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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 00:45

Il n'est pas question pour moi de cracher ici sur nos dirigeants pour le simple plaisir de les contredire et d'hurler avec les loups. Je tiens simplement à réexpliquer simplement le principe de base du concept ,dit keynésien, de « plan de relance », car il me semble que la simple explication de ce principe permet de montrer pourquoi ces plans vont échoué.

 

Les politiques de relances sont basées sur un raisonnement exprimé dans un cadre clair qui a malheureusement disparu à l'usage . On peut affirmer sans trop se tromper que l'Europe et les USA ne répondent pas actuellement aux conditions d'applications des mécanismes décrit par Keynes dans son célèbre texte « Les moyens de restaurer la prospérité »(1933).Texte où il décrit précisément la mécanique du multiplicateur d'investissement qui est le fondement de base du principe de relance de la demande.

 

1-Le multiplicateur keynésien

 

Le principe de base du multiplicateur keynésien ou multiplicateur d'investissement est assez simple. Imaginons que nous sommes dans un pays ayant un taux de chômage élevé et que ce pays possède des savoir faire industrielle important, des machines outils ainsi que tous ce qu'il faut pour produire les biens dont la population a besoin couramment. Keynes utilisait a son époque les USA ou la GB comme terrain d'application, et ces pays, alors, en 1933, correspondaient parfaitement au descriptif précédent. Ils avaient tout pour produire ce dont ils avaient besoin, mais avaient une maladie lié à un déséquilibre entre l'offre et la demande. Si on se tient à mes prémisses on conclu à un problème d'insuffisance de la demande, le chômage étant lié à un manque de consommateur suffisant pour absorber la production en quantité tel que toute la main d'œuvre fusse employée dans sa totalité. Ce n'est que dans ces conditions que le raisonnement qui suit est valable.

 

Imaginons maintenant que le gouvernement, éclairé, du pays souhaite ardemment mettre fin au sous-emploi chronique qui gangrène la société et met à mal le bon fonctionnement du pays. Le gouvernement pourrait alors se dire qu'il lui serait plus profitable de faire travailler ces citoyens plutôt que les nourrir à ne rien faire au chômage, et ce, d'autant plus que l'absence d'emploi crée des difficultés psychologiques graves sur les individus touchés. Certains à l'époque de Keynes, comme de nos jours arguaient que ce faisant on empêchait le rééquilibrage naturel du marché, ces arguments n'étaient en fait plus valable à l'époque, puisque malgré l'absence d'intervention le marché du travail ne retournait pas à l'équilibre et d'ailleurs comme on le sait aujourd'hui le marché n'a en réalité aucune raison d'être naturellement à l'équilibre avec le plein emploi. Le marché pouvant s'équilibrer à 20, 30 ou même 100% de la main d'œuvre au chômage. C'est dans ce contexte que Keynes a dit sa célèbre expression « à long terme nous seront tous mort », qui signifie que la absence d'action n'avait aucune chance d'améliorer les choses. Mais Revenons au programme du gouvernement, si ce dernier dépense disons un milliard d'euro pour construire des choses utiles (routes, ponts, habitations etc) cette dépense produira instantanément une demande pour les entreprises du secteur concerné le BTP par exemple.

 

Mais les producteurs et les salariés directement touchaient par cette dépense qu'on appellera primaire vont également consommer et entrainer d'autres secteurs d'activités par leur consommation. Ils vont affecter le reste de l'économie par leur consommation augmentant la demande globale du pays. On peut appelé cette dépense une dépense secondaire, celle-ci est nécessairement inférieure à la demande primaire de un milliard d'euro que l'état a injecté au départ puisque cette dépense ne sera pas entièrement consommé, une partie sera épargné ou thésaurisé. Et cela continue, cette dépense secondaire va entrainer un dépense tertiaire qui elle même sera plus faible que la dépense secondaire pour la même raison que précédemment. On peut alors déduire une relation mathématique simple entre les différentes dépenses par rapport à la dépense de un milliard d'origine.

 

Si nous appelons D la dépense totale de départ et p la propension à consommer on trouve que :

 

L’accroissement du revenue total = D+D*p+D*p²+…+D*p^n= D(1+p+p²…+p^n)

C’est une suite géométrique de raison p si l’on nomme K le multiplicateur Keynésien alors

K =1/(1-p) (quand n tend vers l’infini)

 

Si l'on considère que le peuple épargne 20% de ce qu'il gagne alors la propension à consommer (ce qui reste du salaire après retrait de l'épargne) sera de 0,8 notre multiplicateur sera alors

 

K=1/(1-0,8)=5

 

Notre exemple de un milliard d'euro de dépense aura augmenté la richesse globale de 5 milliards d'euro, de quoi largement remboursé la dépense de départ. Tout ceci n'a rien de magique il s'agit de quelque chose de purement logique. En permettant aux salariés de produire et de travailler on accroit la richesse globale du pays, il n'y a rien de bizarre à finalement se retrouver plus riche qu'au départ. Bien sure il y a une limite au multiplicateur, lorsque toute la population est employé ou proche de l'être, les effet du multiplicateur diminue et finissent par se transformer en inflation. Ce n'est que lorsqu'il y a plein emploi que les règles de l'équilibre budgétaire se doivent être appliqué. On peut dire qu'en réalité la règle libérale de l'équilibre budgétaire est une exception de la théorie keynésienne, elle n'est valable qu'en période de plein emploi et nuisible sous d'autres conditions. 




2-La contrainte extérieure


Les prémisses que nous avons posé au départ étaient que le pays dans lequel le multiplicateur était appliqué, produisait la totalité de ce qu'il consommait. C'était une ile couper complètement du reste de la planète, il est très important de voir l'importance de cela, les plans de relances ont été inventé dans un cadre d'analyse où la monnaie circulait en circuit fermé. Car quel est l'impact des importations sur le multiplicateur keynésien?


Les importations vont réduire ce que l'on a appelé la propension à consommer. Si l'on garde notre exemple précédent et que l'on essaie d'y introduire l'effet des importations quelle forme cela prend. C'est simple les importations auront le même effet qu'un accroissement du taux d'épargne. Si l'on suppose que par exemple 20% de la consommation est importé alors notre propension à consommer tombe de 0,8 à 0,6 ce qui fait tomber le multiplicateur K de 5 à 2,5. De plus il est probable que même la dépense primaire va elle aussi voir son impact direct diminuer, ainsi dans certain pays on pousse la stupidité jusqu'à faire travailler des étrangers et des entreprises étrangères  dans des grands travaux au lieu des autochtones réduisant à néant l'effet bénéfique des plans de constructions. L'Algérie est l'exemple type de ce cas de figure, les chinois y construisent tout un tas de bâtiment alors que le taux de chômage y avoisine les 40% ,il n'y a bien sure pratiquement aucun impact positif pour la population algérienne. 


La contrainte extérieure peut rendre l'effet multiplicateur inférieur à un, ce qui signifie que la dépense primaire aura augmenté la richesse globale du pays en quantité inférieure à la dette qu'elle aura engendré. Vous voyez où je veux en venir, c'est très exactement la situation actuelle des USA et des différents pays développés. L'exemple le plus récent fut la relance de Bush en 2002 qui a à peine réussi à relancer la croissance US au prix d'une explosion de la dette, mais qui a énormément servi le Japon et la Chine. Car à l'inverse des importations, les exportations permettent d'accroitre le multiplicateur keynésien facilitant les effets locaux de la demande. Ce n'est pas un hasard si la croissance Chinoise repart très rapidement par rapport aux autres à l'heure actuelle.


On comprend mieux pourquoi les effets des plans de relances ne cesse de diminuer en occident eu égard à la dépendance aux importations toujours croissante de cette région du monde. Les derniers plans de relance vont accroitre forcement beaucoup plus la dette que la croissance. A l'heure actuelle le multiplicateur keynésien des USA doit être autour de 0,25 ce qui veut dire qu'il faut 4 point de dette supplémentaire pour accroitre la croissance de seulement un point. A ce stade il est donc complètement stupide de faire des plans de relance ces derniers ne pouvant qu'accroitre les charges des états puisque quoiqu'il arrive la dette enfle plus vite que le PIB.


Comme le dit Todd, finalement, l'occident n'a le choix qu'entre le protectionnisme ou le chômage de masse et l'effondrement de son tissu industrielle. Il est illusoire de croire que la croissance pourra durablement perdurer avec une dette qui grimpe quatre fois plus vite que le PIB.


Quoiqu'il en soit il serait bon de rappeler que les politiques de grand travaux de Keynes avaient des conditions particulières d'applications qui ne sont plus aujourd'hui réalisé ni en Europe, ni aux USA. L'urgence n'est pas dans la fabrication d'un énième plan de relance, mais dans le protectionnisme permettant une amélioration du coefficient du multiplicateur keynésien, ce dernier doit être supérieur à un si l'on veut que les plans de relance aient un effet sur la croissance supérieur à leur effet sur la dette.


Sans protectionnisme point de salut.


 

 

 

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20 décembre 2009 7 20 /12 /décembre /2009 22:08

 

  Dans mon texte précédent j'ai abordé le lien de causalité qui relie la croissance et l'augmentation de la productivité du travail. C'est l'accroissement de la productivité du travail qui rend nécessaire la croissance de la consommation et donc de la croissance dite économique, celle du PIB. Les économistes d'après guerre ont formalisé ce lien en réduisant pratiquement à rien la distinction entre l'accroissement du PIB et celle de la productivité du travail. A-t-elle point que les économistes actuels réduisent la productivité du travail à la division du PIB par le nombre d'heure travaillé. Il s'agit pourtant d'un raccourcit intellectuellement très discutable et qui dans les faits rend inintelligible l'évolution économique réelle de nos société. C'est de cet imbroglio verbale, cette confusion des concepts qu'est né le mot post-industrielle. Ce terme étant sensé représenté une évolution qui voyez les emplois industriels disparaître d'occident, tout en n'empêchant pas la « productivité » de s'accroitre, seul le déficit commerciale, notamment aux USA, semblait contrarier ce mouvement. Mais l'époque étant à la communication rapide, post-industriel « çà le faisait bien » dans le discours marketing des économistes en vogue, un super slogan en somme.

 

  Le problème c'est qu'on ne voit pas pourquoi un pays dont la productivité s'accroit se désindustrialise, et se met à connaître de lourds déficits commerciaux. C'est dans cette brèche intellectuelle que notre auteur favoris, Emmanuel Todd, s'est engouffré en 1998, puis plus violemment encore en 2002 avec ses deux œuvres « L'illusion économique » et « Après l'empire ». Todd a vue le déficit commerciale US comme le fruit d'un pourrissement et non comme le résultat d'une boulimie particulière à la population américaine. Il a évidement vue juste et les récents événements économiques confirment ses intuitions. Mais c'est chez Jean Luc Gréau que l'on approche le plus du problème de la terminologie employé par les économistes. Dans son ouvrage de 2005 « L'avenir du capitalisme » il décrit la problématique en déclarant que les importations chinoises favorisent la croissance du PIB américain grâce à la création d'emploi dans la distribution. Je cites: « On pourrait penser, en toute première analyse, qu'un dollars d'importation supplémentaire représente un dollars ajouté à la production du pays d'origine. Pour la plupart des produits de consommation importés, il en va différemment. Soit, par exemple, un appareil électronique importé de Corée dont le prix de vente final est de 2000$. De ce prix doivent être déduits les couts de transport sur le territoire américain, de la publicité et de la vente, éventuellement des opérations d'assurance. Par ailleurs, une fois l'appareil vendu, il pourra occasionner des frais d'après vente. Tous ces dollars relevant de ces différents postes sont incorporé dans la production américaine telle qu'elle est mesurée par les comptables nationaux. La vente d'un produit importé d'un prix de 2000$ pourra ainsi donner lieu à un accroissement du PIB local de 1000$. La surconsommation américaine favorable aux importateurs permet aussi à l'Amérique d'améliorer sa production comptable dans une proportion nullement négligeable, tout en stimulant l'embauche tout au long des filières de vente que suivent les biens importés. ». Il est dommage que Gréau n'est pas porté sa réflexion plus loin car les conséquences sont lourdes sur la vision que nous avons de notre propre réalité économique.

 

  En effet j'ai dit au début de ce texte que les économistes confondent de façon approximative la croissance du PIB avec celle de la productivité celle-ci n'étant qu'une simple division du PIB par le nombre d'heure de travail par salarié. Mais si le PIB est artificiellement gonflé par les importations cela ne signifie-t-il pas que la productivité comptable est elle aussi gonflée artificiellement par les importations? L'augmentation de la productivité occidentale de ces dernières décennies ne serait-elle donc pas en grande partie le fruit de l'accroissement de la productivité chinoise ou autre. Ce schéma d'interprétation colle tout de même mieux à la réalité que l'hypothétique société post-industrielle où la productivité augmente en proportion du nombre de vendeur et de pizzaïolo,.. , pardon du nombre de webdesigner. La confusion entre PIB et productivité a accompli un miracle présenter un effondrement socio-économique en un nouvelle révolution industrielle, le boom des nouvelles technologies des années 90 lui doit beaucoup.

 

  Étrangement les fantasmes communistes sur un tiers-monde exploité par l'occident qui décrivait faussement le développement de l'Europe et des USA après la seconde guerre mondiale, prend ici une forme de vérité. Alors que nos régions se sont développées jusqu'aux années 70 de façon quasi autarcique, si l'on exclu les matières premières, le tournant libre-échangiste a fabriqué une exploitation du tiers-monde qui n'existait pas. Les gains de productivité sont devenus fictifs cachant en fait une transformation comptable de la réalité. (fin partie 1)

 

 

 

 

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19 décembre 2009 6 19 /12 /décembre /2009 21:30

La croissance économique est présenté depuis de nombreuses années comme le résultat d'un phénomène extra-politique. La vulgate libérale, ou plutôt néolibérale a ainsi pendant des années représenté la croissance comme un phénomène presque météorologique. C'est du moins ainsi que les médias de masse  l'ont retranscrit. La crise récente  a d'ailleurs comme principale explication médiatique une origine crapuleuse mélange de spéculateurs fous et de banquiers véreux, il ne faut alors guère s'étonner du succès des thèses conspirationnistes les médias leurs tendent la perche.

 

Je ne compte pas aujourd'hui discourir sur l'origine de la crise mais plutôt sur l'origine de la croissance économique. Car la croissance n'est pas et n'as jamais été le fruit du hasard ou l'effet d'une force mécanique divine comme le marché. Non, la croissance est une nécessité, une contrainte que le machinisme nous a imposé. J'entends par machinisme les effets du progrès technique sur la productivité du travail en général. Pendant longtemps la croissance économique dans nos société a été trés lente et même horriblement lente ainsi Paul Bairoch a montré que la croissance  moyenne au 19ème siècles n'a guère dépassé les 1% par an. Pourtant le chômage à l'époque n'était généralement pas très élevé, les niveaux variés suivant les pays, mais jamais il n'y avait pas ce mal moderne nait en 1929, le chômage de masse. C'est que les gains de productivité été faible, un homme nait en 1800 et mort en 1870 n'aura finalement vue que le doublement du PIB de son pays s'il était européen, le PIB par tête lui aura surement augmenter dans de moindre proportion puisque la population aura aussi augmenté. Tout çà pour dire qu'il fut un temps ou les gains de productivités étaient lents ce qui permettait à la société de ne pas avoir de variation brutale de la masse de travail. Pas besoin donc d'une forte régulation, d'où l'illusion d'une auto-adaptation qui fait passer le 19ème siècle pour le paradis perdu du libéralisme pure à certain (qui oublient cependant les innombrables entraves commerciales et les protectionnisme tout azimut qui remplirent l'histoire des futurs pays développés). Avec l'accélération du progrès technique et le travail à la chaine sont arrivé des gains de productivité de 5 ou 6 % par an, l'adaptation naturelle de la société fut alors impossible c'est l'une des causes majeurs de la crise aux USA.

 

Keynes l'avait parfaitement compris c'est le progrès technique qui finalement nous contraint et pulvérise la stabilité des sociétés. Le seule moyen que trouvère les économistes d'alors pour retrouver le plein emploi fut d'accroitre le revenue du travail, il fallait impérativement augmenter la consommation pour éviter le chômage de masse.  La réduction du temps de travail concomitante accrus les effet globaux sur la quantité de travail disponible mettant fin à la crise de la demande. Nous sommes donc passé d'un société où l'économie était à peu près auto-régulé par la lenteur de ses progrès à une société où l'action politique était décisive pour la stabilité globale d'un pays.

 

    La croissance économique est donc le résultat d'une politique et non le fruit du marché ou de la météo. Sans politique économique globale au niveau d'un pays il n'y a pas de croissance économique. La tendance naturelle du progrès technique réduisant petit à petit la quantité d'emploi disponible par les gains de productivité qu'il produit,  tout en concentrant les richesses ce qui rend conflictuelle les sociétés humaines jusqu'à l'explosion. La croissance n'a rien avoir ni avec le marché, ni avec le capitalisme, ni avec le commerce qui produisent leur propres effets dont je parlerais plus tard, elle est le résultat logique du progrès technique, la réponse donné à ce dernier et à ses effets destructurants. Comme le disait Keynes le progrès technique nous enrichis uniquement si nous savons en profiter. La croissance est donc la seule réponse pratique que nous avons donné au machinisme avec son corolaire l'accroissement infini de la consommation .

 

C'est probablement pour cette raison que les écologistes n'aiment guère Keynes, ce farfelu à chapeau ayant permit à la société technicienne de durer jusqu'à nos jours. Alors est ce que les gains de productivité et le progrès vont durer indéfiniment nous contraignant à toujours accroitre la consommation? Difficile à dire, Keynes lui même pensait que viendrait  le jours de la république sociale idéale, une société dans laquelle les salariés ne consacreraient au travail que quelques heures par semaine et vaqueraient à leur hobby le reste du temps. On a du mal à y croire au pays du travailler plus pour gagner plus. C'est probablement mère nature et ses limites qui mettront fin à la fête mais ça c'est une autre histoire qu'on abordera plus tard.

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