Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:44

250px-Western-Roman-Empire-AD395.pngAlors que l'UE et la zone euro s'enfoncent dans une crise structurelle et que l'hypothèse de l'éclatement de l'euro est de plus en plus probable, nous voyons en même temps les pays du sud de la méditerranée  s'embraser à cause du chômage et de la précarité grandissante. La hausse du niveau scolaire dans ces pays commencent, semble-t-il, à avoir les effets que nos propres pays ont connu précédemment, baisse de la fécondité et revendication politique et salariale plus forte. Les prévisions de Todd révèlent ici leurs validité la hausse du niveau scolaire étant bien à l'origine des mouvement révolutionnaires et politiques. On pourrait voir ici une juxtaposition de crises, le pourtour méditerranéen devenant une zone désindustrialisée et condamné à des violences et à une paupérisation progressive du Nord  au Sud. Le Nord plongé dans le marasme de l'euro et du libre-échange intégrale, le Sud à cause également du libre-échange mais avec en plus un dynamisme démographique qui produit cumulé à cela un chômage tout à fait exceptionnel. Cependant on pourrait également imaginer cette situation comme étant un moment d'opportunité historique afin de rebondir à long terme. Quelques économistes ont avancé il y a peu l'hypothèse d'une coupure en deux de la zone euro, une zone latine et une zone germanique chacune ayant leur propre monnaie. C'était notemment l'une des proposition de Patrick Artus dont j'avais parlé dans ce texte. Cette hypothèse pourrait sembler intéressante sous certains aspects mais l'on s'aperçoit bien vite que si ces zones sont relativement plus homogènes que la zone euro actuelle, il y aura quand même à l'intérieur des hétérogénéités économiques trop grandes pour permettre un fonctionnement correcte  sous une organisation similaire à celle de l'UE actuelle.

 

  En réalité c'est l'organisation même de la construction européenne qu'il faut revoir et à titre personnel je vois l'UE comme un brouillon raté que l'on ferait mieux d'abandonner pour construire autre chose à la place. Et c'est là que la question des pays du Maghreb entre en jeu. Il est évident que les difficultés dans ces pays sont aussi les notre ne serait-ce qu'à cause  des risques d'afflux migratoires déjà excessif sur notre sol, et qui, s'ils s'accroissaient à cause d'une déstabilisation grave de l'Algérie ou du Maroc, pourraient produire des  drames. Ce faisant nous pourrions imaginer comme projet pour la France et pour les futurs-ex membre latins de l'UE un avenir dans une structure commune avec ces pays. Une structure économique évidement très différente dans son fonctionnement de celle de l'UE, car les écarts de niveau de vie ne permettrait pas plus l'intégration sous cette forme qu'elle ne l'a permis avec l'UE actuelle. Mais il s'agirait ici d'une forme de complémentarité économique favorable car ces pays sont de grands producteurs de matières premières ce qui faciliterait une économie plus auto-centré de la zone, en attendant l'inéluctable sortie du pétrole qu'il nous faudra bien enclencher un jour ou l'autre.

 

Pour une zone de commerce équilibré et de développement euro-méditérannéenne

 

      La zone aurait une limite que l'on pourrait rapprocher géographiquement de l'ancien empire Romain d'occident en incluant la France, l'Italie, l'Espagne, la Grèce, la Belgique (ou ce qu'il en restera si le pays éclate), le Portugal et pourquoi pas la Suisse et les Pays-bas. Pour la partie Africaine nous aurions le Maroc, l'Algérie, la Tunisie et pourquoi pas la Libye. Cette union laissant une large autonomie à chaque pays elle garantirait la souveraineté de chaque peuple et donc la non ingérence dans ses affaires intérieures. Pas de culte des droits de l'homme ou d'ingérence pseudo-humaniste, les régimes en place dans ces pays ne nous intéresse pas tant que les accords économiques entre nations sont respectés. Une fois posé cette base l'objectif premier est une zone de stabilité économique capable de créer  des relations équilibrés entre ses membres.

 

Quelle serait le but de cette zone?

 

L'objectif premier est de faire de cette zone ce que l'UE aurait du être dès le départ, une simple oranisation de coopération économique et non un super-état pseudo-fédéral niant les souverainetés nationales. Un espace ayant une monnaie commune de réserve permettant à chaque membre d'échanger sans avoir besoin de dollars pour acheter ses matières premières  et d'éviter ainsi les effets inflationnistes des plans de relance  américains. Une zone dans laquelle on appliquerait les principes qui étaient inscrits des le concept keynésien de Bancor. C'est à dire une zone de commerce dans laquelle chaque pays est contraint d'équilibrer sa balance des paiements en favorisant par exemple les politiques de relance de la demande intérieure pour les pays excédentaires. Et si cela ne suffit pas en permettant aux pays déficitaires de taxer les produits importés toujours dans une optique d'équilibre des échanges. Les politiques mercantilistes y seraient formellement interdites. Les pays ayant de gros besoin d'investissement et devant importer des usines et des machines outils  pourraient emprunter à taux nul à la banque centrale de la communauté et ainsi éviter les taux d'usure des marchés internationaux. Il faut remarquer que dans le cadre d'une politique d'équilibre des balances des paiements ces emprunts à taux faible ne produiront pas ce qu'ils ont produit dans le cadre de la zone euro, à savoir des bulles immobilières. En effet l'obligation d'équilibrer les échanges poussera les pays emprunteurs à favoriser plutôt les investissement productifs au détriment des investissements spéculatifs provoquant des déficits commerciaux. Dans le même temps cette zone pratiquerait une préférence communautaire en limitant de façon drastique les importations provenant de l'extérieur de la zone monétaire. Nous favoriserions également les transfères technologiques et ferions une politique de grand projet d'investissement à l'échelle de la zone et à long terme. Cette zone serait aussi un moyen d'échapper à l'influence des super-puissances asiatiques et des USA sans pour autant nuir à la souveraineté des peuples membre. C'est véritablement ce qu'aurait du être l'UE si elle n'avait pas eu comme fondateur des anti-étatistes compulsifs comme Jean monnet dont la responsabilité dans l'éche de la construction a été une nouvelle fois rappeler par Chevènement

 

Les avantages à intégrer les pays d'afrique du nord

 

On pourrait évidement se contenter des pays latins pour faire une telle zone, mais il n'est pas de l'intérêt de la France de voir le Maghreb continuer à s'enfoncer comme il le fait actuellement. Les tensions que produit les différentiels de développement, ajouter à l'influence médiatique et linguistique font que la France ne peut pas ne pas s'inquiéter de la situation de l'Afrique du Nord. De plus c'est également un réservoir important de croissance pour l'avenir, avec un potentiel de 83 millions d'habitants environ et plus de 100 millions en 2050 qui s'ajouterait au 200 millions d'européens latins. Et comme je le disais précédemment ces pays sont riches en matières premières ce qui faciliterait l'autosuffisance de la zone monétaire ainsi établie.   Bien sûr cette nouvelle union ne sera pas libérale, pas question de refaire les mêmes erreurs qu'avec l'UE. Le but n'est pas de créer un pays, mais simplement de faire une zone d'échange coopérative entre nation avec des objectifs simples, plein emplois, politique d'entre-aide économique et technique, coordinnation monétaire, grand projet de développement . En bref tout ce que l'Europe ne fait plus depuis qu'elle est devenue un état fédéral sans peuple et bureaucratique. Il n'y aura pas de suppression des frontières ou de libre-circulation des capitaux et des marchandises, mais au contraire des frontières écluses qui garantiront l'égalité dans l'échange entre chaque peuple. Ce sera un espèce de mondialisation locale civilisé et organiser, et non l'anarchie libérale de l'OMC et de la zone euro. 

 

L'autre objectif en plus de l'équilibre des échanges sera bien évidement le plein emploi et une croissance raisonnable. Dans le cas des pays du Maghreb il s'agit là d'un vrai défi. Les taux de chômage dans ces régions étant tout à fait important de l'ordre de 35% pour l'Algérie par exemple, je parle ici du vrai taux et non des chiffres officiels qui sont encore plus bidons qu'en France ou aux USA.  L'Algérie malgré une croissance officielle de 5% n'a pas une dynamique assez grande pour sa jeunesse, il faudra donc une politique plus expansive pour accroître la croissance de ce pays. A l'heure actuelle les banques centrales de ces pays ont calqué leurs politiques sur celle de la BCE et de l'idéologie monétariste. On voit même sur la page wikipedia officielle décrivant la situation économique algérienne, se réjouir d'une inflation maîtrisé à 1.5%, comme si le problème numéro un de l'Algérie était l'inflation et pas l'emploi. Avec l'union méditerranéenne nous pourrions donner l'exemple d'une autre politique monétaire à ces pays et les influencer pour qu'ils portent plus d'intérêt au plein emploi qu'à l'inflation. Le fait que le coeur économique de cette futur union soit d'abord la France, l'Italie et l'Espagne rendra la tache assez simple sur ce plan. Car la France et l'Italie ont pendant longtemps eu des politique de dévaluation et d'inflation importante qui s'accompagnait d'une croissance forte et d'un bon développement, en fait en dessous de 3% d'inflation l'ascenseur social français tombe en panne. C'est depuis que les pays latins ont aligné leur monnaie sur les dogmes allemands que ces pays vont mal. Il en va sûrement de même pour les pays d'Afrique du Nord.

 

Et il ne faut pas oublier que les pays d'Afrique du Nord sont tout autant que nous en concurrence avec l'Asie et que la possibilité d'avoir des marchés protéger de cette concurrence grace à une protection commune leur donnerait un énorme coup de pouce en matière de croissance et de production industriel. Nous devrions fixer comme objectif un doublement de la croissance de cette région pour juguler le chômage, l'inflation devra être considérée comme secondaire même si elle atteint des taux importants. D'ou l'intérêt d'avoir une monnaie commune et non unique pour que ces états puissent régulièrement réaligner leur taux de changes.

 

La France une place centrale dans l'union méditerranéenne

 

La France a tout intérêt a créer une telle organisation en lieu et place de cette catastrophe macro-économique que constitue l'UE pour notre pays. En effet dans cette union la France aurait un poids suffisant pour orienter la stratégie commune, elle retrouvera un peu de cette influence qu'elle a perdu au profit de l'Allemagne. Son universalisme naturel pourra s'exprimer pleinement dans l'intérêt de toutes les autres nations de l'union qui ont d'ailleurs des tempéraments économiques semblables. Ensuite ce sera peut-être un moyen pour nous d'enterrer définitivement la période coloniale et de faire la paix avec les immigrés d'Afrique du nord. Les moins intégrés d'entre eux pourraient d'ailleurs être tentés par le retour au pays, si ces derniers arrivaient à s'extraire de leur sous-développement. Ensuite la langue française serait de facto la langue principale de la zone ,aucune autre n'ayant une telle présence sur les deux rives de la méditerrannée. Cette zone économique, l'ouest  méditerranéen, est notre  espace naturel d'influence et de commerce, il est aberrant que nous l'ayons à ce point oublié. Les villes du sud de la France bénéficierait également d'un essor du commerce méditerranéen.  Enfin il s'agit aussi de rendre à la méditerranée son rôle historique rompu à l'époque du commerce transatlantique . Cette mer si belle qui fut le berceau de tant de grandes civilisatiosn ne mérite-t-elle pas de redevenir un des grands centre de création et de civilisation de l'humanité? Voila un beau projet post-européen à présenter en lieu et place de la monnaie unique et de l'état pseudo-fédéral européen. Un projet dans lequel les nations ont toutes leur place et dans lequel la France pourra exprimer tout son talent.  

Partager cet article
Repost0
5 janvier 2011 3 05 /01 /janvier /2011 20:46

 martine-aubry.jpg Et c'est repartie dans le déni du réel, Manuel Valls petit éléphanteau voulant devenir grand s'est décidé, pour améliorer son image de sérieux prétendant, de s'attaquer à la vielle Aubry. Histoire de se démarquer des ses petits camarades il a décidé de condamner ce qu'il faut bien appeler la plus grande escroquerie économico-médiatique de ces quinze dernières années avec l'euro, les 35 heures. C'est un symbole de progrès social pour les uns, une grande catastrophe pour notre économie et notre sacro-sainte compétitivité pour les autres. Et pourtant l'on surestime largement l'importance de cette chose technocratique sur la situation économique du pays. Et en réalité la loi sur 35 heures symbolise à elle toute seul le niveau de décadence intellectuelle atteint par nos prétendus dirigeants,car à trop vouloir éviter les sujets importantes, ils passent leur temps à se disputer sur l'accessoire. Puisqu'il n'y a pas plus faux et plus nul que le débat sur le temps de travail pour expliquer les variations économiques ou le taux de chômage d'un pays. Mais la mesure fut symbolique du règne de  Jospin, et surtout permis de faire oublier les vrais mécanismes sous-jacent de la bonne tenue de l'économie française durant la courte période 1997-2000. Car il faut le rappeler, à cette période pour la première fois depuis de nombreuses années la France  créa des emplois en bonne quantité et eu même  une croissance raisonnable de plus de 3% pendant trois ans. Mais il y a eu dans l'opinion publique un  gros travail d'escroquerie intellectuelle durant cette période, car il fallu faire croire aux français que cette croissance tombait du ciel, et que la dynamique de l'emploi était le fruit de cette couillonnade de 35h.

 

      Et il fallait cette supercherie pour faire oublier qu'en réalité c'est la dévaluation du franc et de la futur zone euro qui avait provoqué la reprise économique sur tout le continent. Alors que nos élites n'avaient eu de cesse de vouloir un franc " fort" pendant toute la période des années 90, cassant ainsi nos industries et mettant au chômage des millions de français, voila que par une curieuse situation les monnaies européennes se mettent à  décrocher du dollars pendant quelques années. Comme les monnaies asiatiques sont collées à la valeur du dollars elles ont suivi le mouvement de réévaluation face aux monnaies européennes. Les monnaies européennes déjà accroché les unes autres pour faire la futur monnaie unique ont alors vue le coût de leurs importations augmenter. Les exportations ont alors gonflé et les investissements sont repartis, les importations devenant moins intéressantes. En réalité la période 97-2000 est la preuve absolue de l'inconscience qu'il y a à vouloir maintenir la valeur d'une monnaie coûte que coûte sans se soucier de la balance des paiements. Cette période fut une insulte pour tout ces imbéciles suffisants qui firent de la monnaie forte leur credo, et les socialistes étaient pleinement responsables de la monnaie forte et de se délires. On a donc trouvé ce moyen pour faire croire que les politiques menées alors étaient responsables de la courte reprise et de la cagnotte. Les 35 heures sont alors devenue cet étendard de la gauche, étendard aussi utilisé à droite pour justifier tout et n'importe quoi.

 

Les 35 heures sont un formidable outil pour enterrer les autres débats comme la question de l'euro et du libre-échange par exemple, on amuse la galerie avec des débats sans intérêts. Un peu comme la question de l'islam qui cache la question migratoire dans son ensemble. Et l'on voit comment aujourd'hui encore des types qui sont au pouvoir depuis 2002 accusent ces fameuses 35h de tout les maux de l'économie française. Comme s'ils n'avaient pas le pouvoir depuis 2002, non l'UMP continue à taper sur les 35 heures c'est tellement plus commode. On remarquera que depuis que la droite est revenue au pouvoir jamais la France n'avait connu de tel déficit commerciaux, et ces déficits n'ont même pas comme excuse une forte relance ou des politiques de plein emploi sans protection douanière ou dévaluation comme celles des années 80. Grâce à l'UMP la France a des déficits commerciaux croissant en période de faible croissance, mais c'est sur c'est la faute aux 35 heures pas à l'euro  ou au libre-échange.

 

bce-taux-de-change-euro-dollar-le-02-10-2009.jpg

tauxChangeEuroDollars.jpeg

 

  La croissance française de 97-2000 fut le résultat de la croissance de américaine de la bulle internet couplée à un affaiblissement monétaire. Bien sûr l'explosion de la bulle internet en 2001 à mis fin à cette croissance mais par la suite l'explosion de la monnaie unique, qui reste encore à des niveaux trop élevé aujourd'hui, ont gravement endommagé notre tissus industriel. En regardant l'évolution de la balance commerciale française on en prend mieux la mesure:

 

Historique_balances_commerciales_FR.jpg

 

     C'est à partir de 2003 que la monnaie unique devient trop forte pour l'économie française ( au taux de 1.1 dollars pour 1 euro),  à cela s'ajoute le fait d'avoir une monnaie commune avec notre premier concurrent commercial l'Allemagne. On sait que celle-ci est notre premier déficit commercial devant la Chine or nous n'avons plus aucun moyen de nous protéger contre elle ni protectionnisme, ni dévaluation. Et il y a fort à parier que même en cas de forte dévaluation de l'euro notre pays aurait encore un déficit commercial avec l'Allemagne et à ses satellites. Quoiqu'il en soit on voit bien que la monnaie est un facteur largement plus important dans les explications macro-économiques que les fantasmes sur le temps de travail et autres balivernes sur les charges sociales. Quand une monnaie est réévaluée de 30% cela correspond à une hausse de ses coûts de productions vis à vis de l'étranger de 30%, et à l'inverse les produits importés, eux, voient leur prix diminuer de 30%. C'est beaucoup plus puissant que n'importe quelle réforme et cela passe de façon  relativement inapercue aux yeux du grand public comme entre 1997 et 2000.  Et d'ailleurs les variations du temps de travail horaire sont relativement lent en regard des évolutions économiques, si les variations du temps de travail étaient responsables de la bonne tenue ou non de notre compétitivité alors il y aurait corrélation entre l'évolution de la balance des paiements et celle du temps de travail, or il n'en n'est rien.

 

Mais au-dela de çà, nous retombons toujours sur cette question de démocratie, en admettant même que les 35 heures aient  effectivement été responsable de notre déficit commercial. Est-ce que pour autant cela justifierait que nous les abandonnions, même si la population dans sa majorité veut les garder? Est-ce au marché de dire comment la société doit s'organiser ou est-ce au peuple de faire ce choix de façon démocratique? Étant attaché à la démocratie et au principe de souveraineté des peuples,  je pense qu'effectivement ce n'est pas au marché de choisir notre organisation sociale, même si je ne suis pas un adepte du temps de travail calibré à la minute.  Encore une fois il faut remettre les choses dans l'ordre le peuple est souverain. Cependant  si les français veulent un coût du travail plus élevé il faut également qu'ils en acceptent le prix en protégeant leur marché intérieur de la concurrence venue d'autre pays dont les régimes sociaux diffèrent. Et c'est là évidement que la gauche ne s'aventurera pas puisque cela signifierait remettre en cause l'Europe et le libre-échange.

 

  Pour avoir une organisation sociale digne de se nom et qui diffère des pratiques en vigueur ailleurs, il faut nécessairement des contraintes. Or les français et particulièrement nos amis socialistes ne sont pas près à en payer le prix, ils veulent les 35 heures, les congés payés, la sécu, des impôts pour redistribuer les richesses tout çà c'est très bien, mais ils veulent aussi des marchandises des  services pas chers, c'est un peu contradictoire. En important des marchandises de l'étranger vous n'importez pas que cette marchandise, mais aussi  le système social qui va avec, à travers la balance des paiements qu'il faut un jour ou l'autre équilibrer. En ce sens les critiques de Valls que j'ai un peu charrier sont fondées, lui fait un choix cohérent, il abandonne le modèle français, la seule question que l'on doit se poser à son encontre c'est de se demander pourquoi il n'est pas à l'UMP. Mais la gauche qui refuse toujours le protectionnisme ou même les dévaluations est complètement schizophrène. 

 

 

Partager cet article
Repost0
1 janvier 2011 6 01 /01 /janvier /2011 20:38

    Je ne vais pas jouer les rabat-joie, ce n'est pas mon genre, donc avant d'entamer les choses sérieuses et les réflexions pessimistes, je souhaite à tout mes lecteurs et collègues blogueurs une bonne année 2011. Bon en fait ce n'est qu'un souhait parce que pour beaucoup de nos compatriotes et pour une bonne partie de l'humanité l'année qui s'annonce va être des plus difficile. Les imbéciles qui nous gouvernent étant toujours aux commandes on ne voit pas très bien comment il pourrait en être autrement. A vrai dire la seule bonne nouvelle cher concitoyens, c'est que Sarkozy et son gouvernement entament leur dernière année au pouvoir puisque le début de 2012 sera probablement entièrement accaparé par les élections. En même temps il est vrai aussi que Sarkozy n'a jamais vraiment cessé de préparer son élection. Donc c'est déjà çà, plus qu'un an avant qu'il ne parte,et on l'espère définitivement. Mais cette année sera aussi celle de tout les dangers, car la crise va recommencer à faire parler d'elle par des chemins détournées comme à l'accoutumée. Les taux d'intérêts des PIGS continuent de grimper et le marché ne croient plus vraiment à la viabilité de la monnaie unique. Et on peut le comprendre puisque rien n'a réellement était fait pour contrer l'eurodivergence des économies des pays de la zone. Le marché voit bien que l'Espagne ou la Grêce n'ont pas de prote de sortie pour relancer leur croissance et donc à la fin pour réduire leur endettement. Tôt ou tard ces pays devront rompre avec l'immobilisme commerciale et leurs déficits toujours aussi élevés.

 

    Mais le plus intéressant dans la situation européenne, c'est que paradoxalement  le pays qui a le plus bénéficié de l'euro  pourrait mettre fin à la monnaie unique. En effet  l'Allemagne, gonflée d'orgueil par son excédent commercial et le fait d'être redevenue un modèle d'exemplarité (même si la généralisation de ce modèle entrainerait son effondrement) semble vouloir mettre fin toute seule à son avantage. Persuadé qu'elle paie pour les mauvais états européens, alors qu'en fait c'est son commerce qui provoque la situation des pays lourdement déficitaires, elle ne veut plus boucher les trous qu'elle a elle même fabriqué. C'est d'Allemagne que proviendra certainement la mise en coupe de l'euro, soit pour créer deux euros comme certains le préconisent, soit tout simplement pour remettre en place le Mark, voir une zone Mark s'étendant au Pays-bas et  à l'Autriche. De l'autre coté le pays qui aurait pourtant besoin d'une sortie de l'euro, la France, continuera à proposer le maintient de cette zone monétaire. C'est une situation tout à fait ironique que de voir des nations défendre des politiques qui sont pourtant contraire à leur intérêt. Car en toute logique la France devrait prôner la fin de l'euro ou sa transformation en monnaie commune, et l'Allemagne devrait, elle, prôner le maintient de celle-ci or c'est l'inverse qui se passe. Encore une preuve de la "compétence" de nos dirigeants, en réalité c'est bien plus les croyances en tel ou tel dogme que la raison qui dirige les nations européennes.

 

  Mais en parallèle de la crise européenne les premiers effets de la planche à billet américaine vont se faire sentir. Les montagnes de dollars déversées dans l'économie monde vont commencer à faire des bulles un peu partout sur la planète. Le dollars continue de se maintenir grâce à son rôle de monnaie de réserve mondiale et la crise parallèle de l'euro l'a probablement renforcé momentanément. Ces dollars commencent à faire grimper les prix dans de nombreux secteurs ceux qui étaient déjà tendu pour des questions de limite de production. On pourrait voir à nouveau les prix des céréales et de la nourriture flambée avec les conséquences que l'on sait à l'échelle de la planète. La Chine elle même semble prise dans un mouvement inflationniste, le Yuan étant lié au dollars les chinois ont du accroitre leur masse monétaire à un rythme élevé pour ne pas voir leur excédents se réduire. Le petit jeu chinois pourrait bien se retourner contre elle, les américains exportant ainsi leur inflation comme il le firent avec le Japon et l'Allemagne dans les années 70-80. A trop être dépendant d'exportations, on ne sait plus qui est le maître et qui est l'esclave entre l'exportateur et l'importateur. D'autre part le pétrole recommence à grimper à des niveaux historiques, on sait maintenant que le pic de production est probablement passé, donc si l'émission massive de dollars doit avoir un effet de bulle ce sera probablement dans le pétrole qu'elle se fera le plus sentir. Le graphique suivant montre l'évolution, on voit la bulle qui s'était formée en 2008, et bien nous sommes à l'heure actuelle au même niveau qu'en janvier 2008 et ce malgré un commerce et une croissance mondiale toujours pas au mieux de sa forme.  On verra sûrement le pétrole à plus de 100$ le baril cette année.

 

petrol

  Le commerce mondiale quand à lui n'a toujours par repris, contrairement aux grands discours de nos dirigeants persuadé que les slogans font la croissance. Le fait est que l'un des indicateurs les plus fiables sur la santé du commerce mondial n'a toujours pas retrouvé son niveau d'avant crise. Le Baltic Dry est toujours aussi faible et il continu d'ailleurs de baisser légèrement fin décembre. Il est en dessous du niveau atteint en mai 2007, les injections monétaires réalisées par les USA et leurs sbires n'ont pas réussi à relancer la croissance car sinon celle-ci se traduirait par une augmentation des importations d'Asie et donc par une reprise du Baltic Dry. Cet indice étant, je vous le rappelle, l'indice de l'évolution des prix sur le marché maritime des matières sèches sa baisse indique une baisse du trafique maritime et donc des échanges commerciaux.

 

Baltic-Dry2011.png

 

TradUS2011.pngAutre point révélateur des problèmes de l'économie monde, l'or est à son plus haut niveau historique et continu sa hausse aussi sûrement que Washington imprime des dollars. La peur de l'inflation et l'effet spéculatif pousse de plus en plus d'acteurs à acheter de l'or, sans compter les banques centrales de Russie ou de Chine qui achètent le métal jaune pour éventuellement échapper à un effondrement du dollars. Alors est-ce que l'or est une bulle, ou est-ce un bon placement. Nous verrons bien, mais il est sûr que sa valeur risque encore de grimper dans l'année qui vient surtout si le système monétaire mondiale venait à se fracasse. L'implosion de l'euro ne faisant que supprimer le dernier rempart entre le dollars et le néant puisqu'après l'euro les marchés s'attaqueront certainement à la devise US. En effet les fondamentaux américains sont globalement bien plus mauvais encore que ceux de la zone euro. La dévaluation du dollars n'a semble-t-il eu que peu d'effet sur la balance commerciale américaine, certes le déficit commercial s'est légèrement contracté, mais il reste à des niveaux toujours très important. On est trés loin d'un simple retour à l'équilibre de la balance des paiements. Autre domaine inquiétant les chiffres de l'immobilier sont toujours en baisse et les perfusions étatiques vont commencer à se réduire avec l'affaiblissement d'Obama et la montée en puissance de la droite libertarienne.

 

or.gif

sgs-emp.gifLes fondamentaux de la crise sont donc toujours là, latent faisant toujours replonger le monde dans des soubresauts violents, et même de plus en plus violents. Et comme les états occidentaux ne s'attaquent pas à leur dépendance aux importations et ne relancent pas le pouvoir d'achat de leur population on ne voit pas comment la situation pourrait s'arranger. L'année 2011 pourrait être l'année de la recherche d'un consommateur en voie d'extinction, l'Europe et les USA s'enfonçant dans la stagnation et le chômage de masse. On va cacher évidement la réalité en trafiquant de plus en plus les chiffres, la France est d'ailleurs déjà bien en avance en la matière, mais la réalité crue c'est une expulsion d'un nombre grandissant d'individus du système économique. Les occidentaux continueront leur lent déclin, l'Asie et la Chine prenant une place de plus en plus prépondérante malgrés des difficultés. La Chine qui achète d'ailleurs déjà l'Europe à coup de milliards provenant de ses excédents avec cette même Europe. Mais le vieux continent a tellement perdu d'énergie et d'amour de soi qu'il ne voit même pas que cette nation impérialiste prépare sa destruction économique en achetant les dernier bouts d'avantages industriels et commerciaux dont nous bénéficions.  Car la Chine ne vient pas pour développer des activité mais pour acheter ce qu'elle ne sait pas encore faire industriellement.

 

      2011 sera une année importante pour amener ces évidences aux yeux de nos concitoyens, et il est temps de remplacer les élites qui nous dirigent, elles ont montré toute leur incompétence en matière économique et commerciale. Jusqu'à quand les peuples d'Europe vont-ils laisser ces corrompus et ces technocrates les mener à l'abattoir? Faudra-t-il que le drapeau chinois flotte au dessus de l'Elysée pour que nous ouvrions les yeux, car tel est notre avenir si nous continuons ainsi. Asphyxié par les emprunts sur les marchés internationaux, inondé de marchandises chinoises, la nation française est en passe de devenir un terrain vague, un pays à vendre. Et tout cela s'est fait en période de paix, pas de champs de bataille, pas de mort non plus, simplement des désespérés qui perdent leurs emplois par millions depuis plusieurs décennies et des élites qui chantent les louanges d'idées suicidaires. Nous arrivons aujourd'hui aux conséquences ultimes du libre-échange intégrale et de la globalisation soit nous changeons de direction, soit nous continuons ainsi et la France connaîtra la misère. Notre président a condamné dans son discours du nouvel an les gens qui prônent la sortie de l'euro. Il a même dit que ces gens étaient des irresponsables, soit, mais que propose-t-il pour arrêter la poussé du chômage? Que propose notre si responsable président pour réduire nos importations ou augmenter nos exportations? Réponse rien, il laisse filer les choses dans le sens du vent. On peut critiquer la position des anti-euro, mais encore faut-il proposer des solutions de rechange or ce clown présidentiel ne propose rien. Protectionnisme ,politique salariale de relance, politique industrielle, impossible il faut respecter les traités européens. Face à  cette réalité on ne peut plus qu'espérer une chose que l'année 2011 soit la dernière de  l'eurozone, et même la dernière de la construction européenne.  Et qu'elle soit aussi l'année de la grande purge démocratique. J'avais jadis qualifié Nicolas Sarkozy de canard WC au moment de l'élection présidentielle sur le blog de mon collègue Malakine. Car il  attire vers lui toute la crasse politique qui démolie notre pays depuis tant d'années. Et bien je crois qu'il est plus que  temps aujourd'hui de tirer la chasse d'eau. 

 

 

Partager cet article
Repost0
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 20:19

    lepen_marine.jpgMarine Lepen a réussi son coup et le moins que l'on puisse dire c'est que les médias et la quasi totalité des politiques de gauche comme de droite lui ont donné un coup de main. En critiquant de façon aussi simpliste les propos de Marine Lepen critiquant l'islam vociférant et ostentatoire, les bien-pensant ont réussi à faire de cette dame et de ce parti, les principaux défenseurs de la laïcité en France. Voila une situation tout à fait incroyable quand on sait le FN compte  de nombreux  catholiques extrémistes qui n'ont jamais vraiment porté dans leur cœur les principes de la laïcité française. Mais miracle des réflexes pavloviens imprégnés chez les élites françaises et de leur incapacité à voir le réel les ont poussé à attaquer de façon caricaturale Marine Lepen. Et ce,  sans répondre aux questions qu'elle a su poser sur le non respect de la tradition laïque française par une minorité aujourd'hui très entreprenante sur tout les fronts. Le fait est que cette unanimité des élites va avoir le même effet sur Marine Lepen que les attaques des partisans du TCE sur le référendum de 2005, à savoir l'effet inverse de celui recherché. Le ras le bol généralisé vis à vis des élites fera que systématiquement la population se retournera contre le champ médiatique même si ce dernier n'a pas forcement totalement tort dans cette histoire.  Je soupçonne d'ailleurs Marine Lepen d'avoir bien compris que establishment Parisien est si détesté aujourd'hui que se faire rejeter par lui est probablement une bonne chose d'un point de vue électoral.

 

Pourquoi cette attachement ultrasensible à la laïcité en France?

 

    Autre point, si les français sont si attachés à la laïcité ce n'est uniquement parce qu'elle garantit la vie en société et évite la guerre des religions sur notre territoire. Il est vrai que la guerre des religions fut notre école laïque puisqu'elle donna même naissance au libéralisme politique qui finira par rejeté la religion or de la sphère politique pour pacifier la nation. Mais ce facteur d'évitement des conflits aurait eu un sens s'il y avait d'autres religions dynamiques en France que l'Islam, or ce n'est pas le cas, l'islam est en fait tout seul à vociférer dans son coin et son influence ne dépasse d'ailleurs guère les minorités musulmanes, qui elles mêmes pas très pratiquantes en France. Il n'y a pas comme à l'époque des guerres religieuses un protestantisme vociférant et en expansion, face à un catholicisme intolérant et sur la défensive. Il n'y a aujourd'hui qu'un seul belligérant et tout porte d'ailleurs à croire qu'il rejoindra les autres religions du livre dans peu de temps, cette religion s'étant juste attardé en chemin. Non cette exaspération provient simplement de la symbolique que représente la laïcité, qui, si elle est effectivement très important historiquement parlant, est aussi semble-t-il la seule chose qui reste de la représentation de notre pays qui n'ai pas été dévoyé par quarante ans d'idéologie anti-nationale.  Car oui, la valeur laïque qui ne fut qu'un des mécaniques représentant la nation française n'a jamais eu le traitement qui fut réservé au reste des valeurs et des symboles nationaux français. Car la souveraineté du peuple a été bafoué, le drapeau honni n'est plus accepter que dans les stades foot et encore, la marseillaise est ringarde et raciste, les frontières sont des choses monstrueuses, et le patriotisme a été ramené au rang de barbarisme à éradiquer. Et quand il semble encore bouger on envoie les pseudo-intellectuels comme BHL dire je cite "Il faut réduire le caquet au coq Gaulois". Ce travail de longue haleine des élites française post-nationale a tellement bien fonctionné que les français ils ne leur reste plus rien pour s'identifier en tant que français. Ils n'arrivent d'ailleurs même plus à se définir en tant que français au point que le gouvernement s'est cru obligé, il y a peu, de créer un débat sur l'identité nationale. Et en fait seule la laïcité est passée au travers de l'écumoire gaucho-mondialiste, c'est la dernière valeur française à laquelle personne jusqu'à présent ne s'est réellement attaquée c'est tout ce qui reste de la France en quelque sorte.

 

      De ce fait la laïcité s'est transmutée, d'un simple mécanisme de régulation de l'espace public en un mécanisme de représentation national permettant à l'esprit collectif français de s'exprimer. On comprend mieux alors la sensibilité sur la question, les français étant devenus ultra-chatouilleux en la matière. Et qui pourrait les en blâmer, eux à qui l'on déni la possibilité même d'avoir une nation et une fierté nationale, tout çà pour mieux vendre la mondialisation marchande et l'Europe des banques.  La susceptibilité française sur la question ne serait peut-être pas aussi grande si tout les restes de l'état nation français n'avaient pas été subtilement détruit par des idéologues qui nous ont préparé des lendemains catastrophiques en promettant la lune hier. En l'état, la laïcité c'est tout ce qui reste de la croyance collective française, ou plutôt tout ce qui est autorisé de dire sur la croyance collective française. Alors les français s'en donnent à cœur joie, la laïcité doit être inviolable et celui qui ne la respecte pas n'est pas un français, ce qui est vrai si la laïcité est la seule définition du français,et la seule chose qui relie les français entre eux.  En ce sens si être français c'est être laïc, il est évident qu'un musulman ne peut pas l'être, d'autant que la laïcité est quelque chose de totalement extérieur à la religion musulmane  celle-ci étant totalisante. En réalité pour faire un français être laïc est loin d'être suffisant, mais on peut être français et ne pas être laïc, personne  n'aurait douté de l'amour de De Gaulle pour la France il allait pourtant à la messe et était un fervent pratiquant catholique. Seulement cette réalité là ne peut pas être exprimer puisque le débat est clôt et que seul la question de la laïcité peut être posée. D'où ces multiples questionnement sur les immigrés et leur allégeance à la nation française, nation qui existe théoriquement mais dont les citoyens n'ont pas le droit de dire qu'elle existe. On peut imaginer l'incompréhension qui doit régner chez les immigrés car si les français ne savent pas ce qui fait d'eux des français il est sera bien difficile à un immigrés de  connaitre la réponse.

 

Comment sortir du piège lepéniste?

 

      Maintenant que l'on a compris le rôle joué par la laïcité dans la France moderne, on voit bien à quel point il est dangereux de laisser cette question au FN. Et d'ailleurs rappelons au passage que le rôle du FN dans les médias a été de discréditer la question nationale, le FN a été et est toujours un puissant outil médiatique pour détruire les revendications à caractère national en France. Quoi tu es pour le protectionnisme, alors t'est un facho du FN. C'est le genre de propos auxquels les souverainistes de droite comme de gauche ont du souvent faire face. Il en va de même dès que l'on aborde les questions sérieuses d'ailleurs, que ce soit l'immigration qui est sortie du débat parce qu'être contre c'est forcement être raciste, de la libre-circulation des capitaux car être contre c'était forcement être réactionnaire, en bref être opposé à tout ce qui déstructure et à tout ce qui a défait l'économie et la nation française c'était forcement vouloir une France rancie, recroquevillée sur elle même etc... Le problème c'est que cette méthode comme tout amalgame et mensonge finit par rencontrer ses limites. Cela ne marche plus et les effets de plus en plus palpables de ces politiques dans la vie courante des français finissent par produire un rejet massif de ces discours moralisateurs sans même que les gens se questionnent sur la validité ou non de ces derniers.

 

        Ensuite le FN qui fut ostracisé longtemps, s'enorgueillit aujourd'hui d'être le seul parti politique à défendre réellement  la nation française et ses symboles. Donc  lui donner en plus la légitimité d'être le seul à pouvoir parler de la laïcité c'est lui donner une chance de pouvoir un jour réellement accéder au pouvoir. Il faut donc immédiatement que les hommes politiques modérés cessent de laisser cette question aux seules extrémistes, car même les plus modérés des français finiront par croire qu'effectivement il n'y a plus que le FN a défendre la France et tant pis s'il pue un peu. Il faudrait pourtant simplement que les dirigeants réaffirment  les principes de la république française et se remettent à les défendre, cela n'a rien de très difficile sauf qu'il faudra peut-être se fâcher avec quelques hurluberlus des médias. Réaffirmer la laïcité en France en condamnant l'empiètement sur l'espace public, mais aussi en condamnant toutes les tentatives visant à séparer volontairement par la nourriture ou par d'autres facteurs les français en clans et cela ne concerne d'ailleurs pas que les musulmans. Je trouve extrêmement choquant par exemple qu'un premier ministre ou un président se rendent aux diners du CRIF ou déclarent que la défense de l'état hébreu est une priorité pour lui, comme l'avait fait par exemple François Fillon l'année dernière. Le clientélisme communautaire souvent pratiqué par nos politiques qui pensent la France comme une accrétion de communautés disparates, n'étant pas étranger aux problèmes que nous rencontrons aujourd'hui.  Le communautarisme est nourri en permanence par nos élites qui s'adressent à tel ou tel individu en tant que noir, homosexuel, juif ,femme ,etc.. Vouloir lutter pour l'unité française tout en la divisant sans arrêt est pour le moins schizophrénique, mais nos élites s'en rendent elles seulement compte?

 

    Pour empêcher le FN de rafler la mise, il faudra donc retrouver un discours français et typiquement français c'est à dire sans référence à une quelconque communauté d'aucune sorte, hormis la communauté nationale. Il faudra également réaffirmer les principes de la république françaises même si cela agace certains de nos concitoyens, il n'est plus possible de ménager la chèvre et le chou, et ce n'est pas à la France de s'adapter à l'islam mais bien l'inverse. Une fois accepté ces principes on peut tout à fait construire des politiques raisonnables et non extrémistes pour pouvoir  regarder le FN droit dans les yeux sans faiblir. Les gens se détourneront rapidement de ce parti si enfin ils retrouvent quelqu'un de raisonnable pour défendre leur nation. Le FN finalement n'est que le résultat d'une énorme fuite des élites face aux problèmes nationaux depuis quarante ans. C'est la bosse produite par la poussière accumulée sous le tapis  et dont personne ne veut se débarrasser qui crée le FN, on essaie de l'oublier, mais la question  revient à chaque fois. Si les élites continuent à fuir ces problèmes pour continuer à se faire bien voir des médias et du petit village parisien, alors oui ils finiront par le mettre au pouvoir ce parti extrémiste qu'ils détestent tant. Les meilleurs alliés de Marine Lepen sont bien ceux qui en prétendant la combattre lui donne en fait des armes pour vaincre.

Partager cet article
Repost0
11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:24

1-partis-modem-journees-bayrou 400Dernièrement j'avais été surpris par les propos d'un député européen du modem et ancien vert, je veux bien entendu parler de Jean-Luc Bennahmias qui était quand même d'accord sur certains points avec NDA le souverainiste dans cette dernière  confrontation chez Ruth Elkrief. Il était question bien évidement du protectionnisme et les deux politiques étaient étrangement d'accord sur de nombreux points. Pour cette raison il me semblait intéressant de voir où en était Bayrou quand à ses positions sur l'économie en général. Et bien dans le dernier interview qu'il donne au figaro on ne voit pas poindre de changement particulier par rapport aux habitudes centristes. En tout cas l'on ne voit pas de solutions à la hauteur des enjeux, ni d'ailleurs une prise en compte de la réalité européenne. Enfin plus exactement Bayrou se rend compte des problèmes, mais semble ne rien en déduire dans ses propositions. Ainsi François Bayrou semble complètement largué, comme si le monde avait évolué sans lui. Le troisième homme de la dernière présidentielle risque de ne pas briller à la prochaine élection, d'autant que la concurrence sur le centre mou va être féroce, entre Europe-écologie, le PS, et éventuellement De Villepin ou  Hervé Morin, tous se disputant un électorat centriste en déclin il ne sera pas facile de se frayer un chemin. Le PS va notamment être très embêtant pour lui si le candidat officiel est celui de la deuxième gauche à savoir DSK.

 

      Mais le gros problème à mon sens, c'est la nature même du centrisme, Bayrou continu de se référer aux gens qui ont pourtant mis le pays dans la situation actuelle. Ainsi il n'hésite pas à citer des hommes comme Jacques Delors ou pire Raymond Barre grands massacreurs de la nation française.  Delors et ses idées européennes sont pourtant complètement discréditées par l'histoire, mais cela n'empêche pas Bayrou de porter cet homme au pinacle.  C'est bien Delors qui a engagé la gauche dans les solutions européennes au tournant de 83, en disant qu'avec l'Europe nous pourrions faire une grande politique keynésienne de relance et de plein emploi, on connait la suite. Quand à Barre grand allié de Valéry Giscard d’Estaing, il fait partie de ceux qui ont introduit le néolibéralisme en France, drôle de référence. Le monsieur tunnel qui promettait qu'avec la rigueur (dans les années 70) nous nous en sortirions, on attend toujours le bout du tunnel avec leurs solutions de flagellation économique.

 

        Mais revenons aux propositions de Bayrou en tant que telles, pour la crise dans les pays du "sud" notre centriste propose de créer des obligations européennes et il veut que les états de l'UE empruntent directement auprès de la BCE. Idée loufoque s'il en est, puisque Bayrou le reconnait lui même les allemands n'accepteront jamais, et comment leur en vouloir d'ailleurs? Cela reviendrait à indéfiniment permettre aux états en déficit chronique de continuer comme si de rien n'était. Ce que Bayrou ne comprend pas c'est que ce qu'il propose revient à faire de l'Europe une seule entité politique, une seule nation, car seul un peuple et une nation ont une solidarité naturelle permettant ce genre de politique. Un parisien ne se demandera jamais s'il est normal que ses impôts servent à financer des investissements en Corse ou en Normandie, ou s'il est normale d'être solidaire avec les pauvres d'Ardèche, il dira et bien oui ils sont français donc c'est normal. A l'échelle européenne ce type de solution est tout simplement impossible et c'est bien là dessus que les souverainistes ont insisté en parlant d'impossibilité pratique de faire fonctionner l'euro, ce que Bayrou n'a manifestement pas encore compris. Nous avons une monnaie unique sans état, sans solidarité et sans aucune homogénéité économique, c'est un miracle que cela n'ai pas explosé avant en réalité.   

 

    Et si Bayrou a raison de dire que les politiques doivent reprendre les rênes du pouvoir, encore faut-il bien comprendre pourquoi l'UE, qu'il défend tant, en est arrivée à ce stade de dépolitisation de sa vie économique.  Le marché libre et sans entrave, le laissez faire, sont les conséquences directes de la mise en place de l'UE car cette dernière n'ayant aucune croyance collective, aucune forme d'intérêt commun, a abouti au plus petit dénominateur commun, le laissez-faire. Si l'Europe de monsieur Bayrou est si dépolitisée c'est simplement parce que le seul moyen d'agir collectivement en Europe était de n'avoir aucune politique commune. Ainsi s'est substitué petit à petit un pouvoir technocratique fait de règles rigides à la place de la politique, qui elle doit s'adapter aux conditions du moment. L'Europe amorphe est la seule Europe possible quand on lie les états européens sur le plan économique et monétaire, cela ne pouvait pas aller vers autre chose.  Ainsi les allemands ont une stratégie nationale, l'Europe n'est qu'un pion qui sert leur stratégie, tout comme l'a fait la Grande-Bretagne depuis le début de l'UE. Il n'y a guère que la France qui a abandonné à l'UE toute sa politique, la France est le seul pays du continent à s'être transformée en région européenne alors qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura jamais d'état européen. Je comprends le désarroi de Bayrou face aux allemands mais ils faudrait peut-être grandir un peu à son age. Quand il dit :

 

"Il est assez rare que je me trouve en désaccord de fond avec les dirigeants allemands. Mais je n'approuve pas aujourd'hui leur attitude crispée, comme s'il fallait punir ceux qui sont en crise, comme si on leur demandait à eux des aides ou des subventions. On ne leur demande rien de tout cela: on demande une organisation commune du crédit à des pays en difficulté. Je rappelle que dans les années 90, il y a eu une immense polémique en France parce que nous avons accepté des taux d'intérêt très élevés, jusqu'à 12 %, pour rester solidaires, à l'intérieur du système monétaire européen de l'époque, avec l'Allemagne qui construisait sa réunification. A l'époque, j'ai soutenu cette solidarité qui nous coûtait très cher. Tout le monde doit comprendre que nous sommes dans le même bateau." 

 

    On sourit un peu, parce que cela dénote la déconnexion totale avec l'histoire du monde réel. Il n'est pas cynique le Bayrou contrairement à un DSK, non, il croyait vraiment que les états européens allaient agir main dans la main en oubliant leurs intérêts propres.  L'esprit rose bonbon est une catastrophe pour la France, on imagine Bayrou face à la Chine leur expliquant qu'il faudrait qu'ils soient plus coopératifs parce qu'on est tous dans le même bateau quand même. 60 ans de parapluie américain ont fait perdre aux français le bon sens diplomatique et l'intelligence des rapports de force internationaux. Tant que la France plie et ne menace pas l'Allemagne de représailles les allemands continueront, et pourquoi se gêneraient-ils? Qu'est ce qu'ils en ont à faire des français, des italiens, des espagnoles alors qu'ils sont puissants et excédentaires eux? C'est ainsi que marche le monde depuis l'aube des temps et ce n'est pas la modernité technique qui y changera quoique ce soit. Comme nous l'a d'ailleurs rappelé Marie France Garaud dernièrement , il faut jouer ses atouts et ne pas lésiner sur la force si besoin est. En l'occurrence ici, menacer de sortir de l'UE, mettre des taxes à l'importation et faire changer les allemands d'avis puis s'ils ne le veulent pas tant pis chacun pour soi et nous on sort de l'euro. 

 

  La sortie de l'euro parlons en d'ailleurs, puisque Bayrou reprend ici ses vielles habitudes de centristes en sortant ses propos de Cassandre. Attention si vous sortez de l'euro le ciel vous tombera sur la tête et le dieu marché vous punira en faisant augmenter les taux d'intérêts. Là c'est étrange parce qu'il ne lui vient pas à l'idée d'emprunter auprès de la banque de France alors que précédemment il envisageait que les états européens puissent emprunter à la BCE c'est curieux non?  Cela dénote une certaine malhonnêteté intellectuelle, n'ayant plus d'arguments pour défendre cette structure bureaucratique européenne, il ne lui reste plus que les prévisions de mort subites. Mais de toute façon c'est une méthode que l'on connait bien, on menace les eurosceptiques de toutes les catastrophe depuis 20 ans,et l'on donne à  l'Europe toutes les vertus. Le problème c'est que ce sont bien les souverainistes qui ont eu raison, et qu'aujourd'hui les propos européens commencent sérieusement à s'essouffler devant la dure réalité.  Il parle de folie pour la sortie de l'euro et si en fait c'était le maintient de cette monnaie qui était une folie? L'Islande, qui a eu d'énormes problèmes, a dévaluer de 60% sa monnaie et bien la croissance est déjà repartie, et l'expérience de nombreuses nations montre que les dévaluations ne se transforment pas en catastrophe contrairement à ce que dit Bayrou. C'est au contraire le maintient dans le déséquilibre qui produit des catastrophes, lacharnement à vouloir maintenir des devises hors-sol.

 

  Nous même entre 97 et 2000 nous avons connu une forte accélération de la croissance à cause de la faiblesse de l'euro qui n'était pas encore dans nos poches, mais qui existait déjà au niveau des taux fixes entre les monnaies européennes. La monnaie unique s'est alors dévaluée de 30% par rapport au niveau de sa date de mise en service. A l'époque cela avait permis une croissance de plus de 3% en France et un redémarrage de l'investissement.  Et le passage du franc fort à l'euro faible fut une bénédiction momentanée qui a permis malheureusement l'unification monétaire d'entrer dans sa plein existence.  Ce qui compte pour notre économie ce n'est pas les taux d'intérêts sur les marchés internationaux, mais le tissu industriel, le taux de chômage et l'évolution des salaires, cependant de tout cela monsieur Bayrou n'en parle point, ce qui en dit long sur son positionnement. Il en est encore à vouloir sacrifier les français pour sauver son euro. Comme il le dit lui même la France a fait de nombreux sacrifices pour créer la monnaie unique,et bien  je crois qu'il est tant de laisser le peuple respirer un peu et d'arrêter cette torture.

Partager cet article
Repost0
30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 18:39

   Encore une vidéo de Régis Debray, il est ici au sommet de son art dans la démonstration rationnelle. Debray arrive à mettre en très peu de temps  des arguments que j'ai moi même employé couramment sur ce blog. Et tout y passe la déconnexion du réelle chez les occidentaux, la désindustrialisation, l'incapacité de voir à quel point l'occident ne produit plus que des signes et non des choses. Debray a ici été véritablement brillant c'est une une vidéo à voir et à revoir. Il intime les occidentaux à revenir sur terre, à retrouver le bons sens qu'ils ont perdu à travers les illusions techniques, faute de quoi leur civilisation est condamnée.

 

 

 

Partager cet article
Repost0
29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 19:50

    suisse  Encore une fois le petit pays des alpes fait la une des journaux pour une affaire qui pourtant ne regarde que lui. En soit le poids que les médias accordent à ce vote, tout comme pour celui du vote sur les minarets, est représentatif de quelque chose. Les affaires suisses à répétition nous disent quelque chose, non sur la Suisse elle même, mais sur l'état de la France et de l'Europe en général. La Suisse agace, à plus d'un titre, ce paradis européen dont on nous vante tellement les réussites et la nécessité, la Suisse est comme un énorme furoncle au milieu du visage d'une miss monde. Du moins le croit-on et c'est par des fleuves d'insulte que les résultats des élections suisses sont régulièrement accueillis. Pays de fachos, pays raciste, pays de pecnots, pays de banquiers égocentriques et j'en passe, étrangement dès qu'il s'agit de la Suisse les apôtres du vivre ensemble se lâchent et oublient leur beau langage de tolérance. Car sur les suisses on peut se lâcher, ils sont riches, blancs et en plus ils sont pas dans l'UE tout les défauts. La Suisse énerve franchement nos élites sur tout les plans, elle fait le contraire du reste de l'Europe et se complet dans une position d'autonomie qui gâche la fête européenne. Parce que l'Europe elle aime les états indépendants, enfin quand ils sont pauvres, on peut ainsi les citer en exemple pour vendre l'euro ou l'UE aux faibles d'esprits. Quoi vous ne voulez plus de l'euro, mais malheureux votre pays finira comme la Corée du Nord ou pire comme l'Albanie. Avec la Suisse forcement cela marche moins bien.

 

      Les suisses sont xénophobes nous dit-on, sauf que ce pays détient plus de 20% d'étrangers sur son sol nettement plus que la France qui semble pourtant avoir déjà atteint ses limites. Il est vrai aussi que bon nombre d'étrangers sont en fait des gens originaires d'Allemagne, d'Italie ou de France, la proximité culturelle fait que le poids de l'immigration y est probablement moins problématique qu'en France.  La Suisse a aussi un énorme inconvénient, le peuple apparemment y est souverain. Les élites suisses, si elles sont comme dans le reste de l'Europe décadentes et peu attachées à leur propre territoire, n'en reste pas moins soumises à la vindicte populaire. En Suisse il n'y a personne pour invalider un référendum comme celui de la France en 2005. Dès lors l'on peut affirmer qu'à l'heure actuelle et étant donné l'évolution du continent la Suisse est l'une des dernière véritable démocratie d'Europe.  La structure particulière de la Suisse semble l'avoir en parti protéger de la course folle à l'autodestruction qui conduit ses voisins à la catastrophe. La Suisse est donc très énervante pour le système européen, car ce dernier aimerait se présenter comme inéluctable comme étant le sens de l'histoire. Car la Suisse rappelle constamment qu'il n'y a pas de sens de l'histoire et que les peuples sont libre en réalité de faire leur propres choix, que l'Europe n'est probablement pas là pour l'éternité et que l'on peut avoir seulement 10 millions d'habitants, avoir sa propre monnaie et faire la politique que l'on veut chez soi.

 

      Entendons nous bien je ne suis pas en train de faire l'apologie du vote Suisse, je dis seulement qu'il montre qu'il n'y a aucune fatalité historique. C'est pour cela que l'UE attaque la Suisse sans arrêt, pour n'importe quel prétexte. Hier c'était sur les paradis fiscaux alors que le Luxembourg membre de l'UE en est une gros. Aujourd'hui c'est pour l'expulsion des étrangers. Comme dans le cas des roms en France toute velléité d'indépendance en dehors du cadre européen est jugée comme inadmissible surtout lorsqu'il s'oppose au dogme régnant à la tête de l'UE celui du libéralisme sans entrave et des droits de l'homme absolutiste. Mais l'UE se fiche complètement des étrangers en Suisse et de leur traitement, comme elle se fout complètement du sort des roms, tout ceci n'est que prétexte. En tant que bureaucratie expansionniste, elle cherche à imposer son pouvoir total et normatif. L'UE construction non-historique mais idéologique cherche à détruire les nations qui ont, elle, une existence historique. La Suisse existe en dehors de l'idéologie, comme la France, l'Allemagne ou l'Italie, ces nations sont le fruit de l'histoire et peuvent avoir telle ou telle idéologie à leur tête sans pour autant être remisent en question lors des changements. Ce n'est pas le cas de l'UE comme ce ne fut pas le cas de l'URSS et comme ce n'est pas le cas des USA. Ces organisations là sont fondées sur une idéologie de base, elles sont exo-historiques, elles ne peuvent survivre à l'idéologie qui les porte. L'URSS est morte avec le communisme, les USA mourront avec le progressisme sans fin, l'Europe mourra avec l'européisme post-historique qui vit ses dernières heures. L'agressivité de l'UE à l'encontre de tout ce qui est national vient de cette fragilité inhérente et la Suisse est donc une cible de choix.

 

  Car elle est coupable à la fois de blasphème et d'hérésie pour l'Europe . L'hérésie c'est sa conduite et son existence en dehors de la structure européenne, le blasphème c'est quand elle s'attaque aux croyances de l'UE, celle de la libre circulation des personnes notamment.  La Suisse nous révèle donc à quel point l'union européenne est une construction idéologique dangereuse qui n'a que faire de la souveraineté des peuples et donc de la démocratie. Les suisses sont un peu devenu le village des irréductibles gaulois, pendant que tout l'Europe est occupée par un empire technocratique et nihiliste. 

 

Xénophobie et démocratie

 

        Autre point, la Suisse nous rappelle aussi qu'il n'y a pas de démocratie forte sans une certaine croyance collective et qui dit croyance collective nationale dit une certaine xénophobie. En réalité les peuples très tolérant acceptant tout et n'importe quoi sur leur sol sont en général en déclin, ou n'ont aucune existence réelle. On est très tolérant quand on a plus de conscience de soit ou  d'appartenance collective. La croyance collective pour un peuple c'est un peu l'amour de soi pour un individu, il ne faut pas en avoir trop, mais le manque  peut conduire au suicide.  A partir du moment où vous croyez en votre nation, en votre groupe, quelque soit la nature du regroupement, ethnique, religieux, nationale, il existe une division entre ceux qui sont dans votre groupe et ceux qui en sont extérieurs. C'est malheureux mais c'est ainsi, en se définissant un groupe choisit automatiquement qui est dedans et qui est dehors. Dans le cas de la démocratie la croyance de groupe doit même être plus forte pour que la démocratie soit fonctionnelle, ainsi Montesquieu ne disait-il pas que le patriotisme est le moteur de la république. En son absence l'état se disloque, le pays se divise et la démocratie devient le fermant de la guerre civile. Les peuples avec une faible croyance collective se retrouve rapidement sous une dictature seul moyen de maintenir une certaine cohésion entre des groupes divergents. La Yougoslavie en fut l'exemple parfait. La France communautariste glisse doucement vers la dictature nous disent certains à gauche. Et c'est pourtant cette division du corps collectif par l'idéologie de la libre-circulation des personnes et des biens, que la gauche affectionne tant, qui en est peut-être le principal moteur de cette montée autoritaire. 

 

  Je rebondis ici bien évidement sur les propos qu'Emmanuel Todd a tenu pour Rue89 dimanche, et concernant la poussée de la violence étatique comme réponse à la dégradation économique du pays. Mais dans l'analyse de Todd seul le volé économique est abordé, la question migratoire n'est pourtant pas pour rien dans la monté du Sarkozisme. Et si la poussé autoritaire était le seul moyen de maintenir une nation en cours de dislocation démographique sous le poids de l'immigration massive?  Les français se sentant de moins en moins frère pour cause d'une nationalité de plus en plus floue se jetteraient dans les bras d'un dictateur pour maintenir tant bien que mal l'unité du pays. Au finale on pourrait en conclure que le Sarkozisme dans ce cadre n'est pas le résultat d'une xénophobie montante mais d'une disparition de la croyance collective. Soit il s'agit d'une poussé de xénophobie signe d'un retour à la croyance collective, les français recommençant à se définir comme français suivant tel ou tel critère il y aura alors certes rejet de ceux qui ne peuvent appartenir au critère du groupe. Cependant c'est la condition pour que la démocratie fonctionne à nouveau. Soit il s'agit d'une plongée dans le néant individualiste auquel cas nous finirons dans une dictature, de toute façon avec l'UE nous y sommes presque déjà. Au final la petite montée de xénophobie en Europe n'est peut-être pas si catastrophique que certains croient, peut-être s'agit-il d'un renouveau des nations et d'un futur retour de la démocratie réelle. En ce sens la Suisse nous montre peut-être la voie.  Et seul ce retour des nations nous permettra de vraiment résoudre les problèmes du continent, ne comptons pas trop sur les bureaucrates de Bruxelles plus attentif à l'augmentation  de leur pouvoir et à nourrir leur hubris.

 

 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 21:34

  Le président de debout la république vient de faire un coup médiatique en se présentant comme le candidat de la sortie de l'euro. De quoi se démarquer franchement de ses adversaire alternatifs, plus mous sur la question, on pensera à Mélenchon par exemple. Mais cet interview chez Ruth Elkrief est assez étrange puisque la journaliste, qui voulait probablement produire un conflit à l'antenne , toujours bon pour l'audimat, s'est retrouvé avec un certain consensus entre NDA et le député Modem européen  Jean-Luc Bennahmias. Notamment sur la question du protectionnisme ce qui est assez extraordinaire provenant d'un député centriste et ancien des verts. Bien sûr la différence s'est faite sur la question de la possibilité du protectionnisme européen et NDA a justement souligné que si le protectionnisme européen était théoriquement l'idéal il était en pratique impossible. Autre remarque  Jean-Luc Bennahmias est pour un plan de relance c'est à dire une politique keynésienne alors que les centristes ont toujours était des anti-keynésiens par excellence. Preuve que nous  vivons vraiment dans une époque de trouble politique, plus personne ne sait où il habite.

 

Je dois dire que j'ai été tout simplement surpris par la réaction de Jean-Luc Bennahmias, surpris dans le bon sens du terme. Cela signifie que certaines idées commencent quand même à bien traverser les esprits et les partis politiques, même les plus opposés à celle-ci. Je pense d'ailleurs que la journaliste a elle même été très surprise par l'entente finale de ces deux personnalités que pourtant tout devrait opposer.  C'est un signe pour tout ceux qui désespèrent de la France et de son personnel politique, oui ils peuvent changer, et oui certains politiques vont peut-être enfin admettre l'évidence du fiasco libéral et mondialiste.  Pour ce qui est de NDA il a été très bon il arrive à être plus fort et brutal dans ses propos sans tomber dans l'excès, contrairement à Jean Luc Mélenchon qui lui s'emporte parfois un peu trop ce qui peut nuire à son image. NDA arrive à bien faire passer ses messages sans pour autant se laisser enfermer dans une caricature comme les aiment les médias.  Si Marine Lepen est battu par Gollnisch et que DSK devient candidat à l'UMP... eux pardon au PS NDA pourrait vraiment se voir offrir une belle opportunité politique.

 

 

Partager cet article
Repost0
22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 18:08

 dsksarko.jpg   Dominique Strauss Kahn est donc le candidat de la dernière chance pour le système médiatico-libéral français, les médias le donne comme futur candidat à l'élection présidentielle et l'on sait par avance que l'énorme machinerie médiatique le soutiendra. Le candidat Sarkozy n'ayant plus le soutient des masses, et ayant déçut les partisans du systèmes, ces deniers lui ont déjà trouver un remplaçant. Et quel remplaçant, dans ses derniers propos  DSK nous donne une vision du monde et des solutions à apporter aux problèmes européens tout à fait dans l'ère du temps de 1970 environ. Grand adepte de l'UE, il propose la création d'une TVA européenne grand dada des européistes que cela, l'harmonisation fiscale on en parlait déjà au moment de Maastricht et on l'attend encore. Mais bien évidement ce que ne précise pas ce pauvre DSK c'est sur quelle fiscalité l'Europe s'alignera. Quelque chose me dit que dans son idée bien à lui de la défense de l'état français il ne resterait pas grand chose comme imposition et plus grand chose de l'état français par la même occasion. Mais c'est vrai que dans la tête de DSK il y a l'Europe, je ne suis pas sûr cependant que cet amour soit partagée massivement par le reste de la population. Il est vrai aussi que le peuple DSK s'en fout un peu après tout on ne devient pas directeur du FMI par hasard, les talents sexuels n'étant pas les seules qualités demandées sur le CV. Quoique?. 

 

    Le plus drôle dans les propos de DSK, et je suis sûr qu'il ne se rend même pas compte de la drôlerie de ses propositions, c'est le coté complètement archaïque et réchauffé de celles-ci.  Ainsi il nous dit que la croissance en Europe est la plus basse du monde et que ce n'est pas bien. Étrangement il ne fait pas le lien avec l'euro, pourtant un coup d'œil simple sur les taux de croissance montre que les membres de  l'euro sont ceux qui dans l'UE on la croissance la plus faible. En fait moins on est dans l'Europe et mieux on se porte économiquement.  Mais DSK n'est pas sans connaitre la définition d'une zone monétaire optimale, il sait très bien que la zone euro n'en est pas une. Pourtant comme il n'est pas du genre à revenir en arrière lorsqu'il se trompe, il veut nous fabriquer une Europe fédérale dont  personne ne veut vraiment. Pour justifier la faiblesse de la croissance européenne autrement que par les vrais raisons (concurrence déloyale avec la chine, zone monétaire non optimale, impossibilité d'investissements publics fort), il va nous chercher les vielles lunes libérale. Ainsi selon ce monsieur, directeur du FMI, la faible croissance est du à la faiblesse du nombre d'heures travaillées. On reconnait bien là l'argument massue anti-étatiste et anti-fainéantise propre aux rentiers. La vérité c'est que les européens n'ont rien à envier aux américains en nombre d'heure travaillée et qu'il n'y a en fait aucune corrélation entre le nombre d'heure travaillé et le taux de croissance. Mais bon l'argument fonctionnera surement pour attirer tout les hurluberlus qui croit encore aux balivernes libérale.

 

    D'autre part nous dire que les salariés européens ne sont pas utilisés à leur plein potentiel,ce qui est vrai, tout en nous disant que c'est pour cela qu'il y a du chômage, et en finissant par un plaidoyer pour l'immigration de masse, relève de l'incohérence intellectuelle totale. Au lieu de lorgner sur ses secrétaires DSK ferait bien de faire un petit peu travailler son cerveau. Si les salariés européens ne travaillent pas autant qu'ils le pourraient cela signifie que le taux de chômage serait encore plus fort si les européens travaillaient plus. En réalité la réduction du temps de travail augmente la masse d'emplois à quantité de richesse produite égale. Si nous travaillions plus le taux de chômage serait donc plus gros qu'il ne l'est en réalité. Plus grave encore DSK, fait de l'immigration la seule solution aux problèmes démographiques de l'Europe, mais accroitre la masse de travailleurs alors même que celle-ci est déjà insuffisante relève de l'escroquerie intellectuelle pure et simple. Aux USA l'immigration n'a pas accéléré la croissance elle est même surement responsable en partie de la sous rémunération du travail et de l'explosion des inégalités. Il est d'ailleurs étrange de montrer en modèle les USA alors même que la situation dans ce pays est catastrophique. Le Japon qui n'a jamais fait appel à l'immigration n'a jamais eu de problèmes aussi grave que ceux des USA, et même avec une croissance très faible depuis 20 ans le taux de chômage japonais reste plus faible que ceux d'Europe ou d'Amérique. Croissance faible certes, mais cohésion sociale plus grande, et pas de délinquance ou de quasi  guerre urbaine. Pas de déficit commercial non plus, quant à la dette les japonais s'en fichent ils n'empruntent qu'à eux mêmes. Et de toute façon avec sa lubie Européenne comment va-t-il calculer le besoin d'immigrés? En se basant sur la démographie de  l'Allemagne et sa natalité à 1.3 enfants par femme, ou sur la France et sa natalité à 2? Il y a dans le problème démographique le même problème qu'avec la monnaie ou l'inflation, l'Europe est trop diverse pour être gérée par un état unique et une seule politique. On remarquera quand même au passage que DSK ne propose pas de relancer la natalité alors même qu'il la trouve trop faible, il reste dans la logique typiquement américaine du pillage internationale des hommes, des biens et des matières premières. Ta pas assez d'ingénieurs?  C'est pas grave va piquer ceux du voisin, au lieu de réformer ton système scolaire. Ta plus pétrole? C'est pas grave va envahir l'Irak au lieu de changer d'énergie ou de mode de vie. Tes femmes ne font pas assez d'enfants? C'est pas grave importe des étrangers quitte à devoir changer de langue officielle ou à avoir une guerre civile dans 50 ans. Avec des DSK au pouvoir il nous faudrait une infinité de planètes à exploiter pour survivre.  Remarquez cela colle à la vision hiérarchique qui inspire en réalité  nos élites, les noirs font des gosses, les asiatiques produisent, les riches occidentaux jouissent, en attendant de disparaitre.  Une vraie application pratique de la spécialisation du marché libéral.

 

  Enfin on constatera la volonté strausskanienne de donner plus de pouvoir à la commission européenne dont nous avons pu, à de multiples reprises, remarquer le fonctionnement totalement démocratique. Il est étrange de voir un homme courir après la fonction présidentielle pour ensuite en vider les derniers restes de pouvoir, une vrai mentalité de rebelle notre cher DSK.   A moins qu'il s'imagine déjà en empereur européen à la tête de la commission , les petits copains lui laissant la place lorsqu'il en aura marre de faire de la figuration à la tête d'un état français réduit à rien. DSK n'est pas seulement un crétin qui ne comprend rien à l'économie, tout en faisant semblant d'y comprendre quelque chose, c'est un salaud de la pire espèce. Un type qui veut mettre définitivement fin à la démocratie en Europe et qui veut donner la totalité du pouvoir à des fonctionnaires non élu, dont la principale caractéristique est de s'être toujours trompé ces trente dernières années.  Avec un tel candidat nous avons par contre la certitude que même ceux qui en doutaient le plus auront enfin compris que le PS et l'UMP sont en fait un seul et même parti politique. D'ailleurs sentent le vent tourner on constate que certains parvenus du PS commencent à s'éloigner lentement de la doctrine officiel du futur candidat. Mon collègue blogueur antidote, avec un certain talent d'ironie, s'en ai pris à Arnaud Montebourg, cas typique de l'arriviste du PS, qui est plus motivé par son intérêt personnel que par celui du pays. Disons doctement qu'il a des idéaux fortement malléables en fonction de son intérêt électoral à court terme. Et bien ce jeune premier du PS, a senti le vent idéologique tourné, le voila prônant le protectionnisme et la régulation des échanges. Son ancienne stratégie judiciaire pour passer pour un monsieur propre de la politique en s'attaquant au clan Chirac notamment n'ayant pas fonctionné, il change son fusil d'épaule.

 

Les girouettes électoralistes dans son genre son de bons indicateurs de l'évolution de l'opinion publique, toujours dans le sens du vent la position de Montebourg nous indique que le libre-échange a du plomb dans l'aile même chez ses plus fervents partisans.  A force nous allons finir par nous retrouver dans la majorité. Je me réjouis bien sûr de ces évolutions, cependant je suis plus que méfiant à l'égard de ces changements qui ne sont pas forcement désintéressés ou fondés sur des convictions réelles. Quoiqu'il en soit pour paraphraser Emmanuel Todd, DSK est le seul candidat socialiste capable de faire gagner Sarkozy. Après toute quitte avoir un démolisseur d'état autant garder celui qui s'en réclame très officiellement, sans faire semblant d'être de "gauche". Les élections de 2012 s'annoncent palpitantes, ou alors catastrophiques suivant les hypothèses, soit il y aura une forte participation et un rejet massif des deux grands candidats, avec une monté des petits et une course dialectique visant à se monter plus protectionniste que le voisin. Soit nous aurons un effondrement démocratique et une abstentions pulvérisant tout les records, une présidentielle à l'américaine en quelque sorte. Je pense que les dominants du système parient sur cette hypothèse, un second tour DSK Sarkozy risquant de nous faire passer à moins de 50% de votant. Auquel cas ils pourront enfin décréter la normalisation de la vie politique française qui s'alignerait ainsi sur l'Amérique, c'est à dire sur euthanasie de la démocratie.

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2010 2 16 /11 /novembre /2010 17:53

Incroyable mais vrai, il semblerait que Jean Claude Michéa ait enregistré quelques vidéos pour internet ce qui n'est vraiment pas dans ses habitude. Je dois cette incroyable découverte à René Jacquot qui a mis quelques liens sur le blog de Natacha Polony. J'aurai dû les inclure dans la brève d'hier, mais finalement j'en profite pour donner mon point de vue sur les propos que tient notre philosophe montpelliérain préféré. On en profite puisque l'enregistrement vidéo  n'est pas dans les habitudes de Michéa et que l'on risque d'attendre longtemps avant de revoir sa tête devant une caméra. Par contre le montage des vidéo est une catastrophe, un travail d'amateur , en même temps cela n'enlève rien aux qualités des propos de Michéa donc tout va bien.

 

1-L'origine de la société libérale:

 

 

Dans cette première vidéo Michéa nous explique sa thèse centrale sur l'origine du libéralisme ce dernier étant apparu pour résoudre les guerres de religions qui ont ensanglanté l'Europe du 16ème au 18ème siècle. A titre personnel je rajouterai une couche explicative quand à la méthodologie employée par les libéraux pour créer une société amorale. Il me semble impératif de voir l'influence de la méthodologie cartésienne dans la création de la société libérale. Les libéraux ont user de la méthode de Descartes pour expliquer la société, la comprendre et finalement pour lui donner une organisation qu'ils pensaient plus rationnel et donc moins à même d'être sous l'influence d'une morale extérieure. La méthode de  Descartes consistant à diviser un problème en plus petites parties pour en faciliter sa compréhension, on comprend bien qu'appliqué à la société les premiers penseurs libéraux sont alors partie de l'individu, partie la plus petite de la société pour comprendre la société dans son ensemble. Les libéraux pensaient qu'en comprenant les intérêts individuels, les motivations personnelles ils parviendraient à comprendre le fonctionnement sociale dans son ensemble. Ce fut une grave erreur comme je l'avais expliqué ici. En fait la société influence autant les individus que l'inverse, il est dés lors impossible d'analyser la société en extrayant les individus de leur milieu social.  Ajouter des comportements individuels sans voir l'interaction de l'ensemble sur les parties c'est ne pas voir la réalité du fait social. Tel ou tel individu ne se comporte pas nécessairement uniquement par autodétermination, il agit aussi dans le cadre social qui lui est assigné. La société n'est pas la somme des intérêts individuels elle est plus que çà et c'est une escroquerie intellectuelle que de la résumer à ce dogme libéral.  
 
D'autre part, l'idée de fonder une société amorale, c'est à dire sans cadre axiologique moral de référence, présuppose également une possibilité de résolution de tout les problèmes sociaux, économiques et politiques par l'unique moyen du logos. Il s'agit là d'une prétention tout à fait irrationnelle et hors des capacités humaines réelles. En réalité la logique pure n'est pas capable de résoudre tout les problèmes et c'est vrai même en mathématique et en physique. Il arrive bien souvent que l'on soit obligés de faire des choix arbitraires. Dans le cas de problèmes surdéterminés par exemple, c'est à dire des problèmes ayant plus d'équations que d'inconnus, on pose empiriquement une valeur à certaines variables pour résoudre le problème. Dans le cadre de la société civile on est parfois obligé de faire des choix similaires, des choix empiriques et arbitraires. Car on ne peut pas le résoudre tout les problèmes par la simple logique, que ce soit à cause du  manque d'informations ou par l'incapacité à comprendre réellement le fonctionnement d'un problème. Exemple le cas de l'ingénierie génétique et des OGM c'est bien par précaution et par intérêt moral que certains OGM et certaines pratiques ont été interdite. Il n'y avait pas de preuves formelles, nous ne savions pas s'il était risqué ou pas de faire du maïs  Monsanto en plein champs. C'est le principe de précaution, qui est un principe morale de sauvegarde de la société, qui a fait faire le choix de la sécurité et non la logique scientifique pure qui elle a botté en touche faute de connaissance. On voit donc que la société réelle ne peut pas fonctionner sans un axiome empirique qui la guide dans le cas où la raison est incapable de trancher. C'est pourquoi il est important d'avoir une morale publique, bien sûr cette dernière doit éviter d'être clivante à l'intérieure de la société, il faut donc que cette morale soit areligieuse. En France nous avions la morale républicaine il serait peut-être temps de la resortir de la naphtaline où les libéraux l'ont plongé.  
 
2-La logique du don
 
  Ici Michéa aborde à juste titre l'échange non marchand celui dont on nous dit pourtant qu'il ne sert à rien puisque non monétisé. En réalité l'essentielle de la richesse d'une société est non marchande, des relations interpersonnelles, à l'amitié, l'amour, la curiosité, la passion etc.. Autant de choses  qui ne sont pas mesurables dans l'échange marchand qui n'entrent dans aucun livre de compte, ce sont pourtant des choses essentielles de la vie. Et que dire du soleil qui nous éclaire et nous chauffe gratuitement, de l'oxygène que nous respirons, de la mer dans laquelle nous nageons gratuitement. On peut même déclarer que tout ce qui est essentiel n'a pas de valeur marchande et que comme le disait Rousseau les arts sont lucratifs en raison inverse de leur utilité. L'éducation d'une mère avec son enfants est la chose la plus importante au monde et pourtant cela ne vaut économiquement rien. Ainsi voit-on des nations prospères sur le plan comptable se dépeupler sur le plan humain à l'image de l'Allemagne ou du Japon. N'est ce pas paradoxale de voir des nations riches économiquement s'appauvrir humainement? Ou peut-être est ce la notion même de richesse que nous utilisons qui est fausse? Auquel cas nous nous appauvrissons en fait socialement depuis des générations en nous enrichissant économiquement, ou l'inverse. Cette question est une vraie question, il faut oublier de limiter la raison à la seule économie et penser à nouveau au reste, tant négliger par les modernes. Car si nous continuons nos sociétés finiront par mourir de richesse.   
 
 3-La croissance
 
 
A la suite de son questionnement sur la notion de don Michéa nous parle du dogme de la croissance, et pose la question de la nature de cette croissance. En effet croitre pour croitre n'a aucun sens, c'est bien la question du sens qui fait défaut à la société moderne. Faire croitre la PIB par la destruction qu'occasionne des modes de vie absurde est bien évidement une aberration, augmenter le PIB grâce à la destruction de l'empathie et de la bienséance, qui produisent une poussé de l'insécurité et donc un accroissement des forces de polices est tout aussi absurde. Cette question était d'ailleurs posé par Todd qui y voyait dans son Illusion économique l'un des moteurs de la croissance américaine en comparaison de l'Europe et du Japon bien moins criminogenes. De la même manière, polluer les rivières oblige à dépolluer et à vendre l'eau jadis gratuite, ce qui fait croitre aussi le PIB et l'activité économique. Le cynisme atteint son paroxysme quand on s'aperçoit qu'aux USA les principaux producteurs de  fastfood comme Mcdo sont aussi les principaux producteurs de médicaments pour les obèses, et les principaux producteurs de produits de régimes. Donc croitre pour croitre est effectivement une stupidité sans nom.
 
  Cependant et il ne faut pas l'oublier que le moteur de ce besoin de croitre, se trouve en réalité dans la mécanique même du progrès technique. Ce sont les gains de productivités qui produisent ce besoin de croitre, car une stagnation de la demande produirait une augmentation du chômage en parallèle.  Cette question avait été abondamment analysé par Keynes à son époque, la hausse des salaires et de la consommation pendant les trente glorieuses furent les réponses momentanées apportés aux contraintes produites par la hausse de la productivité. L'autre réponse étant bien sûr la baisse du temps de travail. Le fait est que cette hausse de la productivité tant mécaniquement à réduire le besoin du travail humain, mais que par tradition et habitude sociale, l'être humain est incapable de penser une société où l'on travaillerait peu. L'une des craintes de Keynes étant que l'humanité qui est née dans la rareté, ne soit pas capable d'inventer une société d'abondance raisonnable. Ne pouvant affronter une société qui n'aurait plus besoin de travailler autant, les hommes se sont lancés dans l'invention de gadgets et de nouveaux besoins pour justifier le fait de continuer à organiser la société autour du travail. La gadgétisation de la consommation, le marketing, la course au consumérisme ne serait que le résultat du rejet inconscient de la société d'abondance où le travail ne serait plus au centre de nos vie. Si nous n'avons plus à travailler qu'allons nous faire?.... Donc plutôt que de réduire le temps de travail nous choisissons toujours d'accroitre les salaires et donc la consommation pour maintenir l'équilibre économique entre l'offre et la demande, ainsi que la plein emploi, enfin un semblant de plein emploi. A cela s'ajoute bien sûr la question du libre-échange et du chômage non lié à la productivité, mais c'est une autre histoire.   
 
4- Les partageux
 
  Michéa donne ici une grosse baffe au NPA de Besancenot et à la gauche en générale en partant du slogan Tout est à nous de ce parti pseudo-révolutionnaire. Je n'épiloguerais pas  sur le fait que la gauche française est pleine de contradictions que ce soit sur ces choix en matière économique ou sociétaux. Ainsi proclamer sans arrêt vouloir agir dans l'intérêt des salariés français et toujours faire l'apologie de l'UE de l'euro et de la mondialisation qui pourtant détruisent ce que la gauche prétend défendre, ne semble pas titiller les cervelles de gauche. Pas plus que le double discours sur la laïcité  qui est oubliée dès qu'elle touche les immigrés musulmans. La gauche française est une gauche de posture, on est de gauche parce que cela donne tel ou tel intérêt social, tel ou tel avantage, même chose à droite d'ailleurs. Dans l'univers individualiste il n'existe plus que le calcul d'intérêt individuel à court terme, il n'y a plus d'hommes vrais, de gens emplis de valeurs, juste des opportunistes. On pourra se dire communiste un jour, et faire de grands discours ultra-libéraux le lendemain, comme Denis Kessler jadis homme de gauche. On pourra faire de l'écologie dans les salons et rouler en 4x4 après avoir pris l'avions pour une île paradisiaque la semaine d'après. C'est le règne de l'absurdité et du théâtre d'apparat, les idées ne servent à rien d'autre qu'à obtenir des postes, comme vient si bien de le faire remarquer Nicolas Dupont Aignan face à une  gaulliste du verbe Marie-Anne Montchamp.  
 
 5- La neutralité du libéralisme exemple la prostitution
 
Dans la continuité de son analyse sur le libéralisme Michéa nous montre jusqu'où une société dans laquelle il n'y a pas d'axiome morale de limite peut aller. La privatisation du sexe  pouvant devenir une nouvelle forme de productionde richesse, c'est d'ailleurs déjà le cas aux USA vue l'ampleur pharaonique atteinte par l'industrie porno au pays des pourtant pudiques protestants. En plaisantant Michéa nous prédis l'ouverture d'universités du sexe et de master en sexualité car il faut bien s'adapter à la demande du marché n'est-ce pas? En attendant la légalisation de la pédo-pornographie. 
 
 
 6-Le jeunisme
 
Dernière vidéo de Michéa sur le jeunisme, pour lui le jeunisme est la conséquence de la mystification autour de la jeunesse. Alors qu'autrefois le jeune devait apprendre du vieux, dans nos société c'est l'inverse, le jeune est censé en savoir plus que le vieux de part la mobilité technicienne qui rend caduque les vieux schémas organisationnels. Rendant ainsi inutile  le savoir-faire ancien et donc les vieux et leurs connaissances accumulées. Il s'agit bien sûr ici de l'image dans laquelle baigne l'homme moderne et non la réalité en elle même. De ce fait les jeunes sont sociologiquement enviés ce qui est paradoxale lorsque l'on sait la violence avec laquelle ils sont en réalité traité sur le plan économique.  On se retrouve donc avec une nation où tout le monde cherche à rester jeune et à ne pas vieillir. Autre conséquence on fabrique des individus rois, des individus qui veulent recevoir sans donner et qui deviennent violents lorsqu'ils n'ont pas ce qu'ils désir, tel les enfants en bas âge qui deviennent colériques. On ne peut que souscrire à l'analyse de Michéa sur ce plan à ceci prés que je rajouterai la question de la peur de la mortalité. Vouloir ne pas vieillir ce n'est pas seulement imiter la jeunesse jugé à tort avantagée socialement, c'est aussi fuir devant la mort. Le rejet des personnes très âges, et la maltraitance dont elles sont souvent victimes, le rejet des familles par quasi abandonc par exemple, montre que la mort est fuit autant que possible par les modernes. On ne veut pas la voir en face donc on efface les dégâts du temps autant que possible pour éviter l'inévitable. C'est un autre effet de l'absence de croyance collective et de la dislocation occasionné par la logique libérale. Autrefois l'individu entouré avait moins peur de la mort, il n'était pas seul face à elle. L'éclatement familiale et l'individualisme libéral qui en sont à l'origine, ont poussé les modernes à s'isoler de plus en plus, à rejeter tout lien non intéressé et ce faisant à affronter la mort seul dans des lieux ou l'on gère la morbidité qui en résulte. Et cela résume bien le libéralisme, c'est une idéologie morbide qui conduit l'humanité à la mort en solitaire.    
 
7-Le nomade Attalien
 
 

 

 Petit rajout de dernière minute, encore merci René, ici Michéa nous parle de l'homme nomade dont la quintessence se trouve dans le mode de vie typique d'un Jacques Attali. L'homme déraciner sans nation sans structure sans culture et sans patrie est l'homme idéal du libéralisme. L'homme consommateur par excellence qui n'a d'autre but dans l'existence que la consommation ostentatoire pour compenser son vide intérieur. Mais ce mode de vie que certains ,notamment à gauche, voudraient généraliser ne peut pas l'être en réalité, du fait des limites physiques du monde réel. Le nomadisme n'est possible que pour une élite infime démographiquement, ce qui crée une rupture entre la vision qu'ont ces élites du monde et la vision qu'ont les peuples et les autres classes sociales de ce même monde. Ainsi le multiculturalisme tant venté dans les salons de l'intelligentsia parisienne qui se sent partout chez elle de Tokyo à Casablanca, est-il rejeté par le peuple qui lui n'a que pour seul lieu d'habitation la France. De la même manière l'homme nomade aime le libre-échange parce que même si l'emploi est détruit dans son pays d'origine, il pourra toujours aller en Chine ou au Japon en trouver, ce qui n'est pas possible pour l'homme du peuple enraciner par les contraintes économiques inhérentes à son statut social. On voit dès lors d'où vient la rupture entre le bas et le haut de l'échelle sociale, on comprend également mieux pourquoi l'internationale des travailleurs rêvé par certains marxistes c'est surtout transformé en international des richesses, ces derniers défendant collectivement leurs intérêts de classe en usant de leur mobilité contre leur propre peuple. Ainsi les milliardaires chinois, européen et américains sont-ils les seules à profiter réellement des bienfaits supposés collectifs de la mondialisation néolibérale et du libre-échange. Leur slogan pourrait se résumer à ceci, "riches de tout les pays, unissez vous contre les gueux et les travailleurs"

 

 

 

Partager cet article
Repost0