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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 00:12

 

Nous allons aborder un thème un peu différent même si cette question peut présenter quelques intérêts pour les questions de politiques générales. Cette question est celle de la démographie et plus exactement celle du lien qui existe entre le développement économique et l'évolution du développement d'une nation. C'est une thématique sulfureuse, plus qu'on ne peut le croire parce qu'elle induit tout un tas d'idées reçues et de précarrés idéologiques. La campagne présidentielle qui a tourné en une avalanche de points Godwin montrant sous forme caricaturale à quel point il est difficile de parler sereinement de certains sujets sans être victime d'anathèmes et de raccourcis. Et s'il y a bien un sujet sulfureux, c'est bien celui de la démographie. Outre que la question démographique est liée à la question de l'immigration, elle a aussi un lien indubitable avec le développement humain. Mais il est difficile de parler de cela sans tomber sur des caricatures qui vont de l’expansionnisme sans fin, de certains extrémistes religieux, aux décroissants compulsionnels adeptes de quelques pages mal digérées de Thomas Robert Malthus. Décroissant pour qui l'avenir de la terre repose sur la disparition du plus grand nombre d'humains possible.

 

La vérité est bien évidemment beaucoup plus nuancée, mon blog ne s'appelle pas le BonDosage pour rien après tout. Tout d'abord, revenons à une évidence toute simple que Keynes avait déjà fait remarquer à ses lecteurs dans les années 30. Il y a bien un lien direct entre la croissance économique en volume et la croissance de la population. À niveau de vie constant, la simple augmentation de la population conduit à une croissance économique. L'augmentation des besoins et du nombre de travailleurs disponibles permettant de faire croître l'activité humaine et donc la richesse collective. Ce raisonnement est tout à fait vrai et peut se vérifier dans les données statistiques. Encore faut-il bien évidemment que cet accroissement de population soit réellement utilisé à son plein potentiel. Là se joue la question des structures économiques du pays en question. Si l'accroissement de la population peut se voir comme un enrichissement, il ne faut pas oublier que pour que cet enrichissement collectif soit pleinement établi il y a des conditions minimales pour y parvenir. Dans les pays avancés, le niveau d'investissement par tête et par emploi est très élevé. Cela signifie que pour qu'un travailleur soit réellement productif il doit avoir reçu un capital très élevé au préalable, bien plus que dans un pays peu développé.

 

Ce capital n'est pas uniquement une question d'investissement économique direct, c'est aussi tout ce qui tourne autour de l'éducation, des services publics, des services de santé, les infrastructures, du niveau d'investissement productif des entreprises, des infrastructures, etc.. Tout ce qui participe de la hausse générale du niveau de productivité d'une nation. Négliger cet aspect c'est ignorer les contraintes mêmes du développement qui explique en partie la baisse de la fécondité dans les pays qui se développent justement. Si la baisse de la natalité ne résout pas tous les problèmes, elle permet cependant d'augmenter le niveau d'investissement par tête et peut potentiellement accroître le niveau de productivité d'un pays. L'on a souvent souligné le lien qu'il y avait entre le développement économique d'un pays et la transition démographique, c'est extrêmement simple à comprendre. Au milieu de la transition lorsque la natalité a baissé depuis une vingtaine d'années, la population d'actifs potentiels se met à croître plus rapidement que les inactifs, les très jeunes étant moins nombreux proportionnellement. Ce phénomène favorise naturellement la croissance économique et l'augmentation du capital par tête. Ces bénéfices restent jusqu'à ce que la transition passe au vieillissement de la population. Alors les vieux augmentent plus vite que les jeunes en nombre absolu, la plupart des pays développés en sont à ce stade.

 

L'on voit tout de suite dans ces raisonnements pourquoi certains pays n'arrivent pas à se développer. Comme je l'ai dit pour que la croissance économique soit réelle il faut que la croissance par tête augmente. Et cette croissance n'est possible que si la croissance démographique n’excède pas la croissance de la population. Paul Bairoch est l'un des économistes à s'être le plus penché sur les questions du lien entre le développement humain et la croissance économique. Il en avait déduit qu'une croissance naturelle de la population très supérieure à 1 % par an empêcherait une croissance économique réelle. Car le capital du pays ne pourrait pas s'accumuler à un rythme suffisant pour faire croître réellement le niveau de vie global. L'on comprend mieux ici les difficultés de l'Afrique subsaharienne où certains pays croissent encore à plus de 3 % par an. Même avec la meilleure politique du monde ces pays ne pourraient pas sortir de la misère avec ce rythme de croissance démographique. Pour vous donner une idée dans un pays comme le Bénin près de la moitié de la population a moins de 15 ans. De combien faudrait-il augmenter le budget de l'éducation nationale en France pour maintenir le niveau d'investissement par tête avec une pyramide des âges comme celle du Bénin ? Sachant qu'en France les moins de 15 ans font à l'heure actuelle 18,3 % de la population. Et bien il faudrait multiplier le budget de l'éducation nationale par 2,3 environs. Et cela en prenant en compte le fait que la base d'actif serait fortement réduite puisque la population en âge de travailler est bien moins nombreuse. Vous comprenez mieux le problème non ? Sans un contrôle des naissances, il ne peut pas y avoir de développement tout court.

 

La démographie et la civilisation de l'épuisement

 

Tout ceci exclut les questions de la potentialité de la croissance. Une croissance économique est liée au modèle économique, et à l'évolution démographique, mais aussi aux contraintes en ressource naturelle. Pour ce qui est de l'immigration, elle est effectivement le seul facteur qui puisse permettre une croissance plus forte avec peu d'investissement. C'est d'ailleurs pour cela que les capitalistes adorent l'immigration. En effet comme je l'ai déjà expliqué dans un texte nous vivons dans ce que l'on pourrait appeler une civilisation de l'épuisement. Contrairement aux civilisations classiques, qui se maintenaient sur une longue durée et avait appris à renouveler leur biotope humain et économique. La civilisation de l'épuisement par contre ignore parfaitement les contraintes de long terme pour se focaliser sur l'immédiat. Dans ce sens, la formation professionnelle, l’instruction, l'investissement productif à retour long ou même la simple reproduction de la population sont autant de choses que nos sociétés rejettent parce que c'est coûteux dans l'immédiat. L'on préfère l'immigration à la politique familiale parce que cette dernière implique tout un tas d'investissements pour rendre exploitable le salarié. Investissement qui a un coût pour le capitaliste. Ce n'est guère étonnant que dans la civilisation de l'épuisement l'on considère le fait d'élever ses enfants comme une contrainte plus que comme un investissement. Cela coule de source en faite. On valorise le travail monétisable et l'on considère que le travail non monétisé n'a pas de valeur intrinsèque. Alors même qu'élever un enfant est l'investissement qui conditionne en fait toute la survie de la civilisation. Mais comme disait ce bon vieux Rousseau, «  les arts sont lucratifs en raison inverse de leur utilité. De sorte que les plus essentiels finissent par être les plus négligés ».

 

Ce n'est pas un hasard si cette « civilisation de l'épuisement » a pris naissance aux USA. C'est une nation qui n'a aucune conception de limite. Comme l'avait si bien écrit Emmanuel Todd dans son livre « Après l'Empire » : les USA sont une nation de paysans européens débarrassés à tort des contraintes qui étaient les leurs dans leur milieu d'origine. Parce qu'ils sont passés d'une petite terre limitée où il fallait gérer des ressources humaines et écologiques limitées, à une terre d'abondance apparente, les habitants des USA ont construit une illusoire civilisation de l'épuisement. Une civilisation qui s'est malheureusement étendue à toute la planète de par son apparente séduction. Jouir du présent en oubliant ce qui prépare l'avenir permet effectivement de prospérer à court terme, mais la facture à l'arrivée est extrêmement lourde. Nous arrivons aujourd'hui aux limites de cette civilisation. Et c'est dans le domaine démographique que cette logique est la plus tragique. L'immigration qui est censée résoudre tous les problèmes démographiques ne fait que construire de nouveaux problèmes. Les populations n'étant finalement pas aussi interchangeables que ce que pouvait espérer le patronat local.

 

Mais en plus cette façon de croître par l'importation de population casse les pays qui ont formé justement ces populations. Il s'agit là d'une véritable injustice qui doit être fortement soulignée. Les pays en voie de développement investissent le peu qu'ils ont de capital dans certaines parties de leur population. Comme nous l'avons vue à cause de leurs croissances, il est très difficile de sortir du sous-développement. Mais en plus les pays avancés viennent leur voler leur population la mieux formée, celle qui pourrait justement améliorer leur situation. Et étrangement, ce sont des gens dits de gauche qui défendent massivement ce pillage des cerveaux par les sociétés du nord qui ne veulent pas investir pour renouveler leur propre population. Un pillage qui crée des problèmes massifs de confrontation ethnique au nord, et qui pille le sud. Tout ça pour permettre à quelques milliardaires de jouir sans entrave. Le cynisme de l'ère moderne n'a vraiment aucune limite.

 

 

La baisse quantitative de la population est la grande peur du capital

 

De fait, le rythme de croissance est primordial. Mais que se passe-t-il à l'inverse quand la population diminue ? Et bien on assiste à une logique implacable. D'un point de vue strictement arithmétique si la croissance perdure malgré la baisse de la population alors la croissance par tête augmente. L'on pourrait ici dire que c'est formidable et tomber dans le piège malthusien consistant à dire qu'il suffit de faire décroître la population pour que le niveau de vie augmente, mais ce n'est pas si simple. En effet, la baisse de la population induit une baisse concomitante de la demande adressée aux entreprises. Keynes avait bien vu cette réalité . La baisse tendancielle de la population entraîne alors une baisse tout aussi tendancielle de l'investissement. Au final, le seul moyen de compenser est de maintenir une demande suffisante pour compenser la baisse de la population . À l'époque où Keynes avait réfléchi à cette question, il avait donné comme solution une hausse régulière des salaires. Car il concluait que plus une société tendait vers le déclin démographique plus elle devait être égalitaire sur le plan économique. En effet, les populations aux plus faibles revenus ont une propension à consommer plus élevée que les riches. Quand vous distribuez du revenu aux plus pauvres, ils consomment une plus grande part de ce nouveau revenu. Alors que les riches le thésauriseront. De sorte que plus la demande baisse à cause du déclin démographique plus il faut aplatir la pyramide des revenus.

 

L'on comprend ici pourquoi les classes sociales supérieures ont une grande peur du déclin démographique. Mais Keynes a sous-estimé la malveillante innovation à court terme des élites bourgeoises. Nous connaissons aujourd'hui deux pays qui sont en déclin démographique et non des moindres, il s'agit du Japon et de l'Allemagne. Et ces deux pays ont trouvé des astuces pour continuer à ignorer leur problème de fond tout en laissant les inégalités à des niveaux importants. L'Allemagne comme je l'ai déjà écrit plusieurs fois exporte son problème démographique avec ses excédents commerciaux. Elle compense son manque de demande intérieure par la destruction des économies voisines. L'euro est un moyen idéal pour cette fin. À cela s'ajoute également l'immigration pour compenser son déclin intérieur. Au Japon le choix est différent. Ce pays n'a pas de zone d'exportation sans défense comme la zone euro. Il a simplement laissé filée la dette publique pour compenser la demande intérieure en déclin. C'est un choix curieux et assez malsain parce qu'il ne résout en fait rien du tout et qu'il conduit à une forte inégalité interne. Le Japon est nettement plus inégalitaire que la plupart des pays européens. Cependant la pression exercée par le manque de main d’œuvre au Japon va peut-être naturellement pousser vers la solution keynésienne dans ce pays. Le Japon semblant s'interdire la solution migratoire. Les Japonais devront de toute manière un jour ou l'autre relancer leur natalité d'une manière ou d'une autre et sortir de la civilisation de l'épuisement.

 

Mais ces deux exemples montrent le danger que le déclin démographique peut produire. Si théoriquement ce déclin peut être une chance comme le montrait Keynes. Rien n'indique que les élites de notre civilisation adepte du court terme saisiront cette chance . À dire vrai il est même probable que ce soit le déclin démographique de l'occident qui a conduit les élites dans les années 70 à promouvoir un monde sans frontières. Car le capital a horreur du déclin démographique qui remet en cause sa domination. En face d'un changement du rapport de force salariés-patron, le globalisme a été une bouffée d'oxygène du capitalisme dans les années 1970-2010. Cependant la fête va bientôt se terminer, car la transition démographique est un phénomène mondial. S'il est parti d'occident il s'étend inexorablement sur toute la planète. De fait la grande question est que se passera-t-il quand, la civilisation de l'épuisement qu'est la nôtre aura fait tomber la natalité mondiale moyenne à moins de deux enfants par femme ? Où seront donc ces immigrés nécessaires à nos sociétés ? Le questionnement du renouvellement humain se posera alors comme se pose de plus en plus la question du renouvellement des ressources.

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 21:54

mm.pngS'il arrive à Emmanuel Todd de dire parfois des bêtises (Hollandisme révolutionnaire), surtout dans les médias plus rarement dans ses livres. Il lui arrive aussi de produire des réflexions extrêmement pertinentes. C'est souvent le cas lorsqu'il parle de l'Europe même s'il me semble que ses propos dépassent souvent sa pensée. C’est pour cela que les médias audiovisuels ne replaceront jamais l'écrit qui reste infiniment plus posé et réfléchit. L'une des obsessions toddienne de ces derniers mois est la fixation sur l'Allemagne dans le rôle de la dégradation des relations entre l'Europe et la Russie. Une dégradation qui finit par se traduire par un divorce pur et simple et par le fameux discours de Valdaï dont nous avons déjà parlé dans un texte précédent. J'invite les lecteurs si ce n'est déjà fait à relire ce discours de Vladimir Poutine qui reste l'un des discours politiques les plus intéressant et important faits par un dirigeant d'une grande puissance. On est très loin d'un Obama ou d'un Hollande cherchant à plaire aux médias et à la doxa dominante. Pour en revenir à cette question de l'Allemagne et de sa domination j'en reviens à une récente intervention d'Emmanuel Todd qui était opposé à l'européiste Jean-Louis Bourlanges. Et cette question de la domination allemande Todd l'a abordé rapidement . Ainsi il a dénigré la constatation faite par Hollande du déclin démographique de l'Allemagne en rappelant le fait que l'Allemagne ne se réduisait pas à son propre territoire. En quelque sorte Todd fait de l'Allemagne le cœur d'un nouvel empire qui ne dit pas son nom.

 

 

Cet empire qui prend la forme apparente d'un point de vue institutionnel de l'UE est en fait le vieux rêve germanique de l'empire de la Mittleeuropa dont on peut voir ci-dessous la carte. D'un point de vue économique la vision de Todd tient tout à fait puisqu'il est évident que la Pologne, l'Autriche, la Republique Tchèque font partie du système économique allemand. Le conflit ukrainien dans l'esprit Toddien n'est donc en fait que la guerre que se livre la puissance russe et l'Empire de la Mittleeuropa pour la domination de la population ukrainienne. En effet dans la thèse de Todd le but de l'Empire n'est pas le contrôle de ressources naturelles, il peut se les payer grâce à ses énormes excédents commerciaux. Son but est d'étendre son espace démographique dans des pays à faible niveau de vie, mais à haut niveau d'instruction pour produire toujours plus et moins cher. Cette logique s'inscrivant dans la logique mercantiliste de l'univers néolibéral dans lequel la consommation doit toujours venir d'ailleurs et pour lequel l'augmentation de la demande endogène est une hérésie. Structurellement le mercantilisme conduit au conflit puisque les pays qui le pratiquent font leur beurre sur le dos de leurs voisins en ne tirant leur croissance que des exportations. En remettant en cause la viabilité économique de leur voisin, ils finissent par produire des effondrements économiques qui remettent en cause leur propre prospérité . L'Europe est dans cette situation. L'Allemagne grâce à son influence industrielle et à la construction européenne et à l'euro a entraîné toute la mitteleuropa dans son délire d'exportation infini.

 

L'empire est puissant, mais son déclin sera rapide

 

Cette stratégie folle de course à la domination commerciale de l'Empire de la mitteleuropa est suicidaire pour les membres de cet empire. Il y a une chose étrange dans l'analyse que fait Todd de cette orientation géopolitique, c'est qu'il n'a pas remarqué une chose, qui pourtant devrait lui crever les yeux tant c'est évident. À mesure que l'Allemagne étant son influence, la démographie des pays qui viennent rejoindre la mitteleuropa s'effondre. Lorsque l'on regarde les pays de l'ancien bloc soviétique, on constate un effondrement démographique des pays dès qu'ils joignent la formidable Union européenne. Les pays baltes deviennent des déserts humains et il faut aller dans le bloc russe pour voir une véritable lutte contre le déclin démographique. L'Allemagne pompe littéralement les populations de l'Est pour compenser momentanément son propre déclin démographique, mais cette stratégie n'est pas durable puisque ces pays ont exactement le même problème de fécondité comme on peut le voir dans les statistiques ci-dessous.

fécondité europe


2010
Pologne 1,25
Allemagne 1,39
Autriche 1,41
Hongrie 1,32
Rep. Tchèque 1,21
Roumanie 1,3
Slovaquie 1,33
Slovénie 1,25
Estonie 1,44
Lettonie 1,27
Lituanie 1,27

Indice de fécondité, il est remonté à 1.7 en Russie à titre de comparaison

D'une part l'Allemagne utilise les pays de l'Est pour produire ses biens de consommation à moindre coût. D'un autre côté, elle pompe la population locale à travers l'immigration sa principale source étant la Pologne. Mais comme on le voie, la faiblesse de la natalité locale va rapidement mettre un terme à cette situation. C'est ce qui explique pour Todd la visée à court terme expansionniste de l'Allemagne qui cherche à absorber l'Ukraine qui pèse encore plus que la Pologne avec 45 millions d'habitants. Mais l'Ukraine est également touchée par la faible fécondité avec 1,51 enfant par femme. Et la situation politique actuelle ne va pas améliorer les choses. La Pologne va commencer à sentir les effets de l'effondrement démographique, en effet la fécondité polonaise est passée sous les deux enfants par femme vers 1992, mais il en va de même pour l'Ukraine dont la natalité est passée sous le seuil de reproduction à la même époque. L'expansion de l'Empire de la mittleeuropa va donc toucher rapidement un terme puisque sa propre expansion épuise les peuples qu'il conquière. Le modèle toddien a ceci de convaincant qu'il explique en grande partie le comportement de l'Allemagne à la fois intégratrice de l'Europe de l'Est et belliqueuse vis-à-vis de la Russie. Car si la Russie est un fournisseur de matière première essentiel pour son empire, elle est aussi un adversaire sur le plan de la domination de l'Europe centrale.

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Cependant comme nous le voyons la stratégie allemande est une stratégie à très court terme qui ne résout absolument pas son déclin démographique. Nous le savons bien en France, l’immigration ne change pas le destin démographique d'un pays. Il faut avant tout relancer la natalité locale. Or le modèle allemand qui vise uniquement à chercher des débouchés ailleurs rentre en contradiction avec cet objectif. En effet pour que les Allemands fassent des enfants encore faudrait-il les y encourager ce qui nécessite des politiques familiales onéreuses. Politiques familiales qui nuiraient à la stratégie exportatrice de l'Allemagne en augmentant le coût du travail local. L'obsession allemande de l'exportation qui est le fruit de la domination d'une vision inégalitaire de la société va de pair avec le déclin démographique non seulement de l'Allemagne, mais de toute l'Europe de l'Est. Et peut-être demain de toute l'Europe à l'exception notable de la Russie. Mais il faut bien dire que ce modèle autodestructeur n'est accepté que parce qu'il n'y a pas d'autres modèles de société offerte au pays de l'Est. C'est dans ce sens que l'autodissolution de la France dans l'UE est une catastrophe. En effet en sortant de l'UE et de l'euro, en abandonnant le modèle mercantiliste en faisant à nouveau de la demande intérieure le moteur de notre croissance nous pourrions montrer qu'une autre voie est possible.

 

Il est tout de même incroyable que l'Europe ait transformé la force démographique que lui octroyait l'adjonction des anciens pays de l'Est à son marché en une force d'autodestruction macro-économique. La concurrence à la baisse salariale et fiscale a été démultipliée par l'arrivée des pays de l'Est qui ont cru qu'il s'agissait d'une chance pour eux. Or comme nous le voyons, cela a en réalité gravement hypothéqué leur avenir. Rappelons ensuite qu'à l'heure actuelle ce n'est pas de plus grande production dont l'Allemagne a besoin, mais de débouché. Or sa stratégie a tué la demande du reste de l'UE. On remarquera également que ce qui est arrivé à l'Allemagne de l'Est après la réunification n'a fait que préfigurer ce qui arrive aujourd'hui à l'Europe de l'Est. Celle-ci va devenir un désert humain si on laisse ainsi l'Union européenne.

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Evolution de la population en Europe de l'Est  en milliers d'habitants (1990-2010)

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 22:27

 

Alfred_Sauvy_-1983-_by_Erling_Mandelmann_-_2.jpgLes socialistes néolibéraux sont passés maîtres dans l'usage des bons sentiments pour réaliser les œuvres les plus basses en toute discrétion au nom de la « morale ». La réforme des allocations familiales en est une nouvelle preuve. En effet comme il est à l'accoutumée de le faire chez les gauchistes, l'on présente une déconstruction libérale comme une réforme socialement juste. Ainsi, faire des familles de la classe moyenne-aisée des gens qui profitent du système familial trop généreux, permet en fait de faire avaler la pilule d'un recule des prestations sociales. Au passage l'on divise la société entre les différentes couches sociales productives et l'on oublie comme d'habitude de taper sur les rentes des 5 % d'en haut. N'en doutez pas, il ne s'agit là que du premier pas vers la déconstruction générale du système de prestation familiale. En effet l'on est toujours le plus injustement favorisé d'un système. Bientôt les revenues à 4000€ seront trop fort pour avoir des prestations, puis ceux à 3000€, puis les smicards. Et dans quelques années l'on se sera habitué à ne réserver les aides qu'aux plus miséreux, quand, alors, un poujadiste du cru UMP voudra en finir avec les prestations sociales qui seront alors présentées comme une prime de poule pondeuse pour pauvres et immigré, oubliant qu'il n'y a pas si longtemps tout le monde en bénéficiait quel que soit son niveau de revenu. C'est ainsi que progresse le néolibéralisme par petit pas. C'est la méthode de la grenouille qui s'ébouillante parce que la température monte progressivement ce qui l'empêche de réagir à temps.

 

Tout ceci se fait évidemment au nom de la lutte contre la dette parce qu'économiser 700millions d'euros va certainement nous permettre d'effacer la dette accumuler au nom de la privatisation de l'instrument monétaire de ces quarante dernières années. Rappelons quand même comme le fait régulièrement André Jacques Holbecq que la dette actuelle n'est pas le fruit de la gabegie de l'état, mais bien le produit naturel des intérêts composés. Une dette qui n'existerait pas si l'état ne s'était pas infligé l'obligation d'emprunt sur les marchés financiers en 1973 en lieu et place du crédit public classique que nous avions pourtant pratiqué durant toute la période d'après-guerre sans grand problème. Je rappellerai également que l'inflation a décollé après et non avant le début de ces politiques. Elle ne fut donc pas vraiment mise en place en réponse à l'inflation, mais bien par idéologie. On peut remercier Giscard pour son succès. Il est probablement l'homme qui a le plus œuvré pour la destruction de la nation française par ses politiques.

 

 

Une politique familiale n'est pas une politique de redistribution

 

Il faut également rappeler que la politique familiale en France est une vieille affaire. Et pour cause. La France connaît un malthusianisme délirant depuis la révolution. Le pays n'a pas connu l’expansion démographique durant le 19e et c'était un pays qui vieillissait fortement au point que beaucoup ont attribué l'affaiblissement du pays face à l'Allemagne au déclin démographique. Il suffit de regarder la croissance comparative des nations européennes entre le 19e et le 20e siècle pour s’apercevoir de la divergence. Le déclin de la France depuis la révolution n'est pas un déclin scientifique culturel ou intellectuel, il est surtout démographique.

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           Evolution comparative de la démographie française, anglaise et allemande (100 = année1800) (source wikipedia)

 

Face à cette réalité, le pays a réfléchi et a produit tout un tas de politiques visant à dynamiser sa démographie pour endiguer le déclin. Il va d'ailleurs falloir que les autres nations du monde se penchent sur l'histoire démographique de la Grande nation parce que vraisemblablement la France n'a fait que préfigurer une évolution aujourd'hui planétaire. C'est ainsi qu'est née en 1946 l'INED sous l'impulsion du Général de Gaulle avec comme précieux penseur et intellectuel à sa tête le célèbre Alfred Sauvy. Avant cela le gouvernement Vichy avait déjà créé une institution visant à relancer la natalité. Preuve de l'intelligence des dirigeants de l'époque, le bébé ne fut ne pas évacué avec l'eau du bain, sous la pression de la vengeance post-occupation. Les dirigeants de l'Ined vont croiser les compétences pour trouver des solutions originales pour relancer la natalité.

 

L'un des principes fondamentaux de la tactique d'Alfred Sauvy était de s'attaquer au cout de l'enfantement. Parce que le démographe avait remarqué grâce aux observations que si l'on ne peut pousser les gens à avoir des enfants l'on peut par contre faire en sorte que tous les obstacles pratiques et économiques pour en avoir soient minimes. Ainsi la principale raison du non-enfantement tient au changement de statut social du couple. Avoir un enfant signifie en quelque sorte changer ses habitudes de vie pour cause de contrainte économique. C'est sortir en partie de son milieu social. De cette constatation est née l'allocation familiale sans condition de ressource. Car le but n'était pas la redistribution des richesses, mais le non-découragement des naissances. En réduisant l'impact de l'arrivée d'un enfant, les familles ne changeaient pas leurs habitudes sociales. La redistribution des richesses passant par l'impôt, celle-ci n'était pas vue comme un frein à l'enfantement. Cette politique s'accompagnait de la gratuité scolaire et du soutien sous toutes ses formes des familles. Mais la déconstruction de la politique familiale si réussie puisque la France pour la première fois depuis plus d'un siècle avait enfin relancé sa natalité fut rapidement déconstruite. La période de la plus grande régression fut celle de Giscard qui accompagna la déconstruction de la politique familiale de celle du regroupement familial des étrangers. C'est une drôle de conception de l'intérêt national que celle qui consiste à s'inquiéter du sort des étrangers, pendant que l'on déconstruit en même temps le soutien aux familles françaises. De fait la déconstruction actuelle n'est que la continuation de la destruction de cette œuvre géniale qu'était la politique familiale française et qui avait pour la première fois permise à la France d'inverse son funeste destin.

 

L'on remarquera ensuite que cette politique familiale intelligente a produit une démographie équilibrée. En effet contrairement à des pays comme les USA ou la Grande-Bretagne les pauvres ne font pas plus d'enfants que les classes moyennes et aisées. La politique familiale n'étant pas fixée sur les plus pauvres tout le monde fait les enfants qu'il souhaite.

 

La réduction des aides familiale contribue à la contraction de la demande

 

À cette question centrale de la politique démographique s'ajoute par ailleurs la question du timing économique. Est-ce vraiment intelligent de réduire encore la consommation des ménages au moment même où la déflation et la récession nous guettent ? Poser la question c'est déjà y répondre. Non seulement le gouvernement socialo-libéral s'acharne à détruire le maigre avantage de la France qui est sa moins mauvaise natalité. Mais en plus sa politique va accroître encore la baisse de la demande et donc in fine accroitre le taux de chômage et la récession. On ne saurait mieux décrire ce type que de politique autrement qu'en la qualifiant de « débile ».

 

D'autant plus que si l'on se fit aux derniers chiffres la natalité française est déjà en baisse comme dans tous les pays occidentaux touchés par la crise. Le pays avait résisté jusqu'à présent, mais le coup de boutoir que vient de donner le gouvernement va très certainement accélérer notre déclin. On remarquera que peut-être les élites françaises qui fantasment sur l'imitation de l'Allemagne se sont dit que s'il était impossible de s'aligner économiquement sur ce pays il nous serait au moins possible de le faire sur le plan démographique. Auquel cas la politique débile du gouvernement prend du sens. S'il y a bien une période où il faut soutenir les familles, ce sont les périodes de récession. Les familles sont au cœur du pays, c'est elles qui permettent à la nation d'exister puisque ce sont elles qui reproduisent la société. La négligence avec laquelle nos pays traitent la démographie et la natalité en dit long sur degré de décadence et sur leur faible vision à long terme.

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Published by Yann - dans démographie
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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 23:09

 La crise économique que nous traversons n'a pas que des répercussions purement économiques. La révolution de la maîtrise de la fécondité des années 60 n'a pas eu comme seule conséquence la baisse tendancielle de la natalité dans les pays les plus avancés. Elle a aussi lié la fécondité des nations à des phénomènes autrefois découplées d'elle. En un sens pour la première fois dans l'histoire les crises et la vision du futur de la population ont une incidence directe sur la dynamique démographique des peuples. Il s'agit là d'un phénomène qui n'existait pas dans les années 30. Un phénomène qui aggrave d'ailleurs les effets de la crise à long terme puisque celle-ci entraîne maintenant la natalité à la baisse. Nous commençons seulement à concevoir que le contrôle des naissances n'a pas que des avantages pour les sociétés, mais aussi de nombreux inconvénients. Car avec la « maîtrise » vient aussi la responsabilité, nous savons bien en France à quel point une basse fécondité peut hypothéquer l'avenir pour longtemps.

 

La natalité US chute

 

Dans le graphique suivant, on voit très bien la corrélation qu'il y a entre la crise économique et la baisse de la fécondité. On pourrait d'ailleurs rajouter, que le chômage de masse trentenaire des pays ouest-européens, n'est pas pour rien dans la faible fécondité de ces pays. Même si l'économie n'explique pas tout. Il est clair qu'un fort chômage, couplé avec un pessimisme général, et à une facilité d'usage des techniques de contrôle de la fécondité, favorise la faible natalité. Le plus grave c'est que cette crise casse une petite remontée que l'on pouvait voir se profiler en Europe. Même l'Espagne avant la crise voyait sa natalité légèrement remonter. Mais si l'impact de la crise se fait déjà sentir sur la fécondité européenne, celle-ci étant déjà faible. La chute n'est pas aussi prononcée que dans les pays où la natalité était en apparence plus raisonnable.

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 Graphique provenant de la revue population et société n°498 de l'INED. 

 

L'on voit très bien sur les données du graphique de l'INED que c'est aux USA et en Islande que la fécondité a le plus baissé. Le cas de l'Islande est tout à fait représentatif des effets démographiques de la crise puisque s'il y a bien un pays qui a connu des déboires c'est bien celui-ci. On ne parlera pas ici des méthodes de sortie de crise de la société islandaise. Des méthodes qui n'ont malheureusement pas inspiré le continent. Elles étaient trop démocratiques et égalitaires sans doute. Mais il se trouve qu'avant la crise l'Islande connaissait une bonne hausse de la natalité qui avait même dépassé le seuil de reproduction avec 2,2 enfants par femme. Oui vous avez bien lu. L'Islande était un pays européen qui arrivait à avoir une natalité soutenable à long terme. Malheureusement, la crise a cassé cette ascension commencée dès le début des années 2000. Elle montre en tout cas qu'il est tout à fait possible pour un pays européen et développé de connaître une natalité normale. Nous ne sommes pas condamnées à la disparition démographique et à l'immigration de remplacement. En tout cas, nous ne le serions pas si nos politiques économiques n'étaient pas aussi folles.

 Evolution natalité US

 

 

Si le cas de l'Islande ou même de l'Irlande représente bien cette liaison entre économie et natalité, le cas des USA est plus discutable. À première vue pourtant ce pays subit un ralentissement de la natalité en corrélation avec la crise. C'est d'ailleurs cette baisse fait paniquer le New York Times dans un article récent paru à ce sujet. Les USA sont en effet extrêmement soucieux de leur croissance démographique. L'expansion démographique soutenant leurs visées expansionnistes sous-jacentes dans l'idéologie de leur "destinée manifeste". Il se trouve cependant que si la baisse de la fécondité américaine est bien corrélée en apparence à la crise ce n'est pas toute la population américaine qui est concernée. Comme vous pouvez le constater sur les graphiques qui suivent, c'est en fait surtout la natalité des Hispaniques qui s'aligne sur les pratiques en vigueur aux USA à l'occasion de la crise économique. Il est d'ailleurs bon de noter que si les USA ont souvent été montrés en exemple en matière de démographie et de dynamisme, le fait est qu'il devait l'essentiel de ce dynamisme à leur source locale d'immigration. Il était en effet étrange de voir des nations comme la Grande-Bretagne l'Australie ou le Canada avoir des taux de fécondité de l'ordre de 1,7 à 1,8 enfant par femme alors même que les USA dépassaient les 2 enfants par femme. Étant donné la proximité des structures familiales, historiques et économiques entre ces pays. Quelque chose ne collait pas. En fait, les WSAP avaient la même fécondité que leurs cousins d'outre-mer ou du Canada. C'est le fait migratoire sud-américain et principalement mexicain qui donnait cette impression de dynamisme.

 

 fécondité racial aux USA

La baisse de la part des naissances hispaniques indique une très forte baisse des naissances dans cette population. C'est de là que vient principalement la baisse générale de la fécondité US. Source : CDC

 

Mais c'est terminé, les latinos semblent enfin aligner leur fécondité sur celle des locaux. C'est d'ailleurs sur la baisse des fécondités des teenagers que l'on voit cet alignement des mœurs démographiques. Elle reste encore plus élevée que celle des blancs et des Asiatiques, mais l'évolution est tout de même spectaculaire en l'espace de 20 ans puisque ces naissances sont plus que divisées par deux. On peut finalement y voir le signe de l'intégration des Hispaniques quoique le Mexique a lui-même évolué en ce sens. Comme nous l'avions vu lors d'une analyse de la société américaine, la concentration hispanique dans certaines régions du sud est telle qu'imaginer une intégration est proprement ridicule. Cependant, il semble que sur le plan de la natalité la crise ait réussi une uniformisation du comportement démographique. Donc si la natalité a effectivement baissé aux USA cela concerne surtout les populations dont la fécondité était encore à un haut niveau avant la crise. Des populations n'ayant pas encore tout à fait passé la transition démographique. On peut ici supposer que cette population étant encore relativement jeune par rapport au reste de la population du pays elle peut plus facilement retarder l'âge de la première ou de la deuxième naissance. Un peu à l'image de ce qui s'est passé en Europe ou aux USA dans les années 70. Les blancs eux ont une fécondité plus basse, mais aussi plus tardive. Il arrive un moment ou l'on ne peut plus reculer l'âge de procréation, surtout si l'on est une femme. La plus grande résistance de la fécondité de ces populations tient probablement à cette réalité triviale.

 

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 La baisse de la natalité précoce chez  les hispaniques indique peut-être un mouvement réel d'intégration. 

 

L'étrange résistance démographique française

 

C'est peut-être d'ailleurs ce qui explique en partie du moins l'étrange résistance de la démographie française. Comme l'indique le premier graphique de cette analyse, la fécondité française semble mieux résister à la crise que celle des autres pays. La première explication qui vient est celle d'une crise pour l'instant moins grave dans ses conséquences pour la population de notre pays. Il est vrai que les conséquences de la crise en France ne font que commencer à arriver. Et que l'on ne verra vraiment si le pays résiste que lorsque les effets catastrophiques des politiques socialo-libérale feront doubler le chômage et chuter les salaires. On pourrait aussi citer l'état providence qui tant bien que mal amortit encore pour un temps les effets de la crise sur la fécondité. Il reste cependant clair que la reprise de la natalité que nous connaissons depuis l'an 2000 commence à s’essouffler alors que nous sommes encore assez éloignés du seuil de reproduction. C'est d'autant plus vrai d'ailleurs si l'on exclut la fécondité des populations d'origine étrangère en France.

 

L'arrivée des méthodes moderne de contrôle des naissances ont eu un effet dévastateur sur la démographie des pays occidentaux. Que l'on s'en réjouisse ou non, le fait est que l'on est passé d'une fécondité comme œuvre du hasard à une fécondité entièrement dicté par la contrainte de l'anticipation sur le futur. D'ailleurs, un coup d’œil rapide sur l'évolution de la fécondité française en dit plus qu'un long discours sur ce sujet. Avant l'introduction de la pilule dans les années 60, la natalité variait plutôt au grès des grands événements historiques. On pense évidemment à l'effroyable boucherie de 1914 et de la Seconde Guerre mondiale. Depuis l'effondrement des années pilules 1960-1970 la fécondité est plus liée à la situation économique. On voit d'ailleurs le court effet des plans de relance de 1981 puisque la natalité fait alors un bond qui a duré aussi longtemps que la politique pseudo-keynésienne du parti socialiste. On remarque également que la légère amélioration de la situation économique à la fin des années90 a également eu un effet positif sur les naissances. Cette simple analyse peut nous faire dire sans trop d'exagération que la relance de la natalité passe donc en grande partie d'une relance économique et d'un retour à l'espoir pour les millions de français qui sont anxieux lorsqu'ils pensent à l'avenir.

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Evolution à long terme de la fécondité française INED

 

 

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24 septembre 2011 6 24 /09 /septembre /2011 22:35

famille.jpegOn ne parle plus que de lui. Notre démographe national, grand défenseur des thèses protectionnistes et pamphlétaire talentueux aux formules acerbes vient donc de sortir le livre de sa vie. Un livre qui résume la somme de travail colossale sur ses recherches concernant l'évolution des structures familiales et leur influence sur le comportement collectif des sociétés. Le livre vient de sortir et je n'ai pas encore le temps de le lire faute de temps, un temps qui d'ailleurs me manque pour écrire sur le blog comme vous avez dû le remarquer. J'espère pouvoir tout de même retrouver un rythme plus régulier au mois d'octobre. Pour en revenir à Todd il a donné plusieurs interviews sur son livre, dont une, sur France Info qui résume rapidement les propos du livre. On peut également visionner une conférence qu'il a donné au Japon cet été, et qui présente plus longuement ses travaux, même si l'écoute est assez pénible à cause de la nécessité de traduction en direct.

 

 

 

 

 Je suis les travaux de Todd depuis assez longtemps cependant pour savoir à peu près à quoi m'attendre dans ce nouveau livre. La grosse nouveauté est cependant celle annoncée par le maître lui-même. Il s'agit du fait que la structure familiale nucléaire de type ouest-européen serait en fait le système familial primordial, celui qui a précédé les structures familiales plus complexes du cœur de l'Eurasie.  Alors que l'on a plutôt l'habitude de penser que les structures familiales complexes, celles qui nécessitent des règles tacites de fonctionnement et qui lient tous les membres de la famille d'après un code, comme étant plus anciennes. Et bien d'après les travaux de Todd il n'en est rien. Les structures de familles complexes sont arrivées plus tard et leurs pratiques se sont diffusées à partir des cœurs les plus anciens de la civilisation la Mésopotamie et la Chine, pour se diffuser pratiquement à l'ensemble de l'Eurasie. Les pratiques familiales complexes se sont donc diffusées petit à petit comme l'ont fait les techniques, les langues, les idées, les religions, ou l'écriture. Elles ont ensuite remplacé une organisation plus primitive et plus ancienne, celle de la famille nucléaire. Une famille réduite au père à la mère et aux enfants.

 

 

Cette vision de la séquence de transmission des structures familiales conduit donc Todd à considérer l'Europe, qui est l'extrême ouest de l'Eurasie, comme étant le lieu où l'ancienne structure familiale a pu survivre grâce au relatif retard de la région dans l'antiquité et à son éloignement des points d'origine des premières grandes civilisations. Car pour Todd ces structures familiales complexes sont des « progrès » qui ont en réalité de gros inconvénients à l'échelle des collectivités nationales. Les structures familiales complexes protègent les individus des hasards de la vie bien mieux que les familles de type nucléaire cependant elles ont tendance ainsi à déresponsabiliser l'individu et à l'infantiliser. On retrouve étrangement ici chez Todd des arguments typiquement libéraux concernant les effets des liens collectifs vis-à-vis des comportements individuels. Penser que les liens familiaux rendent nécessairement irresponsable lorsqu'ils sont très importants à quelque chose d'étrange. Même si l'on peut convenir que des individus dont l'avenir semble tracé dès la naissance n'auront probablement pas à faire preuve d'une grande capacité d'autonomie. Todd emploie ces mots d'infantilisation notamment à l'encontre des hommes dans la structure familiale patrilinéaire qui constitue l'archétype des familles du centre de l'Eurasie. On peut aussi rajouter que ces structures familiales, lorsqu'elles abaissent le statut de la femme, nuisent au niveau d'instruction général de la société. En effet, on le sait depuis longtemps, c'est la femme qui joue un rôle central dans le niveau d'instruction des enfants. Une femme avec un niveau d'instruction faible aura tendance à ne pas produire une éducation d'un niveau élevé pour sa progéniture. De fait, un faible niveau d'instruction chez les femmes peut paralyser le niveau d'instruction général de la société.

 

 

Il n'en faut pas plus à Emmanuel Todd pour conclure que les systèmes familiaux trop complexes et antiindividualistes sont de puissants freins au développement de l'instruction et donc in fine au développement technique et scientifique qu'une société peut atteindre. Ainsi pour Todd la stagnation qui s'est produite autour de la Mésopotamie ou en Chine est le fruit des structures familiales locales qui se sont développées après le début de ces civilisations et qui ont petit à petit endormi ces sociétés. On est ici bien loin des explications habituelles certaines présentant le fruit de la stagnation du monde arabe par exemple comme étant le fruit de l'idéologie islamique peu portée à l'instruction et au changement. On peut parler des théories basées sur les contraintes géographiques et les changements écologiques ou encore des théories comme celles de Jared Diamond qui mettent en premier l'effet de concentration des pouvoirs comme moteur de la stagnation. Jared Diamond, biologiste de formation et enseignant de géographie qui a introduit dans l'analyse de l'histoire des sociétés les principes darwiniens de l'évolution pour atteindre une vision extrêmement intéressante. La multiplicité des civilisations et des peuples sur un territoire pouvant mieux résister au temps que les blocs monoculturels. À ce stade de la réflexion, et n'ayant pas encore lu cette œuvre monumentale de Todd, je dois admettre mon scepticisme concernant l'hypothèse todienne. Car si les structures familiales peuvent sans doute entrer en compte dans l'orientation générale d'une société, on ne peut pas non plus réduire l'histoire humaine uniquement à cette donnée. On peut d'ailleurs ici se demander si Todd ne finit pas par devenir le miroir de ses ennemis économistes qui résument l'histoire humaine à la seule dimension économique. Todd lui la réduirait à la seule question des structures familiales.

 

 

 

L'avance historique de l'Europe, une simple affaire de structure familliale?  

 

 

On pourrait cependant faire fusionner les visions d'un Todd avec celle d'un Jared Diamond. Et pour cela parler par exemple de l'Europe comme terrain d'application. Pour Todd si l'Europe a continué d'avancer pendant que le reste de l'Ancien Monde civilisé pourtant largement en avance, c'est essentiellement parce que les peuples d'Europe n'ont importé du reste du monde que les pratiques , les techniques, les idées et la religion tout en laissant de côté les structures familiales. De fait, l'Europe de l'Ouest aurait gardé les structures primitives de la famille nucléaire tout en acquérant l'écriture et les techniques des autres civilisations. Comme la famille nucléaire est plus libérale et laisse aux individus une plus grande marge de manœuvre dans leur vie et leur choix personnel, cette liberté aurait permis aux sociétés européennes d'avancer pendant que les sociétés à structure famille moins libre se mirent à stagner. Première remarque, le développement européen au tout début s'est fait essentiellement par la domination de Rome et par l'influence gigantesque de la civilisation grecque. Or ces deux civilisations n'étaient pas connues pour avoir un statut de la femme très élevé. Athènes n'était pas un parangon de vertu féministe que je sache, on dit pourtant que les Athéniens ont tout inventé de la philosophie, aux mathématiques, en passant par le théâtre. On peut évidemment dire que les Grecques ont bénéficié de l'influence de la Mésopotamie dans leur développement et c'est certain, mais ils ont tout de même ajouté une bien belle œuvre au patrimoine humain. Cela tout en étant une société à structure patriarcale et avec comme caractéristique d'avoir une société extrêmement ethnocentrique à famille souche. Todd en avait d'ailleurs parlé dans Après l'Empire lorsqu'il cherchait des correspondances entre l'empire américain et les empires de l'antiquité. On peut donc avoir une société en progrès tout en ayant une société fortement patriarcale avec des structures familiales non nucléaires. Mais peut-être est-ce une affaire de plus longue période historique. Ensuite il est encore une fois curieux de voir dans l'argumentation de Todd l'un des socles de la pensée libérale à savoir que seule la liberté individuelle permet le progrès. Nous avons pourtant sous les yeux les effets de la libération totale des individus sur la société dans son ensemble. Qu'il faille une certaine liberté pour innover certainement cependant une trop grande liberté individuelle et la société devient non viable. On notera également que le travail collectif a joué souvent un grand rôle dans les découvertes scientifiques et qu'il nécessite d'autres qualités que l'individualisme et l'égotisme.

 

 

 

diamondQuoi qu'il en soit pour Todd c'est le fait que la famille nucléaire ait survécu en Europe qui a permis au continent de continuer à bouger sans tomber dans la stagnation technique. Chez Jared Diamond par contre, c'est la richesse des sociétés européennes, le fait qu'il y ait une grande variété de cultures, de langues et de pays différents qui ont permis au continent de continuer à avancer. En fait en suivant la vision de Jared Diamond, on pourrait dire que l'Europe a presque eu la chance de voir l'Empire romain s'effondrer. Si ce dernier avait survécu, l'Europe aurait somnolé comme l'Asie avec la Chine en son centre et nous en serions encore à vivre essentiellement d'une économie agraire en pensant que la terre est au centre de l'univers. C'est la compétition évolutionniste entre les peuples, les cultures, les nations qui a constitué l'essence même du développement européen. La diversité a garanti au continent la survie même en cas d'erreur d'une des sociétés participant à la compétition. Car lorsqu'un peuple se trompait de direction les autres continuaient à avancer, les plus faibles finissant par imiter les plus forts et ainsi de suite. La séparation des pouvoirs entre plusieurs entités et le fait que nulle nation ne pouvait à elle seule dominer le continent ont permis à l'Europe de continuer à évoluer. Il faut dire aussi que la géographie continentale se prêtait bien à cette séparation physique entre différentes entités. Il ne faut jamais oublier l'importance de la géographie dans la construction de frontières. Pour Diamond c'est donc cette émulation entre les peuples disparates d'Europe qui a permis cette longue avance technique et historique du continent européen.

 

 

 

On pourrait croire à première vue que ces deux visions sont opposées ou qu'elles ne sont pas compatibles. Pourtant à bien y réfléchir les thèses todiennes pourraient au contraire fortifier l'hypothèse de Jared Diamond. Todd nous dit en effet que les structures nucléaires ont survécu dans l'ouest Europe, pour faire court la France, la GB et l'Espagne. Mais on sait aussi que le continent européen a des peuples qui ont toutes les structures familiales de la planète. On retrouve des familles souches en France, en Allemagne, en Écosse. Des familles de type communautaire en Europe de l'Est en Russie, mais aussi dans le centre de l'Italie. En fait, le continent européen est la région du monde où il y a probablement la plus grande diversité de structure familiale au m². On pourrait donc compléter l'hypothèse de Todd ainsi. Ce n'est pas la famille nucléaire seule qui est à l'origine du maintien du progrès technique en Europe, mais la concurrence entre de multiples peuples aux structures familiales diverses vivant sur un territoire exigu et nécessitant à cause de cela une coexistence frontalière relativement équilibrée. Car il existe d'autres lieux dans le monde où la famille nucléaire existe et les exemples donnés par Todd ne montrent pas des peuples particulièrement avancés. Ce n'est donc pas tant le caractère libéral des peuples d'Europe de l'Ouest qui a fait avancer le continent que la confrontation permanente de structures familiales divergentes.

 

 

Mais allons plus loin. Ce n'est pas la nature des structures familiales complexes qui a paralysé l'Ancien Monde mésopotamien ou la Chine. C'est le fait qu'une structure familiale est devenue dominante et a détruit la diversité locale emportant du même coup les bienfaits de la diversité des modes de penser et d'organisation. De cette petite réflexion peut naître une grande inquiétude. Quel est l'avenir du monde si toute l'humanité développe une structure familiale du type nucléaire? Y aura-t-il encore du progrès lorsque nous serons tous américains ou français comme l'anticipe Todd?

 

 

 

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19 août 2011 5 19 /08 /août /2011 22:36

surpopulation2.jpgNos médias n'ont pas manqué de faire figurer à leur une le chiffre de 7 milliards d'êtres humains sur terre. La dernière étude de l'INED semble avoir marqué nos grandes âmes qui s'inquiètent de la future surpopulation humaine que l'on nous annonce comme la fin du monde depuis la fameuse prise de conscience produite par le rapport Meadows, on parle aussi du club de Rome. Un rapport qui date de 1970 et qui révèle en réalité toute l'humilité que les experts devraient avoir lorsqu'il s'agit de traiter de l'avenir. Car en réalité la démographie humaine a ralenti bien plus rapidement que ne le prévoyait ce club dont on ne connait pas vraiment les objectifs, mais qui avait apparemment à cœur de ressortir ce pauvre Malthus de la naphtaline. Quoi qu'il en soit depuis cette pseudo-prise de conscience on entend toujours les médias s'inquiéter de l'augmentation du nombre d'habitants sur terre. Un raisonnement étrange en réalité tant les évolutions démographiques sont disparates suivant les lieux. Cette inquiétude démographique est étrange également dans le sens où ce sont les mêmes médias qui s'empressent expressément de trouver normal l'immigration de masse. Une immigration vendue officiellement pour pallier au manque de main-d'œuvre en Europe. Une baisse qui résulte pourtant d'une baisse de la natalité et du nombre d'habitants prôné lorsque les médias parlent à l'échelle planétaire. Mais il est vrai que les médias et la cohérence sont presque un oxymore. Il est vrai aussi que malheureusement les questions démographiques sont en générale aussi bien traitées que ne le sont les questions économiques, c'est à dire rapidement et avec un amoncellement d'idées reçues.  

 

 

L'affaire médiatique des 7 milliards d'habitants a éclaté avec cet article de l'INED, un article tout à fait classique sur cette question, un tableau avec des chiffres. Le plus drôle ce sont les réactions des journalistes sur ces chiffres, ou plutôt leurs obsessions sur certaines questions. Ainsi le Figaro s'inquiète-t-il de la démographie africaine. Et pour faire peur à tout le monde nous, donne le chiffre de 7 enfants par femme au Niger. Ce qui est drôle c'est qu'en allant visiter quelques sites à la moralité républicaine discutable, mes lecteurs comprendront lesquels, on voit rapidement des commentaires sur le Nigéria à 7 enfants par femme. Alors le Niger est un pays qui ne fait que 15 millions d'habitants, tandis que le Nigéria fait lui 150 millions d'habitants. Le poids démographique n'étant pas le même l'impact est très différent sur les lecteurs inattentifs, car on voit ici ressortir les peurs d'invasion sous-jacentes à certains propos. Je soupçonne d'ailleurs les médias d'alimenter ces peurs, pour faire monter l'audimat. On voit d'ailleurs des commentaires disant en gros avec la même délicatesse que l'ancien présentateur de France2 Pascal Sevran que "les noirs font décidément trop de gosses". Évidemment, rien dans les propos tenus dans nos médias de plus en plus réducteurs ne souligne qu'en réalité la natalité baisse, y compris en Afrique. Qu'un pays comme l'Afrique du Sud est déjà en dessous du seuil de reproduction, et que la natalité baisse depuis longtemps là-bas. Il n'y a guère de réflexion sur le fait que la transition démographique ce n’est avant tout qu'une baisse de la mortalité infantile plus rapide que la baisse de la natalité, en aucun cas un phénomène de hausse de la natalité. À la fin, nous le savons par expérience, les deux courbes de natalité et de mortalité se rejoignent. Il se trouve même que malheureusement l'histoire récente montre que rares sont les pays à avoir une natalité suffisante pour renouveler les générations, une fois la transition passée. Mais de cela les médias ne parlent pas. Il ne faudrait quand même pas contredire l'idée que demain nous serons 10 milliards, ce dont je doute fortement vu à la vitesse à laquelle la fécondité mondiale descend. En Europe la peur des invasions arabes notamment atteint aujourd'hui son paroxysme essentiellement à cause de la fécondité des pays du sud de la méditerranée. Une fécondité qui était encore assez élevée il y a 20ans. Sauf qu'aujourd'hui la natalité de la plupart de  ces pays rejoint les nôtres. Mais est-ce que l'on entend les médias parler souvent du fait que l'Algérie actuelle a un taux de fécondité inférieur à la France par exemple? Il semble que l'on veut faire croire que la transition démographique serait un truc de blanc, alors qu'il n'en est rien. C’est en Asie de l'Est , par exemple, que l'on trouve aujourd'hui la fécondité la plus basse du monde. 

 

Ne pas confondre surpeuplement et croissance trop rapide

 

Au-delà des étranges obsessions médiatiques et des oublis constants qui font croire que l'occident est une citadelle condamnée à être assiégée, alors qu'en réalité la planète vieillit et qu'elle va voir sa population baisser rapidement au milieu de ce siècle, il y a aussi une confusion entre la question du surpeuplement et celle de la vitesse de croissance démographique. Pour en revenir à l'Afrique ce continent est largement sous-peuplé, à titre de comparaison la densité d'habitant en Afrique est de 14 habitants au km², en France nous sommes à 105 h/km², en Allemagne ils sont à 230 h/km², et au Japon ils sont à 337 h/km². Et contrairement aux idées reçues, on n’étouffe pas au Japon, au contraire on y trouve de très belles forêts et un environnement tout à fait écologique (sauf peut-être autour de Fukushima ).  Donc l'idée que l'on se fait de la surpopulation est très déformée par l'esprit malthusien, aujourd'hui trop répandu, qui sous-estime grandement les capacités d'adaptation des agricultures et des façons de faire humaines. Il y a véritablement surpeuplement lorsque le nombre d'habitants est tel que l'agriculture locale est incapable de nourrir la population même en utilisant toutes les terres agricoles et toutes les capacités techniques disponibles pour répondre à ces besoins. Même la densité de population n'est pas un instrument suffisant pour réellement mesurer ou pas si une région est véritablement surpeuplée. Qui plus est un changement de méthodologie agricole peut très bien changer la donne et transformer une terre surpeuplée en terre sous-peuplée. Autrefois, l'humanité qui vivait uniquement de chasse et de cueillette ne pouvait en aucun cas dépasser les 50 millions d'habitants sur terre. Et puis il y eut la découverte de l'agriculture et la population explosa. Nous ne sommes jamais retombés à 50 millions d'individus par la suite. De la même manière, la première révolution agricole en Europe, celle dont Paul Bairoch pensait qu'elle facilita par la suite la révolution industrielle, permit à l'Europe de mettre fin aux famines, et lui permit de voir sa population augmenter à un rythme régulier. Simplement parce que l'on avait changé la façon de faire de l'agriculture. Ceux qui s'inquiètent de la fin du pétrole devraient se demander en réalité si bien au contraire nous n'allons pas inventer un nouveau modèle agricole tout aussi productif. Au lieu d'imaginer un retour aux anciens rendements, il faut voir si les nouvelles techniques ne peuvent pas nous faire avoir des rendements élevés même sans matière fossile.

    

Cependant, je ne suis pas en train de nier les problèmes que peut produire une démographie galopante. C'est la focalisation sur la densité de population et le nombre d'habitants qui, je crois, nourrissent un aveuglement qui nous empêche de réellement comprendre ce qui se passe. Une focalisation qui dans le même temps produit des peurs et des fantasmes assez dangereux pour le débat public. Les pays d'Afrique, pour parler d'eux, car c'est eux qui font peur, verront rapidement leur natalité rattraper la nôtre. On ne verra probablement jamais une Afrique à 4 ou 5 milliards d'habitants contrairement à ce que l'on peut lire parfois. L'Afrique sera vieille bien avant cela. Le gros problème de l'Afrique c'est avant tout la rapidité d'expansion produite par la violente transition démographique qu'elle a subi. La catastrophe économique africaine n'est pas tant dans la corruption ou la culture locale, que dans le déséquilibre entre le nombre d'actifs et d'inactifs produit par la violence démographique. Une violence qui, je le rappelle ici, n'est pas le fruit d'une hausse de la natalité, celle-ci ne faisant que baisser depuis longtemps, mais le fruit de la forte baisse de la mortalité infantile induite par l'introduction des savoir-faire modernes en la matière. La situation démographique africaine invalide au passage les théories qui lient systématiquement l'usage du pétrole et de l'énergie à l'expansion démographique. Ce ne sont pas les pays les plus riches qui croissent le plus vite démographiquement parlant. L'Afrique a un problème dans sa vitesse d'expansion. À titre de comparaison, l'Europe a connu comme vitesse maximale d'expansion une multiplication par quatre en un siècle. L'Afrique, elle, a connu une multiplication par dix pendant le vingtième siècle, aucun pays ou région du monde n'aurait pu se développer avec une telle expansion. Car il n'y avait pas de quoi améliorer les capacités productives locales ou de quoi investir suffisamment dans la jeunesse et dans la création d'activités. À cela s'ajoutent bien sur les ravages des politiques économiques absurdes, du libre-échange en passant par des régimes monétaires inadaptés.

 

Le problème c'est notre modèle énergétique, technique  et économique

 

Le fond d'inquiétude sur les questions démographiques est bien évidemment la question écologique. Mais la démographie n'a pas grand-chose à voir en réalité avec nos problèmes écologiques. C'est en vérité notre mode de penser et notre façon de nous organiser qui produisent les problèmes que nous connaissons. Nous ne serions qu’un milliard sur terre, les problèmes se poseraient probablement de la même manière, mais peut-être à plus long terme. Quoique dans un tel cas il y a fort à parier, que nous serions encore plus gaspilleurs. C'est avant tout parce que notre façon de nous organiser ignore parfaitement les contraintes naturelles que nous en arrivons à de tels amoncellements de contradictions entre économie et écologie. Croire qu'en étant moins nombreux nous résoudrions nos problèmes est simplement faire preuve d'égocentrisme. Car raisonner ainsi équivaut à se dire que l'on pourra prolonger encore un moment un mode de vie fondamentalement écocide. L'humanité doit enfin inclure dans ses calculs, dans sa rationalité, le cadre qui lui donne vie. Ce n'est pas en éliminant des humains que le problème pourra se résoudre, mais en changent les paradigmes économiques et technologiques qui font notre société actuelle.

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3 juin 2011 5 03 /06 /juin /2011 15:59

 

Un article très intéressant vient d'être mis en libre accès sur le site de l'INED dans sa revue "Population et société". Il se porte sur la question de savoir qu'elle est l'influence de l'économie sur la dynamique de la natalité, car les démographes sont surpris par le maintien de la fécondité française malgré la crise économique qui sévit. Le bon sens pouvant nous faire penser que de tels évènements peuvent retarder les naissances comme cela s'est vu dans d'autres périodes en France. L'auteur s'étonne d'ailleurs de l'évolution française comparativement à celle des USA par exemple. En effet aux USA la crise a provoqué une forte baisse des naissances depuis 2007, une baisse de plus de 4% entre 2007 et 2009, et la baisse semble continuer en 2010 ce document provenant du CDC (Centers for Disease Control and Prevention) montre l'évolution de cette baisse. En apparence, l'économie influence la démographie américaine, mais pas celle de la France si l'on se fit aux dernières données.

 

evolution-PIB-natalite.png

 

 

 Ce que l'on remarque en premier dans l'article de l'INED c'est la complexité du lien entre la démographie et l'évolution économique. En réalité, il y a autant d'exception que de pays et de conditions historiques particulières.   Dans le cas de la France des années 70, on voit bien la similitude entre la crise économique et l'affaiblissement du nombre des naissances, mais dans des pays comme la Corée du Sud la bonne santé économique est accompagnée d'un effondrement des naissances à des niveaux extrêmement bas. Il est certain que l'économie influence la fécondité, mais les effets de cette influence divergent en fonction de la culture locale et de la façon de voir l'avenir des couples et des individus. Pour l'auteur de l'article, il semble que le lien est de l'ordre du retard des naissances, la crise économique pourrait avoir comme principal effet le retardement de la naissance de l'enfant. Ainsi, les démographes constatent une légère remontée des naissances dans l'ensemble des pays développés, la crise aurait freiné ce phénomène qui a commencé plus tôt en France qu'ailleurs. Le maintien de la remontée des naissances en France pourrait aussi s'expliquer par la crise continue que traverse le pays depuis trente ans. En effet, on ne peut pas indéfiniment retarder les naissances, de ce fait on assiste à une hausse des naissances chez les femmes les plus âgées encore en âge de procréer. Cette augmentation des "vieilles" mamans explique l'essentielle de la hausse de la natalité  depuis la fin des années 90. Cette natalité résiste à la crise parce que ces femmes n'ont plus le temps d'attendre. En revanche on constate toujours un recul de l'âge des mères pour avoir leur premier enfant ce qui dénote toujours un effet économique sur le choix des naissances. Les jeunes femmes préférant retarder au maximum la naissance à cause de leur situation économique.

 

Une telle explication de la résistance de la natalité française à la crise actuelle peut nous mener à imaginer un scénario de Baby-boom en cas de reprise économique. En effet si par hasard nos élites revenaient à la raison et s'attaquaient enfin aux problèmes d'emplois et de croissance du pays, nous pourrions assister à une forte hausse des naissances chez les plus jeunes qui s'ajouteraient au  rattrapage chez les femmes les plus âgées. C'est un scénario sur lequel on pourrait travailler, d'autant que j'avais expliqué dans ce texte "Et si on relançait la natalité" qu'une France de 100 millions d'habitants pour la fin du 21e siècle serait un objectif nécessaire à la reconstruction de la puissance française. 

 

Les USA, un cas très particulier

 

 

 Concernant l'évolution des USA par contre il y a quelques remarques à faire. Si l'on se plonge dans les étranges statistiques ethniques américaines, on comprend de suite que les effets de la crise n'ont pas été uniformément répartis sur toute  la population américaine. En premier lieu, je rappellerai ici que l'essentielle de la hausse de la natalité américaine de ces dix dernières années fut le fait de l'immigration. En général cette remarque est faite au sujet de la démographie française, mais quelques regards sur le nombre d'immigrés ou la répartition de la fécondité sur le territoire en France montrent que l'immigration n'a qu'une influence marginale sur la fécondité globale du pays, d'autant que nos immigrés voient leur natalité baisser rapidement. En réalité, cette image d'Épinal véhiculée par l'extrême droite colle beaucoup mieux aux USA qu'à la France. Comme on peut le voir sur ces données statistiques, les Hispaniques représentent déjà un quart des naissances aux USA et ils ont une natalité franchement supérieure à la moyenne. Ils ont d'ailleurs une fécondité supérieure bien souvent à celle de leur pays d'origine. C'est un phénomène d'autant plus étrange que ce sont en général des jeunes qui émigrent. Or la natalité du Mexique ou d'autres pays d'Amérique latine baisse énormément chez les tranches d'âge les plus jeunes et les plus éduquées. Ce ne sont pas non plus les aides qui expliquent ce phénomène les USA n'étant pas vraiment des parangons de vertus sociales et d'aides, y compris pour leur propre population. Pour les données il suffit de regarder les deux tableaux ci-dessous et provenant du bureau des statistiques américaines (un site très bien fait au passage).

 

 Naissance-hispanique-USA.png

 

 

Le premier tableau montre que le nombre des naissances aux USA a stagné dans la population non hispanique, alors qu'elle a fortement augmenté chez les Hispaniques. Pour deux raisons, la première c'est l'augmentation du nombre d'immigrés tout simplement, plus le nombre d'immigrés augmente et plus il nait d'enfants en provenance du groupe hispanique. La deuxième explication c'est l'étrange augmentation de la fécondité des Latino-Américains qui passe de 2.73 en 2000 à 2.995 en 2007. Je dis étrange parce que leur taux de fécondité de départ était élevé en regard de nos standards. De plus comme je l'ai dit avant, la fécondité au Mexique et ailleurs dans les pays latins baisse rapidement, cette hausse semble donc être une anomalie. Pour ce qui est des "blancs" on constate un maintien de la fécondité à plus de deux enfants par femme. Le pays a connu son rééquilibrage démographique post-transition dans les années 80, avec un passage de 1.77 à 2 entre 1980 et 1990. Depuis la fécondité, stagne plus ou moins, même si elle semblait de nouveau augmenter entre 2006 et 2007. Cependant, il faut peut-être là se méfier des statistiques US et de leurs étranges catégories, des Hispaniques passant pour des "blancs" pourraient fausser ces chiffres.

 

 

Fertilite-americaine.png

 

Mais cette hausse de la fécondité américaine semble s'être cassée en 2007 dates à laquelle s'arrêtent les statistiques précédentes. En effet comme je l'ai dit au début de cet article la natalité a baissé de plus de 4% depuis et continue dans cette direction. Certains y verront le même phénomène qu'en Russie après la chute du mur, la natalité russe était alors à l'équilibre elle chuta brusquement avec la période de transition économique. L'optimisme américain, que l'on nous vente sans arrêt, n'est donc qu'une fumisterie, les Américains sont tout aussi capable que les autres peuples de déprimer et de faire leurs Européens pessimistes sur l'avenir . Cependant, cette baisse n'est pas homogène aux USA. La baisse de la natalité touche plus fortement les Hispaniques que les autres catégories ethniques de la population comme le montre ce tableau du CDC. Les gauchistes y verront l'effet de la ségrégation raciale, les gens plus modérés y verront plutôt un effet lié à la différence d'âge moyen entre les latinos et le reste de la population.

 

Origine-de-la-baisse-de-la-natalite-US.png

 

 Les Hispaniques semblent faire une transition démographique à l'occidentale, les jeunes femmes retardant leur premier enfant. Comme on le voit, les USA ont en fait une évolution à la française. Chez les femmes de 40-49, la fécondité a continué à augmenter alors qu'elle baissait chez les plus jeunes. Or la pyramide des âges étant plus large chez les Hispaniques ces deniers sont plus sensibles aux variations économiques puisqu'ils sont plus jeunes en moyenne que les autres "ethnies" du pays. En fait, le soubassement de l'évolution démographique est le même aux USA et en Europe. C'est la forte proportion d'immigrés dont l'évolution démographique est en retard qui crée ces différentiels d'évolution démographique à court terme. Sans ses immigrés la fécondité américaine n'aurait pas baissé avec la crise tout comme la fécondité française, les femmes américaines ayant déjà trop retardé leur natalité.

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 16:00

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Un des débats qui reviennent les plus fréquemment la question de l'immigration et de la croissance économique qu'elle serait censée stimuler. C'est un débat qui existe aussi entre les alternatifs au système, et il est probable que chez les alternatifs le rapport à l'immigration départage ce que l'on pourrait appeler la droite et la gauche. Car on peut être contre l'euro et le libre-échange, mais en même temps être pour l'immigration, ou contre suivant l'opinion que l'on a de cette question. À titre personnel, j'essaie le plus possible de ne pas mélanger la question migratoire avec les questions économiques, même si l'on est obligé de le faire par moment. L'économie ne pouvant tout justifier et la réalité qui nous entoure ne se résumant pas à la seule question économique. D'ailleurs, il est probable qu'une grande partie des difficultés de l'occident et de la France actuelle provient de cette extension du domaine de l'économie à tous les domaines de la vie courante. Il n'y a pas un seul sujet sur lequel on n’est pas ramené à la question économique, y compris dans les choses les plus intimes de la vie. Pour moi, la question de l'immigration est une chose trop sérieuse pour être laissé aux seuls économistes, et sa justification ou sa critique ne saurait se faire que sur la question de l'intérêt économique.

 

 

Quoi qu'il en soit on ramène souvent la question migratoire à une simple question d'intérêt ou de cout économiques. Et le débat finit alors au ras des pâquerettes comme on dit, avec des politiques qui nous disent que l'immigration coute trop cher, qu'il faut l'arrêter pour cette raison. Et leurs opposants qui nous disent au contraire que c'est une chance formidable et que cela rapporte beaucoup d'argent à notre pays. Malheureusement comme nous allons le voir l'économie ne peut pas trancher cette question et c'est bien pourquoi il est stupide de résumer le débat sur l'immigration à une simple question d'intérêt économique. En ce sens, ce rapport que nous avons à l'économie est tout à fait révélateur du caractère sacralisé que possède désormais l'argent dans nos pays, il fut un temps où l'on pouvait justifier d'une politique avec autre chose que des arguments économiques, et bien plus maintenant. Les questions sérieuses sont toujours économiques, c'est étrange non ?

 

L'immigration, un intérêt qui dépend des conditions macroéconomiques du pays

 

 

 Mais raisonnons un petit peu comme un économiste pur et faisons fi des considérations comme la stabilité sociale du pays, les risques de communautarismes, les problèmes d'intégration, ou la question démographique. Parlons simplement en terme de question de calcul d'intérêt économique pure et considérons tous les hommes comme des pièces de Lego interchangeables. D'un point de vue purement comptable l'accroissement de la masse de la population peut tirer effectivement la demande intérieure du pays à la hausse. On peut même dire que l'immigration est une importation de population jeune et déjà formée. Donc cette augmentation ne nécessite pas les couts d'investissement nécessaire à la formation des jeunes. Il est donc vrai qu'importer des gens déjà former et en âge de travailler est un gain pur pour la société d'accueil. Les USA ont été représentatifs en ce sens que toute leur forte croissance au 19e et 20e siècle fut liée à la pompe aspirante qu'il était par rapport à la vieille Europe. Cependant l'expérience américaine va justement nous montrer les conditions économiques rendant bénéfique ou au contraire désastreuse l'immigration de masse. Car pour que l'accroissement de la population active produise bien les effets escomptés à savoir une accélération de la croissance économique il faut au préalable plusieurs conditions.



 

Pour que l'accroissement de la population active produise une hausse du PIB, il faut d'abord que cette nouvelle population active trouve à s'employer dans le pays en question. C'est une question de bon sens, car tout comme dans le cas d'un pays qui voit sa population active naturelle s'accroitre, il faut créer des emplois supplémentaires chaque année pour effectivement que le chômage n'augmente pas. Si la quantité d'emploi stagne alors que la population active augmente, vous créez mécaniquement une augmentation du chômage, et ce, même si la croissance est positive. C'est très exactement ce qui s'est passé durant les années 80-90 en France. Nous croyions alors encore des emplois, mais pas en nombre suffisant. De ce fait, le chômage grimpait continuellement. À l'inverse, un pays qui perd de la population active, mais qui maintient sa quantité d'emploi voit son chômage baisser. Maintenant, il y a aussi un lien entre la dynamique de consommation et la quantité d'emploi créé de sorte qu'un pays qui voit sa population baisser peut aussi voir sa demande intérieure baisser ce qui réduit la quantité d'emploi disponible. À l'inverse, il est vrai qu'un pays qui voit sa population augmenter verra les entreprises anticiper cette hausse et accroitre leurs investissements, donc la croissance et donc l'emploi. Tout ceci n'est pas aussi simple que ce l'on pourrait croire de prime abord.



 

La question est donc de savoir si cette augmentation de la population active va se faire dans les conditions permettant l'usage productif des nouvelles venues. Or là tout dépend du niveau d'investissement du pays, car pour produire des emplois il faut des investissements, il faut des entreprises prêtes à embaucher pour produire des activités de production, de service ou autre chose. C'est là que prendre la question de l'immigration uniquement sous l'angle économique de la demande est très risqué, ou trop réducteur. Car il ne sera surprenant pour personne d'apprendre que la France, par exemple, croule déjà sous un chômage excessif. Ce qui veut dire que nous n'investissons déjà pas assez en France pour donner de l'emploi aux natifs du pays. Et que ce non-investissement est tout à fait justifié du point de vue économique et des choix collectifs qui ont été faits. Puisque la France et la plupart des pays occidentaux ont décidé depuis trente ans de délocaliser un nombre croissant de leurs activités à l'étranger. De ce fait, les nouveaux entrants en France ou dans d'autres pays d'occident entrent en concurrence avec les habitants locaux pour des emplois en quantité fixe voir en contraction.



 

L'expérience des USA est d'ailleurs symptomatique puisque ce pays est passé du stade de l'immigration massive bénéfique à celui d'immigration massive couteuse en un siècle. Durant toute la dernière période du 19e siècle et du début du 20e, les USA attiraient les immigrés, mais aussi les capitaux, on oublie souvent de le souligner. D'autre part, ce pays était lourdement protectionniste leurs taxes à l'importation s'élevant en moyenne à 50% jusqu'en 1945. De fait, la circulation monétaire américaine se faisait en circuit fermé ou presque les nouveaux entrants étaient employés par les capitaux étrangers qui s'investissaient et qui augmentaient mécaniquement la masse monétaire en circulation. L'augmentation de la production, de la quantité d'emploi et du nombre d'habitants se faisait en parallèle et à un rythme permettant un certain équilibre et une forte croissance. On notera également que les USA étaient une terre vierge et peu exploitée, riche en terres fertiles, ce n'est pas le cas de l'Europe actuelle. Cependant avec la fin du protectionnisme et le début de la libre circulation des capitaux la machine américaine commença à se gripper. On le voit en analysant par exemple le nombre d'emplois créés depuis 2000 qui est proche de zéro en comptant la crise, alors que la population du pays et la population active ont continué à croitre. Dans ce cadre-là les immigrés aggravent la question de l'emploi et effectivement font pression sur les salaires puisque les employeurs sont largement avantagés en terme de rapport de force, l'emploi étant rare et la main-d'œuvre abondante. Il ne faut pas sortir d'une grande école pour comprendre alors pourquoi le patronat français ou d'autre nationalité aime tant l'immigration. Ce n'est pas pour des questions de solidarité lui qui cherche à tout prix à casser la solidarité nationale et l'état providence, c'est purement par intérêt économique.

 

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population

   (On le voit sur ces deux graphiques, la population américaine continue de grossir alors que l'emploi stagne depuis 2000. Il est difficile ici de présenter l'immigration comme nécessaire)  

 

On remarquera que ce que je dis est vrai aussi pour l'accroissement de la population active en général. Même si celle-ci est naturelle, c'est-à-dire le fruit d'une natalité supérieure au seuil de reproduction les effets sur l'emploi en période de sous-investissement seront similaires à celle de l'immigration. Plus grave même, puisque, en l'occurrence, les enfants il faut les éduquer et çà coute cher. Autre bémol que l'on peut faire face à l'immigration, c'est la sortie de capitaux du pays. Comme je l'avais déjà expliqué, les immigrés envoient chez eux des quantités importantes de dons et d'argent. Cet argent va circuler ailleurs que dans le pays produisant mécaniquement une contraction de la croissance qui doit être compensé autrement.

 

Si vous voulez des immigrés, soyez au moins cohérent

 

Que peut-on conclure de cette petite analyse ? Qu'il y a une contradiction fondamentale chez ceux qui prônent l'immigration tout en réclamant le libre-échange et la libre circulation des capitaux ! En effet, vouloir des immigrés signifie vouloir accroitre le potentiel humain du pays. Mais encore faut-il que ce potentiel soit utilisé, il en va de même pour ceux qui comme moi veulent relancer la natalité d'ailleurs. Pour que ces deux choses soient bénéfiques sur le plan purement économique, il faut au préalable mettre fin au libre-échange et mettre en circulation une masse monétaire proportionnée aux besoins croissants de cette masse humaine, elle aussi croissante. En réalité, ceux qui prônent le libre-échange total doivent pour être cohérents être totalement malthusiens. C'est-à-dire prôner une réduction des naissances et une réduction de la population active. En France, il nait un tiers d'enfant en trop pour que la quantité d'emploi actuellement disponible soit suffisante pour employer tout le monde. Si l'on est contre le protectionnisme et contre la hausse de la masse monétaire ou la monétisation alors il faut prôner une politique de réductions des naissances, mais aussi de l'immigration afin de réduire d'un tiers la population active arrivant chaque année sur le marché de l'emploi. Bien évidemment l'immigration étant essentiellement utilisé pour faire pression à la baisse sur les salaires, la morale n'est ici qu'une couverture, il n'y aura aucun dirigeant libre-échangiste à gauche comme à droite pour aller au bout du raisonnement.



On ne peut pas vouloir désindustrialiser le pays, faire partir les capitaux et privatiser la monnaie tout en prônant la hausse de la population et l'immigration de masse. Apparemment, ce type d'incohérence ne choque personne en France. On expatrie l'emploi à l'étranger, et dans le même temps on importe une main d'œuvre statistiquement inutile et l'on fait semblant d'être surpris des problèmes d'emploi que cela engendre. Un peu de cohérence enfin, si vous êtes vraiment pour l'immigration soyez au moins capable de comprendre que le libre-échange est dans ce cas extrêmement nuisible, pour ne pas dire criminel.

 

 

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23 février 2011 3 23 /02 /février /2011 22:28

      Michele-Tribalat-copie-1.jpgMon collègue Laurent Pinsolle a fait récemment un texte sur l'immigration critiquant, à juste titre, une certaine démagogie dans la tenue des  propos de la candidate du Front National Marine le Pen. Cela fait des décennies qu'il y a des approximations et des abus sur les chiffres de l'immigration dans un sens ou dans un autre d'ailleurs, le FN n'étant pas le seul à manipuler les chiffres selon sa convenance. Ainsi le fameux chiffre des musulmans de six millions personne ne sait d'où il vient Michèle Tribalat qui est la seule démographe a avoir essayé de calculer leur nombre était tombé sur 3.7 millions en 2003, encore que cette dame honnête parlait du nombre de musulmans potentiel en regarde de l'origine des populations. Car rappelons qu'on peut être musulmans en étant un français historique, en le devenant par conversion, tout comme on peut être d'origine maghrebine sans être musulman, en France on est libre de choisir sa religion jusqu'à preuve du contraire.  Quoiqu'il en soit comme l'indique Laurent, le vrai problème n'est même pas dans l'approximation des chiffres de l'immigration, mais dans le fait que les problèmes qui tourmentent tellement nos cités ne sont pas le fruit des immigrés récent, mais des descendants des vagues migratoires des années 70-80. Parler ici de problème migratoire est abusif , il est en effet plus honnête de parler de problèmes d'intégration ou d'assimilation car ce ne sont pas les derniers arrivés qui posent vraiment problème à la société française et c'est d'ailleurs quelque part plus inquiétant. En ce sens il est évident que stopper totalement l'immigration, même si cela reste souhaitable pour ne pas continuer à aggraver la situation à long terme, ne résoudra pas pour autant la problématique de l'intégration. Nous sommes donc dans processus dans lequel supprimé la cause originel des problèmes ne supprimera pas pour autant les effets.  En cela je suis totalement d'accord avec le texte de Laurent, cependant l'on ne peut pas non plus réduire cette question de l'intégration à une simple question économique comme le fait régulièrement la gauche ou mon collègue blogueur dans son texte.

 

L'échec de l'intégration

 

    La première question à se poser est celle de savoir si oui ou non il y a échec de l'intégration des immigrés. Avec un peu de bon sens il est évident que l'on ne peut affirmer cette évidence apparente pour  la totalité de la population immigrés ce serait hautement simpliste et injuste. Il est évident que bon nombre de personnes d'origine étrangère se sont intégrés au sens le plus républicain qui soit à la nation française. La question est plutôt de savoir quel est la proportion d'échec et son poids dans l'immigration globale qui a afflué dans le pays ces quarante dernières années. Mais il faut aussi préciser que dans mon esprit et contrairement à la vulgate économique habituelle, il n'est pas question de limiter l'intégration à l'économie. Contrairement à ce que pense certains sociologues trop imprégnés de marxisme, ce n'est pas parce que l'on réussit sa vie économique en France que l'on est pour autant intégré, à l'inverse ce n'est pas parce que l'on est resté pauvre que l'on est pas intégré pour autant. Car la question de l'intégration renvoie en réalité essentiellement à une question d'identification d'un individu, lorsque l'on se regarde dans une glace, lorsque l'on pense à son attache réelle est-ce que cette attache se situe en France ou ailleurs, là est la vraie question. Un pauvre d'origine maghrébine qui parle et pense en français et qui est attaché au pays dans lequel il vit est bien plus français qu'un immigrés, lui aussi maghrébins, mais ingénieur en informatique qui va chercher sa femme en Algérie et qui pense que la Charria vaut mieux que la loi de la république. S'il y a bien un domaine où la raison économique peut nous induire en erreur c'est bien dans celui de l'intégration, car réduire celle-ci à une simple question de progrès social ou de niveau de salaire moyen c'est passer à coté de l'essentiel. Un essentiel qui malheureusement est très difficilement quantifiable.

 

    Je suis d'ailleurs horrifié par l'usage massif de l'économie dans la justification ou la négation de l'immigration, ce type de raisonnement montre à quel niveau de bassesse l'esprit humain en est arrivé sous l'influence de l'ordre marchand néolibérale. La gauche ne cesse de dire que l'être humain n'est pas une marchandise, ce qui est tout à son honneur, mais elle ne cesse en même temps de justifier l'immigration pour des raisons économiques réduisant ces derniers à de simple machine à produire du travail. Le même raisonnement peut-être tenu à droite où là on les réduit à de simples voleurs d'aide sociale, dans les deux cas on déni à ces gens leur humanité, il ne sont que des pions sur le grand échiquier de la pseudo-raison économique. Mais l'économie n'explique pas tout loin de là, et ce n'est pas parce que le taux de chômage des enfants d'immigrés s'alignerait tout d'un coup sur celui des jeunes français moyens que pour autant ces derniers se sentirait français. Vous me direz de toute façon le taux de chômage des jeunes français historiques est déjà catastrophique alors... En réalité nous ne pouvons pas mesurer scientifiquement cet attachement à la nation française, tout ce que nous pouvons constater ce sont les cas de rejet de celle-ci de plus en plus fréquent dans certains lieux. Le rapport Obin a par exemple montré très clairement les difficultés de plus en plus grandes dans certains lieu de France où les immigrés sont très nombreux. La dérive communautaire peut se mesurer facilement que ce soit par le nombre grandissant de revendications communautaristes ou par les simples rejets de l'ordre national français à l'école ou dans les lieux publics. On ne peut pas dire la proportion de jeunes d'origine immigrés qui ne sont pas intégrés et qui rejettent notre nationalité bien qu'étant théoriquement français, mais il est indéniablement vrai qu'ils sont suffisamment nombreux pour mettre à mal la cohésion du pays dans un grand nombre de lieux.

 

    Et ces lieux coïncident bien évidement avec la concentration des populations d'origines étrangères. Quand on a des lieux comme Mantes-la-Jolie où moins de 5% des jeunes sont d'origine européenne comme l'affirme Michèle Tribalat, il ne faut pas s'étonner de l'échec de l'intégration, en réalité l'inverse eut été étonnant. En effet l'assimilation à la française par le droit du sol présuppose que ces immigrés soient mis en contact permanent avec des français historiques (je préfère ce terme à français de souche) surtout dans leur prime jeunesse. Car si ce n'est pas la famille qui peut produire ce lien avec la nation, l'histoire personnelles des parents étant liée naturellement à celle de leur pays d'origine, et s'ils n'entrent nulle part en relation avec des gens possèdant nos us et coutumes  alors par quel miracle cette transmission pourrait-elle se faire? Si l'école républicaine intégrait jadis, c'est qu'il y avait mélange et que les minorités l'étaient réellement, lorsque ces dernières deviennent majoritaires en certains endroits, l'assimilation n'est tout simplement plus possible. Ces territoires deviennent donc des colonies de peuples étrangers en France, et vous pourrez y faire preuve d'autant de solidarité que vous voudrez, vous serez considéré comme étrangers tout en étant français dans ces lieux, même si ces territoires sont théoriquement en France. Le problème principal de l'immigration en France est donc un problème de concentration, bien avant d'être un problème économique. Et il n'est d'ailleurs pas certain qu'une amélioration de la situation de l'emploi changerait quoique ce soit à cette situation, sauf à fortement accroître la mobilité. Mais même dans ce cas il n'est pas sûre que ces populations rechercheraient le contact avec les français et donc iraient s'installer là où elles seraient largement minoritaires.

 

  Car dans le passé les immigrés étaient forcé de vivre avec les populations françaises, essentiellement pour des raisons pratiques,  ce n'est plus le cas aujourd'hui d'autant que la technologie permet de garder des liens culturelles avec le pays d'origine, le progrès technique nuit probablement à l'intégration en en ce sens. Il suffit par exemple de voir le nombre de chaînes africaines ou arabes proposées par un opérateur comme Free qui fait face à une forte demande de la part des gens originaires de ces pays pour comprendre les effets néfastes de ces médias sur l'intégration. Et de toute façon l'être humain est ainsi fait qu'il recherche généralement des lieux et des populations qui  lui sont familières. Il en va de même d'ailleurs pour les français historiques qui fuient les lieux trop peuplés d'étrangers. J'ai envie de dire que l'être humain est naturellement communautariste, briser ces liens demande une certaine violence. Et l'on ne se fait violence que si l'on est obligé de le faire, comme l'enfant qui n'a pas envie de quitter son foyer et sa mère la coupure est difficile. Il en va de même pour la coupure avec les pays et les coutumes d'origine, qu'elle prétention avons nous de croire que tout les êtres de cette terre veulent à tout prix être français. L'échec de l'intégration provient aussi en partie de notre orgueil, celui qui consiste à croire qu'il suffit d'offrir notre nationalité pour en faire des français simplement parce qu'au font nous pensons qu'être français c'est bien mieux qu'être marocain, algérien ou tunisien. La vérité c'est que bon nombre de ces jeunes d'origine immigrés ont gardé plus d'attache avec ces pays qu'avec le notre et que l'amour de la patrie ne s'achète pas.  En ce sens vue la situation dans certaines régions et quartiers, il est effectivement temps d'arrêter d'accueillir du monde, sans quoi le pays ne pourra à terme qu'exploser, ici c'est bien le FN qui a raison quoiqu'en pense nos bon samaritains de l'immigration sans fin et quelque soit le degrés de médiocrité des arguments du FN.  Mais il faudra tôt ou tard résoudre la question de la concentration on peut pour cela imaginer plusieurs moyens je n'entrerai pas dans le détail ici je l'avais fait cet été dans ce texte.

 

L'immigration une lutte entre démagogue

 

    On conclura ici que l'absence de débat pendant des années sur cette question a laissé le champ libre à tout les discours les plus extrémistes. D'un coté une extrême droite qui exagère largement le poids des immigrés dans le pays, de l'autre une gauche qui transforme en fasciste toute personne se posant légitimement des questions quant à l'avenir de certains territoires face à ce qu'il faut bien appeler un excès de concentration migratoire. Heureusement pour nous la démographie va calmer le jeu dans les années avenir, en effet la baisse de la natalité chez les immigrés est une tendance lourde et inéluctable qui additionné avec un léger rebond de la natalité des français historiques permettra de limiter ces excès de concentration étrangère à quelques endroits bien délimités, on pense bien sûr par exemple  à la Seine-Saint-Denis. Car si les jeunes d'origine immigrés font tant de bruit à l'heure actuelle c'est qu'il sont nombreux en proportion des jeunes de15-25, ces derniers sont née entre 1985 et  1995 période où les immigrés avaient encore une natalité trés forte alors que la natalité française moyenne était tombée à 1.6. Par la suite la natalité est remontée dans le pays, celle des immigrés, nord africains notamment, s'est aligné progressivement sur la moyenne nationale, à l'image de la baisse de la natalité au maghreb. Par exemple l'Algérie est à 1.9 enfants par femme à l'heure actuelle, moins que la France, alors qu'elle était encore à 3.5 en 1995. Cette alignement devrait dans les années avenir calmer la situation, d'une part en mettant fin à la grande peur de l'invasion qui nourrit le FN, d'autre part en réduisant mécaniquement la possibilité du comunautarisme par le simple jeu des rapports de force démographique.

 

Cependant il est clair que seule une politique volontariste visant à briser la concentration pourra vraiment agir sur ce communautarisme dans les lieux où les étrangers sont d'ors et déjà majoritaires. Mais une telle politique ne peut être imaginée que si l'on cesse de faire de l'idéologie dans un camp comme dans l'autre. Personne en France ne souhaite une nouvelle guerre des religions ou une épuration ethnique, il serait donc temps de se comporter en adulte et de regarder les choses en face sans pour autant paniquer et laisser la peur nous guider. C'est seulement  lorsque la raison reprendra sa place sur la question migratoire et la question de l'intégration que nous pourrons enfin avancer.

 

 

 

 

 

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22 janvier 2011 6 22 /01 /janvier /2011 21:16

 fin-du-monde.jpg Et si l'humanité disparaissait par les berceaux? Hypothèse farfelue en ces temps où l'on s'inquiète inversement de la surpopulation mondiale et des effets dramatiques de la malnutrition ou de l'épuisement des ressources.  C'est pourtant bien la direction que semble prendre l'humanité, celle-ci navigant de  déséquilibre en déséquilibre à cause de changements techniques et sociaux trop rapides. La révolution tunisienne s'est fait par exemple sur fond d'un changement radicale dans les pratiques familiales, la natalité s'étant effondré dans ce pays. Comme Emmanuel Todd nous l'a si souvent dit, l'expérience historique montre que la baisse du taux de natalité est le fruit de la hausse naturelle du niveau scolaire, et cette hausse produit par la suite des mouvements politiques de fonds et des remises en cause de l'ordre politique et économique en place. Les mouvements  démocratiques en Europe on été le produit de cette hausse du niveau scolaire. C'est la même chose qui se produit aujourd'hui chez nos voisins du sud. Très  vraisemblablement le continent noir sera la dernière région du monde à produire des révolutions et des conflits politiques de grande ampleur, une fois sa transition démographique terminer d'ici deux ou trois décennies suivant les pays.

 

    En ce sens la baisse de la natalité mondiale est réjouissante car elle traduit un élévation du niveau culturel général et une certaine démocratisation. Elle s'accompagne également d'une poussé de l'individualisme parfois jusqu'à l'excès, comme  dans nos pays qui auraient bien besoin d'un peu d'esprit collectif s'ils veulent survivre à terme. Mais il y a un fait relativement inquiétant à l'heure actuelle et que nos démographes ne semblent pas prendre en compte, c'est qu'aucun pays ayant traversé la transition démographique n'est pour l'instant arrivé  à l'équilibre. Même des pays comme la France ou les USA, c'est à dire les pays les mieux placés en terme de natalité parmi les pays développés, sont légèrement en dessous du seuil de reproduction et c'est sans compter sur le fait que les immigrés ne sont pas pour rien dans la démographie correct de ces pays. Surtout dans le cas des USA où l'on connaît le poids des immigrés mexicains dans la natalité globale. La démographie relativement équilibrée de ces deux pays ne compense  absolument pas les déséquilibres monstrueux atteint dans des pays comme l'Allemagne, le Japon ou la Corée du Sud. Cette dernière est par exemple tombée à 1.1 enfants par femme un taux tout à fait incroyable et qui condamnera à terme l'économie de cette nation.

 

La France premier pays de la transition démographique

 

        Jusqu'à présent l'effondrement démographique dans les pays avancés n'a jamais vraiment inquiété les pouvoirs publics, du moins dans la majorité des pays développés. Aux USA par exemple cette question n'existe tout simplement pas, les USA font des prévisions démographiques en compensant la disparition des locaux par une importation toujours plus massive d'immigrés. Ainsi il semble que les américains continuent de penser qu'il feront venir toujours plus d'immigrés d'Amérique du Sud alors même que la natalité de cette région du monde est en chute libre. Le Mexique, par exemple, principal fournisseur de main d'oeuvre pour les USA est tombé à 2.3 enfants par femme alors qu'il était encore à 3 en 1995, le Brésil est à 2.2 . Ces pays n'auront pas de quoi fournir longtemps les immigrés nécessaires à la compensation du vieillissement de l'oncle Sam d'autant que rien d'indique qu'ils continuront longtemps à être moins riches que les USA. Mais les américains pensent la démographie comme ils pensent l'économie et la société en général, c'est à dire sans tenir compte des limites physiques du monde dans lequel ils évoluent. Ils continuent à imaginer pouvoir importer indéfiniment des immigrés sans se demander si la corne d'abondance ne viendra pas  à s'épuiser un jour, tout comme ils importent du pétrole et d'autres matières premières sans se soucier d'un assèchement pourtant bien prévisible. La mentalité américaine consiste toujours à aller plus loin dans l'exploitation de ce qui existe sans se soucier du renouvellement. Et malheureusement à cause de leur poids chez les pays développés les USA ont largement influencé les élites du restes des pays d'occidents en matière de mentalité. La vielle Europe pense aujourd'hui de façon identique à l'empire des obèses, sans voir à quel point cette facon de voir est dangereuse pour son propre avenir.

 

    Ainsi l'on voit aujourd'hui fleurir des théories aussi folles qu'elles sont irréalistes sur le besoin d'immigrés sans cesse croissant du continent européen et maintenant d'Asie, tout çà à cause de cette influence néfaste de la puissance américaine sur les instances internationales.  Les propositions de migration massive ne se souciant visiblement ni du développement des pays du tiers-monde, ni du fait que ces pays aussi passent actuellement  la transition démographique et qu'ils ne pourront pas à la fin fournir les immigrés nécessaire au maintient démographique de l'Europe puis de l'Asie. A ce titre le géant chinois est lui même dans une mauvaise posture avec un taux de natalité à 1.5 en moyenne nationale, dans les grandes ville ils sont mêmes tombés à un. J'imagine dans trente ans nos fous de l'ONU proposant que la Chine fasse venir 200 ou 300 millions d'immigrés pour compenser les pertes. Mais où est-ce qu'ils iront les chercher??? Et je ne parle même pas des problèmes inhérent à l'intégration de ces populations qui finiraient avec de tels niveaux d'immigration par devenir majoritaire dans certains pays. Peut-on croire réellement qu'en peuplant l'Allemagne de turcs celle-ci resterait pour autant l'Allemagne? Il y a un niveau de proportion au delà du quel l'immigration devient purement et simplement une colonisation, car il faut appeler un chat un chat même au risque de choquer les cardiaques du politiquement correcte. Vue les taux de natalité germanique il faudrait littéralement remplacer la population allemande d'ici la fin du siècle pour maintenir le niveau d'habitant actuel de l'Allemagne. L'immigration n'est donc pas une solution, à moins de vouloir provoquer des conflits ethniques ou pire encore.

 

    Bref tout çà pour dire que l'on essaie de résoudre la question démographique avec des solutions qui n'en sont pas. La France est assez exemplaire en la matière, notre pays a été le premier à passer la transition démographique, or pour nous en sortir nous n'avons fait que boucher les trous depuis deux siècles. Et malgré l'immigration nous n'avons fait qu'un surplace entre 1800 et 1900, le seul moment où le pays a réellement grossi fut la période où la natalité a gonflé après guerre. L'immigration peut agir à la marge pour rééquilibrer une pyramide des âges légèrement étroite, mais  disons qu'en dessous de 1.8 enfants par femme l'immigration n'est plus une solution suffisante.   Et la France a pu corriger sa démographie durant ce laps de temps parce qu'elle était la seule à avoir une démographie négative, mais demain c'est une large majorité de pays du monde  qui seront dans ce cas.  Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité la civilisation urbaine règne sans partage, or à chaque fois que des civilisations se sont éteinte par les berceaux elle furent remplacées ou régénérées par des peuples qui n'étaient pas encore au même stade de développement. On peut penser ici aux romains dont la démographie chancelante permis l'invasion des barbares germaniques et autres. La forte concentration de la population dans les villes et l'homogénéisation des modes de vies et des désirs grace aux médias, ainsi que la hausse des niveaux scolaires, font que maintenant la planètes entière va sombrer dans le spleen démographique et le vieillissement. Il n'y a plus de dehors, il n'y a plus de barbare pour régénérer la démographie mondiale si elle s'effondre toute entière.

 

L'humanité s'éteindra par les berceaux

 

 

      L'effondrement de la natalité mondiale sera le problème numéro un de la planète dans les années 2030-40, çà l'est déjà dans certaines régions du monde comme la notre. Mais l'expansion démographique mondiale  continue, par inertie, à  donne des illusions à nos élites comme elle en a donné aux élites françaises durant deux siècles.  Bien sûr il y aura toujours quelques écologistes pour se réjouir d'une telle évolution,mais c'est oublier bien vite que pour changer des formes d'organisation il faut du sang neuf, plus les sociétés vieillissent et moins elles sont aptes aux changements. Or pour sortir du pétrole il faudra de gros changements. De plus l'effondrement de la production pétrolière pourrait aggraver la crise démographique mondiale, en effet l'explosion du coût des hydrocarbures fera exploser le prix de l'alimentation et risque de réduire considérablement le niveau de vie de la planète. On pourrait assister avec la fin du pétrole à une hausse de la mortalité mondiale qui aggraverait les effets de la baisse de la natalité en produisant une baisse rapide de la population. En effet le seuil de reproduction ne dépend pas que de la natalité, mais aussi du niveau de mortalité infantile, si celle-ci augmente alors le seuil de reproduction devient plus élevé. Deux enfants par femme c'est suffisant pour reproduire la démographie d'un pays développé à faible mortalité infantile, mais si le pétrole vient à manquer il en faudra peut-être à nouveau 2.5 ou 3. C'est bien sûr un peu exagéré comme position, on peut imaginer une sortie du pétrole qui ne soit pas aussi catastrophique cependant c'est un scénario tout à fait envisageable.

 

  Mais même en supposant que l'on résolve le problème pétrolier, si la natalité mondiale tombe durablement à 1.5 enfants par femme ou moins, l'on peut dire que l'humanité s'éteindra un jour.  A l'image du japon qui en 2100 ne fera plus que 60 millions d'habitants si sa démographie reste ce qu'elle est aujourd'hui. Ainsi on verrait la population mondiale diminuer de génération en génération jusqu'à ce qu'elle soit totalement éteinte dans quelques siècles. Une extinction en douceur de quoi réjouir les plus nihilistes des amis de la nature.  On aime imaginer la fin du monde dans une orgie de guerre et de missiles nucléaires ou dans une grande catastrophe de type biblique, il se pourrait pourtant que la fin de l'humanité soit beaucoup plus tranquille.  Nous disparaîtront peut-être simplement parce que nous ne désirons plus procréer.

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Published by Yann - dans démographie
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