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8 avril 2019 1 08 /04 /avril /2019 15:51

 

La campagne pour les Européennes commence enfin . Nous avons même eu droit à une incroyable aventure juridique en ce début de campagne puisque France 2 a été obligée par un tribunal administratif à inviter les trublions anti-européens que sont le mouvement des patriotes et l'UPR. Les grands démocrates que sont les petits journalistes parisiens se sont même offusqués de l'obligation qui leur a été faite par la justice alléguant qu'ils n'avaient de compte à rendre à personne sur la question de la pluralité des opinions politiques sur leur chaîne. Affirmation totalement infondée et grotesque comme l'a rappelé le blog Vu du Droit et à fortiori sur le service public. Les journalistes ont le devoir de garantir la pluralité d'opinion. Mais il est vrai que le monologue eurolibéral qui s'est imposé depuis la fin des années 90 a pu faire oublier ce léger point de détail aux défenseurs de la démocratie et de la liberté d'expression à géométrie variable.

 

 

Quoi qu'il en soit et même si au fond cette élection n'a pas d'importance en elle même, le parlement européen n'ayant aucun réel pouvoir c'est la commission qui dirige (et l'Allemagne derrière), l'on ne peut que se réjouir de la possibilité de débattre du fond. Si du moins l'on peut encore espérer que le fond puisse surgir par hasard au milieu des litanies libérales dans ce qu'on appelle le débat public en France. Cette élection en elle même est inutile, mais il est évident qu'avec la dégringolade de la Macronie et le phénomène des Gilets jaunes cette première élection depuis le coup d'État électoral bourgeois de 2017 revête une importance relative particulière. Les médias verront sûrement à tort ou à raison cette élection européenne comme un soutien ou non à la politique néolibérale d'Emmanuel Macron. Et c'est au milieu de cette situation que l'on voit poindre de drôle de phénomènes politiques.

 

Car l'élection de Macron n'a pas seulement été une surprise bien qu'elle ait été souhaitée par cynisme sur ce blog. Cette élection a complètement déstabilisé le système politique français jadis bloqué sur la fonction d’essuie-glace droite-gauche visant à camoufler le compromis libéral entre les classes moyennes aisées et des ultra-riches. Pendant près de quarante ans, le libéralisme en France a dirigé en cachette la France en se camouflant derrière les fausses oppositions du RPR de l'UDF et du PS. C'est ce camouflage que Macron, en fusionnant la gauche libérale et la droite patronale, a détruit avec son élection, et c'est pour cela que je me suis réjoui personnellement de son élection. Il a clarifié la situation. Alors évidemment si le camp libéral est aujourd'hui encore au pouvoir il n'en demeure pas moins qu'il a perdu énormément de poids par rapport à son niveau de domination qui a culminé avec la réélection de Chirac en 2002. Macron est, en quelque sorte, le domino qui entraîne avec une lui une suite d’événements qui débloquent petit à petit la société française qui était engluée dans le libéralisme honteux des années 1974-2017. Désormais, les libéraux vont devoir assumer l'échec de leurs politiques au lieu d'en accuser le collectivisme ou le marxisme imaginaire de la société française. L'effet secondaire du macronisme est l'on va assister de plus en plus à l'apparition de bizarrerie idéologique. Les notions floues de droite gauche devenant de moins en moins lisible.

 

Le protectionnisme européen et ses contradictions

 

C'est dans ce contexte d'étrangeté que réapparait un concept qui avait été un temps le cheval de bataille d'Emmanuel Todd au début des années 2000 avec le protectionnisme européen. Le protectionnisme européen ce fut même la question du dernier texte du blogueur Malakine en 2011 qui relatait alors le débat entre Henri Guaino et Emmanuel Todd. C'est dire si la question du protectionnisme a déjà été longuement débattue du moins chez les penseurs alternatifs au système dominant. Mais c'est aujourd'hui le résidu du parti socialiste sortant de sa torpeur libérale qui semble redécouvrir le protectionnisme. Alors le PS parle d'un protectionnisme vert parce que ça fait mieux. Un protectionnisme qui défend les travailleurs français et européens ce n'est pas intéressant pour les bourgeois, il faut surtout qu'il protège la planète. On peut voir ici l'effet fétichisation des idées dont j'ai parlé récemment, l'écologie devenant un totem qui permet de justifier tout et n'importe quoi et même l'eugénisme chez certains fous. Mais bon, passons ce détail. Ainsi donc monsieur Raphaël Glucksmann fils du philosophe du même nom devenu tête de liste pour le PS aux Européennes nous ressort donc de la naphtaline le protectionnisme européen . C'est gentil de sa part, mais l'idée a malheureusement dépassé la date limite de consommation, et ce pour plusieurs raisons.

1- La crise de l'euro est aujourd'hui au cœur du problème macro-économique français et européen. Il ne s'agit plus seulement d'un problème de commerce les taux d'intérêt divergent suivant que vous êtes Italien français ou allemand. En un sens, l'euro est déjà mort.

 

2-Le principe du protectionnisme européen présuppose un fonctionnement relativement homogène de l'UE. En d'autres termes, cela aurait du sens si les pays au sein de la zone avaient un commerce équilibré et un fonctionnement convergeant sur le plan de la croissance du PIB, de l'inflation, des taxes, etc. Bref cela va de pair avec la notion de zone monétaire optimale. Cela pouvait s'imaginer encore en 2002-2003 à une époque où les pays européens avaient encore des économies semblables. Mais les 20 années de monnaie unique ont cassé cette convergence et fait diverger les nations européennes. Certaines comme l'Allemagne accumulent des excédents pendant que d'autres accumulent des déficits. L'Allemagne est une nation industrielle, la France ne l'est plus vraiment. Paradoxalement l'euro a rendu caduc le protectionnisme européen montrant bien qu'il fallait faire le protectionnisme européen avant l'euro en fait si l'on voulait que cela fonctionne à peu près. Et encore aurait-il fallu une contrainte pour obliger les membres de la zone à ne pas déséquilibrer leur commerce avec leur voisin et à faire des politiques mercantilistes au détriment des autres membres comme le fait l'Allemagne depuis vingt ans maintenant.

 

L'euro divergence n'est plus à démontrer, c'est un fait.

 

3-Le protectionnisme européen ne peut pas être adopté sans l'unanimité des nations membres. Quel politicien sérieux pourrait affirmer que l'Allemagne, les Pays-Bas ou l'Autriche auraient intérêt à l'heure actuelle à ce protectionnisme ? Ces pays ont déjà des excédents. Pourquoi voudraient-ils d'un protectionnisme qui pourrait les mettre en conflit avec les USA, la Chine ou d'autres pays avec lesquels ils commercent à leur avantage? Dans ce domaine comme dans d'autres, le seul dénominateur commun des Européens s'avère être le laissez-faire. Le protectionnisme nécessite une véritable structure politique légitime et forte que l'UE n'a pas et n'aura jamais . Elle reste plus une institution flasque digne du Saint-Empire germanique qu'une nation moderne. Il est donc absurde de croire que ce soit politique faisable si tant est que ce soit souhaitable dans les conditions actuelles.

 

4-Le protectionnisme Européen avec l'euro et la structure de l'UE actuelle poserait d'énormes problèmes au reste du monde. En effet comme nous l'avons vu certains pays de la zone accumulent des excédents commerciaux. C'est le cas bien évidemment de l'Allemagne, mais ces excédents concernent non seulement d'autres membres de la zone euro, mais aussi des pays extérieurs. En cas de protectionnisme européen si des pays déficitaires comme la France ou l'Italie ne faisaient que rééquilibrer leurs échanges. Les pays excédentaires auraient une accentuation de leurs excédants, déjà énormes, causant ainsi inéluctablement des réactions probablement violentes et justifier dans d'autres zones économiques en premier lieu aux USA. Ces derniers menacent déjà l'UE de taxation essentiellement à cause de l'excédent protubérant allemand d'ailleurs.

 

 

Alors j'ai critiqué ici cette approche du protectionnisme européen auquel je n'ai personnellement jamais vraiment cru. Mais cette simple évocation de la part d'un représentant du PS montre que la structure politique française change. Cela me désole d'un côté de voir resurgir cette impasse intellectuelle, mais de l'autre cela me rassure en montrant qu'enfin les choses commencent à bouger doucement . J'espère simplement qu'il ne faudra pas encore vingt ans pour qu'on se rende enfin à l'évidence que seul l'échelle nationale peu permettre une réelle action dans ce domaine et que les structures comme l'UE sont essentiellement des structures paralysantes à l'action politique.

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27 mars 2019 3 27 /03 /mars /2019 23:16

Les anciens lecteurs de ce blog le savent probablement, je n'ai jamais eu une grande attirance pour l'écologie. Non que les questions écologiques ne soient pas intéressantes ou même importantes. Nul ne saurait véritablement rester insensible à la question de la survie même de la vie terrestre et de l'humanité . Jaques Ellul qui fut l'un des premiers penseurs de l'écologie reste d'ailleurs l'un de mes auteurs préférés. Dans son célèbre « Grand bluff technologique », il avait bien montré toute l'absurdité du technicisme moderne qui tend à produire de plus en plus de choses inutiles tout en créant le besoin par le marketing. Mettant ainsi en place une course à la consommation sans fin dont le seul but est un accroissement absurde du taux de profit et la justification de sa propre existence. Tout cela est vrai et la question de l'écologie est tout à fait pertinente à l'heure où nous parlons. Mais j'ai aussi apprécié du même auteur « Les nouveaux possédés » un livre qui annonçait le retour d'une société primitive guidé par des croyances absurdes et de nouvelles religions. À l'époque où Ellul a écrit ce livre, il parlait plutôt des mouvements sectaires, du marxisme, du phénomène de chanteurs idolâtrés et des diverses formes de retour des pensées magiques comme l'astrologie et ses multiples dérivées absurdes. Mais ce qu'annonçait Jacques Ellul dans son livre c'était bel et bien un retour du religieux sous une forme inédite.

 

 

Féminisme, écologisme, véganisme, communautarisme, européisme, néolibéralisme et autres fétiches modernes.

 

Comme vous l'aurez compris ici ce qui me gêne dans l'écologisme actuel, ce n'est pas la question écologique, mais l'usage qui est fait de ce questionnement par certains groupes. Car on assiste petit à petit à une expulsion de la raison et de la réalité du domaine public. Plus personne ne semble s'intéresser au monde réel dans notre société. Si vous pensez que j'exagère comment pouvons-nous analyser autrement que par une fuite hors de la réalité le comportement des élites françaises et européennes actuelles ? Le gouvernement français a-t-il seulement fait le bilan par exemple de la monnaie unique et de l'euro ? Les dernières données montrées pourtant par des instituts pro-européens allemands ont pourtant prouvé l'aspect extraordinairement néfaste de l'euro sur l'économie française. Nombreux sont les auteurs, y comprit issus du sérail, qui critiquent ouvertement la monnaie unique. Je ne parlerais pas de Jacques Sapir qu'on ne présente plus, mais de Jospeh Stigliz ou encore d'Ashoka Mody ancien assistant-directeur au FMI qui a écrit un livre à succès sur le sujet dont le titre annonce la couleur « EuroTragedy ».

 

Et pourtant nos dirigeants s'accrochent contre toute forme de raison ou de réalisme minimal . Macron préfère faire la guerre à sa population, remettre en cause l'état de droit, les libertés civiles et provoquer une guerre civile plutôt que de remettre en cause l'euro et la construction européenne. En temps normal avec des dirigeants normaux pour résoudre la crise des gilets jaunes, le gouvernement aurait annoncé la hausse du SMIC de 20 % et il aurait dévalué ensuite le franc de 30 % pour compenser. Et les problèmes auraient été résolus, les inégalités se seraient réduites au prix d'un peu d'inflation, mais d'une croissance plus forte et de création d'emploi. Mais là rien, on fait la politique du pire au nom des « valeurs européennes ». Valeurs dont on ne sait plus très bien ce qu'elles sont puisque l'UE est la première à violer tous ses principes en caricaturant la novlangue chère à Orwell. Je pourrais parler des folies entourant l'histoire de l'influence russe sur les élections américaines dont les enquêtes récentes ont démontré toute l'absurdité. On peut donner de nombreux exemples de croyances irrationnelles qui servent désormais de politiques publiques .

 

S'il y a derrière probablement des intérêts économiques comment ne pas y voir aussi une forme de croyance religieuse ? De nouvelles croyances religieuses particulièrement fortes chez les dominants dont les croyances collectives anciennes ont été particulièrement abîmées ces dernières années. De la même manière attention à vous si vous doutez du réchauffement climatique anthropocentrique ou du bien fait de la chasse au manspread ridicule des féministes. Depuis plusieurs décennies, l'occident semble ainsi frappé d'une maladie incurable qui le rend fou. De multiples idées absurdes sorties d'on ne sait où s'imposant subitement comme des priorités publiques absolument vitales. Et tout cela pendant que les questions essentielles du monde réel sont purement et simplement ignorées. Comment alors être surpris par la surprise provoquée par le mouvement des gilets jaunes chez les prétendues élites ?

 

On pourrait définir cette maladie comme étant une forme de fétichisation des idées. C'est un processus général qui est produit par l'évolution d'une société où les individus sont de plus en plus esseulés et où les liens d'autrefois ont disparu . Parce qu'il est seul, l'individu cherche à rentrer dans des groupes, mais comme les groupes traditionnels ont disparu les nouvelles formes de socialisation passent par de nouveaux identifiants arbitraires se fixant sur tout et n'importe quoi. Ces identifiants, ces marqueurs qui font de vous un membre de ce groupe ne peuvent en aucun cas être remis en cause, car ils deviennent identitaires à savoir qu'ils fournissent un moyen commode pour les membres du groupe de s'identifier entre eux par rapport aux autres. Les religions modernes n'ont rien inventé, elles suivent le chemin des anciens mouvements collectifs avec la même force, mais aussi les mêmes errements et dangers. Ces nouvelles religions créent leur propre langage commun leur propre référence et ce jusqu'à en devenir presque incompréhensible aux non-membre. Il suffit pour s'en convaincre d'écouter une féministe afrocentristre luttant contre les idéologies racisées ... Ces nouveaux groupes pratiquent l’intolérance et la chasse à l'hérésie et aux païens qu'il faut impérativement convertir ou éradiquer. L'on compare souvent la situation actuelle de l'Europe et des USA à la chute de l'Empire romain. Il y a du vrai dans cette comparaison. Mais l'on pourrait tout aussi bien la comparer à la poussée des hérésies chrétiennes produite par la bible de Gutenberg et l'accès à la lecture des textes sacrés par le plus grand nombre. Internet jouant ici un peu le rôle de l'imprimerie. On attend la prochaine guerre de Trente Ans .

 

Ces nouvelles religions entrent donc dans le débat public tout étant passablement contraires à la raison et aux principes scientifiques. Et cela ne choque personne. Les modernes gobent sans réagir les idées les plus absurdes jusqu'à la caricature. Les débats sont tronqués quand ils existent et la virulence des partisans de telles ou telles idéologies devient de plus en plus palpable. Le débat devient en réalité impossible pour la bonne et simple raison que les débatteurs ne cherchent pas la vérité ou un quelconque rapport au réel. Le but des débatteurs est simplement de convertir les infidèles exactement comme les intégristes des religions traditionnelles. Ils cherchent à élargir la taille de leur groupe y compris en faisant la chasse à d'autres. Le féminisme obsédé par l'inégalité salariale va jusqu'à remettre en cause la sélection des scientifiques pour y imposer des critères égalitaristes absurdes basés sur la proportion de femmes plutôt que sur les compétences . Mais ce féminisme triomphant se voit de plus en plus contesté par l'autre idéologie religieuse montant l'islamisme qui cherche à retourner les principes féministes contre lui en présentant le voile comme une liberté féministe. Ne nous y trompons pas. La cause de femmes n'a rien avoir avec ces débats. Les féministes modernes se fichent des femmes au moins autant que les islamistes. Il s'agit simplement de groupes qui cherchent à étendre leur influence pour acquérir puissance et revenu. Et peu importe si demain l'on remet la terre plate au programme scolaire ou que les futures chercheuses sélectionnées par quota ne sachent même pas faire de la physique élémentaire. L'important c'est la défense de l'idéologie et du groupe qui en tire profit.

 

Car si au départ les nouvelles religions ont pour objet la création d'un langage commun pour permettre une resocialisation de l’individu esseulé. Mécanisme qui en soi n'est pas une mauvaise chose même s'il s'agit d'admettre ici l'échec total de la société individualiste. Rapidement ces groupes se structurent et les membres les plus puissants en tirent force, revenu et pouvoir. S'en suit un processus qui transforme alors véritablement l'idéologie en groupe religieux à la manière des marxistes d'autrefois ou des néolibéraux, qui continuent eux à nous empoisonner la vie. À cela s'ajoute notre système capitaliste et marketing qui adore mettre les gens dans des cases pour faire des ventes en gros. Ce n'est pas l’idéologie islamique qui a créé par exemple le hallal, mais bien l’industrie capitaliste avide de marchés nouveaux à conquérir. Il y a souvent collusion entre les intérêts capitalistes et le communautarisme . Il suffit de voir la multiplication des enseignes communautaires dans nos villes sans parler de la fragmentation du marché en de multiples sous-ensembles des produits bios aux produits végans . Chaque groupe religieux veut sa part, et qu'elle soit la plus grosse et la plus visible possible. La nourriture est d'ailleurs un lieu identitaire particulièrement recherché par les religions, car elle permet de séparer physiquement les consommateurs et de rassembler le groupe.

 

Les nouvelles religions au secours de la grande bourgeoisie.

 

Au-delà de la simple course au profit commercial les idéologies et religions modernes sont aussi des outils puissants qui permettent à certains groupes de protéger ou de favoriser leurs intérêts au détriment de la cause nationale et de l'intérêt général. L'affaire des gilets jaunes a été révélatrice en la matière. Les bourgeois ont ainsi beaucoup gausser la comparaison faite par les GJ entre les taxes sur l'essence, le diesel d'un coté et la non-taxation du kérosène de l'autre. C'est à l'évidence une injustice, mais pourtant les bourgeois grands défenseurs de l'environnement n'ont guère réagi favorablement à cette évidence. Alors certes l'on peut parler la question des engagements internationaux qui interdisent l'action en la matière, mais en aucun cas contredire le fait qu'il y a là une évidente injustice. Je pourrais ici aussi mettre exergue le fait que les politiques écologistes se font systématiquement contre les intérêts des moins bien lotis quand il s'agit de taxe. Et que les aides quand il y en a prennent systématiquement la forme de crédit d'impôt qui bien sûr n'ont d'intérêt que pour ceux qui en payent le plus à savoir les classes aisés. Quelle serait donc la réaction des bourgeois de l'écologie si demain par exemple nous nous amusions à proposer de mettre des quotas de consommation limite sur les produits pétroliers pour toute la population française ? Cela dans le but de diminuer la consommation de façon rationnelle et égalitaire . Il est évident qu'une telle mesure serait rejetée par les mêmes bourgeois qui font pourtant de l'écologie une soi-disant priorité. On a ici la preuve que l'écologie n'a guère d'importance pour les écologistes, tout comme les droits des femmes disparaissent dès qu'ils entrent en conflit avec les intérêts des classes sociales qui en font la promotion. On cherche toujours des féministes pour combattre la dégradation des conditions de la femme chez les gros pays pétroliers. On cherche aussi des partisans LGBT pour combattre la lapidation des homosexuels dans certains pays. Mais non, mieux vaut parler du mariage gay .

 

C'est que les dominants de notre société ont un gros problème. Les vieilles croyances qu'ils avaient su construire patiemment de l'européisme au libéralisme triomphant des années 80 commencent à avoir du plomb dans l'aile. À force d'aller contre la réalité, celle-ci finit par user les cordes des idéologies mêmes les plus solides. On a beau dire comme des perroquets que la concurrence fait toujours baisser les prix les gens voient bien que non. On peut présenter la globalisation comme un truc formidable, les gens voient la dégradation de leurs conditions de vie et la poussée du chômage. On a beau dire que l'immigration c'est génial, les gens voient dans leur vie réelle la criminalité exploser, et la société se fragmenter ethniquement. Les dominants ont besoin d'idéologies neuves de remplacement et c'est à cela que sert l'écologisme actuel, rien d'autre. Et si vous attendez de gens si mal intentionnés qu'ils règlent réellement les problèmes de l'épuisement des ressources ou de la pollution, c'est que vous n'avez pas tout à fait compris à qui vous avez affaire.

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20 mars 2019 3 20 /03 /mars /2019 21:50

 

Retour du blog après moult événements politiques et une élection en ligne mire. Il était temps de reprendre du service, me direz-vous. Tu es un incroyable fainéant mon cher Yann, pourrait-on rajouter. L'élection de Macron, bien qu'ayant été souhaité sur ce blog pour des raisons essentiellement stratégiques et cyniques, n'en demeura pas moins un crève-cœur pour le vieux blogueur du Bondosage. Voir la France s'avachir dans la plus grossière caricature du néolibéralisme alors même que le reste du monde commençait enfin à voir cette idéologie pour ce qu'elle a savoir une escroquerie intellectuelle doublée d'une absurdité scientifique totale, ce fut extrêmement dur. À tel point que l'inspiration et la volonté d'écrire s'en allèrent aussi loin de moi que le bon sens et la vertu de l'esprit macroniste. Mais le temps a passé, et ce que je lis ici ou là chez les opposants au système ou chez les tenants de ce dernier me semble aujourd'hui tellement loin des besoins réels de la société qu'il me fallait à nouveau prendre ma plume numérique. Car les idéologies et les pensées simplistes semblent s'être multipliées avec le nouveau tenancier de l’Élysée . En limitant la politique à la communication et aux slogans publicitaires, Macron a considérablement accéléré la dégradation du débat public français aujourd'hui au ra des pâquerettes. Et comme vous le savez sur ce blog généralement l'on cherche toujours une certaine véracité et précision. Loin des idéologies et de la communication approximative la recherche de la vérité passe par la nécessite de la confrontation aux faits et à la mesure des choses. En ces temps troublés où la communication devient la vérité par l’inondation constante des flux télévisuels et numériques, il est hautement important de prendre du recul. Car si la France souffre des politiques absurdes du néolibéralisme, de l'euro et de l'UE, il n'en reste pas moins vrai que c'est surtout par la communication que ces idioties dominent.

 

C'est qu'il s'en est passé des choses depuis la dernière publication sur ce blog. La situation globale de la France s'est considérablement aggravée et les multiples espoirs que pouvait donner l'élection de Trump ou le Brexit semblent s'évanouir dans le néant. Non que ces événements aient fait totalement un flop sans quoi les dominants du système ne mettraient pas tant de cœur à l'ouvrage pour en vider toute substance. Mais que la croyance Toddienne sur le fait que le monde anglo-saxon serait sorti du néolibéralisme était un peu prématurée si ce n'est globalement fausse. Car comment interpréter les évolutions récentes dans ces pays avec d'un coté un Trump qui a mis rapidement en place ses politiques de baisse d'impôt, bien dans l'esprit néolibéral, tout en traînant des pieds pour pratiquer son protectionnisme plus verbal que factuel. Trump a tous simplement fait la même chose qu'Obama à savoir creuser les dettes publiques et les déficits commerciaux pour créer une croissance bien maigre. Le tout camouflé par un discours protectionniste non suivi d'action. En un sens, Trump n'a pas rompu avec le globalisme, il a simplement rompu avec le discours globaliste tout comme Reagan dans les années 80 qui conspuait les excédants Japonais, mais qui n'a jamais rien fait contre concrètement. Le résultat est que depuis Trump est arrivé au pouvoir le déficit commercial des USA bats des records, on applaudit le champion. De l'autre côté, comment donc interpréter les actions du gouvernement britannique qui traîne des pieds pour rompre avec l'UE en cherchant avec la complicité des élites de l'UE un moyen de faire durer l'application du Brexit le plus longtemps possible en attendant sa probable annulation pure et simple.

 

Dans le cas du Brexit n'est-il d'ailleurs pas étrange qu'aucun dirigeant de sa très gracieuse majesté n'ait eu l'idée simple de continuer à appliquer les traités signés avec l'UE tout en les écrasants au fur et à mesure par de nouveaux traités bilatéraux qui seraient négociés au cas par cas avec les différentes nations européennes? Il suffisait pourtant de déclarer les traités nouveaux comme systématiquement supérieurs aux anciens pour n'avoir pas à négocier quoi que ce soit avec l'UE. Une espèce de mis à jour pour traité international si vous préférez. Pourquoi donc se lancer dans le nettoyage des écuries d'Augias si ce n'est justement pour justifier l'abandon de toute forme d'indépendance nationale. Fatiguer les électeurs pour justifier l'abandon pur et simple du Brexit tel semble être la vraie raison de la lenteur des procédures. Supputer qu'il s'agit là uniquement de la stratégie de l'UE c'est évidemment faux, ce sont surtout les élites britanniques qui fomentent cette stratégie. Ne pouvant réfuter ouvertement comme en France l'opinion publique les élites britanniques ont simplement trouvé un stratagème pour continuer la folie européiste d'une autre manière. Les classes urbaines déconnectées des réalités font montre en Grande-Bretagne comme en France d'une incroyable capacité à créer une réalité orwellienne pour camoufler leurs méfaits. Adieu le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et vive le droit des sachants approximatifs au nom de de leur supériorité morale imaginaire. Au passage, cela devrait faire réfléchir les adeptes de l'UPR pour qui l'application d'un article suffirait à résoudre tous les problèmes et à sortir de l'UE. Il s'agit là véritablement d'une idiotie. Nul besoin d'un texte quand la légitimité populaire et nationale est présente. La sortie de l'UE si elle devient un jour politiquement possible en France devra se faire sans aucune négociation de quoi que ce soit, mais comme un fait accompli, la paperasse n'étant que de l'intendance secondaire. Rien ne dépasse la légitimité de la souveraineté du peuple français et certainement pas un texte d'une constitution qui avait en plus été rejeté par référendum.

 

Macron entre Caligula et Boris Eltsine

Mais si les événements dans le monde anglo-saxon semblent nous décevoir à long terme, c'est bien en France que la farce néolibérale atteint vraiment le summum . Emmanuel Macron a parfaitement rempli son rôle de démolisseur libéral que j'avais imaginé. Il m'a quand même surpris par sa capacité notoirement extraordinaire à démontrer par l'absurde l'inefficacité de ces mêmes politiques . C'est qu'en plus Macron est une véritable incarnation de l'idéal libérale dans toute sa splendeur. Incapable d'altruisme ou de capacité minimale de compétence sociale, Macron démontre toute la violence du libéralisme brute. Il n'agit que dans son intérêt rien que pour son intérêt. La façon dont il renvoie l'ascenseur aux milieux économiques qui lui ont permis de monter au pouvoir est des plus démonstrative. Rien chez Macron ne dépasse l'horizon de sa propre réussite, l'idée de groupe ou d'intérêt supérieur à sa personne ou aux individus qu'ils côtoient ne dépasse jamais le niveau du slogan marketing. Il est d'ailleurs, j'en suis sûr, convaincu que tous les autres sont comme lui, c'est-à-dire des usurpateurs du nous et du collectif. Il pense comme tout libéral que l'homme n'agit que par intérêt personnel rien d'autre.

 

La politique de Macron n'a cependant rien de nouvelle contrairement aux discours répétés en boucle par ses adorateurs. C'est exactement les mêmes politiques que celles de ses prédécesseurs depuis Giscard. C'est une bonne vieille politique dite de l'offre qui consiste comme toujours à compresser la demande intérieure en espérant que le saint marché veuille bien nous récompenser par un peu de croissance grâce aux exportations. Il est quand même assez étonnant de voir tant de gens si « cultivés » continuer à s'extasier devant tant de pratiques économiques faisandées. C'est qu'il faut impérativement que cela paraisse neuf voyez-vous puisque tout le monde sait au fond que ces politiques ne marchent pas, puisqu'elles n'ont jamais vraiment marché. On serait au courant depuis 45 ans si c'était le cas. Mais Macron a ceci de spécial qu'il se fiche vraiment que cela fonctionne ou pas. Après tout, il n'est pas vraiment là pour diriger le pays, mais pour faire un plan de carrière. Et sur ce plan à n'en pas douter ses politiques fonctionnent. La dernière vacherie consistant à vendre des monopoles publics à des acteurs privés ses sbires auront quand même du mal à le justifier au nom de l'intérêt supérieur de la nation. Il ne s'agit ni plus ni moins que d'une pratique de corruption géante. Mais une corruption à ce niveau-là la France ne l'avait probablement jamais connu. C'est ici que la comparaison historique peut se faire. Plus la macronerie avance et plus la période actuelle que connaît la France fait penser aux années 90 en URSS avec Attali en guise de Spin doctor américain et Macron comme équivalent de Boris Eltsine. Et il n'a même pas l'intelligence de camoufler ses motivations réelles comme ses prédécesseurs à l'image de Nicolas Sarkozy. Il est vraiment unique.

 

Comme l'ancien président de l'URSS Macron qui ne s'intéresse qu'à ses propres intérêts détruit la structure même de l'état. Les ventes privées servent à faire du renvoi d'ascenseur à ceux qui ont financé son plan de carrière. Elles servent également à préparer son futur. Cette situation française correspond exactement au déclin de la république telle que le concevait des auteurs comme Montesquieu car comme il le disait dans « De l'esprit des lois »  :

 

« Autrefois le bien des particuliers faisait le trésor public; mais pour lors le trésor public devient le patrimoine des particuliers. La république est une dépouille; et sa force n'est plus que le pouvoir de quelques citoyens et la licence de tous. »

 

C'est en ce sens que Macron entre dans l'histoire, non comme le sauveur de la nation qu'il a prétendu être et comme son extraordinaire ego semble l'illusionner, mais bien comme le fossoyeur terminal d'une nation mourante. À cela s'ajoute ses frasques qui ne seraient pas si graves en tant que telles, si elles n'étaient pas accompagnées par sa brutalité politique et qui mis en corrélation nous présente notre président comme dangereux malade . Voilà donc le président français naviguant donc entre Boris Eltsine et Caligula. Nous n'avons pas encore eu droit au cheval ministre, mais qui sait, son quinquennat est encore bien loin d'être terminé.

 

La trahison du FN et les faux opposants.

 

Mais face à cette horreur qui nous gouverne peut-on espérer un renouveau en face ? J'avoue avoir été surpris par la tournure qu'a prise le FN au lendemain des élections présidentielles. Alors même que le parti de Marine Lepen avait tout pour réussir et avait battu tous ses records en nombre de voix, elle a tout abandonné et laissé le courant souverainiste à la poubelle se débarrassant de Philippot du courant qu'il représentait et surtout de ses idées. À première vue il s'agissait d'une stratégie électorale, c'est du moins ainsi que les sbires de la vraie extrême droite ont présenté les choses. Prétextant que la sortie de l'UE et de l'euro était trop anxiogène. Je rétorquerais ici que l'échec économique italien montre au contraire tout le sérieux qu'il y a à sortir de l'Europe. Et que mentir aux électeurs en disant que l'on changerait quoi que ce soit sans sortir de l'UE est une infamie. Pire le FN a pris un tournant littéralement libéral sur le plan économique, la seule chose qui distingue Lepen de Macron étant la question migratoire. Une question qui fut pourtant largement secondaire dans les mouvements des gilets jaunes par exemple phénomène que l'extrême droite a fait semblant de ne pas voir. L'on voit donc ici que le FN est bel et bien une escroquerie du même tonneau que la gauche mélenchoniste. Avec l'anti-immigration à la place du partage des richesses. Le FN devenu RN a simplement abdiqué toute volonté de changement réel en France et se contente de faire son petit commerce sur l'immigration.

 

L'on devient dès lors très pessimiste sur l'avenir du pays. Il n'y a à l'heure actuelle aucune porte de sortie sérieuse pour la France. Les quelques mouvements un tant soit peu réalistes et cohérents voulant une sortie de l'UE et de l'euro comme préalable à reconstruction nationale ayant peu de chance de monter au pouvoir. Je n'ai pas encore parlé des gilets jaunes parce que contrairement à beaucoup d'alternatifs j'ai eu de la peine à considérer ce mouvement comme réellement important. Au risque de choquer il s'agit plus pour moi d'un cri d'agonie que d'un mouvement capable de changer quoi que ce soit à la situation. La forte dépolitisation de la population française a conduit à cette situation. Sans une pensée cohérente et structurée et des objectifs clairs, ces manifestations ne mènent à rien surtout avec un dirigeant si peu apte à la négociation. On peut le dire aujourd'hui, l'histoire de la France ne s'écrit plus sur son sol . Non qu'elle ne puisse plus l'écrire théoriquement, mais parce qu'elle a cessé simplement d'exister . La France est partagée, totalement fracturée, chaque habitant du pays ne voit plus midi qu'à sa porte. C'est vrai pour Macron, mais c'est en un sens vrai pour les gilets jaunes aussi. Pour penser la politique il faut d'abord penser à autre chose qu'à soi même ou à sa situation personnelle. C'est ce qui distingue l'habitant du citoyen. Or si la France actuelle ne manque pas d'habitants, elle manque surtout cruellement de citoyens.

 

Le mouvement des gilets jaunes a échoué, non pas parce que les gens qui le compose sont médiocres, ou mal intentionnés . Mais parce qu'il n'a pas entraîné de mouvement dans une partie des classes moyennes et chez les intellectuels. Il n'a pas dépassé sa condition sociale et il ne le pouvait probablement pas en fait. Le mouvement des gilets jaunes a donc surtout révélé l'incroyable fracturation de la société française. Des gens d'origine immigrés qui n'ont cure des problèmes des Français au bourgeois des centres-ville dont les discours quasi fascistes appelaient littéralement à tuer du pauvre. La France a montré dans sa réaction et sa non-réaction à ce mouvement populaire qu'elle n'était plus un pays, mais un ramassis de groupes sociaux sans aucune interaction commune. Chaque groupe agissant uniquement dans son propre intérêt et écrabouillant le voisin si besoin est. On a même assisté à des prémisses de déshumanisation des autres groupes sociaux faisant penser aux prédispositions intellectuelles aux courants fascistes et nazis d'avant-guerre. C'est particulièrement vrai chez les couches sociales les plus aisées, ce qui n'est guère étonnant quand on connaît le rôle que ces couches sociales ont joué dans la montée de ces idéologies. Je dois bien avouer que les bourgeois français me font de plus en plus peur et ce ne sont pas les multiples mesures policières du gouvernement qui vont me rassurer bien au contraire. Il faudra peut-être que je pense à déménager le blog à l'étranger qui sait.

 

Nous allons donc nous acheminer vers une tiers-mondisation accélérée du pays. Je ne serais guère étonné de voir dans quelques années le président vendre des bouts du territoire pour continuer la chienlit libérale. Je suis persuadé que nos îles et départements pourraient probablement intéresser les Chinois. C'est déjà le cas en Grèce, pourquoi pas en France après tout, les mentalités sont déjà prête. Tant que les bourgeois peuvent continuer à diner en ville, peu importe que la nation brûle. Ce qui sera intéressant dans les années avenir ce sera de voir l'évolution de l'Allemagne. Des discours eurocritiques commencent à apparaître outre-Rhin, c'est d'ici probablement que viendra peut-être notre salut. Tout cela sur un fond de crise économique mondiale renouvelée, la supercherie économique Trumpienne commençant à apparaître au grand jour, mais nous y reviendrons dans un texte ultérieur. Je vous retrouverais normalement régulièrement sur le blog. J'essaie humblement de me remotiver malgré la situation abominable dans laquelle nous sommes comme le montre malheureusement ce rapide tour d'horizon.

 

 

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7 mai 2017 7 07 /05 /mai /2017 21:48

Le nouveau président français vient donc d'être désigné. Il est mal désigné avec un fort taux de votes blancs ou nuls. À cela s'ajoute un taux participation qui atteint 26 %. Un résultat pas terrible lorsque l'on regarde son adversaire ostracisée jusqu'à plus soif par les médias. J'aurais bien évidemment préféré que MLP atteigne 40 %, mais sa faible prestation lors du débat à dû fortement porté sur ce résultat. Et surtout si Macron a gagné contre Marine Le Pen, il n'est pas réellement devenu président, en tout cas il n'est loin d'être le président de tout les Français. Sa mauvaise élection va peser fortement sur les scrutins qui s’avéreront difficiles pour son mouvement dont on ne sait d'ailleurs pas vraiment la nature de la majorité qui présidera pour lui. Il n'a d'ailleurs pas du tout montré une esquisse de volonté de rassemblement derrière lui. Son programme c'est celui des maigre 24 % de son premier tour, rien d'autre. Cela promet pour l'avenir et la concorde civile. Il veut rassembler ceux qui sont comme lui, c'est un personnage bien de son époque en un sens.

 

Un président déjà en sursis

 

La question des législatives va être fondamentale. Non seulement pour savoir si le pays va avoir une majorité, car rien n'est sûr en la matière. L'élection législative est une élection locale avec des personnalités fortement implantée sur le territoire. Si le PS s'est effondré lors de l'élection présidentielle, il fera probablement un meilleur score à cette élection. À l'inverse des mouvements comme ceux de Macron ou celui de Mélenchon peuvent-ils s'implanter dans des élections locales ? C'est un grand mystère. L'autre question pour les législatives sera de connaître l'implantation ou non du FN. Parti extrêmement peu représenté en regard de son poids électoral réel, les législatives resteront un point important pour voir si la stratégie du FN lui permettra d'avoir enfin une représentation à sa mesure. La grande inconnue également sera de savoir si les désistements systématiques du pseudo front républicain fonctionneront encore. Car on le voit ce Front qui a servi à asseoir un banquier d'affaire à la tête de la nation française à nettement moins bien fonctionner cette fois. Il est à parier que la dédiabolisation va continuer son bonhomme de chemin. L'autre question est celle du comportement des partisans de Mélenchon . Nous allons vers des élections législatives avec un jeu à quatre voir cinq joueurs (le PS n'étant pas hors jeu dans les élections locales) et non plus à trois comme on en avait l'habitude.

 

L'on pourrait très bien se diriger vers une majorité de droite à l'élection présidentielle. Je dirais même qu'une majorité LR à l'assemblé avec un président parfait représentant du néolibéralisme rose bonbon serait un parfait moyen pour décrédibiliser encore plus ces politiques et ces partis politiques. Pour ce qui est du mouvement de Mélenchon ou du FN, il faudra voir quelles seront localement les conditions de désistement. Je vois mal Mélenchon organiser des désistements favorables à Macron après ce qui s'est passé pendant la campagne. De la même manière, je ne vois pas les socialistes ou les partisans de Macron favoriser le mouvement des insoumis. On le voit, l'élection présidentielle n'est pas aussi fondamentale qu'on le croit. En tout cas, elle ne l'est plus parce que la population est profondément divisée. On risque de se retrouver dans les mêmes conditions qui ont mis fin au fonctionnement de la quatrième république. Ce qui prouve que ce ne sont pas tant la solidité des institutions qui tiennent la stabilité d'un régime politique que les rapports de force au sein même de la société. Une société profondément divisée socialement et économiquement peut avoir les meilleures institutions qui soient et finir par se retrouver dans un régime instable et une société bloquée.

 

Le président de l'autodestruction libérale

 

Comme je l'avais explicité dans mon texte précédent le premier tour des élections, je persiste à dire que Macron sera le meilleur moyen de radicaliser le pays et de mettre fin justement à la domination du néolibéralisme en France. On pourrait voir ici la politique du pire, ce n'est pas le cas. Il s'agit d'une réflexion à long terme basée sur les rapports de force actuels. Qui plus est, Macron est dévoré par l'hubris comme la totalité de son milieu social. Cette hubris, et la suffisance qui va avec, ne sortait ouvertement que très rarement chez Hollande ou chez Sarkozy. Ces derniers étaient bien évidemment du même moule que Macron que ce soit sur le plan social ou sur le plan des idées. Cependant, ils pouvaient faire illusion, se gausser pendant leur repas des sans-dents tout en faisant des discours sur la gloire de la nation et du peuple français avec des trémolos dans la voix. Il n'y a rien de tout ceci avec Macron. C'est un Tony Blair français avec encore moins de charisme et de retenue. Le simple fait qu'il veuille diriger en grande partie avec le 49-3 montre toute cette suffisance, et ce déni naturel de démocratie qui caractérise les pensées suprématistes. Car oui avec Macron nous avons un vrai extrémiste au pouvoir. Un suprématiste capitaliste de pure souche qui va essayer de déboulonner la totalité de ce qui reste du système social français. Et le pire c'est qu'il le fera avec plaisir en souriant. De quoi réellement attiser la colère des Français. Et réveiller enfin les imbéciles de gauche qui pensent qu'une autre Europe est possible, que finalement le libéralisme rose c'est plus sympathique que ces affreux réactionnaires de la souveraineté.

 

Macron va se retrouver avec une société bloquée, et dont les blocages proviennent exactement des résultats des politiques qu'ils comptent mener avec assiduité. Je vous rassure cependant malgré sa volonté de saccage, il va vite se retrouver bloqué. D'abord parce que le pays va probablement multiplier les luttes sociales. Luttes qui seront d'autant plus faciles à mener que Macron n'a que peu de légitimité et qu'il semble particulièrement détesté par la France d'en bas. Sa suffisance et son incapacité à réellement cacher ses intentions et son mépris ne feront qu'aggraver encore la réaction d'une population qui reste au fond d'elle même encore attachée à une certaine décence et à un certain respect de l'égalité. Macron, malheureusement pour lui, est un anglo-saxon parlant français, et il a la mentalité qui va avec.

 

L'autre blocage tout aussi puissant sera sur la question européenne. Macron rêve d'avoir une fusion fédéraliste de l'Europe. Il rêve encore une fois de la réalisation du projet aussi dangereux que ridicule d'une nation fédérale européenne. Il sait comme ses collègues banquiers que le système économique européen actuel ne fonctionne pas. Mais plutôt que de le remettre en cause, il compte bien mettre la touche finale à l'édifice. Le problème que monsieur Macron n'a pas compris, c'est que si la vision d'une Europe fédérale ne s'est pas accomplie, ce n'était pas à cause de ses prédécesseurs franchouillards, mais bien parce que les autres nations et particulièrement l'Allemagne n'en voulaient pas. Ce que veut l'Allemagne actuelle ce n'est pas d'une nation européenne et des transferts de solidarité vers l’Europe du Sud, transferts qu'elle serait d'ailleurs bien en peine de fournir à la hauteur des nécessités. C'est un rééquilibrage des comptes français par la destruction de l'état social français.

 

L'Allemagne veut détruire la structure sociale française dans ses propres intérêts, car les élites allemandes contrairement aux élites françaises continuent de penser en terme d'intérêt national. Pour elle l'Europe n'est qu'un outil pour servir ses intérêts, rien d'autre. La destruction de l'industrie française met ce pays sous le joug allemand et l'Allemagne qui manque de main-d'oeuvre ne serait pas contre un effondrement social et démographique français pour nourrir son industrie en main-d'oeuvre qualifiée plus facilement absorbable que celle du Moyen-Orient. À cela s'ajoute le fait que l'Allemagne a tout intérêt pour l'instant au maintien de l'euro qui la protège contre la réévaluation monétaire. L'effondrement français a donc deux intérêts à moyen terme pour l'Allemagne. Favoriser une baisse de l'euro, ou au moins le maintient à des taux nettement plus faibles qu'un Mark solitaire. Le deuxième intérêt est de potentiellement faire de la France un fournisseur de main d’œuvre complémentaire pendant quelques décennies.

 

Contre ce mur-là, il n'y a que le seul fracas qui attend Macron. Du reste étant donné l'image que les élites allemandes ont de Macron, ils comptent bien lui réclamer un maximum d'effort pour lui et la nation française. Le Macronisme va donc très vite plonger dans les profondeurs de l'impopularité. Et l'Europe déjà très impopulaire finira par être vue pour ce qu'elle est une vaste entreprise de pillage pour les intérêts allemands et la grande finance. Dans cinq ans il sera bien difficile de défendre encore l'euro et l'Europe alors que le champion qui devait nous sauver avec plus d'Europe aura au nom de son fédéralisme croupion clochardisait quelques millions de Français supplémentaires . Et cela en n'obtenant rien d'autre que mépris de la part des chefs de l'Empire germanique. Reste à savoir qu'elle sera la réaction des adorateurs du macronisme actuels lorsque leur idole aura failli. Comme l'a dit récemment Guaino dans cette vidéo : « Quand les gens verront qui est MACRON il sera trop tard ! ». Cependant Guaino ne voit pas qu'il s'agit là malheureusement d'un mal nécessaire.

 

 

Préparer l’après Macron, pour le rebond national

 

Même si cette élection peut laisser un goût d'amertume, je tiens quand même à souligner que les idées de nation et de souveraineté ont été nettement en progrès. L'on voit aujourd'hui que l'unité de la gauche qui était encore valable en 2012 ne l'est plus. De son côté le FN a réussi à faire sauter le plafond de verre, quoi qu’en disent certains. Je vois déjà mon collègue Laurent Herblay me dire le contraire alors que cela me semble l'évidence. Si elle veut faire fructifier, son élection Marine Le Pen doit accélérer son changement d'image. En changeant de nom pour son parti. En faisant monter des personnalités comme Phillipot sur le devant de la scène. Il faut délepéniser le FN, si je puis me permettre ce néologisme. Un petit coup à jouer pour les législatives serait de se désister lorsqu'un candidat des insoumis se retrouve en position favorable de façon à bien faire voir que la vraie opposition de notre temps n'est pas la droite ou la gauche, mais entre souveraineté et européisme.

 

Avant de désespérer comme beaucoup, dites-vous bien qu'en 2012 nous avions un Nicolas Sarkozy contre français Hollande au second tour des élections. Que la question de la souveraineté n'était pratiquement pas abordée et que le système de balancier entre la droite libérale et la gauche libérale fonctionnait encore. Cette fois c'est fini, le système néolibéral a dû jouer franc jeu et mettre en place un candidat rassemblant l'ensemble du libéralisme. Dites-vous bien aussi que le FN et la France insoumise sont de loin les électorats les plus jeunes, l'avenir est devant nous. Il reste évidemment un énorme travail pour faire comprendre la sortie de l'UE et de l'euro. Un travail de persuasion et de compréhension qui doit s'accélérer. Cette solution doit devenir une évidence pour la majorité des Français, mais pour cela il faut bien faire comprendre le lien entre l'euro et les politiques néolibérales. Lien qui n'est pas toujours compris surtout à gauche de l'échiquier politique.

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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 15:43

Puisque les candidats à l'élection présidentielle ne semblent pas très au courant de la situation réelle du pays. Je crois qu'il est d'intérêt public de faire quelques mesures pratiques. En effet, comment ne pas être surpris de voir un président catastrophique nous sortir l'idée qu'il a un bon bilan ? Ou voir son ancien ministre de l'économie nous sortir l'énormité d'une baisse du chômage qui serait concomitante à l'entrée dans la zone euro. Il faut bien le dire, ce n'est pas la première fois que les politiques font semblant de ne pas voir la réalité. Qui se souvient encore aujourd'hui de la cagnotte Jospin ? À l'époque les socialistes tout fiers de la baisse du chômage et de l’amélioration des comptes sociaux s'étaient empressés d'y attacher le mérite de leur politique. Ainsi ont-ils pris au sérieux l'idée que les 35h avaient fait baisser le chômage. Hypothèse aussi ridicule que démontré par la suite des évènements. La poussée du chômage après Jospin sans remise en cause des trente-cinq heures fut démonstrative. Cela aurait de la pousse les socialistes à réfléchir à la question, il n'en a rien été. La vérité c'est que c'est essentiellement la dévaluation du franc qui a permis la reprise à partir de 1997 comme vous pouvez le voir ci-dessous. C'est l'évolution du taux de change de l'euro par rapport au dollar.

 

 

En fait la corrélation entre la situation commerciale et économique française et l'évolution du taux de change est tellement évidente qu'il faut sérieusement se demander comment nos politiques peuvent être à ce point aveugle. La légère amélioration de la situation commerciale pendant la fin de l'actuel mandat tient aussi au fait que l'euro s'est dévalué depuis fin 2014. C'est d'ailleurs étrange de voir tous les défenseurs de la zone euro s’esbroufer sur la sortie de la zone à cause du risque de dévaluation alors même que la monnaie que nous utilisons s'est déjà dévaluée d'environ 20 % . C'est le grand mystère des sophistes du petit écran qui changent leur étalon de mesure dès que cela les arrange. On se souvient du drame de l'effondrement du rouble qui devait conduire au désastre la Russie alors même que le Japon avait fait une dévaluation nettement plus fortement seulement quelque mois avant. Et cela sans que cela ne chagrine non plus les médias mainstream. On ne saurait mieux démontrer le caractère hautement relatif des « économistes » institutionnels de la télévision et des médias français.

 

Comme vous pouvez le voir sur le graphique ci-dessus (source), il y a une forte corrélation entre l'évolution du taux de change et l'évolution de la balance commerciale ici représentée par le taux de couverture entre les exportations et les importations. Il y a un léger décalage dans le temps parce que les effets des évolutions monétaires sur le commerce ne sont pas instantanés. L'amélioration commerciale sous Hollande tient essentiellement à la double dévaluation . La première est celle de 2008-2012 qui voit le taux de change passer de 1,6 € pour un dollar à 1,3. Puis une deuxième plongée qui se situe fin 2014 et qui fait passer le taux de change de 1,3 à 1,1€ par dollar. On est revenu à la limite qui permet à l'économie française de souffler un peu. Mais la situation risque de ne pas durer, car fondamentalement la zone euro est une zone fortement excédentaire. C'est d'autant plus vrai qu'à cause des politiques d'austérité en Espagne et en Italie ces pays sont devenus excédentaires. En 2015 par exemple le figaro nous dit que la zone a eu un excédent record de 246 milliards d'euros. Il n'y a donc aucune raison pour que l'euro reste indéfiniment avec une monnaie sous-évaluée. Le répit ne durera pas bien longtemps avant que la zone retrouve des niveaux à 1,3€/$ ou plus. LA zone euro est d'ailleurs avec la Chine le gros point noir de l'économie mondiale. Les USA commencent à remettre en cause les traités de libre-échange avec le Canada et le Mexique, mais l'autre gros morceau pour eux c'est l'Allemagne et ses satellites.

 

Pendant ce temps la France continue d'accumuler des dettes pour nourrir sa croissance. Ici l'effet de l'euro est encore plus net puisque l'on voit bien la rupture avec l'entrée de la France dans la monnaie unique. La croissance économique de la période Sarkozy fut bien une bulle alimentée par l'endettement massif. (source)

 

 

Si le gouvernement peut faire illusion en racontant n'importe quoi sur la croissance. Il est par contre très difficile de nier que la croissance de la dette n'est pas liée à l'euro. Non seulement la France a une croissance globalement plus faible qu'avant l'euro, mais en plus cette croissance s'est traduite par une forte augmentation d'endettement. Le plus drôle c'est que la population française a augmenté plus vite pendant la période 2002-2012 que pendant la décennie qui a précédé. En effet entre 1992 et 2002 la population active française avait augmenté de 1,7 million de personnes. Entre 2002 et 2012, la population active a augmenté de 3 millions de personnes. C'est-à-dire que malgré l'accroissement deux fois plus rapide de la population active la France a connu une croissance du PIB plus faible. Et c'est normal puisque la qualité des emplois s'est fortement dégradée. Et dans une période de stagnation économique « plus y a de fous, moins y a de riz » comme disait Coluche. La France crée des emplois à faible revenu dans les services nourris par la dette. C'est une société d'aristocrates entourés nouveaux domestiques .

 

 

Le taux de chômage du graphique précédent ne concerne que les catégories A. On sait que le gouvernement Hollande a fait beaucoup d'effort pour camoufler le taux de chômage réel en les planquant dans d'autres catégories. Contrairement à ce qu'affirme Macron le taux de chômage a baissé avant la mise en œuvre de l'euro. Cela coïncidence avec la période de dévaluation que nous avons vue précédemment. Par la suite si le taux de chômage semble stagner, il y a un changement dans la création d'emplois. C'est une période qui voit l'industrie automobile française disparaître et se multiplier les emplois dans l'immobilier et le coaching. Car il faut bien préciser que la crise que nous traversons n'est pas qu'une crise quantitative d'emploi, c'est aussi et surtout une crise qualitative. En un sens, la croissance française est maintenant comme celle des USA nourrie uniquement par l'accroissement de la population . La croissance par tête et donc la hausse véritable du niveau de vie sont très faibles, si elle n'est pas négative pour une bonne part de la population. En effet nous savons que cette maigre croissance du PIB se concentre essentiellement sur les 10% d'en haut qui pompent à eux seuls 50 % de la croissance annuelle.

 

 

Au-delà de la question du chômage c'est la notion même de civilisation qui est en question. Est-ce qu'une société de petit seigneur entouré de serviteur est quelque chose que l'on peut vouloir pour la France du 21e siècle ? Une société où les grandes décisions seront prises ailleurs en Allemagne ou à Bruxelles. Une société ou les différences entre riches et pauvres deviendront si grandes que l'on pourra parler dans quelques années de races différentes comme il y avait une différence physique entre le noble d'autrefois et le cul-terreux qui vivait de son lopin de terre. Cette société est-elle viable ? Peut-être. Est-elle vivable, c'est autrement plus discutable. Il est en tout cas certain que la démocratie bourgeoise aura de plus en plus de mal à maintenir l'illusion de politique agissant dans l'intérêt général. Les chiffres sont catégoriques, ce n'est pas le cas. Le dernier fusible présentable qu'est monsieur Macron sera le dernier maillon de la chaîne. Après lui soit il y aura une rupture réelle qui nécessitera une sortie de l'UE et de l'euro, soit une rupture ouverte avec la démocratie. Étant donné l'évolution du comportement de nos classes dirigeantes, ce n'est plus inimaginable.

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28 avril 2017 5 28 /04 /avril /2017 15:13

 

Les événements s'accélèrent à une vitesse incroyable. Le système médiatique et les classes sociales dominantes s'affolent aussi vite qu'elles se sont emballées au lendemain du premier tour des présidentielles. Le discours sur les heures les plus sombres de notre histoire est de retour. Il faut dire que le poulain pur sang du néolibéralisme à du mal à manier autre chose que les positions morales et les discours creux. Il est très difficile de cacher la médiocrité du personnage, d'autant plus que l'hubris qui caractérise les classes possédantes a tendance à leur faire dire malencontreusement tout haut ce qu'elles pensent tout bas. À l'image de Jacques Attali conseillé permanent de l'Élysée depuis les années 80, et pour qui les fermetures d'usine ne sont que des anecdotes. Faut-il y voir une resucée du point de détail de Jean-Marie Le Pen ? Ils se lâchent de plus en plus ouvertement les néolibéraux. Et cela à un rythme nettement plus rapide que ce que j'escomptais avec la mise en place d'une présidence ouvertement libérale. Car il n'y a plus ici d'illusion dans la présentation du discours. En 2012 l'ennemie de Hollande c'était la finance. Avant même d'être élu Macron nous dit : « Je ne vais pas dire aux Français que je vais défendre leurs intérêts face à Berlin ». Je l'aime bien ce Macron finalement . Son ingénuité va lui faire dire trop honnêtement pour qui il roule. Il est vraiment le candidat idéal pour faire couler le système.

 

Mais cela n’empêche pas les thuriféraires du système de continuer à nous vendre le discours du camp du mal contre le camp du bien. Et peu importe les réalités historiques comme le fait par exemple que le Nazisme était surtout le produit de la petite bourgeoisie et du patronat apeuré par la montée du communisme en Allemagne. À l'époque les riches votaient pour les nazis, les pauvres votaient pour les communistes. Cela donne une autre image au combat contre le fasciste dans l'élection française n'est-ce pas ? Qui détient la maîtrise des médias ? Qui défend l'intérêt des riches et des puissants ? Qui utilise la menace et toutes les bassesses pour arriver au pouvoir ? Marine Le Pen ou Emmanuel Macron ? Le fascisme n'est pas nécessairement là où l'on croit qu'il est. Du reste, rappelons pour l'anecdote et la culture du pitoyable ex-maire de Paris qu'Hitler n'a pas été élu. Son parti politique était même en déclin avant sa mise au pouvoir par des petits arrangements avec la droite conservatrice de l'époque. Le parti nazi a obtenu au maximum 36 % des votes allemands. Et citons Wikipedia sur cette affaire :

 

«  Le 30 janvier 1933 vers midi, Adolf Hitler atteint son but : il est nommé chancelier de la République de Weimar après un mois d’intrigues au sommet organisées par l’ancien chancelier Franz von Papen, et grâce au soutien de la droite et à l’implication du Parti national du peuple allemand (DNVP). »

 

C'est bien l'alliance de la bourgeoisie patronale avec un gourou venu de nulle part et soutenu par une propagande constante qui va monter au pouvoir. Mais arrêtons là les comparaisons vaseuses et approximatives qui permettent au système néolibéral de cacher la défense outrageuse de ses intérêts et parlons de la France actuelle.

 

La lutte des classes en France

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J'avais donné dans mon texte précédent la comparaison entre le vote Macron/Le Pen et le taux d’industrialisation du pays en 1958. Cette comparaison montrait l'opposition latente entre la France qui soufre du libre-échange, de la surévaluation monétaire, et celle qui est moins touchée par celle-ci. La France du fonctionnariat, la France du tertiaire, de la finance et des professions libérales. Cette dichotomie saute aux yeux, mais elle n'a rien de nouveau. Après tout Chirac en 1995 avait fait une campagne sur la fracture sociale. La fracture s'est simplement considérablement aggravée notamment par le fait que l'euro est entre-temps devenu notre monnaie. À cela s'ajoute la fragmentation spatiale provoquée par les bulles immobilières . En effet en 1995 si la fracturation économique avait déjà durement frappé le pays, les classes sociales étaient encore relativement mélangées. La période de la bulle immobilière en France va progressivement expulser les populations les moins fortunées des centres-ville. Cette évolution prenant littéralement un tournant caricatural dans la ville de Paris.

 

Cette concentration de la richesse expliquant l'incroyable disparité entre le vote des Parisiens et celui de la France dans son ensemble. Alors que le FN fait 21,3 % sur l'ensemble du territoire, il ne fait que 4,99 % à Paris. EM faisant lui 34,8 % contre 24% dans l'ensemble de la France. C'est à se demander effectivement si Paris peut encore réellement jouer son rôle de capitale du pays. Nous avons ici la démonstration des effets catastrophique de la bulle immobilière sur la vie politique française. Les élites du pays avaient déjà la mauvaise habitude de vivre séparément, elles vivent maintenant complètement en vase clos. Ce qui ne les empêche pourtant pas de déclamer leur ouverture au monde et la fermeture maladive dont seraient porteurs les ploucs de province. Paris est devenu un bunker géant pour personnes fortunées.

 

Pour en revenir aux questions économiques. L'évolution spatiale du pays est mise en exergue par les deux cartes précédentes. Mais un tableau statistique encore plus parlant sur l'évolution du pays a été mis en ligne il y a peu par le site Real-World Economic Review. Le site étant anglo-saxon il a l'immense mérite d'être peu influencé par la corruption et le copinage du système universitaire français. Il porte un regard neutre sur la situation française. Et l'image des deux courbes suivantes est absolument limpide, mais aussi dramatiquement caricaturale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que nous dit ce graphique ? Il indique deux courbes, en bleue nous avons l'évolution de la croissance sur la période 1950-1983, en abscisse nous avons les couches sociales de la population séparée par tranche de 20 %. Cela va des 20 % les plus pauvres au 0,01 % les plus riches. La courbe verte nous indique la croissance économique pour ces mêmes couches sociales de 1983 à 2014. Je crois que la comparaison se passe pratiquement de commentaire. On voit que, pendant les trente glorieuses, la croissance a été non seulement plus forte pour la majorité de la population, mais qu'elle a en plus été nettement plus favorable aux couches populaires. Cela démontre les effets des politiques keynésiennes, et dont Keynes lui-même nous disait qu'elles finiraient par euthanasier les rentiers. Les 85 % du bas de la pyramide sociale ont eu une croissance moyenne de 3,5 % par an et par adulte, c'était une remarquable homogénéité dans l'évolution économique.

 

La croissance depuis 1983 se concentre elle majoritairement sur les 5 % d'en haut. Et plus vous êtes haut dans la pyramide du revenu et plus vous bénéficiez de la croissance économique. Les classes sociales du milieu sont les grandes perdantes du système néolibéral. Je ferais remarquer au passage qu'une bonne partie des classes moyennes ont voté Macron et continueront à le faire alors même qu'elles sont les principales perdantes du système. On ne peut pas gagner une élection présidentielle avec seulement 5 % des électeurs. Ces deux courbes montrent, plus encore que les cartes, la lutte des classes qui se joue dans notre pays et qui prend la forme de la lutte entre la nation et le parti de l'étranger. Elle montre aussi la fragilité de cette domination. Car la classe sociale à laquelle appartient Macron ne peut dominer le système que parce que les classes moyennes ont l'illusion d'appartenir au même monde et aux mêmes intérêts. C'est cette illusion qui pourrait paradoxalement éclater avec l'élection de cet illusionniste de plateau télé. Macron n'est pas le candidat de la France qui gagne, c'est le candidat des rentiers et des parasites qui tuent notre pays à petit feu depuis trente ans.

 

Le vrai racisme d'aujourd'hui est social

 

Au stade où nous en sommes peut-on encore parler de lutte des classes ? En effet une lutte semble désormais un terme trop faible pour définir la réalité dans laquelle nous sommes. Car l'explosion des inégalités s'accompagne d'une culture de la haine, une véritable celle-là. Celle de la haine de classe. Une haine qui prend de plus en plus ouvertement forme avec des références constantes aux diplômes par exemple. Les sans-diplômes votent Le Pen. Étant sous-entendu les imbéciles votent Le Pen. Tel est le discours dominant chez les classes supérieures parisiennes. Quelques regards aux propos tenus par certains journalistes sont suffisants pour voir cette réalité. Il n'y a ni compassion, ni compréhension, ni empathie, juste une avalanche d'insultes et de grossièretés comme on pouvait en voir contre les noirs aux USA dans les années 60. Mais en fait le simple fait que ces pauvres votent Le Pen montre qu'ils sont loin d'être des imbéciles justement. Car ils ont bien compris où sont leurs intérêts réels. Et si l'on regarde la courbe que j'ai donnée précédemment c'est bien plus les cadres supérieurs et autres classes moyennes qui votent Macron qui sont des imbéciles en votant contre leurs intérêts. Qui est le plus malin, celui qui se fait couillonner en applaudissant, ou celui qui sort des négociations en renversant la table ?

 

Dans la France de 2017, interdire à quelqu'un d'aller dans un lieu parce qu'il est Arabe ou Noir est, heureusement, considéré comme inadmissible. Il est par contre totalement toléré de chasser les habitants d'une ville en faisant grimper les prix de l'immobilier. Il est tout aussi normal de sélectionner les gens en fonction de leurs revenus. L'épuration économique est totalement tolérable . On peut briser des millions de vies par une monnaie surévaluée et conduire des millions de gens à l'indigence puis au suicide. Ce n'est pas un génocide, hein, c'est la loi du marché. Un peu comme naguère, l'on justifiait le commerce d'esclaves au nom de la loi de l'offre de la demande. Rien de très nouveau au pays du libéralisme décomplexé. On 'a même des sites de rencontre où le premier critère passe par la taille du portefeuille. De fait si le racisme ethnique a bien disparu contrairement au discours lénifiant des élites qui combattent des fantômes pour faire oublier les vrais problèmes. Le racisme social lui ne s'est jamais aussi bien porté. Il est même un gage de haute valeur qualitative quand on est président de la République n'est-ce pas, monsieur Hollande ?

 

Ce racisme social, dont les propos d'un Jacques Attali ne sont finalement qu'une minuscule démonstration, tant à produire un fascisme d'un nouveau genre. Un fascisme ouvert aux immigrés, mais fermé aux pauvres du pays local. Un fascisme qui a en plus la prétention d'une pureté morale absolue se présentant comme le camp du bien contre les sans-dents, et bientôt les sans âmes. La question que je me pose au final est: « Est-ce que ce fascisme peut aller aussi loin que ses glorieux ancêtres ? » Aura-t-on bientôt des camps de concentration pour mal pensant ? Ces gens finiront-ils par exterminer les gueux au nom du bien ? J'ose espérer que les Français se réveilleront avant que nous n'en arrivions à ça. Macron, je l'espère, va servir de détonateur et faire exploser le lien entre les classes moyennes et les 5 % d'en haut. On verra si à long terme, c'est le FN ou un autre camp politique qui bénéficiera de cette rupture. Ce qui est certain c'est que l'élection de Macron marque une rupture durable et la fin des illusions sur une nation égalitaire. La France de 2017 est effectivement raciste, elle déteste ses pauvres.

 

 

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25 avril 2017 2 25 /04 /avril /2017 16:00

Quelques heures ont passé depuis le résultat de la présidentielle. Le calme est revenu même si les médias mainstream ont lancé l’hallali contre le méchant FN . Mais la mobilisation fonctionne moins bien qu'en 2002, il faut dire que de l'eau a coulé sous les ponts depuis. La France vit désormais sous le régime de l'euro, elle en subit les conséquences. Et le FN n'est plus vraiment le parti repoussoir bien pratique qu'il a été durant les années 80-90. De fait si Marine Lepen perdra certainement au second tour, rien n'est encore joué sur son score . Et comme je l'ai déjà dit, c'est bien la préparation postélectorale qui compte. Une Marine Lepen avec près de 40 % au second tour sera plus à même de se présenter comme la seule vraie opposition au libéralisme Macronien, alors que ce sera plus discutable si elle peine à dépasser son score du premier tour comme son père en 2002. La population commence à bien comprendre y compris à gauche que le fameux Front Républicain© est en fait un front libéral contre toute alternative politique au libre-échange et à l'européisme. L'on aurait eu certainement le même type de déchaînement avec un Mélenchon contre un Macron au second tour. La teinture du Front aurait simplement changé de couleur avec un Front anti-bolchévique pour la liberté individuelle, ou quelque chose du genre.

 

Quoi qu'il en soit même dans la presse classique l'évidence de la fracturation du pays en deux camps diamétralement opposés devient évidente. Certains y voient la lutte de la France d'en haut contre celle d'en bas,d'autres un retour au clivage de 2005, d'autres enfin un retour de la lutte des classes. Mais c'est probablement notre bon vieux Todd à qui il arrive de sortir de sa torpeur cérébrale pour nous sortir une carte relativement parlante. Il s'agit comme vous pouvez le voir ci-dessous de la carte de l'industrie française en 1958. La comparaison avec les résultats électoraux de dimanche est relativement parlante. On y voit une France industrielle qui, on le sait, a été détruite en grande partie par le libre-échange et l'euro. Et de l'autre la France globaliste vivant de service relativement protégé du désastre. La seule exception étant la région parisienne qui n'a pas trop souffert de la désindustrialisation grâce à la captation du flux monétaire des échanges commerciaux et financiers. L'on sait cependant que ce n'est que momentané les déficits extérieurs français devant être à terme rééquilibrés. La purge libérale qui vient avec le concours de Macron et de l'Allemagne fera probablement rentrer la capitale dans le marasme généralisé que les élites autistes ont imposé depuis trente ans au pays. Paris ne pourra pas rester éternellement protégée des effets du libre-échange alors que l'on sait que la région parisienne est la principale source du déficit extérieur français.

 

A gauche résultat de 2017 à gauche proportion de l'emploi industrielle en France en 1958.

 

Pour revenir à l'élection en elle même, une étude de l'Ipsos vient d'être publiée et donne quelques données intéressantes sur l'élection. On constate notamment que Macron est le politique qui inquiète le moins l'électorat. C'est extrêmement étrange d'autant que François Fillon lui inquiète énormément ce même électorat. Il faudra m'expliquer la différence entre la politique de Fillon et celle de Macron en terme d'orientation macroéconomique, car en dehors d'une affaire de quantité les deux s'alignent sur les poncifs de la politique de l'offre. Cette opinion n'est à mon sens compréhensible que par le fait que les Français considèrent que Macron sera la continuité de François Hollande. Cependant qu'ils considèrent cela comme rassurant, peut inquiéter sur l'état de santé mentale de la population. Puisque par ailleurs Hollande est le président le plus impopulaire de l'histoire. Il faut aussi modérer ces chiffres, il ne s'agit après tout que d'une étude sondagière qui n'est pas nécessairement solide scientifiquement parlant. On remarquera par ailleurs que Fillon est considéré comme tout aussi inquiétant que Marine Lepen pour son programme. Étrange non ?

 

Autres données intéressantes, c'est la motivation derrière le vote des électeurs. Le tableau suivant indique quelle est la motivation principale qui a poussé l'électeur à choisir son candidat.

 

 

On voit très bien ici le caractère très solide du vote pour MLP. En effet, c'est elle qui a le soutien le plus fort de ses électeurs pour son programme et simultanément c'est elle qui sert le moins au calcul électoral. C'est exactement le contraire pour Macron qui est le candidat qui est le plus utilisé comme moyen de pression vis-à-vis des autres candidats avec près du quart de ses électeurs. Cela relativise encore plus le succès du poulain libéral. Plus étonnant Hamon arrive encore à avoir 18 % de gens qui votent pour lui par calcul malgré son score catastrophique. Nicolas Dupont Aignan quant à lui ferait bien de faire attention à l'avenir puisqu'il semble que près d'un électeur sur deux a voté pour lui par civisme et parce qu'ils ne trouvaient pas mieux ailleurs. Je lui laisse le soin de trouver une stratégie pour solidifier cet électorat à l'avenir.

 

 

Maintenant, intéressons-nous aux sujets qui sont jugés par les Français comme prépondérants. L'on voit tout de suite que l'économie et l'immigration sont au centre des préoccupations des Français. Le pouvoir d'achat arrivant en tête de gondole. Le paradoxe suprême est que la question Européenne, elle, ne se retrouve qu'en dixième position. Ce qui pourrait chagriner les eurosceptiques que nous sommes. Mais à y regarder de près rien n'indique ou n'explique si les français font le lien ou non entre les problèmes économiques, l'immigration et l'Europe. En fait le questionnaire est biaisé sur cette question puisqu'il a pris comme comme décision de séparer volontairement les deux. Peut-être pour mieux cacher l'euroscepticisme montant qui sait. Il aurait fallu une question plus précise sur le sujet pour se faire une idée réelle de l'état de l'opinion sur l'Europe et l'euro. Cependant la domination europhile dans les corps sociaux supérieurs, qui font et financent ce genre d'études, jouent naturellement contre ce genre d'analyse politiquement incorrecte. Il en va des études de l'opinion sur l'euro ou l'Europe comme du sujet de l'intégration et de l'immigration. Ceux qui étudient ces questions portent souvent des lunettes partisanes empêchant la nécessaire neutralité qui permettrait de produire des données objectives.

 

Quoi qu'il en soit si les Français continuent de différencier les problèmes européens des problèmes macroéconomiques du pays c'est qu'il nous reste encore du pain sur la planche pour leur faire comprendre qu'il n'en est rien. La poussée des partis eurosceptique tend quand même à penser qu'en pratique les gens ont bien conscience du lien même s'ils n'ont peut-être pas encore les idées claires sur ces sujets. Et comme nous l’avons vue, la peur du changement est probablement la dernière réelle motivation au blocage sur les questions européennes puisque les Français préfèrent souffrir avec Macron comme ils l'ont fait pendant 5 ans avec Hollande que de tenter autre chose. Loin d'être mouvement de marche en avant le mouvement de Macron a surtout l'intérêt pour les électeurs d'être un immobilisme. Il faudrait rebaptiser En Marche, le mouvement stationnaire.

 

 

Pour terminer sur l'enquête de l'Ipsos, la majorité des Français ont trouvé la campagne inintéressante. On ne pourra pas leur donner tort, le fond des problèmes ayant rarement été mis en avant. On n'oubliera pas non plus les affaires et les manipulations de toutes sortes qui ont permis en grande partie de fausser l'élection. Mais à titre personnel ce ne sont pas les candidats le problème même si le niveau n'était pas terrible. Après tout la campagne de 2007 avec Sarkozy et Royale n'était-elle pas aussi au ras des pâquerettes ? C'est surtout la dérive des médias dont le manque de plus en plus criant de neutralité commence à faire tache. Le manque flagrant de pluralisme médiatique se fait vraiment sentir . Je dirai même que la possibilité qu'ont eue les « petits » candidats de parler de sujets transversaux peu discutés d'ordinaire a souligné l'effroyable pauvreté des débats habituels.

 

 

Pour terminer, voici un petit tableau assez drôle indiquant « l'efficacité » médiatique des candidats en rapportant le nombre de citations dans les médias au nombre de voix obtenues par le candidat à l'élection. Nicolas Dupont Aignan arrive largement gagnant devant Asselineau. Hamon est le moins efficace, mais il faut mettre cela sur le compte de la trahison formidable de son parti et de François Hollande. Macron arrive en tête des grandes têtes de la campagne avec plus de deux fois plus de citations par millions de voix que Marine Lepen ou Mélenchon. Cela devrait rassurer un peu ceux qui pensent que les médias dominent tout et fabriquent le futur gagnant de l'élection. La réalité est plus compliquée que ça. Je rajouterai d'ailleurs, que ces de chiffres ne prennent pas en compte la « qualité » de la citation. En effet, être cité dans un grand journal sur Le Monde ou sur TF1, et être cité sur un site obscur du web, il y a évidemment un effet médiatique complètement différent. Le nombre pur de citations n'indiquant pas du tout cette qualité, on peut sans trop se mouiller que Macron et Fillon ont eu une qualité de citation bien meilleure que NDA ou même Marine Lepen.

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 14:29

 

Deux ans sans écrire sur son blog, et voilà que le tenancier du Bondosage se met à faire l'apologie d'un candidat globaliste et ouvertement néolibéral. Aurait-il perdu la raison? Se serait-il fourvoyé avec une vieille rombière richissime lui volant sa lucidité habituelle et son innocente neutralité vis-à-vis de la lutte des classes ? Que t'est-il arrivé ? Le syndrome du centrisme béat et europhile t'aurait-il frappé ? Tu avais ta carte au PS et la trahison t’a semblé naturelle comme à tous tes condisciples ? Je vous rassure tout de suite. Si je pense que Macron est le meilleur candidat pour la France actuelle ce n'est certainement pas pour son brio, son smoking, son sourire ultra bright , ses idées approximatives, ou son appétence pour la gérontophilie. C'est bien au contraire parce qu'il me semble concentrer tout ce qui nous a conduits au désastre actuel qu'il est le meilleur candidat. Il est en quelque sorte la fusion de la droite néolibérale affairiste et de la gauche libertaire consanguine. Il est l'incarnation de ce duopole qui dirige la France depuis quarante ans, mais qui n'a jamais assumé ouvertement sa propre unité d'intérêt. Par la force des choses et la lente dégradation de leur pouvoir de séduction propre aux idéologies mortifères, les globalistes sont aujourd'hui contraints de fusionner ouvertement pour accéder au pouvoir.

 

Gardez bien en tête cependant que Fillon ou Hamon sont aussi des représentants de ce courant, mais qu'ils incarnent la mécanique d'essuie-glace qui a permis plus ou moins bien au système de contrôler l'apparence de démocratie en France. Voter Hamon, Fillon, ou Macron c'est voter pour le système globaliste dans tous les cas. Il n'y aura aucune différence une fois au pouvoir si ce n'est les éternelles distinctions sur les affaires sociétales sans intérêts autres que d'abuser un peuple au demeurant de moins en moins aveugle sur cette supercherie. Le Fillon faisant du patriotisme théâtral pour plaire à ceux qui pensent que le Gaullisme est affaire de superlatifs nationalistes, et de discours ronflants sur une indépendance factice faite de gesticulations verbales et de génuflexions économiques envers l'empereur germanique du SELG (Saint-Empire Libéral Germanique appelé aussi Union européenne pour les plus naïfs). Le Hamon ou le Macron distillant à l'envi leur vision communautariste de la France de demain toujours moins française, toujours plus diverse et toujours moins unie. Les communautaristes définissant la nation comme un agglomérat de communautés fermées unies entre elles par un pacte vénal. Il s'agit bien sûr là de la vision type Terra Nova qui est désormais l'unique programme en la matière qui sert d'orientation à la « gauche » dans sa quasi-totalité.

 

Il est trop tôt pour le souverainisme

 

Alors s'il n'y a guère de différence entre Fillon, Hamon et Macron, pourquoi vouloir voter pour Macron  et pas pour un candidat correspondant mieux à mes propres envies souverainistes et anti-UE ? Il y a deux raisons à cela. La première est d'abord qu'il y a objectivement peu de chance à l'heure actuelle pour qu'un candidat souverainiste gagne le second tour des élections. En l'occurrence, je parle évidemment ici de Marine Lepen. Elle n'est pas ma candidate favorite en matière de souveraineté nationale, mais elle défend tout de même plus que partiellement cette orientation. Elle est malheureusement de loin la candidate souverainiste qui a le plus de chance d'accéder au second tour. On peut le regretter, on peut sauter comme un cabri sur sa chaise en disant que c'est trop injuste, mais c'est ainsi. Le FN récolte les effets du néolibéralisme globaliste essentiellement parce qu'il était le premier dans l'esprit de la population à en faire ouvertement son ennemi. Les souverainistes de droite ou de gauche sont arrivés trop tard. L'histoire eut été probablement différente, si une partie de la gauche avait ouvertement rompu avec le PS lors de la forfaiture de 2005, mais il n'en a rien été. On ne refait pas l'histoire. De fait, le FN se retrouve comme étant le principal porte-étendard de l'indépendance nationale. Au second tour sa trop forte orientation clivante sur des sujets comme l'immigration l’empêchera de prendre le pouvoir. Tout du moins, ceci est encore valable pour cette élection.

 

Ajoutons à cet argument de la non-éligibilité potentielle du FN le fait qu'on ne voit guère comment ce parti pourrait ensuite avoir une majorité pour gouverner. Les mésaventures de Trump devraient faire réfléchir ceux qui pensent que la montée au pouvoir d'un président anti-globaliste suffirait à faire reculer le système en place. En fait, non seulement il faut gagner les élections, mais il faut aussi casser tout espoir d'entrave aux globalistes. Même dans un pays où le président a de grands pouvoirs comme la France l’opposition pourra bloquer toute modification profonde du pays et de la politique générale. Sachant que par ailleurs il nous faudra affronter les intérêts de la puissance germanique et les institutions européistes un semblant d'unité nationale est préalablement nécessaire à cette ambition. Sans quoi nos adversaires useront de toutes les ficelles possibles, même les pires, pour empêcher le gouvernement souverainiste d'arriver à ses fins. Pour gagner, nous devons au préalable affaiblir et délégitimer le globalisme y compris chez les classes sociales les plus enclines à voter encore pour lui. Or le meilleur moyen de parvenir à cela est l'application de la théologie néolibérale en elle même. On ne le dira jamais assez, les néolibéraux sont leurs meilleurs ennemis. Tant leurs thèses et leur idéologie sont à l'inverse de ce qu'il faut faire et penser pour redresser la situation.

 

La seconde raison découle en grande partie de la première hypothèse. Puisqu'il n'y a pratiquement aucune chance pour qu'un candidat de la rupture réelle avec le globalisme puisse monter au pouvoir lors de cette élection, et qu'en plus cela pourrait être mauvais pour ce mouvement à long terme, il nous faut fonder une stratégie permettant de maximiser un rebond souverainiste pour les prochaines élections présidentielles. C'est de cette hypothèse-là que découle mon choix pour Macron. Ce candidat comme je l'ai expliqué précédemment est un candidat de rassemblement. Je ne parle pas ici d'un rassemblement de toute la France contrairement à ce que baragouine lamentablement le candidat d'En Marche. Il s'agit surtout du rassemblement de toutes les forces globalistes que compte le pays. Il sera l'aspirateur idéal de tous les parasites du globalisme, il a d'ailleurs commencé à aspirer les moins résistants des représentants de LR à l'image d'Estrosi, tout en ponctionnant le PS et le Modem. Il faut dire que l'appel de la gamelle est toujours plus fort que l'appel de la patrie chez les partisans du patriotisme d'apparat. Ces derniers montrant l'accointance et la forte ressemblance programmatique et dogmatique entre LR, le Modem ou le PS. Une fois Macron élue, son mouvement entraînera probablement la mort de ces trois partis et mettra fin à la fragmentation fictionnelle qui a nourri les diverses alternances de ces quarante dernières années. L'élection de Macron aura l'immense mérite de clarifier la situation électorale pour mettre en exergue la vraie opposition de notre temps qui n'est pas entre droite et gauche, mais entre globalisme et souverainisme. S'il y a une bonne chose qui est apparue lors de cette campagne c'est unification des forces globalistes.

 

Il est donc impératif que le mouvement en marche termine cette démarche d'unification par l'élection de Macron. En effet si Fillon ou Hamon arrivent à gagner nous repartirons à nouveau vers un phénomène classique d'essuie-glace avec une nouvelle alternance potentielle aux prochaines élections. Le candidat de fausse opposition pouvant encore paraître comme opposant au méchant Fillon. Ce cirque qui dure depuis Mitterrand doit cesser et Macron est le meilleur candidat pour y mettre fin involontairement.

 

L'hypothèse Mélenchon, le pire des scénarios.

 

Vous remarquerez que je n'ai pas encore parlé de l'autre alternatif qu'est le candidat Mélenchon. Ce candidat est actuellement la lumière montante si l'on en croit les sondages. Mélenchon dépassant sur sa gauche le PS. À en croire Jacques Sapir ce dernier est un souverainiste tout comme le FN ou le parti de Nicolas Dupont Aignan. Je reste éminemment sceptique sur cette affirmation. Le fait que le parti de Mélenchon a comme électeurs potentiels des résidus du PS et de l'extrême gauche ne prête guère à l'espoir dans cette direction. D'autre part, la sortie de l'UE ou de l'euro n’est chez eux que des hypothèses de travail secondaire. L'affirmation d'une 6e république par exemple n'est-il pas le signe d'une fuite potentielle vers des leurres programmatiques postélectoral ? Sortir de l'UE et de l'euro nécessite une foi inébranlable dans la nation et une priorité absolue sur cet objectif. Toute dispersion n'est que perte de temps et mise en danger de l'objectif en lui même. Mélenchon en homme de gauche peut-il réellement faire passer l'intérêt national avant ses croyances idéologiques ? L'expérience d'autres pays montre plutôt une abdication générale des gauches lorsqu'il s'agit de rompre avec le néolibéralisme. De fait, l'élection éventuelle d'un Mélenchon pourrait détruire pour une très longue durée le changement réel. En montant au pouvoir puis en rompant ses promesses à l'image de Syriza en Grèce, il pourrait hypothéquer pour longtemps l'alternative réelle. Ensuite, rappelons que comme pour Marine Lepen il sera difficile d'obtenir une majorité. Des compromissions pour gouverner seront nécessaires. Compromissions qui se feront sur l'essentiel si l'on se fit à l'historique du bonhomme même si ce dernier fait semblant d'avoir changé. Je ne crois donc guère au candidat Mélenchon et je pense même qu'une hypothèse Lepen/Mélenchon au second tour serait le pire des scénarios.

 

Préparer l'après Macron dès la fin de l'élection

 

Au demeurant, mon vote pour Macron est abominablement machiavélique. J'ai tout à fait conscience des innombrables souffrances que provoquera le candidat d'En Marche une fois au pouvoir. Son programme est celui du Medef et de Pierre Gattaz avec comme seul horizon le néant de la réduction éternelle des déficits publics, et la dette perpétuelle parce que non remboursable dans le cadre du néolibéralisme. Le massacre du Code du travail, la destruction des derniers restes de l'état providence provoqueront une explosion du chômage et de la précarité sans résoudre la question du déficit commercial. Macron réussira peut-être même à privatiser la santé et l'éducation comme en rêvent les plus cinglés des néolibéraux à l'image des pitoyables Madelin et Minc. Le fait que ces politiques n'aient jamais marché nulle part ne les inquiète pas. Cela fait longtemps que la raison a disparu du camp libéral. L'implosion de l'économie française pourrait même faire imploser l'euro sans l'intervention du camp souverainiste. Les néolibéraux sont assez grands pour détruire leur propre édifice comme des grands. Avouons qu'une telle hypothèse est plus séduisante même si l'implosion de l'euro dans le désordre ne serait pas des plus sympathique sur le plan macro-économique.

 

Il n'est pas encore venu le temps du souverainisme en France, il est encore trop tôt. Le corps électoral n'est pas près quand bien même il semble s'y éveiller. La France n'est pas la Grande-Bretagne ou les USA. L'état y protège encore les dormeurs éveillés qui pensent que l'euro et l'Europe c'est chouette tout en se plaignant du chômage et de la précarité montante. La poussée de Mélenchon tend à montrer que l'électorat n'est pas prêt . L'Europe on y croit plus assez pour la fêter, mais on y croit encore trop pour en sortir. Tel est la situation actuelle. Les souverainistes plutôt que de rêver, l'impossible ou le dangereux à court terme feraient mieux de préparer l'après-élection de Macron. Ce dernier montrera l'inanité de ses idées et de son programme dès le lendemain de l'élection. Il faut impérativement que les souverainistes, les vrais, se rassemblent pour montrer qu'ils sont sérieux et qu'ils préparent la seule et véritable alternative qui soit, celle qui implique le retour de la souveraineté nationale. De sorte que nul doute ne puisse subsister lors de la prochaine élection en 2022. Peut-être plutôt si le pays se retrouve bloqué par la magie du Macronisme révolutionnairement passéiste. Pour cela il faudra faire fi des différences programmatiques secondaires. En un sens, le petit candidat Asselineau, dont je n'ai pas encore parlé, a raison de se concentrer sur la sortie de l'UE et de l'euro. Mais c'est après l'élection et en oubliant ses ambitions personnelles que l'on pourra valider une telle stratégie même si cela veut dire une alliance avec le FN. Le camp globaliste a clarifié la situation en s'unifiant derrière l'incarnation du vide qu'est Macron. C'est au camp souverainiste de s'unifier ensuite.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 21:52

614_image-02.jpgLa débandade de la gauche à l'élection municipale vient donc de produire sa première conséquence à travers le changement gouvernemental. Et comme à chaque cycle électoral le pouvoir en place fait croire à un changement en replaçant les hommes avec en arrière cours une stratégie purement électoraliste en ligne de mire. On change les hommes pour ne pas changer de politique, voire au contraire pour affirmer encore plus la direction prise. Il ne fait guère de doute que l'arrivée de Valls, le carriériste girouette, au pouvoir ne risque pas d'améliorer la situation du pays. L'homme a plus d'amour pour sa propre personne que pour son pays c'est un Sarkozy socialiste pour le dire crument. Il parle souvent le langage de la république tout en violant régulièrement les principes mêmes de celle-ci. Mais peu importe de toute manière que Valls ou un autre clown du PS ou de l'UMP soit au pouvoir, la grande décadence libérale ne peut plus être stoppée produisant des esprits grégaires et incapables de diriger le pays autrement qu'en répétant inlassablement les mêmes erreurs. Il y a la crise parce qu'il n'y a pas assez de libéralisme, ou d'Europe. Peu importe les faits contraires, l'effondrement des pays dans lesquels ont été appliquées avec rigueur les solutions néolibérales. Il faut toujours plus de baisses des salaires, des taxes de l'état, etc. On connaît la chanson. C’est la même ritournelle depuis quarante ans et oui déjà, mais qui s'en soucie ? Pas le parti socialiste en tout cas.

 

Un communicant vociférant ne changera rien au destin du pays. D'ailleurs, l'on s’aperçoit à l'occasion ou l'on fait mine de s'apercevoir que l'électorat du PS ce sont surtout les bourgeois aujourd'hui. Ce qui explique la bonne tenue de celle-ci dans de grandes villes comme Paris. Les pauvres et les ouvriers votent désormais clairement pour le FN même si cela ne réjouit pas certains alternatifs comme mon collègue Laurent Pinsolle qui n'en finit plus dans l'art de l'euphémisme pour minimiser les scores du FN. Rappelons tout de même que le FN n'a jamais vraiment été un parti implanté et que le changement de direction du parti de Marine Le Pen porte des fruits extrêmement rapidement. Mais comme nous le verrons, le changement de direction pour transformer le FN en parti de gouvernement ne sera pas sans causer de friction interne.

 

L'UMP et le PS bourgeois contre le FN prolétaire.

 

Dis-moi qui vote pour toi et je te dirais qui tu es. Si l'on peut convenir que le FN fut à la base un parti raciste. On ne peut pas affirmer comme beaucoup le font que la montée du FN représente un risque pour la démocratie. En réalité ceux qui commettent ce genre de raisonnement n'ont guère compris le sens même du mot démocratie. Ce n'est pas aux hommes politiques d'imposer les débats ou ce qui est autorisé dans l'expression publique. Il est d'ailleurs étrange que dans un pays si soucieux de démocratie comme la France on ait autant recours à la censure. Même Tweeter s'est étonné que la France soit le pays où il y a le plus de demandes de censure. La liberté d'opinion et d'expression n'est-elle pas la base d'un débat rationnel et démocratique?Car c'est très exactement ce type de comportement qui est l'un des fondements du fascisme tant décrié par ailleurs. Sinon le fascisme en France est essentiellement imaginaire pour la bonne et simple raison que la nature même des comportements individualistes français interdit ce type de mouvement. La censure permanente voulue par le pouvoir politique a même tendance à fortement agacer la population. On ne crée pas un parti fortement autoritaire avec un peuple d'anarchistes latent. Mais comme l'a noté le blogueur Descartes sur son blog en citant un poème de Constantin Cavafy, c'est bien pratique d'avoir des fascistes ou des barbares imaginaires à nos portes cela permet petit à petit d'imposer des politiques en manipulant des fantasmes. Surtout que lorsque l'on ne peut pas vraiment censurer on dénigre, on calomnie, on amalgame. Quoi ? Vous être contre l'immigration de masse, vous êtes un raciste. Vous être contre l'UE vous êtes un facho. Vous êtes contre le libre-échange, vous êtes un communiste (remarque généralement faite par des gens qui ne connaissent rien au communisme vraisemblablement). Sauf que comme pour tout mensonge il ne doit pas trop être employé sous peine de perdre de son efficacité. Nos Goebbles de l'antifascisme systématique ont scié la branche sur laquelle leur démarche de rhétorique était assise. Peu de Français marchent encore dans la combine hors des lieux bien pensants de la bourgeoisie ou des milieux étudiants bon teint.

 

Il y a même fort à parier que maintenant ce discours arriverait même à rendre sympathique de vrais racistes aux yeux du grand public. C'est un effet contre réaction, quarante ans de propagande finissant par se retourner contre leurs auteurs, les rendant non crédibles même lorsqu'ils ont raison, rarement toute fois. L'affaire Dieudonné fut d'ailleurs assez symptomatique de la chose. L'humoriste médiocre s'est ainsi transformé en dissident politique grâce à l’extraordinaire absurdité des actions et des discours de Valls et son appel à l'antiracisme. Valls a en effet transformé Dieudonné en héros de la liberté d'expression alors qu'il est juste con et paranoïaque. Miracle des temps modernes de la communication et de l'obsession médiatique de nos dirigeants. C'est la même chose avec le FN. « Conspué pendant tant d'années, il ne doit pas être aussi mauvais », se dit le français de base devant l'invraisemblable nullité des dirigeants français. Si le FN a eu comme utilité au départ de dénigrer un patriotisme qui gênait à la fois la gauche pour des raisons idéologiques et la droite patronale pour des raisons bassement financières, l'animal semble aujourd'hui échapper à ses maîtres. Et il serait à mon sens dommageable de ne pas voir la mutation qui s'opère maintenant et qui est aujourd'hui malheureusement l'une des dernières possibilités pour le peuple de France de se sortir du piège dans lequel les eurolibéraux l'ont mis. C'est que peut-être les Français ne tiennent finalement pas tant que ça à disparaître.

 

 

La mutation possible du FN

 

Il faut bien comprendre que les partis politiques ont des dynamiques propres liées essentiellement à leurs composantes électorales. Si la gauche française est devenue une droite qui ne s'assume pas, ce n'est pas uniquement pour des raisons idéologiques. Il y a bien évidemment quelque chose de pourri dans l'esprit de gauche que je résumerai à la contradiction fondamentale entre leur esprit de liberté et leur envie de solidarité. Une contradiction évidente puisque l'égalité et la solidarité ne peuvent exister que contre la liberté des plus riches et des plus puissants. La solidarité, la communauté d'esprit, d'intérêt général, ne peuvent pas apparaître spontanément dans l'auto-organisation des individus. C'est l'une des grandes contradictions de la pensée de gauche que de croire que par l'opération du Saint-Esprit les gens puissent converger vers un mieux-être général uniquement par le fruit du bon sens. Les bons sentiments sont à la gauche libérale, ce que le marché autorégulé est la droite libérale, un fantasme qui n'existe pas, mais qui rassure quant à la validité du modèle politique et économique. De fait, la haine que porte la gauche à l'autorité la conduit irrémédiablement au blocage dès qu'il faut mettre en pratique les grandes idées solidaires. Comment réduire les inégalités sans contraindre la liberté des plus riches par des frontières commerciales et le contrôle des capitaux ? Mystère, c'est la quadrature du cercle. L'incarnation de la solidarité et de l'égalité était la nation française par excellence, elle fut pourtant conspuée par la gauche au nom d'une solidarité internationale au format bien évasif. La lubie de gauche a montré sa complète inanité dans le projet européiste.

 

Bien peu de gens aujourd'hui s'accordent encore à donner du crédit à l'énième chant entonné sur l'Europe sociale. S'il existe encore de vrais gens de gauche dans ce pays, s'il en a existé un jour, qu'ils sachent qu'il leur faudra un jour trancher d'avec leur penchant libertaire et anti-autoritaire s'ils veulent ne serait-ce qu'un peu du retour à l'égalité et à la solidarité dans ce pays. Car la liberté qu'ils défendent ardemment pour tous permet surtout la très grande liberté pour les très riches et l'agonie économique pour le reste de la population. Si la gauche continue à favoriser les libertés individuelles contre l'intérêt général, qu'elle ne s'étonne pas de son agonie électorale, car d'autres ont compris que la liberté n'est qu'une idée sympathique qui accouche de la chienlit générale et de l'explosion des inégalités économiques et sociales. Lorsqu’elle défend la « liberté », la classe politique française défend essentiellement la liberté des plus riches, rien d'autre.

 

Pour en revenir à la question de l'évolution des partis politiques si les idées ont de l'importance, il faut bien admettre que ces idées ne sont acceptées que si elles correspondent à l'intérêt de la population qui les écoute. Ou du moins à l'idée que ces groupes sociaux se font de leur intérêt. Ainsi le communisme a peu de chance de plaire aux plus riches pour des raisons évidentes. De la même manière, il est évident lorsque l'on connaît le côté bourgeois de l'électorat écologiste que ces derniers porteront peu d'intérêt aux questions de l'égalité sociale. D'ailleurs, on parle peu d'emploi chez eux. Ce n'est pas un hasard si le premier parti écologiste de France est aussi un parti européiste et libéral. Ce qui entre parenthèses est une aberration intellectuelle. Même si individuellement certaines personnes peuvent sortir de leur condition sociale parce qu'ils sont des individus d'exception, la règle veut que les idées soient essentiellement concomitantes aux intérêts des groupes sociaux qui les défendent. Il peut arriver cependant que certaines idées puissent avoir des effets contraires aux intérêts des classes sociales qu'elle prétend défendre. C'est en quelque sorte les effets indésirés. Ainsi si l'euro est ainsi encore défendu par les cadres et les groupes sociaux momentanément avantagés par la mondialisation. Il ne fait aucun doute que ces classes moyennes aisées finiront par payer lourdement la facture. Les emplois qualifiés commençant à délocaliser fortement comme naguère ceux des ouvriers. 

 

Il peut également y avoir des idées qui sont juste des phénomènes révélant la croyance de chaque groupe social. Ainsi les idées n'ont pas directement d'effet sur les partis politiques, mais les changements sociaux au sein des partis politiques peuvent faire changer les idées dominantes dans ces partis. C'est parce que le parti socialiste et les partis de gauche en générale ont changé de structure électorale et sociale que les idées de ces partis ont fini par changer. Le PS a désormais un électorat immigré et bourgeois, ses préoccupations vont donc vers les idées compatibles avec ces électorats. Du moins vers les préoccupations que le pouvoir politique pense être celui de cet électorat. Il est d'ailleurs possible qu'il y ait une contradiction entre les préoccupations sociétales de la gauche bourgeoise et le conservatisme religieux d'une grande partie de l'électorat immigré.

 

 

Quoi qu'il en soit ce qui est vrai pour le PS, l'UMP ou le parti communiste l'est aussi pour le FN. Marine Le Pen ne fuit pas le pouvoir comme le faisait son père, elle le cherche au contraire et ne veut plus que son parti serve uniquement de vote de blocage pour la droite. L'instrumentalisation de Mitterrand avec le FN a fini par se retourner contre ses créateurs. Le FN devenant de plus en plus le parti de la contestation et de l'anti-euro-libéralisme. Ce qui est passablement drôle lorsque l'on connaît le reaganisme qui alimentait encore le FN il y a quelques années. Mais si cette contestation était jusqu'à présent stérile et bien pratique pour le pouvoir en place en permettant de diaboliser les idées alternatives comme le protectionnisme, la sortie de l'UE ou le patriotisme. Il semble qu'au contraire le FN réintroduit petit à petit ces idées dans le débat public. En essayant de peser plus dans les élections pour atteindre le pouvoir Marine Le Pen sans trop s’en rendre compte transforme la démographie de son parti politique. Une transformation qui va nécessairement faire muter la sociologie et donc les idées à l'intérieur du Front National. C'est ainsi qu'une rupture se produira entre la composante de plus en plus minoritaire de la France racialiste anti-étatiste, et celle croissante qui veut surtout une France indépendante, prospère et plus égalitaire. Ce second électorat qui n'a plus de représentant depuis que la droite n'est plus gaulliste et que le communisme est mort peut se réincarner à l'intérieur du FN. Ce parti pourrait ainsi réussir sans le vouloir à faire ce que ni Seguin, ni Chevènement, ni le pauvre Dupont Aignan n'ont réussi à faire jusqu'à présent. Unifier les patriotes pour renverser la domination libérale. C'est évidemment un raisonnement un peu optimiste que je tiens ici. Mais il me semble plus crédible que le décollage de DLR, la mutation patriotique et eurosceptique de Mélenchon, ou la résurrection politique de Chevènement.  

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 16:16

Les-arguments-pour-une-Ecosse-independante_article_main.jpgUne information étonnante vient de passer sur le blog d'Olivier Berruyer. On apprend ainsi que 89 % des habitants de Venise seraient pour l'indépendance de leur ville et le retour à l'ancien temps de la grande république de Venise. Il s'agit d'une information qui serait passée comme secondaire et amusante dans une période normale, mais qui prend une tout autre dimension dans la situation dans laquelle se trouve le continent à l'heure actuelle. C'est comme si le destin s'acharnait à rappeler aux Européens qui pensaient être dans l'ère post-historique à quel point ils se sont trompés et à quel point l'hédonisme consumériste et libéral dans lequel nos peuples se sont enfermés les condamne à un retour brutal dans le monde réel. L'histoire se rappelle à nous. Nous qui voulions l'oublier et ne plus être des peuples pour nous affairer uniquement à nos amusantes vies individualistes sans esprit collectif. Las, il est fini le temps de la jouissance sans entraves et de la pensée facile et moralisatrice. Des nations et des peuples qui ont trop longtemps négligé l'essentiel se mettent souvent à dépérir. Ils meurent sans souvent comprendre d'où vient leur propre déclin.

 

Alors que l'Ukraine perd la Crimée avec un référendum. Résultat de la contre-réaction russe à l'ingérence infantile de l'occident. Voilà pour des raisons somme toute identiques que le risque s'étend à travers toute la vieille Europe de voir naître de nouvelles nations dans le découpage des anciennes. Et là encore, c'est bien souvent l'ingérence irresponsable de l'UE qui en est la cause. L'UE promouvant le plus souvent les régions pour mieux affaiblir les états nation. Croyant ainsi asseoir son pouvoir sur des pays désarticulés et désarmés entre le pouvoir économique octroyé à la commission européenne et le pouvoir régional légitimé par cette même commission. C'est qu'ils se croient malins les hauts fonctionnaires de l'UE en tout cas plus que la moyenne. En réalité, ils sont juste orgueilleux et ils manient des forces qui pourraient probablement se retourner contre eux exactement comme l'affaire ukrainienne s'est retournée contre ses investigateurs. Quel est donc l'intérêt d'être libre contre les vieilles nations, si c'est pour se retrouver enfermé dans le goulag géant de la construction européenne ? Si les indépendantistes locaux montent pour des raisons de souveraineté et de démocratie il y a fort à parier que sous la pression populaire ils se mettent également à rejeter les docteurs Folamour de l'UE qui les auront favorisés.

 

Peuple en recherche de la souveraineté perdue

 

Les cas se multiplient en Europe. De grandes régions historiques pourraient potentiellement devenir de nouvelles nations. Mon collègue Joe Liqueur s'inquiétait ainsi dans un texte récent de l’indépendantisme breton. Faisant des indépendantistes Bretons les jouets du néolibéralisme et des européistes voulant affaiblir la France jacobine. Bien que ne partageant pas l'amour du jacobinisme centralisateur je ne peux nier une certaine vérité à ces propos. Oui l'UE utilise les régions pour affaiblir les nations, mais n'y a-t-il pas derrière ces mouvements autre chose qu'une manipulation ? La question sera d'ailleurs bientôt renouvelée avec le référendum sur l'indépendance de l'Écosse en septembre prochain et nul doute que la question se posera également un jour en France. Voir resurgir des identités perdues au milieu de la construction européenne empreinte de gigantisme et d'une Europe rongée par son hubris pourrait à première vue paraître anachronique.

 

Alors même que l'on se pose la question de la fin des nations européennes devenues des succursales de l'empire américain. Alors qu'elles ne sont plus que des protectorats au mieux. Voilà que les irrédentismes régionaux nous explosent à la figure. Comment ne pas associé naturellement ce phénomène à la stratégie de division et de domination de l'empire américain et de ses sbires européistes ? Sauf que c'est leur donner en fait plus de poids qu'ils n'en ont et surestimer également leur intérêt dans la compréhension du monde tel qu'il va. Il ne faut jamais oublier que la décadence occidentale est le fruit de l'esprit libéral. Soit l'incapacité des individus à s'extraire justement de leur condition d'individu. Leur incapacité à voir au-delà de leur propre intérêt à court terme. Il n'y a nulle stratégie en Europe ou aux USA, qui soit autre chose que le flottement sur les eaux glacées de l'intérêt individuel à courte vue. La résurgence du régionalisme est peut-être simplement la résurgence du nationalisme tout court, mais qui s'exprime dans les conditions modernes.

 

C'est que les peuples d'Europe commencent à fatiguer de ne plus être des peuples justement. De ne plus avoir le droit de décider de leur avenir. Ce désir du retour dans l'histoire se traduit sous différente forme suivant les traditions locales. Comme le disait d'ailleurs à juste titre Emmanuel Todd qui faisait référence aux Japonais, face à la mondialisation les peuples font appel à leur histoire, à leur tradition. Ils font un retour en arrière pour souffler et contrecarrer en partie l'entreprise de démolition issue de l'impérialisme anglo-saxon d'essence néolibérale. Il y a probablement une part d'affect régressif dans l'amour abusif du terroir et du passé. Mais il y a aussi une recherche d'une réaffirmation de l'action collective. Une volonté de voir à nouveau le citoyen avoir du poids sur la destinée collective. Cette volonté de contrecarrer la dépolitisation voulue par les intérêts de la rente,des multinationales, et nourris par la culture libérale prend aussi la forme du régionalisme qui peut s'affirmer comme un nationalisme local. L'on voit d'ailleurs poindre ce type d'évolution au sein même du territoire impérial américain où la contestation du pouvoir économique de la haute finance et de sa mainmise sur l'état fédéral se voit opposer un indépendantisme chez certains états US.

 

On l'oublie souvent, mais la démocratisation de l'Europe qui a accompagné l'avènement des nations d'Europe moderne s'est faite en remodelant les frontières. Les vieux empires trop hétérogènes et incapables de défendre des intérêts divergents sur leur territoire se sont fragmentés alors qu'ils avaient vécu parfois pendant des siècles et apparaissaient comme immortels. Nous sommes peut-être dans les prémisses d'une nouvelle fragmentation du continent européen en de plus petites structures plus proche de la population. La construction européenne entrainant avec elle les nations historiques qui l'avait construite. L'idée que la taille est la seule chose qui compte est d'ailleurs battue en brèche par les faits puisque l'UE a accouché d'une impuissance collective sans équivalent dans l'histoire européenne. Et puis il n'est pas certain que la France ou l'Italie soit plus optimale que l'UE au final. En effet, ces États-nations ont eux-mêmes démoli certaines de leurs régions au nom d'un centralisme et d'une unification venté aussi à leur création comme une nécessité inéluctable. Que de régions dépeuplées et déclinantes dans la France moderne. La Creuse ou la Lozère sont elles heureuses de leur sort dans la domination française qui les a transformés en territoire vide? Au final l'on peut trouver autant de disparité en France qu'il y en a dans l'UE. Seules l'absence de conscience locale et l'acceptation de de la domination poussent ces régions et départements déclinants à accepter leurs sorts sans broncher. Rien ne dit que l'avenir n'appartiendra pas à un monde peuplé de petits états de la taille de la Suisse ou plus petite. L'histoire peut être surprenante. Cette dernière ne nous donne-t-elle pas d'ailleurs des leçons démocratiques à intervalle régulier dont les grandes nations feraient bien de s'inspirer?

 

 

Unité monétaire, unité nationale.

 

Il y a cependant quelque chose de surprenant dans ces mouvements indépendantistes locaux. C’est qu'ils sont souvent le fait de régions relativement prospère. L'on peut y voir ici à la manière d'Olivier Berruyer l'un des effets de l'individualisme et de la non-solidarité avec les régions pauvres. Il faut alors bien affirmer que ces régions indépendantistes comme bien souvent ont une image d'elles-mêmes et de leur prospérité complètement biaisée. En effet, comment ne pas remarquer que si elles sont riches en tout cas plus riches que leurs voisines à l'image de la Lombardie en Italie c'est que peut-être quelque part le système national les a favorisés. À l'inverse, les régions les plus pauvres des nations européennes font peu montre de velléité d'indépendance, persuadées probablement que la solidarité nationale est la seule chose qui les maintient encore en dehors du tiers-monde. C'est exactement comme à l'échelle de l'UE où l'on voit l'Espagne ou la Grèce continuer contre vents et marées à rester dans l'UE parce qu'elles sont persuadées que ce serait pire sans elle. Alors que dans le même temps la richissime Allemagne, qui bénéficie totalement de l'euro qui lui permet de piller ses voisins sans risque de représailles monétaire, s'est autopersuadée qu'elle ne doit sa prospérité qu'à son talent naturel. Et peut-être même aux gènes supérieurs de sa population qui sait ? Et l'Allemagne sera pourtant probablement la nation qui mettra fin à la fête alors même qu'elle en est la principale bénéficiaire de l'euro.

 

On ne saurait mieux ici décrire le phénomène bien connu qui veut que les hommes écrivent l'histoire sans bien comprendre quelle histoire ils écrivent. Ce que nous connaissons aujourd'hui en Europe, cette fragmentation liée à une monnaie unique sur un territoire fortement hétérogène c'est une histoire qui s'est déjà produite au sein même des états nations. Comme ne pas voir par exemple que l'unification monétaire italienne a détruit le sud de ce pays jadis prospère ? Comment ne pas voir qu'au final un pays comme la France a concentré toutes les richesses dans quelques villes et dans le bassin parisien ? Est-il normal que tout un tas de régions en France ne vive que des transferts de l'état comme des colonies dépendantes de la métropole ? La question de la fin de l'UE doit également être, une occasion de poser des questions plus profondes sur ce qu'est la démocratie ou encore comment doit fonctionner, une nation. L'UE n'est en fait quelque part qu'un Jacobinisme des temps modernes. À la différence près qu'à l'époque de la Révolution française il n'y avait ni internet ni les connaissances économiques et politiques actuelles. La critique de l'UE ne doit donc pas nous faire oublier les grossières erreurs qui ont tapissé la construction de nos propres nations et au contraire nous faire voir des solutions iconoclastes aux problèmes des inégalités territoriales. Inégalités qui si elles enflent trop finissent par mettre en danger la fameuse unité nationale tout comme l'explosion des inégalités met en cause l'avenir de la construction européenne.

 

 

Les mouvements indépendantistes qui apparaissent aujourd'hui en Europe ne sont en fait à mon sens qu'un appel à un retour à la vraie politique et à l'implication des citoyens dans le choix de leur destin collectif. Il vaut mieux vivre dans un petit pays où les citoyens ont le choix que dans un grand sans liberté politique. Tel semble être le mouvement de l'histoire. Et si la France demain est confrontée à sa propre dislocation, elle ne le devra qu'à un état qui n'agit plus dans l'intérêt de ses propres citoyens. Les mouvements locaux comme le vote FN expriment une volonté simple de démocratie face à un état de plus en plus ouvertement gouverné par les puissances d'argent.  

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