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20 novembre 2011 7 20 /11 /novembre /2011 19:32

 

images.jpegLe moins que l'on puisse dire, c'est que la prochaine élection présidentielle ne se présente pas dans des conditions classiques. En effet, la crise perdure et s'aggrave et l'euro continue son agonie. Les conditions électorales sont en fait extrêmement différentes de ce qu'elles étaient en 2007. Je me souviens encore à cette époque que rares étaient ceux à souligner le danger que représentait la monnaie unique pour les nations d’Europe, ou encore de l’inéluctable crise qui allait frapper les économies occidentales, dont les déséquilibres commerciaux ne cessaient de croître. Lors de la dernière élection présidentielle je n'avais pas de blog, mais je discutais souvent avec notre collègue blogueur Malakine aujourd'hui silencieux. J'espère tout de même qu'il écrira au sujet de la prochaine élection. De fait à l'époque même sur le blog horizon je me sentais un peu seul sur le plan de la critique de l'euro ou sur la question du protectionnisme. Je prônais déjà à l'époque le protectionnisme national puisque je n'ai jamais compris comment un protectionnisme européen pourrait être mis en place étant donné les divergences d'intérêt dans la zone euro. Il y eut ensuite cette étrange élection de 2007 où un incompétent inculte et une folle (pour reprendre les termes de Malakine) se sont retrouvés au deuxième tour de l'élection présidentielle.

 

Étrangement, près de cinq ans après, tout a changé dans les conditions économiques et idéologiques. Le libéralisme n'est plus crédible, le discours protectionniste est de plus en plus assumé par la population, on voit même la critique de l'euro se renforcer. Mais dans le même temps nous allons nous retrouver à nouveau avec deux clowns au deuxième tour de la prochaine présidentielle. IL faut bien l'avouer l'élection est verrouillée. Encore une fois, voilà la France prête à perdre à nouveau cinq ans en mettant au pouvoir les bourreaux qui l'ont pourtant conduit à la crise qu'elle connait aujourd'hui. En cas de victoire socialiste, il est même probable que la souffrance du peuple augmente encore d'un cran étant donné que les sbires pseudosocialiste de la gauche dite de gouvernement sont certainement les libéraux les plus orthodoxes qui existent dans ce pauvre pays. Rappelons tout de même que les socialistes sont ceux qui ont mis en place la libéralisation du système bancaire. Ce sont les plus fervents défenseurs du libre-échange qui pour eux est une preuve de solidarité avec le tiers-monde. Alors oui il y a eu Montebourg, mais le bougre est rentré rapidement à la niche, une fois le spectacle électoral des primaires terminées. Ce n'est pas encore cette fois qu'il y aura une réelle rupture. D'aucuns affirmeront comme à chaque fois qu'il vaut mieux tenter de faire changer le PS plutôt que de permettre au nain d'être réélu en 2012. Mais je crois personnellement que s'associer avec son opposé est le plus sûr moyen de ne jamais être crédible. Encore une fois où en serait la vraie gauche française aujourd’hui si elle avait accepté la rupture en 2005 après le TCE pour préparer 2007 avec le succès que l'on sait ? Nous aurions aujourd'hui une véritable alternative crédible aux yeux des électeurs. La démocratie ce n'est pas le consensus moue, c'est au contraire l'affrontement. Un affrontement certes civilisé, mais effectif entre des intérêts souvent en totale opposition.



Croire ainsi que l'on pourrait faire converger les intérêts aussi contradictoires de la France rentière avec ceux de la France du labeur relève tous simplement de l'escroquerie intellectuelle. À un moment ou à un autre il faudra trancher. Et jusqu'à preuve du contraire le PS comme l'UMP ont choisi leur camp et c'est celui des intérêts de la rente. D'ailleurs, à n'en pas douter, et comme je l'avais affirmé dans un autre texte. Il est probable que le parti politique le plus capable de faire la grande purge libérale dont rêvent tous les adorateurs français du modèle thatchérien est le PS. À l'image de ce qui se passe à l'heure actuelle en Espagne les élites se battent pour savoir qui fera la purge la plus sévère au nom de l'Europe qui va tous nous sauver. En Europe ce sont bien les gouvernements socialistes qui mettent avec le plus de conviction les purges en pratique. Il ne fait guère de doute qu'il en ira de même avec la France.



Que se passera-t-il après l'élection



S'il est encore trop tôt pour affirmer que François Hollande sera le prochain dirigeant français, il n'y a en revanche guère de doute sur le fait que c'est encore un apparatchik du système qui montera au pouvoir. De fait la France passera forcément par la case purge et vidange. Reste cependant à savoir si la France a encore des restes d'esprit démocratique pour que la population puisse réagir. Nul doute que les dirigeants du système pousseront la population à bout comme cela s'est passé dans d'autres pays ou même à d'autres époques en France.



À titre personnel je l'ai déjà dit, la purge en France mettra probablement fin à la zone euro, car la France est le pilier principal des exportations allemandes. Puisque l'on ne peut compter sur des dirigeants éclairés pour nous sortir du libre-échange et de l'euro ce sont les contraintes et les événements qui pousseront vers cet inévitable dénouement. Une fois l'élection présidentielle passée, l'oligarchie du pays soufflera, se réjouissant de l'esprit raisonnable des Français qui auront encore une fois reconduit leurs bourreaux au pouvoir. Ils se sentiront alors pousser des ailes d'autant que le futur président pourra peut-être compter sur l’épouvantail FN au second tour pour s'assoir sur le trône avec un score de niveau stalinien. Une fois « légitimés » par les élections, nous aurons un grand discours sur la nécessité de réduire la dette produite par les gabegies de l'état et de leurs prédécesseurs dont ils partagent pourtant 100% des réflexions économiques. On assistera alors dans toute la France à des coupes sombres comme on n’en a pas vu depuis plusieurs générations. Évidemment cette politique aura comme effet principal d'aggraver la contraction de la demande intérieur, et elle produira une explosion des faillites dans le secteur privé. Les socialistes comme leurs collègues de droite n'ayant toujours pas compris que désendetter l'état en période de contraction économique, revient en fait à transférer les difficultés vers le secteur privé. C'est en réalité un immense jeu de vase communicant. Le problème provenant comme vous le savez du libre-échange et des salaires trop faibles pour absorber la production.



Nous aurons alors droit au deuxième effet celui de la crise en Allemagne. Ce pays ne pourra pas supporter la perte de son principal lieu d'exportation. Les élites allemandes tout aussi aveugles que leurs homologues françaises décideront de rompre avec l'euro par chauvinisme plus que par raison. La fin de l'euro sera donc probablement le produit de l'absurdité même des objectifs politiques qui lui ont donné naissance. L'euro est né pour casser les systèmes sociaux et favoriser la rente, et c'est bien parce que le piège de l'euro a fonctionné qu'il est aujourd'hui condamné. On peut cependant se demander quelle sera la réaction de notre futur président lorsque l'Allemagne sortira de l'euro. Et cela alors même qu'il sera devenu un parjure pour les Français au nom de la sauvegarde de l'euro et de la note AAA de la dette française. En vérité, le résultat de la prochaine élection française de 2012 n'a guère d'intérêt, on connait déjà les futurs vainqueurs. La vraie question c'est qu'elle sera la réaction de l'intelligentsia française lorsque fin 2012 début 2013 l’Allemagne fera rupture. Une élite qui n'a jamais réfléchi par elle même et qui n'a jamais eu comme attitude que la copie sur le voisin supposé toujours supérieur à ces minables Français. On peut toujours espérer un renversement qui mettrait fin à la domination de la pensée unique en France, mais j'y crois de moins en moins. Le plus probable est qu'une fois l'effondrement de l'euro entamé, les élites françaises se jetteront au cou d'une autre puissance faisant de notre pays une nouvelle république bannière. Je vois bien nos élites demander l'aide de la Chine contre la vente d'une partie de Paris au nom de la « raison » . Jamais nos élites n'ont été aussi ressemblantes qu'au portrait que le général faisait de la bourgeoisie pendant la guerre .



« Vos journalistes ont en commun avec la bourgeoisie française d'avoir perdu tout sentiment de fierté nationale. Pour pouvoir continuer à dîner en ville, la bourgeoisie accepterait n'importe quel abaissement de la nation. Déjà en 40, elle était derrière Pétain, car il lui permettait de continuer à dîner en ville malgré le désastre national. Quel émerveillement! Pétain était un grand homme. Pas besoin d'austérité ni d'effort! Pétain avait trouvé l'arrangement. Tout allait se combiner à merveille avec les Allemands. Les bonnes affaires allaient reprendre. »

« En réalité, il y a deux bourgeoisies. La bourgeoisie d'argent, celle qui lit Le Figaro, et la bourgeoisie intellectuelle, qui lit Le Monde. Les deux font la paire. Elles s'entendent pour se partager le pouvoir. »

Alain Peyrefitte: C'était de Gaulle , Editions de Fallois/Fayard, 1994.

 

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Published by Yann - dans politique
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commentaires

ETDAS 01/12/2011 16:50


Kirchnériste, maudit clavier.

ETDAS 01/12/2011 16:49


Il y a des Kircnéristes en France!!


Merci Jacques.


Pour que la fête soit complète: MALVINAS ARGENTINAS!


Saludos

Emmanuel B 28/11/2011 18:10


Votre scénario est possible malheureusement, mais je ne crois pas que ce soit le plus probable.


Imaginer que le système puisse se survivre cinq ans de plus me paraît vraiment invraisemblable. Jusqu'à l'élection, ce sera déjà un exploit.


Sarkozy, lui-même, modifierait sans doute sa position.


Quand au PS, une des justifications possibles de la stratégie de Montebourg se révèle en suivant le début de votre scénario. Si après une phase conformiste, Hollande se retrouve dans l'impasse,
une des solutions très raisonnablement envisageable sera alors un virage radical, avec la nomination de Montebourg comme premier ministre. Un 1983 à rebours en quelque sorte.

olaf 27/11/2011 22:43


Si c'est le cas, alors ils se mettent le doigt dans l'oeil...

yann 27/11/2011 22:16


@tous


Merci pour ces commentaires. Je suis moins présent sur le net depuis quelques mois à cause du manque de temps. J'essairai de quand même retrouver un certain rythme dans les prochains jours.



@olaf


J'ai quelques doutes sur le fait que l'Allemagne puisse faire une relance de sa demande intérieure. Toute la stratégie des élites de ce pays se résumant à attendre le retour de la croissance par
les exportations. A mon avis les élites germaniques ont intériorisé le déclin démographique allemand et elles ont conclu que seul l'exportation était leur salut.