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1 avril 2011 5 01 /04 /avril /2011 19:00

Thorium.pngJ'avais fortement critiqué, il y a peu, le choix de la fission nucléaire usant de l'uranium. C'était bien évidement au moment où la catastrophe japonaise est arrivée dans l'actualité. L'un des arguments de masse pour l'abandon de la fission de l'uranium n'était pas tant le risque inhérent à cette technologie, que le fait que l'uranium ne pourrait en aucun cas subvenir aux besoins actuels de l'humanité en électricité, et pour cause l'uranium a déjà dépassé son pic de production. Celle-ci ne fait que décroitre avec le temps et même si l'on améliore les centrales actuelles on arrivera pas à durer plus de 50ans d'autant que les besoins mondiaux vont croitre avec l'épuisement des énergies fossiles. L'arrêt du nucléaire fissil parait donc évident lorsque l'on cumul les multiples problèmes qu'il provoque du retraitement des déchets, aux risques d'accidents loin d'être négligeables, en passant par l'épuisement des ressources. Certains pouvaient objecter qu'il y avait une solution à l'épuisement de l'uranium grâce à la surgénération, mais celle-ci a été abandonné  en France avec Superphénix pour des raisons semble-t-il politiciennes. On ne sait pas ce que cette direction aurait donné en l'état actuel des choses.  C'est du moins le point de vue de Georges Charpak sur cette question: " Après quelques problèmes techniques inévitables pour un prototype, et malgré de très nombreux problèmes administratifs puis politiques, Superphénix a remarquablement fonctionné pendant un an. Sa fermeture en 1998 résulta d’une exigence des Verts de Dominique Voynet, pour participer au gouvernement Jospin."

 

        A partir de là, le nucléaire civil semble condamné à terme, sauf dans le domaine de la fusion nucléaire, mais il s'agit là d'un projet à si long terme qu'il est probable que la plupart des lecteurs de ce blog seront morts lorsque l'on y arrivera, si l'on y arrive. Il reste toute fois une autre voie dont je n'avais pas conscience au moment où j'ai écrit mon texte sur le nucléaire fissile, il s'agit d'utiliser du thorium en lieu et place de l'uranium.  On trouve plusieurs articles sur la question. La page Wikipedia sur le thorium en parle d'ailleurs et donne un lien vers un article qui avait été signé par notre prix nobel de physique Georges Charpak. Un article dans lequel il critique fortement le projet Iter qu'il juge être du gaspillage, il ne croit pas à cette forme de fusion contrôlée, et il plaidait alors pour l'investissement massif dans la recherche sur la fission à base de thorium. Sa critique était surtout sur le fait que ce projet pompe trop de ressources économiques en regard du reste des recherches sur d'autres sources d'énergies potentielles. On pourrait ici dire que le problème de fond c'est plutôt le manque d'ambition internationale et particulièrement française en matière d'investissement scientifique en général. Et dans ce cadre-là effectivement 20 milliards d'euros c'est beaucoup et mieux vaut ne pas les gaspiller dans une voie sans issue une moins à court terme alors que les problèmes énergétiques sont urgents. Il est bien loin le temps où nos pays investissaient 5% ou 6% du PIB en recherche, seule la guerre et la concurrence avec le bloc de l'est semblaient pouvoir justifier, aux yeux des comptables qui nous servent de politiques, de tels efforts. Et pourtant si nous avions maintenu un tel investissement nous pourrions à la fois financer la recherche sur la fusion tout cherchant aussi d'autres voies. Après tout 20 milliards d'euros cela semble énorme aux yeux de n'importe qui, mais après nos expériences récentes de dettes explosives privées et de financement des banques à des niveaux de plusieurs milliers de milliards d'euros aux USA et en Europe, 20 milliards ce n'est finalement pas grand chose. Plutôt que de renflouer les financiers nous aurions mieux fait de gaspiller nos millards dans la recherche scientifique, là au moins il peut éventuellement en sortir quelque chose d'utile.

 

Le potentiel du thorium

 

  Le premier avantage du thorium c'est qu'on en trouve plus que de l'uranium sur terre et qu'en plus on en trouve en Bretagne ce qui devrait ravir les souverainistes que nous sommes. Comme le dit la fiche de Wikipedia: " Il en existe de grands gisements en Bretagne, en Australie, en Inde et en Turquie. On trouve de la monazite à forte teneur en thorium en Afrique, en Antarctique, en Australie, en Europe, en Amérique du Nord et en Amérique du Sud". Les ressources en thorium sont donc relativement bien réparties c'est un avantage non négligeable. Dans les solutions envisagées pour utiliser le thorium la plus prometteuse est celle des réacteurs à sel fondu (RSF), ils permettent un fonctionnement avec dix fois moins de matière fissile que les réacteurs actuels ce qui augmente notablement la durée de vie de ce mode production énergétique. La fission à l'aide de thorium a aussi l'immense avantage de produire bien moins de déchets que la fission actuelle. De plus ces réacteurs peuvent fonctionner en réutilisant les déchets des réacteurs actuels comme le précise cet article du CNRS. Pour les chercheurs le nucléaire du futur combinerait plusieurs types de réacteurs chaque mode de production pouvant compléter le précédent.

 

L'article en question pose ainsi son hypothèse pour le nucléaire fissile de l'avenir:"la solution serait donc de se diriger - pour 25 % des besoins mondiaux - vers un parc hétérogène de réacteurs nucléaires complémentaires. « Ce scénario nous plaît bien, conclut Jean-Marie Loiseaux. On n'utilise que 10 à 20 % des réserves naturelles d'uranium et on recycle les déchets en les incinérant dans des réacteurs appropriés. De plus, cette filière est beaucoup plus facile à gérer. »". Le problème dans ce scénario par contre c'est qu'il réduit l'intérêt sécuritaire de la filière thorium. En effet l'un des autres avantages du thorium c'est qu'un éventuel accident ne peut pas se transformer en fusion du réacteur comme cela fut le cas en Ukraine et malheureusement au Japon. En ce sens le thorium est un nucléaire fissile infiniment moins dangereux. Mais si on l'utilise pour recycler le combustible d'autres types de réacteurs comme ceux actuellement en service le risque de catastrophe est toujours là. A moins d'imaginer un scénario d'extinction progressive des réacteurs classiques fonctionnant à l'uranium. Dans tous les cas il faudra de toute façon vivre avec l'épée de Damoclès nucléaire sur notre tête encore quelques décennies. Théoriquement le thorium pourrait fournir à l'humanité de l'énergie pour plusieurs milliers d'années! C'est donc une voie à regarder avec intérêt même s'il ne faut pas pour autant oublier les autres possibilités énergétiques dont nous avons déjà parlé sur ce blog. Ainsi la durée d'utilisation potentielle du thorium d'après Wikipedia:" une utilisation optimale du thorium comme matériau fertile abondant, permettant de faire de la surgénération - compte tenu des réserves connues, les ressources énergétiques disponibles seraient au moins 500 fois supérieures à celles que peuvent procurer les réacteurs actuels de deuxième génération (PWR, filière canadienne CANDU à uranium naturel, RBMK russes, ...). Au rythme actuel de production d'énergie nucléaire, les réserves potentielles se chiffrent en dizaines de milliers d'années. " 

 

Ci-dessous la carte de la répartition des réserves de thorium en France:

 France.png

 

Le désavantage médiatique du nucléaire

 

      Le grand problème auquel ce nouveau nucléaire va cependant faire face c'est à la piètre image du nucléaire dans l'imaginaire collectif. La population confond d'ailleurs déjà la fusion avec la fission, certains écologistes surfant allègrement sur les confusions pour tout rejeter en bloc, alors expliquer la différence entre la fission à l'uranium et la fission au thorium sera encore plus difficile. D'autant plus qu'après l'affaire japaonnaise les milieux scientifiques du nucléaire sont discrédités, des doutes subsisteront quant à la véracité ou non des avantages de la fission au thorium. Si l'on en croit Georges Charpak Superphénix donnait des résultats tout à fait intéressant mais le dogmatisme des verts à eu raison de cette technologie de surgénération. Il est donc à craindre que le même destin touchera la fission au thorium. En ce sens pour promouvoir cette nouvelle technologie en France, il faut ouvrir le débat et mettre fin à la politique du secret qui est quand même une caractéristique très répandue dans le milieu du nucléaire. Montrer patte blanche et créer des instituts totalement indépendants de tout lobby pour créer un climat de confiance seul à même de donner à la population la certitude qu'on ne lui ment plus. Et d'ailleurs ce qui est vrai pour le nucléaire l'est aussi pour des domaines scientifiques comme les OGM ou les nanotechnologies. Il faut d'ailleurs bien stipuler que laisser des firmes privées s'amuser avec ces technologies pour faire des profits n'est probablement pas  le meilleur moyen pour en donner une bonne image.  Quoi qu'il en soit, il serait dommage de se priver d'une telle source d'énergie simplement parce que les premières façons d'utiliser l'atome n'étaient pas bien inspirées. On apprend souvent de ses erreurs faisons en sorte que ces leçons données par celle du nucléaire fissile balbutiant ne nous poussent pas non plus à retourner vivre sous des tentes. 

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13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 21:00

NucleaireJapon.jpgLa situation actuelle du Japon aura fait l'effet d'un coup de tonnerre dans l'univers de l'énergie nucléaire, en rappelant grâce à cette actualité les dangers inhérent à cette production d'énergie. Le Japon pays des tremblements de terre savait pertinemment qu'un jour ou l'autre une catastrophe de ce type se produirait sur son sol. C'est inscrit dans le destin d'une île qui s'enfonce petit à petit sous la plaque tectonique eurasienne et qui est au confluent de quatre plaques tectoniques (Pacifique, Nord-américaine, des Philippines et Eurasiatique). Un tremblement aussi puissant s'était d'ailleurs déjà produit à l'époque de l'ère Meiji au 19ème siècle. Mais le Japon d'alors n'avait que des constructions en bois et aucun machinerie moderne capable de transformer une catastrophe naturelle en un désastre thermonucléaire. A l'heure qu'il est on ne sait toujours pas s'il y a eu fusion d'un réacteur à l'image de ce qui s'est passé en 1987 à Tchernobyl ou si ce ne sont que quelques fuites, il faut espérer que ce ne soit pas aussi catastrophique que ce qui s'est passé en URSS. Quoiqu'il en soit nous n'éviterons pas dans les jours prochains  un débat sérieux sur la question du nucléaire fissile, et en ces temps de pétrole cher peut-être aurons nous enfin un débat global sur la question énergétique dont le nucléaire n'est qu'une des composantes.  Oui je sais je suis un grand rêveur qui pensent encore qu'il reste à  nos dirigeants une once de sens des responsabilités.

 

Une catastrophe en grande partie anthropocentrique

 

  La première remarque que l'on peut faire sur la situation japonaise c'est que finalement si elle prend une telle ampleur c'est bien à cause de nos modes de vie modernes. Comme je le disais au début de ce texte, dans le japon d'autrefois tout était fait pour s'adapter aux contrainte naturelles de l'île, la plupart des habitations étaient en bois et l'on vivait en sachant que ce type de catastrophe pouvait très bien arriver. Si le Japon actuel subit de tels dégâts c'est particulièrement dû à la modernité technique et à l'interdépendance créer par la technologie moderne. Bien évidement l'on peut se préparer en construisant intelligemment et en préparant la population, mais le fait est que la nature est finalement toujours la plus forte, et malgré son avancée technique le Japon a été vaincu par un tremblement de terre. Mais plus grave encore que des ponts ou des routes brisées qui peuvent facilement se reconstruire, c'est le danger d'une explosion nucléaire qui rend cette crise naturelle anthropocentrique. En cas de grave contamination sur un territoire aussi exiguë que le Japon les dégâts provoqués par les techniques humaines seraient largement supérieures à long terme à celle directement imputables au tremblement de terre. C'est finalement la technique qui conduit un simple évènement naturel à prendre de telles proportions.

 

    Il n'est bien évidement pas question ici de jouer le  rôle du gentil écolo donneur de leçons, il n'est pas dans mon intention de faire l'apologie du retour en arrière qui est  aujourd'hui de toute façon simplement impossible. Mais il serait bon que l'homme moderne ravise un peu ses ambitions et réapprenne un peu l'humilité face à une réalité complexe et difficile à prévoir. Au-delà de la technique en elle même, c'est surtout cette orgueil et cette esprit de puissance et de maîtrise absolue de la réalité qui nous entoure, qui nous met régulièrement dans ces situations. Et ce qui est vraie pour l'écologie et les désastres naturelles, l'est tout autant pour ce qui est de l'économie et de la gestion de nos sociétés en général.  L'image de ces centrales nucléaires qui explosent alors que tout avait été prévue pour que cela n'arrive pas, nous fait bien évidement penser aux génies de la finance ou à nos vendeurs de paradis universelle néolibéraux qui avaient tout prévu eux aussi. Le même orgueil et la même prétention conduit à des catastrophes qu'il aurait pourtant été possible d'éviter si nous avions juger que décidément, en ces matières, même un risque infime est beaucoup trop grand pour être pris. Notre optimisme et nos certitudes nous tuent aussi sûrement qu'ils nous aveuglent. Au final ce n'est pas tant la science et la technique en tant que tel le problème, c'est l'effet d'aveuglement qu'elles ont sur l'esprit humain. C'est cette passivité avec laquelle nous accueillons le progrès technique sans en questionner l'utilité ou les dangers suivant les cas. La science et la technique semblent ainsi exclues de tout débat démocratique, comme si elles échappaient à la raison et à la force humaine. Le résultat de cela nous le voyons aujourd'hui, des catastrophes et un monde qui n'a plus de sens. Une monde qui se plie face à  ce qui ne devrait être qu'un outil au service de l'humanité. Il nous faudra réapprendre à domestiquer l'outil si nous voulons survivre au 21ème siècle.  

 

Le nucléaire fissile n'a pas d'avenir

 

    Concernant le nucléaire à proprement parlé, il est plus que temps de le remettre en cause et ce pour plusieurs raisons. La première est bien évidement la question de la sûreté, si la France est tout de même moins à risque sur le plan des tremblements de terre que le Japon, nous ne sommes pas du tout à l'abri d'une telle catastrophe. Et même si le risque nucléaire est infime, ses conséquences sont telles qu'elles invalident tout calcul d'évaluation économétrique. A combien estimer la perte d'une ou deux régions françaises à cause de radiations, sans parler des morts et des maladies à long terme. La deuxième raison pour arrêter le nucléaire fissile est à cause des déchets dont nous ne savons que faire, à part les enterrer en créant des problèmes pour les prochaines générations.  Ce problème des déchets n'est pas une simple lubie d'écolos, la durée de vie des matériaux radioactifs dépassant largement le cadre humainement imaginable. Il est simplement irresponsable de dire que l'on s'en occuper sur les dix milles prochaines années alors même que l'on ne sait même pas à quoi ressemblera la France en 2020. Hypothétiquement nous pourrions nous en débarrasser dans l'espace ou en les envoyant sur le soleil, mais nous ne prendrons jamais le risque qu'ils se répandent dans l'atmosphère en cas d'explosion d'une fusée.

 

Mais l'argument le plus important en faveur de l'arrêt du nucléaire fissile, à mon sens, reste quand même la question de l'épuisement de l'uranium à moyen terme. Car comme dans le cas du pétrole, l'uranium nous n'en avons pas en grande quantité  et le pic de production a d'ailleurs déjà été atteint. Ce qui veut dire que même si l'uranium permet à l'heure actuelle de produire une énergie moins cher, cela ne reste pas vrai indéfiniment. Même à consommation constante l'uranium va rapidement s'épuiser, et il faut en plus compter avec les nouvelles puissances industrielles et l'effondrement des productions d'hydrocarbures qu'il faudra bien compenser. Pour cette raison parier sur l'énergie nucléaire fissile relève plus de l'aveuglement qu'autre chose.

 

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Ensuite il faut arrêter de présenter le nucléaire comme un gage d'indépendance nationale, c'était peut-vrai autrefois mais la France d'aujourd'hui importe son uranium comme elle importe son pétrole. Ce n'est donc plus une garantie d'indépendance puisque nous dépendons de producteurs étrangers pour nous ravitailler. Il est vrai toutefois que les pays producteurs son moins concentrés et ne sont pas des nations à problèmes pour la plupart. La carte ci-dessous montre les principaux producteurs d'uranium de la planète, ils représentent à eux dix 94% de la production planétaire et la France n'en fait pas partie.

 

producteurUranium.png

 

  Dans les années qui viennent nous allons faire face à une mutation énergétique de grande ampleur qu'on le veuille ou non, cela commencera nécessairement par une diminution de  la consommation. Soit cette  diminution sera planifiée et organisée avec l'obtention d'un meilleur rendement énergétique moyen, soit cela se produira sous l'effet d'un effondrement du niveau de vie causé par la poussé des prix de l'énergie. Mieux vaudrait bien évidement que les états organisent la transition eux même, mais ce n'est pas en croyant que le marché le fera qu'on y arrivera. Ici l'idéologie néolibérale freine les possibilités d'adaptation en contraignant les états dans des limites aussi stupides que mortifères, que ce soit à cause des limitations monétaires produit par la privatisation de l'émission de monnaie, ce qui empêche toute réelle politique d'investissement public, ou par la paralysie que cette idéologie instille dans la tête de nos dirigeants.  Cependant cette transition ne nous mènera pas vers une age  nucléaire, les raisons je viens de les donner, et de toute façon après ce qui vient de ce passer au Japon, il y a peu de chance pour que les populations veuillent continuer à jouer à la roulette russe du nucléaire fissile. Il nous faudra donc être inventif, et nous orienter vers d'autres énergies comme j'en ai souvent parlé sur ce blog, dans ce texte par exemple. Des biocarburants de seconde génération, aux panneaux solaires, en passant par la géothermie ou l'éolien, beaucoup de voies peuvent être empruntées. Mais il faut que les pouvoirs publics fassent un effort au moins aussi grande que ce  qui a nécessité le développement du nucléaire, ou la généralisation de la consommation de pétrole.Car il faut bien voir qu'il y a eu une volonté publique, autrefois,pour construire la société du tout pétrole ou les parcs nucléaires, ce n'est pas le marché tout seul qui a orienté nos sociétés dans ce sens. Ce sont des politiques publiques qui nous ont mis dans la situation actuelle, elles seules peuvent donc nous en sortir. Il nous faut une vraie politique industrielle et technologique de transition énergétique. A plus long terme on peut toujours espérer avoir un jour accès à la fusion nucléaire, mais cela reste encore de la science fiction à l'heure actuelle.

 

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 21:40

  decouverte-petrole-consommation.jpgSi les révoltes du monde arabe entraînent généralement un mouvement de sympathie de la part des populations occidentales, même si celles-ci ont tendance à oublier les dangers inhérents à des révolutions, elles ont aussi la fâcheuse habitude d'oublier dans le même temps l'impact de ces mouvements sur nos propres sociétés. Et l'effet le plus important qui va produire quelques problèmes, surtout en Europe, c'est la forte augmentation du prix du pétrole dans les années qui viennent. L'entrée en instabilité de la Lybie est par exemple une véritable bombe pour les importations énergétiques européennes, en attendant l'Algérie. Et quand on regarde l'histoire ont sait pertinemment que ces pays prendront du temps avant d'arriver  à une situation politique stable. C'est d'autant plus dangereux sur le plan énergétique que nous avons déjà franchie le pic pétrolier, la production avait déjà tendance à ne pas pouvoir suivre la consommation avec des régimes stables on se demande vraiment comme elle pourrait augmenter avec des mouvement populaires de masse et des régimes à courte durée de vie. Il a fallu plus d'un siècle à la France pour trouver un régime correct après la révolution et dans les autres pays  ce ne fut guère plus rapide. Il va donc falloir s'habituer à un moyen-orient encore plus instable qu'à l'accoutumée et pour longue période, donc à une inflation pétrolière encore plus rapide que prévu. Il ne s'agit pas bien sûr ici de critiquer ces révoltes, par ailleurs tout à fait légitimes, tout cela aux noms de nos propres intérêts, mais de prévoir une situation inéluctable et d'en conclure des réponses politiques appropriées.

 

 

L'Europe première victime de la forte hausse du pétrole 

 

      Si la hausse du pétrole à court terme est dangereuse pour la France et la plupart des pays développés, il n'en va pas de même pour les USA. Cette hausse est peut-être un cadeau inespéré pour maintenir l'empire encore quelques années. En effet le dollars étant la monnaie principale utilisée pour les échanges internationaux des matières premières et particulièrement du pétrole, une hausse de la valeur de celui-ci permet d'écouler plus de dollars sur le marché internationale. Il y a en effet comme un lien quasi incestueux entre le pétrole et la monnaie américaine, la valeur du pétrole soutient la valeur du dollars américain et permet en partie à l'oncle Sam d'être sûr d'écouler ses dollars en surplus produit par l'épongement monétaire permanent de ses déficits commerciaux. La crise actuelle au moyen-orient qui peut sembler au premier abord être une brèche en formation dans l'imperium américain, est peut-être en fait sont plus sûr soutien. Il ne me surprendrait pas d'apprendre d'ailleurs dans quelques années que les USA ont soutenu les révoltés et pourquoi pas organisé l'effondrement des régimes arabes, tant cette instabilité politique favorise leurs intérêts économiques à court terme. C'est bien tombé ces révoltes au moment où l'économie US n'en fini pas de sortir de sa crise économique, et au moment où les plans de relance creusent à nouveau les déficits commerciaux qui n'ont jamais été totalement résorbé même avec un PIB en forte contraction et un dollars en chute libre. Bien sûr pas question ici de faire de la conspiration, les USA ne font en fait que profiter d'une situation qui aurait un jour ou l'autre évoluée d'elle même en ce sens. Mais même si les USA n'y sont pour rien, force est de constater que la hausse du pétrole n'est pas une catastrophe pour eux bien au contraire. Évidemment certains objecteront à ces assertions que les producteurs de pétroles pourraient très bien se passer du dollars pour échanger leur pétrole à long terme, mais cela reste une pure vue  de l'esprit, du moins pour l'instant.

 

      Maintenant pour le reste du monde la situation est différente, tout le monde ne possède pas les moyens d'imprimer de la monnaie internationale. Cependant dans la mondialisation actuelle certaines régions ont d'autres atouts à faire valoir. La Chine par exemple n'a en fait pas grand chose à craindre de la hausse du pétrole, son énorme tas de dollars accumulé et qui continue de gonfler année après année, lui garantit de pouvoir se payer son énergie. Elle bénéfie de plus d'une politique énergétique intelligente et souverainiste, elle est aussi maintenant en situation de monopole sur les terres rares, situation dont nous avions parlé il y a quelques mois. Il en va de même pour la plus part des pays en voie de développement asiatiques, ils ont assez d'avantages commerciaux pour se payer leur pétrole. Pour l'Europe et le Japon c'est une autre affaire, leurs marges externes se réduisent de plus en plus, nos pays qui naguère n'avaient aucun concurrents sur les biens avancés, sont aujourd'hui en perte de vitesse. Si le premier choc pétrolier n'a pas eu d'effets d'effondrement pure et simple de nos économies dans les années 70, c'était avant tout parce que les pays producteurs avaient besoin de nos voitures, de nos télévisions, de nos outils etc... Aujourd'hui non seulement les pays producteurs de pétrole importent de plus en plus d'Asie ces marchandises, mais en plus nous importons nous mêmes de plus en plus d'Asie des biens de consommation et des produits finis. Dans ce cadre là, la seule solution sera la contraction de la consommation, nous n'aurons tout simplement pas d'autres choix, nous allons devoir nous passer de pétrole et même de gaz à plus long terme. Et même si demain le dollars est abandonné comme monnaie d'échange l'euro ne sera probablement pas accepté par ces pays. Après tout pour ces pays le plus intéressant à long terme serait de vendre leur pétrole en Yuan, puisque c'est de Chine que provient une masse de plus en plus écrasante des produits qu'ils consomment. Il ne leur servirait rigoureusement à rien d'avoir des euros en lieu et place du dollars.

 

  A moins bien sûr que les élites européennes ne soient judicieuses et ne transforment rapidement l'euro en une monnaie commune d'échelle eurasiatique, au lien d'être cette monnaie asphyxiante qu'elle est pour les peuples d'Europe. En effet en proposant aux pays producteurs de pétrole de faire de l'euro une monnaie de réserve à laquelle ils pourraient participer, nous les aurions de notre coté. Car peut-être qu'ils n'ont pas envie à long terme d'être totalement dépendant des chinois comme ils ont pu l'être des USA. Un euro qui serait la monnaie commune de tout le contient Européen et de tout les pays du pourtour méditerranéen ainsi que des pays d'Asie voulant participer, voila de quoi créer une bonne monnaie internationale. Elle n'appartiendrait à aucune nation en particulier, mais n'aurait pas les inconvénients de l'or.  Cependant dans quelques années il sera trop tard, car la Chine progresse à un rythme qui nous dépasse largement, le temps joue donc pour elle. Si les européens n'abandonnent pas leur construction actuelle pour faire de l'euro une vrai alternative au dollars alors c'est le Yuan qui jouera ce rôle. Il y a bien sûr 99% de chances pour que ce soit ce deuxième scénario qui se concrétise, il va donc falloir penser à une stratégie post-pétrolière.   

 

Les états européens seules face à leurs destins

 

      Comme je l'avais déjà expliqué dans un autre texte les puissances européennes, mais aussi partiellement le Japon,  vont être les premières à devoir sortir du règne des hydrocarbures. Nous n'en avons pas, ou du moins pas assez et nous ne pourrons bientôt plus les importer. Il reste bien entendu à savoir si nous comptons baisser notre consommation de pétrole ou de gaz en passant par la case misère généralisée, ou par une sortie vers le haut, c'est à dire en faisant une transition énergétique vers d'autres ressources, durables de préférence.  Notre continent isolé et en perte de vitesse va devoir apprendre à se passer de beaucoup d'importations à plus ou moins long terme. Et l'instabilité accru du monde arabe ne va faire que précipiter ces nécessaires orientations macro-économiques. Mais ces difficultés pourraient très bien être également une opportunité, en effet ces contraintes obligeront les européens à se réinventer, à reconstruire une société plus auto-centré et capable de devenir réellement durable. Et c'est un chemin que de toute façon l'humanité tout entière devra un jour traverser, même la Chine, car leur victoire commerciale à court terme ne fera en faite que repousser cette question chez eux. Est-ce qu'il est possible de concilier une société industrielle avancée avec  un développement durable? C'est peut-être impossible, mais c'est en Europe qui sera le terrain de test pour cette futur société. Je viens de lire d'ailleurs qu'une nouvelle espèce de microalgue semble extrêment prometteuse pour la production de biopétrole, qu'attendons nous pour nous lancer en France et en Europe dans ce type de production? Va-t-on encore attendre dix ans pour sortir du pétrole? Faudra-t-il que les famines reviennent en Europe pour que nos élites décident enfin de financer des choses utiles en lieu et place de la bourse,de la finance et des banques?

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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 22:00

gaz1-a58ef.jpg  Grande découverte figurez vous que le sud de la France serait plein de gaz, pas du gaz naturel à l'image de la production provenant de Russie ou d'Algérie, mais du gaz de  schiste qui serait présent dans des roches sédimentaires argileuses.  Gros problème les méthodes de forages semblent plus que problématiques, et il y a des questions à se poser quand à l'intelligence qu'il y a à toujours user d'hydrocarbures, alors même que leur extraction a un coût environnemental et économique complètement délirant. Ceux qui suivent ce blog depuis longtemps savent que je ne suis pas un grand apôtre de la protection  de l'environnement en tant que tel, je me méfie en règle général de l'attitude des écologistes extrémistes et je ne suis pas un adepte de la décroissance. Cependant dans le cas de l'exploitation des gaz de shiste je serais clairement de leur coté car il s'agit là d'une production complètement irresponsable à plus d'un titre.

 

  En premier lieu ces techniques de forage mettent en danger l'eau potable qui est un bien relativement précieux dans le sud de la France. Rare sont les étés où les nappes phréatiques ne sont pas à sec, utiliser une eau qui manque pourtant souvent, pour extraire du gaz voilà bien une idée complètement stupide. Ensuite ces méthodes de forage semblent extrêmement polluante, à se titre il y a un documentaire Gasland qui est sortie sur les conséquences de ces techniques aux USA et il n'y a vraiment pas de quoi pavoiser. Ce document visible sur le lien suivant explique par exemple comment l'on pratique la fracturation hydrolique qui est utilisée pour extraire les gaz de shistes.  Cela produit une fragilisassion du sol puis des  des micro-séismes, on imagine de suite d'éventuels éboulements  à  long terme.

 

 

 

         Mais Il y a aussi un problème encore plus grave, c'est que ces exploitations de plus en plus folles visent  ni plus ni moins à donner encore du temps à la civilisation des hydrocarbures. Temps qui jusqu'à présent n'a pas vraiment été mis à profit pour sortir du tout pétrole ou du tout gaz dans le cas présent. C'est une preuve supplémentaire de l'incroyable court termisme de notre civilisation qui court de solutions momentanées, en solutions momentanées, en donnant aux générations suivante le soin de résoudre le problème de fond. Bien évidement on pourrait se réjouir du fait qu'il y est du gaz en France, et cela s'ajoute à l'éventuelle exploitation du pétrole en  région parisienne dont les réserves seraient soit disant de 120 ans de consommation nationale. En tant que partisan de la souveraineté nationale cet état de fait pourrait me réjouir, mais le type d'exploitation dont il s'agit pose de si gros problèmes que le prix en est trop élevé. Ensuite ce n'est tout simplement pas une solution de long terme, creuser toujours plus profondément ou en fracassant le sol pour puiser les dernière ressources d'hydrocarbures,  tout en détruisant de vastes territoires de notre beau pays n'est pas vraiment faire acte d'intelligence à long terme. D'autant que de l'énergie il y en a à profusion sous forme solaire, géothermique, éolienne etc.. Pourquoi à se point vouloir perpétuer un mode de consommation énergétique qui tôt ou tard finira par s'épuiser. On ne doit jamais alimenter un flux permanent par un stock qui s'épuise, surtout lorsqu'il y a des alternatives tout à fait réalisables pour peu que l'on se sorte un peu les doigt du c....

 

forage-horizontal-et-fracturation-hydraulique.jpg

 

  Alors certes ces réserves représenteraient 4 fois les réserves de gaz naturel actuellement exploité dans le monde, mais leur prix d'extraction est largement supérieur quand aux effets environnementaux ils sont trés élevés. Tout cela pour faire perdurer un peu plus longtemps un mode de consommation énergétique sans avenir. 

 

Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué, cher et polluant.

 

      La grande question que l'on peut se poser en voyant les choix réalisés en matière d'investissement sur la production énergétique par le secteur privé, c'est de se demander pourquoi les grandes entreprises cherchent systématiquement à développer des technologies aussi coûteuses en terme d'infrastructures. Car comme nous l'avions vue il y a peu, des énergies comme les biocarburants de seconde génération, à l'exemple de l'huile de micro-algue, existent déjà et pourraient représenter de vrais alternatives aux hydrocarbures.   Dans les domaines des panneaux solaires, de l'éolien ou de l'hydrolien, il y aussi de grand progrès effectués. Pourtant les grands groupes à l'image de Totale   investissent essentiellement dans le maintient de la structure économique basée sur les hydrocarbures. Il n'est d'ailleurs pas étonnant de voir les pouvoirs publics en Europe ou aux USA, aujourd'hui largement arrosé par le lobby de ces multinationales, favoriser ces technologies pourtant des plus discutables. Et que l'on ne sorte pas l'argument de l'indépendance nationale pour justifier ces investissemnt en Europe et aux USA, en effet nos pays sont certes dépendant du pétrole, mais dans la balances des paiements se sont surtout les produits chinois à bas prix qui creusent notre dépendance plus encore que l'énergie. Voir les USA justifier leur politique d'investissement dans les gaz de shistes dont il sont les premiers producteurs, au nom de l'indépendance de leur pays à de quoi faire sourire quand ont connaît la balance des paiements de l'Oncle Sam. A la rigueur cela serait vrai pour la Chine ou le Japon mais pas vraiment pour la France ou les USA, dans ces pays il y a d'autres importations à réduire en priorité. Et puis les énergie renouvelable donnerait tout autant d'indépendance énergétique avec le gros avantage de pouvoir durer indéfiniment.

 

    Donc la question c'est pourquoi continuer à investir toujours plus pour extraire des hydrocarbures, dont on sait pourtant pertinemment qu'ils finiront un jour par s'épuiser? Pourquoi ne pas chercher directement à faire des technologies durables, pour employer un terme à la mode, c'est à dire capables de perdurer pour des siècles et des siècles. On pourrait répondre à cette question par le fait que l'être humain est un grand conservateur qu'il ne change ses habitudes que contrains et forcé. Il y a probablement du vrai dans cette affirmation, cependant l'homme moderne veut surtout pouvoir continuer à regarder sa télévision, à se chauffer ,à s'éclairer la nuit, et à pouvoir prendre un transport le menant là où il doit se rendre par nécessité. Que l'énergie qui lui permette cela, vienne du fond d'un puits de pétrole, d'une réserve de gaz de shiste se situant dans les Cevennes, ou d'un four solaire en Espagne il s'en fiche, tant qu'il peut l'utiliser. Plus valable est le fait que les grandes entreprises pétrolières ont acquis des savoir-faire qu'elles veulent user jusqu'à la corde, ne sachant pas vraiment quoi faire d'autre. Le conservatisme serait dans la structure même de ces géants de l'énergie qui détiennent par ailleurs tout les leviers économiques pour agir. On retrouve ici la problématique liée à la taille des groupes humains qui produisent des inerties sociales difficiles à  freiner. Mais à titre personnel je crois que la vrai raison provient de la différence de nature entre les technologies durables et les  technologies d'extraction de gaz ou de pétrole.

 

    Cette différence tient au niveau de l'investissement de base nécessaire à la mise en production. Les énergies dites propres ne nécessitent généralement pas les mêmes niveaux d'investissement à l'unité que les exploitations d'hydrocarbure. Elles ont aussi comme caractéristique de faire une production complètement décentralisée  à l'image des panneaux solaires que des particuliers peuvent à loisir acheter pour produire eux mêmes de l'électricité. Dans le cas du pétrole à micro-algue et des biocarburants de seconde génération c'est encore pire, puisque l'on peut imaginer à long terme voir des agriculteurs ou des gens ayant des espaces exploitables devenir des producteurs autonomes n'ayant de compte à rendre à personne et certainement pas à ces super-multinationales du pétrole. En clair contrairement aux technologies de gaz et de pétrole ou même nucléaire, les énergies renouvelables actuelles sont décentralisatrices en matière de production, elles sont naturellement  anti-monopolistiques. Or s'il y a  bien quelque chose que le capital déteste c'est bien la concurrence et la multiplicité des acteurs sur un même marché. Contrairement à la légende libérale, le capitalisme n'est pas du tout pour la compétition, au contraire même, celle-ci ruine ses marges et empêche une forte ponction sur le "marché" captif. Les cartels et les monopoles sont en réalité les structures préférées des capitalistes qui peuvent ainsi exercer leur toute puissance sur le reste de la population. Ils peuvent augmenter leurs marges et leur tarifs sans avoir à craindre un effondrement de leur vente puisqu'ils sont incontournables. C'est bien pour cela qu'en France les secteurs à caractère monopolistique ont été nationalisé après guerre. En effet mieux vaut un controle étatique et public plutôt qu'un monopole privé quand la concurrence ne peut exister pour diverses raisons. 

 

Donc il est évident que le secteur privé et notamment celui qui dispose des moyens les plus imposant financièrement fera tout pour maintenir ses monopoles et ne financera qu'à la marge les alternatives, à moins bien sûr qu'ils ne trouvent une technologie propre capable de créer des monopoles. Et pourquoi leur en vouloir d'ailleurs? Ce n'est pas à des acteurs privés de faire prévaloir l'intérêt général, mais bien à l'état et aux structures publiques. Seul des investissements publics massifs dans les énergies alternatives pourront nous faire sortir des hydrocarbures à relativement brève échéance. Il n'y a rien à attendre du secteur privé, les grosses entreprises, seules capables d'investissement massifs, n'ayant pas intérêt à la fin des hydrocarbures et de leurs monopoles productifs. Malheureusement  l'état qui devrait être un acteur indépendant du secteur privé ne l'est plus et l'est de moins en moins, les USA nous montrant l'exemple le plus flagrant. 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 20:32

 Algue.jpg S'il est une question essentielle pour l'avenir de nos sociétés c'est bien celle de l'énergie et au-delà même de l'énergie c'est la question de la durabilité de nos modes de consommations dans leur ensemble qu'il nous faut poser. Si nous sommes en se moment coincés dans le cadre d'une crise économique dont nos élites  semblent ne pas vouloir sortir. Il n'est pas vrai pour autant que cette crise produite par notre système économique soit la plus grave à long terme. En réalité la dépression occidentale produite par la libéralisation des échanges, cache une crise sous-jacente qui fera parler de plus en plus d'elle au fur et à mesure que les deux géants asiatiques se rapprocheront de nos standards de vie. Car ce n'est un secret pour personne, la production pétrolière a déjà atteint un plafond qui sera probablement impossible à franchir. Le fameux pic oil prendra de plus en plus d'ampleur et il est paradoxalement vrai que la crise actuelle donne du temps en réduisant la consommation de pétrole mondiale. Un peu à l'image de l'effondrement de l'URSS qui réduisit la consommation énergétique des pays de l'est déplaçant la date du pic pétrolier Russe de plus d'une dizaine d'années.

 

    Cependant l'on pourrait tout autant affirmer que le faible prix du pétrolier durant les années 80-90 a tout simplement fait avorter une évolution naturelle vers le changement énergétique. C'est le cas notamment de l'énergie la plus prometteuse pour l'avenir, je veux bien évidement parler des microalgues qui sont l'alternative la plus intéressante au pétrole. Un article très intéressant est d'ailleurs en ligne sur le site du projet Shamash, projet français visant à produire et à bien maitriser la production de biocarburant dit de seconde génération à partir de ces fameuses microalgues. Il se trouve d'ailleurs que la possibilité de faire du pétrole à partir de microalgues avait déjà été étudié suite aux premiers chocs pétroliers dans les années 70, mais que ces projets furent abandonnés avec la baisse des prix du pétrole. En France c'est en 1996 que la recherche fut abandonnée au motif que ces biocarburants ne seraient intéressants qu'avec un pétrole au dessus de 60$ le baril, çà tombe bien nous y sommes.   On voit bien ici l'effet du prix sur les motivations d'investissement et, au risque de choquer, je crois qu'il aurait été plus salutaire à long terme de maintenir très haut, même à coup de taxes, le prix  du pétrole pour pousser à la création d'alternatives. On le voit d'ailleurs les prix plus élevés aux Japon et en Europe ont poussé nos régions à être moins gaspilleuses en énergie que leur consœur américaine.  On ne peut que déplorer le retard pris en la matière sachant que la pénurie de pétrole et d'hydrocarbure en généra,l était inéluctable quelque soit  les estimations des réserves restantes. Il est assez irresponsable au finale de voir avec quelle légèreté nos dirigeants ont pris cette affaire. Comme si l'énergie était finalement quelque chose de secondaire alors qu'elle conditionne en réalité tout le reste, sans pétrole et énergie bon marché pas de gains de productivité donc pas d'enrichissement quelque soit votre modèle économique.

 

Les pays européens seront probablement les premiers à sortir du pétrole.

 

    Quelle affirmation n'est-ce pas?  Il y a des raisons tout à fait simples pour prévoir une sortie rapide du pétrole pour l'Europe. Nous n'aurons tout simplement pas le choix. Les nations européennes n'ont aucun avantage internationale à faire valoir dans la course mondiale au contrôle des hydrocarbures. En premier lieu il faut rappeler un principe de base économique, c'est une contrainte qui s'exerce sur le continent depuis que nous avons eu la triste idée d'imiter le modèle motorisé et pétrolier américain après guerre.  En réalité jusqu'au milieu des année 50 l'Europe était excédentaire en production d'énergie, nos pays exportaient énormément de charbon, chose qui a été un peu oublié depuis. C'est à cette époque que nous avons construit ce modèle déséquilibré qui a rendu nos nations toujours plus dépendantes d'une énergie importées jusqu'à la catastrophe des premiers chocs pétroliers dans les années 70. Cette contrainte pétrolière, car s'en est une, s'est traduite dans nos économies par l'obligation de dégager des excédents commerciaux dans d'autres secteurs que celui de l'énergie. Car pour pouvoir acheter notre pétrole ou notre gaz naturel, nous sommes obligés d'accumuler des excédents pour avoir  les dollars permettant d'acheter ce pétrole. Et oui les USA eux n'ont pas cette contrainte, tout avantagés qu'ils sont par leur monnaie impériale. Le pétrole étant acheté et échangé en dollars les USA peuvent se permettre d'acheter du pétrole sans contrepartie commerciale juste avec des billets qu'il ne tient qu'à eux d'émettre, comme disait De Gaulle. A n'en pas douter cet avantage va rapidement s'effriter avec la monté en puissance de l'Asie, mais pour l'instant le dollars reste la seule monnaie de référence internationale. Donc les USA vont pourvoir continuer sans se soucier aucunement de rééquilibrer leur balance des paiements ce n'est malheureusement pas notre cas.

 

    Autre point les pays occidentaux ne sont plus le centre du monde de la production, les pays asiatiques nous remplacent rapidement dans tout les domaines de l'industrie. A 'heure actuelle il n'y a d'ailleurs plus que l'Allemagne et ses satellites pour produire encore des excédents commerciaux permettant ces achats sans endettement extérieur . Mais à long terme même le géant allemand se retrouvera avec des déficits commerciaux . Et ce d'autant plus que l'excédent allemand se fait surtout face à d'autres pays industrialisés. Dès lors on peut se poser une question, si les pays producteurs de pétrole et de matières premières préfèrent acheter chinois, comment ferons nous pour acheter notre pétrole?  Cette question est très importante car nous allons le voir il n'y a que deux solutions sur le plan politique:

 

  1-Diminution du niveau de vie

 

  Première solution, nous essayons d'être compétitif économiquement à l'échelle internationale face aux chinois. Or étant donnée l'évolution technique de ce pays et son coût du travail, nous n'aurons pas d'autre choix que de diminuer drastiquement le niveau de vie de notre population pour y arriver.  Et ici le protectionnisme ne nous servira à rien, à par peut-être les dévaluations et encore. En effet il ne s'agit pas ici de favoriser la production locale au détriment des importations pour garder des emplosi industriels, mais d'être capable de dégager un excédent dans tel ou tel secteur pour arriver à payer notre énergie provenant d'hydrocarbures. Maintenir coûte que coûte l'usage du pétrole et du gaz dans nos pays, nous contraindra à abaisser en partie notre niveau de vie pour pouvoir faire face à la monté en puissance des nouvelles nations industrielles. Ici l'on peut finalement admettre que l'hypothèse de Samir Amin sur l'inversion des termes de l'échange n'était peut-être pas totalement infondée. En effet les pays producteurs de matières premières semblent devenir plus puissants au fur et à mesure que le nombre de puissances avec des capacités industrielles augmentent. Le nombre de producteurs de matières premières se réduisant alors que les producteurs de biens industriels augmentent, on assiste peut-être à une inversion des puissances. Les pays producteurs de matières premières devenant dominant face à des pays industriels en concurrence et dépendant d'eux. Il s'agit là d'une raison supplémentaire à la deuxième solution à notre problème.

 

2-Rechercher une alternative aux hydrocarbures

 

  Deuxième solution, nous abandonnons le modèle pétrole/gaz qui est le notre pour tenter de nouvelles sources d'énergies qui ne nécessiteraient pas d'importations.  En changeant de mode de consommation nous rendons inutile l'accumulation d'excédents pour payer notre énergie. C'est la seule manière de ne pas entrer en concurrence économique ou militaire avec les puissances émergentes. Et de toute façon l'Europe n'a ni la puissance militaire pour s'imposer, contrairement aux USA, ni les capacités économiques de la Chine ou de l'Inde demain. On comprendra donc que cette option est en réalité la seule qui s'ouvre à notre continent si nous ne voulons pas à terme devenir une nouvelle région du tiers-monde.

 

Les alternatives énergétiques

 

    Une fois que l'on a admis que la seule solution est la sortie rapide de l'usage des hydrocarbures reste à se demander quel pourrait être la ou les alternatives. En premier lieu, et on l'a souvent dit, il nous faudra déjà apprendre à utiliser au mieux l'énergie.Quand on sait qu'en France plus de la moitié des déplacements en voiture sont pour des distances de moins de un kilomètre, on a largement ici de quoi faire des économies. On doit également repenser nos villes, les densifier pour réduire énormément la distance séparant les lieux de travail des lieux d'habitation. Nous ne devons pas compter ici sur les mécanismes du marché ces deniers n'agissent que dans l'urgence une fois qu'il est trop tard produisant des variations brutales et instables des prix. Comme nous l'avons vue sur le pétrole à microalgue le marché a une vision à court terme et ne se préoccupe pas de ce qu'il adviendra de la société dans 20 ou 30 ans. Or la structure des villes par exemple, demande une stratégie de longue haleine et une planification.  Autre problème il va nous falloir repenser notre agriculture, qui à l'heure actuelle devrait plutôt s'appeler pétroculture tant l'usage du pétrole est intensif pour produire notre nourriture. En effet les engrais et les pesticides qui sont au centre de l'agriculture moderne usent de pétrole pour être produit. Là encore il va nous falloir repenser de A à Z notre mode de production et cela ne va pas être une partie de plaisir comme je l'avais montré dans la médiathèque consacrée à l'agriculture.

 

  Maintenant concernant les alternatives énergétiques elles mêmes, nous avons de nombreuses pistes à suivre simultanément tant il y a des incertitudes sur le devenir de chacune d'elles. Il existe les énergies écologiques bien connu comme les éoliennes et les panneaux solaires, le problème c'est que ces derniers nécessitent une industrie derrière, une industrie qui est rentable parce qu'utilisant du pétrole. Il n'est pas dit que les éoliennes ou les panneaux solaires soient encore intéressants économiquement s'il manque du pétrole. Cependant on peut imaginer dans l'avenir des panneaux solaire organiques par exemple, qui ne nécessiteraient plus une production de semi-conducteurs pour être produit ce qui changerait passablement la donne. On a aussi tout ce qui est du domaine de l'hydraulique les barrages bien sûr même si la France est déjà saturée, mais aussi les hydroliennes ou aqualiennes qui sont l'équivalent sous marin des éoliennes.   Il y a également la filière nucléaire mais l'épuisement mondiale de l'uranium aura tôt fait d'invalider cette solution même si certains rêvent encore d'une plus grande efficacité en matière d'usage de la matière fissile prolongeant ainsi la durée  de vie du nucléaire fissile. Mais  le domaine du nucléaire qui reste le plus intéressant est le domaine de la fusion, cependant les temps de développement sont tels que même en cas de succès l'énergie de fusion arrivera trop tard pour sauver nos sociétés. Ensuite nous pourrions parler de l'énergie géothermique si abondante sur terre mais dont on a encore du mal à extirper efficacement l'énergie. On pourrait imaginer que certain pays richement dotés comme l'Islande transforme leur énergie géothermique très abondante (l'Islande étant située en plein sur la dorsale médio-océanique entre la plaque tectonique américaine et européenne) en hydrogène ou d'autres composés plus stables et faciles à transporter. On transformerait ainsi l'Islande en grande producteur d'énergie pour l'Europe. Mais la géothermie c'est aussi utiliser les différences de chaleur du sol et de l'altitude pour produire de l'énergie, on peut imaginer tout un tas d'applications visant à produire de l'électricité grâce aux différences thermiques.

 

  Enfin il reste les biocarburants de seconde génération créés à partir  de microalgues ou de bois, ce dernier pouvant lui aussiproductivite.jpg être transformer en carburant.  Il existe plus de 200000 espèce d'algues différentes mais seules les algues autotrophes sont réellement intéressantes pour la production d'énergie primaire car elles tirent directement leur alimentation de minéraux et non de composés de carbones organiques. Le graphique suivant montre la productivité de certaines microalgues face à des oléagineux dont on a fait les premiers biocarburant. Ces derniers furent d'ailleurs appelés agrocarburant, il ont une  sinistre réputation puisque ces derniers, en entrant en concurrence avec l'agriculture vivrière,  ne sont pas étrangers à la flambée des prix de la nourriture à l'échelle mondiale. Comme on le voit le colza a un rendement au m² ridicule comparait aux algues. Même chose pour le tournesol ou la canne à sucre. L'autre avantage c'est que le microalgues, poussant dans l'eau, leur production sera plus facile à obtenir sous des climats variés  que pour la canne à sucre par exemple celle-ci n'est viable que sous un climat tropical ce qui réduit largement son usage énergétique.

 

bioreacteur.jpgPour obtenir un biocarburant convenable les biologistes stress les microalgues pour leur faire produire un maximum de lipides. En clair il les engraissent, en trouvant les meilleurs façon de les alimenter et de les exposer à la lumière, en les privant d'azote ou d'autre chose. Les recherches portent essentiellement sur cette optimisation et sur le choix des meilleurs microalgues possibles. Cependant étant donné le nombre d'espèce, on peut imaginer que l'optimisation continuera même après une éventuelle production de masse de biocarburant à microalgue.   Parallèlement les microalgues peuvent aussi servir à piéger le CO2 dans une optique écologique, des expériences montrent même qu'elles peuvent dépolluer une atmosphère des métaux lourds qui s'y trouvent.

 

  Il reste cependant de nombreuses recherches à mener pour savoir si oui ou non la microalgues pourrait devenir de le pétrole de demain. les estimations éconmique étant trés difficile à réaliser tant le nombre de fateur à prendre en compte est important c'est ici que les pouvoir publics devrait intervenir. Cependant l'état français finance peu ce type de recherche pourtant prometteuses à relativement court terme. L'état devrait le plus vite possible mettre en place une structure visant à financer massivement les recherches de ce type car la sortie du pétrole devient un impératif si nous ne voulons que la France de demain deviennent une nation misérable et sans avenir.  Il faut lancer des tests à grande échelle pour aider les chercheurs à se faire une idée de la viabilité économique de la chose, quitte ensuite à abandonner si cela ne mène à rien. Car on ne peut pas tout prévoir à partir de calculs même très bien ficelés.  Il faut un effort au moins équivalent à celui de la reconstruction après guerre en terme économique pour pouvoir nous sortir par toute les voies possibles du merdier pétrolier. Le temps presse, il faudrait peut-être à nouveau s'occuper des choses sérieuses et faire de  la vrai politique au lieu de perdre du temps avec les marchés financiers et les délires libre-échangistes de l'UE ou de l'OMC. Car la politique est une chose trop sérieuses pour être laissé à des gens qui ont une mentalité de banquier. 

 

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14 mars 2010 7 14 /03 /mars /2010 17:10

SystemTech.jpgL'occident est en train de connaitre une formidable vague de pessimisme, celle-ci prend de nombreuses formes caractérisées par une forte propension au dénigrement constant. Le titre du dernier livre d'Eric Zemmour est en quelque sorte représentatif de cette vague il parle de mélancolie française. Ce titre pourrait très bien définir la situation US ou la situation Britannique car ici aussi se développe avec l'apparente crise du progrès, une énorme nostalgie qui parfois conduit à une volonté régressive voir réactionnaire.

 

  Cette mélancolie, cette nostalgie excessive qui parcours l'esprit des occidentaux modernes, a pris, il y a quelques années déjà, une forme directement revendiquée celle de la décroissance. Une volonté directe de mettre fin au système technique lui même considéré comme maléfique par essence en bien des parties. Il existe bien sure plusieurs degrés de décroissant plus ou moins fort, plus ou moins rationnel. Mais les décroissants ont quand même tous en commun une vision très pessimiste du futur de l'humanité, ils ont fait une rupture avec le progrès, et notamment sa face la plus visible celle du progrès technique.

 

  Les questions que je me pose à l'encontre du mouvement de décroissance sont les suivantes, est que les décroissants ont raison ou tort lorsqu'ils affirment la finitude du progrès ? Est-ce que leur attitude résulte d'une réflexion réellement rationnelle ou simplement d'une espèce de nihilisme d'un genre nouveau qui visent à détruire sans réfléchir? Et ensuite est-ce qu'ils réalisent ce qui se passera si leur idées passent réellement en acte dans la société moderne.

 

Définition du progrès

 

L'esprit du progrès est aujourd'hui uniquement associé  à la technique c'est en grande partie une erreur. Le progrès s'est surtout réalisé dans la façon de penser de l'humanité. Nous sommes passé d'une pensé magique cherchant des liens entre ce que nous observions et ceux que nous pensions aux-travers des croyances diverses et sans fondements,  qui formait souvent de socle à la société la religion, les superstitions diverses et variées, à une pensée relative qui de fonde uniquement sur des expérimentations pratique. C'est ce qu'Auguste Conte appelait la pensé positive.

 

  Cependant la pensée magique existe toujours dans certaines parties du monde. Même aux USA, la remise en cause permanente des thèses darwiniennes sur l'évolution sur des bases purement religieuses est l'exemple le plus fort en la matière. On pourrait se gausser aussi de ces religieux musulmans qui cherchent désespérément le caractère scientifique du coran pour en justifier l'autorité éternelle. Ou encore la pensée économique qui finalement ne repose en pratique sur pas grand chose et consiste surtout à produire une métaphysique indémontrable justifiant pour l'essentiel les politiques quelles qu'elles soient. L'économie étant surtout une forme moderne d'autorité quasi religieuse prenant l'apparence de la science tout en évitant de se juger elle même suivant les principes scientifiques. Ainsi continu-t-on de prôner des politiques provoquant catastrophe sur catastrophe, tout en présentant ces dernières comme scientifiquement raisonnables. Les économistes ont semblent-ils mal compris ce que scientifique sous-entend.

 

    D'ailleurs cette pensée dite scientifique, cette façon de voir les choses et d'analyser le réel n'a jamais cesser de changer, nous ne voyons plus le monde et la réalité comme pouvez le faire Descartes ou Montesquieu. Quand Descartes a écris le Discours de la méthode il pensait que dans la compréhension des lois de la nature il s'approcherait de la vérité de dieu. C'est dans une optique finalement religieuse que Descartes a inscris ses réflexions, pour lui les paroles divines ne sont pas écrites dans des livres, écrit par des hommes, mais bien dans les lois qui régissent la nature. De ce fait il n'opposait pas croyance et raison comme certain le font de nos jours et de façon extrêmement grossière. La raison pour Descartes était en quelque sorte le mécanisme fournit par dieu aux mortels pour décrypter ses lois . Ce n'est que plus tard que la science s'est finalement désolidariser de la croyance divine même si de grands scientifiques furent croyant, le plus célèbre étant bien sure Albert Einstein dont la fameuse phrase "Dieu ne joue pas aux dés" raisonne encore dans la tête des scientifique maniant la physique quantique.

 

  Quoiqu'il en soit la pensée positive ou pensée rationnelle qui consiste à émettre une théorie et à en valider la véracité dans l'expérimentation et la mesure scientifique, est ce qui sépare fondamentalement le monde moderne du passé. C'est cela essentiellement le progrès et c'est très réducteur de ne retenir du progrès que l'évolution technique, même nos réactionnaire sont des progressistes sans le savoir, bien peu d'entre eux remettraient en cause la pensée positive sauf cas pathologique.

 

Je ne vais pas revenir sur la problématique du cartésianisme qui est souvent confondu avec la pensée positive je l'ai déjà expliqué dans un texte précédent concernant le libéralisme. Le cartésianisme n'est pas forcement rationnel et une bonne part des problèmes liés à la modernité technique résulte de cette confusion. En effet la technique est vue comme isolé du reste de la société, par la mécanique cartésienne nous séparons les choses et les segmentons. Donc il est normale que la technique en occident ait évolué de façon autonome sans tenir compte des contraintes sociales, écologiques, ou politiques que son évolution allait engendrer. C'est cet état de fait qui a permis à Jacques Ellul l'un des pères de la pensée écologique moderne de construire une réflexion critique à l'égard du progrès technique. Il représenta cet séparation en appelant le progrès technique "Système technicien", soyons clair l'analyse de Ellul est tout à fait pertinente ce qui explique sont succès et les petits qu'elle a produit comme les mouvements écologistes ou décroissants.

 

La décroissance est techno-pessimiste

 

En un sens Ellul était un rationaliste progressiste, il critiquait la technique avec une argumentation scientifique, l'évolution autonome de la technique conduit l'humanité dans une impasse. Dans l'esprit d'Ellul il fallait remettre la technique dans un cadre général de contrainte, c'est un peu la même chose que ce que nous connaissons avec la finance et l'économie en générale, remettre un cadre et mettre des gardes fou pour éviter les crises. Il faut remettre la technique au service de l'humanité et non la laisser produire des choses pour produire des choses de façon tautologique.

 

  Là où le bât blesse c'est quand il y a confusion entre science et technique, entre esprit positif et cartésianisme,  non pas chez Ellul trop intelligent pour faire cette erreur, mais chez ses représentants et descendants attitrés. Car l'écologie est en passe elle aussi de devenir magique c'est à dire de rejeter en grande partie ce que l'esprit positif avait apporté à l'humanité. Alors que Ellul critiquait le progrès devenu son antithèse, le progrès technique étant en partie devenue une chose que l'on subit sans pouvoir le contrôler, une force de la nature mu par des forces quasi magique avec une apparence scientifique, alors qu'au contraire à l'origine il avait pour but de permettre à l'humanité de contrôler son destin. Les décroissants, eux, se sont mis pour beaucoup à jeter le bébé avec l'eau du bain, le progrès technique serait par nature mauvais car notre réalité est fini et qu'il est stupide de vouloir croitre indéfiniment.  Il y a d'ailleurs ici une confusion entre le capitalisme et le progrès technique, ce dernier pouvant ne pas forcement engendrer une croissance économique car  ce n'est pas par nature sa finalité. Il ne faut pas oublier que le progrès technique existe en même temps que le capitalisme marchand l'essence néolibérale, le comportement du système technicien pourrait bien être fort différent dans un cadre économique moins économicocentrique.

 

  Mais le raisonnement des décroissants est simple et se fonde sur la finitude de tout, comme nos ressources sont limités nous ne devons pas éplucher la planète comme les pelures d'un ognon, car à la fin il ne restera rien pour les générations futures. Comme tout ce que nous consommons s'épuisent nous devons impérativement réduire notre impact sur la planète en réduisant notre consommation. C'est en quelque sorte un version de Malthus remis au gout du jours et visant non plus seulement les terres agraires et la démographie, mais l'ensemble de la consommation en matière première. C'est l'apologie de la vielle mécanique des rendements décroissants qui voit l'accroissement du travail ne plus être proportionnel à l'accroissement du rendement de ce même travail. Ce découplage conduit à un progrès logarithmique dans son évolution mais avec une asymptote, soit une stagnation à terme des rendements ou des gains de productivités.

 

  Les décroissants font sans le savoir un pari pessimiste sur l'avenir, ils présupposent que l'ingéniosité humaine est limitée, qu'elle ne pourra pas éternellement lutter contre les rendements décroissants. Cette hypothèse n'est pas dénuée de fondement et ce n'est pas parce que Malthus s'est trompé que ses descendants spirituelles auront le même destin. Cependant il ne faut pas oublier que ce n'est qu'une hypothèse et qu'il n'y a aucune preuve réelle de ce destin funeste. Tout comme les libéraux ou les météorologues adepte du réchauffement climatique, les décroissants usent d'arguments arbitraires pour justifier leur action dans le présent.

 

Il est irrationnel d'être décroissant

 

  Mais cette façon d'anticiper l'avenir en faisant des présupposés ou en exagérant nos connaissance sur le futur n'est pas nouvelle. Je ne peux que citer la superbe formule de Keynes concernant le futur:


« Le futur, nous le savons bien, ne ressemble jamais au passé. Mais nos capacités d’imagination et de connaissance sont en général trop faibles pour nous indiquer à quels changements précis nous attendre. Nous ne savons pas ce que le futur nous réserve. En tant qu’être vivants et animés, nous devons néanmoins réagir. Pour conserver notre tranquillité d’esprit , nous dissimulons la faiblesse de notre capacité de prévision. Comme malgré tout l’hypothèse doit nous guider, nous avons tendance à substituer à la connaissance qui est inaccessible certaines conventions dont la principale consiste à supposer, contre toute vraisemblance, que le futur ressemblera au passé. C’est ainsi que nous agissons en pratique. »


  Ce texte concernait la démographie et son évolution future, vous pouvez lire le texte en entier sur ce blog si cela vous intéresse. Les propos de Keynes sont toujours d'actualité et pourraient aussi bien s'appliquer aux fous du néolibéralisme  qu'aux décroissants. En anticipant de façon pessimiste sur le futur ils imaginent que les sciences et techniques useront toujours des même procédés dans le futur. Comme ils supposent que le progrès est limité et que nous avons atteins cette limite, ils ne s'imaginent pas une rupture technique permettant de surmonter ce qui leur paraient insurmontable, la raréfaction des ressources.  Pour eux la recherche scientifique est donc un gaspillage de ressource. 

 

  Donc si nous voulons valider ou non les thèses des décroissants il ne faut pas mesurer leurs arguments d'autorité à long terme mais seulement les impacts éventuels de ces politiques sur le moment présent. Nous devons nous demander ce que provoqueraient des politiques volontaristes de décroissance sur l'économie et la société en générale, et non imaginer leur impacts sur un futur dont nous ignorons tout.

 

    En premier lieu il y aurait une baisse volontaire et générale de la consommation sous toutes ses formes. Une telle politique provoquerait indéniablement une poussée du chômage. Nous sommes d'ailleurs déjà en décroissance économique en Europe, la France a même pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale connu une baisse de sa quantité d'emploi en 2009. On voit l'impact de la baisse de la consommation sur l'emploi et la vie de la société, concentration des richesses accélérées, déchirement du tissu sociale etc.. De plus cette baisse de la consommation produit une baisse de l'investissement des entreprises, y compris dans la recherche et le développement.   Or sans investissement pas de progrès dans l'efficacité énergétique par exemple, il faut savoir que nous consommons aujourd'hui des objets électriques largement plus efficace en matière énergétique que ne l'était leurs ancêtres dans les années 80. Si nous n'avions pas continué à consommé et que l'investissement s'était bloqué dans les années 80 nous aurions une efficacité énergétique largement inférieure à ce qu'elle est aujourd'hui.

 

  Plutôt que de produire une politique nihiliste et destructrice de la créativité humaine ne vaudrait-il pas mieux utiliser l'énorme potentiel créatif de l'esprit humain à répondre par des réalisations concrètes  aux inquiétudes  légitimes des décroissants? En orientant les politiques publiques et industrielles vers la promulgation de techniques écologiques et responsables, avec des politiques fiscales favorisant l'orientation durable de notre développement. Bien sure comme les décroissants sont parti de l'axiome suivant lequel le progrès technique est une impasse, ce type de politiques raisonnables est pour eux inutile.

 

    La deuxième marotte des décroissants est la question démographique. La plupart des décroissants sont malthusiens au sens où ils prônent une décroissance de la population. Cette volonté de décroissance est d'ailleurs très médiatisée, l'un des plus célèbres décroissant étant Yves Cochet dont les propos en la matière sont tout à fait limpides.  En effet si l'on se place du point de vue des décroissants la population mondiale est trop élevé pour la nourrir avec une agriculture de type biologique, au bas mot il faudrait diviser par deux le nombre d'habitant sur terre. Mais comme les décroissants ne sont pas encore complètement fous, ils ne proposent pas de construire des chambres à gaz pour la population surnuméraire, mais plutôt de produire volontairement un crash démographique. Il est d'ailleurs temps de noter que ce crash est déjà en train de se produire puisque contrairement à la légende, la population mondiale a largement entamé sa transition démographique comme je l'ai d'ailleurs montré dans un texte récent.

 

    Il y a là une légèreté politique à préconiser de tels actions quand on sait les conséquences dramatiques qu'une baisse brutale de la population peu produire, surtout par un vieillissement massif de la population. En effet  en baissant la population par les berceaux vous produisez une transformation de la pyramide des ages, ce faisant que deviendraient nos sociétés si elles étaient peuplées de 60 ou 70% de plus de soixante ans? A cette question essentielle nos décroissant on tendance à répondre, vive l'immigration, ce qui n'est pas très cohérent avec leur volonté de décroissance démographique. En effet puisque cette dernière devrait être mondiale cela inclus les pays de l'actuelle tiers-monde d'où proviendrait donc les immigrés? Si ces pays vieillissent aussi, ils ne pourront pas pourvoir à nos besoins démographiques. On pourrait objecter également que cette immigration ne serait pas sans produire de graves conflits aux seins de nos nations. Et pour terminer l'invalider cette thèse, si ces immigrés viennent chez nous pour travailler ce n'est pas pour être payé comme chez eux, si leurs niveau de vie s'aligne sur le notre l'effet recherché qui est de baisser la consommation n'aura servit à rien, on aura juste changer la couleur des consommateurs. A moins de supposer évidemment que ces immigrés soient moins rémunérer, cela signifierait il que la décroissance démographique devrait passer par une politique d'esclavage?

 

      On le voit en pratique les politiques de décroissances sont irréalistes politiquement parlant. Tout comme les politiques néolibérales cherchant à casser les salaires pour améliorer la compétitivité,  elle se heurtent au monde réel aux rapports de force politiques à l'équilibre des nations dans leur ensemble. Les décroissants se sont bornés à n'analyser la réalité que sous une forme cartésienne en éludant une grande partie du reste de la société, et en niant la capacité créative qui caractérise notre espèce. Après tout lorsque nous étions chasseurs cueilleurs la planète ne pouvait pas pu nourrir plus de 25 millions d'individus, et puis il y a eu la rupture de l'agriculture qui fit faire un bond démographique énorme à la population humaine. Nous vivons probablement un rupture du même ordre cette évolution pré-historique qui a du bouleverser l'humanité et produire de  graves déséquilibres à cours terme. Ce n'est pas pour autant que l'humanité de l'époque a cédé à la panique et est redevenue nomade, elle s'est adaptée, nous en ferons de même. 


Le pari du futur


  Il faut cesser de croire en notre omnipotence nous ne savons qu'une seule chose sur le futur, c'est que nous ne savons pas en réalité ce qu'il sera vraiment. L'histoire de la science le prouve elle fonctionne par rupture non-linéraire elle ne progresse pas de façon continue. Les multiples interactions entre les diverses branches scientifiques peuvent produire des avancées dont on avait pas idée auparavant. On pourrait dire qu'elle progresse par palier plus ou moins longs, avec la modernité et l'accélération des échanges scientifiques, ces paliers ont d'ailleurs eu tendance à se réduire. C'était d'ailleurs un peu l'intuition de Joseph Alois Shumpeter et de son progrès technique en forme de grappes, même s'il avait tendance à mettre trop en avant le poids des entrepreneurs dans le progrès. Et réalité c'est la recherche fondamentale qui produit les vrais ruptures scientifiques celles qui permet de casser la mécanique des rendements décroissants. L'exemple type est celui de l'algèbre de Boole, inventé au 19ème siècle cet outil mathématique ne trouvera son application concrète qu'au milieu du vingtième siècle avec la découverte de l'effet transistor. Quand George Boole le met au point, il n'imagine absolument pas que son truc mathématique produirait l'informatique et l'électronique numérique moderne. Si les scientifiques eux mêmes n'arrivent pas à prévoir l'avenir dans leur propre domaine il est bien prétentieux de le faire à leur place.

 

    Et même si les décroissants ont raison, à savoir que le progrès technique n'est pas capable de nous sortir du guêpier des rendements décroissants, la décroissance se fera alors quelque soit nos choix. Et que la décroissance se fasse volontairement ou pas, il y aura dans les deux cas une catastrophe humaine et sociale. Sauf que dans le cas ou nous aurions continué à faire de la recherche et du développement, il y aura toujours un mince espoir de voir l'apparition de solutions pratiques à ces problèmes. Si l'on vous dit que vous avez 95% de chances de mourir d'un cancer avec une opération, mais 100% de chances de mourir si vous ne vous faites pas opérer quel choix rationnel feriez vous? Celui de l'opération évidement même si vos chances sont minces. C'est la même chose pour la décroissance et le progrès technique, la décroissance n'est pas vraiment un choix, c'est un renoncement, une espèce de suicide collectif, je me considère donc comme progressiste même si modéré.

 

    Maintenant il faut bien sure optimiser nos chances de survies en orientant le plus possible la science et la technique vers l'intérêt général. Notre système technique est plus malade d'une idéologie, celle du néolibéralisme qui interdit aux états de contrôler l'orientation du progrès technique en le laissant aux mains du sacro-saint marché, que du progrès technique lui même. La science est un outils, à nous d'en faire bon usage de façon à ce qu'elle ne soit pas uniquement utilisée dans des intérêts économiques à court terme.  Renoncer au progrès scientifique c'est condamné l'humanité à un destin funeste dont seul des bourgeois bien  à l'abri pourraient vraiment se réjouir.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 11:46

vlcsnap-603903J'avais commencé le texte qui suit après m'être posé quelques questions sur la notion d'utilité et sur la définition que l'on pourrait donner au développement. Il s'agissait surtout pour moi de me distancier de la définition courante du développement comme étant une accumulation de richesses matérielles. Mais c'est surtout après avoir lu des textes de Malakinelink, mon collègue blogueur, concernant le développement et l'articulation qu'il pourrait y avoir entre le protectionnisme, l'écologie, la démographie etc.. que j'ai décidé développer un terme résumant cette conception. Et ce soir en relisant mes idées éparses, j'ai trouvé le terme de développement autoreproductible, et j'espère que ce petit texte qui suit va vous éclairer un peu sur la chose.



Je commencerais ce texte par une citation de Jean-Jacques Rousseau qui écrivit ceci dans son célèbre discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes :


« De la société et du luxe qu'elle engendre, naissent les arts libéraux et mécaniques, le commerce, les lettres; et toutes ces inutilités, qui font fleurir l'industrie, enrichissent et perdent les Etats. La raison de ce dépérissement est très simple. Il est aisé de voir que par sa nature l'agriculture doit être le moins lucratif de tous les arts; parce que son produit étant de l'usage le plus indispensable pour tous les hommes, le prix en doit être proportionné aux facultés des plus pauvres. Du même principe on peut tirer cette règle, qu'en général les arts sont lucratifs en raison inverse de leur utilité et que les plus nécessaires doivent enfin devenir les plus négligés. Par où l'on voit ce qu'il faut penser des vrais avantages de l'industrie et de l'effet réel qui résulte de ses progrès. »


Sans être aussi extrême il est vrai que bon nombre d’activités humaines sont loin d’être d’une utilité flagrante et que les plus utiles sont bien souvent les moins bien rétribuées et les moins bien reconnues socialement. Nous n’avons qu’a comparer le revenue d’un éboueur indubitablement utile à celui d’un présentateur télé sur TF1 dont l’utilité, celle de nettoyer le cerveaux des gens pour vendre du Coca-Cola, est des plus relative.


Pourtant il est très difficile de juger ce qui est utile de ce qui ne l’est pas, les scientifiques n’ont guère d’utilités à court terme la société pourrait s’en passer et continuer à vivre, mais l’impact de la science sur la prospérité à long terme d’un pays est indéniable. Si je parle de cela c’est que cette notion d’utilité est très importante pour définir ce qu’est le développement.


L’occident a prie pour habitude de définir le développement en terme quantitatif absolue, pour nous le développement consiste à posséder plus de choses, plus d’objets, ainsi défini on considère les Etats-Unis comme étant le pays le plus développé de la planète. Le fait que cette nation consomme bien plus qu’elle ne produise (déficit commerciale de 750M$, les USA ne fond plus ni de chaussure, ni de meuble, et 80% des voitures qui sont consommées dans ce pays n’y sont pas fabriquées), le fait qu’elle consomme une trop grande quantité d’énergie et de ressource qu’elle ne possède pas, qu’elle fabrique par millions des détraqués et des analphabètes au point qu’elle est la seule nation développé au monde où le niveau scolaire a baissé ne semble pas infléchir cette croyance.


Je tiens également à signaler le fait qui trouble tout les démographes qu’a l’heure actuelle aucun pays développé, ou ayant passé la transition démographique, ne fait suffisamment d’enfants pour se reproduire à un pour un. C’est une première dans l’histoire de l’humanité, on a connu de grandes stagnations, de fortes hausses de la population, ou des baisses causées par des épidémies ou des guerres, mais jamais on avait vue des pays qui ont constamment une population en baisse ,et ce, en période de paix, et de relative prospérité. C’est un signe sure que nos sociétés soi disant développées ne sont pas viables à long terme, des démographes japonais se sont même amusés à calculer que si la fécondité nipponne se maintenait au niveau actuel il n’y aurait plus que 300 japonais en l’an 3000. Si l’humanité tout entière prend le même chemin, ce qui semble être le cas, la population mondiale est passé sous le seuil de reproduction dès 2006 d’après le démographe Pierre Chaunu (voir « Essaie de prospective démographique » Fayard), inutile de vous dire qu’il sera impossible aux pays développés de faire appel à l’immigration puisque le tiers monde n’aura alors plus personne à fournir d’ici 30 ans.


Mais quel est donc le lien entre l'utilité, le développement ou la natalité ,et bien c'est mon nouveau concept le développement autoreproductif. Le terme signifie simplement un développement capable de se reproduire lui même, ce concept est au dessus du développement durable car il l'inclus,l'écologie faisant naturellement partie de la reproductibilité du développement en question. Le terme utilité sous ce concept prendra alors une tout autre définition que dans l'ordre marchant actuel. Au lieu de définir l'utilité courante comme étant « Est utile ce qui fait grimper le PIB » . On a plutôt une définition de ce type « Est utile ce qui peux garantir la continuité et la reproductibilité du développement humain ». L'utilité ,sous ce sens, d'un éboueur devient nettement plus grande que celle d'un footballer ou d'un journaliste de TF1.


En clair je rejoins ici les réflexions sur la durabilité globale de notre société qu'a fait Malakine et dont on espère un livre bientôt. Il s'agit de mettre en place une articulation logique et hiérarchisé entre les innombrables domaines qui interagissent entre eux et font de notre vision des choses actuelles un imbroglio inextricable. Nommer les choses savoir hiérarchiser l'information et les idées, être capable de savoir quoi faire et pourquoi le faire est le seul moyen d'agir réellement en politique. A l'heure actuelle nous, les modernes, sommes enfermés dans une vision surdéterminé des choses, nous ne savons plus où nous allons, car nous ne savons même plus quel chose est importante ou non. Ils nous faut donc réduire les variables des problèmes et se concentrer sur l'essentielle, et ceux qui est essentielle est ce qui correspond à l'utilité tel que défini précédemment, imbriqué dans la notion de développement autoreproductible.


Alors plus concrètement le développement autoreproductible consiste à sortir des notions absolus, pour moi le développement est avant tout une définition relative. Un société peut avoir un degrés de technicité inférieure à celle d'une autre et être autoreproductible ou l'inverse. Dans cette vision des choses il faut bien voir que le développement n'est plus lié à la technologie à proprement dite ou au progrès. Il faut sortir du piège intellectuel associant progrès en générale et progrès technique. Une société qui stagne mais qui est reproductible est infiniment plus souhaitable qu'une société qui progresse, au sens technique, mais qui n'est pas dans un processus de développement autoreproductible. Car cette société finira immanquablement par s'écrouler.


La reproduction de la société ne concerne pas que la reproduction au sens démographique. Elle concerne aussi plus globalement la fameuse transmission des valeurs, de la capacité à penser, de la culture en générale. Et de tout ce qui permet à la société de produire les esprits aptes à la dirigé et à la mener dans le bon sens de génération en génération. Les débats récents sur l'éducation montre l'inquiétude concernant notre système d'éducation et son aptitude à transmettre aux jeunes ces valeurs . Celles qui leur permettraient de devenir des citoyens et non seulement des automates utiles au système marchand et à la consommation.


La limite a tout ceci tient évidement à notre condition humaine et à notre propre limite. Nous ignorons peut-être encore largement la façon dont la société fonctionne dans sa réalité . Mais ce concept de développement autoréproductible permet de faire des choix, de favoriser plutôt telle ou telle politique parce qu'elle va dans ce sens.


Le protectionnisme par exemple peut-être défini comme un moyen de garantir la capacité du pays à produire lui même ce qu'il consomme et à conserver des savoir-faire cruciaux pour son avenir. Toute politique entrainant l'élimination définitive d'industrie devenant suicidaire, car la fermeture d'un secteur entraine souvent le détricottage de tout un tissu de savoir. Les apprentis sorciers libéraux ne se rendant même pas compte des dégâts colossaux que leurs politiques ont engendré à long terme. Quand une branche disparaît c'est souvent la possibilité même d'innover ou de créer qui disparaît. Souvent dans des secteurs non prévu d'ailleurs, car bon nombre d'interactions humaines sont invisible dans les statistiques.


Être pour le développement autoreproductible c'est en quelque sorte prendre conscience que notre savoir sur la réalité est infime face à elle. C'est s'inquiéter en permanence de la pérennité, du devenir de notre pays et des gens qui l'habitent. Et c'est mesurer la dureté et la stupidité de politiques qui détruisent des vies, des gens, des citoyens. C'est ne pas considérer qu'un homme jeté au chômage est une bonne chose pour une entreprise car elle nui ainsi à l'ensemble de la société .


Être pour le développement autoreproductible c'est aussi considérer comme secondaire le commerce, et comme extrêmement important l'industrie et l'agriculture. C'est faire passer les producteurs, les créateurs, les inventeurs, les éducateurs avant les marchants, les banquiers et les idoles modernes, ces derniers n'étant que la dernière roue du carrosse.


Enfin être pour le développement autoreproductible c'est se poser des questions écologiques sur la pérennité de l'usage des ressources. C'est favoriser les techniques durables , c'est peut-être interdire celles qui ne peuvent l'être. L'idée d'interdire l'usage de certaines technologies est d'ailleurs ,dans le monde actuel , l'un des actes politiques les plus subversifs qui soit. Et pourtant a quoi ressemblerait l'Europe actuelle si nos dirigeants avaient favorisé les transports en commun et interdit la voiture individuelle dès le début du vingtième siècle? Pas de dépendance au pétrole, pas de déformation structurelle de nos villes, peut-être pas de quartier ghetto et une meilleur homogénéité sociale du territoire. Qui sais? Un adepte du développement autoreproductible se pose la question de l'utilité de la technique, il sait la remettre à sa place au nom justement de la reproductibilité de sa civilisation. Il est à la fois progressiste et conservateur, il sait être conservateur quand le progrès est contraire à l'utilité, il est progressiste en cas inverse.


Pour finir disons que le concept de développement autoreproductible s'oppose totalement à l'américanisme. L'américanisme consistant ici à ne pas se soucier du futur, à épuiser toutes les sources de la richesse sans penser à la manière dont elles sont produites. L'américanisme c'est importer ce que l'on ne produit plus pétrole, marchandises, scientifiques au lieu de chercher des réponses locales à ces pénuries, et sans penser au fait que si toute l'humanité se conduit ainsi s'en sera fini du genre humain. L'Europe et la France actuelle sont dominer par l'américanisme, elles manquent de bras mais préfèrent l'immigration à la relance de la natalité. Elle manque de matière première pour faire rouler leurs voitures, mais elles préfèrent importer du pétrole plutôt que de changer leur mode de propulsion ou leur façon de se déplacer. La domination totale de l'américanisme sur terre va produire et produit déjà de grands conflits d'intérêts. La Chine se lance maintenant à son tour dans la conquête des matières première, la rareté produira inévitablement des conflits. Il faut impérativement changer nos paradigmes de base et nous orienter vers le développement autoreproductible si nous ne voulons pas vivre des catastrophes à la chaine.







 




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21 décembre 2009 1 21 /12 /décembre /2009 22:27

  J'ai décidé de répondre à mon collègue blogueur Laurent Pinsolle, que j'apprécie énormément mais qui semble sombrer dans l'excessif pessimisme des théories écologiques en vogue.link

 

 

Si le sujet est grave il n'est à mon sens pas nécessaire de sombrer dans la peur irrationnelle. Le nom de ce blog : le bon dosage, n'est pas un hasard, il définit pour moi la seule voie à suivre qui soit rationnelle. Si la peur est nécessaire pour éviter les catastrophes elle ne doit pas pour autant nous empêcher de vivre et transformer chaque instant en une lutte contre des dangers hypothétiques, car après tout, quoique nous fassions "vivre tue".

 

C'est pourquoi la meilleur réponse face à ces angoisses est de voir si concrètement il n'y a pas des solutions pratiques à l'épuisement des ressources, et si, finalement, l'ingéniosité humaine n'est pas apte à faire face à ce qui nous semble insurmontable.

 

  Dans cette optique je vous présentes un carburant hautement prometteur, il fait parti des biocarburants dit de seconde génération. Ces derniers sont tiré de biomasses et n'entre pas en concurrence avec les productions agricoles classiques, contrairement aux très justement critiqué agrocarburants issus du colza ou du maïs . Ce carburant c'est la micro-algue ses propriétés sont étonnantes, elle est 30 fois plus productives en production de lipide que le colza, elle pousse dans l'eau et se reproduit à des rythmes délirants. Elle peut poussé dans des bioréacteurs clos, et d'après un universitaire américain on pourrait produire l'équivalent de la consommation annuelle de pétrole US avec seulement 38500 km² de surface, à peu près la superficie de la Belgique. Ce riche document vous en dira plus:link. Si on suppose que la consommation française de pétrole fait le sixième de celle des USA (probablement moins) alors  seulement 6417km² suffirait à fournir la totalité de la consommation française en pétrole d'algue. C'est bien sure totalement écologique puis respectant le cycle du carbone, le CO2 produit par la combustion étant réabsorbé par les microalgues et la photosynthèse.  Notez que des expériences récentes ont permis de montrer qu'il était possible de faire voler des avions avec ce type de carburant.

 

Et des bioréacteurs à l'algue ont en plus la capacité de dépolluer l'atmosphère. On pourrait imaginer nos ville futur avec des toits couverts de bioréacteurs à algues consommant les polluant, tout en  produisant les carburants pour nos véhicules. Voici en prime deux documentaires vidéo sur cette potentielle révolution énergétique, ces procédés seront près d'ici 5 à 6 ans et risquent de faire mentir nos prophètes de malheurs.

 

Cette vidéo présente l'invention d'un ingénieur français qui a consue un biopétrole à base d'algue.

 

 


Shamash : production de biocarburants lipidiques par biotech, sous l'office de l'inria le documentaire est très instructif


Il serait bon je crois que les hommes politiques commencent à s'intéresser aux innovations techniques plutôt que de sombrer dans le pessimisme absolue donnant comme seule réponse, à la crise de l'environnement, la création de nouveaux impôts.


Le site du projet Shamash:link


Enfin un article d'usine nouvelle qui explique pourquoi les micro-algues gagnent la course des biocarburants de seconde génération:link

 

 

 

 

 

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 15:47

    Mon premier texte sur ce blog se doit de suivre un minimum l'actualité et notamment l'actualité écologique et le fameux sommet de Copenhague. Comment ignorer cette fastueuse réunion sensé sauver la planète du règne du feu, et de son complice pyro-atmosphérique le dioxyde de carbone. Il n'est nullement dans mon intention de critiquer les risques "potentiels" que font courir sur nous l'hypothétique réchauffement climatique, même si en cette froide journée de décembre il reste difficile d'acquiescer sans douter aux délires paranoïaques de nos amis les écologistes. Il est tout de même probable que cet hiver le monoxyde de carbone face plus de victime que sont célèbre cousin. Bien sure for peu d'écologistes professionnels en seront victimes, celle-ci étant généralement d'affreux réactionnaires usant de mode de chauffage préhistorique comme la chaudière au gaz, complètement "has been". Il est probable même que nos amis écologistes se réjouiront de la mort de ces infâmes pauvres surnuméraires et pollueurs, paf un de moins plus que trois ou quatre milliards à zigouiller.

 

Trêve de plaisanterie, comment diable cette science que fut l'écologie a-t-elle put devenir en l'espace d'une génération une nouvelle forme de religion? Pourquoi les hommes et les femmes modernes s'aveuglent-il si rapidement et deviennent ils si vite esclaves d'idées et de techniques en oubliant le fondement de l'esprit scientifique à savoir le doute. Car l'écologie n'est pas le seule domaine où l'absolue et la vérité intransigeante s'imposent aux modernes. Le progressisme, le communisme, le libéralisme, l'eugénisme, la phrénologie, le nazisme, le nationalisme, le keynésianisme etc.. sont autant d'idéologies qui ont traversé le vingtième siècle et qui sont toutes devenues de quasi-réligion. Certaines étaient même de bonnes idées à la base, fondé par des intellectuels intelligents et rationnels. Le cas du keynésianisme qui redevient en ces temps de crise à la mode en est symptomatique. Keynes créa des principes pratiques pour sortir d'une crise particulière, celle de 1929 et ses descendants en on fait une théorie éternelle répondant à tout les problèmes. Les descendants de Keynes réduisant ses complexes pensées en une mécanique simpliste de "Y a qu'a faire un plan de relance". Quand la religion keynésienne s'est cassé la figure dans les années 70 une autre a prit la relève,le néolibéralisme maintenant nous assistons impatient à la naissance du prochain dogme.

 

    Ainsi dans une course sans fin à la sacralisation les modernes cherchent à remplacer la mort des religions et des croyances nationales par des substituts. Comme le disait Jacques Ellul on cherche des esprits libres mais on en voit guère. Au christianisme et au patriotisme ont succédé des paganismes variant au grès du temps et des modes, succession d'absolue dont la durée de vie se mesure à la proportion qu'ils prennent dans les médias. La vérité dans tout ça la plupart des gens s'en foutent. Et pour cause l'objectif d'une croyance n'est pas l'explication du réel mais la communion, pour reprendre la terminologie de Régis Debray. La croyance lorsqu'elle est partagé permet de communiquer, de se socialiser, c'est cela que recherche par dessus tout les modernes. Les anciens liens ayant été détruit par la modernité ils recherchent sans relâche les moyens qui leur permettent de ressentir la vie collective, le fait de ne plus se sentir seul. Les effets de modes, le sport spectacle et les idéologies comme l'écologisme ne sont que les fruits de ce désir. Les scientifiques, les économistes et les politiciens ne sont finalement que les jouets de ces désir collectifs qui les prennent comme outils de communion. Seule le retour d'un sacré collectif immuable comme la patrie pourrait mettre fin à cette course qui transforme des hypothèses scientifiques ou économiques en dogme.

 

 

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