donc pas de niveau en cas de dévaluation. Par contre, il sera beaucoup plus difficile pour la Grèce d'emprunter sur les marchés financiers une fois la dévaluation faite. Ce qui signifie que le pays devra obligatoirement équilibrer sa balance commerciale, voir connaître quelques années d'excédents pour se fournir en devise de réserve étrangère. Le passage est difficile à court terme pour un pays qui subit ce genre de chose, mais l'expérience montre que la croissance redémarre vite une fois la purge de la dévaluation pratiquée. Comme nous l'avions vue dans les cas argentins et islandais l'investissement productif redémarre rapidement après la baisse de la monnaie et l'emploi s'améliore. L'inflation connait un pic élevé la première année de la dévaluation à cause principalement de l'augmentation des prix à l'importation, mais ensuite elle décent pour revenir à des niveaux plus raisonnables. Il en ira de même pour l'économie grecque. 



La situation actuelle pourrait être finalement assez favorable à une sortie groupée de l'euro. En effet ,l'inquiétude sur les marchés financiers pourrait nous fournir une fenêtre de sortie par la baisse rapide de l'euro qu'elle produit. Et plus l'euro sera bas et moins la dévaluation postérieure nécessaire sera grande. Cependant il est vrai aussi qu'une forte dévaluation de l'euro pourrait être un moyen pour améliorer la situation interne de la zone et alléger les contraintes sur les PIGS ou même la France et l'Italie. Il faut rappeler au passage que la zone euro est actuellement en déficit sur le plan commercial, le géant allemand n'arrivant plus à compenser les déficits de ses voisins. L'Allemagne elle-même connait un déficit avec le géant chinois preuve qu'en réalité même pour l'Allemagne l'euro est trop fort. En fait, si la baisse de l'euro était une bonne chose à court terme elle pourrait empêcher la remise en cause de la monnaie unique, de la même manière que la faiblesse du Mark dans les années 90 avait permis la création de la future zone euro. Il ne nous reste plus qu'à espérer que dans la course à l'effondrement les Américains nous battent, entraînant ainsi avec eux la construction européenne actuelle par la surévaluation massive de l'euro que cela engendrerait. Le scénario serait alors d'un effondrement du dollar suivi d'une explosion de l'euro transformé momentanément en monnaie de réserve puis d'une explosion de cette même zone par les effets dramatique sur la balance commerciale des pays membres.

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Published by Yann - dans économie
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commentaires

D.T 06/08/2011 18:37



Yann: "Le scénario serait alors d'un effondrement du dollar suivi d'une explosion de l'euro transformé momentanément en monnaie de réserve puis d'une explosion de cette même zone par les effets
dramatique sur la balance commerciale des pays membres."


Même dans cette situation nos politiques seraient capables de rester sans rien faire a part des incantations. On sera tous au chomage et si ca explose les politicards fuiront et c'est tout mais
ils ne feront rien. Je suis assez depité en ce moment desolé.



clovis simard 06/08/2011 18:19



Blog(fermaton.over-blog.com)No-8: THÉORÈME DES CATASTROPHES


morts potentiels?